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11/01/2017

De la liberté de se faire vacciner avec le vaccin de son choix

à lire sur :

L'obligation,c'estladécisionéclairée.Formindep

www.formindep.org/L-obligation-c-est-la-decision.html

3 déc. 2016 - L'obligation, c'est la décision éclairée. ... La liberté, c'est l'esclavage. .... [5] http://www.leciss.org/espace-presse/actualit%C3%A9s/conciliation- ...

29/12/2016

OGM, toxicité, allergies

À lire sur :

OGM : Santé > Risques potentiels - Toxicité et allergies

www.ogm.gouv.qc.ca/sante_et_environnement/sante/risques.../toxicite_allergies.html
 
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extrait :

On dit qu’il y a risque d’intoxication quand un aliment – lait, œufs, viande, etc. – contient des toxines, c’est-à-dire des substances capables d’endommager les fonctions vitales ou des parties de l’organisme humain.

Ces substances doivent être présentes en quantité suffisante pour provoquer des effets nocifs. En effet, lorsqu’il est question de toxicité alimentaire, tout est question de quantité ingérée.

On parle de réaction allergique lorsque le système immunitaire réagit de façon inappropriée ou exagérée à l’absorption de substances dites « allergènes ».

Certains allergènes peuvent être nocifs pour les humains. Les allergies peuvent se manifester sous forme d’asthme ou par une chute importante de la pression artérielle dans les cas sévères.

Les toxines et les allergènes sont des substances naturellement produites par les végétaux et certains animaux.

Les toxines, pour leur part, jouent un rôle dans les mécanismes naturels de défense de tous les organismes vivants. Or, un aliment avec OGM pourrait contenir une plus grande quantité de toxines ou d’allergènes par suite des réactions possibles de la plante à l’insertion d’un ou de plusieurs gènes introduits dans son génome, y compris pour ce qui est de la production de la ou des protéines.

Ainsi, la plante pourrait réagir à la transgénèse en produisant :

des protéines non désirées;
un supplément de toxines ou d’allergènes naturellement présents dans l’organisme.
Par ailleurs, la protéine produite par le gène inséré pourrait :

se révéler toxique ou allergène selon la capacité de notre organisme à la digérer ou non;
libérer des composés toxiques ou allergènes pour notre organisme.
Il n’existe pas de test unique pour évaluer l’allergénicité potentielle des OGM. Une évaluation au cas par cas est nécessaire.

L’European Food Safety Authority a publié un guide des procédures d’évaluation des allergies disponibles et des modèles animaux utilisables pour étudier les OGM 1.

Pour chaque OGM commercialisé au Canada, Santé Canada a la responsabilité d’assurer l’évaluation de ces risques d’intoxication et de réaction allergique.
 
lire la suite sur le site de Santé Canada (lien ci-dessus), qui est un site du gouvernement du Québec, pas un site commercial.

24/10/2016

De l'impunité des mandarins dans le domaine scientifique : un exemple

à lire :

Femmes en sciences : Il faut mettre fin à l'impudence de la Fondation Jérôme Lejeune

par Seraya Maouche

L’université Notre Dame aux États-Unis a décidé d’attribuer l’« Evangelium Vitae Medal » 2017 à la Fondation Jérôme Lejeune. Jusqu'ici, tout est normal, mais déposséder une femme scientifique de sa découverte est un geste d'une violence extrême. La découvreuse de la trisomie 21 est une femme et elle s’appelle Marthe Gautier, la Fondation Jérôme Lejeune doit cesser son impudence.

voir aussi :

Marthe Gautier — Wikipédia

 

 
 

 

01/10/2016

La vaccination des enfants avec le DTP : toujours impossible de trouver des vaccins qui ne soient pas les contestés tetra ou pentavalents

communiqué

voir aussi les notes que vous trouverez sur ce blog avec comme mot clef "vaccins"

commentaire de bon sens :

les vaccins sont destinés à provoquer dans l'organisme vacciné la fabrication d'antigènes permettant une réponse rapide contre une infection.

Avant la vaccination, l'organisme infecté répondait "naturellement" par la fabrication de ces anticorps, mais cette fabrication n'était pas forcément suffisamment rapide ou efficace : nous sommes les descendants de ceux qui ont répondu de façon "efficace" à leurs infections, ceux qui ont survécu.

Ces infection ne se produisaient pas toutes en même temps : on n'attrapait pas EN MÊME TEMPS la dipthpérie, le tétanos, la polio ...etc... Si çà avait été le cas, nous serions beaucoup moins nombreux sur terre ! L'organisme n'est pas fait pour répondre à ce genre d'infection multiple, a fortiori un enfant qui vient de naître !!!

Vouloir faire des vaccins combinant des réactions immunitaires multiples et nombreuses est une aberration qui ne correspond à aucun impératif, sauf celui du profit des industries pharmaceutiques. Il faut le savoir.

 

Vaccin DTP - Bulletin d’information :

Où en sommes-nous ?

Chère amie, cher ami,

Obtenir que le dossier “vaccin DTP” avance auprès du Conseil d’Etat n’a pas été simple.

Il a fallu tout le talent et la pugnacité de Maître Bergel-Hatchuel pour débloquer les choses.

En effet, vous le savez, nous avions lancé en novembre 2015 un mémoire auprès de la ministre de la Santé, Madame Marisol Touraine, pour qu’elle mette de l’ordre dans la politique vaccinale en France.

La ministre semble être passée par tous les états dans le cadre de cette campagne. Elle a d’abord estimé que la vaccination ne se discutait pas. Puis, il a été dit qu’il n’y avait pas de pénurie.

Les mois passaient, elle ne nous répondait pas.

Elle a prétendu avoir agi auprès des laboratoires pharmaceutiques pour qu’ils répondent à la demande des citoyens... Ils n’ont rien fait.

Après avoir suivi les étapes classiques de la procédure auprès de la ministre, il a fallu saisir le Conseil d’Etat. Là encore, les choses ont été moins simples que prévu. Nous attendions une réponse pour le 12 juin 2016.

Les relances incessantes de Maître Bergel n’y faisaient rien : il a été impossible de savoir si les conseillers d’Etat allaient ouvrir le dossier ou le ranger au placard. C’est qu’ils étaient bien ennuyés !

Il y a 10 jours enfin, les choses ont bougé. Le Conseil d’Etat a accepté que nous présentions notre mémoire - et quand je dis nous, je parle des 2500 personnes ayant mandaté Maître Bergel, plus tous ceux qui nous ont soutenus à travers la pétition lancée par le Pr Henri Joyeux.

Elle est signée actuellement par près de 1 million 80 000 personnes. Vous pouvez encore venir nous rejoindre en la signant ici librement : http://petition.ipsn.eu/penurie-vaccin-dt-polio


Le conseil de l’Ordre de Montpellier fait appel de la décision rendu contre le Professeur Henri Joyeux

Vous le savez, le Pr Joyeux a été condamné à la radiation de l’Ordre des médecins par la chambre disciplinaire du conseil de l’Ordre de sa région, chambre disciplinaire constituée de médecins.

Ces médecins ont agi à la suite d’une plainte du conseil de l’Ordre national. Ils étaient en mission.

L’Ordre de Montpellier, consterné par cette décision, a fait appel. Le Pr Henri Joyeux également. Ces appels sont suspensifs, ce qui lui permet de continuer à exercer son métier.

Nous sommes en 2016. Et l’Etat n’est pas capable de proposer un cadre clair à la politique vaccinale en France, contrairement aux autres pays européens.

Nous continuons donc l’offensive. D’ores et déjà, je vous propose de lire cette requête très bien étayée par Maître Bergel qui vous rappellera dans le détail les points cruciaux de cette affaire et, notamment :
  • la question de la vente liée avec les vaccins tetra, penta ou hexavalents, qui est illégale et dangereuse pour la santé des bébés;
  • l’augmentation scandaleuse du prix du vaccin DTP en quelques années seulement ;
  • le problème du vaccin contre l’hépatite B, imposé à tous, alors qu’il est controversé.
Vous trouverez la requête ici.


Consultation citoyenne sur les vaccins : il faut participer !

En attendant de voir comment le Conseil d’Etat va répondre à notre requête, il est possible d’agir à nouveau.

La "concertation" citoyenne sur la vaccination http://contrib.concertation-vaccination.fr est ouverte jusqu'au 13 octobre. Si vous souhaitez faire la différence, prenez le temps de répondre à cette consultation.

Pour l’instant, seules 4460 personnes ont répondu à l’appel de l’Etat. Il faut que nous soyons des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers à montrer notre intérêt pour le sujet et notre volonté de voir la politique vaccinale évoluer pour que la situation change.

Cette proposition de la ministre de la Santé vaut ce qu’elle vaut. Elle avait été largement critiquée par l’un des conseillers de la ministre, M. Thomas Dietrich, qui y voyait une opération de communication hypocrite. Il s’agissait, selon lui, d’une mascarade de démocratie. Il avait alors démissionné de ses fonctions.

Il est clair que les laboratoires pharmaceutiques sont à la manoeuvre dans cette affaire. Par exemple, le Président de la concertation, le Pr Alain Fischer, a reçu officiellement un prix de 100 000 euros des laboratoires Sanofi Pasteur le 5 novembre 2013.

On peut citer aussi Madame la Pr Claire-Anne Siegrist qui a collaboré à l’élaboration de cette consultation citoyenne. Elle est pédiatre spécialisée en maladies infectieuses, directrice du département de pédiatrie et professeur de vaccinologie à l’Université de Genève. Mais elle est aussi responsable du centre collaborateur de l’OMS pour la vaccinologie néonatale. L’ennui, c’est que cet organisme est financé notamment par les laboratoires pharmaceutiques. N’y a t-il pas là un conflit d’intérêt majeur?

Néanmoins, il faut répondre à cette consultation. Si la démarche en elle même vous paraît absurde ou hypocrite, n’hésitez pas à le dire aux autorités. Vos opinions sont essentielles.

Elles auront nécessairement une influence sur l'État, voire sur les laboratoires pharmaceutiques et - pourquoi pas ? - sur le Conseil d’Etat.

Je vous engage donc à vous rendre sur le site de la consultation et d’y apporter votre contribution.

Afin de vous aider à y répondre, je vous propose deux sources d’information qui pourront vous y aider :

Les réponses peuvent donc être apportées jusqu’au 13 octobre 2016. Nous aurons l’occasion d’aborder le sujet avec Maître Bergel Hatchuel et le Professeur Henri Joyeux lors de notre Congrès International de Santé Naturelle des 1er et 2 octobre 2016.

Bien à vous,

Augustin de Livois

PS : Il est encore possible de vous inscrire à notre Congrès ici. Faites, vite car même si nous avons rajouté quelques rangs de chaises... il ne reste que très peu de places à attribuer et le congrès commence dès demain matin !

Si vous ne pouvez pas vous déplacer, sachez que notre offre de streaming vidéo vous permet également de suivre en direct toutes les conférences filmées (plénières et débats) puis de les revoir en différé. Inscrivez-vous maintenant sur cette page.

 

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07/11/2015

De l'influence négative de la religion sur l'altruisme

Religious children are meaner than their secular counterparts, study finds.

www.theguardian.com/.../religious-children-less-altruistic-secular-kids-study
15 hours ago ... Children from religious families are less kind and more punitive than those from non-religious households, according to a new study.
 
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extrait :

Religious belief appears to have negative influence on children’s altruism and judgments of others’ actions even as parents see them as ‘more empathetic’.

 

Children from religious families are less kind and more punitive than those from non-religious households, according to a new study.

Academics from seven universities across the world studied Christian, Muslim and non-religious children to test the relationship between religion and morality.

They found that religious belief is a negative influence on children’s altruism.

“Overall, our findings ... contradict the commonsense and popular assumption that children from religious households are more altruistic and kind towards others,” said the authors of The Negative Association Between Religiousness and Children’s Altruism Across the World, published this week in Current Biology.

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résumé de l'article initial de Current Biology :
 
SUMMARY
Prosocial behaviors are ubiquitous across societies. 
They emerge early in ontogeny [1] and are shaped by interactions between genes and culture [2, 3]. Over the course of middle childhood, sharing approaches equality in distribution [4]. 
Since 5.8 billion humans, representing 84% of the worldwide population, identify as religious [5], religion is arguably one prevalent facet of culture that influences the development and expression of prosociality.
While it is generally accepted that religion contours people’s moral judgments and prosocial behavior, the relation between religiosity and morality is a contentious one. 
Here, we assessed altruism and third-party evaluation of scenarios depicting interpersonal harm in 1,170 children aged between 5 and 12 years in six countries (Canada, China, Jordan, Turkey, USA, and South Africa), the religiousness of their household, and parent-reported child empathy and sensitivity to justice. 
Across all countries, parents in religious households reported that their children expressed more empathy and sensitivity for justice in everyday life than non-religious parents. 
However, religiousness was inversely predictive of children’s altruism and positively correlated with their punitive tendencies.
Together these results reveal the similarity acros countries in how religion negatively influences children’s altruism, challenging the view that religiosity facilitates prosocial behavior.
 
(les caractères gras sont de moi)
 

01/06/2015

À propos de la pétition sur le vaccin DT-Polio : réponse du Pr. Joyeux aux attaques infondées visant la pétition sur le vaccin DT-Polio

communiqué :

Réponse aux attaques infondées visant la pétition sur le vaccin DT-Polio

 

« Cela faisait longtemps que les antivaccins ne s'étaient pas manifestés. C'est chose faite. Depuis quelques jours, une vidéo du Pr Henri Joyeux fait un tabac sur le Net. [1] » 

Ce sont les premières lignes de l'article que le journal Libération a consacré le 25 mai 2015 à la pétition que nous avons organisée, avec l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle, pour le retour du classique vaccin DT-Polio dans les pharmacies. 

Qu'une pétition demandant que soit respecté le droit des patients à avoir accès au vaccin obligatoire DT-Polio soit décrite comme « antivaccin » en dit long sur le caractère passionnel du débat. 

Avons-nous encore le droit de soulever un sujet de santé délicat sans risquer aussitôt de se voir coller des étiquettes infamantes, par des personnes qui semblent plus chercher à caricaturer, ce qui est une manière d'empêcher le débat et la réflexion, qu'à contribuer à éclairer le public sur les questions qui le concernent ? 

Reprenons notre calme et discutons ensemble posément. 

Le DT-Polio obligatoire n’est plus commercialisé en France depuis 2008

Comme chacun le sait désormais, le vaccin DT-Polio obligatoire n'est plus commercialisé en France depuis 2008 par les laboratoires pharmaceutiques. C'est un fait. Personne ne peut affirmer, sans mentir, le contraire.

Depuis septembre 2014, la situation s’est aggravée avec une pénurie généralisée de vaccins tétravalents (DT-polio-coqueluche) et pentavalents (DT-polio-Haemophilus Influenzae B-coqueluche). 

Le seul vaccin contenant le DT-Polio qui ne souffre d’aucune pénurie est le vaccin hexavalent DT-polio-Hib-coqueluche-hépatite B, Infanrix Hexa des laboratoires Glaxosmithkline. 

Sur ces points, « le Pr Joyeux a raison », a reconnu le journaliste de Libération. Merci à lui pour cela, au moins. 

Les parents sont donc actuellement obligés de recourir à l'Infanrix Hexa s'ils veulent protéger leurs enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, éviter les poursuites pénales prévues par la loi en cas de non-respect de l'obligation vaccinale, et garantir l'accès de leurs enfants aux collectivités (crèches, garderies, écoles, cantines… dont les enfants n'ayant pas reçu les vaccins obligatoires sont en général exclus). 

Logiquement, nous demandons que, puisque le vaccin DT-Polio est obligatoire, il y ait une obligation pour les laboratoires pharmaceutiques de le fournir aux parents

En cas de défaillance, il serait logique que les autorités de santé interviennent pour empêcher les laboratoires de jouer sur l'obligation vaccinale pour vendre du même coup d'autres vaccins facultatifs, éventuellement inutiles pour certains, car un vaccin n'est jamais anodin. Il existe toujours un risque, même s'il est faible, et il peut ne pas être raisonnable de vacciner si le patient n'a pas, ou peu de risques d'être en contact avec la maladie. C'est en particulier le cas de la valence hépatite B, présente dans l'Infanrix Hexa

Le seul vaccin disponible est 7 fois plus cher

À ce problème purement médical s'en ajoute un autre, d'ordre financier. 

Il se trouve que l'Infanrix Hexa coûte 39,04 euros contre 6,10 euros pour le simple DT-Polio, qui n'est plus disponible, soit près de 7 fois plus cher

Multipliez cette différence par 700 000 naissances en France chaque année. La plus-value réalisée grâce à cette opportune pénurie se chiffre en dizaines de millions d'euros pour les laboratoires pharmaceutiques. 

Cela ne veut pas dire que cette pénurie soit organisée. Nous ne l'avons jamais dit. Mais il n'en reste pas moins qu'il est permis de s'interroger sur le peu d'empressement des laboratoires pour y remédier. 

Est-ce une hypothèse vraiment invraisemblable que d’imaginer qu’ils ne soient, au fond, pas si gênés que cela d'être « obligés » de vendre massivement ce vaccin si sophistiqué… et si cher ? 

En lançant cet appel public aux autorités à enfin réagir (je rappelle que cela fait maintenant 7 ans que le traditionnel vaccin DT-Polio n'est plus vendu en France), nous savions que nous allions heurter des sensibilités, autant que des intérêts financiers majeurs. C'est le lot inévitable du « lanceur d'alerte ». 

Désinformation et sape systématique par tous les médias

Ce à quoi nous n'étions pas préparés, en revanche, c'est que tous les aspects de notre pétition allaient être contestés, y compris en y opposant de pures inventions (je vais y revenir), comme s'il existait une sorte d'urgence de convaincre le public que nous n'aurions écrit que des âneries voire des mensonges. 

