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23/11/2014

CHINE et Droits de l'Homme : actualité

lu sur :

RFI 

Publié le 20-11-2014 Modifié le 21-11-2014 à 08:52

Chine: ouverture ce vendredi du procès de la journaliste Gao Yu

Par RFI

En Chine s’ouvre ce vendredi 21 novembre le procès sous haute surveillance de Gao Yu, la journaliste nommée « héroïne de la liberté de la presse » en 2000. Elle doit comparaître au tribunal de Pékin. Disparue le 24 avril dernier, quelques semaines avant le 25ème anniversaire du massacre de Tiananmen, elle était réapparue en public un mois plus tard pour une confession humiliante devant les caméras. Elle revient aujourd'hui sur cette confession.

Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

En tenue de prisonnière, Gao Yu a été exhibée devant les caméras de la télévision d’Etat en mai dernier. Dans une mise en scène destinée au grand public, la journaliste connue pour son combat en faveur des droits de l’homme confesse avoir violé la loi et menacé les intérêts nationaux. Mais aujourd’hui, la journaliste revient sur ses aveux et veut plaider non coupable, comme l’explique son avocat, Mo Shaoping :

« Gao Yu dit clairement que la police a fait pression sur elle en menaçant son fils. La confession a été enregistrée contre son gré. Par conséquent, ses aveux devraient être exclus du procès ; il s’agit d’une preuve illégale. Deuxièmement, Gao Yu nie avoir livré des secrets d’Etat à l’étranger, fait dont la justice l’accuse. Troisièmement, la santé de Gao Yu. C’est une dame de 70 ans. Elle a plusieurs maladies et doit prendre des médicaments. Elle m’a dit qu’elle avait perdu conscience à plusieurs reprises au centre de détention. »

Si elle est reconnue coupable, Gao Yu risque 15 ans de prison. Dans le passé, son engagement politique lui a déjà valu sept années derrière les barreaux.

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Lu sur Le Temps (Suisse)

 

Monde 

Vingt-cinq ans après Tiananmen, «la répression est plus intense»

Emprisonnée à plusieurs reprises, la journaliste Gao Yu est poursuivie pour «divulgation de secrets d’Etat». Peine de prison à vie confirmée pour l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti

Vingt-cinq ans après Tiananmen, «la répression est plus intense» - LeTemps.ch.pdf

voir aussi :

Gao Yu — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Gao_Yu
 

13/06/2014

Côte d'ivoire : Laurent Gbagbo jugé pour crimes contre l'humanité

lu sur la Tribune de Genève :

 
 

COTE D'IVOIRE

Laurent Gbagbo jugé pour crimes contre l'humanité

Mis à jour à 00h44

 

La cour pénale internationale jugera bien l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo pour des crimes contre l'humanité présumés commis lors des violences ayant déchiré le pays en 2010 et 2011.

La Cour pénale internationale (CPI) a décidé de juger l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo pour des crimes contre l'humanité présumés commis lors des violences ayant déchiré le pays en 2010 et 2011.

Très attendue en Côte d'Ivoire, cette décision met un terme à plus d'un an de procédures ayant notamment vu les juges douter de la solidité du dossier.

Que «la vérité soit dévoilée»

«La chambre préliminaire de la CPI a confirmé, à la majorité, quatre charges de crimes contre l'humanité (...) à l'encontre de Laurent Gbagbo. Elle l'a renvoyé en procès devant une chambre de première instance», a indiqué la CPI dans un communiqué. L'avocat de l'ex-chef de l'Etat, Me Emmanuel Altit, a dit se féliciter de cette décision, affirmant que son client «voulait un procès» afin que «la vérité soit dévoilée».

Le camp Gbagbo se dit en outre «en position de force juridique», l'un des trois juges qui a statué s'étant prononcé contre la tenue du procès en raison d'«éléments de preuve encore insuffisants», comme l'indique le site internet de la CPI.

Ramener la sérénité

Le porte-parole du gouvernement ivoirien Bruno Koné a, lui, salué le fait que la Cour «se donne les moyens de dire la justice». «On espère que cela va permettre de ramener de la sérénité chez tout le monde», a-t-il observé.

Premier ex-chef d'Etat poursuivi devant la CPI, Laurent Gbagbo, 69 ans, est accusé d'avoir «ordonné, sollicité, encouragé ou contribué de toute autre manière» à l'accomplissement de quatre crimes contre l'humanité, à savoir meurtres, viols, actes inhumains et persécutions.

