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11/02/2015

Pour une Union des pays méditerranéens (contre la ploutocratie)

... contre la conception anglo-saxonne de l'économie.

à lire sur MEDIAPART :

Arnaud Montebourg a cédé à notre insistance et a accepté de remettre à Mediapart les quatre longues notes qu’il a adressées au chef de l’État de septembre 2012 à mars 2014, pour le convaincre de réorienter sa politique économique et européenne. La première de ces notes, que nous publions aujourd’hui, révèle que le débat a commencé au sein du gouvernement dès les premiers mois du quinquennat.

 

extrait :

..."Ces notes n’ont donc pas qu’un intérêt historique ; elles fonctionnent comme autant d’invitations au débat démocratique. Alors que la France connaît toujours une croissance anémiée et un chômage à des niveaux historiques, ces notes soulèvent une question, qui est plus que jamais au cœur de notre présente actualité : n’y a-t-il pas une autre politique économique possible ? Ne serait-il pas temps de regarder en face les dégâts humains et sociaux d’une politique économique qui contrevient aussi spectaculairement aux engagements pris par la gauche avant 2012 ?

Et puis, le troisième intérêt de ces notes, c’est qu’elles viennent aussi éclairer les enjeux du débat actuel qui secoue l’Europe. Car à plusieurs reprises, nous le verrons, Arnaud Montebourg s’inquiète du carcan de l’austérité qui n’étouffe pas seulement la France mais tout le continent ; et il regrette que notre pays, pour desserrer cet étau, n’ait jamais eu le courage d’envisager de nouvelles alliances, avec les pays du sud de l’Europe notamment, pour faire entendre raison à l’Allemagne."...

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Sur la conception anglo-saxonne de l'économie mondiale, lire aussi "Le Monde" daté du 10 et 11 février, à propos de la banque HSBC et de l'argent détourné de l'économie réelle.

25/12/2014

Une ferme usine à Monts (Touraine) : êtes-vous pour ?

communiqué :


Sujet : Ferme usine de Monts

A Monts comme ailleurs : l'agriculture industrielle est-elle inéluctable ?

Invitation à une réunion publique d'information et de mobilisation contre le projet d'extension d'un GAEC de Monts

le jeudi 8 janvier à 18h30 à Monts salle Robert Prunier (à la mairie)


Le GAEC de la Tardivière, à Monts, a fait une demande d'augmentation d'effectifs bovins. Après une enquête publique, le commissaire enquêteur a finalement rendu un avis favorable à cette demande, avec des réserves.

Le préfet a maintenant trois mois pour prendre sa décision et autoriser ou non l'augmentation de cheptel. Rappelons que cette augmentation ferait passer les effectifs bovins à plus de 700 vaches, génisses et taurillons, en plus des 1200 caprins déjà présents sur l'exploitation.

A l'initiative de la Confédération paysanne de Touraine, un collectif de citoyens et d'organisations vous invite à une réunion publique le 8 janvier à 18h30. Une réunion pour en savoir plus sur les enjeux de ce dossiers et pour se mobiliser ensemble contre ce projet de Monts et, au-delà, contre l'industrialisation croissante de l'agriculture sur nos territoires.

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voir aussi :

1.800 bêtes à la ferme : les riverains sont contre - 25/10/2014 - La ...

www.lanouvellerepublique.fr/.../1.800-betes-a-la-ferme-les-riverains-sont- contre-2093364
 
25 oct. 2014 ... A Monts, le projet d'extension du Gaec de la Tardivière suscite de nombreuses réactions de la part des riverains qui crient au gigantisme.

 

23/11/2014

Le procès de l'amiante en Italie : l’industriel suisse milliardaire Stephan Schmidheiny acquitté pour cause de prescription !

lu sur :

Amiante : la catastrophe d'Eternit jugée prescrite

Libération -
SERVICE ETRANGER 20 NOVEMBRE 2014
Italie. La Cour de cassation a acquitté l’ex-propriétaire des usines, condamné à 18 ans de prison en appel.
 
Des années de procédure pour rendre justice à près de 3 000 victimes des usines d’amiante en Italie ont été balayées mercredi soir pour prescription, provoquant la colère des familles des victimes. Elles espèrent toutefois une relance des poursuites. De 1966 à 1986, la société Eternit a employé des milliers de personnes dans ses quatre usines d’amiante à Casale Monferrato, Cavagnolo et Rubiera dans le nord, ainsi qu’à Bagnoli, près de Naples. Depuis, quelque 3 000 personnes, anciens employés ou riverains des usines, ont succombé à un cancer de la plèvre, et les décès se comptent encore par dizaine chaque année.

Faillite. Un procès s’est ouvert en 2009 contre l’industriel suisse milliardaire Stephan Schmidheiny, ex-propriétaire d’Eternit Suisse et ancien gros actionnaire d’Eternit Italie, mise en faillite en 1986. Il a été condamné en 2012 à seize ans de prison, et la peine a été alourdie à dix-huit ans en appel en 2013, assortie de 89 millions d’euros de dommages à verser aux victimes. Mais, poursuivi pour «catastrophe sanitaire et environnementale permanente et intentionnelle», un délit prescrit au bout de douze ans, il a finalement été acquitté mercredi soir par la Cour de cassation.

Le procureur de la Cour suprême a en effet demandé l’annulation de la procédure, estimant qu’en l’absence de normes juridiques spécifiques, la prescription était acquise depuis 1998, alors que l’enquête du parquet de Turin n’a débuté qu’en 2004. «Il arrive que le droit et la justice prennent des directions opposées mais les magistrats n’ont pas d’alternative : ils doivent suivre le droit», a-t-il argumenté.

Les juges de première instance et d’appel avaient rejeté la prescription au motif que la «catastrophe» était toujours en cours. Mais la Cour de cassation s’est rangée derrière l’avis de son procureur, provoquant la fureur des proches de victimes et des délégations des usines d’amiante qu’Eternit avait en France, en Suisse, au Royaume-Uni et au Brésil.

Echiquier.«Nous n’abandonnerons pas», a assuré le procureur turinois chargé de l’enquête, Raffaele Guariniello qui a ouvert de nouvelles procédures. Les réactions indignées se sont également succédé de part et d’autre de l’échiquier politique. «Nous changerons le système des procès et les règles du jeu de la prescription», a même assuré à la radio le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui promet une réforme de la justice dont les contours ne sont pas encore précis.

13/03/2014

Les ressources minières ne sont pas inépuisables, c'est évident

lu sur :

Les ressources minières, un bien commun mondial bientôt rare 

Le Monde

LE MONDE | 13.03.2014 à 11h57 |Olivier Abel (philosophe) et Jacques Varet (géologue)

L'annonce le 21 février par le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, de la création d'une Compagnie nationale des mines a mis en lumière une question qui, malgré cet intitulé d'apparence vieillotte, n'a rien à voir avec le capitalisme du XIXe siècle. Il s'agit au contraire d'une question inédite et urgente, qui marque un tournant pour nos sociétés. 

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Nous prenons en effet conscience de la raréfaction des ressources naturelles, des conséquences de leur mauvais usage, et nous devons par conséquent nous doter des instruments de mesure et de gouvernance nécessaires pour assurer la transition qui s'impose.

Les années de croissance forte dont nous avons profité dans les décennies précédentes sont largement liées au bénéfice que nous avons tiré de l'exploitation planétaire des ressources fossiles, notamment pétrolières.

160 MILLIARDS DE TONNES DE CHARBON ET 155 MILLIARDS DE TONNES DE PÉTROLE BRÛLÉES

L'humanité a brûlé, depuis le début de leur extraction, 160 milliards de tonnes de charbon et 155 milliards de tonnes de pétrole. Elle brûle encore chaque année 10 milliards de tonnes de carbone. Et il faudra bien que les populations des pays émergents puissent bénéficier des mêmes avantages que nous !

Or, ces ressources sont aujourd'hui payées à un prix qui n'a rien à voir avec leur rareté réelle, car ce prix dépend du seul rapport instantané entre la demande et la production.

Mais il n'y a pas que la crise des ressources énergétiques fossiles : il se profile derrière elle une crise des ressources minières. La délocalisation accélérée de l'activité de production manufacturière, des pays développés du Nord vers la Chine et les nouveaux pays industrialisés, a bénéficié non seulement des bas prix de leur main-d'oeuvre, mais aussi de celui de leurs matières premières.