Ces accusations, initialement formulées sur un simple blog anonyme, ont été reprises telles quelles par nombre de grands sites d'information, de Rue89 jusqu'au site du journal Le Monde, en passant par BFMTV,LObs ou encore France TV Info et le Journal de la santé sur France5. 

L'écho qui leur a été donné, à notre grande surprise vu leur absence de sérieux, fut si grand, et l'objectivité scientifique tellement absente du propos, que je suis obligé d'y répondre de façon systématique. 

Je commencerai par les arguments les plus ahurissants. 

1/ Un kit DT-Polio gratuit mais réservé à des cas très rares

Le premier argument le plus utilisé pour discréditer notre initiative est que les laboratoires mettraient un kit DT-Polio gratuitement à disposition des personnes qui souhaitent éviter l'Infanrix Hexa. Cela écarterait donc toute possibilité que les laboratoires aient un intérêt quelconque à l'actuelle pénurie. Mieux, cela démontrerait que ces entreprises sont engagées dans une démarche purement désintéressée et philanthropique. 

C'est une invention. Ce kit gratuit existe. Mais il est réservé aux rares cas de nourrissons présentant une contre-indication au vaccin anticoquelucheux, présent dans l'Infanrix Hexa, ainsi que l'indique le communiqué de Sanofi-Pasteur MSD indiqué en note [2]. 

Les contre-indications au vaccin anticoquelucheux sont les antécédents d'allergie, rares chez les bébés nourris au sein, les réactions intenses à d'autres vaccins, impossibles chez les nourrissons n'ayant jamais été vaccinés, l'encéphalopathie évolutive, la fièvre (égale ou supérieur à 40°C), une affection chronique et les affections graves de l'appareil pulmonaire. 

En outre, la première partie du kit gratuit, celle qui contient les valences diphtérie et tétanos, a été en rupture de stock depuis le 1er janvier 2015, rupture à laquelle il n'a été remédié qu'au mois de mai, ainsi que l'indique l'Agence du médicament sur son site Internet consultable ici [3]. 

Prétendre que ce vaccin gratuit ait été librement et largement accessible aux parents ayant une méfiance à l'égard de l'Infanrix Hexa est donc absolument faux. 

2/ Oui le vaccin hexavalent peut être dangereux

Le second argument le plus repris contre notre initiative pour le retour du vaccin DT-Polio est que les autorités sanitaires affirment que le vaccin hexavalent est sûr, et qu'il n'y a donc aucun danger particulier à le recevoir. Au contraire, les familles et les patients devraient être reconnaissants, puisqu'ils seraient ainsi protégés contre six maladies d’un coup, en une seule piqûre. Et six précautions valent mieux que trois ! 

Là encore, il s'agit d'une vision simpliste et trompeuse du choix qui s'offre aux patients. Sait-on ce que recouvre, dans le domaine médical, la notion de « sûreté » d'un médicament ou d'un traitement ? 

Toute intervention sur le corps humain, et a fortiori toute injection de corps étrangers, comporte un risque. En tant que médecin, c'est la première chose que nous apprenons. Notre serment d'Hippocrate commence par ces mots : « D'abord ne pas nuire » (« Primum non nocere »). Les vaccins sont des médicaments actifs comme les autres. Affirmer qu'ils sont sûrs signifie seulement que, globalement, les risques qu'ils font courir aux patients sont inférieurs aux bienfaits qu'ils peuvent en attendre. Cela ne signifie absolument pas qu'il n'y ait aucun risque. 

Les autorités, et c'est leur rôle, se bornent à estimer que, collectivement, la balance bénéfice/risque est en faveur de la vaccination. 

Mais on ne peut en déduire qu'en toutes circonstances il soit sûr, d'un point de vue individuel, de se faire vacciner. Chez un individu donné qui n'est pas exposé à une infection et chez qui la vaccination présente un risque, la gestion individuelle du risque doit recommander de ne pas vacciner. C'est pourquoi il peut être logique de vacciner tout le personnel soignant contre l'hépatite B, une maladie qui se transmet par le sang et les fluides corporels – et je le suis moi-même bien sûr, en tant que chirurgien. 

En revanche, pour un bébé de deux mois, qui ne pratique pas d'interventions médicales, qui n'est pas toxicomane et qui n'a pas de rapports sexuels ni de contact étroit avec des malades potentiels de l'hépatite B, il n'est pas du tout sûr que les bénéfices de la protection contre une maladie très peu probable justifie de courir les risques du vaccin. 

Discuter le risque d’un vaccin, ce n’est pas être anti-vaccin, c’est dire la vérité

Affirmer qu'un vaccin est risqué, informer les patients que tout vaccin comporte un risque, ce n'est pas être « antivaccin ». C'est dire la vérité, et les familles et patients ont droit de savoir la vérité sur les médicaments qu'on leur administre. 

Vouloir la leur cacher, même partiellement, au nom d'objectifs généraux de santé publique, comme la maximisation de la couverture vaccinale, n'est pas respectueux des Droits de l'Homme, et c'est pourquoi nous nous y opposons. 

3/ Les vaccins multivalent sont plus dangereux que les autres

Vient le troisième argument, selon lequel les vaccins multivalents, c'est-à-dire qui vaccinent contre plusieurs maladies en une seule injection, ne posent pas plus de problèmes que les autres. 

En réalité, le principe de la vaccination consiste à solliciter le système immunitaire avec un agent infectieux affaibli pour provoquer une réponse, afin d'accélérer cette réponse la prochaine fois qu'il sera confronté avec cet agent infectieux. Notre système immunitaire est configuré pour faire face à plusieurs infections mineures, et une ou deux attaques majeures. 

Le vaccin hexavalent consiste à demander à l’organisme d’un bébé de 2 mois de faire face à 6 infections majeures simultanées, et donc chez un nourrisson dont le système immunitaire est encore immature (il dépend fortement de celui de la mère, via l'allaitement qui reste idéal pour l’enfant). 

Le système immunitaire est une mécanique très délicate. Son emballement est au moins aussi dangereux que son insuffisance. La surréaction du système immunitaire peut produire une « tempête de cytokines » créant des maladies auto-immunes graves. 

Que sait-on de la réponse immune lorsqu'il y a 6 valences d'antigènes dans un vaccin ? Pas grand chose à long terme, tout simplement parce que cette pratique de multiplier les valences n'est pas assez ancienne pour que l'on ait aujourd'hui le recul suffisant. Et dans la mesure où l’on ne prend pas en compte le groupe HLA des personnes avant de les vacciner, il est impossible de prédire les risques sanitaires à long terme. 

De la même façon, il a été dit et répété dans les attaques contre notre pétition que les adjuvants présents dans le vaccin hexavalent ne sont pas dangereux. Pourtant, pour mémoire, les adjuvants servent à créer une réponse inflammatoire, afin de mieux « marquer » le système immunitaire. Ils fonctionnent forcément en agressant le corps, sans quoi celui-ci ne chercherait pas à se défendre. Ce sont par définition des produits agressifs. 

On nous dit, pour nous tranquilliser, que les adjuvants à base de mercure et d'aluminium, des neurotoxiques, ou de formaldéhyde, un cancérogène certain, ne sont pas dangereux parce que les doses sont trop faibles, jusqu'à 10 000 fois inférieures à la dose létale pour l'adulte. 

Des poisons injectés, non pas à des adultes, mais à des nourrissons, directement dans le sang

Mais il faut considérer le fait que les adjuvants sont administrés non à des adultes mais à des nourrissons. Qu'ils ne passent pas par le système digestif, et donc pas par le filtre du foie, mais qu'ils sont injectés directement dans le sang. Que ce que l'on redoute n'est pas l'empoisonnement immédiat du bébé, mais les conséquences à long terme, la myofasciite à macrophages ou, nettement plus tard, telle ou telle maladie neurodégénérative, telle la sclérose en plaque (SEC), comme cela a été prouvé après la campagne de vaccination contre l’hépatite B au collège à la fin des années 90. 

Pour toutes ces raisons, nous réfutons toute accusation d'approximation, de « dérapage verbal », et plus encore de « complotisme » et de « charlatanisme ». Notre appel à pétition est justifié, pour ne pas dire urgent, par un impératif de santé publique. L'opposition bête et méchante, parfois même de mauvaise foi, que nous rencontrons nous conforte dans l'impression que, si nous ne bougions pas, personne ne le ferait. 

Continuons notre mobilisation

C'est chose faite aujourd'hui. Le débat est enfin lancé. Puissent les autorités de santé entendre la voix des 500 000 citoyens et professionnels de santé qui ont déjà signé notre pétition, et de tous ceux qui se joindront à eux prochainement. 

Et n’hésitez pas à diffuser largement autour de vous cet argumentaire qui répond à des attaques infondées, et à poursuivre la campagne de signature de la pétition (ici)

signer la petition



Professeur Henri Joyeux 



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Sources : 

[1] Les vaccins à la peine 

[2] Pour lire le communiqué de Sanofi-Pasteur MSD, cliquer ici

[3] DT VAX, Vaccin diphtérique et tétanique adsorbé (Suspension injectable en flacon multidose) - Rupture de stock 



Les informations de cette lettre d'information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être. L’éditeur n’est pas un fournisseur de soins médicaux homologués. L’éditeur de cette lettre d'information ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s’interdit formellement d’entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs. Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie.

La Lettre du Professeur Joyeux est un service d'information gratuit de Santé Nature Innovation (SNI Editions). Pour toute question, rendez-vous ici

Service courrier : Sercogest, 60 avenue du Général de Gaulle, 92800 Puteaux - France 

20/05/2015

À propos des vaccins obligatoires

À écouter ou à lire ... je peux confirmer (de part mon ex-profession) que ces informations sont scientifiquement valables et que le scandale des vaccins et du lobbying pharmaceutique est patent !

 



 

    Institut pour la Protection de la Santé Naturelle  

Merci de faire circuler cette alerte autour de vous, merci de votre soutien.

[VIDEO] 
l’ALERTE du Professeur Henri Joyeux

Cliquez pour écouter de toute URGENCE l'appel du professeur Henri Joyeux, cancérologue et chirurgien contre le scandale du vaccin DTPolio.
 

Merci de tout coeur pour votre mobilisation ! 

Augustin de Livois, 
Président de l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle     Institut pour la Protection de la Santé Naturelle
Association sans but lucratif
Rue du Vieux Marché au Grain, 48
1000 BRUXELLES
www.ipsn.eu 

 

24/02/2015

Chimie, dégradation de l'environnement : les conséquences sont là

Quelques liens pour s'informer :

 

Montée préoccupante de la puberté précoce - Le Monde

www.lemonde.fr/.../montee-preoccupante-de-la-puberte-precoce_4581829_ 1650684.html

il y a 1 jour ... Montée préoccupante de la puberté précoce ... véritable épidémie de pubertéprécoce », affirme le professeur Charles Sultan, chef du service ...

 

Midi-Pyrénées, région la plus touchée par la baisse de la qualité du sperme ...

www.ladepeche.fr/.../1830028-midi-pyrenees-region-plus-touchee-baisse- qualite-sperme.html
 
1 mars 2014 ... «Dans la région, la situation est alarmante». Charles Sultan est l'un des plusgrands pédiatres endocrinologues au monde. ... je vois une explosion des cas de puberté précoce (chez les filles) et ... on assiste à une montée en flèche du nombre d'enfants souffrant d'affections provoquées par les pesticides.

 

Sciences : Collectif Une Place pour Tous !

collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/sciences/

2 déc. 2014 ... Les indices s'accumulent quant à l'implication des polluants dans la montée enpuissance des troubles autistiques et comportementaux ..... Cette disparition alarmante de la faune ornithologique européenne est ..... puberté précoce.pdf ... Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre ...

 

Pr Charles Sultan : Perturbateurs endocriniens et puberté précoce ...

criigen.org/.../Pr-Charles-Sultan-Perturbateurs-endocriniens-et-puberteprecoce-chez-la-fille
 
Intervention du Pr Charles Sultan, endocrinologue au CHU de Montpellier et ... sur les perturbateurs endocriniens et la puberté précoce, lors de la table-ronde.

16/12/2014

Maïs, irrigation, changement climatique

lu sur :

Tikaljoyau maya victime de son expansion - LeTemps.ch

ARCHÉOLOGIE Mardi 16 décembre 2014
Denis Delbecq

La déforestation des alentours de la cité de Tikal au profit de la culture intensive du maïs a amplifié les sécheresses et a poussé les habitants à abandonner les lieux à partir du IXe siècle. (National Geographic/Getty Images)

La déforestation des alentours de la cité de Tikal au profit de la culture intensive du maïs a amplifié les sécheresses et a poussé les habitants à abandonner les lieux à partir du IXe siècle. (National Geographic/Getty Images)

Une étude retrace les événements ayant conduit à la chute d’un des plus grands centres urbains de la civilisation maya . Démographie galopante et agriculture inadaptée auraient amplifié un changement climatique en Amérique centrale, conduisant la cité à sa perte

Pendant des siècles, probablement près de mille ans, Tikal était une cité florissante de la civilisation maya. Mais en quelques décennies, à la fin du IXe siècle, la ville s’est vidée de ses habitants. Il n’en reste que ruines, au cœur de la presqu’île du Yucatan, dans le Guatemala d’aujourd’hui. «Tikal jouait un rôle clé dans l’économie maya, raconte David Lentz, biologiste à l’Université de Cincinnati (Ohio, Etats-Unis), le principal auteur d’une étude publiée aujourd’hui dans la revue PNAS. C’était un carrefour pour le transport des marchandises, qui reliait les côtes Est et Ouest de la presqu’île du Yucatan. On a ainsi retrouvé du charbon de bois de pin, une preuve que les Mayas en faisaient commerce puisqu’il n’y a pas de pins dans la région de Tikal.» A son apogée, au début du IXe siècle, Tikal comptait environ 45 000 habitants.

Pour comprendre comment une telle ville a pu se développer puis disparaître, le groupe de David Lentz a mené deux longues campagnes de plusieurs mois sur le terrain. Les scientifiques ont fouillé, creusé, analysé les sols et les vestiges, collecté des sédiments au fond des lacs, étudié la végétation par satellite et cartographié le sol et le sous-sol. Un travail de titan, mêlant l’expertise d’une quinzaine de chercheurs en géographie, biologie, géologie, agronomie, physique, anthropologie, informatique, etc. «Cela ne ressemble en rien à l’image décrite dansIndiana Jones d’un explorateur solitaire qui fouille la jungle à la recherche d’une cité perdue», sourit David Lentz. Son armada scientifique a permis de vérifier que les Mayas avaient développé à Tikal une agriculture très sophistiquée, dont l’étendue a fini par peser sur l’environnement.

A Tikal, le climat connaît, tous les six mois, une alternance entre saison sèche et humide, qui se retrouve quand on étudie les sols anciens. C’est dans ces sols aussi, dans les parties les plus basses du site, qu’apparaissent des vestiges de l’agriculture maya: des signes indiscutables d’une irrigation qui a démarré vers l’an 485. «Les Mayas avaient compris qu’en stockant l’eau d’une saison à l’autre, ils pourraient irriguer et produire deux récoltes annuelles au lieu d’une», explique David Lentz.

Des vestiges de quatre immenses réservoirs sont encore présents sur le site. Et un faisceau de preuves laisse penser qu’ils étaient utilisés pour l’irrigation, et non pour la consommation. «Nous avons analysé les sédiments déposés au fond d’un réservoir; ils montrent que les Mayas s’en servaient aussi comme dépotoirs. Autrement dit, ils ne buvaient pas cette eau. De plus, on constate que le point le plus bas des réservoirs est plus haut que le point le plus haut des terrains qui étaient cultivés autour.» Il suffisait donc de laisser l’eau s’écouler, de temps à autre, pour inonder les cultures.

A Tikal, les Mayas cultivaient principalement du maïs, selon le groupe de David Lentz, qui a conduit une analyse minutieuse des anciens sols cultivés pour en extraire de la matière organique, vestige des plantes qui poussaient dans le passé. Il existe trois familles de plantes, classées suivant la manière dont elles utilisent la photosynthèse pour capter le CO2 dans l’air et en extraire le carbone. Chacune est caractérisée par une «signature» distincte, une composition du carbone bien précise dans ses racines, tiges et feuilles. «Quand on étudie le carbone dans le sol des anciens champs de Tikal, à une profondeur qui correspond à l’époque maya classique, on voit un net changement dans la composition du carbone, qui montre l’apparition soudaine de la famille «C4», dans laquelle on retrouve les plantes herbacées, dont le maïs.» A cette époque, donc, le maïs a commencé d’être semé. «Il pourrait aussi s’agir d’herbes qui se seraient installées spontanément sur un terrain défriché et abandonné, explique David Lentz. Mais si c’était le cas, on retrouverait probablement des plantes «C4» sur le site aujourd’hui, or il n’y en a pas. Nous avons donc la quasi-certitude que ces champs étaient plantés de maïs.»

