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06/08/2010

1984 aujourd'hui

(1984 est un roman d'anticipation de George Orwell paru en 1949.)

 

lu sur :

http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/les-usagers-des-telecoms-tenus-a-l-oeil-par-les-etats-06-08-2010-1222702_47.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100806

Publié le 06/08/2010 à 10:16 Le Point.fr

VIE PRIVÉE

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Les usagers des télécoms tenus à l'oeil par les États

Par Guerric Poncet

 

Le fabricant des smartphones Blackberry, le canadien Research in Motion, a récemment subi des pressions de la part de plusieurs gouvernements souhaitant l'accès à des données cryptées. Objectif avoué : surveiller les utilisateurs pour assurer la sécurité de l'État. L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Inde ont ainsi exigé de RIM qu'il trahisse la confidentialité des échanges de ses clients, au nom de la sécurité nationale. Les gouvernements ne cachent donc plus leurs intentions d'espionner les télécommunications, quitte à empiéter sur la vie privée de leurs administrés. Même les États-Unis et les États membres de l'Union européenne.

Si ces pays démocratiques font pression sur leurs entreprises afin qu'elles n'exportent pas de telles technologies vers des régimes autoritaires, ils assument aussi une culture sécuritaire impliquant une surveillance minutieuse des télécommunications. "Depuis 2001, au nom de la lutte légitime contre le terrorisme, on accepte de nouvelles pratiques de surveillance", explique au Point.fr Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Le "Patriot Act" de l'administration Bush prévoit l'interception de toutes les télécommunications, sur le territoire américain comme ailleurs, alors qu'en France les deux Loppsi et la LCEN donnent de nouveaux pouvoirs de surveillance aux autorités.

Un gros pactole pour les plus mauvais élèves

Au bout de la chaîne, les grands gagnants sont les entreprises qui, dès le début, avaient misé sur la surveillance des réseaux, au risque d'écorcher leur image. Pointé du doigt dans les années 2000 pour sa collaboration avec la Chine et sa "Cyber Grande Muraille", le géant américain Cisco Systems a acquis une grande expertise dans le filtrage et l'interception de données. En 2009, c'est au tour de l'européen Nokia Siemens Networks d'essuyer la critique : la coentreprise a fourni à l'Iran des technologies permettant le filtrage et l'inspection des réseaux. Dernier exemple en date : Alcaltel-Lucent, accusé par RSF de fournir du matériel à la junte birmane. Coincées, les entreprises occidentales expliquent alors qu'elles ne contribuent pas directement à la censure et à l'espionnage au sein des régimes totalitaires : elles ne font que fournir des matériels standard, qui incluent des fonctionnalités de surveillance (monitoring). Une posture toutefois difficile à défendre.

L'arrivée des nouveaux vecteurs de télécommunications (téléphonie mobile, internet) a profondément changé les habitudes des gouvernements. La lettre postale nécessite un dispositif lourd pour la trouver et l'ouvrir : difficile d'agir discrètement, et le destinataire peut s'en rendre compte. "Heureusement", l'arrivée du téléphone permet l'écoute discrète, sans que les interlocuteurs ne soient alertés. Le mobile, lui, ouvre une nouvelle porte puisqu'il peut être surveillé et écouté de n'importe où, et donne la position approximative, voire exacte (GPS), de la cible. Internet termine le travail en rabotant toutes les échardes qui pouvaient encore déranger les États trop curieux. Aujourd'hui, de nombreux États disposent techniquement de tous les outils pour espionner l'ensemble des télécommunications de leurs citoyens. Le temps du courrier à cheval est bien révolu, celui du sceau en cire garantissant la confidentialité aussi.

28/10/2008

loi répressive / internet

Loi « Création et Internet »
Répression des internautes ou rémunération des artistes ?
par Vincent Caron
Industrialiser le contrôle et la répression des internautes, tel est le moyen retenu par le gouvernement pour renforcer les majors du disque et du cinéma, qui peinent à adapter leur offre à l'ère numérique, et dont le chiffre d'affaires serait grevé par les pratiques des usagers d'Internet .

Minimisant l'impact des évolutions économiques, techniques et sociales sur leur secteur d'activité, notamment la réduction des coûts de distribution du numérique, qui rendent plus difficile la logique d'exclusivité et de rareté de l'offre, les industries culturelles ont identifié le frein principal à leur croissance : le « piratage » sur Internet - comprendre, les échanges non marchands de fichiers culturels entre les usagers sur les réseaux peer to peer.

Le message, relayé par les représentants des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique , est bien passé auprès du gouvernement. Contre l'avis du Parlement européen, qui à voté le 24 septembre 2008 à 88% en faveur d'un amendement réaffirmant qu'aucune restriction à la liberté d'information et d'expression ne pouvait être imposée sans décision préalable des autorités judiciaires, la ministre de la culture Christine Albanel a réaffirmé, ce mardi 21 octobre, devant la commission des affaires culturelles du Sénat, les principes de la loi Création et Internet . Ce projet de loi sera présenté le jeudi 29 octobre en urgence au Sénat, et prévoit d'instaurer la « riposte graduée », processus par lequel une autorité administrative, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), pourra couper jusqu'à 1 000 accès Internet par jour, sur requête des ayants droit de l'industrie culturelle. Un projet jugé « monstrueux » par l' association de défense des consommateurs UFC - Que choisir, qui s'étonne que la France légifère seule, en parallèle et à l'encontre des décisions européennes (...)

Lire la suite de cet article inédit de Vincent Caron :

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-10-27-Hadopi