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30/06/2016

France : abandon des trains de nuit ; tant pis pour les économies d'énergie (le saviez-vous?)

Mais les transports ferroviaires de nuit continuent en Grande-Bretagne.lu sur un journal britannique :

France waves goodbye to sleeper trains | Travel | The Guardian

www.theguardian.com › Travel › Rail travel

Traduire cette page

SNCF blames the demise of night trains on high costs as it announces plans to end services from Paris


Isabel Choat

Tuesday 10 May 2016 06.30 BST


France is set to say au revoir to the couchette, as the country’s department of transport prepares to withdraw overnight train routes from Paris.

The French government, which owns the national rail operator SNCF, has said sleeper trains are too expensive to run; it has withdrawn financial support and invited bids to run the services. But unless a proposal is received by 1 July all but three of the dozen or so overnight services will be axed. The only remaining Intercités de Nuit will be from Paris to Briançon, Rodez and Latour-de-Carol, routes deemed socially necessary, according to rail website The Man in Seat Sixty-one.

The news is a further nail in the coffin for sleeper trains across Europe, and a major blow for any travellers trying to reduce their carbon emissions. Overnight services between France and Germany hit the buffers in December 2014 when Deutsche Bahn, the German rail provider, closed its night service between Paris and Berlin, Hamburg and Munich.

A year earlier, night time connections between Paris and Madrid and Barcelona, run jointly by SNCF and the Spanish rail provider Renfe, were withdrawn when the high-speed TGV service between the French capital and Barcelona was introduced.

“The economics are stacked against night trains – once you add [competition from] budget airlines and hefty track access fees,” said Mark Smith founder of The Man in Seat Sixty-one.

However, Smith also said that new high-speed services, cited as one reason for closures, were not always a useful substitute for night trains: “Paris-Madrid still takes eight hours, so it makes sense to do it overnight – but you can’t.”

Daniel Elkan, who runs Snowcarbon.co.uk which promotes rail travel from the UK to Alpine ski resorts, believes more skiers would use night trains to the slopes if they knew about them. “Poor marketing of the overnight services by the train companies means that many skiers are unaware or have difficultly finding out about them; and much to the frustration of skiers, these journeys consistently go on sale later than they are supposed to.”

Tickets are currently still on sale for night train bookings beyond July although Smith said their survival is unlikely. Nevertheless, he has backed a petition launched by Snowcarbon calling on the French government to save the night trains, even if it means reducing the services to once a week.

Across Europe it looks increasingly like the era of the night train is coming to an end. Smith’s The Man in Seat Sixty-one website now reflects the lack of overnight services, with popular France and Spain pages focusing on day trains.

“It’s a bit like going back to the end of the 19th century – before George Nagelmackers founded the Compagnie Internationale des Wagon-Lits,” said Smith.

In contrast, the UK is investing in sleeper services with 75 new coaches being introduced on the Caledonian Sleeper routes between London and Scotland in 2018, and a major upgrade on the Night Riviera service between London and Penzance.

• This article was amended on 10 May to include a link to the Snowcarbon petition.

13/04/2016

Énergies renouvelables et EDF : La moitié des éoliennes implantées en France tournent dans le vide et ne sont raccordées à rien.

à lire dans le Canard de ce jour, page 5 :

La moitié des éoliennes implantées en France tournent dans le vide et ne sont raccordées à rien.

Car " ERDF et EDF ne sont pas très motivés ... aucune envie d'accélérer l'arrivée des énergies renouvelables "

pour ne pas concurrencer le nucléaire !

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sur le même sujet, dans le Monde ce jour :

Le gouvernement renonce à réduire la part de l'énergie nucléaire

 
 

PLANETE
Jeu de dupes de la France sur la baisse du nucléaire

11/02/2016

Géothermie : privatisation de la centrale de Bouillante en Guadeloupe

à lire sur BASTAMAG :

08/04/2015

En France, 100 % de l’électricité peut être produite par des sources renouvelables en 2050 "

en raison des modifications récentes des blogs du Midi Libre, les notes de ce blog seront mises également sur un nouveau blog :

http://lebloglibredemonquartier-bis.hautetfort.com/

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à lire sur :

Quand l'Ademe garde pour elle son scénario 100énergies ...

www.lagazettedescommunes.com/.../quand-lademe-garde-pour-elle-son-scenario-100-energies-renouvelables/
 

Le colloque de l’Ademe sur la transition énergétique organisé mi-avril 2015 a déprogrammé une présentation très attendue. Celle d’une étude exploratoire imaginant un mix électrique 100 % renouvelable d’ici 2050. Un revirement qui interroge...

