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21/10/2009

Attentats de Karachi : des documents déclassifiés remis à la justice

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http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/21/attentats-de-karachi-des-documents-declassifies-remis-a-la-justice_1257023_3224.html
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Attentats de Karachi : des documents déclassifiés remis à la justice
LEMONDE.FR avec Reuters | 21.10.09 | 18h32


es documents réclamés par les juges chargés de l'instruction sur l'attentat de Karachi de 2002 ont été déclassifiés mardi 21 octobre, a annoncé mercredi la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie. Le 8 mai 2002, un kamikaze avait précipité un véhicule bourré d'explosifs sur un bus, tuant 14 personnes, dont 11 ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient sur place à la construction de sous-marins de type Agosta.

Après avoir étudié l'hypothèse d'un groupe islamiste armé, les juges d'instruction antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier étudient désormais la piste d'une action commanditée par des militaires pakistanais. Ils pensent que c'est l'arrêt en 1996 puis en 2000 de paiements de commissions au Pakistan, en marge du contrat de construction de sous-marins sur lequel travaillaient les employés de la DCN, qui pourrait avoir amené des militaires pakistanais à commanditer l'attentat.

 

"FABLE"

Cette affaire renvoie le monde politique français aux rivalités ayant précédé à droite l'élection présidentielle de 1995 entre Edouard Balladur – appuyé alors par Nicolas Sarkozy – et Jacques Chirac, finalement élu, qui a ordonné l'arrêt du paiement des commissions parce qu'il soupçonnait apparemment un financement politique de son rival par le biais de celles-ci. A propos de ce scénario, qualifié de "fable" en juin dernier par Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie a souligné qu'il appartenait aux juges d'instruction "d'apprécier en toute indépendance (...) les suites qu'ils entendront donner à l'ensemble des éléments qu'ils auront recueillis".

Les juges d'instruction s'intéressent aussi aux remous au Pakistan de l'affaire des sous-marins, puisqu'un haut responsable de la marine pakistanaise a été écroué pour corruption. La piste de rivalités locales pour le partage des commissions est évoquée. Les documents français déclassifiés doivent aussi leur permettre de savoir quand les services de l'Etat français ont eu connaissance de la piste militaire. Des témoignages versés au dossier et non confirmés affirment que les services secrets français ont déjà mené des représailles au Pakistan.