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12/02/2010

Des bâtiments plus sobres en énergie

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/10/la-france-veut-des-batiments-plus-sobres-en-energie_1303712_3244.html#ens_id=1280586
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La France veut des bâtiments plus sobres en énergie
LE MONDE | 10.02.10 | 13h46  •  Mis à jour le 10.02.10 | 13h46


om de code : RT 2012. En France, l'élaboration par le ministère de l'écologie de la future réglementation thermique des bâtiments, avec l'ambition de les rendre plus sobres en énergie, fait l'objet de vifs débats. Elle est censée s'appliquer à partir du 1er janvier 2011 pour les édifices publics et le secteur tertiaire, le 1er janvier 2013 pour le secteur résidentiel.

L'enjeu est considérable. Cette réglementation déterminera largement la capacité de la France à réduire sa consommation énergétique et ses émissions de CO2 - le secteur du bâtiment engloutit 42 % de la première et rejette 25 % des secondes. Si le total des émissions de gaz à effet de serre en France a baissé de 0,6 % entre 2007 et 2008, celles liées au bâtiment ont augmenté (+ 7,7 %).

Dans le maquis de la future réglementation se joue aussi l'avenir de filières industrielles, qui déploient en coulisses un intense lobbying. "Le gaz et l'électricité ne pensent qu'à se détruire l'un l'autre. Quant aux fabricants de convecteurs et de ballons électriques, ils sont prêts à tout pour sauver leurs produits", observe le député (UMP) Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), auteur en décembre 2009, avec Christian Bataille (PS), d'un rapport sur le sujet.

Prévue par le Grenelle de l'environnement pour remplacer l'actuelle RT 2005, la nouvelle bible de la performance énergétique marque une rupture décisive. Elle définit, pour la première fois, un plafond de consommation : 50 kWh/m2/an d'énergie primaire, contre une consommation de 150 kWh/m2/an pour les bâtiments neufs actuels et de 260 kWh/m2/an en moyenne pour le parc immobilier existant.

Une révolution qui nécessitera d'importants progrès dans les techniques d'isolation, de ventilation et de chauffage, selon ses promoteurs. Une occasion gâchée, plutôt, dénoncent les écologistes. "Le gouvernement n'a pas saisi cette opportunité pour réformer une comptabilité qui oublie, en moyenne, la moitié de la consommation réelle des bâtiments", regrette Alain Bornarel, ingénieur au bureau technique Tribu et membre de l'Institut pour la conception environnementale du bâti (ICEB).

Traditionnellement, l'éclairage, le chauffage, l'eau chaude, la ventilation et la climatisation sont comptabilisés, mais pas l'électroménager, les parkings, les ascenseurs, la bureautique, l'informatique, les cuisines des restaurants, les plateaux techniques des hôpitaux... "Ce sont des consommations sur lesquelles le concepteur du bâtiment n'a qu'un impact réduit", justifie Jean-Christophe Visier, directeur de l'énergie, de la santé et de l'environnement au Centre scientifique et technique du bâtiment, le principal conseiller technique du ministère de l'écologie.

Autre point de discorde : les "coefficients de conversion". Ceux-ci permettent de mesurer l'électricité, le bois, le gaz ou le fuel en "énergie primaire", concept qui offre la possibilité de comptabiliser l'ensemble de l'énergie dépensée pour produire celle finalement consommée.

Des coefficients stratégiques, au moment de choisir un mode de chauffage compatible avec le plafond autorisé. Or "ces coefficients handicapent les ressources renouvelables comme le bois, défavorisent les réseaux de chaleur au profit des systèmes individuels et sont exagérément cléments pour l'électricité", juge M. Bornarel.

Troisième polémique : les exceptions à la règle. Aux pondérations géographiques - le plafond serait porté à 65 kWh/m2/an dans le nord de la France, mais ramené à 40 kWh/m2/an au bord de la Méditerranée -, la RT 2012 devrait ajouter une modulation en fonction de la taille du bâtiment et surtout de son usage. "Des bureaux, un hôpital ou un lycée n'ont pas les mêmes contraintes, nous sommes en train d'adapter l'objectif pour chaque type d'édifice tertiaire", précise M. Visier. La plupart des bâtiments non résidentiels risquent ainsi d'échapper au plafond de 50 kWh/m2/an, redoutent des organisations comme le comité de liaison énergies renouvelables.

