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18/05/2016

Bloquer l’économie : arme ultime !

à lire sur MEDIAPART :

 
Alors que la semaine qui commence constituera un tournant dans la mobilisation contre la loi Travail, les journées de manifestation fractionnées, avec leur lot de violences organisées par l’Etat lui-même, ont montré leurs limites. Seule une grève reconductible et des actions multiples d’occupation et de blocage de l’économie feront reculer le gouvernement.

11/11/2013

Les PPP, un bon moyen pour détourner l'argent public vers le privé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/05/bercy-face-a-la-bombe-a-retardement-des-partenariats-public-prive_1842821_823448.html

Bercy face à "la bombe à retardement" des partenariats public-privé

LE MONDE | 05.03.2013 à 11h21 • Mis à jour le 05.03.2013 à 12h09 |Par Bertrand Bissuel

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de nombreuses personnalités de gauche avaient pris position contre les contrats de partenariats publics-privés (PPP). Au motif que ces dispositifs, qui délèguent à des entreprises la construction et l'exploitation d'infrastructures, sont trop onéreux et trop favorables aux majors du BTP.

Lire aussi Des contrats juteux pour les groupes de BTP

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Certains avaient même alors parlé de "bombe à retardement" budgétaire menaçant d'exploser au visage des générations futures. Depuis l'élection de François Hollande, les critiques subsistent mais le gouvernement ne parle pas d'abandonner ces outils. Il a commencé à esquisser une nouvelle doctrine, moins coûteuse pour les finances publiques. L'idée sous-jacente est de lever le pied sur ce type d'opérations.

L'EMBALLEMENT DU RECOURS AUX PPP

Instaurés par une ordonnance de juin 2004, les contrats de PPP permettent à une collectivité publique de confier à un opérateur privé le financement, la construction, l'entretien et l'exploitation d'équipements collectifs (collège, éclairage, etc.). En contrepartie de la réalisation du projet, le donneur d'ordres public verse un loyer sur plusieurs décennies – jusqu'à 40 à 50 ans pour les infrastructures de transports. Lorsque le contrat arrive à échéance, la personne publique devient propriétaire de l'ouvrage.

En à peine neuf ans d'existence, les PPP ont connu un emballement spectaculaire : de 146 millions d'euros en 2007, le montant des investissements programmé dans ce cadre a atteint près de 5,6 milliards en 2011, plaçant la France au premier rang européen.

Un peu plus des trois quarts des chantiers ont été attribués par des collectivités locales, le solde relevant d'initiatives de l'Etat. "Les banques et les industriels les ont promus en mettant en avant deux arguments : c'est plus rapide et ça ne coûte pas plus cher que les autres modalités d'investissements publics", explique Didier Guidoni, du cabinet de consultants Kurt Salmon.

UN DISPOSITIF CRITIQUÉ
 

Mais ces dispositifs ont mauvaise presse. Au Royaume-Uni, ils ont tourné au fiasco dans une soixantaine d'hôpitaux, à cause de remboursements trop lourd. En France, plusieurs opérations sèment la controverse. L'exemple sans doute le plus emblématique est celui du Centre hospitalier sud-francilien, réalisé par le groupe Eiffage. Le loyer à payer représente "une somme énorme" qui "a mis en faillite" l'établissement, dénonce l'ancien directeur, Alain Verret, dans un entretien au Journal du dimanche du 3 mars. Les syndicats de l'hôpital, eux, fustigent cette charge financière qui oblige la direction à faire des économies et à supprimer des postes.

Plusieurs rapports ont épinglé ces dérives, le dernier en date (décembre 2012) émanant de l'Inspection générale des finances (IGF). Ce document, révélé par Le Canard enchaîné et que Le Monde s'est procuré, constate de "graves défaillances dans l'utilisation des PPP". Les donneurs d'ordre publics y ont recours "pour s'affranchir des contraintes budgétaires", déplore l'IGF : la dépense est étalée dans le temps et, jusqu'à une période récente, n'était pas comptabilisée comme une dette dans le bilan de l'acheteur public. "Or, poursuit l'IGF, un PPP initié pour des raisons budgétaires est risqué : il incite l'acheteur public à investir au-delà de ce que ses ressources lui permettraient d'envisager avec raison." Dès lors, le risque est grand "de surpayer un investissement" ou de lancer "des projets manifestement surcalibrés".

L'IGF souligne aussi le problème des "clauses léonines" qui peut se poser en particulier pour les collectivités locales : celles-ci n'ont "pas toujours de ressources internes suffisantes pour négocier avec des entreprises disposant de nombreux conseils".

Ce n'est pas le dispositif en lui-même qui est en cause, mais les conditions de sa mise en place, objecte, sous le sceau de l'anonymat, un consultant. "Les PPP peuvent être tout à fait adaptées à certaines opérations, renchérit M. Guidoni. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, les dérives ne sont pas systématiques." Selon une étude diffusée en octobre 2012 par l'Institut d'administration des entreprises de Paris-Sorbonne, "la personne publique se déclare satisfaite ou très satisfaite du respect du coût des travaux" dans 90 % des projets.

LE PRAGMATISME DU GOUVERNEMENT

Plusieurs membres du gouvernement n'en restent pas moins très réservés. Dans un entretien au journal Acteurs publics, le ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac, a déclaré, fin octobre 2012, que les contrats de PPP "coûtent trop cher sur le long terme""Cette façon de masquer l'impécuniosité de l'Etat est dangereuse (...)", a-t-il conclu. M. Hollande, lui, est plus mesuré. Lors d'un déplacement à Bordeaux, le 10 janvier, le président de la République a regretté "de mauvaises surprises avec ces partenariats". Mais il ne veut pas les "jeter aux gémonies".