La précieuse plante était cultivée sur des terrains gagnés sur la forêt tropicale. D’après les calculs du groupe de David Lentz, la ville de Tikal étendait son emprise sur un territoire d’environ 1100 km 2 , aux trois quarts recouvert de forêt, le reste étant formé de zones tour à tour sèches ou humides au fil des saisons. «Le développement démographique a provoqué une forte pression sur les forêts alentour, explique David Lentz. On estime que la population a rasé de 60 à 70% de la végétation pour développer l’agriculture et construire.» Une estimation qui repose sur des données concrètes. «En prélevant des carottes de sédiments au fond des lacs, nous avons pu étudier les pollens qui se déposent au fil des années, justifie David Lentz. Dans ces sédiments, on voit que la quantité de pollen d’arbres a fortement diminué, ce qui nous a permis d’évaluer l’ampleur de la déforestation

Aux VIIe et VIIIe siècles, les pluies abondantes ont permis d’accompagner la démographie galopante et l’agriculture de Tikal. Mais entre 820 et 870, la région a connu un climat beaucoup plus sec, empêchant le remplissage des réservoirs d’irrigation. Une aridité qui a probablement été amplifiée par la déforestation. «Dans une forêt pluviale, raser les arbres revient à supprimer une gigantesque éponge de 40 mètres d’épaisseur. Faute de disposer d’eau en quantité suffisante pour subvenir à ses besoins, la population a fini par partir.» Une destinée qu’ont subie de nombreuses cités mayas au cours des siècles qui ont suivi, obligeant la population à se disperser autour d’emplacements plus accueillants, et mettant un terme à la civilisation maya. Alors que les négociations climatiques internationales sous l’égide de l’ONU ont une nouvelle fois accouché d’une souris ce week-end à Lima (Pérou), les travaux du groupe de David Lentz viennent à point nommé rappeler à quel point une société non durable est vouée à disparaître.

02/12/2014

Le futur de notre société néolibérale n'est pas rose ...

lu sur Le temps (Suisse)

les surlignages sont de moi

Pollution: le cerveau en danger

Le Temps 

Stéphane Foucart Le Monde

Les indices s’accumulent quant à l’implication des polluants dans la montée en puissance des troubles autistiques et comportementaux

De toutes les maladies non transmissibles, l’autisme est l’une de celles dont la fréquence augmente le plus rapidement. Si vite qu’il est même difficile d’y croire. En mars, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, l’équivalent de notre Institut de veille sanitaire (InVS), rendaient publiques les dernières estimations de la prévalence des troubles du spectre autistique chez les garçons et les filles de 8 ans aux Etats-Unis. Selon ces chiffres, un enfant sur 68 est désormais touché par cet ensemble de maladies du développement, regroupant l’autisme profond, les syndromes de Rett et d’Asperger, etc.

Le plus impressionnant n’est pas tant le chiffre lui-même, que la rapidité de son évolution: il est supérieur de 30% à celui publié seulement deux ans auparavant (un enfant sur 88) par le même réseau de surveillance mis en place par les CDC, et a plus que doublé en moins d’une décennie. Au cours des vingt dernières années, les données américaines suggèrent une augmentation quasi exponentielle de ces troubles, aujourd’hui diagnostiqués «vingt à trente fois plus» que dans les années 1970, selon le rapport des CDC. 40% de ces enfants dépistés aux Etats-Unis présentent un quotient intellectuel (QI) inférieur à 70.

D’autres troubles neurocomportementaux sont également en forte croissance ces dernières années. Outre-Atlantique, l’hyperactivité et les troubles de l’attention touchaient, selon les chiffres des CDC, 7,8% des enfants entre 4 et 17 ans en 2003. Ce taux est passé à 9,5% en 2007, puis à 11% en 2011. Par comparaison, en France, leur fréquence est estimée entre 3,5 et 6% pour les 6-12 ans.

Aux Etats-Unis, un enfant sur six est concerné par un trouble du développement (troubles neurocomportementaux, retard mental, handicaps moteurs, etc.).

Dans un ouvrage scientifique tout juste publié (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse. Le sujet est, ces dernières années, au centre de nombreuses publications scientifiques. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale (Université Harvard, Université du Danemark-Sud), l’une des figures de la discipline et auteur d’un livre sur le sujet (Only One Chance. How Environmental Pollution Impairs Brain Development – and How to Protect the Brains of the Next Generation, Oxford University Press, 2013), va jusqu’à évoquer une «fuite chimique des cerveaux».

La thyroïde en cause

«L’augmentation de la fréquence de l’autisme que l’on mesure ces dernières années est telle qu’elle ne peut pas être attribuée à la génétique seule et ne peut être expliquée sans faire intervenir des facteurs environnementaux, dit Barbara Demeneix. De meilleurs diagnostics et une meilleure information des médecins et des familles permettent certainement d’expliquer une part de cette augmentation, mais en aucun cas la majorité.» Et ce d’autant plus que les critères diagnostiques utilisés par les CDC sont demeurés identiques entre 2000 et 2013. «En France et en Europe, il n’existe pas de suivi historique de la prévalence de ces troubles aussi précis qu’aux Etats-Unis, mais il est vraisemblable qu’on assiste aussi à une augmentation de leur incidence», ajoute Barbara Demeneix.

Autre argument fort suggérant que l’augmentation de fréquence de l’autisme ne relève pas d’un biais de mesure: le sexe-ratio est constant. Les garçons sont toujours cinq fois plus touchés que les filles. Or, si l’accroissement constaté était artéfactuel, une modification du sexe-ratio aurait de grandes chances d’être observée.

Comment expliquer une telle épidémie? Pour la biologiste française, l’une des causes majeures est la prolifération de molécules de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement de la glande thyroïde. «Depuis de nombreuses années, mon travail consiste à comprendre comment un têtard devient une grenouille. Les molécules clés de ce processus sont les hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans les transformations lourdes du développement, explique Barbara Demeneix. En cherchant à comprendre comment ces hormones agissent dans la métamorphose du têtard, je me suis posé le même type de questions sur leur importance dans le développement du cerveau humain.»

Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux. «Nous savons avec certitude que l’hormone thyroïde joue un rôle pivot dans le développement du cerveau, précise le biologiste Thomas Zoeller, professeur à l’Université du Massachusetts à Amherst et spécialiste du système thyroïdien. D’ailleurs, la fonction thyroïdienne est contrôlée sur chaque bébé né dans les pays développés et la plupart des pays en développement, ce qui montre le niveau de certitude que nous avons dans ce fait. Pourtant, malgré le fait que de nombreuses substances chimiques ayant un impact documenté sur la thyroïde soient en circulation, les autorités sanitaires ne font pas toujours le lien avec l’augmentation des troubles neurocomportementaux

Dans Losing Our Minds, Barbara Demeneix montre que la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent bel et bien avec le système thyroïdien. Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais toutes sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero, ou aux premiers âges de la vie. C’est le cas des PCB (composés chlorés jadis utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), de certaines dioxines (issues des processus de combustion), de l’omniprésent bisphénol A, des PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses des canapés), des perfluorés (utilisés comme surfactants), des pesticides organophosphorés, de certains solvants, etc.

«Le travail de Barbara Demeneix est très important, estime la biologiste Ana Soto, professeure à l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis) et titulaire de la chaire Blaise Pascal 2013-2014 de l’Ecole normale supérieure. Elle a conduit un travail bibliographique considérable et c’est la première fois que l’ensemble des connaissances sont rassemblées pour mettre en évidence que tous ces perturbateurs endocriniens, mais aussi des métaux lourds comme le mercure, sont capables de perturber le fonctionnement du système thyroïdien par une multitude de processus.»

Substances très nombreuses

Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui, du coup, produit moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes qui potentialisent ces mêmes hormones… Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et, explique Barbara Demeneix, «le risque est important que la genèse de son cerveau ne se fasse pas de manière optimale». Pour limiter au mieux les effets de ces substances, la biologiste insiste sur la nécessité d’un apport d’iode conséquent – absent du sel de mer – aux femmes enceintes, garant de leur bon fonctionnement thyroïdien.

Le problème est que les substances susceptibles de perturber ces processus sont très nombreuses. «Les chimistes manipulent des phénols auxquels ils ajoutent des halogènes comme le brome, le chlore ou le fluor, explique Barbara Demeneix. Or les hormones thyroïdiennes sont composées d’iode, qui est aussi un halogène. Le résultat est que nous avons mis en circulation des myriades de substances de synthèse qui ressemblent fort aux hormones thyroïdiennes

Les scientifiques engagés dans la recherche sur la perturbation endocrinienne estiment en général que les tests mis en œuvre pour détecter et réglementer les substances mimant les hormones humaines sont insuffisants. D’autant plus que les effets produits sur les capacités cognitives sont globalement discrets. «Si le thalidomide [médicament retiré dans les années 1960] avait causé une perte de 10 points de quotient intellectuel au lieu des malformations visibles des membres [des enfants exposés in utero via leur mère], il serait probablement encore sur le marché», se plaisait à dire David Rall, ancien directeur de l’Institut national des sciences de la santé environnementale américain (NIEHS).

L’érosion du quotient intellectuel de même que les troubles neurocomportementaux comme l’hyperactivité et les troubles de l’attention ou l’autisme «sont le talon d’Achille du système de régulation, souligne le biologiste Thomas Zoeller. Ce sont des troubles complexes, hétérogènes et aucun biomarqueur caractéristique ne peut être identifié. Du coup, il y a beaucoup de débats sur la «réalité» de l’augmentation de leur incidence. Ce genre de discussions ne décide pas les agences de régulation à être proactives, en dépit du fait que l’incidence des troubles du spectre autistique augmente si rapidement que nous devrions tous en être inquiets.»

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l’organisme intergouvernemental chargé d’établir les protocoles de test des substances chimiques mises sur le marché, a cependant appelé, fin octobre, au développement de nouveaux tests susceptibles de mieux cribler les molécules interférant avec la thyroïde. Et ce, avec «une très haute priorité».

L’affaire ne concerne pas uniquement l’intelligence des prochaines générations mais leur santé au sens large. «Les épidémiologistes remarquent depuis longtemps que les gens qui ont un quotient intellectuel élevé vivent plus longtemps, et ce même lorsqu’on corrige des effets liés à la classe sociale, dit Barbara Demeneix. Or, selon la théorie de l’origine développementale des maladies, notre santé dépend en partie de la manière dont nos tissus se sont développés au cours de notre vie intra-utérine. Les facultés cognitives pourraient ainsi être une sorte de marqueur des expositions in utero et pendant la petite enfance à des agents chimiques: avoir été peu exposé signifierait un quotient intellectuel élevé et, du même coup, une plus faible susceptibilité aux maladies non transmissibles.»

 

 

25/09/2014

Il y a 50 ans, Marthe Gautier découvrait la trisomie 21

Ce que tout le monde savait dans le milieu de la recherche médicale.

Une injustice est enfin réparée.

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lu dans la revue de presse de l'INSERM.

Le rôle reconnu de Marthe Gautier dans la découverte de la trisomie 21

Un avis publié le 14 septembre par le comité d’éthique de l’Inserm estime que la découverte de la trisomie 21 « n’aurait pu être faite sans les contributions essentielles de Raymond Turpin et Marthe Gautier », souligne La Croix

Jusqu’en 2009 cette découverte été attribuée à Jérôme Lejeune. Le comité d’éthique, qui revient sur l’histoire de cette découverte, explique dans son avis que Marthe Gautier, travaillant dans un laboratoire de l’hôpital Trousseau sous les ordres du Professeur Raymond Turpin, « constatera que les cellules de ‘‘mongoliens’’ ont 47 chromosomes, alors que les témoins en ont 46 ». Selon le comité, « vu le contexte à l’époque de la découverte du chromosome surnuméraire, la part de Jérôme Lejeune dans celle-ci a peu de chance d’avoir été prépondérante ».

Affaire+Marthe+Gautier+et+règles+publication.pdf

extrait de l'avis du comité d'éthique :

3) L’histoire des découvertes n’est pas identique à l’histoire des sciences, et les processus 

de validation des connaissances restent très différents. L’approche technique est une 

condition nécessaire à la découverte - rôle clé de Marthe Gautier ; mais bien souvent il faut la prolonger pour en faire émerger la reconnaissance - contribution première de Raymond Turpin et par la suite de Jérôme Lejeune. La découverte de la trisomie n’ayant pu être faite sans les contributions essentielles de Raymond Turpin et Marthe Gautier il est regrettable que leurs noms n’aient pas été systématiquement associés à cette découverte tant dans la communication que dans l’attribution de divers honneurs. 

 
Retrouvez l’avis du comité d’éthique sur le site de l’Inserm (Septembre 2014)

La Croix, 25/09

30/04/2014

Pesticides et perturbateurs endocriniens : enfin une bonne résolution !

lu sur AFP :

Royal veut réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens 

AFP via Yahoo! France Actualités 29 avr 18h 06

Par Céline SERRAT | AFP – mar. 29 avr. 2014
 
Bannir le bisphénol A des tickets de caisse, traquer les phtalates dans les jouets, expertiser les parabènes et autres substances suspectées d'interférer avec le système hormonal: la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens a été dévoilée mardi par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal.
Annoncé en septembre 2012 lors de la conférence environnementale et élaboré en concertation avec les ONG, ce plan d'action pour mieux connaître et encadrer les perturbateurs endocriniens vise à "protéger davantage la santé des Français et mieux anticiper les risques", a commenté la ministre.
En interférant avec les glandes endocrines sécrétant les hormones, les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d'agir sur la fertilité, la croissance, le comportement et d'être à l'origine de certains cancers.
L'un des plus connus, le bisphénol A, utilisé dans le revêtement des boîtes de conserve et d'objets en plastique, est la cible d'une interdiction qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015 en France. Il a été banni en 2013 des objets destinés aux enfants de moins de trois ans.
Des soupçons de dangerosité pèsent sur d'autres substances utilisées dans les détergents, les plastiques, les cosmétiques, les textiles ou les peintures.
La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) "va nous permettre de mobiliser la recherche, d'expertiser des substances, de remplacer celles qui sont nocives, de former des professionnels et d'informer les citoyens", a affirmé Mme Royal devant les membres du Conseil national sur la transition écologique.
Cette instance, réunissant experts, associations, syndicats, entreprises et élus, a rendu mardi matin un avis consultatif sur la SNPE.
A l'exception de quatre abstentions du côté des syndicats, tous les membres ont approuvé le texte, a indiqué la ministre lors d'une conférence de presse.

Dans l'immédiat, Ségolène Royal s'est dite "déterminée à agir" pour éliminer le bisphénol A des tickets de caisse et des reçus bancaires, renforcer les contrôles sur la présence de phtalates dans les jouets et faire expertiser cinq substances choisies parmi les plus répandues, dont les parabènes.

- Les parabènes à la loupe -
Pour les "tickets thermiques" (reçus bancaires et de caisse), la France a proposé à l'Union européenne la substitution du bisphénol A par d'autres produits, étant donné les suspicions concernant les femmes enceintes et les enfants à naître.
Mais sans attendre, la ministre va inviter les enseignes de la grande distribution et les banques françaises à s'engager volontairement dans cette voie. "Il y a une entreprise de la grande distribution qui a anticipé ce problème, c'est donc possible", a relevé Mme Royal.
Concernant les phtalates, Mme Royal veut travailler avec Arnaud Montebourg qui, en tant que ministre de l'Economie, a sous sa tutelle la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. La ministre souhaite que des contrôles ciblent davantage les jouets qui pourraient contenir des phtalates ou du bisphénol A.
La ministre a également chargé l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l?alimentation, de l?environnement et du travail (Anses) d'expertiser en 2014 cinq substances: les methyl-parabènes, le BHA, le composé de l'acide orthoborique, le DINCH et le DEHTP.
Les parabènes, utilisés comme conservateurs dans aliments, boissons ou cosmétiques, sont suspectés d'affecter le système reproducteur et de contribuer à l'obésité.
Le BHA est également utilisé comme conservateur dans l'alimentation et les emballages: il est soupçonné de perturber les hormones sexuelles, son impact ayant été documenté sur plusieurs espèces animales.
Au plan réglementaire, la France va défendre à Bruxelles "une définition cohérente" des perturbateurs endocriniens, centrée sur les effets toxicologiques. La Commission européenne doit rendre courant 2014 un rapport très attendu sur les critères définissant les perturbateurs endocriniens, qui font l'objet d'un bras de fer entre certains scientifiques et l'industrie.
Enfin, en cas d'effet avéré, la France souhaite l'exclusion des perturbateurs endocriniens des produits pesticides, anti-parasitaires, désinfectants, etc.

Une enquête de l'ONG Générations futures, portant sur trente enfants vivant en zones agricoles, a révélé mardi la forte présence de perturbateurs endocriniens dans leurs cheveux. En moyenne, 21,5 résidus différents de pesticides perturbateurs endocriniens ont été détectés par enfant sur 53 substances recherchées.

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sur le même sujet :

puberté précoce.pdf

lire aussi sur un autre blog :

lienPesticides et perturbateurs endocriniens : nos enfants ...

Pesticides et perturbateurs endocriniens : nos enfants paient et paieront le note

19/04/2014

Autisme et grossesse

lu sur le Point :

Autisme : les antidépresseurs durant la grossesse de nouveau pointés du doigt

Lorsque les femmes enceintes prennent des antidépresseurs, les risques de troubles autistiques pour leur enfant seraient multipliés par trois, selon une nouvelle étude.

Le Point.fr - Publié le 18/04/2014 à 07:25

Par 

En France, un enfant sur cent naîtrait avec un trouble du spectre autistique. Aux États-Unis, ce serait désormais un enfant sur 68 qui serait concerné, d'après une récente étude soulignant une augmentation des cas de 30 % en deux ans. Alors que la prévalence de cette maladie augmente à un rythme inquiétant dans tous les pays occidentaux, les recherches se multiplient pour mieux la cerner et en comprendre les causes. Ainsi, le déclenchement ou la simulation des contractions pour accélérer l'accouchement ont été évoqués. De même, des liens avec les antécédents des parents comme l'âge du père, le diabète ou l'obésité de la mère ont été établis.

