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12/10/2010

Loi pour réguler l'activité bancaire et financière

Nouvelle loi en trompe-l'œil. Une de plus !

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/01012295795-quand-l-assemblee-s-est-presque-attaquee-aux-paradis-fiscaux

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Quand l'Assemblée s'est (presque) attaquée aux paradis fiscaux

Le Parlement a adopté lundi la loi de régulation bancaire et financière, après un dernier couac sur un amendement anti-paradis fiscaux.

Le Parlement a définitivement adopté lundi un projet de loi censé réguler l'activité bancaire et financière, quelques semaines avant le sommet de Séoul (11-12 novembre) et le début de la présidence française du G20 pour un an.

Le gouvernement a dû s'y reprendre à deux reprises pour faire voter à main levée par l'Assemblée ce texte sans qu'il soit modifié par rapport à la version adoptée au Sénat le 1er octobre.

En effet, dans un premier temps, un amendement anti-paradis fiscaux a été adopté, contre l'avis de la ministre de l'Economie Christine Lagarde et du rapporteur Jérôme Chartier (UMP).

Présenté par l'opposition, soutenu par le villepiniste Daniel Guarrigue et Nicolas Perruchot (Nouveau centre), cet amendement voulait interdire "la commercialisation de produits financiers par des entités (banques) enregistrées dans des paradis fiscaux".

"Le gouvernement est défavorable, non pas parce qu'il est contre la lutte contre les paradis fiscaux mais parce qu'il faut une réglementation harmonisée au niveau européen", a détaillé Mme Lagarde.

Moment d'inattention dans la majorité ? Malgré l'intervention de la ministre, l'amendement a été voté, alors que ses détracteurs étaient de l'avis général plus nombreux (huit, contre sept défenseurs de l'amendement).

En fin d'examen, Mme Lagarde a obtenu une deuxième délibération pour revenir sur l'amendement, conformément au règlement de l'Assemblée.

Le texte a alors été adopté sans changement, à main levée, en présence de 19 députés.

L'opposition a dénoncé un texte qui comprend "des mesurettes" et "ne va pas assez loin", pour Christian Eckert (PS).

"Avec cette loi de régulation, notre pays pourra tourner le dos à la finance dérégulée, et se présenter la tête haute à Séoul" puis lors de la présidence française du G20 à partir du 12 novembre, a souligné Mme Lagarde.

"Pour la première fois la loi vient réguler les marchés dérivés. L'Autorité des marchés financiers (AMF) pourra sanctionner les abus de marché, les manipulation de cours sur les marchés dérivés et les Credit default swaps (CDS)" (produits financiers dérivés, ndlr), a-t-elle ajouté.

Autre mesure: l'AMF enregistrera, surveillera et, au besoin, sanctionnera les agences de notation, si elles commettent des erreurs en évaluant la dette des entreprises ou des Etats.

La loi va aussi introduire en droit français la régulation du marché des quotas de CO2, selon un ajout du Sénat.

"N'avez-vous pas un certain sentiment de culpabilité dans la mesure où les autorités de contrôle avaient loupé le contrôle sur la Société générale?", a demandé M. Eckert à la ministre, en revenant sur l'affaire Kerviel.

La gauche a aussi demandé la séparation des activités bancaires d'investissement et de dépôts.

"Il n'est pas normal que les banques de dépôts exercent des activités de spéculation avec l'argent de leurs déposants. Il convient qu'elles se consacrent au financement de l'économie réelle. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont engagé une réflexion en la matière", selon les auteurs de l'amendement - qui a été rejeté.

La loi prévoit enfin la création "d'obligations à l'habitat", c'est-à-dire de titres émis par les banques pour refinancer plus facilement les prêts immobiliers qu'elles accordent aux particuliers.

L'opposition PS a demandé en vain la suppression de cette mesure, voyant dans ce nouveau produit financier "une nouvelle forme de titrisation".