A Matignon, on précise que le sujet est abordé "sans tabou""Les mauvais PPP sont ceux qui transfèrent de la dette", déclare un conseiller mais il existe aussi des partenariats "de type péage qui ont du sens". Cette réflexion laisse entendre que le gouvernement a désormais une préférence pour les "dispositifs concessifs" financés par l'usager et non pas par le contribuable, observe un bon connaisseur du sujet. Avantage : les collectivités publiques sont moins sollicitées, sur le plan financier.

Dans ce contexte, le nombre de projets pourrait reculer, même si l'exécutif ne le dit pas officiellement. "Le cadre reste encore à définir", indique-t-on dans l'entourage du premier ministre. Des annonces pourraient être faites au début du printemps.

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Sur les PPP,  lire : 

Partenariats Public Privé : pillage et gaspillage

(http://www.graffic.fr/politique-a-gauche/158-partenariats...)

extrait ;

Extrait livre - PPP pillage et gaspillage.pdf

29/05/2013

Politique européenne ? Rien à espérer d'une Europe "à 27"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/28/le-commissaire-europeen-la-chine-et-les-bisounours_3419503_3232.html

Le commissaire européen, la Chine et les Bisounours

LE MONDE | 28.05.2013 à 11h04 • Mis à jour le 28.05.2013 à 15h10

Editorial du "Monde"

Edito du "Monde".

La Chine défie l'Union européenne. Elle est en train de tester la capacité des 27 à maintenir la seule vraie politique commune existante : la politique commerciale. En tant qu'entité singulière sur la scène internationale, l'Europe n'existe qu'à un titre – le commerce. Les Européens vont-ils, là aussi, baisser les bras ?

L'enjeu est important. L'épreuve se joue dans un domaine qui touche aux industries de l'avenir : le photovoltaïque. Le commissaire européen au commerce, le Belge Karel De Gucht, soupçonne les industriels chinois du secteur de dumping massif. Il veut introduire d'ici au 5 juin un droit de douane provisoire de 47 % en moyenne sur les panneaux solaires chinois. Il entend défendre les fabricants européens du secteur. Quelque 25 000 emplois seraient menacés par les pratiques commerciales déloyales de leurs concurrents chinois.

M. De Gucht est un homme brave. Son dossier est solide. Juriste de profession, le commissaire ne fait que mettre ses pas dans ceux des Américains. Lassés d'affronter des concurrents subventionnés, les Etats-Unis ont instauré au printemps 2012 une taxe de 31 % à 250 % sur les panneaux solaires chinois importés.

Le dossier n'est pas si simple qu'il y paraît. En Europe, l'industrie du panneau solaire est déjà largement déclinante. Ceux qui ont la main haute sont les firmes européennes qui installent les dispositifs solaires. Elles ont intérêt à disposer de panneaux à bas prix – comprendre : chinois...

Cela explique en partie l'opposition de quelque 17 membres de l'UE à l'offensive de M. De Gucht. Ils sont conduits par l'Allemagne, dont la Chine est le troisième partenaire commercial. Une Allemagne qui réalise près des deux tiers de son excédent commercial hors d'Europe, notamment en Asie, et particulièrement en Chine.

Berlin ne veut pas de guerre commerciale avec Pékin, à aucun prix : les exportateurs d'outre-Rhin ont peur de perdre le marché chinois. Pour eux, ce marché-là compte plus que l'unité des Européens. Et, recevant son homologue chinois, Li Keqiang, la chancelière Angela Merkel a rejeté cette semaine le projet de taxation de la Commission de Bruxelles et proposé une négociation avec Pékin.

Certains des arguments des Européens qui s'opposent à l'initiative de M. De Gucht sont sans doute recevables. Mais leur méthode est absurde et contre-productive. De ce point de vue, l'exemple donné par Mme Merkel est catastrophique. Car les Chinois n'aiment rien tant que voir les "Barbares" en ordre dispersé. Dans les relations commerciales comme ailleurs, la Chine sait exploiter la désunion des Européens. Elle a les moyens de faire pression sur l'Allemagne pour que Berlin entraîne ensuite le reste l'Union.

La bonne stratégie eût été, pour l'ensemble des Européens, de coller publiquement à l'initiative de M. De Gucht pour arriver en position de force à une négociation avec la Chine. Bref, de faire comme les Etats-Unis, et pas, une fois de plus, comme les Bisounours du commerce international.

Editorial du "Monde"

11/04/2013

Le projet de loi de séparation bancaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/13/un-projet-de-reforme-bancaire-insatisfaisant_1831907_3232.html

Un projet de réforme bancaire insatisfaisant

LE MONDE | 13.02.2013 à 15h53

Par Gaël Giraud, économiste et chercheur au CNRS

Le projet de loi de séparation bancaire discuté à l'Assemblée nationale depuis le 12 février paraît technique à beaucoup. C'est là sa principale faiblesse : entraîner le débat dans le labyrinthe de la technique bancaire.

En réalité, les deux enjeux sous-jacents à la scission des activités de marché et des activités traditionnelles de crédit et de dépôt sont simples. Le premier est politique : sommes-nous d'accord pour que la garantie de l'Etat soit donnée à toutes les activités de marché des banques ?

COUVRIR LES RISQUES DE CHANGE ET DE TAUX ASSOCIÉS

Si c'est non, alors il convient de définir les opérations auxquelles nous entendons l'accorder : les activités de crédit et de dépôt et celles qui servent à couvrir les risques de change et de taux associés, par des opérations simples.