Dernièrement, plusieurs études mettent plus spécifiquement en évidence la période sensible de la grossesse, notamment lors des premiers mois, stade de développement précoce du cerveau. Il y a quelques semaines, le New England Journal of Medicine publiait effectivement une étude montrant que l'autisme serait lié à un développement prénatal anormal du cortex cérébral. D'autres explorations ont pu montrer que les carences durant la grossesse - Vitamine D, B9, notamment - ou l'exposition aux polluants semblent être des facteurs aggravants. Ainsi, une pollution atmosphérique aux particules de diesel peut doubler les risques de troubles autistiques chez l'enfant. De même avec des polluants comme le plomb ou le mercure dans des proportions toutefois moindres. 

Troisième trimestre

S'il est difficile de se prémunir contre certains polluants subis comme l'air ambiant que l'on respire, d'autres toxiques pourraient sans doute être évités ou du moins réduits. Une nouvelle étude américaine menée par l'université de California-Davis souligne une nouvelle fois les risques de certains antidépresseurs prescrits pour traiter la dépression durant la grossesse : les inhibiteurs de recapture de la sérotonine (Prozac, Deroxat, Paxil, Zoloft, Seroplex...). Près de 1 000 mères d'enfants âgés de 2 à 5 ans ont été interrogées sur l'utilisation de cette classe de médicaments quand elles étaient enceintes. L'équipe a constaté trois fois plus de cas d'autisme chez les garçons lorsque la mère avait suivi un traitement d'antidépresseurs. Le risque serait majoré lorsque l'exposition a lieu durant le premier trimestre de la grossesse. Les retards de développement semblent, quant à eux, plus directement corrélés à une exposition durant le troisième trimestre in utero. 

Ce n'est pas la première fois que la prise d'antidépresseurs durant la grossesse est pointée du doigt. Déjà en 2011, la revue Prescrire avait alerté sur les risques encourus pour les bébés des mamans sous traitement : doublement des cas d'autisme, troubles psychomoteurs ou encore syndrome de sevrage (agitation, troubles du sommeil). Une autre étude, danoise cette fois-ci, n'avait, quant à elle, pas trouvé de liens formels entre la prise des antidépresseurs durant la grossesse et les cas d'autisme mais avait, en revanche, repéré une augmentation de 46 % des troubles autistiques lorsque la mère avait pris des antidépresseurs avant la grossesse. Enfin en 2012, des chercheurs ont établi que même la faible présence d'antidépresseurs dans l'eau du robinet déclenchait chez les poissons l'expression de gènes directement associés à l'autisme.

Avant d'en arriver à un consensus scientifique, il faudra sans doute encore de nombreuses autres recherches. Cependant, par prudence, les femmes souffrant de dépression légère auraient intérêt à rechercher des traitements alternatifs plus doux comme la sophrologie, la relaxation ou la méditation durant la grossesse. Pour les cas de dépression sévère, il reste difficile de mesurer l'équilibre entre le bénéfice et le risque d'une prise d'antidépresseurs et c'est à chaque fois une question d'appréciation de la future maman et du médecin qui la suit.

18/12/2013

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" : un exemple

les surlignages sont de moi 

lu sur :

www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/16/les-troubles...

 

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LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.12.2013 à 17h01 • Mis à jour le 17.12.2013 à 07h23 |Par Stéphane Foucart

Paolo Boffetta, 55 ans, est une sommité ; il est l'un des épidémiologistes les plus prolifiques et les plus influents de sa génération. Professeur associé à l'université de New York après un long passage au Centre international de recherche sur lecancer (CIRC), il est l'auteur de près d'un millier de publications et a le profil idéal pour être le prochain directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, Inserm-université Paris-Sud). Le poste est d'ailleurs àprendre, et M. Boffetta est désormais seul en lice.

Les choses ne sont pourtant pas si simples. Car son arrivée, prévue pour début 2015 à la tête du CESP, ouvre une âpre polémique au sein de la communauté concernée. Ses partisans mettent en avant son envergure scientifique ; ses détracteurs le décrivent comme un mercenaire qui, depuis quelques années, enchaîne les missions de consultance pour des industries polluantes. Dans la littérature scientifique ou dans les prétoires, accusent-ils, M. Boffetta relativise ou conteste des risques liés à leurs activités ou leurs produits – quand bien même ces risques font l'objet de larges consensus.

« Lorsque Paolo Boffetta était au CIRC, il endossait des conclusions sur la nocivité de certaines substances, mais il les conteste depuis qu'il travaille pour l'industrie, dit l'épidémiologiste Paolo Vineis, professeur à l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni).C'est très clair dans le cas de la dioxine, mais c'est également le cas pour d'autres substances. » Pour établir le niveau de cancérogénicité d'une substance, le CIRC réunit des dizaines de scientifiques du monde académique, choisis en fonction de leur autorité et de leur absence de conflits d'intérêts. La classification du CIRC – entre cancérogènes avérés, « probables » et « possibles » – jouit du plus haut niveau de consensus.

DIOXINE

En 1997, le CIRC classait la dioxine TCDD comme cancérogène. En 2011, sur commande d'une fondation du syndicat des industriels américains de la chimie (l'American Chemistry Council), M. Boffetta publiait dans Critical Reviews in Toxicology une synthèse affirmant que les « récentes preuves épidémiologiques échouent à démontrer de manière conclusive un lien entre l'exposition au TCDD et le cancer chez les humains ». M. Boffetta assure ne pas s'être contredit, dans la mesure où le personnel du CIRC, dont il faisait partie en 1997, ne participe pas directement aux évaluations scientifiques.

Il y a d'autres exemples. En 2011, sur cofinancement de Frito-Lay, une filiale de Pepsi, il relativise les risques posés par l'acrylamide (un sous-produit des cuissons à haute température), cancérogène selon le CIRC. L'année suivante, il signe une autre review, financée par Materion Brush, selon laquelle « les preuves disponibles ne soutiennent pas un lien causal entre l'exposition professionnelle au béryllium et le risque de cancer ». Le béryllium (auquel de nombreux ouvriers sont exposés) est pourtant, lui aussi, un cancérogène avéré.

La même année, sur commande de l'American Chemistry Council, il publie une synthèse de littérature ne trouvant aucun lien entre leucémie et exposition au formaldéhyde, par ailleurs cancérogène avéré selon le CIRC. A des degrés divers, ce schéma se répète pour le styrène (composé entrant dans la composition de certains plastiques) et l'atrazine (un herbicide interdit en Europe) : des synthèses de littérature financées par les industriels intéressés sont cosignées par Paolo Boffetta dans les revues internationales, concluant de manière favorable.

EMANATIONS DIESEL

« Il est souvent précisé que ces travaux sont financés par un unrestricted grant, ce qui signifie que l'auteur n'est pas tenu de soumettre ses résultats au commanditaire, dit un épidémiologiste français qui, comme la grande majorité des chercheurs interrogés par Le Monde, a requis l'anonymat. Mais là, c'est un système : à chaque fois, les conclusions sont favorables à l'industriel qui paie. Donc si je suis un gros pollueur et que je veux un papier publié dans la littérature scientifique qui dédouane mes activités, je sais à qui m'adresser. »

L'article qui a soulevé le plus de ressentiment est celui publié en ligne en juin 2012 dansCritical Reviews in Toxicology, sur les émanations des moteurs diesel. Le papier du chercheur italien conclut que « le poids de l'évidence est inadéquat pour confirmerl'hypothèse d'un lien entre diesel et cancer du poumon ». Selon sa déclaration d'intérêts, l'épidémiologiste a travaillé sur cet article comme « consultant pour le Mining Awareness Resource Group [MARG] ».

Le MARG est une coalition de géants miniers peu réputée pour son attachement à la science. En février 2012, The Lancet révélait que les avocats du MARG avaient adressé à plusieurs revues – dont The Lancet – une lettre les menaçant de « conséquences » si elles publiaient les résultats d'une grande étude épidémiologique américaine (dite DEMS) évaluant les effets sanitaires du diesel sur les mineurs. Ces derniers, qui travaillent dans une atmosphère confinée aux côtés de machines tournant au gasoil, sont parmi la main-d'œuvre la plus exposée… et la plus susceptible de se retourner contre son employeur en cas de maladie.

« CONSULTANT PAYÉ »

Selon The Lancet, le MARG tentait de bloquer la publication de ces travaux afin qu'ils ne puissent pas être pris en compte par le CIRC, qui mettait alors à jour son avis sur le diesel. En mars 2012, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) passait outre les menaces du MARG et publiait les résultats de l'étude DEMS. Quelques semaines plus tard, la revue recevait une critique de l'étude en question, signée de Paolo Boffetta, agissant selon sa déclaration d'intérêts comme « consultant payé par Navistar » – un transporteur routier américain dont les salariés sont, comme les mineurs, exposés aux émanations du diesel…

Mi-juin 2012, le CIRC classait finalement les émanations du diesel comme cancérogènes mais, quelques jours auparavant, était publiée la fameuse synthèse de littérature commanditée par le MARG et signée par M. Boffetta, mettant en doute le lien entre diesel et cancer du poumon… « Ce travail semble avoir été spécifiquement écrit pour influencer ou pour disputer les conclusions du CIRC », dit Neil Pearce, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (Royaume-Uni) et past president de l'International Epidemiological Association (IEA). Pour Paolo Vineis, l'activité de M. Boffetta s'inscrivait à l'évidence dans une stratégie plus large d'industriels visant à affaiblir l'avis du CIRC. L'intéressé répond que ce dernier n'est pas, stricto sensu, mentionné dans son article, dont il ne maîtrisait pas la date de publication.

« PARTIE ÉMERGÉE DE L'ICEBERG »

« Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, dit M. Vineis. Tout cela se produit dans un contexte où l'industrie essaie, dans plusieurs domaines, de contester des résultats solides en créant de la confusion, en soutenant par exemple l'idée que l'épidémiologie est une science faible en laquelle nous ne devrions pas avoir confiance. » Depuis fin novembre, l'ébauche d'un article collectif circule dans la communauté épidémiologique pour réfuter cette idée. Avec, comme cible de l'article, plusieurs publications récentes de M. Boffetta. Au dernier pointage, Neil Pearce, l'un des principaux auteurs, comptait « environ quatre-vingts signataires, parmi lesquels des personnalités éminentes de l'épidémiologie ».

A l'Inserm, cotutelle du CESP, on se dit « très surpris » de cette levée de boucliers. « La candidature de Paolo Boffetta a été examinée par un comité scientifique international, dans le cadre d'un appel à candidatures lui-même international, lancé conjointement par l'université Paris-Sud et nous-mêmes, dit Jean-Paul Moatti, directeur de la santé publique à l'Inserm. Toutes les équipes qui s'inscrivent dans le projet de renouvellement du CESP se sont engagées aux côtés de Paolo Boffetta. La procédure suit son cours normalement, en respectant les avis émis par les scientifiques, notamment par le Conseil scientifique consultatif du centre qui compte des experts européens de haut niveau. » Cependant, d'autres équipes, aujourd'hui intégrées au CESP, quitteront le centre à l'arrivée de M. Boffetta, dans un contexte de désaccords violents et d'oppositions personnelles.

L'affaire divise bien au-delà des écoles de pensée. Des chercheurs peu suspects de complaisance vis-à-vis de l'industrie soutiennent ainsi l'épidémiologiste italien, rappelant qu'il s'est engagé à cesser ses collaborations privées. D'autres estiment, en France et à l'étranger, que les liens noués par M. Boffetta avec les gros pollueurs sont trop étroits pour que l'indépendance du CESP n'en pâtisse pas. « C'est un gâchis immense, car Paolo est un chercheur magnifique, dit un de ses détracteurs. Bien sûr, il a le droit de faire ce qu'il fait. Et nous, nous avons le droit de ne plus lui faire confiance. »

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Amiante : une curieuse expertise :

Résumé d'un article cosigné par Paolo Boffetta et accepté en un temps record par la revue "European Journal of Cancer Prevention" en 2011.

 

06/12/2013

Comment la recherche scientifique en France est elle organisée ?

à lire sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/02/pour-un-acces-aux-donnees-sur-la-recherche-francaise_3523991_1650684.html

Pour un accès aux données sur la recherche française


 

05/10/2013

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : lobbying à tous les étages

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/04/les-perturbateurs-endocriniens-au-c-ur-d-un-scandale-europeen_3489918_3244.html

Les perturbateurs endocriniens au cœur d'un scandale européen

LE MONDE | 04.10.2013 à 15h45 • Mis à jour le 04.10.2013 à 17h46 |Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Le dossier est si explosif qu'il est désormais entre les mains du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Sa conseillère scientifique, Anne Glover, devrait ainsi réunir dans les prochains jours l'ensemble des scientifiques impliqués dans une violente controverse aux enjeux économiques de taille : quelle position les Etats membres doivent-ils adopter vis-à-vis des perturbateurs endocriniens ?

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Bruxelles doit statuer d'ici à la fin de l'année sur les mesures destinées à protéger les Européens des effets de ces substances – plastifiants, cosmétiques, pesticides, etc. – qui interfèrent avec le système hormonal, à l'instar du bisphénol A qui sera définitivement interdit, en France, dans les conditionnements alimentaires, en 2015 .

La polémique a atteint ces derniers jours une intensité inédite. Certains membres de la communauté scientifique accusent – à mots couverts – plusieurs de leurs pairs de manoeuvrer en faveur des intérêts industriels, au mépris de la santé publique.

"LA SCIENCE EST DEVENUE L'ENJEU D'UNE GUERRE"

La bataille a débuté cet été avec la publication, dans plusieurs revues savantes, d'une tribune dans laquelle dix-huit toxicologues (professeurs ou membres d'organismes publics de recherche) critiquent les mesures en discussion à Bruxelles. Très contraignantes pour de nombreux industriels, celles-ci seraient, selon les auteurs, des "précautions scientifiquement infondées". Les signataires, menés par le toxicologue Daniel Dietrich (université de Konstanz, Allemagne), contestent notamment que ces molécules puissent avoir des conséquences délétères à des doses très faibles.

Ces effets sont pourtant au centre de nombreuses investigations scientifiques depuis une quinzaine d'années et sont reconnus par un rapport publié conjointement en 2012 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). En particulier, chez l'animal, l'exposition in utero à certaines de ces molécules, à doses très faibles, accroît les risques de survenue de certaines pathologies plus tard dans la vie – cancers hormono-dépendants, obésité, troubles neurocomportementaux, etc.

Le texte des dix-huit chercheurs a immédiatement provoqué une levée de boucliers. Et une suspicion considérable. "Le problème des "intentions dissimulées" s'est accentué en même temps que s'est accrue la capacité de la science à peser sur la régulation des polluants et que la recherche académique dépend de plus en plus du soutien financier de l'industrie, écrivent, dans la revueEnvironmental HealthPhilippe Grandjean (Harvard Public School of Medicine, University of Southern Denmark) et David Ozonoff (Boston University), professeurs de santé environnementale et responsables de la publication. La science est devenue l'enjeu d'une guerre dont la plupart des batailles se jouent derrière la scène."

PAS MOINS DE 18 CONTRATS DE CONSULTANT ENTRE 2007 ET 2012

Dans la même édition d'Environmental Health, une quarantaine de toxicologues et d'endocrinologues publient une autre réponse cinglante, pointant que le texte de Daniel Dietrich et de ses coauteurs relève d'"une volonté d'influer sur des décisions imminentes de la Commission européenne". Une centaine d'autres scientifiques estiment, eux, dans un éditorial du dernier numéro de la revueEndocrinology, que le texte de M. Dietrich et de ses coauteurs "représente la science de manière trompeuse".

Surtout, les répliques adressées aux dix-huit chercheurs s'indignent de ce que ces derniers n'ont pas divulgué – comme d'usage dans les revues scientifiques – leurs liens d'intérêt avec les industriels potentiellement concernés par une nouvelle réglementation. "C'est ce qu'ont fait les vingt-cinq scientifiques, dont je faisais partie, qui ont rédigé en 2012 le rapport de l'OMS et du PNUE, précise Ake Bergman (université de Stockholm). C'est aussi ce qu'ont fait tous les signataires – dont je fais partie – de la réponse envoyée à M. Dietrich et à ses coauteurs."

Les liens de ces derniers avec l'industrie ont finalement été rendus publics. Fin septembre, une enquête de l'agence Environmental Health News (EHN) a révélé que dix-sept des dix-huit auteurs entretenaient des relations financières avec "des industriels de la chimie, de la pharmacie, des cosmétiques, du tabac, des pesticides ou des biotechnologies".

LETTRE OUVERTE À LA CONSEILLÈRE SCIENTIFIQUE DE M. BARROSO

Certains ont vu leur laboratoire financé par des entreprises, d'autres ont bénéficié de rémunérations personnelles au titre de consultant ou de conseiller scientifique. Le toxicologue Wolfgang Dekant (université de Würzburg, Allemagne), par exemple, a enchaîné, selon les informations recueillies par EHN, pas moins de dix-huit contrats de consultant entre 2007 et 2012 avec des sociétés dont il n'a pas divulgué l'identité. Et la liste ne s'arrête pas là. M. Dietrich et ses coauteurs sont aussi à l'initiative d'une lettre ouverte à Anne Glover, signée par une cinquantaine d'autres scientifiques. Selon un premier criblage effectué par EHN, au moins une quarantaine d'entre eux ont aussi des liens avec des industriels.

"Les estimations les plus récentes suggèrent que près d'un millier de molécules pourraient être des perturbateurs endocriniens, explique M. Grandjean. De nombreux secteurs peuvent donc être impliqués." Le chercheur, une des figures de la recherche en santé environnementale, dit ne pas être surpris des collaborations de M. Dietrich et ses coauteurs avec les milieux industriels, mais s'étonne "qu'ils ne collaborent apparemment pas avec des ONG ou des associations de patients".

LES ZONES D'OMBRE S'ÉTENDENT AUSSI AU SEIN DE LA COMMISSION

M. Dietrich n'a pas souhaité répondre au Monde. L'un des coauteurs, Wolfgang Dekant, assure qu'il n'y a eu "aucune implication de l'industrie, formelle ou informelle", dans l'initiative ou la rédaction du texte.