Ces pays ont exploité leur propre sous-sol sans toujours mesurer ni l'épuisement des réserves, ni l'impact sur l'environnement. Aux prises avec une croissance à deux chiffres, devenus à leur tour massivement importateurs, leur demande s'est heurtée à leur capacité insuffisante de production.

PERSPECTIVES À PRÉCISER 

Et nous voici confrontés à une question lancinante : cette crise est-elle due à des investissements insuffisants en matière d'exploration-production, ou à une réelle limitation physique des ressources du sous-sol ?

Pour le pétrole, la réponse approche du consensus : au mieux, on plafonne, et l'on n'augmentera plus significativement la production. Pour les autres ressources minérales, les perspectives restent à préciser, mais on ne peut plus croire à une croissance illimitée.

Il est vrai qu'on avait cru aussi plus rentable d'investir dans l'économie immatérielle plutôt que dans l'économie réelle. Même les entreprises spécialisées dans la recherche minière n'avaient plus aucun intérêt à investir dans la production : il était devenu beaucoup plus attrayant d'acheter des actions des producteurs en place.

En France, par exemple, au cours des vingt dernières années, les investissements en exploration minière ont été très faibles. Les compagnies n'ont plus recruté de personnels compétents. Par ricochet, même les universités et les écoles d'ingénieurs ont cessé de former des personnes capables de découvrir de nouvelles ressources.

LA VRAIE VALEUR DES RESSOURCES

Comment sortir de cette logique de rentabilité immédiate, qui ressemble de plus en plus à une politique de l'autruche ? On voit bien que les prix des produits ne reflètent pas la réalité de la rareté physique de la ressource. Il serait nécessaire de parvenir à établir un système économique qui soit basé sur la vraie valeur des ressources minérales et énergétiques, c'est-à-dire sur leurs raretés physiques respectives.

Ce n'est pas hors de portée. Dans le domaine climatique, on est parvenu – grâce aux travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) – à se doter d'une vision globale. De même, en matière de ressources minières, dans l'état actuel de développement des connaissances et des capacités d'échanges entre scientifiques (qu'ils soient dans la recherche publique, dans les entreprises ou les administrations), il n'y a pas de raison de ne pas parvenir à fédérer un observatoire en réseau capable de quantifier les réserves et de contribuer à établir une valeur de ces biens qui ne soit pas seulement déterminée par des échanges de court terme, mais selon des perspectives établies à long terme, sur plusieurs générations.

Un tel « Groupe international d'étude des ressources minérales » (Gierm) viendrait compléter les travaux du GIEC et assister les instances multilatérales chargées de publier ces données, de telle sorte que le marché de court terme ne soit plus seul à moduler les prix. Y introduire la valeur d'épuisement des ressources n'est plus un luxe, mais simplement une question de réalisme, si l'humanité, occupée à ses bulles spéculatives, veut ne pas se heurter frontalement au mur de la rareté.

À L'ÉCHELLE MONDIALE

Nous ne sommes pas naïfs : rien n'indique qu'un tel organisme international de régulation et de recyclage responsable des ressources puisse aisément s'imposer dans l'agenda des Etats et des industries, qui en sont toujours à préparer la prochaine guerre pour le contrôle des ressources, plutôt que d'envisager un tel bouleversement de nos modes de vie.

Chaque Etat, chaque grande compagnie, préfère en effet organiser l'opacité autour de ses réserves et de ses manques, tant nos sociétés sont sous l'emprise de véritables addictions et habitudes de déplacement et de consommation, en même temps que de rivalités nationalistes qui nous rendent capables du pire.

C'est pourquoi, au-delà de ces propositions, nous voyons bien que la crise des ressources qui se profile est en fin de compte l'expression d'une crise d'orientation globale de nos sociétés, incapables de sortir de leurs vieux réflexes et d'investir vers un autre avenir.

Créer une Compagnie nationale des mines n'a de sens que si cette démarche est déployée à l'échelle mondiale, pour prendre au sérieux l'interdépendance générée par la mondialisation et la vulnérabilité des humains à l'épuisement de leur planète. La vraie naïveté, pour chacun des acteurs, serait de croire possible de se sauver tout seul.

16/01/2014

Science sans conscience ... (suite)

Voir aussi la note du 18/12/2013 sur ce blog :

"Science sans conscience...

lu sur :

www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/16/polemique-autour...

 

LE MONDE | 16.01.2014 à 11h29 |

Par Stéphane Foucart

 
La polémique est sortie des cercles scientifiques et gagne désormais la société civile. Dans un courrier rendu public jeudi 16 janvier, l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva) interpelle les présidences de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'université Paris-Sud, leur demandant de renoncer à nommer un chercheur controversé, Paolo Boffetta, à la tête du principal centre de recherche français en épidémiologie.

Ce dernier, le Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP), est placé sous la double tutelle de l'Inserm et de l'université Paris-Sud et doit voir un nouveau directeur être désigné courant 2014. Le processus de sélection est entamé depuis plusieurs mois et M. Boffetta est seul en lice. 

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S'appuyant sur des informations issues « des victimes italiennes de l'amiante, ainsi que de chercheurs compétents en épidémiologie et en santé publique », l'Andeva estime que « la candidature de M. Boffetta est gravement entachée de conflits d'intérêts majeurs, totalement incompatibles avec la direction du plus grand centre d'épidémiologie français ».

 IL DÉFEND LE LABORATOIRE PHARMACEUTIQUE TAKÉDA

L'association fait notamment référence aux activités de consultant exercées par l'épidémiologiste italien. Outre son affiliation académique – il est aujourd'hui professeur à la Mount Sinai School of Medicine de New York (Etats-Unis) –, ce dernier était en effet jusqu'aux derniers jours de l'année 2013 vice-président d'une société de conseil basée à Lyon, l'International Prevention Research Institute (IPRI). Or, écrit l'Andeva, « l'IPRI produit et vend aux industriels des expertises ou articles ‘‘scientifiques sur les questions de santé et risques sanitaires ».

M. Boffetta assure de son côté que « l'IPRI travaille également avec des organismes publics ». « Je ne suis plus affilié à l'IPRI et je n'en suis plus actionnaire », ajoute l'intéressé, qui s'est engagé à cesser toute activité de conseil une fois nommé à la tête du CESP. Cependant, en février, le chercheur italien assistera le laboratoire pharmaceutique Takeda, attaqué devant la justice américaine par des patients atteints de cancer de la vessie après avoir pris l'antidiabétique Actos. En France, ce dernier a été retiré en 2011.

Dans sa lettre, également adressée aux ministères de la recherche et de la santé, l'Andeva attire plutôt l'attention sur un article, publié début 2012 par M. Boffetta dans la revue European Journal of Cancer Prevention. La conclusion en est que « le risque de mésothéliome (cancer de la plèvre), pour les travailleurs exposés dans un passé lointain, n'est pas modifié de façon appréciable par les expositions ultérieures et arrêter l'exposition ne modifie pas matériellement le risque ultérieur ». En clair, il serait inutile de réduire l'exposition à l'amiante des travailleurs ayant déjà été exposés dans le passé.

L'AFFAIRE N'EST PLUS STRICTEMENT FRANÇAISE

L'assertion fait bondir l'Andeva : « Toute la littérature scientifique concernant les cancérogènes en général et l'amiante en particulier tend à montrer le rôle des expositions cumulées. » De plus, ajoute l'association, l'article en question a été rédigé et soumis à la revue alors que M. Boffetta avait été recruté comme expert-témoin par la société Montefibre, pour défendre la direction de son usine de Verbania (Italie) contre des poursuites pénales pour négligences, ayant conduit à la mort d'une douzaine de travailleurs exposés à l'amiante. Or, relève l'Andeva, non seulement l'article publié épouse la ligne de défense de l'entreprise textile, mais M. Boffetta a déclaré ne pas être en conflit d'intérêt.

L'affaire n'est plus strictement française. Début janvier, une dizaine de médecins ou chercheurs spécialistes de la santé au travail (canadiens, allemand et français) ont adressé une plainte au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée de collecter les résultats de la recherche sur le cancer. Un autre article sur les dégâts de l'amiante, cosigné par des membres du CIRC et M. Boffetta et publié en 2012 dans une autre revue, omettait également de préciser les liens d'intérêts du chercheur italien.