Quant au reste, pourquoi les contribuables français devraient-ils y accorder la moindre garantie ? Sont-ils mis à contribution à chaque faillite d'entreprise industrielle ?

Cette garantie publique actuellement accordée aux opérations de marché n'est pas anodine puisqu'elle permet à nos banques de se financer sur les marchés à un taux artificiellement bas : selon la New Economics Foundation, elle a rapporté, en 2010, 48 milliards d'euros aux banques françaises, dont plus de 6 milliards à BNP Paribas, 12 au Crédit agricole, 5 à la Société générale, 24 au groupe BPCE (Banque populaire et Caisse d'épargne).

Il ne faut pas chercher ailleurs la source des bonus extravagants que perçoivent les 9 000 traders français et leurs dirigeants. Retirer la garantie de l'Etat à ces opérations serait aussi un moyen de crever la bulle des salaires financiers.

Ce serait, surtout, assurer la sécurité des dépôts des Français. Faut-il rappeler que, selon l'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], sur les huit banques européennes les plus proches de la faillite figurent quatre établissements français ?

Que leurs appels au secours à l'égard de la Banque centrale européenne (BCE) sont les troisièmes, en volume, après ceux de l'Espagne et de l'Italie ? Que notre pays compte quatre établissements présentant un risque systémique, là où l'Allemagne n'en compte qu'un (Deutsche Bank) ?

LE FINANCEMENT DE L'ÉCONOMIE FRANÇAISE

Que l'actif bancaire français représente 340 % de notre produit intérieur brut (contre 85 % aux Etats-Unis) ? Que Dexia a déjà coûté 12 milliards aux contribuables français et belges ?

Que les pertes du Crédit agricole en 2012 pourraient s'élever à 6 milliards ? Que les banques françaises n'ont dû leur survie en 2008 que grâce aux 320 milliards de garantie apportés en catastrophe par l'Etat ?

Le second enjeu de la scission n'est autre que le financement de l'économie française. Aujourd'hui, sur 8 000 milliards de total de bilan bancaire français, seuls 10 % servent au financement des entreprises.

Et 12 %, au financement des ménages. Le reste, ce sont des opérations de marché : selon la Banque des règlements internationaux (BRI), 7 % des activités de dérivés financiers mettent en jeu une institution de l'économie réelle.

Ce qui veut dire que, sur le montant des 47 000 milliards associés aux activités de dérivés menées par BNP Paribas, 44 000 milliards (22 fois le PIB français !) n'ont pas pour contrepartie une entreprise de l'économie réelle.

Le financement de l'économie européenne  – et la France ne fait pas exception– est tellement défaillant que la BCE envisage elle-même de se substituer aux banques privées pour financer l'économie réelle.

LE MODÈLE DE LA BANQUE UNIVERSELLE

Quant aux 200 milliards d'obligations émises en 2012 par les banques françaises pour financer le crédit hypothécaire, s'ils n'ont accouché que de 22 milliards de prêts immobiliers, c'est parce que le crédit hypothécaire est un moyen pour financer des activités de marché, et non l'inverse.

Le modèle de la banque universelle est, en vérité, celui d'une banque mixte qui détourne les dépôts des Français pour financer en priorité, et avec la garantie de l'Etat, des activités de marché.

Voilà pourquoi c'est un mauvais modèle. Les investisseurs internationaux, du reste, ne s'y trompent pas, eux qui ne veulent plus investir dans les banques universelles.

A l'inverse, plus nos banques de crédit et de dépôt seront protégées des aléas des marchés financiers, plus elles seront sûres, compétitives et capables d'attirer des capitaux à bas coût.

Les amendements Baumel et Berger (le premier considère que la tenue de marché doit être strictement définie de façon qu'elle ne recouvre pas d'activités spéculatives ; le second considère que la tenue du marché doit être filialisée au-delà d'un certain seuil livré à l'appréciation de Bercy) sont-ils à la hauteur de ces enjeux ?

Non. La garantie de l'Etat continuera d'être accordée à l'ensemble des groupes bancaires, lesquels n'auront pas davantage d'incitation à financer l'économie réelle plutôt que les fonds spéculatifs.

Pire, les prêts aux hedge funds ne seront toujours pas filialisés. Les dépôts des Français continueront donc d'être au service de la finance de l'ombre (shadow banking) et des paradis fiscaux.

PIOCHER DANS LE FONDS DE GARANTIE DES DÉPÔTS

De plus, la filialisation n'apportera aucune sécurité aux groupes bancaires, compte tenu de l'arrêté du 25 août 2010 qui autorise que, en cas de situation exceptionnelle, le seuil des 25 % (et non pas 10 % selon les banques et Bercy) d'engagement des fonds propres du groupe puisse être dépassé pour sauver une filiale en détresse.

Rien ne permettra d'éviter un scénario comme celui de l'assureur American International Group (AIG), mis en faillite par sa micro-filiale en 2008.

De plus, en cas de catastrophe, le gouverneur de la Banque de France et le directeur général du Trésor pourront décider de piocher dans le fonds de garantie des dépôts des Français pour sauver une banque ou même un hedge fund.

A eux reviendra d'engager ou non l'argent du contribuable pour éviter une faillite bancaire. Sachant que le testament bancaire de BNP Paribas fait déjà 1 800 pages, sera-t-il d'une quelconque utilité, quand il faudra décider en 48 heures de sauver, ou non, un établissement dont l'actif représente le PIB français ?

Le scénario de "résolution bancaire" que le projet de loi rend le plus vraisemblable est donc bien celui de SNS reaal – du nom de cette banque néerlandaise qui, pourtant jugée plus sûre que la Société générale en 2011, vient d'être "sauvée" de la faillite aux dépens des contribuables néerlandais sans qu'aucun obligataire senior n'ait été mis à contribution.