Victoire non reconnue

Ces crimes présumés ont été commis durant la crise meurtrière née de son refus de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait plus de 3000 morts.

Laurent Gbagbo assure quant à lui avoir été évincé du pouvoir en faveur de son rival en raison d'un complot fomenté par la France, ancienne puissance coloniale en Côte d'Ivoire. «Ce procès sera celui de la Françafrique, de la manipulation, des arrangements, de ceux qui ont voulu une guerre pour servir des intérêts particuliers», a affirmé Me Altit.

«Rester au pouvoir par tous les moyens»

Arrêté en avril 2011 par les forces pro-Ouattara appuyées par la France et l'ONU, Laurent Gbagbo avait été transféré à La Haye en novembre 2011. Selon l'accusation, il a voulu «rester au pouvoir par tous les moyens (...) par des attaques meurtrières soigneusement planifiées», ce que l'intéressé nie catégoriquement.

Sa responsabilité est engagée pour quatre évènements particuliers survenus à Abidjan entre décembre 2010 et avril 2011. Quelque «156 morts» lui sont imputés, avait indiqué mardi un autre de ses conseillers, Me Habiba Touré.

22'000 pages de preuves

La décision de la CPI met fin à plus d'un an de procédures préliminaires destinées à déterminer si Laurent Gbagbo devait être jugé ou non.

«Monsieur Gbagbo sait très bien que c'est sous sa responsabilité que beaucoup d'atrocités ont été commises en Côte d'Ivoire. C'est tout à fait normal qu'il soit jugé», a déclaré Joël N'Guessan, porte-parole du Rassemblement des républicains, le parti d' Alassane Ouattara. Les juges avaient entendu en février 2013 les arguments des parties quant à la solidité du dossier. Insuffisamment convaincus par le procureur, les juges lui avaient demandé des informations ou éléments de preuve supplémentaires avant de décider si un procès devait être mené contre M. Gbagbo.

Après avoir examiné plus de 22'000 pages de preuves et les déclarations de 108 témoins, notamment, les juges ont décidé que M. Gbagbo devait être jugé.

(ats/Newsnet)

Créé: 13.06.2014, 00h44

03/02/2014

Cuba et l'Amérique du sud

lu sur :

LE MONDE | 30.01.2014 à 10h58 • Mis à jour le 30.01.2014 à 10h59 |Par Paulo A. Paranagua

Le régime cubain s'est offert un succès diplomatique en accueillant à La Havane, mardi 28 et mercredi 29 janvier, le deuxième sommet de la Communauté des Etats latino-américains et caribéens (Celac). A l'heure des réformes économiques, l'île attise les convoitises des puissances émergentes dans la région.
 

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« Pour la diplomatie cubaine, ce sommet a été l'opportunité de montrer une île en train de se réformer, avec une notable expansion du secteur privé, la liberté de voyager pour les Cubains et des ouvertures aux investissements étrangers, estime l'analyste cubano-américain Arturo Lopez-Levy, de l'université de Denver (Colorado). C'est un avertissement pour Washington vis-à-vis du coût de sa politique d'isolement à l'égard de Cuba, coupée des réalités du continent : le seul à être isolé est le gouvernement des Etats-Unis. »

L'embargo américain empêche la détente, en dépit de la poignée de main très médiatisée entre Barack Obama et Raul Castro lors des funérailles de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, en décembre 2013. Le président des Etats-Unis s'est déclaré disposé à « mettre à jour » les relations avec Cuba, mais il ne dispose pas de majorité au Congrès sur ce sujet.

« L'INTÉGRATION RÉGIONALE, PROJET STRATÉGIQUE »

Lors de son discours d'inauguration, le général Raul Castro, chef de l'Etat cubain, a critiqué les « nouvelles menaces » représentées par l'espionnage des communications et l'emploi des réseaux informatiques visant à transformer « le cyberespace en théâtre d'opérations militaires », faisant référence au scandale des écoutes de l'Agence de sécurité nationale (NSA) américaine.

Presque tous les chefs d'Etat de la région étaient au rendez-vous de La Havane, à l'exception du président du Salvador (retenu par l'élection présidentielle du 2 février) et de celui du Panama, mécontent après la découverte, en juillet 2013, d'un cargo nord-coréen chargé d'armes cubaines destinées à Pyongyang, en violation de l'embargo des Nations unies.

« L'intégration régionale est un projet stratégique », a assuré la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, la première à prendre la parole devant la Celac après son homologue cubain. Les présidents du Brésil et du Mexique ont profité du sommet pour effectuer des visites officielles à Cuba, rivalisant ainsi pour remplacer le Venezuela, actuellement en difficulté, comme premier partenaire de l'île.