Chercheur prestigieux, M. Boffetta dispose aussi de soutiens parmi des épidémiologistes français peu suspects de complaisance vis-à-vis des industriels. Désirant ne pas être cités, beaucoup insistent sur son envergure scientifique et sur le fait que l'intéressé a déjà aussi assisté en justice des associations de victimes.

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31 janvier 2014 :

Dans un entrefilet du Monde daté du 31 janvier 2014, on apprend que la candidature contestée de Paolo Boffetta a été retirée.

Curieusement, seul une information en langue anglaise en fait état :

News text :

Jan 31, 2014

A 15-line tidbit in today’s Le Monde draws the line under the controversial candidacy of Paolo Boffetta as head of one of France's leading health institutions: the Centre for Research in Epidemiology and Population Health (CESP). The news item states that the industry-linked scientist withdrew his candidacy in a letter sent to the heads of CESP on January 28. Boffetta’s links to industry had been exposed in Le Monde and his candidacy had been denounced by asbestos victims and international scientists. See Le Monde: Epidémiologie: retrait d’une candidature contestée (Epidemiology: retraction of contested candidature).

 

International Ban Asbestos Secretariat (IBAS) - Voice of the global ...

www.ibasecretariat.org/
See Le Monde: Epidémiologieretrait d'une candidature contestée ( Epidemiology: retraction of contested candidature). Jan 31, 2014. Yesterday ( January 30 ...

18/12/2013

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" : un exemple

les surlignages sont de moi 

lu sur :

www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/16/les-troubles...

 

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LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.12.2013 à 17h01 • Mis à jour le 17.12.2013 à 07h23 |Par Stéphane Foucart

Paolo Boffetta, 55 ans, est une sommité ; il est l'un des épidémiologistes les plus prolifiques et les plus influents de sa génération. Professeur associé à l'université de New York après un long passage au Centre international de recherche sur lecancer (CIRC), il est l'auteur de près d'un millier de publications et a le profil idéal pour être le prochain directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, Inserm-université Paris-Sud). Le poste est d'ailleurs àprendre, et M. Boffetta est désormais seul en lice.

Les choses ne sont pourtant pas si simples. Car son arrivée, prévue pour début 2015 à la tête du CESP, ouvre une âpre polémique au sein de la communauté concernée. Ses partisans mettent en avant son envergure scientifique ; ses détracteurs le décrivent comme un mercenaire qui, depuis quelques années, enchaîne les missions de consultance pour des industries polluantes. Dans la littérature scientifique ou dans les prétoires, accusent-ils, M. Boffetta relativise ou conteste des risques liés à leurs activités ou leurs produits – quand bien même ces risques font l'objet de larges consensus.

« Lorsque Paolo Boffetta était au CIRC, il endossait des conclusions sur la nocivité de certaines substances, mais il les conteste depuis qu'il travaille pour l'industrie, dit l'épidémiologiste Paolo Vineis, professeur à l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni).C'est très clair dans le cas de la dioxine, mais c'est également le cas pour d'autres substances. » Pour établir le niveau de cancérogénicité d'une substance, le CIRC réunit des dizaines de scientifiques du monde académique, choisis en fonction de leur autorité et de leur absence de conflits d'intérêts. La classification du CIRC – entre cancérogènes avérés, « probables » et « possibles » – jouit du plus haut niveau de consensus.

DIOXINE

En 1997, le CIRC classait la dioxine TCDD comme cancérogène. En 2011, sur commande d'une fondation du syndicat des industriels américains de la chimie (l'American Chemistry Council), M. Boffetta publiait dans Critical Reviews in Toxicology une synthèse affirmant que les « récentes preuves épidémiologiques échouent à démontrer de manière conclusive un lien entre l'exposition au TCDD et le cancer chez les humains ». M. Boffetta assure ne pas s'être contredit, dans la mesure où le personnel du CIRC, dont il faisait partie en 1997, ne participe pas directement aux évaluations scientifiques.

Il y a d'autres exemples. En 2011, sur cofinancement de Frito-Lay, une filiale de Pepsi, il relativise les risques posés par l'acrylamide (un sous-produit des cuissons à haute température), cancérogène selon le CIRC. L'année suivante, il signe une autre review, financée par Materion Brush, selon laquelle « les preuves disponibles ne soutiennent pas un lien causal entre l'exposition professionnelle au béryllium et le risque de cancer ». Le béryllium (auquel de nombreux ouvriers sont exposés) est pourtant, lui aussi, un cancérogène avéré.

La même année, sur commande de l'American Chemistry Council, il publie une synthèse de littérature ne trouvant aucun lien entre leucémie et exposition au formaldéhyde, par ailleurs cancérogène avéré selon le CIRC. A des degrés divers, ce schéma se répète pour le styrène (composé entrant dans la composition de certains plastiques) et l'atrazine (un herbicide interdit en Europe) : des synthèses de littérature financées par les industriels intéressés sont cosignées par Paolo Boffetta dans les revues internationales, concluant de manière favorable.

EMANATIONS DIESEL

« Il est souvent précisé que ces travaux sont financés par un unrestricted grant, ce qui signifie que l'auteur n'est pas tenu de soumettre ses résultats au commanditaire, dit un épidémiologiste français qui, comme la grande majorité des chercheurs interrogés par Le Monde, a requis l'anonymat. Mais là, c'est un système : à chaque fois, les conclusions sont favorables à l'industriel qui paie. Donc si je suis un gros pollueur et que je veux un papier publié dans la littérature scientifique qui dédouane mes activités, je sais à qui m'adresser. »

L'article qui a soulevé le plus de ressentiment est celui publié en ligne en juin 2012 dansCritical Reviews in Toxicology, sur les émanations des moteurs diesel. Le papier du chercheur italien conclut que « le poids de l'évidence est inadéquat pour confirmerl'hypothèse d'un lien entre diesel et cancer du poumon ». Selon sa déclaration d'intérêts, l'épidémiologiste a travaillé sur cet article comme « consultant pour le Mining Awareness Resource Group [MARG] ».

Le MARG est une coalition de géants miniers peu réputée pour son attachement à la science. En février 2012, The Lancet révélait que les avocats du MARG avaient adressé à plusieurs revues – dont The Lancet – une lettre les menaçant de « conséquences » si elles publiaient les résultats d'une grande étude épidémiologique américaine (dite DEMS) évaluant les effets sanitaires du diesel sur les mineurs. Ces derniers, qui travaillent dans une atmosphère confinée aux côtés de machines tournant au gasoil, sont parmi la main-d'œuvre la plus exposée… et la plus susceptible de se retourner contre son employeur en cas de maladie.

« CONSULTANT PAYÉ »

Selon The Lancet, le MARG tentait de bloquer la publication de ces travaux afin qu'ils ne puissent pas être pris en compte par le CIRC, qui mettait alors à jour son avis sur le diesel. En mars 2012, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) passait outre les menaces du MARG et publiait les résultats de l'étude DEMS. Quelques semaines plus tard, la revue recevait une critique de l'étude en question, signée de Paolo Boffetta, agissant selon sa déclaration d'intérêts comme « consultant payé par Navistar » – un transporteur routier américain dont les salariés sont, comme les mineurs, exposés aux émanations du diesel…

Mi-juin 2012, le CIRC classait finalement les émanations du diesel comme cancérogènes mais, quelques jours auparavant, était publiée la fameuse synthèse de littérature commanditée par le MARG et signée par M. Boffetta, mettant en doute le lien entre diesel et cancer du poumon… « Ce travail semble avoir été spécifiquement écrit pour influencer ou pour disputer les conclusions du CIRC », dit Neil Pearce, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (Royaume-Uni) et past president de l'International Epidemiological Association (IEA). Pour Paolo Vineis, l'activité de M. Boffetta s'inscrivait à l'évidence dans une stratégie plus large d'industriels visant à affaiblir l'avis du CIRC. L'intéressé répond que ce dernier n'est pas, stricto sensu, mentionné dans son article, dont il ne maîtrisait pas la date de publication.