Voilà pourquoi le débat sur la scission bancaire, en France, ne fait que débuter.

Gaël Giraud, économiste et chercheur au CNRS

 

Gaël Giraud est l'auteur d'"Illusion financière", paru aux Editions de l'Atelier en octobre 2012.

01/12/2010

Vers une privatisation de la Sécurité sociale en France

À lire sur MEDIAPART :

La France est à la veille d'une réforme sans précédent depuis la Libération: Nicolas Sarkozy prépare une privatisation rampante de la Sécurité sociale. C'est à la faveur du dossier de la dépendance, présenté comme le grand chantier de l'année 2011, que les premiers coups de boutoir seront donnés contre ce système clef de l'Etat providence. Mais le projet en préparation, au profit des assureurs privés, va bien au-delà. Documents et explications.

26/05/2010

La Banque mondiale se fait discrète sur l’accaparement des terres

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4230

Le 26 avril dernier, régnait une vague de déception lors de la tenue à Washington de la conférence de la Banque mondiale sur les questions foncières. En effet, diverses associations, dont l’organisation internationale GRAIN (1), attendaient avec impatience la révélation des résultats d’une étude de la Banque mondiale sur l’accaparement des terres, formulation désignant avec justesse de vastes acquisitions foncières. Initialement prévue pour décembre 2009, reportée à mars 2010, la publication de l’étude avait finalement été annoncée en date de la dite conférence. Mais les attentes de GRAIN et des autres journalistes informés n’ont pas obtenu satisfaction. Au lieu d’une présentation détaillée de l’étude, ne seront fournis aux participants qu’un résumé de l’enquête, un rappel des sept principes déjà énoncés auparavant visant à rendre « socialement responsable » l’accaparement des terres et enfin l’inauguration d’un portail Internet proposant de mettre en relation des entreprises à la recherche de terres et des gouvernements prêts à en fournir.

D’après GRAIN, le travail de recherche et d’analyse étant clos depuis longtemps, seules des raisons politiques peuvent expliquer cette frilosité à dévoiler des résultats potentiellement dérangeants. Le résumé aurait, par ailleurs, apporté quelques éléments de réponse. En effet, alors que la Banque mondiale entendait mener une étude complète portant sur 30 pays, elle semble avoir dû revoir à la baisse ses exigences face au refus de coopération de certains gouvernements. Même constat du côté des multinationales, qui n’auraient pas non plus brillé par leurs efforts de transparence. Face à ces résistances, la Banque s’est restreinte aux projets ayant bénéficié d’une couverture médiatique. Elle a ainsi fait l’inventaire de 389 transactions dans 80 pays. Qualifiées de « soi-disant projets d’investissement » par l’ONG, 37 % d’entre elles visent à produire de la nourriture (cultures et élevage), les agrocarburants arrivant en seconde place avec 35 %. Du point de vue de la répartition géographique, sans surprise, l’Afrique génère à elle seule la moitié des projets d’accaparement des terres, suivie de l’Asie, l’Amérique latine et l’Europe de l’Est. Sur le continent africain, le Soudan est en tête de liste des états africains les plus prisés, le Ghana et Madagascar lui emboîtant le pas. En Asie –Pacifique, la palme revient à l’Indonésie, précédant les Philippines et l’Australie. Enfin, en Amérique Latine, c’est le Brésil qui est l’objet de toutes les convoitises, devant l’Argentine et le Paraguay.
A l’autre bout de la chaîne, la Chine et le Royaume-Uni s’imposent comme les premiers pays d’origine des accapareurs de terres, suivis de l’Arabie Saoudite.

Au final, il est clair que la Banque mondiale, dont l’objectif de son rapport était de « fournir des conseils aux clients de la Banque et aux partenaires intéressés ou pouvant avoir à gérer des acquisitions foncières à grande échelle, afin de leur permettre de maximiser les bénéfices à long terme de ce genre d’investissement », peine grandement à faire ressortir des points positifs. Parmi les données pertinentes communiquées lors de la conférence d’avril dernier et relayées par GRAIN, il apparaît que, dans la plupart des cas, les projets fonciers nuisent aux populations locales. Les études d’impact se distinguent ainsi par leur rareté et l’expulsion des locaux, sans consultation, ni dédommagement, est fréquente. Plus révoltant encore, la Banque révèle que les investisseurs ciblent délibérément des pays présentant une « gouvernance foncière médiocre ».

A l’heure actuelle, GRAIN voit dans les réticences de la Banque mondiale à divulguer ses conclusions une manœuvre destinée à « faciliter la razzia sur les terres » ainsi qu’une confirmation de son soutien aux côtés des investisseurs.
Mais comme le souligne Howard Buffet, dans un rapport du Oakland Institute publié à l’occasion de la récente conférence : « Ces transactions ne peuvent qu’enrichir les riches et rendre les pauvres encore plus pauvres ; elles produisent des gagnants qui ramassent les profits, tandis que les perdants se voient priver de leurs moyens de subsistance. ».

Cécile Cassier

1- GRAIN est une petite organisation internationale à but non lucratif qui soutient la lutte des paysans et des mouvements sociaux pour renforcer le contrôle des communautés sur des systèmes alimentaires fondés sur la biodiversité.
Nb : Pour plus d'informations, se référer au dossier environnement 'Terres agricoles : Le nouveau Monopoly planétaire' paru dans le n°24 (mars / avril 2009) d'Echo Nature

01/04/2010

Justice fiscale ??? Le bouclier fiscal a coûté environ 586 millions d'euros en 2009

lu sur :

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2010-04-01/bilan-le-bouclier-fiscal-a-coute-environ-586-millions-d-euros-en-2009/916/0/440146&xtor=EPR-6-%5BNewsletter-Quotidienne%5D-20100401

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Publié le 01/04/2010 à 11:18 Le Point.fr

BILAN

Le bouclier fiscal a coûté environ 586 millions d'euros en 2009

AFP

 

Le bouclier fiscal, dont le principe est très décrié, a coûté à l'État environ 586 millions d'euros l'an dernier, a indiqué jeudi la ministre de l'Économie Christine Lagarde.

