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03/12/2008

Du faible niveau du débat parlementaire en France

NOUS VOUS INVITONS À ÉCRIRE AUX DÉPUTÉS QUI ONT INTERROMPU Yves Cochet POUR LEUR DEMANDER SI ILS ESTIMENT REMPLIR HONNÊTEMENT LEUR MISSION DE REPRÉSENTANTS DU PEUPLE FRANÇAIS.
Trois modèles simples de lettre se trouvent sur "Le blog libre de mon quartier" (lien ci-contre).
Vous pouvez trouver les adresses e-mail des députés (et voir à quoi ils ressemblent) sur le site de l'Assemblée Nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/comm3.asp

- François Goulard : Né le 21 septembre 1953 à Vannes (Morbihan)
Circonscription d'élection : Morbihan (1ère) - Groupe politique : Union pour un Mouvement Populaire - Commission : Membre de la commission des finances - Site internet : - www.fgoulard.fr - mail : fgoulard@assemblee-nationale.fr

- Marc-Philippe Daubresse : Né le 1 août 1953 à Lille (Nord)
Circonscription d'élection : Nord (4ème) - Groupe politique : Union pour un Mouvement Populaire - Commission : Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales - Profession : Ancien directeur d'une société de recrutement - Site internet : - www.mpdaubresse.com - mail : mpdaubresse@assemblee-nationale.fr

- Mme Claude Greff : Née le 2 juin 1954 à Briey (Meurthe-et-Moselle) - Circonscription d'élection : Indre-et-Loire (2ème) - Groupe politique : Union pour un Mouvement Populaire - Commission : Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales - Profession : Infirmière - Site internet : - www.blog.claudegreff.com - www.claudegreff.com - mail : cgreff@assemblee-nationale.fr

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lu sur "La Décroissance", novembre 2008 - Discours d'Yves Cochet

Les 9 et 14 octobre 2008, Yves Cochet a prononcé des discours qui feront date à l’assemblée nationale. Nous reproduisons une partie du dernier. Nous avons gardé dans le texte le compte rendu exact avec les réflexions de députés de droite pour montrer à quel niveau de bêtise doit s’opposer le député des verts.

Yves Cochet :
« Monsieur le président, je parle au nom des députés verts. La catastrophe actuelle n’est pas une crise financière, économique, écologique, politique, sociale ou culturelle. Elle est tout cela à la fois et simultanément, ce en quoi elle est totalement inédite. (…) Elle est, en un mot, une crise anthropologique. Pour le comprendre, il nous faut remettre en question toutes nos croyances-et Dieu sait si elles sont nombreuses ici. Il nous faut décoloniser l’imaginaire. Il nous faut penser l’impensable. La débâcle financière actuelle n’est pas d’abord, comme on l’entend ici ou là, une crise de liquidité. C’est une crise de sur gonflement des actifs financiers par rapport à la richesse réelle, c’est dire l’opposé d’une crise de liquidité. Le marché financier, en d’autres termes de volume des échanges de papier virtuel, est plus de vingt fois supérieure aux échanges de l’économie réelle. (…)
Un seuil a été dépassé : le seuil de liaison entre le capitalisme, fondé sur le crédit, et les ressources naturelles, qui sont la base de toute richesse réelle.

François Goulard : Cela ne veut rien dire !

Yves Cochet : Monsieur Goulard, prétendez-vous que les richesses naturelles ne sont pas la base de toute richesse réelle ?

François Goulard : Mais non c’est le pouvoir de l’homme !

Yves Cochet (…) Je veux simplement dire à Mr Goulard n’achetez plus de pétrole ce n’est pas une richesse réelle !(…) La question principale est donc : la croissance de l’économie réelle peut-elle être assez forte pour rattraper la croissance massive de la dette ? Evidemment la réponse est non. La croissance de l’économie réelle est désormais contrainte par la raréfaction des ressources naturelles qui forment la base de tous les systèmes de sustentation de la vie économique et sociale. Cette contrainte s’exerce à la fois en amont par la déplétion minérale et fossile par exemple le pic de Hubert et en aval par la pollution de l’atmosphère, des terres et des océans. En outre, les inégalités croissantes de revenus depuis trente ans n’incitent pas les ménages à consommer, sauf par le biais de crédits qui gonflent encore plus la dette.(..) Pourtant l’aveuglement des dévots de la croissance continue de plus belle !(…) C’est une forme de religion, une théologie, une croyance
Mais l’économie réelle n’est plus en croissance même négative, Madame la ministre : elle est en récession !(…) Comme je l’ai expliqué, la recherche de la croyance est désormais antiéconomique, antisociale et anti écologique.(..)
Toutes nos actions devraient être guidées par la volonté de faire décroitre l’empreinte écologique des pays de l’OCDE. Je sais _et les sourires que je vois me confirment que les dirigeants du conseil européen et vous-même monsieur le premier ministre, avez un autre modèle en tête afin de retrouver la croissance. Quelle illusion ! Vous essaierez de sauver la sacro saint croissance à laquelle vous croyez parce que vous êtes incapable d’imaginer un autre modèle économique, un autre type de société(..) Nous ne sommes pas à l’aube d’une nouvelle croissance matérielle ou industrielle, mais dans la phase finale du capitalisme.

(exclamation sur les bancs du groupe UMP)(…)

Les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites, pour des raisons géologique et économique que vous ne voyez pas. Il faudrait mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau, une société de sobriété dont je ne peut dessiner, de manière très sommaire’ que quatre orientations principales.
Premièrement ; tendre à l’auto suffisance..

Marc-Philippe Daubresse : en matière d’autosuffisance, vous vous y connaissez !

Yves Cochet :..locale et régionale en matière énergétique et alimentaire, au nord comme au sud.
Deuxièmement aller vers un décentralisation géographique des pouvoirs bref, vers une France fédérale dans une Europe fédérale.
Troisièmement : s’efforcer de relocaliser les activités économiques.
Quatrièmement : viser une planification concernée( "A la soviétique !" sur les bancs du groupe UMP) et l’instauration des cotas, notamment en matière énergétique et alimentaire.
A défaut d’une telle vision et d’une telle action, je crains que notre continent européen ne traversent
bientôt des épisodes troublées dont nous apercevons déjà les prémices.
Je prends date aujourd’hui devant vous ! John Stuart Mill disait : « Aux grands mots, les petits remèdes n’apportent pas petits de petits soulagement, ils n’apportent rien. »

Claude Gref : Vous non plus !

Yves Cochet : les grands maux actuels de l’Europe et du monde réclament donc une créativité et une inventivité politiques inédites dans notre histoire. C’est à cette hauteur de pensée et d’action que j’appelle les dirigeants européens, afin de sauver la paix, la démocratie et la solidarité.