Les zones d'ombre s'étendent aussi au sein de la Commission. La députée européenne Michèle Rivasi (EE-LV), ainsi que d'autres parlementaires, vont adresser dans les jours qui viennent une question écrite à José Manuel Barroso pour demander la publication de la déclaration d'intérêts d'Anne Glover, sa conseillère scientifique. Des éléments pour le moment non communiqués sur le site de la Commission.

A Bruxelles, on indique que seuls les commissaires sont tenus de rédiger et de rendre publique une déclaration d'intérêts. Il a été précisé au Monde que José Manuel Barroso avait choisi Anne Glover à l'issue d'un "processus de recrutement rigoureux".

Débat sur les perturbateurs endocriniens

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29/05/2013

"SOCIÉTÉ ADDICTOGÈNE"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/05/27/alcool-jeunes-des-risques-sans-moderation_3418191_1650684.html

Génération "biture express"

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 27.05.2013 à 17h57 • Mis à jour le 28.05.2013 à 11h41

Par Sandrine Cabut et Pascale Santi

Génération "biture express".pdf

extrait:

"SOCIÉTÉ ADDICTOGÈNE"

"On est dans une société addictogène, qui incite à démultiplier les sensations fortes. C'est devenu la règle. Cette société met en avant la notion d'individu plutôt que la notion de groupe. Elle valorise la réponse 'instantanée et intense', donc celle d'une substance comme l'alcool. On est aussi dans une société de la performance. Enfin, c'est une société de grande disparité économique. Autant de points qui convergent et qui expliquent ce phénomène", analyse Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien, président de la Fédération Addiction.

Les effets de l'alcool sont nombreux. Quand on demande aux jeunes filles ce qui se passe dans les soirées en terme de sexualité, la réponse est instantanée : "Hop hop hop !", plaisante Fleur. "Tout le monde se chope tout le monde", dit spontanément Romane. Les effets de l'alcool amènent à ne pas se protéger lors de rapports sexuels. Conséquences : VIH, IST, grossesses, avortements... sans parler des violences sexuelles. Ils se prennent souvent en photo, parfois se filment... pour partager leurs expériences. Ils minimisent les risques, notamment sur la route. Près d'un jeune sur quatre (39,8 %) tué sur la route en 2010 l'a été dans un accident lié à l'alcool. Les conséquences sont souvent dramatiques (accidents domestiques, bagarres...).

PRÉDISPOSITION AUX MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Les conséquences à long terme du binge drinking sur la santé sont tout aussi inquiétantes. Des chercheurs français ont ainsi montré que les bitures du week-end sont associées à un risque deux fois plus élevé d'infarctus du myocarde qu'une consommation de la même quantité d'alcool répartie sur la semaine. De plus, des lésions peuvent se constituer rapidement, comme le suggère une étude publiée en ligne, le 23 avril, dans le Journal of the American College of Cardiology : des modifications des cellules de la paroi des vaisseaux sanguins prédisposant aux maladies cardiovasculaires chroniques sont observées chez des étudiants de 18-25 ans, adeptes des bitures express depuis le collège.

En Angleterre et au Pays de Galles, où le phénomène a commencé il y a bien plus longtemps qu'en France, les décès dus à des maladies du foie – principalement cirrhoses – causées par l'alcool grimpent en flèche depuis vingt ans (2 500 en 1987, 6 300 en 2010), alors que cette cause de mortalité est en régression dans les autres pays d'Europe.

ALTÉRATION DES STRUCTURES CÉRÉBRALES

Mais ce sont surtout les dégâts de ce toxique sur le cerveau encore en plein développement des adolescents (sa maturation se termine vers 20-25 ans) qui préoccupent. Les études sur des modèles animaux et chez de jeunes binge-drinkers, qui s'accumulent ces dernières années, sont concordantes. L'alcool peut altérer des structures cérébrales comme l'hippocampe, impliqué dans les processus d'apprentissage et de mémorisation. Avec pour conséquences de possibles déficits de ces fonctions.

Ainsi, les adeptes des bitures express doivent travailler davantage que des sujets contrôles pour atteindre le même résultat dans une tâche de mémoire de travail, conclut une étude belge, publiée fin avril dans la revue PLos One.

 VULNÉRABILITÉ DU CERVEAU ADOLESCENT

La vulnérabilité particulière du cerveau adolescent a déjà été établie pour d'autres drogues, dont le cannabis, mais l'addiction à l'alcool a des caractéristiques particulières, relève le professeur Mickaël Naassila, directeur de l'équipe Inserm ERI 24/Groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances (GRAP), à Amiens. "Comme avec l'héroïne, le syndrome de sevrage à l'alcool est intense et puissant, ce qui est une source de rechute. Ce phénomène n'existe pas avec les psychostimulants, explique le neurobiologiste. Par ailleurs, contrairement aux autres drogues qui restent en périphérie des cellules, l'alcool diffuse dans le cytoplasme et le noyau, et peut perturber le fonctionnement des gènes." Des travaux, dont ceux de l'équipe de Mickaël Naassila, ont démontré qu'une exposition précoce à l'alcool, in utero ou à l'adolescence, est un facteur de risque considérable de dépendance ultérieure.

Pour s'en convaincre, il suffit de passer une journée dans son unité de recherche, étonnamment l'une des seules en France exclusivement consacrée à l'étude de l'alcoolo-dépendance. Dans une petite pièce de l'animalerie, fermement tenue par une chercheuse, un rat s'agite dans tous les sens en poussant de petits cris. Les poils dressés, il semble prêt à la mordre. D'un geste assuré, le professeur Mickaël Naassila saisit l'animal par la nuque, le calme en le berçant puis le remet dans sa cage. "Il est hyperanxieux, c'est un syndrome de sevrage", explique-t-il.

26/05/2013

Médias : OMERTA sur la manifestation contre MONSANTO d'hier

Rien dans les médias que je consulte habituellement.

J'ai trouvé en cherchant par mots clefs :

http://yasminehinot.blog.lemonde.fr/2013/05/25/la-manif-contre-monsanto-cest-le-25-mai-partout-dans-le-monde-paris-sit-in-de-14h-a-18h-esplanade-du-trocadero-parvis-des-droits-de-lhomme/

La manif contre Monsanto, c’était hier 25 mai partout dans le monde !

Manifestation contre Monsanto à Paris le 25 mai 2013

Plus de quatre mille personnes avaient accepté de participer à l'évènement sur le réseau social Facebook et plus d'un milliers étaient présents aujourd'hui 25 mai sur la parvis du Trocadéro, pour crier leur colère contre la frime Monsanto (géant mondial des pesticides, des OGM et des semences).

Une sérieuse averse n'a pas ébranlé la mobilisation des participants venus pique-niquer, lire un journal, ou tout simplement papoter le temps d'un sitting protestataire, dont les slogans étaient : "A bat Monsanto!", "Oui, oui, oui à l'agro-écologie"ou "Avec Monsanto, nos légumes sont accros".

A première vue, Le Monde n'a pas parlé de cette manifestation internationale contre la firme Monsanto et les dégâts qu'elle assure à la nature, à la biodiversité et à l'agriculture. Aujourd'hui ras-le-bol général au Trocadéro, mais plus spécialement dénonciation du lobbying de la firme auprès du Parlement Européen qui cède à tous ses caprices ; pour une agriculture qui respecte le sol,  qui préserve les agriculteurs de la dépendance aux grandes sociétés de produits phytosanitaires et de semences.

Pour aller plus loin : Solutions locales pour un désordre global et Le monde selon Monsanto

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http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/26/1634777-manif-citoyenne-contre-monsanto.html

Manif citoyenne contre Monsanto

LaDépêche.fr 

Publié le 26/05/2013 à 03:47, Mis à jour le 26/05/2013 à 08:46

«Monsanto empoisonne l'air, la terre, l'eau, les bêtes et les hommes !», se désespère Emma, l'une des manifestantes présentes hier à l'appel d'Europe Écologie Les Verts, place Saint-Étienne, contre la multinationale américaine spécialisée dans les biotechnologies végétales. Une journée internationale organisée afin de dénoncer les atteintes faites par l'entreprise, selon les organisateurs de la journée, à la biodiversité, à l'autonomie des agriculteurs et à la gestion du vivant. Lors de l'événement, une soixantaine de personnes s'est réunie afin de manifester son indignation face à des entreprises comme Monsanto, avec la participation de Catherine Grèze (notre photo-N. Gaillard), députée européenne du Sud-Ouest à l'origine d'un rapport de la commission Développement du Parlement européen sur la biopiraterie, qui estime : «Les populations du Sud mais aussi du Nord sont lésées par la biopiraterie, ce pillage du vivant effectué par le biais de brevets. Monsanto, géant des biotechnologies participe allègrement à ce phénomène inquiétant».

S. HY.

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http://alsace.france3.fr/2013/05/25/manifestation-anti-monsanto-strasbourg-257690.html 

Manifestation anti Monsanto à Strasbourg - France 3 Alsace

A l’initiative du mouvement Occupy américain est organisée la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto, contre ses OGM et ses pesticides. 

  • Par Denis Becker
  • Publié le 25/05/2013 | 16:47, mis à jour le 25/05/2013 | 19:27
monsanto.jpg
 
Monsanto est une entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales. Depuis longtemps déjà, elle est accusée de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à l’écosystème. Dans le même temps, ses méthodes de lobbying sont contestées.

La manifestation à Strasbourg : rendez-vous devant le parlement Européen ce samedi 25 mai à partir de 14h00 pour un cortège à travers les rues de la ville dont un arrêt devant le Conseil de l'Europe.
Selon les responsables de ce mouvement :
"Ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui veulent la reconnaissance du droit à un environnement sain pour tous et réclament une nourriture dépourvue de poison chimique!
Nous, citoyens, appelons tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement.
Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu’aux responsables européens de :
•      Rendre obligatoire, par devoir d’information, un étiquetage des produits issus d’OGM au niveau européen.
•      Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d’une alimentation OGM sur la santé publique.
•      Réévaluer les molécules de synthèse employées par l’agrochimie. Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par ces firmes dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.
•      Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l’exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, pesticides, insecticides, fertilisants...) et l’augmentation des cancers et des problèmes d’infertilité.
•      Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l’agriculture de demain, pour préparer et mettre en œuvre LA Transition Ecologique.

Au même moment, plusieurs centaines de manifestations se déroulent à travers le monde. Des manifestations organisées par des citoyens mobilisés  contre les OGM.

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http://fr.euronews.com/2013/05/25/premiere-manifestation-internationale-simultanee-contre-le-geant-americain-de-l/

Première manifestation internationale simultanée contre le géant américain de l’agrochimie Monsanto

Cette manifestation a eu lieu ce samedi dans de nombreux pays. 
Des centaines de personnes y ont participé. L’entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales, est accusée depuis longtemps de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à 
l’écosystème.

Plus d'actualités sur : 

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http://www.journaldemontreal.com/2013/05/25/mobilisation-mondiale-contre-monsanto

Manifestation contre Monsanto et les OGM - Le Journal de Montréal

Plusieurs centaines de militants ont bravé la grisaille, samedi à Montréal, pour protester contre les semences contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que contre Monsanto, grand producteur mondial de ce type de semences qui possède 90% des semences génétiquement modifiées sur la planète.

Ils ont ainsi joint leur voix aux manifestants de plus de 300 villes d’un peu partout à travers le monde en cette journée de mobilisation mondiale.

À Montréal, les protestataires se sont d’abord réunis au Square Dorchester avant de commencer à marcher, vers 14 h 30, pour se rendre jusqu’au parc Jeanne-Mance.

Dans la province, il y avait des rassemblements dans les villes de Sherbrooke et de Québec. Plusieurs grandes villes de l’Europe et de l’Asie se sont aussi mobilisées.

Les militants réclament notamment l’étiquetage obligatoire des produits contenants des OGM alors que les plus ardents opposants souhaitent que tous les produits génétiquement modifiés soient complètement bannis au Canada.

«On est très ignorants des conséquences»

Alors qu'il devait y avoir une diminution des pesticides, l'agronome et agricultrice Andrée Deschênes a dénoncé le fait que l'objectif n'a pas été atteint. Elle a rappelé également qu'en créant les modifications génétiques, on affirmait vouloir nourrir davantage l'humanité, mais que le résultat en est tout autre, puisque plus d'agriculteurs sont désormais dépendants de leurs fournisseurs.

«Il y a des recherches qui se font sur les effets des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais il est très difficile d'obtenir des conclusions à court terme et notre expérience avec ces plantes est trop brève», a avoué l'agronome, en entrevue à TVA Nouvelles.

Un lobby puissant

«Du côté des agriculteurs, c'est à la fois un outil qui a été bien adopté, bien diffusé, mais présentement ce serait difficile pour eux de retourner à une autre méthode. Ils sont pris dans une situation où ils n'ont plus d'autonomie quant aux semences et à leur principal approvisionnement pour produire», a rajouté Mme Deschênes, en expliquant que les décisions ne sont plus prises aujourd'hui dans l'intérêt général, mais sous la pression de lobbys.

Cette grande manifestation contre la firme Monsanto est en partie le résultat du problème lié au Roundup, cet herbicide né il y a un peu plus de 30 ans et une exclusivité de l'entreprise pendant de nombreuses années.

Dès le départ, des publications affirmaient que des produits cancérigènes se trouvaient sur les plantes après l'utilisation de cet herbicide. «Ce n'était pas un problème à l'époque puisque les plantes étaient toutes détruites, mais avec les OGM maintenant, les plantes résistent au Roundup de sorte qu'il est présentement hébergé dans les plantes alimentaires qui viennent dans nos assiettes», a expliqué Mme Deschênes.

Avec cette manifestation planétaire, les organisateurs ont dit souhaiter une agriculture sans OGM et sans pesticide, qui respecte les écosystèmes et la santé humaine

25/05/2013

Perturbateurs hormonaux : la réglementation communautaire est obsolète et favorise l'industrie au détriment de la santé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/25/l-europe-trop-laxiste-face-aux-dangers-de-centaines-de-perturbateurs-hormonaux_3417323_3214.html

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LE MONDE | 25.05.2013 à 11h25

Par Stéphane Foucart

La réglementation communautaire est obsolète : elle doit être réformée d'urgence pour protéger la santé et l'environnement des Européens. C'est le sens d'une vigoureuse et alarmante motion adressée, vendredi 24 mai, par une centaine de chercheurs internationaux de haut niveau à la Commission européenne. Issue de communautés scientifiques – toxicologie, endocrinologie, biologie du développement... – peu portées à s'adresser directement aux responsables politiques, l'initiative est sans précédent.

Baptisé "Déclaration de Berlaymont sur les perturbateurs endocriniens", le texte presse Bruxelles de tenir compte des résultats scientifiques qui s'accumulent depuis de nombreuses années sur les effets délétères de plusieurs centaines de substances chimiques (solvants, isolants électriques, bisphénols, retardateurs de flamme bromés, pesticides...), qui perturbent le système hormonal. Certaines, ubiquitaires, sont présentes à des niveaux mesurables dans l'ensemble de la population.

Les signataires – tous professeurs d'université ou chercheurs au sein d'organismes publics de recherche – se disent "inquiets" de voir "la prévalence de maladies liées au système hormonal atteindre des sommets inédits (...) dans l'Union européenne et au niveau mondial". Parmi elles, les auteurs citent plusieurs cancers (sein, prostate, testicule, endomètre [paroi qui tapisse l'utérus], ovaire, thyroïde), les troubles de la fertilité, des maladies neuro-comportementales (troubles de l'attention, hyperactivité...), l'obésité et le diabète de type 2. Des pathologies observées chez les animaux de laboratoire exposés aux molécules en question.

Lire Bisphénol A et cancer : les preuves s'accumulent

L'ensemble de ces maladies connaît une forte augmentation d'incidence chez les humains depuis environ trois décennies – augmentation qui ne peut être attribuée au seul vieillissement de la population. "Les preuves se renforcent pour impliquer des facteurs environnementaux, dont l'exposition à des substances chimiques, dans ces phénomènes", ajoutent les auteurs.

Les effets pointés ne concernent pas uniquement la santé humaine. "La faune européenne est également affectée et certains effets sont généralisés", avertissent les scientifiques. A l'heure actuelle, les tests réglementaires mis en oeuvre au niveau communautaire pour autoriser ou interdire la mise sur le marché de nouvelles substances sont "totalement inadéquats" et incapables de détecter les effets délétères produits par les perturbateurs hormonaux. Des expositions au cours de périodes critiques du développement (période périnatale, adolescence, etc.) "peuvent causer des dommages irréversibles qui ne deviennent apparents que longtemps après l'exposition".

"LACUNES CONSIDÉRABLES"

Autres effets que les tests réglementaires en vigueur en Europe ne sont pas en mesure de détecter : ceux dits à faibles doses. Or, comme le précisent les signataires, "certains perturbateurs endocriniens ont des propriétés toxicologiques qui rendent impossible la définition de seuils au-dessous desquels l'exposition peut être définie comme sans risques".

La motion, notamment adressée à Tonio Borg, le commissaire européen chargé de la santé des consommateurs, tire son nom du bâtiment de la Commission – Berlaymont – dans lequel avait été organisée, en juin 2012, une réunion d'experts sur cette question.

Lire (édition abonnés) Débat sur la définition des perturbateurs endocriniens

L'idée du texte est née au cours de cette rencontre. "Nous avons limité les signataires aux spécialistes qui publient activement des travaux sur le sujet, dit Andreas Kortenkamp, professeur à l'université Brunel de Londres (Royaume-Uni), l'un des premiers signataires. La déclaration représente ainsi un consensus des scientifiques qui sont à l'avant-garde de la production de connaissances sur le sujet."