Le nombre de contribuables en ayant profité s'est élevé en 2009 à environ 16.500, selon l'entourage de Christine Lagarde, qui confirmait partiellement des informations de presse. En 2008, près de 15.500 contribuables en avaient bénéficié, pour un montant de 563 millions d'euros, toujours selon l'entourage de la ministre. Mardi, le ministre Budget, François Baroin, avait fait état de 19.000 demandes de restitution reçues pour 2008, également pour un coût de 563 millions. Le principe du bouclier fiscal a été décrié par la gauche, mais aussi, en particulier, depuis la défaite de la droite aux élections régionales, par plusieurs personnalités de la majorité .

Mais le président de la République Nicolas Sarkozy ne reviendra pas sur ce dispositif , a fait savoir mercredi le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. Avec ce dispositif mis en place en 2007 , les impôts directs payés par un contribuable, CSG (contribution sociale généralisée) et CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) comprises, ne peuvent désormais être supérieurs à 50 % de ses revenus.

03/03/2010

Compétitivité, rentabilité à court terme, ...

lu sur :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/02/la-maladie-de-la-valeur-moderne-epidemie-par-max-dorra_1313331_3232.html
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Point de vue
La maladie de la valeur, moderne épidémie, par Max Dorra
LE MONDE | 02.03.10 | 13h08


ompétitivité, rentabilité à court terme, évaluations individuelles, suppressions de postes. Suicides à France Télécom, Renault, PSA, Thales...

"Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés." Nulle maladie n'a été si longtemps méconnue. Aucun traité de médecine, aucun manuel de psychiatrie n'en a jamais parlé. Elle se présente en effet comme une forme de la "normalité", celle que nous recommande l'idéologie régnante relayée par les grands médias. Difficulté supplémentaire : cette pathologie met à mal l'opposition objectif-subjectif, bref, les cloisonnements universitaires (sociologie, psychologie...).

La maladie de la valeur, si contagieuse, est due à une sorte de virus qui attaque l'être en son noyau. Pour en contrecarrer les effets, ou même simplement en parler, la plus grande prudence s'impose. D'autant que cette peste s'accompagne d'une sorte de déni collectif si puissant, qu'il faut prendre bien garde de ne pas être considéré soi-même comme fou, face à cette folie dont on se croit épargné.

Dans un chapitre du Capital, Marx dépeint le tableau clinique saisissant de cette impressionnante affection. C'est une table qui en est atteinte. Devenue marchandise elle a instantanément oublié, dès que le virus l'a infectée, le travail humain nécessaire à sa fabrication et s'est alors mise à danser, face aux autres marchandises, tout en se contorsionnant comme si elle cherchait à les séduire.

La possibilité d'une transmission à l'homme fait tout le danger de cette maladie de la table folle. Des mimétons, sortes de prions idéologiques, provenant de ces objets endiablés, peuvent en effet se diffuser à la quasi-totalité d'une population. Ils font alors, d'hommes et de femmes atteints sans le savoir, de simples marchandises capables dans une sorte de cécité (un des signes de la maladie) de se rendre spontanément au marché pour s'y tortiller à leur tour. Jouant ainsi le jeu que l'on attend d'eux, celui d'une concurrence libre et non faussée, ils font l'objet d'échanges dans une atmosphère de "fête", sur une musique de bazar. Le spectacle est indescriptible, et d'autant plus inquiétant que, dans cet univers où tout est classé donc classant, la violence n'est jamais très loin. D'autant que certains de ces humains-marchandises, laissant croire qu'ils ont plus de valeur que les autres, en profitent pour les dominer et les exploiter impunément.

On a le plus souvent affaire, d'ailleurs, à des associations de malades, groupés autour d'un chef - en général le plus atteint. Chacun de ces réseaux a sa "langue" propre, dont les mots, infectés, sont porteurs de ségrégation sociale, de mépris - source d'humiliation et de haine. Le désir même, dans le monde de la valeur, est dévoyé, réduit, par une sorte d'addiction, à se chercher des substituts. N'importe quoi pourvu que l'on y trouve l'estampille, la "griffe" d'un groupe prestigieux parce que dominant.

Cela seul fait mesurer l'appauvrissement engendré, dans le monde de la valeur, par l'idéologie de la "performance", de la "communication", du "management", une idéologie scientiste (qui n'a rien à voir avec la scientificité véritable) fétichisant le chiffre, objectivant les êtres, supprimant l'affect, interdisant le rêve : un monde dépourvu de sens. "C'est mon n + 1, mon n + 2", dit-on dans certaines grandes entreprises pour désigner ses supérieurs hiérarchiques.

Ainsi le moi, ce carrefour, lorsqu'il est atteint par la maladie de la valeur, devient lui-même une valeur d'échange. Cette valeur d'échange, liée à sa propre image aux yeux des autres, à leur regard évaluateur, signifie au moi un rôle dans lequel plus ou moins de sens parviendra tant bien que mal à se couler -, ce dont dépendra sa force d'exister.

C'est dire que la pensée elle-même n'est pas épargnée. D'où l'importance d'une action de prévention. Apprendre, très tôt, à penser autrement. A résister.