« PARTIE ÉMERGÉE DE L'ICEBERG »

« Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, dit M. Vineis. Tout cela se produit dans un contexte où l'industrie essaie, dans plusieurs domaines, de contester des résultats solides en créant de la confusion, en soutenant par exemple l'idée que l'épidémiologie est une science faible en laquelle nous ne devrions pas avoir confiance. » Depuis fin novembre, l'ébauche d'un article collectif circule dans la communauté épidémiologique pour réfuter cette idée. Avec, comme cible de l'article, plusieurs publications récentes de M. Boffetta. Au dernier pointage, Neil Pearce, l'un des principaux auteurs, comptait « environ quatre-vingts signataires, parmi lesquels des personnalités éminentes de l'épidémiologie ».

A l'Inserm, cotutelle du CESP, on se dit « très surpris » de cette levée de boucliers. « La candidature de Paolo Boffetta a été examinée par un comité scientifique international, dans le cadre d'un appel à candidatures lui-même international, lancé conjointement par l'université Paris-Sud et nous-mêmes, dit Jean-Paul Moatti, directeur de la santé publique à l'Inserm. Toutes les équipes qui s'inscrivent dans le projet de renouvellement du CESP se sont engagées aux côtés de Paolo Boffetta. La procédure suit son cours normalement, en respectant les avis émis par les scientifiques, notamment par le Conseil scientifique consultatif du centre qui compte des experts européens de haut niveau. » Cependant, d'autres équipes, aujourd'hui intégrées au CESP, quitteront le centre à l'arrivée de M. Boffetta, dans un contexte de désaccords violents et d'oppositions personnelles.

L'affaire divise bien au-delà des écoles de pensée. Des chercheurs peu suspects de complaisance vis-à-vis de l'industrie soutiennent ainsi l'épidémiologiste italien, rappelant qu'il s'est engagé à cesser ses collaborations privées. D'autres estiment, en France et à l'étranger, que les liens noués par M. Boffetta avec les gros pollueurs sont trop étroits pour que l'indépendance du CESP n'en pâtisse pas. « C'est un gâchis immense, car Paolo est un chercheur magnifique, dit un de ses détracteurs. Bien sûr, il a le droit de faire ce qu'il fait. Et nous, nous avons le droit de ne plus lui faire confiance. »

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Amiante : une curieuse expertise :

Résumé d'un article cosigné par Paolo Boffetta et accepté en un temps record par la revue "European Journal of Cancer Prevention" en 2011.

 

29/05/2013

Politique européenne ? Rien à espérer d'une Europe "à 27"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/28/le-commissaire-europeen-la-chine-et-les-bisounours_3419503_3232.html

Le commissaire européen, la Chine et les Bisounours

LE MONDE | 28.05.2013 à 11h04 • Mis à jour le 28.05.2013 à 15h10

Editorial du "Monde"

Edito du "Monde".

La Chine défie l'Union européenne. Elle est en train de tester la capacité des 27 à maintenir la seule vraie politique commune existante : la politique commerciale. En tant qu'entité singulière sur la scène internationale, l'Europe n'existe qu'à un titre – le commerce. Les Européens vont-ils, là aussi, baisser les bras ?

L'enjeu est important. L'épreuve se joue dans un domaine qui touche aux industries de l'avenir : le photovoltaïque. Le commissaire européen au commerce, le Belge Karel De Gucht, soupçonne les industriels chinois du secteur de dumping massif. Il veut introduire d'ici au 5 juin un droit de douane provisoire de 47 % en moyenne sur les panneaux solaires chinois. Il entend défendre les fabricants européens du secteur. Quelque 25 000 emplois seraient menacés par les pratiques commerciales déloyales de leurs concurrents chinois.

M. De Gucht est un homme brave. Son dossier est solide. Juriste de profession, le commissaire ne fait que mettre ses pas dans ceux des Américains. Lassés d'affronter des concurrents subventionnés, les Etats-Unis ont instauré au printemps 2012 une taxe de 31 % à 250 % sur les panneaux solaires chinois importés.

Le dossier n'est pas si simple qu'il y paraît. En Europe, l'industrie du panneau solaire est déjà largement déclinante. Ceux qui ont la main haute sont les firmes européennes qui installent les dispositifs solaires. Elles ont intérêt à disposer de panneaux à bas prix – comprendre : chinois...

Cela explique en partie l'opposition de quelque 17 membres de l'UE à l'offensive de M. De Gucht. Ils sont conduits par l'Allemagne, dont la Chine est le troisième partenaire commercial. Une Allemagne qui réalise près des deux tiers de son excédent commercial hors d'Europe, notamment en Asie, et particulièrement en Chine.

Berlin ne veut pas de guerre commerciale avec Pékin, à aucun prix : les exportateurs d'outre-Rhin ont peur de perdre le marché chinois. Pour eux, ce marché-là compte plus que l'unité des Européens. Et, recevant son homologue chinois, Li Keqiang, la chancelière Angela Merkel a rejeté cette semaine le projet de taxation de la Commission de Bruxelles et proposé une négociation avec Pékin.

Certains des arguments des Européens qui s'opposent à l'initiative de M. De Gucht sont sans doute recevables. Mais leur méthode est absurde et contre-productive. De ce point de vue, l'exemple donné par Mme Merkel est catastrophique. Car les Chinois n'aiment rien tant que voir les "Barbares" en ordre dispersé. Dans les relations commerciales comme ailleurs, la Chine sait exploiter la désunion des Européens. Elle a les moyens de faire pression sur l'Allemagne pour que Berlin entraîne ensuite le reste l'Union.

La bonne stratégie eût été, pour l'ensemble des Européens, de coller publiquement à l'initiative de M. De Gucht pour arriver en position de force à une négociation avec la Chine. Bref, de faire comme les Etats-Unis, et pas, une fois de plus, comme les Bisounours du commerce international.

Editorial du "Monde"

17/05/2013

Amiante : pas de responsables, pas de coupables

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/amiante-martine-aubry-fixee-sur-son-sort-17-05-2013-1668862_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130517

Le Point.fr - Publié le 17/05/2013 à 06:49 - Modifié le 17/05/2013 à 10:10

L'Association nationale des victimes de l'amiante va se pourvoir en cassation contre la décision de la cour d'appel. 

L'association nationale des victimes de l'amiante (Andeva) va se pourvoir en cassation contre l'annulation de la mise en examen de Martine Aubry et huit autres personnes dans une des enquêtes sur le drame sanitaire de l'amiante, ont annoncé vendredi ses représentants. L'Andeva estime que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris est "disqualifiée", car son arrêt "glorifie" l'action du Comité permanent amiante (CPA), considéré par les victimes comme le lobby des industriels de l'amiante, a dit François Desriaux, l'un de ses représentants.

 
 

La cour d'appel de Paris a annulé vendredi la mise en examen pour "homicides et blessures involontaires" de Martine Aubry dans une des enquêtes sur le drame sanitaire de l'amiante, a annoncé après l'audience Me Michel Ledoux, avocat de l'Andeva. Les mises en examen de huit autres personnes poursuivies dans cette instruction sur l'exposition à l'amiante des salariés de l'usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau (Calvados) ont également été annulées, a-t-il précisé. On ignorait dans l'immédiat les motivations de la cour d'appel.

L'ex-patronne du PS avait été mise en examen en novembre pour son rôle entre 1984 et 1987 au ministère du Travail, dont elle était la directrice des relations du travail (DRT). Dans cette instruction, la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy s'est intéressée en particulier à la réponse des pouvoirs publics face au scandale de l'amiante et à l'influence du Comité permanent amiante (CPA), lobby des industriels qui aurait efficacement défendu "l'usage contrôlé" de cette substance pour retarder au maximum son interdiction, finalement intervenue en 1997.

"Tromper l'opinion publique"

Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui a depuis quitté ses fonctions, avait estimé que Martine Aubry n'avait pas pris les mesures à même d'éviter les conséquences dramatiques de l'exposition des travailleurs à l'amiante, ce que l'ex-patronne du PS conteste avec force. Plusieurs responsables de l'Association nationale des victimes de l'amiante - soutien pourtant quasi indéfectible de la juge Bertella - se sont montrés sceptiques quant au bien-fondé juridique des poursuites visant Martine Aubry.

Partie civile dans l'enquête, l'association n'a, en revanche, aucun doute en ce qui concerne la responsabilité des autres mis en examen, en particulier les fonctionnaires et scientifiques qui, en s'impliquant dans le CPA, auraient contribué, selon elle, à "tromper l'opinion publique et les décideurs sur la réalité des dangers" de l'amiante. Neuf des dix-sept personnes mises en examen dans ce dossier avaient demandé l'annulation de ces poursuites. Ces requêtes ont été examinées fin février par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.