Sur tous ces points, le rapport de l'Opecst n'a fait qu'ajouter à la colère des écologistes, le député Verts Yves Cochet allant jusqu'à affirmer à l'Assemblée nationale que "le lobby électronucléaire" était en train de "saboter le Grenelle de l'environnement". Les écologistes reprochent notamment à MM. Birraux et Bataille de faire le jeu des industriels en préconisant l'installation systématique de pompes à chaleur électriques et de dispositifs de climatisation, au détriment d'une conception "passive" et bioclimatique.

Les deux députés ont aussi compliqué le jeu en proposant d'instaurer un deuxième plafond d'émission de 5 kg de CO2 par mètre carré et par an, dont seules les énergies renouvelables seraient exemptées. Une arme contre le chauffage au gaz, qui remettrait en course l'énergie électrique, malmenée par l'objectif de 50 kWh/m2/an. "Nous disons que le tout-gaz comme le tout-électrique, c'est fini ; nous incitons à mixer les solutions et à développer l'innovation", défend M. Birraux.

Les grandes lignes de la RT 2012 devaient être arrêtées au mois de janvier, les textes envoyés à Bruxelles en février pour examen, puis publiés au Journal officiel au mois de juin. Mais "beaucoup de points sont encore en discussion", reconnaît-on au ministère de l'écologie. En attendant, les lobbies ne ménagent pas leurs efforts.

 

Grégoire Allix

Un surcoût de construction d'environ 15 %

"Avec des techniques existantes, faire de la basse consommation sans surcoût, c'est possible dès lors qu'il y a un effort dans la conception initiale du bâtiment", estimait le secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, en décembre 2009. Un voeu pieux. Selon le ministère de l'écologie, le surcoût de mise en oeuvre du label Bâtiment basse consommation, dont s'inspire la RT 2012, est d'environ 15 %, soit un coût de construction de 1 450 euros hors taxes par mètre carré. Pour l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, ce surcoût pourrait être ramené entre 5 % et 10 % d'ici à 2012, et être alors amorti en dix ou quinze ans grâce aux économies d'énergie réalisées.

Article paru dans l'édition du 11.02.10

27/09/2009

Énergie : EDF entreprise publique ou privée ?

En nommant Henri Proglio, l'Etat veut donner un nouvel élan industriel à EDF

[ 25/09/09  ]

Le patron de Veolia Environnement doit être désigné dimanche soir pour succéder à Pierre Gadonneix à la tête de l'électricien public. Ce capitaine d'industrie devrait pouvoir dynamiser la filière nucléaire française, tout en lui donnant une dimension plus écologique, à deux mois de la conférence de Copenhague sur le Climat.

Le feuilleton de la succession de Pierre Gadonneix à la tête d'EDF touche à sa fin. Dimanche soir, à 20 heures, les administrateurs de l'électricien public se réunissent pour choisir le remplaçant de l'actuel patron, dont le mandat arrive à échéance. A moins d'une surprise de dernière minute, c'est Henri Proglio, le président de Veolia Environnement, qui sera désigné par l'Etat pour présider le groupe public, dont il est déjà administrateur depuis cinq ans. Formellement, le futur PDG d'EDF devra d'abord être accepté en tant qu'administrateur lors d'une assemblée générale, prévue le 5 novembre, puis élu par ses pairs vers le 22 novembre, date de la fin du mandat de Pierre Gadonneix. Une feuille de route en préparation entre le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Jean-Louis Borloo, et le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, devrait être finalisée durant le week-end par le président de la République, tout juste de retour du sommet du G20.

Les derniers éléments restent à fignoler. L'une des questions centrales est celle des liens futurs entre EDF et Veolia. Henri Proglio souhaite en effet, tout en prenant la tête d'EDF, garder un rôle fort au sein de Veolia, indique-t-on de sources concordantes. « N'oubliez pas que Proglio est un homme têtu et qu'il ne veut pas lâcher Veolia en rase campagne », avertit un proche du dossier. Il souhaiterait transformer la gouvernance de Veolia et garder la présidence du conseil de surveillance (lire ci-dessous).