Le président de l’Ademe, Bruno Léchevin, avait promis début février 2015 que le scénario évaluant les modalités d’un mix électrique 100 % EnR en 2050 allait « secouer un peu ». Objectif affiché : permettre un débat riche et porteur de solutions nouvelles et innovantes… Sauf que l’étude, annoncée pour le colloque sur la transition énergétique de l’Agence de l’environnement organisé les 14 et 15 avril prochains, a finalement disparu du programme. A l’Ademe, on avance des explications techniques liées à des résultats peu concluants. « Les outils de modélisation utilisés montrent une trop forte sensibilité aux hypothèses », explique un porte-parole de l’agence. Un travail complémentaire devrait permettre de présenter le scénario tant attendu au deuxième semestre.

Ménager la chèvre et le chou - Au delà de ces arguments, difficile de ne pas faire le lien entre ce report et les sorties répétées de la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal. Si les députés ont voté le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verteprévoyant un plafond de 50 % d’électricité nucléaire à l’horizon 2025, les sénateurs ont refusé d’entériner cette date. Alors que le texte va être à nouveau étudié par les deux chambres, la ministre est soucieuse de ménager la chèvre et le chou et ne cesse de marteler que rééquilibrage ne signifie pas abandon. Pas question donc à ce jour d’envisager une hypothétique sortie du nucléaire. Pour l’Ademe, ces quelques soucis techniques arrivent à point nommé pour ne pas froisser son autorité de tutelle…

sur le même sujet :

Energie : le rapport caché sur une France 100renouvelable

Le Club de Mediapart 

extrait:

... " le rapport de l’Ademe est explosif. Il prend le contre-pied de l’idée si souvent reprise par les élus et par le gouvernement, selon laquelle le maintien de l’atome dans le mix énergétique français est l’option de loin la moins onéreuse pour les comptes publics. " ...

... " Que contient ce rapport qui dérange ? En voici les principaux éléments. En France, 100 % de l’électricité peut être produite par des sources renouvelables en 2050 "...

..." Ce rapport n’est pas la pierre de Rosette de la transition énergétique. Il ne contient pas non plus de recette magique pour réduire d’un claquement de doigts les émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le dérèglement climatique. Mais il a le grand mérite d’offrir les éléments factuels et chiffrés nécessaires à un débat raisonné sur notre modèle énergétique : qu’est-ce qui est physiquement et technologiquement possible ? À quels coûts pour l’économie et la société ? "...

08/11/2014

Europe à 27 et privatisation de l'énergie (concurrence libre et non faussée ?)

Il faut quitter l'Europe de la "concurrence libre et non faussée" qui a été refusée par le Peuple Français en 2005 !

Référendum français sur le traité établissant une constitution pour l ...

fr.wikipedia.org/.../Référendum_français_sur_le_traité_établissant_une_ constitution_pour_l'Europe

Ne renouvelons pas l'erreur de la privatisation des autoroutes !

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communiqué :

Sud-Energie soutient les mouvements sociaux en cours | SUD Energie

www.sudenergie.org/.../sud-energie-soutient-les-mouvements-sociaux-en- cours/

Sud-Energie soutient les mouvements sociaux en cours

Des mouvements sociaux sont en cours dans l’hydraulique et dans d’autres secteurs de l’Entreprise EDF, contre certaines dispositions du projet de loi « relatif à la transition énergétique pour la croissance verte », adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale le 14 octobre dernier.
Indépendamment des autres aspects de ce projet de loi,  il est indiscutable que l’article 29 qui modifie les « dispositions relatives à l’utilisation de l’énergie hydraulique » du Code de l’Energie en vigueur est inacceptable, car lourd de menaces sur l’avenir de Service Public de l’Energie dans ce secteur.

Cet article stipule en effet que : «Pour assurer l’exécution dune concession [hydraulique] […], l’Etat peut créer, avec au moins un opérateur économique, qualifié d’actionnaire opérateur, […], une société d’économie mixte hydroélectrique ».

En pratique, cela signifie que la France se plie une nouvelle fois aux exigences de Bruxelles qui demande une nouvelle mise en concurrence de 25% des capacités hydrauliques Française par appel d’offre lors du renouvellement des concessions. Après la cession de la Compagnie Nationale du Rhône en 2002 à Electrabel (groupe Gdf-Suez, qui en détient aujourd’hui 50%), représentant un quart des capacités hydrauliques en France, la privatisation et « mise en concurrence » du secteur électrique se poursuit. L’exécution des concessions hydrauliques pourra dorénavant être cédée à des Sociétés Anonymes de droit privé, détenues seulement en partie par l’Etat et des « partenaires publics » (collectivités territoriales, typiquement). La seule garantie fournie par la loi étant que la part de capital détenue par l’Etat et par ces « partenaires publics » dans ces Sociétés d’Economie Mixte ne pourra descendre en dessous de 34%, les actionnaires des opérateurs privés bénéficiant au passage de la même garantie.