23/10/2012

France: corruption et contrats

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/23/lutte-anticorruption-l-ocde-accable-la-france_1779591_3234.html

Lutte anticorruption : l'OCDE accable la France

LE MONDE | 23.10.2012 à 11h11 • Mis à jour le 23.10.2012 à 11h17

Par Denis Cosnard

 

"Frilosité", "immobilisme", "faible réactivité", "moyens insuffisants"... C'est un rapport accablant pour la France qu'a publié, mardi 23 octobre, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à propos de la lutte contre la corruption internationale.

Huit ans après une première mise en garde, l'organisation internationale estime que, malgré des avancées, la France n'agit toujours pas efficacement pour empêcher ses entreprises de payer des pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers afin de remporter des contrats. La législation est là, les règles internationales ont été transcrites en droit français. Mais cet arsenal reste incomplet, et très peu appliqué.

Un constat sévère qui pourrait amener la France à prendre enfin des mesures."En matière de lutte anticorruption, l'OCDE est l'acteur-clé, avec la Banque mondiale, explique l'avocat Vincent Béglé, du cabinet Norton Rose. Les Etats en ont peur et, en général, quand ils sont montrés du doigt, ils agissent."

C'est ce qui s'est produit au Royaume-Uni. Vertement critiqué en 2008, "Londres a, depuis, mis en place le dispositif le plus sévère au monde", relève M. Béglé. Un délit de défaut de prévention de la corruption par les entreprises a notamment été instauré.

33 PROCÉDURE, CINQ CONDAMNATIONS

La France, elle, n'est pas allée jusque-là. Surtout, elle ne met guère en pratique la législation qui existe déjà. Depuis l'adhésion de Paris à la convention de l'OCDE sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers en 2000, seules 33 procédures ont été initiées, et cinq condamnations prononcées, indique le rapport.

Des chiffres très faibles pour un pays dont l'industrie est particulièrement présente dans des secteurs à risque comme l'armement, le BTP ou l'énergie. D'autant que les rares condamnations en cause concernent presque uniquement des PME et des affaires mineures, avec des pots-de-vin limités à 100 000 ou 200 000 euros, et qu'elles visent des chefs d'entreprise, et non les entreprises elles-mêmes.

Le rapport provisoire de l'OCDE, qui avait fait l'objet de fuites dans la presse il y a quelques mois, était encore plus virulent sur ce point. Mais "un mois et demi avant l'adoption de ce rapport, une première condamnation d'une personne morale est intervenue", se réjouissent ses auteurs.

LE RÔLE DES PROCUREURS POINTÉ

Le 5 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Safran à 500 000 euros d'amende pour corruption active d'agents publics étrangers. Les juges reprochent au groupe tricolore d'avoir avalisé le versement de pots-de-vin en marge d'un contrat de 171 millions d'euros décroché au Nigeria pour fabriquer des cartes d'identité. Safran a fait appel.

"Quatre ou cinq condamnations en douze ans, c'est la preuve que le système est peu efficace, confirme Daniel Lebègue, qui préside l'association TransparencyInternational en France. Notre pays est bon élève quand il s'agit d'adopter des lois. Ce qui manque, c'est le passage aux actes, faute de volonté politique."

Le rapport de l'OCDE ne dit pas autre chose. Il montre qu'à chaque étape de la chaîne qui mène jusqu'au procès, les réticences sont fortes pour agir. L'un des problèmes- clés réside dans le manque d'indépendance des procureurs vis-à-vis du ministre de la justice et du pouvoir politique.

Or "le parquet dispose du pouvoir de bloquer le déclenchement des poursuites en matière de corruption d'agent public étranger", souligne le rapport. Ses experts ont recensé 38 affaires qui n'ont "même pas donné lieu à l'ouverture d'une enquêtepréliminaire", alors que des sociétés françaises étaient citées.

UNE SÉRIE DE PROCÉDURES À L'ÉTRANGER

Le rapport évoque en particulier le cas d'Alstom, cible d'une série de procédures à l'étranger, et qui n'a fait l'objet que de deux informations judiciaires dans l'Hexagone, lesquelles ont abouti à des non-lieux. Une situation qui "laisse interrogateur sur le degré d'investissement des autorités de poursuite françaises",commente l'OCDE.

Mais même quand des poursuites sont engagées, elles se heurtent à de nombreux freins. Le droit est jugé trop restrictif : pour sanctionner, il faut prouverl'intervention directe du fonctionnaire et l'existence d'un "pacte de corruption".

Ce qui incite les magistrats à prendre les faits plutôt sous l'angle de l'abus de biensocial, plus facile à démontrer. Autres problèmes : le manque de moyens de plus en plus criant des magistrats et le fait que les peines maximales restent souvent dérisoires.

Le rapport incite donc la France à revoir son dispositif anticorruption. Un peu en musclant ses textes. Beaucoup en s'assurant de leur application. L'OCDE pousse, par exemple, la justice à confisquer les pots-de-vin, ce qu'elle n'a jusqu'ici jamais fait alors qu'elle en a le droit depuis peu.

La France a désormais un an pour répondre par oral à ces critiques, et deux ans pour prendre par écrit des engagements précis.

Denis Cosnard

 
Transiger en justice, une piste pour plus d'efficacité
 

La justice doit-elle négocier avec les sociétés soupçonnées d'avoir versé des pots-de-vin, et abandonner les poursuites en échange du paiement de pénalités et d'engagements sur la mise en place d'un plan anticorruption? C'est ce qui se pratique dans de nombreux pays, et ce que réclament pour la France certains professionnels dans un souci d'efficacité. Cela "pourrait permettre une augmentation du taux de répression du chef de corruption d'agent public étranger", reconnaît l'OCDE. Mais elle demande d'abord, "de toute urgence", de s'assurer que "le rôle central joué par le parquet dans la procédure s'exerce dans une totale indépendance".

lire aussi sur ce blog la note :

Renouveler la Démocratie...

13/09/2012

Argent, pouvoir et nucléaire

communiqué:

 Atomes crochus : Argent, pouvoir et nucléaire

L’énergie nucléaire est-elle vraiment bon marché ? Qui a mis en place la politique atomique de la France et sur quels réseaux s’appuie-t-elle ?

Les samedi 3 et dimanche 4 novembre prochains auront lieu à Clermont-Ferrand les journées d’études du Réseau "Sortir du nucléaire", gratuites et ouvertes à tous. Leur thème : "Argent, pouvoir et nucléaire".

Un journal de 16 pages "Atomes crochus" donne de multiples informations pour peser sur l’enjeu de cette thématique et ouvrir le débat.

Vous pouvez télécharger ce journal et le commander en nombre en cliquant sur le lien suivant : http://boutique.sortirdunucleaire.org/product_info.php?products_id=274

Par ailleurs, vous trouverez sur le site des journées d’études toutes les informations utiles (programme, infos pratiques...) : http://leliencommun.org/journeesdetudes
Le site regroupe de nombreux documents et ne demande qu’à s’enrichir de vos contributions.

Informez-vous et réservez dès à présent les dates du week-end des 3 et 4 novembre.

Salutations antinucléaires,

L’équipe d’organisation des journées d’études 2012 du Réseau "Sortir du nucléaire"
Contact mail : journees-etudes@sortirdunucleaire.fr

12/04/2011

France : TOTAL, 10 milliards de bénéfices non imposables !

lu sur :

http://www.usinenouvelle.com/article/total-ne-paie-toujours-pas-d-impot-sur-les-societes.N149641

Total ne paie (toujours) pas d'impôt sur les sociétés - Energie

Le 06 avril 2011 par Ana Lutzky

Alors qu'il dégage les plus importants bénéfices du CAC 40 (10 milliards d'euros), le groupe ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France. C’est ce que montre un bilan établi par les pouvoirs publics, qui se penchent sur une niche fiscale bénéficiant à 5 grands groupes en France.