(source AFP)

12/05/2010

L'Euro et l'Europe : les États soumis face aux banques

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/59acf24a-5d3d-11df-ad45-582c4e53c605|0

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L’invité mercredi12 mai 2010

Les 3 krachs qui mènent à la réforme monétaire

Pierre Leconte*

 

Nous vivons actuellement trois krachs: un krach monétaire avec la chute de l’euro et accessoirement de la livre sterling, un krach obligataire avec la chute des obligations d’Etat des pays du sud de l’euroland, un krach boursier avec la chute des actions partout dans le monde.

La cause principale de ces krachs tient à l’orgueil démesuré des hommes de l’Etat (politiciens, technocrates et banquiers centraux) qui se sont arrogé en 1971 le droit de casser ce qui restait du Système monétaire international de stabilité, basé sur la convertibilité du dollar en or et les taux de change fixes. Leur but était de pouvoir mettre en place une gigantesque pyramide de crédit, dont ils attendaient – selon les préceptes interventionnistes keynésiens – qu’elle apporte à l’Occident la prospérité perpétuelle. Ou, à défaut, leur permette de contrôler les mécanismes politiques, économiques et financiers que leur intelligence supérieure – croyaient-ils à tort – organiserait bien mieux que ne pouvait le faire le marché libre!

Depuis lors, une économie d’endettement et de spéculation abominablement instable s’est développée aux USA, en Europe et au Japon pour atteindre l’inimaginable sommet actuel caractérisé par la faillite virtuelle et bientôt réelle des Etats et des banques centrales – sans parler des grandes banques «privées» passées sous le contrôle étatique – dans un contexte de croissance économique proche de zéro et de chômage de masse.

C’est, en effet, l’institution de monnaies fiduciaires de papier qui a permis aux pouvoirs publics de créer sans limite toute la liquidité et aux grandes banques «privées» tout le crédit dont ils avaient besoin pour s’assurer le contrôle complet des structures politiques, économiques et financières dans le cadre d’un nouveau totalitarisme ayant tué le libéralisme sous toutes ses formes. A cet égard, la création de l’euro, une idée stupide émise par des technocrates français – pour forcer l’intégration politique de l’Union européenne – parce qu’une monnaie ne se décrète pas du jour au lendemain (l’orgueil démesuré encore!) mais émerge à la suite d’un long processus historique de confiance progressive, au surplus dans une zone non optimale parce que trop hétérogène et dont aucune des règles qu’elle devait observer n’a été respectée, a empiré les choses. Les hommes de l’Etat sont donc seuls comptables du désastre qu’ils ont créé et entretenu. Non seulement, parce que le Système monétaire structurellement instable qu’ils ont développé n’est pas réformable sans en changer complètement par le rétablissement de la convertibilité des monnaies en or c’est-à-dire en cassant tout lien entre l’Etat et la monnaie (comme l’avait compris avec une grande clairvoyance Charles de Gaulle); mais encore, parce qu’ils n’ont pas été capables d’en limiter les nuisances du fait de leur entêtement absurde dans l’erreur et la manipulation.

Ainsi, au lieu de se résoudre à mettre en faillite dès le déclenchement de la crise de 2007 les quelques institutions financières ruinées, les banques centrales et les gouvernements se sont lancés dans des plans dits «de relance» alors que ni les unes ni les autres n’en avaient la capacité financière. Ce faisant, tous les acteurs publics et privés ont été successivement contaminés. Puis, devant les besoins croissants de liquidité pour payer l’énorme addition, les banques centrales américaine et britannique se sont lancées dans la monétisation (le péché monétaire absolu) des dettes privées et des emprunts publics, tout en baissant leurs taux d’intérêt à zéro et en créant une énorme liquidité ex nihilo afin de faire remonter artificiellement les marchés au seul profit des grandes banques «privées» dont il s’agissait de regonfler les bilans.

