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11/06/2010

L'Europe pousse les gouvernements vers le logiciel libre

lu sur :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/06/10/l-europe-pousse-les-gouvernements-vers-le-logiciel-libre_1370844_651865.html

a commissaire européenne en charge du numérique, Neelie Kroes, a mis en garde ce jeudi les gouvernements européens contre le risque de se voir "enfermés accidentellement dans une technologie propriétaire", visant sans le nommer Microsoft, et annoncé la mise en place d'un programme de conseils aux Etats pour qu'ils développent leur utilisation de logiciels libres.

Contrairement aux logiciels propriétaires, le code-source (la "recette" d'un programme) des logiciels libres est consultable et modifiable par tout utilisateur. La plupart des logiciels libres, comme le navigateur Web Firefox, la suite bureautique OpenOffice ou le système d'exploitation GNU/Linux Ubuntu, sont distribués gratuitement.

Dans son discours à l'Openforum Europe, une association de promotion du logiciel libre, la commissaire européenne a souligné que les technologies propriétaires pouvaient à terme devenir tellement prévalentes "que les alternatives sont systématiquement ignorées", alors même qu'il peut exister des solutions équivalentes libres et gratuites. "C'est un gaspillage d'argent public que la plupart des administrations ne peuvent plus se permettre", juge Neelie Kroes.

Précédemment commissaire européenne à la concurrence, Neelie Kroes avait lancé plusieurs enquêtes contre Microsoft, qui ont abouti à la condamnation du géant du logiciel à des amendes record, pour son refus de partager certaines informations avec ses rivaux et pour l'installation par défaut d'Internet Explorer comme navigateur Web dans Windows.

Une problématique similaire s'est posée récemment outre-Atlantique : la semaine dernière, la justice québecoise (*) a conclu que les autorités de la province canadienne avaient agi illégalement en achetant des logiciels Microsoft sans lancer une procédure d'appel d'offre, parce qu'il existait des concurrents libres et gratuits.

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(*) voir :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/06/04/victoire-judiciaire-pour-le-logiciel-libre-au-quebec_1368034_651865.html#ens_id=1368047

Victoire judiciaire pour le logiciel libre au Québec

La justice du Québec a estimé que les autorités de cette province canadienne avaient "agi illégalement" en choisissant sans appel d'offres d'acheter des logiciels Microsoft, alors que l'administration aurait aussi pu choisir des logiciels libres comme GNU/Linux.

En 2006, la Régie des rentes du Québec (l'organisme public de retraites) avait choisi de mettre à jour son système informatique et d'équiper ses postes de travail avec le système d'exploitation Windows Vista, pour un coût de 722 000 dollars canadiens (570 000 euros, au cours actuel), estimant que seul Microsoft était capable de répondre à ses besoins.

Mais Savoir-Faire Linux, une entreprise de services spécialisée dans les logiciels libres, avait proposé à l'administration une solution alternative, rejetée sans appel d'offre. La RRQ"aurait dû (...) procéder par voie d'appel d'offres public pour l'octroi du contrat de remplacement du système d'exploitation et de la suite bureautique" de ses postes de travail, précise le jugement de la Cour supérieure du Québec.

Les logiciels libres sont librement modifiables et distribuables. Il existe des logiciels libres pour de très nombreuses applications, allant du système d'exploitation aux traitements de texte, en passant par la comptabilité ou la gestion des courriels.

UN PRÉCÉDENT JURIDIQUE

La Cour a cependant rejeté la demande d'annulation de l'attribution du contrat à Compugen, une société commercialisant les produits de Microsoft. La RRQ et les sociétés représentant Microsoft dans cette affaire ont été condamnées à payer les frais de justice.

L'importance du jugement réside avant tout dans la création d'un précédent qui devrait guider la politique des pouvoirs publics dans l'attribution de futurs contrats, lorsque Microsoft sera mis en concurrence avec d'autres fournisseurs, y compris de logiciels libres.