Total est en train de renégocier avec Bercy la possibilité de réduire à nouveau (voire annuler) son impôt sur les sociétés. Comment? Par le mécanisme du bénéfice mondial consolidé. Il n’y a pas grand intérêt à l’heure actuelle : ce mécanisme n'est intéressant que si le groupe peut réduire l'impôt dû en France par la prise en compte de déficits à l'étranger. Or cela fait trois ans que Total ne fait pas de bénéfice dans l'Hexagone. Mais l'espoir de renouer, à terme, avec les bénéfices en France l'incite à renouveler l'opération, indique le quotidien Les Echos

Cette niche fiscale profite à seulement 5 entreprises (dont Total, Vivendi, NRJ et Euro Media Group), pour un coût officiel de 460 millions d'euros.

Une fois le feu vert de François Baroin obtenu, le groupe pourra donc continuer d'additionner le résultat de ses filiales dans le monde pour éventuellement réduire son impôt en France, et ce jusqu'en 2013.

« A un moment où les ménages subissent de plein fouet la hausse des prix, il n'est pas très raisonnable de renouveler ce régime de faveur pour trois ans supplémentaires », estime Jérôme Cahuzac, président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée.
Outre qu'il paie 800 millions de taxes en France (taxe foncière, taxe professionnelle, etc.), le groupe pétrolier se défend en indiquant que ses filiales françaises ont perdu 16 millions d'euros l'an dernier, mentionnent les Echos.
  

09/04/2011

Fukushima, Tchernobyl : « L'OMS répète les chiffres de l'AIEA »

lu sur :

http://www.rue89.com/2011/04/06/fukushima-tchernobyl-loms...

Un ancien de l'Organisation mondiale de la santé dénonce des liens malsains avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Dr. Michel Fernex (Yann Forget/Wikimedia Commons).

Ancien président de l'association Enfants de Tchernobyl-Bélarus, aujourd'hui professeur émérite à l'université de Bâle, Michel Fernex relève, lors de l'accident de Tchernobyl comme actuellement à Fukushima : une « étrange absence » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (*).

Médecin tropicaliste à l'OMS, il mène une carrière paisible nourrie d'idéaux, jusqu'à ce qu'il découvre fortuitement l'accord qui lie son institution à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)(**) : en 1995, il participe à un congrès sur les conséquences de Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki. Les actes ne sont pas publiés. Pourquoi ?

Son enquête commence au sein de l'OMS. Finalement, un ancien directeur général de l'agence de santé lui confiera que c'est l'AIEA qui a bloqué la publication, grâce à l'accord WHA 12-40 qui lie les deux institutions. Un accord inacceptable d'après lui, puisque l'OMS a pour but la santé publique dans le monde, et l'AIEA le développement du nucléaire civil.

Rue89 : Comment est né l'accord entre l'OMS et l'AIEA de 1959, dit WHA 12-40 ?

Michel Fernex : En 1956, l'OMS a posé la question suivante à des généticiens :

« Quels sont les effets génétiques des radiations chez l'homme, puisque l'industrie nucléaire se développe et que des radiations vont toucher de plus en plus d'humains ? »

Le groupe de travail comportait un prix Nobel de génétique et d'autres grands noms. Les conclusions du rapport étaient que cette industrie va accroître le rayonnement et, de ce fait, augmenter aussi les mutations dans la population. Et elles seront nuisibles pour l'individu et pour ses descendants.

Cet avertissement a beaucoup inquiété l'ONU, qui a créé l'Agence internationale de l'énergie atomique en 1957, soit seulement un an plus tard. L'AIEA a, selon ses statuts, comme objet principal :

« D'accélérer et d'accroitre la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. »

Traduction : c'est une agence de promotion du nucléaire commercial.

Les choses se sont gâtées lorsque l'AIEA a conclu avec toutes les agences subalternes des accords. L'existence de ces derniers est normale, mais l'accord avec l'OMS a des particularités.

L'une d'entre elles est d'exiger la confidentialité dans certains domaines, sans préciser lesquels. Ce qui est tout à fait contraire à la Constitution de l'OMS. Car l'opinion publique ne doit pas subir de secret sous prétexte que le nucléaire est dangereux.

Un autre point de l'accord indique que les deux agences doivent être d'accord pour tout projet qui concerne un intérêt commun. Illustration au moment de Tchernobyl. (Ecouter le son)

 

 

Vous voyez des ressemblances entre le comportement de l'OMS lors de la catastrophe de Tchernobyl et aujourd'hui avec Fukushima ?

J'y vois une même absence, une étrange absence. Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l'OMS n'en a pas fait. L'OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l'AIEA.

Actuellement, si vous allez au Japon et que vous cherchez l'OMS, vous ne la trouverez pas. Ils ne sont pas là. L'AIEA est là depuis le départ. C'est l'effacement total de l'OMS face à un nouvel accident nucléaire.

Et ils vous diront qu'il y a eu 40, 50, 5 000 ou 500 000 malades. Cela dépendra des chiffres que fournira l'AIEA.

Vous voulez dire que l'on « décide » d'un nombre de morts ou de malades ?

C'est ce qui s'est passé pour Tchernobyl… Je suis allé au forum de l'OMS en 2004 à Genève, un représentant de l'AIEA présidait le forum pendant trois jours.

Dans son introduction, il nous a expliqué que nous allions décider s'il y a eu plutôt 400 000 ou 40 décès dus à Tchernobyl. Et nous avons, au bout de trois jours, fini à 38 décès. Comment ? Je vais vous montrer comment on supprime un sujet…

Les scientifiques ont exclu la pédiatrie du débat, car une pédiatre interrogée à brûle-pourpoint n'a su que répondre. (Ecouter le son)

 

 

Votre expérience de terrain, auprès des enfants en Biélorussie, dément l'affirmation de l'OMS selon laquelle les radiations se dispersent très vite dans l'atmosphère. Expliquez-nous ce que vous avez trouvé.

De génération en génération, on trouve de plus en plus de mutations génétiques. On a constaté dans des zones contaminées de l'apathie, des leucémies, des malformations cardiaques, des cas de vieillissement prématuré, mais aussi une augmentation du diabète de type 1, sans facteur héréditaire et ce de plus en plus tôt, chez des enfants toujours plus jeunes, parfois même chez les nourrissons. Et mille autres choses encore…

Les radionucléides stockés dans le sol contaminent les aliments, surtout les arbres. Or, les gens prennent librement du bois dans les forêts. Ce bois chauffe la maison et alimente le poêle de la cuisine. La pièce la plus chargée en radioactivité est donc souvent la cuisine. On place ensuite les cendres dans un seau et elles servent d'engrais. La contamination du potager est donc entretenue et peut-être même amplifiée.

Ces phénomènes ne s'atténuent pas avec le temps, bien au contraire.

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(*)   Organisation mondiale de la santé - Wikipédia

(**) Agence internationale de l'énergie atomique - Wikipédia

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A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

24/02/2011

Des experts demandent une évaluation des micro-plastiques dans l’océan

lu sur :

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2706_micro-plastiques_oceans.php

15 février 2011, 10 h 08

 

Des experts réunis en atelier ont recommandé qu'une évaluation mondiale soit faite des micro-plastiques qui jonchent les océans afin d'éclairer les décideurs sur les moyens de les maîtriser. Alors même qu'il prend des proportions de plus en plus grandes, ce problème est mal compris.

Accueilli conjointement par la COI de l'UNESCO et le GESAMP(1) au siège de l'UNESCO à Paris, du 28 au 30 juin 2010, l'atelier a fait état des enquêtes régionales et d'un volume grandissant d'articles scientifiques qui s'accordent à confirmer que nous ne faisons qu'empiler les problèmes à résoudre dans l'avenir.

Les micro-plastiques s'accumulent dans les régions du monde qui connaissent un développement accéléré et n'ont pas de tradition de gestion des déchets solides. La quantité et le type de plastiques qui se déversent dans l'océan sont, en outre, des notions sur lesquelles les informations sont très insuffisantes, notamment au sein des gouvernements, des municipalités, de l'industrie du plastique et des multinationales de détaillants. Le fait que les déchets plastiques provoquent des dommages physiques aux mammifères marins, aux poissons et aux invertébrés est bien établi : la mort d'animaux empêtrés, asphyxiés ou le blocage de leurs organes sont très courants.

Les micro-plastiques sont de petits fragments de plastique produits par la détérioration structurelle et la désintégration d'objets en plastique, tels qu'emballages et pellicules plastiques, vêtements, brosses à dents et rasoirs, ainsi que matériaux de construction et matériel de pêche perdu ou abandonné. Les microplastiques peuvent aussi aboutir directement dans l'océan sous forme de ces granules de résine plastique qui interviennent dans la fabrication des plastiques ou sont fabriquées à dessin comme abrasifs de sablage ou encore comme exfoliants cosmétiques pour le visage. On en a déjà trouvé dans quasiment tous les milieux côtiers et marins.

