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16/03/2009

En France, incurie de l'AFSSA et des politiques à propos du Bisphénol A

lu sur :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3637
09-03-2009

Bisphénol A : la France reste sourde au principe de précaution

Composé chimique entrant dans la composition de certaines matières plastiques, le bisphénol A (BPA) est un perturbateur endocrinien qui imite l’hormone sexuelle féminine, l’œstrogène. Transparent, léger et résistant, il intègre aujourd’hui de nombreux conditionnements alimentaires, tels les récipients plastiques compatibles avec le micro-ondes, le petit électroménager de cuisine, les bouteilles d’eau réutilisables ou encore le revêtement de conserves et de cannettes. Ne se limitant pas à la sphère alimentaire, il est aussi utilisé dans la fabrication de pare-chocs, de lunettes, de ciments dentaires, de CD… Mais seul l’usage alimentaire, additionné à une source de chaleur permettant au produit de migrer dans les aliments, présente réellement un danger d’exposition (*).

Si l’on s’inquiète des effets néfastes sur la santé humaine dus à l’entrée en contact avec cette substance, la véritable polémique est née de la détection de BPA dans certains biberons. S’appuyant sur le rapport américain du National Toxicology Program, ce constat s’est traduit au Canada par l’interdiction pure et simple du recours au BPA pour la fabrication de biberons.
Plus récemment, une étude américaine, relayée par le Réseau Environnement Santé ou RES (1), analysant des échantillons urinaires de 2 500 personnes, a révélé que 93 % de la population américaine est imprégnée de BPA, les enfants étant plus concernés que les adultes. On trouve ainsi cette substance dans le lait, la salive et le liquide amniotique. D’autres études, menées chez l’homme, ont démontré que le taux de fausses couches était plus élevé chez les femmes les plus imprégnées. On a également montré, « de façon significative » à en croire le RES, « que plus l’imprégnation d’une population en BPA est forte, plus le taux de maladies cardio-vasculaires, de diabète et d’atteinte hépatique est élevé ».
A la lumière de ces multiples travaux scientifiques, les Etats-Unis se sont finalement rangés du côté du Canada en invoquant le principe de précaution. De fait, les principaux fabricants américains de biberons ont décidé de stopper la commercialisation de leurs produits contenant du Bisphénol A.

Pourtant, malgré ces rebondissements, la France campe sur ses positions, s’en remettant à l’avis rendu par l’Afssa (2). Saisie sur la question au lendemain de la décision gouvernementale canadienne, celle-ci avait effectivement déclaré que les doses auxquelles l’homme, de même que le nouveau-né, était susceptible d’être exposé étaient trop faibles pour représenter un véritable danger. Un avis aujourd’hui largement contesté, notamment du fait qu’il se base sur une norme européenne jugée discutable (3). Pour l’heure, il est recommandé de se méfier des produits plastiques portant le code de recyclage n°7, et dans une moindre mesure, les n°3 et n°6.

Cécile Cassier

1- Lancé officiellement le 3 mars dernier, le Réseau Environnement Santé (RES) est un collectif de scientifiques, d’associations de défense de malades et de défense de l’environnement, qui se donne pour mission de « peser sur les politiques publiques, trop influencées par les intérêts industriels ». Sa première campagne s’attaque à la présence de Bisphénol A dans les plastiques alimentaires.
2- Agence Française Sécurité sanitaire des aliments.
3- En janvier 2007, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixait la dose journalière admissible (DJA) (1) au-dessous de laquelle l’exposition au BPA n’était pas problématique à 0,05 milligramme/kg de poids corporel.

(*) voir :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3319