Pourquoi parler de maladie, de virus, à propos de la valeur ? Un virus ne se reproduit qu'en parasitant le noyau d'une cellule dont il subvertit le génome en y greffant son propre code. La valeur, de même, introduit au coeur d'un être, de sa substance - à son insu - une signification étrangère, infantilisante, trompeuse parce qu'elle est vécue comme un sens. D'autant que toujours s'enchevêtrent la valeur vénale et le mythe de la "force virile", la violence symbolique qu'induit la domination masculine. "En avoir ou pas."

L'intérêt de la métaphore biologique tient à la nature même des virus - des filaments d'acide nucléique - qui en fait des écritures vivantes. Les virus peuvent avoir pour origine, en effet, des fragments d'acides nucléiques "échappés" d'un noyau cellulaire. D'où leur capacité de s'y réintroduire grâce à cette similarité, à la faveur d'une sorte de faux en écriture. Dans un monde où les mots deviennent des virus, certaines phrases peuvent tuer dans la mesure où leur contenu, le ton, l'attitude, la position symbolique de celui qui les profère leur permettent, parce qu'ils affectent, d'envahir la mémoire d'un individu.

Allant droit à l'enfance, ces mots, ces représentations, en dictant leur loi et en l'imposant font douloureusement revivre le rôle ancien qu'ils ont réveillé. Ils inscrivent un faux destin : "C'était écrit ." Touché à l'enfance, on se sent alors - étrange certitude qu'apporte l'angoisse - "nul", "coupable", "exclu". On croit être, et on s'est fait avoir. Un tour d'illusion à la fois ontologique et politique.

Il n'est ainsi guère étonnant que, sous un masque ou un autre, lorsque se perpétuent, se reproduisent les inégalités sociales les plus insolentes, une déprime puisse frapper les humains stigmatisés par un jugement de valeur. Cette déprime peut être due à l'effondrement d'un moi, de son image, de sa cote, l'origine du krach étant souvent multiple : souffrance au travail, chômage, mais aussi discrimination quelle qu'elle soit, liée à l'ethnie, par exemple, ou à l'âge. Y aurait-il - horreur ! - un marché du désir ?

Lorsqu'il en arrive à croire qu'il ne suscitera plus le désir, qu'"au-delà d'une certaine limite son ticket n'est plus valable", que la source de sa force d'exister lui est désormais inaccessible, un être peut en venir à se supprimer. On serait autorisé à parler de destruction d'âme déguisée en suicide. On est loin, ici, des considérations hypocrites sur "le stress au travail" et les remèdes dérisoires que l'on prétend y apporter. La maladie de la valeur tue parce qu'elle prive de sens des êtres. Isolant les individus, elle leur dissimule la réalité : un autre monde est possible.


Max Dorra est écrivain et professeur de médecine.

 

 

Article paru dans l'édition du 03.03.10

22/02/2010

Sondages politiques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/07/22/opinion-way-le-sondeur-qui-derange_1221228_3236.html

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Opinion Way, le sondeur qui dérange
LEMONDE.FR | 22.07.09 | 08h24  •  Mis à jour le 22.07.09 | 20h07


oupçons de collusion avec le pouvoir, méthode contestée, questions biaisées... Nouveau venu sur le marché des enquêtes d'opinion, l'institut de sondage Opinion Way, récemment pointé du doigt par un rapport de la Cour des comptes (lire aussi "La politique des sondages de l'Elysée critiquée par la Cour des comptes"), cristallise depuis quelque temps les critiques de ses détracteurs.

Créé en mars 2000, ce nouvel acteur du marché des études ne s'est réellement positionné sur le secteur des enquêtes d'opinion que début 2006. Son arrivée constitue alors une petite révolution. Opinion Way est l'un des premiers instituts français à réaliser des enquêtes d'opinion en ligne, une méthode jusqu'ici réservée aux études de marché. Ce tournant dans l'histoire des sondages sera consacré en juin 2009 : le tout jeune institut remplace TNS-Sofres comme partenaire de TF1 pour la soirée des élections européennes.

REPRÉSENTATIVITÉ

Opinion Way se contente d'appliquer aux sondages d'opinion les méthodes des études de marché : il recrute ses panels représentatifs sur Internet – une pratique largement répandue aux Etats-Unis – et les rétribue en leur offrant des bons d'achat. Les sondés peuvent ainsi gagner entre 50 centimes et 2 euros par questionnaire, à raison d'une douzaine de questionnaires par an, précise Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'Opinion Way. La démarche a beau faire lever quelques sourcils, elle paie : une question en ligne est 30 % moins chère que par téléphone, et l'institut gagne des parts de marché.

Mais dans un pays où moins de 60 % des personnes âgées de plus de 18 ans disposaient d'une connexion à domicile mi-2008, la question de la représentativité de telles enquêtes reste posée. "C'est trop peu fiable. Il y a trop de différences d'équipement et d'usage d'Internet au sein de la population. Aucun sociologue ou statisticien ne soutiendrait une telle méthode", estime ainsi Alain Garrigou, professeur de sciences politiques, auteur de L'Ivresse des sondages et co-animateur de l'Observatoire des sondages.

Pour Vincent Tiberj, chargé de recherches au centre de recherches politiques de Sciences-Po, "Internet, c'est l'avenir, mais c'est encore un petit peu tôt". "Même si les quotas sont respectés, explique-t-il au site Mon sondage, une femme de 65 ans qui est sur le Net n'a pas le même profil que les autres."