La production mondiale de plastique augmente en moyenne de 9 % par an. Elle a plafonné à 245 millions de tonnes en 2008 avant de retomber brièvement à 230 millions de tonnes en 2009. Au fur et à mesure que l'économie mondiale se relève, cette production reprend son essor.

Les scientifiques s'inquiètent tout particulièrement pour les micro-plastiques, car ils sont digestes et concentrent des contaminants toxiques qui pourraient s'accumuler dans le corps sans pouvoir être éliminés. Ce sont notamment les biphényles polychlorés, le dichlorodiphényltrichloroéthane – pesticidesynthétique connu sous le sigle de DDT – et les éthers diphényles polybromés, utilisés comme retardateurs de flamme. L'impact de cette contamination sur les grands mammifères marins, les requins et les êtres humains, qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire, est très peu connu. Le plastique peut prendre aussi bien des décennies que des siècles à se fragmenter. Et surtout, au lieu de disparaître, il est plus probable qu'il finisse par s'incruster dans les sédiments et autres surfaces. Même l'arrivée sur le marché de plastiques biodégradables ou biosourcés devrait avoir des effets limités, car les conditions requises pour dégrader ces « plastiques intelligents » ne sont tout simplement pas disponibles, ni sur la terre ni en mer. Savoir comment ils se dispersent et ce qu'il advient d'eux une fois qu'ils ont pénétré dans l'océan, c'est une recherche qui ne fait que commencer à l'heure actuelle.

Notes

Cette évaluation pluridisciplinaire serait dirigée par le Groupe mixte d'experts chargé d'étudier les aspects scientifiques de la protection de l'environnement marin (GESAMP)3, en collaboration avec les agences techniques des Nations unies chargées de la gouvernance de l'océan, les autorités régionales et nationales, les OIG et les ONG. Dans l'idéal, l'étude serait effectuée en 2013, à temps pour le premier round du Processus régulier des Assemblées générales des Nations unies pour l'évaluation du milieu marin.

  1. Le GESAMP a pour mission de conseiller, sur toute nouvelle question liée à l'état de l'environnement, les agences qui le parrainent : OMI, FAO, UNESCO, ONUDI, OMM, AIEA, PNUE et PNUD.

Auteur

Planète science - UNESCO

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


28/01/2011

Les firmes les plus irresponsables de l'année 2010

lu sur :

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/01/28/neste-oil-elue-entreprise-la-plus-irresponsable-de-lannee/
Vendredi 28 janvier 2011

Neste Oil élue entreprise la plus irresponsable de l’année

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C’est le genre de distinctions que les entreprises ne souhaitent pas se voir décerner. Depuis dix ans, en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, lesPublic Eye Awards récompensent les firmes les plus irresponsables tant sur le plan écologique que social. Cette année, c’est la compagnie pétrolière finlandaise Neste Oil qui s’est vu remettre, vendredi, le prix de la honte du public, le People’s Award, octroyé par le vote de plus de 53 000 internautes. Le prix du jury, le Global Award, a, quant à lui, été remis à l’entreprise minière sud-africaine AngloGold Ashanti, après le vote de six experts de Greenpeace et de la Déclaration de Berne, les deux ONG coordinatrices de ce “contre-sommet critique”. Présentation de cet anti-classement de six entreprises.


La lauréate, c’est donc Neste Oil, une compagnie pétrolière bien plus discrète que les majors du secteur, que sont ExxonMobil, Shell, ConocoPhillips, Total ou la désormais célébrissime BP. Avec 17 000 votes, l’entreprise finlandaise a donc accompli l’exploit de ravir la première place du prix du public à sa concurrente britannique, à l’origine de la pire catastrophe naturelle de l’histoire des Etats-Unis.

C’est que Neste Oil a du potentiel. L’entreprise est en effet à l’origine d’une marée noire d’un autre genre, celle que provoque une déforestation galopante qui brûle chaque jour davantage de forêts tropicales primaires. Car, avec 2,5 millions de tonnes d’huile de palme consommées, la compagnie devrait devenir, l’an prochain, le principal producteur d’agrocarburants du monde, avec son produit phare, le Neste Green diesel. Une appellation trompeuse puisqu’il s’agit d’un diesel à base d’huile de palme.

En même temps que Neste Oil augmente sa capacité de production à Rotterdam et à Singapour, son principal fournisseur – IOI – a doublé la surface de ses plantations d’huile de palme et contribue donc activement à la déforestation. Un phénomène responsable de la destruction de l’habitat de peuples indigènes et d’espèces animales ainsi que de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Sans compter que la production de cette huile requiert des produits chimiques qui empoisonnent l’eau, la terre, la faune, la flore et les habitants.

Le deuxième bonnet d’âne du développement durable, avec 13 000 votes, revient, vous vous en doutez, à BP, que l’on ne présente plus. A son actif : 11 morts lors de l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril 2010, plus de 800 millions de litres de pétrole répandus dans le golfe du Mexique pendant quatre-vingt-sept jours et des décennies nécessaires à la régénération de la faune et de la flore environnantes.

Le stimulus nécessaire à une prise de conscience écologique ? Que nenni ! Au contraire, BP est même passée à la vitesse supérieure dans l’exploitation de pétrole à haut risque. En décembre, elle s’est ainsi lancée dans l’extraction des sables bitumineux canadiens, des résidus de pétrole présents dans les roches superficielles sous forme d’un bitume très visqueux et lourd, aggloméré avec du sable ou du schiste. Leur exploitation s’avère très coûteuse et surtout extrêmement polluante. A leur actif : destruction de forêts primaires, pollution des sols, de l’air et des nappes phréatiques, consommation considérable d’électricité, d’eau et de carburant. Au total, selon Greenpeace, de son extraction à sa consommation, ce pétrole émet cinq fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel. BP, Beyond Petroleum !

On passe maintenant dans la tranche des petits joueurs, qui n’ont pas dépassé la barre des 10 000 votes. Phillip Morris se voit crédité de 8 000 votes pour une affaire touchant à la santé publique : l’entreprise a ainsi porté plainte auprès d’une instance de la Banque mondiale contre l’Uruguay et sa loi antitabac. “Le chiffre d’affaires cumulé des multinationales du tabac est deux fois plus élevé que le PIB de l’Uruguay. Cette relative faiblesse a forcé le pays à faire une concession : une réduction de la taille des messages de prévention de 85 % à 65 % de la surface des paquets de cigarettes”, expliquent les associations organisatrices du prix.

L’Uruguay n’est toutefois pas le seul à s’être fait enfumer. Si les Public Eye Awards ne portaient pas seulement sur une mauvaise pratique en particulier mais sur le comportement de l’entreprise de manière générale, les ONG auraient pu pointer lesravages environnementaux de la culture du tabac. Chaque année, ce sont en effet plus de 200 000 hectares de forêts primaires qui partent en fumée dans les pays en développement, particulièrement en Afrique, où le rythme de la déforestation est dix fois plus important dans les régions tabacoles que sur l’ensemble du continent.

La quatrième récompense du public (6 000 votes) ainsi que le prix du jury reviennent à la compagnie minière AngloGold Ashanti, qui extrait de l’or au Ghana. Une entreprise plus regardante sur le nombre de carats de ses pépites que sur ses conséquences sur l’environnement et les conditions de travail de ses salariés. “La production de 30 kg d’or entraîne quotidiennement l’extraction, le broyage et le traitement au cyanide de près de 6 000 tonnes de roches. Les déchets miniers hautement toxiques qui en résultent sont stockés dans des lacs et polluent les fleuves et les sources d’eau potable ainsi que tous ceux qui en dépendent. De plus, le personnel de sécurité des mines s’est rendu coupable de torture et d’avoir lâché les chiens sur des personnes ’suspectes’, entraînant plusieurs décès, détaillent les ONG. Cette entreprise combine donc des mauvaises pratiques écologiques et sociales.”