 

Tout cela est en train d’échouer. D’une part, parce que les grandes banques «privées» ont gardé pour elles à des fins de spéculation, sans la prêter aux agents économiques qui en ont besoin, la liquidité gratuite qu’elles ont reçue. D’autre part, parce que les plans «dits de relance» n’ont évidemment pas permis de relancer durablement les économies, qui ne peuvent pas se redresser tant que les consommateurs restent au
chômage ou s’appauvrissent. Le risque de dépression économique s’est donc installé en Occident.

C’est dans ce contexte que la guerre des monnaies a éclaté puisque la monétisation américano-britannique a trouvé sa propre limite, sauf à provoquer outre-Atlantique et outre-Manche l’hyperinflation! La chute de l’euro, initialement organisée par quelques banques et hedge funds américains et britanniques, a opportunément permis aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de sauver temporairement leur marché obligataire, et donc leur capacité à emprunter. Mais a entraîné l’effondrement des marchés obligataires des pays du sud de l’euroland, lesquels se sont imprudemment mis dans une situation d’hyper-endettement qu’ils ne peuvent pas résoudre en actionnant la planche à billets puisqu’elle se trouve à Francfort sous contrôle de la BCE, c’est-à-dire allemand. Il fallait inciter les pays non compétitifs à faire défaut et à quitter l’euroland pour revenir à leurs anciennes monnaies nationales qu’ils auraient pu dévaluer pour sortir de l’impasse. Mais l’entêtement des hommes de l’Etat en Europe au nom de la préservation de l’euroland, sorte de «Saint Graal» qu’il faut maintenir à tout prix, ne va faire qu’aggraver la crise européenne. La BCE, en accord avec l’Allemagne qui vient d’abandonner sa relative «orthodoxie monétaire», pour tenter d’éviter la faillite des grandes banques «privées» européennes détenant en majorité le «papier» grec, portugais, espagnol, etc. va donc, elle aussi, entreprendre la monétisation – directe ou indirecte via un fonds ad hoc – des dettes privées et des emprunts publics au risque de tuer l’euro. Ainsi qu’elle vient de le faire en acceptant les emprunts grecs, dont la valeur est quasi nulle, comme collatéral à 100% des prêts qu’elle accorde aux grandes banques «privées»… Le risque d’hyperinflation du style «République de Weimar» s’est donc installé en Occident.

Les trois krachs pourraient donc se poursuivre pour aboutir à la «dépression hyperinflationniste» jusqu’à ce que l’inévitable purge de l’endettement généralisé se produise. Dans un tel contexte, l’or, le seul actif qui n’est pas émis par un débiteur risquant de faire faillite, devrait continuer et amplifier son mouvement de hausse. Plus l’or montera, plus les hommes de l’Etat seront contraints de réformer le Système monétaire international en rétablissant la convertibilité des monnaies de papier en métal précieux. Et le marché aura eu raison de l’étatisme, à moins que les Etats tentent de confisquer l’or auquel cas son prix explosera !

06/05/2010

Les États et la finance

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/91ecc21e-5885-11df-b657-eeefaea2bba8/Les_Etats_pantins_de_la_finance

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marchés financiers jeudi6 mai 2010

Les Etats, pantins de la finance

Il écumait visiblement de rage. Mardi, alors qu’il achevait une visite à Bruxelles, José Luis Zapatero s’est vu obligé de démentir les rumeurs de salles de marché qui prêtaient à l’Espagne l’intention de solliciter incessamment l’aide du FMI et aux agences de notation celle d’abaisser la note de sa dette souveraine. Dépitant hoquet de l’histoire que celui qui rabaisse le chef du gouvernement de la neuvième économie du monde à des acrobaties justificatrices devant des opérateurs de marchés grisés par la perspective d’une contagion de la crise grecque au reste de la zone euro.