« Le Brésil veut être un partenaire de premier ordre de Cuba », a affirmé Mme Rousseff lors de l'inauguration, lundi, du terminal de conteneurs du port de Mariel (à 50 kilomètres de La Havane). Les travaux ont coûté 957 millions de dollars (702 millions d'euros), financés à hauteur de 682 millions de dollars par la Banque brésilienne de développement économique et social.

« LIENS HISTORIQUES ENTRE LE MEXIQUE ET CUBA »

Cette dernière a mis 290 millions de dollars à la disposition des entreprises brésiliennes qui voudraient s'implanter dans la zone spéciale de développement de Mariel. Pour devenir une plaque tournante du commerce international, ce site a besoin de la levée de l'embargo américain et de l'élargissement du canal de Panama, qui pourrait être retardé par le conflit en cours avec les constructeurs.

De son côté, le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a rappelé les liens historiques entre le Mexique et Cuba. Le régime du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir à Mexico de 1929 à 2000) avait été le seul en Amérique latine à ne pas rompre ses relations diplomatiques avec Cuba dans les années 1960.

Depuis le retour du PRI au pouvoir en 2012, avec Enrique Peña Nieto, le Mexique a annulé 70 % de la dette cubaine, d'un montant de 487 millions de dollars, en souffrance depuis quinze ans. Les Mexicains s'intéressent aux éventuelles réserves cubaines de pétrole en eaux profondes.

La Celac se superpose à d'autres forums politiques, comme l'Union des nations sud-américaines (Unasur) ou la Communauté des Caraïbes (Caricom), et des organismes d'intégration économique, comme le Mercosur (l'union douanière sud-américaine), en concurrence avec l'Alliance du Pacifique, tournée vers l'Asie.

INTERPELLATIONS DE DISSIDENTS

Pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, en 1959, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), le socialiste chilien José Miguel Insulza, a été invité à La Havane. Outre les 33 pays membres de la Celac, l'OEA comprend aussi les Etats-Unis et le Canada.

Le président équatorien, Rafael Correa, s'est demandé « à quoi sert l'OEA », souhaitant que la Celac puisse remplacer cette organisation, coupable, à ses yeux, de complaisance à l'égard du « colonialisme ». C'est l'espoir de Cuba, suspendue de l'OEA en 1962 et qui refuse de la réintégrer, bien qu'elle y soit invitée depuis 2009. Toutefois, ce remplacement est rejeté par la majorité des capitales de la région.

En marge du sommet, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déployé un activisme inhabituel, rendant visite à Fidel Castro, à l'instar des présidents du Brésil et du Mexique. M. Ban a demandé aux autorités « de ratifier les pactes internationaux sur les droits civiques et politiques et sur les droits économiques, sociaux et culturels, signés » par Cuba en 2008. Revendiqués par l'opposition, ces textes de l'ONU ne sont pas appliqués dans l'île.

A la veille du sommet, la sécurité d'Etat a procédé à des dizaines d'interpellations de dissidents, pour éviter tout contact avec les délégations ou la presse étrangères. Parmi eux figure l'opposant social-démocrate Manuel Cuesta Morua. Et l'ex-prisonnier politique José Daniel Ferrer a été déporté de La Havane à Santiago de Cuba.

15/01/2014

Comment se manifeste le désespoir ...

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18/12/2013

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Comment se manifeste le désespoir résultant de l'absurdité de la société dans les "pays riches" ? (suite)

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lu sur le Temps (Suisse)

TUNISIE Mercredi 15 janvier 2014

Les Tunisiens désespérés s’immolent encore 

Trois ans après la révolution qui a chassé le président Ben Ali, les tensions sociales restent fortes. Parmi les signes d’un désespoir persistant, le nombre d’immolations par le feu, qui demeure élevé

Mohamed Abassi ne sait pas trop ce qui lui a pris, ce jour-là. «C’est le diable et le désespoir qui m’ont habité», dit-il. C’était le 9 décembre, à quelques jours de la date anniversaire de l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, l’étincelle de la révolution tunisienne. A son tour, ce père de 47 ans s’est aspergé d’essence avant de s’enflammer, aux portes de son entreprise, sous les yeux de sa femme et de ses deux petites filles. «Il n’y a de dieu que Dieu, le feu plutôt que l’humiliation», répétait-il en brûlant. Vite secouru, il n’a pas de graves séquelles, même s’il doit encore manger liquide et qu’il n’a pas de quoi renouveler son tube de crème hydratante.