En queue de peloton, deux entreprises se disputent la dernière place : Foxconn(4 700 votes) et Axpo (4 300 votes). La première, l’entreprise d’électronique taïwanaise, qui produit des composants informatiques pour Apple, Dell, HP ou encore Nintendo, est devenue célèbre pour les mauvaises conditions de travail dans ses usines, qui ont poussé 18 employés au suicide en 2010. La seconde, distributeur d’énergie suisse, se procure en toute discrétion de l’uranium auprès de l’usine de retraitement de Maïak, en Russie, l’un des endroits les plus irradiés du monde. “Les eaux usées chargées en déchets radioactifs sont directement déversées dans la rivière Tetcha ou sont stockées dans des bassins à ciel ouvert. Les taux de cancer et de fausse couche sont extraordinairement élevés au sein de la population locale, et de nombreux enfants sont lourdement handicapés”, assurent les associations.

Si dans ce genre d’anti-récompenses, comme pour les prix Pinocchio décernés par Les Amis de la Terre, l’humour et la dérision sont de mise, les organisateurs n’en sont pas moins un brin défaitistes. “Depuis dix ans que nous organisons ces prix, ce sont toujours les mêmes entreprises qui sont nommées. Elles ressentent le poids de la société civile mais n’en changent pas moins leurs pratiques”, déplore Bruno Heinzer, coordinateur des Public Eye Awards pour Greenpeace.

27/01/2011

Vers une réforme de l'AFSSAPS ?

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/3/

Mediator : vers une refonte du système


Xavier Bertrand a tiré dès ce week-end les premières conséquences du rapport de l'Igas accablant les laboratoires Servier et soulignant le silence « complaisant » de l'Afssaps, qui aurait dû agir pour obtenir le retrait du Mediator dès 1999.

Le ministre de la Santé a promis, « avant la fin de l'année », un projet de loi sur la réforme de la pharmacovigilance, et s'est engagé à ce que l'Afssaps soit désormais subventionnée directement par l'Etat, alors que son budget relevait jusque là à 80% des groupes pharmaceutiques.

Xavier Bertrand a également annoncé avoir demandé à l'Afssaps la liste de 76 médicaments sous surveillance, rapporte Le Figaro. Le quotidien révèle par ailleurs que Jacques Servier, accusé d'avoir « délibérément trompé » les consommateurs sur la nature et les propriétés du Mediator, sera cité à comparaître, le 11 février prochain, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.


Figaro [Le], 17/01/2011 - Figaro [Le], 17/01/2011 - Echos [Les], 17/01/2011 - Echos [Les], 17/01/2011 - Journal du dimanche [Le], 15/01/2011 - Monde [Le], 16/01/2011 - Aujourd'hui en France, 15/01/2011

23/12/2010

Collusion entre politique et industrie ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/23/les-liens-entre-nicolas-sarkozy-et-les-laboratoires-servier_1457170_823448.html

Les liens entre Nicolas Sarkozy et les laboratoires Servier

LEMONDE.FR | 23.12.10 | 14h33  •  Mis à jour le 23.12.10 | 14h40

Si Nicolas Sarkozy souhaite la "transparence la plus totale" dans le traitement du dossier du Mediator, comme il l'a affirmé, mercredi 22 décembre, "[il] devra peut-être opérer quelques ruptures," avance Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne. Interrogé par Le Monde.fr, ce député, qui dénonce depuis plusieurs mois la dangerosité du médicament, évoque en effet les liens entre Jacques Servier, fondateur et PDG des laboratoires Servier, qui commercialisaient le Mediator avant son interdiction, et l'avocat d'affaires que fut le chef de l'Etat.

"Il faudra être vigilant, car on connaît les liens entre M. Sarkozy et M. Servier, à qui il a remis récemment la grand-croix de la Légion d'honneur,"explique notamment M. Bapt. Le député poursuit : "Il [Nicolas Sarkozy] l'a fait rentrer [Jacques Servier] comme client dans le cabinet d'avocats dans lequel il travaillait."

SERVIER, "CLIENT HISTORIQUE" DE NICOLAS SARKOZY

Lorsqu'éclate l'affaire du Mediator, Jacques Servier déclare au Monde qu'il s'agit d'une "fabrication" contre le gouvernement. Il ne pense pas aux patients, mais au fait qu'à travers lui certains veulent nuire à Nicolas Sarkozy. Le fondateur et PDG des laboratoires connaît le président de la République depuis 1983. Le siège du laboratoire se trouve à Neuilly (Hauts-de-Seine), ville dont M. Sarkozy fut le maire.

Dans un article publié jeudi 23 décembre (ici en payant), Libération explique qu'en tant qu'avocat d'affaires, M. Sarkozy a travaillé "pour le compte de Servier, à l'époque un tout petit labo français". L'actuel président de la République devient ensuite "le conseil du laboratoire en matière de droit des sociétés et de droit de l'immobilier". Le quotidien cite un "proche du chef de l'Etat" qui qualifie Servier de "client historique" de Nicolas Sarkozy.

Des liens qui s'inscrivent dans la durée : selon Libération, à "la fin des années 90, début 2000, Jacques Servier vient consulter Sarkozy au sujet de son projet de fondation". Une fondation saluée neuf ans plus tard, lorsque Nicolas Sarkozy remet les insignes de la grand-croix de la Légion d'honneur à Jacques Servier. A cette occasion, il déclare : "Vous avez fait de votre groupe une fondation ; Raymond [Soubie, ancien conseiller de M. Sarkozy à l'Elysée] et moi, on y a joué un rôle."

Selon le porte-parole du gouvernement, l'inspection générale des affaires sociales doit rendre un rapport sur le dossier du Mediator "à la mi-janvier". Une mission parlementaire vient également d'être créée.

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sur le même sujet :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/23/le-mediator-n-est-pas-un-cas-isole_1456965_3224.html

Le Mediator n'est pas un cas isolé

Des médicaments continuent d'être présents sur le marché alors que leur intérêt médical est pour le moins faible et leurs effets indésirables parfois graves.

Le scandale du Mediator continue de prendre de l'ampleur. Le président de la République suit de près l'affaire qu'il a évoquée en conseil des ministres. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) comme les ministres de la santé successifs sont sur la sellette.

Une mission de l'Inspection générale des affaires sociales a été diligentée par Xavier Bertrand, qui est de nouveau titulaire du portefeuille de la santé, afin de tirer au clair les dysfonctionnements de l'administration dans le cas du Mediator – elle n'a pas compétence pour enquêter sur les responsabilités du laboratoire Servier – et proposer des améliorations au dispositif de pharmacovigilance.

Ces améliorations sont d'autant plus nécessaires que le Mediator n'est pas un cas isolé et que d'autres bombes à retardement sont amorcées. Des médicaments continuent d'être présents sur le marché et souvent largement prescrits, alors que leur intérêt médical est pour le moins faible et leurs effets indésirables parfois graves. Des spécialistes du médicament citent notamment le cas du méprobamate, commercialisé sous le nom d'Equanil par Sanofi Aventis.

Ils s'étonnent que ce produit, mis sous surveillance par l'Afssaps en raison des intoxications potentiellement mortelles en cas de surdosage, n'ait pas été totalement retiré du marché alors que d'autres médicaments ayant un meilleur rapport bénéfice-risque sont disponibles. "Le jour où sortira l'affaire de l'Equanil, les uns et les autres seront aussi mal à l'aise qu'avec le Mediator", prédit Jean-François Bergmann, professeur de thérapeutique à l'Assistance publique – hôpitaux de Paris.

SIGNAUX D'ALERTE

Actuellement, l'Afssaps précise que 76 médicaments font l'objet d'un suivi national de pharmacovigilance, parmi lesquels les dix figurant dans la liste de médicaments qui devraient être retirés du marché parue dans L'Express le 15 décembre, et que 58 enquêtes rétrospectives ont été menées par les centres régionaux de pharmacovigilance.

Lanceur d'alerte, la revue Prescrire a su détecter précocement des signaux d'alerte sur le Mediator, comme sur d'autres molécules, quand l'Afssaps a tardé à agir. Mais, lorsque cette dernière prend des décisions de retrait, comme en décembre 2009 avec les médicaments contenant des gels de kétoprofène, un anti-inflammatoire commercialisé sous le nom de Ketum, elle est désavouée par le Conseil d'Etat, qui a annulé la suspension de l'autorisation de mise sur le marché du produit. Il est plus difficile de retirer un médicament du marché que de l'y faire entrer.

Paul Benkimoun