"Alors que nombre d'entre nous ont reçu des financements européens pour leurs travaux, les connaissances que nous avons accumulées demeurent ignorées par la réglementation européenne, précise le chercheur. Par exemple, le dernier règlement sur les pesticides, qui date de mars, contraint l'industriel qui veut mettre un nouveau produit sur le marché à mener des tests pour savoir, entre autres, s'il est mutagène, mais pas à évaluer son activité hormonale... Les lacunes sont considérables."

Celles-ci ne sont pas l'apanage de la réglementation européenne. Si les signataires adressent aujourd'hui leur déclaration à la Commission, c'est que celle-ci doit adopter, d'ici fin 2013, une définition scientifique des perturbateurs endocriniens. Bon nombre de mesures réglementaires ultérieures dépendront de cette définition.

Sur le même sujet :

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04/03/2013

Libre accès au savoir et mondialisation

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/010160206-le-libre-acces-au-savoir-tient-du-bien-public-mondial

«Le libre accès au savoir tient du bien public mondial"

       Par CHRISTIAN LOSSON

Libération
13 septembre 2006 à 23:16

Le dernier ouvrage de Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001, est un livre contre le «fanatisme du marché».Un autre monde (1) est un nouveau réquisitoire contre une mondialisation déséquilibrée. Illustration avec l'enjeu des droits de propriété intellectuelle (PI).

La propriété intellectuelle est-elle la face cachée de la mondialisation ?

Les déséquilibres de ce régime de droits exclusifs sont parmi les pires déviances du capitalisme actuel. Parce qu'il est question de vie ou de mort, comme on le voit dans la lutte pour des copies de médicaments à bas prix. Les hommes ou les brevets ? La faute originelle : avoir laissé aux ministres du Commerce et aux multinationales le soin de façonner les trips[en français, Adpic ­ aspects des droits de propriété intellectuelle touchant au commerce ­, ndlr], en 1994. La PI est intégrée au commerce, pas à l'environnement ni aux normes de travail.

 
 

Vous le dénoncez, mais à l'époque vous étiez le conseiller de Clinton à la Maison Blanche !

Il faut voir le lobby formidable des multinationales du médicament et de l'industrie culturelle. Pourtant, on se battait nationalement pour élargir l'accès aux soins d'exclus américains. On était contre les trips, mais à l'arrivée on a préféré faire gagner les «sans-couverture sociale américains» plutôt que les «firmes pharmas».Mais les «firmes pharmas» ont gagné contre les «malades africains». Ils ne votent pas, eux...

Et, quinze ans après, rien n'est réglé...

Tous les pays n'ont pas la puissance du Brésil, qui a menacé de copier des médicaments antisida avant de voir le prix des originaux divisé par dix. Les multinationales ont toujours peur de laisser exporter des génériques de pays riches ou de laisser les pays pauvres en produire. Elles invoquent le coût de la recherche et développement ? Mais elles dépensent plus en pub sur les pilules de confort de vie. Elles redoutent que des génériques soient réexportés vers les pays riches ? En fait, elles craignent la réaction des consommateurs s'ils voyaient l'écart entre les prix que les firmes leur demandent et le prix réel. Elles ont baissé leurs prix pour mieux tenir leurs brevets.

La propriété intellectuelle favorise-t-elle la privatisation du savoir ?

L'Etat finance la recherche fondamentale, le privé met les médicaments sur le marché. Une sorte d'impôt, vu le fossé entre le coût de production (marginal) et le prix à la vente (phénoménal). Le risque de verrouillage du savoir se multiplie. Prenez la course à la brevetabilité des gènes humains : Myriad Genetics, qui a breveté deux mutations du gène du cancer du sein, a exigé que les labos à but non lucratif qui travaillent sur le dépistage paient un droit de licence ! L'idéologie simpliste de la PI peut affecter le rythme des innovations. On l'a vu avec le dépeçage de Netscape, navigateur concurrent de Microsoft, ou l'obligation pour le créateur du BlackBerry (terminal de poche, ndlr) de payer 600 millions de dollars à la firme qui avait acquis le brevet. Début XIXe, ces mêmes brevets avaient failli tuer l'avion ou l'automobile...

Mais les pays occidentaux ont combattu la PI pour se développer, comme ils ont usé du protectionnisme !

C'est comme donner un «coup de pied dans l'échelle» qui a permis de grimper. On le voit encore dans les subventions. On interdit à la Jamaïque de subventionner son lait, pas aux Etats-Unis. Le système actuel de la PI cherche à restreindre l'utilisation des savoirs. Pourtant, comme le disait Jefferson, ex-président américain, le savoir est comme une bougie : «Quand elle en allume une autre, sa lumière ne faiblit pas.» Le libre accès au savoir ­ les tenants de l'architecture ouverte, comme Linux ou Mozilla le savent ­ tient du bien public mondial ! Une obligation morale. Maintenir la PI dans les pays pauvres sur les médicaments, c'est pourtant du lose-lose, un truc de perdant dans les deux sens. Les firmes n'y gagnent rien, les pauvres perdent tout.

«Toutes les idées originales reposent sur des idées antérieures», écrivez-vous. On peut donc copier, voire contrefaire avant d'être créatif : on l'a vu avec les dragons asiatiques ?

Ils ont fait, comme le Japon ou la Corée, de la rétro-ingénierie : créer un objet différent avec des fonctionnalités identiques à l'objet de départ sans contrefaire de brevet. D'autres, comme la Chine, sont souples sur la contrefaçon. Mais là, l'enjeu n'est pas une question de survie. Dans le droit d'auteur, l'équilibre coût-bénéfice est compliqué, même si le protéger soixante-dix ans après la mort de l'auteur est ridicule. Idem avec la bataille autour du téléchargement gratuit de films ou de musique, l'équilibre est ténu.

Comment lutter contre la biopiraterie, le brevetage de ressources naturelles ?

Compliqué, car les trips ont été façonnés pour le business. Si l'on veut introduire de l'équité, empêcher le brevetage du riz Basmati (Inde), du rosy periwinkle (Madagascar) ou du quinoa (Bolivie), il faut pousser les firmes à payer, via la bioprospection et un partage des bénéfices. Pousser aussi les Etats-Unis à ratifier la convention de Rio sur la biodiversité. Permettre aussi une vraie transparence sur les 120 000 brevets annuels ! On est allé trop loin.

L'un des apôtres de la PI, Bill Gates, peut-il et défendre les brevets pour Microsoft et sa fondation pour l'accès à la santé ?

Gates, comme Rockfeller, utilise l'argent de son monopole illégal pour de bonnes causes, mais cela ne justifie pas la culture du monopole. On peut voler l'argent et le rendre aux pauvres, cela rend-il le délit moins mauvais ? Et, avec sa fondation, faire l'impasse sur la solution cruciale : toucher aux droits de propriété intellectuelle.

(1) Fayard, 451 pp., 22 euro(s).

25/02/2013

L'évaluation des risques industriels : par le nombre de morts

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

les surlignages sont de moi

Les industriels profitent de la faiblesse de l’épidémiologie

Dans son édition Science & techno, Le Monde souligne que la cour d’appel de Lyon a récemment reconnu coupable une filiale de Vinci de « faute inexcusable » après le décès par cancer d’un ouvrier exposé aux émanations de bitume pendant vingt ans.

Cependant, cette décision est « une exception [qui] met en lumière la façon dont les industriels tirent profit des faiblesses de l’épidémiologie », explique le journal.

Selon Neil Pierce, de l’université australienne de Wellington, « aujourd’hui, pour chaque épidémiologiste indépendant étudiant les risques des produits industriels, il y a plusieurs autres épidémiologistes employés par l’industrie pour attaquer la recherche ».

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm, chercheuse en sciences de la santé, membre du Giscop 93 (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle), explique dans un entretien au Monde qu’« il y a un problème qui n’est pas spécifiquement français mais international, à savoir que les industriels ont réussi à faire subordonner la toxicologie à l’épidémiologie parmi les disciplines chargées d’établir la dangerosité des substances ». Et d’ajouter : « Le résultat est qu’au lieu d’appliquer le principe de précaution, (…) on doit désormais atteindre des dizaines d’années et un nombre de morts « suffisant » pour qu’il soit significatif statistiquement ».

Selon elle, « il est évident qu’il faut mettre fin à l’impunité dont bénéficient ce qu’il faut bien appeler des crimes industriels ».

Le Monde, édition Science & techno, 23/02

09/02/2013

il FAUT changer !

les surlignags sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

"L'enfant et les écrans", l'Académie des sciences sous influence des lobbies ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/08/laisser-les-enfants-devant-les-ecrans-est-prejudiciable_1829208_3232.html

Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable

LE MONDE | 08.02.2013 à 16h09

Par Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale ; Bruno Harlé, pédopsychiatre

L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.

Lorsque l'Académie américaine de pédiatrie rédige un avis sur l'usage des écrans, elle fait appel à des spécialistes reconnus du domaine. Ici, les membres du groupe de travail ne sont, en grande majorité, nullement experts du sujet traité, ce qui semble assez étonnant au vu des enjeux de santé publique engagés. Par exemple, le premier signataire du texte est, d'après l'Académie des sciences, spécialiste du système immunitaire. C'est ennuyeux parce que la littérature scientifique sur les écrans est imposante et complexe. Confie-on à un spécialiste des écrans la rédaction d'un avis sur les allergènes du jaune d'oeuf ?

L'usage veut que les avis officiels soient adossés à l'état du savoir scientifique. Le travail de l'Académie semble de ce point de vue largement défaillant. Une grande partie des affirmations avancées dans ce rapport sont dénuées de tout fondement scientifique et ne reflètent que les préjugés ou opinions des auteurs. Par exemple, nos académiciens expliquent que "les tablettes visuelles et tactiles suscitent au mieux (avec l'aide des proches) l'éveil précoce des bébés (0-2 ans) au monde des écrans, car c'est le format le plus proche de leur intelligence".

Aucune donnée n'est présentée pour étayer ces assertions ou simplement montrer que cette exposition précoce est souhaitable. C'est malheureux, parce que, même si les tablettes sont trop récentes pour que des études fiables existent quant à leurs influences, il apparaît au vu de la littérature scientifique disponible qu'un petit enfant aura toutes les chances de grandir infiniment mieux sans tablette. En effet, certains déficits établis, liés à l'usage de la télévision ou des jeux vidéo, concernent aussi les tablettes.

INFLUENCES DÉLÉTÈRES IMPORTANTES 

De la même manière, le texte parle constamment de pratiques "excessives" mais ne définit jamais clairement ces dernières. Aux Etats-Unis (seuls chiffres globaux précis) les 8-18 ans consacrent plus de 7 h 30 par jour à l'usage, essentiellement récréatif, d'un écran ou d'un autre. En France, sur une tranche d'âge comparable, on est autour de 4 h 30 pour le seul couple télévision-Internet (Médiamétrie, étude EU KidsOnline).

Est-ce excessif ? L'Académie semble considérer que non, lorsqu'elle s'abstient de la moindre recommandation quantitative, et conclut que, de toute façon, "il ne sera possible que de réduire à la marge le temps d'exposition aux écrans".

Pourtant, des milliers de recherches scientifiques signalent des influences délétères importantes de la télévision, d'Internet ou des jeux vidéo sur le développement intellectuel, la sociabilité et la santé, bien au-delà des premiers âges de la vie et pour des consommations largement inférieures à deux heures quotidiennes.

A ce sujet, on peut s'interroger sur certaines "erreurs" des auteurs. Ils citent une étude selon laquelle "au-delà de deux heures par jour passées devant un écran non interactif par un enfant en bas âge, et pour chaque heure supplémentaire, il a été noté une diminution de 6 % sur les habiletés mathématiques à 10 ans".

En fait, cette étude montre une baisse de 6 % par heure de télévision hebdomadaire (!) soit 42 % par heure de télévision quotidienne, dès la première heure ; cette étude ne permet pas d'extrapoler au-delà de deux heures de consommation quotidiennes, qui constituent la limite supérieure de son échantillon. Ces arrangements avec la réalité sont fâcheux dans un texte censé faire référence.

APOLOGIE DU POTENTIEL PÉDAGOGIQUE DES JEUX VIDÉO

De manière frappante, ce texte offre une surprenante apologie du potentiel pédagogique des jeux vidéo et logiciels éducatifs. Quelques travaux montrent que certains jeux vidéo peuvent améliorer certaines capacités périphériques d'attention et de sélection visuelle. Cependant, selon les termes mêmes de l'avis, ces jeux vidéo sont "souvent" des "jeux violents".

Or, les jeux vidéo violents, déconseillés pour la plupart aux moins de 16 ans, voire 18 ans, sont associés, comme l'indique l'Académie américaine de pédiatrie dans sa dernière synthèse, "à une variété de problèmes physiques et mentaux chez les enfants et les adolescents".

Pas sûr, dès lors, que le rapport bénéfice/risque soit positif. Pas sûr non plus que soit recevable la tentative faite par nos académiciens de généraliser les effets positifs locaux, observés dans des tâches artificielles d'attention visuelle, au fonctionnement cognitif dans son ensemble.

Cette réserve semble d'autant plus fondée que les auteurs de l'avis négligent à la fois de citer la moindre étude corroborative et de prendre en compte une masse imposante de résultats contraires à leurs propos.

Par exemple, rien n'est dit de toutes les études scientifiques et institutionnelles, comme celle du Programme for International Student Assessment (PISA), liant causalement la consommation numérique, interactive ou non, des enfants et adolescents avec l'existence de troubles de l'attention et de difficultés scolaires.

Rien non plus sur les évaluations indépendantes du département de l'éducation américain montrant que les onéreux logiciels éducatifs sont parfaitement inefficaces. Rien encore sur le fait qu'aux Etats-Unis, face à ces observations, des écoles initialement en pointe dans le domaine numérique retirent aujourd'hui les ordinateurs des salles de classe. Rien !

PLUSIEURS GRANDS PROBLÈMES DE SANTÉ PUBLIQUE

Etonnamment, les effets massifs et reconnus des écrans sur plusieurs grands problèmes de santé publique sont, eux aussi, presque totalement oubliés des académiciens. Rien sur la sédentarité et ses effets sur l'espérance de vie, rien sur l'alcoolisation et le tabagisme (la télévision est le premier facteur d'entrée dans le tabagisme des adolescents), rien sur les troubles du comportement alimentaire, rien sur la violence scolaire, etc.

Concernant ce dernier sujet, les influences des images et jeux vidéo violents sur les comportements agressifs sont minimisées avec un aplomb désarmant par les auteurs de l'avis, qui n'y voient "qu'un facteur parmi des centaines d'autres".

Des milliers d'études, de revues de la littérature et de méta-analyses (impliquant jusqu'à 130 000 individus) confirment cette influence, dont l'ampleur est comparable à celle qui associe cancer du poumon et tabagisme.

Au-delà de tous ces éléments, ce texte est inquiétant en ce qu'il porte la marque d'une sidérante démission éducative. Comment peut-on renoncer à l'avance à toute réduction du temps d'usage des écrans ?

Il est heureusement possible à tous les parents d'agir en ce domaine. Le sentiment de cette nécessité n'émergera toutefois que si ces parents sont loyalement et précisément informés. Par sa pauvreté et son parti pris, l'avis de l'Académie est loin de fournir les bases d'une telle information.

Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale ; Bruno Harlé, pédopsychiatre

Liste intégrale des signataires 

18/01/2013

France : sécurité sanitaire, environnement, travail

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/29/les-contradictions-de-l-expertise-francaise-sur-la-securite-sanitaire_1726832_3244.html

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Les contradictions de l'expertise française sur la sécurité

LE MONDE | 29.06.2012 à 11h47 • Mis à jour le 29.06.2012 à 12h14 Par Paul Benkimoun

C'est un anniversaire de mariage sous tension. Le 1er juillet 2010, l'agence chargée de la sécurité sanitaires des aliments (Afssa) et celle de l'environnement et du travail (Afsset) fusionnaient pour donner naissance à l'Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), forte de 1 400 experts. Mais après deux ans de vie commune, le moins que l'on puisse dire, c'est que le choc des cultures n'a pas fini de se faire ressentir.

Un exemple illustre cette difficile cohabitation entre les deux structures, l'Afssa étant beaucoup moins encline que l'Afsset à faire jouer le principe de précaution. Le 28 juin 2011, Cyril Vidau, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), et ses collègues démontrent dans un article publié en ligne par la revue scientifique PLoS ONE que des abeilles meurent lorsqu'elles sont exposées à des faibles doses de la préparation Sonido, un mélange en cours d'homologation de deux pesticides (fipronil et thiaclopride).

Saisie par la direction générale de l'alimentation (DGAL), l'Anses rend, un an après, deux avis émanant de deux départements... qui se contredisent. L'avis de la Direction des produits réglementés (DPR) – dont l'ossature provient de l'Afssa –, daté du 16 mars 2012, estime que "les éléments figurant dans l'étude Vidau ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions de l'évaluation de l'Anses", déjà rendues le 16 août 2011 et qui étaient plutôt rassurantes sur la toxicité du produit.

De son côté, dans son avis du 25 avril 2012, la Direction de l'évaluation des risques (DER) – plus ancrée dans la culture de l'Afsset – souligne au contraire "la nécessité d'une évolution déjà engagée au niveau réglementaire visant à mieux prendre en compte des effets de l'exposition à des doses faibles et répétées de l'abeille à des facteurs chimiques exogènes de son environnement".

Une cacophonie qui n'échappe pas au député PS Gérad Bapt, réputé pour sa vigilance sur la sécurité sanitaire. Dans une lettre adressée le 21 juin aux cinq ministres de tutelle de l'agence, il s'inquiète de "la formulation d'avis qui, au final, donnent des arguments aux recours des industriels".