«Injustice»

«C’est l’injustice qui m’a poussé», dit-il aussi. Mohamed travaille depuis 1987 dans une société publique de manutention, au port commercial de Bizerte. Il est payé à la tâche pour charger et décharger les bateaux. La révolution lui avait donné espoir: un mois après le départ de Ben Ali, les journaliers comme lui entament un sit-in pour obtenir leur titularisation. Une poignée obtient gain de cause. Mohamed n’est pas sur la liste. «Pourtant, je suis le plus ancien», assène-t-il. En plus, au port, le travail se raréfie: les activités d’import-export, trustées par les Trabelsi – la belle-famille de Ben Ali –, ont chuté en même temps qu’eux. Mohamed n’est plus embauché qu’un jour de temps en temps, et sa situation s’aggrave encore après un accident de travail. Les factures et les humiliations se sont accumulées, il a craqué. Depuis, Mohamed a reçu la promesse d’embauche tant rêvée. Il patiente.

Trois ans après la révolution, signe d’un malaise social persistant, le geste de Mohamed Bouazizi continue de faire des émules. Le service des grands brûlés de l’hôpital de Ben Arous a recensé 154 immolations à travers le pays, lors des deux premières années post-révolution. Le phénomène s’est un peu tassé en 2013, mais persiste, sur fond de crise politique et de difficultés économiques grandissantes pour la population. Les immolés représentent 20 à 30% des admissions, contre environ 10% auparavant. «Avant la révolution, il s’agissait principalement de conflits conjugaux ou familiaux, de problèmes émotionnels, de fragilité psychologique. Les gens s’immolaient à domicile. Aujourd’hui, un autre profil domine: ce sont des hommes jeunes, 30 ans en moyenne, chômeurs, sans antécédents psychiatriques, qui réagissent souvent à un conflit avec une autorité», détaille Kamel Bousselmi, le chef du service des grands brûlés.

 

Ceux-là, comme Mohamed Bouazizi, choisissent souvent une place publique, un lieu symbolique: devant le poste de police du quartier, le gouvernorat de la région, l’Assemblée constituante… «Ce n’est pas un simple suicide, un geste de désespoir quelconque, il y a une dramaturgie. Bouazizi avait choisi de le faire devant le gouvernorat, il s’adressait à l’autorité politique qui avait refusé de l’écouter, décrypte le sociologue Imed Melliti. Il y a chez les Tunisiens une forte demande de dignité, de citoyenneté réelle, poursuit-il. Or ils sentent que, de ce point de vue aussi, on est dans la reproduction, qu’ils sont toujours traités comme des moins que rien.»

Diplômé vendeur

Adel Khadri, lui, a choisi un lieu pour le moins emblématique: le 12 mars dernier, ce jeune homme de 27 ans s’est immolé en pleine avenue Bourguiba, le cœur de Tunis. «Voilà la jeunesse qui vend des cigarettes, voilà le chômage», a-t-il interpellé avant de s’enflammer. Il est mort le lendemain. Vendeur à la sauvette, Adel avait quitté sa bourgade natale, près de la frontière algérienne, pour tenter de gagner sa vie dans la capitale et améliorer le sort familial, comme tant d’autres. «Il travaillait du matin au soir, pour récolter à la fin de la journée 10 ou 20 dinars (5 à 10 euros), affirme son grand frère Issam, journalier dans le bâtiment. Les policiers l’embêtaient, lui piquaient 5 dinars par ci, un paquet de cigarettes par là. Il a voulu porter plainte, plusieurs fois, mais personne n’a voulu l’entendre.» C’est en sortant du Ministère de l’intérieur, refoulé encore une fois, qu’il s’est immolé.

Son enterrement a viré à la manifestation contre le parti islamiste Ennahda. Après sa mort, la famille Khadri a reçu un peu d’argent, des fleurs et des condoléances de la part des partis politiques, des matelas, quelques paquets de pâtes et des promesses d’embauche pour le cadet Bilel, le seul diplômé de la fratrie. Mais un an après, il en est toujours réduit à vendre des cigarettes… au même endroit qu’occupait Adel.