Pour Bruno Jeanbart, le débat n'a pas lieu d'être : "La question de la représentativité se pose quelle que soit la méthodologie. Le téléphone et le face-à-face présentent aussi des inconvénients... Notre métier est précisément de contourner ces obstacles grâce à la méthode des quotas", explique-t-il. Autre argument en faveur de cette méthode : elle permet de toucher certaines catégories de sondés, notamment parmi les plus jeunes, qui ne disposent pas de téléphone fixe. Selon la Sofres, 17 % des foyers n'étaient pas équipés de téléphone fixe en 2005 et étaient donc exclus de facto des enquêtes traditionnelles.

SOUPÇONS DE BIAIS

Mais la critique la plus récurrente concerne les supposées accointances de l'institut avec le pouvoir. Le Canard enchaîné daté du 8 août 2007 révélait ainsi que son président, Hugues Cazenave, avait commencé sa carrière en 1986 au cabinet de Gérard Longuet, le président du groupe UMP au Sénat, qui fut dans sa jeunesse un des fondateurs du mouvement d'extrême droite Occident. Toujours selon le Canard, Opinion Way aurait commencé son activité de sondeur politique pour le compte de l'UMP, ce que l'institut dément. En novembre 2002, Opinion Way a pourtant bien interrogé les Français sur leurs préférences concernant le nouveau nom de l'UMP, un sondage dont Bruno Jeanbart affirme ne pas se souvenir.

Soupçonné de pencher à droite, Opinion Way ne peut pas compter sur le profil de ses clients pour rééquilibrer son image : en dehors d'un sondage vendu au Nouvel Obs, deux au site Bakchich.info et un au cercle de réflexion Gauche avenir, l'écrasante majorité de ses sondages sont commandés par des clients étiquetés à droite (Le Figaro, LCI...), selon la liste des enquêtes réalisées par l'institut.

Pour Alain Garrigou, il y a plus grave : l'institut truquerait certaines enquêtes. Dans un article publié par l'Observatoire des sondages, le chercheur décortique un sondage sur la popularité des chefs d'Etat européens, selon lequel 51 % des Européens ont une bonne image de Nicolas Sarkozy. L'enquête, publiée par Le Figaro, a été réalisée par Internet dans quatre pays : Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne et Italie. L'ennui, souligne Alain Garrigou, c'est que les Français ne figurent pas dans le panel et n'ont donc pas pu donner leur avis sur M. Sarkozy, comme les Allemands l'ont fait pour Angela Merkel ou les Italiens pour Silvio Berlusconi. La symétrie est donc faussée, et le président français délesté d'une cote de popularité nationale qui aurait fait baisser son score.

Autre problème méthodologique : le poids démographique des pays sondés n'a pas été pris en compte, alors que la population allemande est deux fois plus importante que celle de l'Espagne, souligne le chercheur. En tenant compte des populations réelles des pays concernés, Nicolas Sarkozy passerait de 51 % à 49 % de bonnes opinions, affirme-t-il.

"BOURDIEUSIENS"

S'il reconnaît du bout des lèvres qu'"on peut discuter" de la méthode retenue pour ce sondage, Bruno Jeanbart affirme que cela n'a rien changé aux résultats. Plus généralement, il estime que son institut est victime de la défiance des Français à l'égard des sondages. "En France, une école de sociologie a toujours critiqué les sondages, c'est l'école bourdieusienne, qui prône le qualitatif par rapport au quantitatif. Les sondages ont toujours fait débat, et l'arrivée d'un nouvel acteur est une façon de faire revivre ce débat. Certains de nos concurrents ne se sont pas non plus privés pour nous critiquer, de façon anonyme", analyse-t-il.

Richard Brousse, sociologue et co-animateur de l'Observatoire des sondages, propose une autre explication : "Opinion Way cristallise les critiques car ils sont en avance sur les autres sondeurs. C'est l'institut qui fait le plus de zèle pro-gouvernemental. Ils sont les seuls à faire en 2009 des sondages prédictifs de la présidentielle de 2012 (publié par Le Figaro) ! Ils sont les seuls à publier un sondage commandé par Darcos sur les fouilles au corps à l'école (publié fin mai par Le Parisien), quelques jours seulement après des violences en milieu scolaire qui ont fait les gros titres. Ils sont toujours les premiers ! Rien d'étonnant à ce qu'ils soient les premiers à être critiqués."

 

Soren Seelow

09/02/2010

"50 000 précaires" dans l'enseignement supérieur et la recherche

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
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"50 000 précaires" dans l'enseignement supérieur et la recherche
A peine l'OST (Observatoire des sciences et technologies) a-t-il publié son rapport sur les emplois non-permanents des chercheurs dans les laboratoires et les universités, qu'une intersyndicale de 19 organisations livre le sien, lui aussi orienté sur la précarité dans l'enseignement supérieur et la recherche. Les signataires de ce dernier rapport estiment que le taux de non-permanents dans la recherche gravite autour de 23,4 %, avec des pointes à l'Inra (38 %), l'Inserm (40 %) et l'Inria (49 %), soit un total de "50 000 précaires", docteurs maintenus longtemps sans postes, bas salaires, activité interrompue, "cumul d'employeurs, rémunérations en nature ou via des prête-noms, travail bénévole"...
Tribune [La] , 09/02/2010

18/12/2009

Débat autour des nanotechnologies

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/
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Débat autour des nanotechnologies
Dans La Croix, deux experts répondent à la question : "Faut-il avoir peur des nanotechnologies ?". Bernadette Bensaude-Vincent, professeur de philosophie à l'université Paris X Nanterre, estime que le débat national qui invite la population à s'informer "a lieu après que les gouvernements ont décidé de lancer de grands programmes de recherche". Elle s'interroge : "Sommes-nous simplement un pion dans un processus de "démocratie technique" où la prise de décision plurielle et réellement partagée est encore loin ?".
André Cicolella, écotoxicologue à l'Ineris et président de la Fondation Sciences citoyennes, refuse "la pseudo-urgence au nom de la sacro-sainte compétitivité économique". Il déplore que "les hommes politiques et les industriels fonctionnent encore sur l'ancien schéma, selon lequel le peuple est ignare, que ce n'est pas la peine de lui demander son avis, et qu'il vote déjà pour les élections".
Croix [La] , 15/12/2009