Flash-back. Il y a un an et un mois, le même José Luis Zapatero avait fière allure sur la photo de famille du G20 de Londres. A l’issue de ce sommet que Barack Obama avait qualifié d’«historique par ses enjeux et par les solutions trouvées», les leaders des vingt plus grandes puissances avaient proclamé l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Deux piliers devaient l’asseoir: des milliers de milliards pour relancer les croissances anémiées par la crise et un encadrement strict des banques et des marchés dont les errements, rançon de décennies de libéralisation débridée, avaient précipité la planète au bord du gouffre. «La part d’ombre du système bancaire, y compris les hedge funds, est dans les filets de la surveillance», se félicitait Gordon Brown, le grand ordonnateur de la réunion. Ceux qui croyaient alors qu’en reposant les règles du jeu, les Etats reprendraient la main sur la finance et que celle-ci redeviendrait ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, un lubrificateur au service de l’économie, peuvent aujourd’hui déchanter.

Le mythe d’une «coordination» des actions étatiques s’est consumé dans la calamiteuse gestion de la crise grecque par l’Europe. Celui d’une réglementation renforcée des acteurs financiers aussi a vécu. Tout au plus quelques mesurettes ont été prises pour grever les faramineux bonus des banquiers. Du G20 de Londres, il ne reste plus que de navrantes opportunités manquées. Les gouvernements n’ont pas remis la finance au pas. Plus que jamais, ils subissent sa loi.

20/11/2009

Les fonds de pension

à lire sur POLITIS cette semaine :
jeudi 19 novembre 2009 à 08:08
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Silence, les fonds de pension s’écroulent

Un Tchernobyl financier a culbuté les fonds de pension du monde entier, sans que cela n’émeuvent le Monarque et son gouvernement. Pas la moindre réaction sur cette chute monumentale d’un pilier du libéralisme économique, pas un mot avant la réforme des retraite de 2010… Trop fort !

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Les fameux systèmes par capitalisation (fonds de pension) ont été promus par le gouvernement depuis l’arrivée du Monarque au pouvoir après une réforme organisant la baisse des pensions du régime obligatoire par répartition. Situation cocasse, la crise a mis en évidence un aspect masqué des fonds de pensions : chacun met de l’argent sur les marchés financiers (via ces fonds) pour ses vieux jours (quand il en a les moyens…), sans qu’il soit sûr de percevoir, au bout du compte, une pension… La preuve, dans une analyse de l’Economic Research Department de la BNP Paribas...

Ces système par capitalisation (qu’on appelle aussi « épargne retraite » en France, dont les encours ont dépassé les 93 milliards d’euros en 2006) sont censés assurer une pension (bien méritée) à des dizaines millions de cotisants en Europe et aux Etats-Unis. «  La période récente a montré les limites d’une telle formule. L’année dernière, les fonds de pension privés du monde entier ont accusé de lourdes pertes, entraînant des résultats décevants pour le secteur de l’épargne-retraite », a constaté une étude publiée en octobre par l’Economic Research Department de la BNP Paribas (http://economic-research.bnpparibas.com/applis/www/RechEc...).

« Les conséquences de la tempête financière sur les fonds de pension » (c’est le nom de cette étude), ont jusqu’à présent été accompagnées d’un pesant silence politique et médiatique, d’une amnésie droitière (mais la gauche-qui-n’est-plus-de-gauche affiche aussi une coupable aphasie) suspect à l’approche du rendez-vous majeur de la réforme des régimes de retraite, prévue en 2010.

A l’approche de la réforme fatidique, un salutaire débat sur les fonds de pension serait-il donc interdit ? Il n’y a pas si longtemps, le gouvernement entendait faire de l’année 2010 un rendez-vous majeur de réforme des régimes de retraite. La « mère des batailles », comme aime à le dire le ministre du Travail Xavier Darcos, a déjà son calendrier : Une rencontre avec les partenaires sociaux d’ici la fin de l’année pour tenter d’élaborer un diagnostic partagé et de s’entendre sur les données chiffrées, puis la remise du rapport du Conseil d’orientation des retraites en février 2010.

On se souvient que le même Xavier Darcos avait une certaine idée de la réforme en juillet sur France Inter : « On peut imaginer une capitalisation plus grande », espérait tout haut notre homme, confirmant une baisse, programmée par le patronat du Medef, des pensions de retraite. Le même propos apparaîtrait aujourd’hui incongru, même si le libéralisme ambiant entretient l’idée qu’il faudra en passer par là, d’autant plus en période de reprise économique.