Ridha Hosni s’est immolé dans la maison familiale, alors qu’il était seul. Diplômé d’histoire, il était au chômage depuis 2009. Ses jeunes frères et sa mère s’étaient saignés aux quatre veines pour qu’il puisse étudier, dans l’espoir qu’il trouve un travail stable qui aiderait toute la famille. «Mais même pour acheter ses cigarettes, il devait nous demander de l’argent. Il avait honte», dit Fethi, en sortant les papiers de son aîné, précieusement conservés: les fameux diplômes, le passeport qu’il avait fait faire «parce qu’il n’avait plus d’espoir en Tunisie». La révolution, conclut Fethi, «ce sont les pauvres qui l’ont faite, mais ils sont coincés dedans».  

 

17/12/2013

L'esclavage au XXIème siècle (suite): les prisonniers nord-coréens réduits " à l'état d'esclaves ".

lu sur :

www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/10/les...

 

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 10.12.2013 à 20h37 |Par Jacques Follorou

Alors que la Corée du Nord est, à l'intérieur, engagée dans des opérations de purges politiques et multiplie, à l'extérieur, les actes de propagande pour fairecroire à une modernisation du pays, ce régime continue de développer son système concentrationnaire. C'est le constat fait par Amnesty International qui s'appuie sur l'analyse d'images satellites des camps de prisonniers politiques, qui gardent au secret plus de 200 000 personnes dans de vastes prisons. L'ONG avait déjà réalisé un travail à ce sujet, en 2001 et 2011.

En observant les clichés pris en mai 2013, Amnesty a noté l'extension des infrastructures de Kwanliso 16, un camp situé près de Hwaseong, dans la province du Hamkyung du Nord, qui couvre environ 560 km².

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Images satellite d'un camp de prisonniers politiques, qui suggèrent selon Amnesty International, une augmentation de sa population.

De nouveaux bâtiments destinés au logement ont été érigés ainsi que des installations destinées à la production. Les images mettent en évidence une activité économique substantielle liée à l'exploitation minière, forestière et agricole. Ces nouvelles constructions sont entourées d'un solide dispositif de sécurité : clôtures autour des camps, déplacementscontrôlés, tours de garde et points de contrôle situés à l'intérieur des camps.

Pour décrire cet univers, Amnesty s'est appuyée sur le témoignage inédit d'un responsable, jusqu'au milieu des années 1990, de la sécurité du camp n° 16, présenté comme le plus grand camp de prisonniers politiques du pays. Il évoque le cas de détenus forcés decreuser leur propre tombe avant d'être tués à coups de marteau sur la nuque. Il affirme aussi avoir vu des fonctionnaires pénitentiaires étrangler des prisonniers avant de lesachever en les battant à mort à l'aide de bâtons en bois.

TRAITEMENTS « INHUMAINS »

D'après lui, des femmes étaient violées puis « disparaissaient » : « Après avoir passé une nuit “au service” de hauts responsables, les femmes devaient mourir pour que personne ne découvre ce secret. C'est la même chose pour la plupart des camps de prisonniers politiques. » Selon Amnesty, ce système concentrationnaire existe depuis les années 1950. L'ONG distingue deux types de camps : les « zones sous contrôle total », dans lesquelles on reste à vie, et les « zones révolutionnaires », d'où quelques prisonniers sont parfois libérés. L'immense majorité des détenus politiques sont enfermés dans les « zones sous contrôle total ». Seules trois personnes ont pu s'en « échapper » ou les « quitter » en soixante ans. Un système dont Pyongyang nie l'existence.

La plupart des individus emprisonnés ignorent les raisons de leur arrestation et de leur incarcération. L'accusation d'« espionnage » est souvent avancée par les rares prisonniers qui ont pu quitter ces camps de « l'horreur », selon leur propre expression. A Kwanliso 16, des milliers de personnes sont emprisonnées pour de simples liens de parenté avec des prisonniers. Des familles, sur plusieurs générations, sont placées au secret par les autorités au titre d'une « culpabilité par association ». Les détenus mangent des rats ou des graines retrouvées dans les excréments d'animaux pour survivre. Forcés de travailler dix heures par jour et sept jours sur sept dans les champs situés à l'intérieur des camps, les prisonniers sont réduits « à l'état d'esclaves » et soumis à des traitements « cruels, inhumains et dégradants », selon l'ONG.

L'analyse des images du camp n° 15 montre, elle, une légère diminution du nombre de constructions. Beaucoup moins étendu que le camp n° 16, il comptait, en 2011, près de 50 000 personnes. Amnesty affirme ne pas être en mesure de vérifier combien de prisonniers se trouvent dans ce camp ou ce qu'il advient d'eux. L'ensemble de ces informations a été transmis à la commission des Nations unies chargée d'enquêter sur les violations des droits humains en Corée du Nord.