PRÉVENTION OU PRÉCAUTION

A la tête de la DPR, Pascale Robineau conteste l'existence de la contradiction : "Les questions posées étaient différentes : pour la DPR il s'agissait de savoir s'il y avait lieu de remettre en cause les conditions d'évaluation du risque pour un produit non encore autorisé, tandis que la DER s'est intéressée à la coexposition à une pathologie et à un produit à faible dose." Une explication qui ne fait pas taire les autres critiques sur des pratiques, plus souvent imputées à l'Afssa : peu d'ouverture à la société civile ; manque de rigueur dans la gestion des conflits d'intérêts des experts ; et proximité avec le ministère de l'agriculture, sa principale tutelle. "L'Afssa possédait une culture de prévention. Elle avait tendance à attendre d'avoir des certitudes pour agir, plutôt que de détecter les signaux même faibles et faire de la précaution. La culture de la précaution était beaucoup plus forte à l'Afsset", remarque José Cambou, la représentante de France Nature Environnement (FNE) au conseil d'administration de l'Anses.

"On peut comprendre que des avis divergents existent, mais il y a besoin d'une position cohérente de l'organisme, estime André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé (RES). N'oublions pas les vieilles habitudes de connivence avec les industriels des pesticides." Dans la période qui a précédé la fusion des deux agences, les représentants de syndicats et d'associations au sein du conseil d'administration de l'Afsset avaient fait part de leurs craintes d'une "régression majeure tant au plan des principes que du fonctionnement".

L'ensemble de ces griefs n'empêchent pas leurs auteurs de reconnaître de nombreux mérites à l'Anses. Venu dans le wagon Afsset, Gérard Lasfargues, directeur général adjoint scientifique de l'Anses, se réjouit : "Une agence n'a pas été mangée par l'autre. L'Afsset a apporté son expérience de la méthode de l'expertise collective et l'ouverture de l'expertise aux sciences humaines et à la société. L'Afssa était forte de ses capacités de recherche en interne et à sa culture de l'urgence, de la vache folle au virus de Schmallenberg." Les séminaires se multiplient d'ailleurs pour homogénéiser les pratiques.

Pour son directeur général, Marc Mortureux, l'un des premiers motifs de satisfaction est la place que l'agence occupe en Europe et sa reconnaissance internationale : "Nous sommes en bonne position pour être le fer de lance sur plusieurs sujets comme celui de l'exposition des travailleurs agricoles aux pesticides. Nous avons mis les pieds dans le plat sur l'efficacité des équipements de protection individuels. De même sur l'antibiorésistance ou la santé des abeilles." Marc Mortureux reconnaît que "la fusion a "internalisé" certaines tensions et conflits. Les conseils d'administration sont animés, mais le premier risque pour une agence, c'est l'accoutumance et le manque de réactivité. Il y avait des choses à prendre des deux côtés et la fusion eut plus d'effets positifs que d'inconvénients".

Il reste à solder la question de la porosité des frontières avec les ministères de tutelle, voire avec l'industrie. Une chercheuse de l'INRA a travaillé pendant six mois chez Syngenta, le géant de la chimie, fabricant du Cruiser, avant de rejoindre l'Afssa en 2006, où elle a été chef de l'unité de toxicologie environnementale jusqu'en 2009. Depuis, après un passage à la DGAL, elle est retournée dans le privé, chez le géant américain de la chimie Dow. Laudateurs et détracteurs de l'Anses se retrouvent sur un point : la nécessité de réduire l'écart entre les contraintes budgétaires croissantes et les demandes des pouvoirs publics et de la société pour une information de qualité sur la sécurité sanitaire. 

Plus d'un millier d'experts

Effectifs : L'Anses, dont le budget s'élevait en 2011 à 130 millions d'euros, compte 1 400 agents (dont 700 en laboratoire). Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, elle doit réduire ses effectifs de 54 équivalents temps plein sur trois ans, sans compter les salariés dont le CDD n'est pas renouvelé.

Gouvernance : Le conseil d'administration est composé de cinq collèges : pouvoirs publics, partenaires sociaux, organisations professionnelles, ONG et mouvements associatifs, élus. Il s'appuie sur cinq comités d'orientation : santé-environnement ; santé-travail ; alimentation ; santé et bien-être animal ; santé végétale.

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lexique :

Afssa : 

Agence française de sécurité sanitaire des aliments - Wikipédia

Afsset

Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail

Anses 

Agence nationale de sécurité sanitaire Alimentation ...

 

16/01/2013

Santé : Enquête sur la Pilule

à lire sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/01/10/pilule-enquete-sur-ces-medecins-lies-aux-laboratoires_1814864_3224.html

Pilule : enquête sur ces médecins liés aux laboratoires

LE MONDE | 10.01.2013 à 11h42 • Mis à jour le 15.01.2013 à 09h13 Par Pascale Krémer

La polémique enfle sur la dangerosité des pilules de 3e et 4e génération. Après la révélation par Le Monde daté du 15 décembre 2012, d'une première plainte au pénal déposée en France par Marion Larat, une jeune femme demeurée handicapée après un accident vasculaire cérébral qu'elle impute à la prise de sa pilule, les questions se multiplient. Dès 1995, les études scientifiques ont établi l'accentuation du risque thromboembolique veineux de ces contraceptifs oraux récents par rapport à leurs prédécesseurs de 2e génération. Et depuis 2007, la Haute autorité de santé recommande aux médecins de ne plus prescrire les pilules de 3e génération aux nouvelles utilisatrices en première intention. Recommandation restée largement lettre morte. Nous avons cherché à savoir pourquoi.

 

fichier : Pilule _ enquête sur ces médecins liés aux laboratoires.pdf

24/09/2012

Projet de loi pour la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte

communiqué : 

Toxicité des OGM et du bisphénol A, scandale du Mediator et catastrophe de Fukushima : la période est-elle enfin favorable à l’adoption d’une loi réclamée par la Fondation Sciences Citoyennes depuis 10 ans sur la protection des lanceurs d’alerte et la déontologie de l’expertise ?

Par Sciences Citoyennes
Lundi 24 septembre 2012

Miniature

Et si le cas du lanceur d’alerte Gilles-Éric Séralini permettait l’adoption d’une loi devenue impérative pour mettre en œuvre le principe de précaution ? Le Sénat devrait prochainement examiner une proposition de loi couvrant à la fois la protection des lanceurs d’alerte et la déontologie de l’expertise. Cette dernière repose largement sur les travaux de la Fondation Sciences Citoyennes.

Depuis près de 10 ans, la Fondation Sciences Citoyennes travaille sur l’alerte scientifique et l’expertise en défendant des cas de lanceurs d’alerte (dont celui de Gilles-Éric Séralini mais également ceux de Pierre Meneton, Christian Vélot et Véronique Lapides) et en rédigeant une proposition de loi avec des juristes et des chercheurs, spécialistes de la question. Il semblerait que la Fondation Sciences Citoyennes soit enfin entendue puisqu’un groupe de parlementaires s’en est très largement inspiré pour proposer un texte législatif qui devrait passer en première lecture au Sénat le 15 octobre prochain, même si des atermoiements parlementaires ne sont pas à exclure.

Le cas de Gilles-Éric Séralini et de son équipe, qui ont publié une étude le 19 septembre sur la toxicité d’un OGM (maïs NK603) et d’un pesticide (RoundUp), constitue une nouvelle illustration de l’urgence à faire progresser la loi dans ce domaine qui secoue non seulement les milieux scientifiques mais aussi la classe politique. Certains industriels, dont Monsanto (créateur du NK603, de nombreux autres OGM et du RoundUp), doivent également commencer à avoir froid dans le dos. Au delà de ce que cette étude peut révéler, il est important de rappeler qu’elle s’ajoute à une liste déjà longue de scandales sanitaires et environnementaux qui auraient pu être évités si « ceux qui savaient » avaient pu s’exprimer sans crainte de représailles.

Rappelons également que Gilles-Éric Séralini avait été soutenu et accompagné par la Fondation Sciences Citoyennes et par plus de 1100 chercheurs* lors du procès en diffamation qu’il avait intenté et gagné en mars 2010 contre Marc Fellous qui voulait le faire passer pour un « marchand de peur » et non pour un lanceur d’alerte. La défense des lanceurs d’alerte apparaît vitale pour éviter les dérives consuméristes et marchandes auxquelles ont conduit les politiques industrielles et technoscientifiques depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Mais l’alerte ne pourra être entendue que si les règles encadrant l’expertise et sa déontologie sont strictement définies, notamment vis-à-vis des conflits d’intérêts. Cette question s’avère cruciale pour le « cas Séralini » comme pour de nombreux autres car, dans la situation institutionnelle actuelle, la contre-expertise est rendue difficile compte-tenu des carences dans les procédures d’évaluation en particulier quand il s’agit de sujets controversés. Cela est d’autant plus urgent que les potentialités économiques des nanotechnologies et de la biologie synthétique, pour ne citer qu’elles, pourraient entrainer des dérives similaires.

Le Sénat va-t-il choisir de travailler dans le sens de l’intérêt général ou se laisser intoxiquer par les lobbies industriels et technoscientifiques ?

Contact 

Fondation Sciences Citoyennes – Glen Millot : 01 43 14 73 65

Courriel : contact (a) sciencescitoyennes.org 

Twitter : #fsc_infos – Facebook : http://facebook.com/fondationsciencescitoyennes

http://sciencescitoyennes.org/lettre-de-soutien-au-professeur-gilles-eric-seralini-signature-chercheur/

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Projet de loi pour la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte

Par Sciences Citoyennes
Jeudi 21 octobre 2010


Miniature

La Fondation Sciences Citoyennes a élaboré, avec l’aide des juristes Marie-Angèle Hermitte et Christine Noiville, un projet de loi de loi pour la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte.

 

Exposé des motifs

Les mécanismes d’alerte, éléments-clés de la gestion des risques écologiques et sanitaires, constituent un corollaire des principes de prévention et de précaution sur lesquels sont fondés les droits de l’environnement et de la santé publique. Parce qu’ils visent à éviter ou limiter des dommages en cours de réalisation, ils ont conduit à la mise en place de multiples mécanismes d’alerte institutionnalisés (loi n°98-535 du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l’homme ; loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, etc.…). Tous poursuivent un même objectif : réduire le temps qui s’écoule entre l’apparition d’un risque de dommage et la prise de conscience de ses effets en réagissant aux signaux de risque de manière aussi rapide et efficace que possible.

La présente proposition vise à compléter ces mécanismes sans les remplacer.

Cherchant à répondre à l’inquiétude manifestée par des parlementaires comme par le gouvernement et la société civile, elle crée une institution, la Haute Autorité de l’expertise scientifique et de l’alerte (HAEA) en matière de santé et d’environnement. Elle aura pour premier rôle d’énoncer, parfaire et contrôler l’application des « principes directeurs de l’expertise ».

La HAEA devra instruire certaines alertes qui tendent aujourd’hui à échapper aux mécanismes « institutionnels » précédemment évoqués. Gérés en coopération par le pouvoir exécutif, diverses commissions d’évaluation et les Autorités administratives indépendantes compétentes, ces mécanismes font quotidiennement la preuve de leur efficacité. Mais l’expérience indique que des progrès pourraient être obtenus en se fondant sur les informations et savoirs détenus par des personnes physiques ou morales qui, ou bien ne relèvent pas de l’organisation officielle des alertes, ou bien, tout en en relevant, voient leur action entravée à un moment ou un autre du traitement de l’information qu’elles tentent de porter au jour. L’objet de la présente proposition de loi est donc de compléter les mécanismes institutionnels existants par des procédures permettant à des alertes que l’on peut appeler « informelles » de voir le jour et d’être instruites, à des conditions et selon des modalités précisément définies.

D’autre part, pour assurer qu’un maximum d’alertes « informelles » soit ainsi instruit, il convient de protéger ceux qui les portent et qu’il est convenu d’appeler « lanceurs d’alerte ». Tel est le troisième objet de cette proposition. Tout en fixant les conditions nécessaires pour canaliser les alertes informelles et éviter toute dérive vers la calomnie ou vers une société de l’alarme permanente, elle vise à assurer aux lanceurs d’alerte le droit de diffuser des informations sans subir de mesures de rétorsion discriminatoires ou d’atteintes disproportionnées à leur liberté d’expression.

Malgré sa nouveauté, un tel projet s’intègre harmonieusement dans l’architecture générale des droits français, européen et international.

En premier lieu, l’objectif de renforcement des systèmes d’alerte permet d’exécuter les obligations définies par le législateur dans les articles 49 et 52 de la loi n°2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Dans son titre V intitulé Gouvernance, information et formation, la loi insiste sur l’importance de l’approche multidisciplinaire et pluraliste de l’expertise scientifique. Il était également prévu de réfléchir à l’opportunité de créer une instance propre à assurer « la protection de l’alerte et de l’expertise afin de garantir la transparence, la méthodologie et la déontologie des expertises. Elle pourra constituer une instance d’appel en cas d’expertises contradictoires et pourra être garante de l’instruction des situations d’alerte ».

C’est ce que cette proposition réalise avec la création d’une Haute Autorité de l’expertise scientifique et de l’alerte.

En second lieu, la protection des alertes et des lanceurs d’alerte s’inscrit dans le droit fil de la Charte de l’environnement adossée à la Constitution française. En vertu de l’article 2 de ce texte, toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement (ce qui constitue généralement l’objectif même du lanceur d’alerte). L’article 3 de la même charte prévoit que toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences (ce à quoi peut participer un lanceur d’alerte salarié d’une entreprise présentant des risques). En vertu de l’article 7, toute personne a par ailleurs le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Or l’on constate que de nombreux lanceurs d’alerte sont, in fine, appelés à participer à l’évolution du droit, soit à l’appel du législateur lui-même, soit comme contre-pouvoir à l’appel d’associations. Aux termes de l’article 9, enfin, la recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement, ce qui est le cas de nombreux lanceurs d’alerte chercheurs (l’exemple le plus évident est celui du GIEC, qui joue un rôle majeur dans les négociations internationales sur le changement climatique).

En troisième lieu, la protection du lanceur d’alerte constitue un complément des principes de transparence et de participation qui structurent le droit de l’environnement et le droit de la santé et qui sont à l’origine d’un renforcement continu du droit à l’information des populations sur les risques qu’elles encourent ou sont susceptibles d’encourir, individuellement et collectivement.

En quatrième lieu, la protection du lanceur d’alerte applique les principes de libre communication des pensées et des opinions, de liberté d’opinion et d’expression et de liberté de recevoir ou de communiquer des informations aux chercheurs, salariés d’une entreprise, journalistes ou simples citoyens, quand ils sont placés dans ces situations très particulières caractérisées par le lancement d’une alerte. C’est ainsi que les articles 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) auront leur effectivité renforcée. Ces libertés s’exercent évidemment dans le cadre des lois qui en fixent les limites et sous condition de ne pas en abuser ; mais en application d’une jurisprudence désormais constante, la CEDH tend à privilégier une liberté d’expression et de critique renforcée lorsque, dans des domaines d’intérêt public comme la santé et l’environnement, la liberté de la recherche et le débat public apparaissent indispensables.

Enfin, on observera que la CNIL (Commission nationale informatique et libertés), qui dans son champ de compétences a commencé à réguler « l’alerte professionnelle », prévoit que des menaces sur la santé publique et l’environnement peuvent justifier le lancement de telles alertes.

La présente proposition confère un cadre et une véritable portée aux alertes informelles tout en s’inscrivant dans le cadre juridique existant. A cet effet, elle met en place des procédures nouvelles, prévoit la création d’une institution chargée de les mettre en œuvre et d’en assurer le respect, énonce, à une série de conditions soigneusement préétablies, un principe de protection des lanceurs d’alerte et prévoit des sanctions en cas de non-respect des règles ainsi établies.

Pour télécharger ou visualiser le projet de loi :

Projet de loi pour la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte

 

19/03/2012

La RGPP : bilan

à lire sur MEDIAPART :

La Une
Joigny, «ville-martyre» de la RGPP, se cherche un avenir
PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

C'est une des villes de France les plus touchées par la restructuration des services publics, la fameuse RGPP. En quelques années, Joigny, 10 000 habitants dans l'Yonne, a vu partir l'armée et ses deux tribunaux après la chirurgie et la maternité. Près de 500 emplois auraient disparu. La crise aussi a fait des ravages. Joigny tente de rebondir. Avec les moyens du bord.

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Réforme de l'Etat: préparé en catimini, l'acte II doit attaquer «l'os»
PAR LUCIE DELAPORTE

Alors que la Révision générale des politiques publiques (la RGPP et son fameux non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux) n'a pas empêché l'explosion du déficit public, certains à Bercy planchent sur une étape nettement plus radicale de la modernisation de l'Etat. En toute discrétion, conformément à la méthode suivie depuis cinq ans.

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Le conflit d'intérêts se loge au cœur de la réforme de l'Etat
PAR LUCIE DELAPORTE

À Bercy, les responsables du pilotage de la RGPP (réforme de l'Etat) sont en grande majorité issus de cabinets de conseils privés. Or ces cabinets sont aussi les premiers prestataires de l'État pour mener à bien la réforme. Un conflit d'intérêts patent qui n'a que peu mobilisé la Commission de déontologie. La RGPP ou le mélange des genres : c'est le deuxième volet de notre enquête.