Le ministre du Travail est-il bien conscient des conséquences de la prochaine réforme ? En octobre 2008, nous dit l’Economic Research Department de la BNP-Paribas, les actifs de tous les fonds de pension privés des pays membres de l’OCDE ont chuté de 3 300 milliards de dollars (Si l’on compare les déficits par pays, celui de la Sécu est ridicule !), « soit 20 % de l’ensemble des actifs détenus en décembre 2007 ». Une ridicule note ajoute que si l’on tient compte des régimes individuels aux Etats-Unis (comptes retraite individuels) et dans d’autres pays, la perte atteint environ 5 000 milliards de dollars… Vertigineux !

Un véritable Tchernobyl financier, et pas la moindre réaction à cela ! Les marchés financiers ont plombé la poule aux œufs d’or, pourrait se dire Darcos. Est-il bon, mon brave, de continuer dans cette voie ? Non, rien. 5 000 milliards de dollars partent en fumée, et Darcos, Fillon, Sarko s’engagent dans la « mère des batailles »… Et dans d’insondables abysses financiers, car le fin expert de la BNP Paribas avoue : « On ignore, dans une large mesure, à quel point les fonds de pension ont été exposés aux actifs dits « toxiques » ».

L’étude se pose aussi une question, cruciale, nous semble-t-il : Comment ces pertes se répartissent-elles ? Dans les régimes à cotisations définies des retraites par capitalisation, « le risque de placement est supporté par les souscripteurs. Les mauvaises performances des fonds de pension pourraient avoir de sérieuses conséquences, en particulier pour ceux qui s’approchent de l’âge de la retraite. Ils ont, en effet, perdu une bonne partie de leur épargne retraite et n’ont plus le temps de la reconstituer ». Cela va de soi…

L’explication a le mérite de la clarté, mais n’est pas un motif suffisant pour sortir d’un système qui a prouvé la faillite des marchés financiers, si l’on en croit l’Economic Research Department de la BNP Paribas. « Rien ne permet de penser qu’un retour à un système de retraites exclusivement public serait la bonne solution ». Pour le secteur financier et bancaire, on l’aura compris. Et pour les amis du Monarque…

A lire en ce moment :

L’excellente chronique de Sarkofrance : http://sarkofrance.blogspot.com/2009/11/laurent-wauquiez-...

Sur le blog de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=5041

12:03 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, finance

15/01/2009

Quelle confiance accorder au système financier mondial ?

IL FAUT CHANGER LES RÈGLES DE LA FINANCE POUR CHANGER LA SOCIÉTÉ : ces règles sont faites sur mesure pour que ceux qui détiennent les capitaux soient et restent au pouvoir, et dirigent de facto la société.

extrait de l'article, qui le résume :
"...En 1999, Harry Markopolos, un concurrent de M. Madoff, a donné l'alerte. Incapable de répliquer les mêmes performances que son rival, il a envoyé un courrier à la SEC, le gendarme américain de la Bourse. "Madoff Securities est le plus gros schéma de Ponzi", y indiquait-il. LA SEC aura mené plusieurs enquêtes en 1992, 2001, 2005 et en 2007. Sans toutefois découvrir cette gigantesque escroquerie qu'a fini par dénoncer au FBI, jeudi, le fils de M. Madoff."

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/12/15/le-scandale-madoff-pourrait-entrainer-de-lourdes-pertes-chez-bnp-paribas-et-natixis_1131282_0.html

Le scandale Madoff pourrait entraîner de lourdes pertes chez BNP Paribas et Natixis
LE MONDE | 15.12.08 | 14h40 • Mis à jour le 15.12.08 | 14h40

En un week-end, Bernard Madoff est devenu le symbole de tous les excès de la finance mondiale. Cette éminente figure de Wall Street, ex-président du Nasdaq, l'une des Bourses de New York, a avoué au FBI, la police américaine, être l'auteur d'une fraude inimaginable de 50 milliards de dollars (37,1 milliards d'euros), l'équivalent du produit intérieur brut du Luxembourg.