Par ailleurs, EDF envisage de monter au capital de Veolia. Le montage envisagé autour de de leur filiale commune de services énergétiques Dalkia permettrait à EDF de détenir entre 12  % et 13 % de Veolia. Ceci ferait de l'électricien le premier actionnaire du groupe de services, devant la Caisse des Dépôts et Consignations, qui contrôle près de 10 %. L'Etat, qui détient déjà 35,7 % de GDF Suez et contrôle indirectement Suez Environnement, pourrait ainsi devenir de facto l'actionnaire de référence de l'ancienne Générale des Eaux… Il ne s'agit pas, pourtant, d'aboutir à une fusion entre EDF et Veolia. Personne ne met en avant les synergies entre le monde de l'eau et de l'électricité, si ce n'est le concept du « guichet unique », où le consommateur pourrait acheter à la fois l'un et l'autre.

Véritable capitaine d'industrie

La nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF devra s'accompagner d'un projet stratégique. Quand on interroge Jean-Louis Borloo sur la situation d'EDF et de Veolia Environnement, l'homme répond qu'il garde en tête une stratégie industrielle pour EDF, à deux mois de la conférence mondiale sur le Climat à Copenhague. En toile de fond, l'idée qu'il faut faire d'EDF le champion européen de l'énergie, l'acteur majeur d'un monde sans carbone à venir. Un monde où les services à l'énergie et l'efficacité énergétique sont des marchés en plein boom. Un monde où la France doit pouvoir profiter de son champion électronucléaire pour conquérir de nouveaux marchés à l'international plus rapidement et plus sûrement que ce qui s'est passé jusqu'à présent.

Les mauvaises langues rappellent les déboires d'Areva en Finlande et les besoins de transformer l'essai pour EDF en Grande-Bretagne, après son acquisition coûteuse de British Energy. Dans cette perspective, le profil d'industriel d'Henri Proglio pèse lourd. L'ancien lieutenant de Guy Dejouany, fidèle à son entreprise depuis trente cinq ans, est à la tête d'une société qui réalise les trois quarts de son chiffre d'affaires à l'international. Une société qui construit des usines, choisit les technologies et continue à les gérer sur le long terme pour le compte de ses clients élus locaux où industriels.

Le patron de Veolia, par ailleurs président du comité stratégique au conseil d'administration d'EDF depuis 2004, se sent légitime pour donner un nouvel élan à la filière nucléaire française. Il pourra notamment compter sur ses relais auprès des organisations syndicales de la maison, à commencer par la toute-puissante CGT. Celle-ci verrait d'un bon oeil l'arrivée de ce capitaine d'industrie au moment où les relations sociales au sein du groupe sont particulièrement tendues. Les grèves dans les centres de distribution et les centrales nucléaires ont laissé des traces profondes.

Les 500.000 salariés d'EDF et de Veolia ne sont pas les seuls à attendre impatiemment la nouvelle donne. Les associations de consommateurs sont aussi sur le qui-vive. A l'occasion des changements en préparation, le poste de représentant des consommateurs au conseil d'EDF risque en effet de disparaître. Daniel Foundoulis, soixante dix ans, président de la fédération d'associations de consommateurs ConsoFrance, qui siège au conseil d'administration d'EDF depuis 1999, ne devrait pas être reconduit à ce poste lors du prochain conseil. L'Etat actionnaire préfère donner la priorité à de « grands industriels » au conseil de l'entreprise publique.

 

 

JULIE CHAUVEAU ET THIBAUT MADELIN, Les Echos

 

Les accords sur Dalkia en pleine renégociation
EDF et Veolia renégocient depuis plusieurs mois leurs accords sur leur filiale commune de services énergétiques, Dalkia. Le plus probable est que la compagnie d'électricité cède à Veolia sa participation de 34 % dans Dalkia Holding, indiquent des sources bien informées. En échange, EDF serait rémunéré en actions Veolia.Patrice Lambert de Diesbach, analyste chez CM-CIC, qui a envisagé un tel schéma dès juillet, estime que sur la base d'une valeur de Dalkia de 6 milliards d'euros environ, EDF pourrait porter sa participation actuelle de 3,9 % à environ 15 % du capital. En partant d'une valeur de la coentreprise de 3 milliards, la participation monterait à plus de 10 %. D'autres schémas existent, dont celui d'une fusion de Veolia et Dalkia, mais celui-ci présente notamment la possibilité de procéder par étapes. Selon une source proche du dossier, une approche en deux temps permettrait de « ne pas effrayer les populations ».
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(lu sur :
http://www.lesechos.fr/info/energie/020148486500-en-nommant-henri-proglio-l-etat-veut-donner-un-nouvel-elan-industriel-a-edf.htm)