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Réforme de l'Etat: «On n’est pas chez Toyota»
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques, qui a entraîné la suppression de 150.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, s’est appuyé sur une nouvelle méthode de management issue de l’industrie automobile japonaise. Enquête sur la fonction publique à l’heure du “lean (amaigrissement) management”: c'est le troisième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

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Réforme de l'Etat: un bilan financier totalement surévalué
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques a provoqué des chocs violents dans la fonction publique. A-t-elle permis des économies et allégé le budget de l'Etat ? Oui, affirme le gouvernement, qui parle de 15 milliards d'euros d'économies ! Non, répondent des hauts fonctionnaires, qui évoquent le chiffre de zéro... Le détail des économies en trompe-l'œil : c'est le quatrième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

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18/03/2012

Enseignement supérieur et Recherche en France

lu sur :

http://www.liberation.fr/politiques/01012395521-universit...

Universités : les mensonges de Sarkozy

13/3/2012

Par THOMAS PIKETTY directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris.

Au palmarès des mensonges les plus éhontés du quinquennat qui s’achève, l’enseignement supérieur et la recherche occupent une place à part. «Priorité des priorités», «grande cause nationale», «effort financier sans précédent» : les superlatifs n’ont pas manqué pour expliquer au pays et convaincre les médias que le pouvoir en place avait fait de l’investissement dans le capital humain un axe central de sa politique. Pourtant les universitaires n’ont cessé de manifester, et s’apprêtent selon toute vraisemblance à voter massivement pour l’alternance. Alors, qui a raison ? Les enseignants-chercheurs sont-ils d’irréductibles gauchistes, des ingrats incapables de reconnaître quand la droite mène enfin une action positive et leur accorde des moyens supplémentaires ? Ou bien Sarkozy a-t-il de nouveau menti avec un tel aplomb que beaucoup d’observateurs s’y sont laissé prendre ? La vérité oblige à dire que nous sommes une fois de plus dans ce second cas de figure, celui du président affabulateur.

Reprenons le fil des lois de finances et des documents budgétaires. En 2012, le budget total de la recherche et de l’enseignement supérieur sera de 25,4 milliards d’euros (soit un peu plus de 1,2% du PIB). Sur ce total, la moitié ira aux formations supérieures et à la recherche universitaire (12,5 milliards d’euros). Cette somme représente la totalité des moyens allant aux universités et aux diverses écoles et instituts, quel que soit leur ministère de rattachement. L’autre moitié ira aux aides étudiantes (2,2 milliards) et aux divers organismes de recherches : CNRS, ANR, Inra, Inserm, mais aussi recherche spatiale, nucléaire, etc. (10,7 milliards).

En 2007, la répartition globale était très proche, et le budget total de la recherche et de l’enseignement supérieur atteignait 21,3 milliards d’euros, dont 10,7 milliards pour les formations supérieures et la recherche universitaire. Sur cinq ans, la progression est donc de 19,2% pour le total, et de 16,8% pour la part concernant les universités et écoles. Il faut bien sûr retrancher l’inflation, qui entre janvier 2007 et janvier 2012 s’élève à 9,7%. La croissance réelle atteint alors péniblement 7%-8% sur cinq ans, soit à peine plus de 1% par an. On peut se consoler en notant que c’est légèrement mieux que la croissance du PIB sur la même période. Mais si l’on ajoute à cela que le nombre d’étudiants a lui-même progressé d’environ 5% (passant de 2,2 à 2,3 millions), alors la conclusion est claire. Au cours du quinquennat 2007-2012, malgré les discours, l’investissement dans le capital humain a presque stagné en France. Les rares moyens nouveaux ayant en outre été concentrés sur quelques pôles et au travers d’appels d’offres de plus en plus complexes et bureaucratiques (l’inflation sur le nombre de sigles a largement dépassé celle des budgets : Pres, Labex, Idex, Equipex…), avec au passage la création de structures gigantesques et sans doute ingouvernables (les Idex parisiens atteignent les 100 000-150 000 étudiants chacun, quand Harvard, MIT, Stanford en alignent moins de 40 000. S’imagine-t-on vraiment que cela nous permettra de monter trois fois plus haut dans les classements ?), pas étonnant que les budgets de base aient quant à eux franchement baissé. Pas étonnant non plus que les universitaires, qui a priori savent compter et ont vu autour d’eux les baisses de crédits et les suppressions de postes, et qui souvent ont fait le choix de revenir de pays beaucoup plus rémunérateurs pour eux (ou de ne pas y partir), en aient plus qu’assez de se faire traiter d’ingrats et de nantis.

En tout état de cause, ce n’est pas avec ce type de quinquennat que nous allons rattraper notre retard sur les pays les plus avancés. En attribuant les moyens des organismes de recherches aux étudiants (ce qui est douteux), on arrive péniblement à une dépense totale de l’ordre de 10 000 euros par étudiant en France, quand les Etats-Unis dépassent les 30 000 euros. A ce rythme, il faudrait plusieurs siècles pour combler un tel fossé ! Que l’on ne s’y trompe pas : c’est grâce à cet investissement dans leurs campus que les Etats-Unis conservent leur suprématie économique et leur influence intellectuelle et culturelle, en dépit des failles de plus en plus évidentes de leur modèle politique et social hyperinégalitaire. Pour que la France trouve sa place dans le XXIe siècle, nous devons enfin faire le choix du capital humain et fixer des priorités budgétaires claires. Avec 6 milliards d’euros, on peut augmenter de 50% les moyens de toutes les universités et écoles - et cela nous préparera bien plus efficacement pour l’avenir que les 6 milliards dépensés chaque année pour subventionner les heures supplémentaires, ou bien les 6 milliards de recettes annuelles perdus en ISF et en droits de successions. Il est plus que temps que la campagne s’empare de cette question avec des engagements précis.

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04/03/2012

Appel aux candidats

communiqué :

Pétition électronique http://appel-enseignement-sup-et-recherche.fr/

Appel de l’Enseignement supérieur et de la Recherche aux candidats à l’élection présidentielle et aux citoyens

L’actuel gouvernement présente la réforme de l’Université comme l’une des grandes réussites du quinquennat.
Il prétend avoir donné aux universités leur autonomie, avoir fait, en faveur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « des efforts financiers sans précédent », avoir engagé une politique de l’excellence qui commencerait à porter ses fruits au niveau international et avoir réformé la formation des maîtres pour parvenir à une « meilleure formation des enseignants ».
 

Tout cela est faux !
 

Vous avez dit « autonomie » ?
Les universités subissent une tutelle du Ministère toujours plus tatillonne et dépendent de plus en plus de financements privés et d’impératifs de rentabilité immédiate. L’attribution des crédits récurrents de l’État est toujours aussi  arcimonieuse et opaque. Et les « Responsabilités et Compétences Élargies » imposées aux Universités ne contribuent en rien à leur autonomie puisque l’État leur délègue de nouvelles charges financières sans les compenser.
Alors que le gouvernement affiche l’Enseignement comme secteur prioritaire, aucun poste d’enseignant n’a été créé dans le supérieur depuis 2008. Le budget des universités, hors inflation, est en baisse d’environ 1 %. La liste des universités en déficit structurel ne cesse de s'allonger, imposant à l’Etat une mise sous tutelle contraire à l’autonomie qu’il prétend donner. Partout le développement des emplois précaires sert de variable d’ajustement à des budgets très contraints.
L’indépendance scientifique et les libertés académiques des universités, des enseignants-chercheurs et des chercheurs ne sont plus respectées.
Vous avez dit « excellence » ?
Le culte de l’excellence – mot magique jamais défini – ne peut faire oublier comment la recherche est malmenée dans notre pays : diminution des financements récurrents des universités et des organismes de recherche (jusqu'à – 90 % dans certains laboratoires), suppression de 10 % des emplois administratifs du CNRS, sans lesquels les chercheurs ne peuvent travailler. L’application de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) ravale des établissements de recherche comme le CNRS ou l’INSERM, que le monde entier nous envie, au rang de simples « agences de moyens ».
Pour faire remonter les universités dans des classements internationaux aux critères très discutables, le gouvernement a poussé aux regroupements en tous genres. Cette course au gigantisme a fait naître un système à plusieurs vitesses. Les disparités entre universités se creusent et menacent les équilibres inter et intrarégionaux, obligeant les étudiants à une mobilité qui pénalise les moins favorisés.
Une concurrence généralisée s’est instaurée, entretenue par deux agences de pilotage et d’évaluation très coûteuses, au fonctionnement opaque : l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES). Les universitaires et les chercheurs gaspillent
désormais une part considérable de leur temps à rédiger rapports d’activité, dossiers de demande de financement et appels à projets, au détriment de leurs missions fondamentales de recherche et d’enseignement.
Vous avez dit « une meilleure formation des enseignants » ?
Des rapports de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes l’ont désormais établi : la réforme de la formation des enseignants des premier et second degrés est un échec flagrant. Elle aura finalement provoqué la chute du nombre de candidats aux concours, le démantèlement ou l’affaiblissement des IUFM et la désorganisation des UFR, l’augmentation du nombre d’enseignants précaires, et conduit de jeunes professeurs à exercer à temps plein sans formation professionnelle suffisante.
 

Nos concitoyens doivent savoir que le monde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est au bord de l’asphyxie.

 

C’est pourquoi nous, enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs, bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, personnels sociaux et de santé, étudiants, lançons un appel solennel pour que soit mis un terme à toutes ces réformes, dont les effets sont dévastateurs.
Nous demandons une nouvelle politique pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, en rupture avec les réformes destructrices que nous subissons depuis des années. Celle-ci devrait reposer sur les dix principes et objectifs suivants :

  • 1. remplacer la loi LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités), qui n’est pas amendable car inspirée par une politique contraire aux principes d’indépendance, de collégialité et de démocratie qui sont ceux des universitaires et des chercheurs. La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) porte une responsabilité historique dans les désordres causés par cette fausse autonomie. Elle ne saurait parler au nom des universitaires et doit cesser d’être le principal interlocuteur du Ministère.
  • 2. abroger le décret du 23 avril 2009 modifiant le statut des enseignants-chercheurs. Garantir aux enseignants-chercheurs qu’au moins 50% de leur temps de travail sera consacré à la recherche, proscrire toute modulation à la hausse de leurs services et supprimer la nouvelle évaluation individuelle quadriennale.
  • 3. rouvrir en urgence le dossier de la formation des maîtres, assurée conjointement par les IUFM (dont c’est la mission) et les UFR, non pour en réduire le coût par tous les moyens mais en donnant une réelle priorité à l’amélioration de l’enseignement primaire et secondaire, dans un cadre national fondé sur le recrutement par concours de fonctionnaires d’État à la hauteur des besoins.
  • 4. élaborer un plan pluriannuel de création de postes et un programme de résorption de la précarité pour les universités et les organismes de recherche (administration, services techniques, enseignement, laboratoires, équipes de recherche).
  • 5. garantir à tous nos organismes de recherche les moyens humains et financiers nécessaires à leur indépendance, leur développement et leur rôle national de structuration sur tout le territoire de la recherche à court et à long terme.
  • 6. revenir à un traitement équitable entre universités pour satisfaire à l’exigence d’un enseignement et d’une recherche de qualité sur tout le territoire, au service des étudiants.
  • 7. doter tous les établissements d’Enseignement Supérieur et de Recherche de conseils décisionnaires où les élus des personnels et des étudiants soient largement majoritaires et limiter l’empilement des structures, afin de rester au plus près de ceux qui assurent effectivement la mission de service public qui leur est confiée.
  • 8. redonner confiance à tous les personnels en mettant fin aux dispositifs qui créent des discriminations et un climat de concurrence permanente : agences de pilotage et d’évaluation, recours massif aux statuts précaires (y compris pour les doctorants et les jeunes docteurs), différenciation des carrières par le jeu de primes dont l’attribution relève le plus souvent du clientélisme.
  • 9. améliorer les conditions de vie des étudiants par une politique ambitieuse et de long terme, impulsée par l’État et les Régions. Trop d’entre eux vivent et étudient aujourd’hui dans des conditions indignes d’un pays qui souhaite augmenter le nombre de ses diplômés de haut niveau.
  • 10. abroger le décret Guéant du 31 mai 2011 et son récent complément. En finir avec la politique inique de sélection et de restriction de l’accueil des étudiants étrangers dans nos universités.
  • Nous entendons défendre des valeurs républicaines : droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s’engager dans des études ou de mener des recherches qui ne sont pas immédiatement rentables. Il y va de l’avenir de notre société et des générations futures.

Nous nous adressons aux candidats à l’élection présidentielle, afin qu’ils répondent aux attentes non seulement de la grande majorité des personnels et des étudiants de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, mais aussi des Français.
Nous nous adressons à tous nos concitoyens et leur demandons d’apporter leur suffrage aux candidats qui, soucieux de l’intérêt à long terme, prendront les engagements qui s’imposent afin que l’Enseignement Supérieur et la Recherche retrouvent équilibre et sérénité, remplissent leurs missions et puissent contribuer à l’effort national destiné à répondre à tous les défis humains, économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés.

20/09/2010

Débat sur le climat

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/18/climat-debat-a-huis-clos-a-l-academie-des-sciences_1412854_3244.html

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Climat : débat à huis clos à l'Académie des sciences

18.09.10 | 13h33  •  Mis à jour le 20.09.10 | 12h15

 

C'est dans une ambiance tendue que doit s'ouvrir, lundi 20 septembre, le débat sur les sciences du climat demandé par Valérie Pécresse. La ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur avait saisi l'Académie des sciences, en avril, pour l'organisation d'une confrontation scientifique entre tenants du consensus scientifique et climato-sceptiques.

Cette demande faisait suite à une pétition signée par environ 600 chercheurs impliqués dans les sciences du climat. Les signataires s'estimaient dénigrés par les déclarations publiques du géophysicien Vincent Courtillot et de l'ancien ministre, Claude Allègre. Ce dernier venait de soutenir, dans son dernier ouvrage (L'Imposture climatique, Plon, 294 p., 19,90 euros), la thèse d'une conspiration des climatologues visant à faire accroire l'idée d'un réchauffement causé par l'homme. Les pétitionnaires demandaient à leurs tutelles la tenue d'un débat public pour se défendre de ces accusations.

L'Académie ne souhaite pas communiquer sur l'organisation de ce débat. Elle refuse de répondre aux questions de la presse, et aucune information n'a été officiellement rendue publique sur les modalités de la réunion. Celles-ci n'ont d'ailleurs été figées que tardivement, à l'issue d'une réunion des académiciens chargés de piloter le débat. Selon des sources proches de l'institution du Quai de Conti, l'ambition de la rencontre est "d'identifier les points qui font consensus", de déterminer "ceux qui font débat" et de cibler les recherches à mener pour trancher.

La rencontre se tiendra à huis clos. Seuls seront admis les académiciens - membres, correspondants ou associés étrangers - et une vingtaine de participants extérieurs, majoritairement des climatologues. Sans ces invités, le débat n'aurait d'ailleurs pas pu se tenir, les sciences du climat étant très peu représentées au sein de la section sciences de l'Univers de l'Académie.

Selon nos informations, le choix de ces invités a été opéré après que les principaux organismes et institutions de la recherche française (Centre national de la recherche scientifique, Commissariat à l'énergie atomique, Collège de France, etc.) ont été sollicités pour fournir une liste de leurs chercheurs les plus à même de participer à ces joutes oratoires. L'opacité du processus de sélection a suscité la méfiance de certains scientifiques. "Nous ignorons malheureusement les critères selon lesquels les noms proposés ont été retenus ou non", regrette ainsi un des participants.

Celui de Bernard Legras, directeur de recherches (CNRS) au Laboratoire de météorologie dynamique (LMD), médaille d'argent du CNRS, n'a ainsi pas été retenu. Connu pour son franc-parler, il s'était engagé dans le débat en publiant, dans la revue Climate of the Past, une réfutation des travaux climatologiques de Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, chercheurs à l'Institut de physique du Globe de Paris (IPGP).

Chaque participant au débat devait adresser un texte, fin août, synthétisant son intervention ou ses interrogations. Là encore, la plus grande discrétion a été de mise : toutes ces contributions sont demeurées confidentielles et n'ont été rendues accessibles aux académiciens et aux invités que sur un site Web sécurisé.

La manière dont seront synthétisés et rendus publics les échanges constitue un autre sujet sensible. Ainsi, après avoir été évoquée, l'idée d'une conférence de presse le soir même des débats aurait été abandonnée. Elle devrait être remplacée par la publication d'un rapport de synthèse, qui ne devrait pas être rendu public avant novembre.

Certains participants se montrent optimistes quant à l'utilité du débat. "Je n'imaginais pas l'ampleur de la confusion entre la science (du climat) et la manière dont elle est vulgarisée, dit ainsi un climatologue. Ce débat sera l'occasion pour nous d'exposer notre travail et de montrer la différence entre celui-ci et la manière dont il est récupéré ou vulgarisé par les uns ou les autres."

Des critiques, provenant d'académiciens parfois sans lien avec la climatologie, concernent la nature même de la rencontre. "Je ne vois pas ce que ce débat va pouvoir apporter sur la science elle-même : l'Académie a déjà organisé une réunion semblable il y a trois ans et il n'en était rien sorti, estime un académicien, préférant s'exprimer, comme la plupart de ses collègues, sous couvert d'anonymat. L'Académie n'a pas les moyens de trancher ces questions. Le débat que nous aurions dû avoir, et sur lequel nous aurions eu toute légitimité pour nous exprimer, est celui de l'éthique, de ce que les scientifiques peuvent dire ou ne peuvent pas dire lorsqu'ils s'expriment devant les citoyens ou les politiques."

"En science, les débats ne se font pas dans une arène, mais dans les revues scientifiques, dit un autre. Comment décidera-t-on de qui a raison ? Est-ce que ce sera celui qui a le mieux parlé ou qui semble le plus à l'aise ? La science ne fonctionne pas comme cela." Les organisateurs n'avaient cependant que peu de marges de manoeuvre dans le cadrage de l'événement. La saisine de Valérie Pécresse était en effet claire et concernait l'aspect strictement scientifique de la polémique.