Bernard Madoff, gestionnaire du Madoff Investment Securities, a employé la technique dite de "la fraude pyramidale" ou "pyramide de Ponzi". Cette technique, née dans les années folles, revient à payer des intérêts à ceux qui vous ont confié leur fortune en se servant du capital apporté par les nouveaux clients.

Le jour où les investisseurs viennent à manquer ou que les anciens souhaitent récupérer leur capital, tout s'écroule. C'est ce second scénario qui a révélé l'affaire, dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 décembre, donnant raison à Warren Buffett et à sa maxime : "C'est seulement quand la marée se retire, que l'on voit ceux qui se baignent nus."

Depuis vendredi, tous les financiers de la planète font les comptes, atterrés. Grâce à un dispositif simpliste, un septuagénaire à l'allure bonhomme jette un nouveau discrédit sur toute la finance mondiale. Il entraîne dans sa chute une foule d'investisseurs trompés par les performances que le fonds Madoff promettait depuis près de quarante ans, aux Etats-Unis, en Europe et jusqu'au Japon.

Aux Etats-Unis, le chiffrage des dégâts reste imprécis. Mais les victimes se comptent par centaines : des gérants de fortunes et de fonds spéculatifs, des banques mais aussi des écoles, des universités et des oeuvres de charités. Dans son édition en ligne de dimanche, le Wall Street Journal mentionne plusieurs milliards de dollars de pertes pour des écoles juives et des oeuvres caritatives. Parmi elles, l'université de Yeshiva, la fondation pour l'humanité d'Elie Wiesel, l'écrivain rescapé de l'holocauste, ou encore la fondation Wunderkinder du réalisateur Steven Spielberg.

L'Europe n'est pas épargnée. En tête des victimes de celui que les marchés désignent comme "l'arnaqueur du XXIe siècle", figurent les banques espagnole Santander, avec une exposition de 2,33 milliards d'euros, et sino-britannique HSBC (750 millions d'euros). En France, deux banques surtout sont affectées : Natixis (450 millions d'euros), déjà affaiblie par la crise financière, et BNP Paribas (350 millions). En Grande-Bretagne, RBS et le fonds Man Group sont touchés, comme au Japon, la banque Nomura, chacun à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros. En Suisse, terre d'asile des grandes fortunes, l'exposition du secteur financier est estimée entre 6 et 13 milliards d'euros. Le plus touché est l'UBP qui "risquerait de perdre au moins 1 milliard", rapportent de bonnes sources.

Qui n'a pas investi dans Madoff Investment Securities ? "C'était magique", indique Alexandre Capez, trader chez Nomura à Londres, évoquant des promesses de rendement d'une régularité stupéfiante, de l'ordre de 7 % à 11 % par an...

Magique mais opaque ! Personne n'a su, ni pu percer les secrets de la technique de Bernard Madoff, qui entretenait le secret. "Il y avait deux camps, ceux qui se disaient "c'est trop beau pour être vrai" et ceux qui ne voulaient pas rater le coche. Moi-même j'ai été tenté d'investir mais le directeur de la banque a mis son veto", reconnaît Radan Statkow, du cabinet de gestion de grandes fortunes Bordier à Genève.

En 1999, Harry Markopolos, un concurrent de M. Madoff, a donné l'alerte. Incapable de répliquer les mêmes performances que son rival, il a envoyé un courrier à la SEC, le gendarme américain de la Bourse. "Madoff Securities est le plus gros schéma de Ponzi", y indiquait-il. LA SEC aura mené plusieurs enquêtes en 1992, 2001, 2005 et en 2007. Sans toutefois découvrir cette gigantesque escroquerie qu'a fini par dénoncer au FBI, jeudi, le fils de M. Madoff.

Claire Gatinois et Anne Michel
Article paru dans l'édition du 16.12.08