13/08/2009

L'assurance-santé américaine, un système cher et inégal

lu sur :

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/pourquoi-obama-doit-faire-des-concessions-sur-sa-reforme-sante_194079.html

 

Obama est déterminé à être le président qui réussit à réformer un système de santé coûteux et inefficace. Mais les Républicains ont juré d'en faire le Waterloo du gouvernement. Des concessions importantes aux lobbies ont déjà été consenties.

 

L'assurance-santé américaine, un système cher et inégal

Le système de santé américain a deux problèmes : il est cher, le plus cher du monde, et 15% des Américains ne sont pas couverts. 46 millions de personnes vivent en effet sans  aucune assurance. Les raisons sont multiples : leur entreprise n'en propose pas, l'assurance privée coûte trop chère ou ne veut pas d'eux, ils ne sont pas éligibles aux programmes publics, ou tout simplement, ils ne pensent à prendre une assurance que le jour où il tombent malade. Au problème des non assurés s'ajoute celui des mal assurés : ceux qui cotisent tous les mois depuis dix ans mais qui, le jour où ils ont besoin d'un traitement cher, se retrouvent le bec dans l'eau parce que l'assureur trouve le moyen d'échapper au remboursement du soin, voire même d'annuler le contrat.

Deuxième problème : des dépenses de santé faramineuses qui s'élèvent à plus de 2000 milliards de dollars par an. Soit 16% du PIB du pays contre 11% en France. Au rythme actuel, ces dépenses absorberont dans dix ans un cinquième de la richesse nationale. Beaucoup d'argent pour financer un système qui ne figure qu'en  37ème  position du classement mondial de l'OMS.

 

Les pistes de réforme

Obama veut rendre l'assurance obligatoire pour tous les Américains. La majorité d'entre eux sont bien couverts par leur employeur et appréhendent "l'intrusion" du gouvernement. Mais pour Obama, il ne s'agit pas d'imposer une nationalisation totale de l'assurance mais de donner le choix entre une option privée, davantage réglementée, et une option publique.

Dans le secteur privé, d'abord, la réforme prévoit que les assureurs n'aient plus le droit de refuser un client, ou de lui faire payer plus cher pour des questions d' âge ou de santé. Ils seraient également obligés de fournir une couverture minimale. Par ailleurs, tous les employeurs (sauf les plus petites entreprises) seraient obligés de proposer une assurance, sous peine de payer une taxe supplémentaire.

Pour ce qui est de l'option publique, destinée à ceux qui ne peuvent se payer de couverture privée, Obama veut étendre le programme qui existe déjà pour les plus de 65 ans, le Medicare. Créer une assurance publique qui ferait concurrence au privé est en effet selon lui "le meilleur moyen d'obliger les compagnies privées à baisser leur prix et à être honnêtes". Le coût de l'extension de la couverture est évalué à 1 000 milliards de dollars sur dix ans.

 

Les opposants : les professionnels de santé et les assurances

Sans surprise, ceux qui s'opposent bec et ongle à la réforme sont ceux qui risquent d'y perdre gros. A commencer par les médecins, laboratoires et hôpitaux qui constituent "l'offre médicale". Toutes les dépenses de santé vont dans leur poche. Or Obama a juré qu'il maîtriserait les dépenses, notamment en renégociant à la baisse les prix de certains médicaments... L'industrie pharmaceutique américaine met en avant le fait que ce sont justement ses profits juteux qui lui permettent d'être leader en recherche clinique, une recherche dont les résultats bénéficient ensuite au reste du monde. Toutefois, le milieu médical n'est pas foncièrement opposé à la réforme dans son ensemble : si tous les Américains sont assurés, cela signifie des millions de clients gagnés.

Ceux qui craignent vraiment la mise en place de la réforme, ce sont les assurances privées. Si le gouvernement impose aux services médicaux et laboratoires pharmaceutiques des prix bas, et se présente ainsi sur le marché avec une assurance moins chère, les Américains pourraient déserter les compagnies privées. Les assureurs crient au risque de faillite. Selon une étude du groupe de consultants Lewin, mandaté par une compagnie d'assurance, 88 millions d'Américains quitteraient ainsi leur assurance pour prendre l'option publique.

Enfin, les Républicains et les quelques Démocrates conservateurs de la "Blue Dog Coalition", s'opposent à la réforme pour des raisons budgétaires. Les 1000 milliards de dollars que coûte la réforme risquent indéniablement d'accroître le déficit qui a atteint les 1300 milliards de dollars en juillet. Le Sénateur Républicain Jim DeMint a pour sa part juré de faire de la réforme le Waterloo d'Obama.

 

Les concessions d'Obama

Le texte final de la réforme ne sera voté qu'à la rentrée parlementaire. C'est pourquoi les lobbies n'ont pas chômé cet été pour limiter la portée de la loi. 1,4 million de dollars par jour sont dépensés pour préserver le statu quo. 350 anciens membres du Congrès ont été embauchés pour faire du lobbying auprès de leurs anciens collègues.

 

lire aussi :

Etats-Unis: un système de santé qui n'assure pas

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/etats-unis-un-systeme-de-sante-qui-n-assure-pas_193584.html