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28/10/2008

VÉOLIA, monstre tentaculaire (6)

VÉOLIA ÉTANT IMPLIQUÉ DANS LA GESTION DE L'EAU, DES DÉCHETS, DES TRANSPORTS PUBLICS dans de nombreuses villes, qui va payer ?
(voir les autres articles sur VÉOLIA sur "le blog libre de mon quartier" ; lien ci-contre)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/10/23/victime-de-son-endettement-veolia-est-sanctionne-en-bourse_1110234_3234.html

Victime de son endettement, Veolia est sanctionné en Bourse
LE MONDE | 23.10.08 | 14h54 • Mis à jour le 23.10.08 | 17h19

Veolia Environnement, numéro un mondial des services aux collectivités, traverse une passe difficile. Son cours de Bourse a perdu plus de 25 % depuis vendredi 17 octobre, après que son PDG, Henri Proglio, eut lancé, pour la deuxième fois cette année, un avertissement sur ses résultats.

Depuis le 1er janvier, la chute du cours atteint 70 %. "Il est clair que nous avons perdu notre statut de valeur refuge et de valeur de rendement", concède M. Proglio dans un entretien aux Echos, mercredi 22 octobre. Les analystes financiers considèrent aujourd'hui comme des handicaps ce qu'ils vantaient hier comme des atouts : une politique agressive et offensive d'acquisitions et un financement par la dette.
Alors que le groupe avait prévu une croissance de ses revenus d'exploitation en 2008 à deux chiffres, il en revient à une fourchette plus sage, entre 6 % et 8 % et, surtout, déclare vouloir réduire son programme d'investissements, qui ne sera plus que de l'ordre de 4 milliards d'euros, contre 6,1 milliards d'euros en 2007, s'interdisant, pour 2009, de procéder à des acquisitions.
"Par gros temps, il faut savoir réduire la toile, mais la coque est solide et le modèle est résistant. D'ici à 2010 ou 2011, nous pourrons investir à nouveau", commentait M. Proglio en concluant la journée des investisseurs organisée mercredi 22 octobre. Là, devant une centaine d'analystes et aux côtés de son directeur général et des directeurs des quatre divisions - eau, déchets, transports et énergie -, le PDG de Veolia Environnement s'est efforcé d'expliquer les causes de la révision à la baisse de ses performances.
En premier lieu, M. Proglio invoque la mauvaise conjoncture économique. Ainsi, l'activité propreté (28 % du chiffre d'affaires du groupe) enregistre une baisse du tonnage des déchets collectés, notamment industriels, et un recul des prix des matières premières (métaux, papiers) vendues après recyclage.
Le manque à gagner est de l'ordre de 50 millions d'euros de revenu d'exploitation. Pour la branche eau (33 % du chiffre d'affaires), les conditions climatiques défavorables, avec un été pluvieux, ont fait chuter les consommations en France, en Roumanie et en Allemagne. "Pourtant, remarque dans sa note d'analyse Patrice Lambert de Diesbach, de CM-CIC Securities, Suez Environnement, rival de Veolia, n'a enregistré, dans la même période, qu'une baisse des volumes de 1 %."
Cette mauvaise passe s'explique surtout par d'autres facteurs, à commencer par les contre-performances de plusieurs sociétés acquises en 2007. Une usine italienne de traitements et d'incinération de déchets de la société TMT s'est révélée, après achat, non conforme aux normes environnementales, ce qui a privé le groupe de 30 millions d'euros de revenus et l'a obligé à entamer une procédure d'arbitrage envers le vendeur, soupçonné de fraude, pour obtenir une réduction significative, de 300 millions d'euros, du prix d'achat.
D'autres déboires sont venus de l'entreprise Sulo, numéro deux de la gestion de déchets en Allemagne, acquise en avril 2007, pour 1,45 milliard d'euros. "Une partie des contrats de cette société étaient déficitaires. Nous avons localisé les problèmes, changé l'équipe de direction et simplifié son organisation pour un retour aux bénéfices dès 2009", assure Denis Gasquet, directeur général de Veolia Propreté.
Enfin, la lourde dette du groupe inquiète les analystes, puisqu'elle devrait atteindre, fin 2008, près de 17 milliards d'euros. Une bonne partie de ce fardeau, près de 12 milliards d'euros, a certes, été léguée par Vivendi en 2000 lors de la séparation de la branche environnement qui deviendra Veolia.
Mais force est de constater que l'endettement n'a fait qu'empirer, privant Veolia Environnement de la capacité d'acheter d'autres entreprises à meilleur prix. "Nous aurons à nouveau de belles opportunités dans dix-huit mois", se convainc M. Proglio, qui parle de 2008 comme d'une "année pénible et de transition".
Malgré ces mauvaises nouvelles, les actionnaires, que vient de rejoindre la holding Dassault, avec une participation de 2 %, ne seront pas sacrifiés. Ils percevront, en 2008, près de 60 % des bénéfices (569,6 millions d'euros), c'est-à-dire un dividende en hausse de 10 %, à 1,33 euro par action. Un plan de réduction des coûts, de 400 millions d'euros sur deux ans, est aussi engagé.
Précision : l'un des graphiques ci-contre portant sur le montant de la dette de Velioa pour les années 2009 et 2010 (respectivement 19,2 et 21,9 milliards d'euros) est tiré d'une note du 20 octobre de CM-CIC Securities. Ces chiffres ont été révisés à la baisse à la suite des explications des dirigeants du groupe lors de la journée du 22 octobre : l'analyste financier estime que l'endettement se maintiendra à 17 milliards d'euros en 2009 et 2010.

Isabelle Rey-Lefebvre
Article paru dans l'édition du 24.10.08