En clair, cela signe une nouvelle mise en concurrence de Société Anonymes à capitaux privés pour l’exécution des concessions hydrauliques, cela même alors que l’électricité hydraulique, seule énergie renouvelable stockable à cette étape, joue un rôle majeur dans l’optimisation de l’équilibre production-consommation.

Ainsi, plutôt que de revenir sur l’ouverture à la concurrence du secteur électrique et gazier,

l’Etat fait un nouveau pas sur la voie dune privatisation du Service Public de l’Energie.

A cela s’ajoutent les informations diffusées dans les médias dans le sillage du remplacement de M. Proglio par M. Levy à la tête de l’Entreprise, faisant état de projets dune nouvelle ouverture du capital d’EDF et/ou d’ouverture de celui de RTE.

Pour Sud-Energie, ces nouvelles avancées sur la voie de la privatisation et de la mise en concurrence, actées par la loi ou encore au stade de projets, sont inacceptables.

Faire intervenir des opérateurs privés, à quelque niveau que cela soit, dans l’exécution des missions du Service Public de l’Energie, c’est soumettre sa stratégie aux intérêts court-termistes d’acteurs guidés par des intérêts particuliers et le retour immédiat sur investissement, en contradiction avec les intérêts de ses usagers, de ses salariés, et de sa recherche.

C’est pourquoi Sud-Energie soutient les mouvements en cours contre l’ouverture à la concurrence de l’exécution des concessions hydrauliques, et pour le maintien du service public, et appelle le personnel à la plus grande vigilance et à la mobilisation contre tout projet d’ouverture du capital du Groupe ou de l’une de ses filiales.

13/03/2014

Les ressources minières ne sont pas inépuisables, c'est évident

lu sur :

Les ressources minières, un bien commun mondial bientôt rare 

Le Monde

LE MONDE | 13.03.2014 à 11h57 |Olivier Abel (philosophe) et Jacques Varet (géologue)

L'annonce le 21 février par le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, de la création d'une Compagnie nationale des mines a mis en lumière une question qui, malgré cet intitulé d'apparence vieillotte, n'a rien à voir avec le capitalisme du XIXe siècle. Il s'agit au contraire d'une question inédite et urgente, qui marque un tournant pour nos sociétés. 

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Nous prenons en effet conscience de la raréfaction des ressources naturelles, des conséquences de leur mauvais usage, et nous devons par conséquent nous doter des instruments de mesure et de gouvernance nécessaires pour assurer la transition qui s'impose.

Les années de croissance forte dont nous avons profité dans les décennies précédentes sont largement liées au bénéfice que nous avons tiré de l'exploitation planétaire des ressources fossiles, notamment pétrolières.

160 MILLIARDS DE TONNES DE CHARBON ET 155 MILLIARDS DE TONNES DE PÉTROLE BRÛLÉES

L'humanité a brûlé, depuis le début de leur extraction, 160 milliards de tonnes de charbon et 155 milliards de tonnes de pétrole. Elle brûle encore chaque année 10 milliards de tonnes de carbone. Et il faudra bien que les populations des pays émergents puissent bénéficier des mêmes avantages que nous !

Or, ces ressources sont aujourd'hui payées à un prix qui n'a rien à voir avec leur rareté réelle, car ce prix dépend du seul rapport instantané entre la demande et la production.

Mais il n'y a pas que la crise des ressources énergétiques fossiles : il se profile derrière elle une crise des ressources minières. La délocalisation accélérée de l'activité de production manufacturière, des pays développés du Nord vers la Chine et les nouveaux pays industrialisés, a bénéficié non seulement des bas prix de leur main-d'oeuvre, mais aussi de celui de leurs matières premières.

Ces pays ont exploité leur propre sous-sol sans toujours mesurer ni l'épuisement des réserves, ni l'impact sur l'environnement. Aux prises avec une croissance à deux chiffres, devenus à leur tour massivement importateurs, leur demande s'est heurtée à leur capacité insuffisante de production.

PERSPECTIVES À PRÉCISER 

Et nous voici confrontés à une question lancinante : cette crise est-elle due à des investissements insuffisants en matière d'exploration-production, ou à une réelle limitation physique des ressources du sous-sol ?

Pour le pétrole, la réponse approche du consensus : au mieux, on plafonne, et l'on n'augmentera plus significativement la production. Pour les autres ressources minérales, les perspectives restent à préciser, mais on ne peut plus croire à une croissance illimitée.

Il est vrai qu'on avait cru aussi plus rentable d'investir dans l'économie immatérielle plutôt que dans l'économie réelle. Même les entreprises spécialisées dans la recherche minière n'avaient plus aucun intérêt à investir dans la production : il était devenu beaucoup plus attrayant d'acheter des actions des producteurs en place.

En France, par exemple, au cours des vingt dernières années, les investissements en exploration minière ont été très faibles. Les compagnies n'ont plus recruté de personnels compétents. Par ricochet, même les universités et les écoles d'ingénieurs ont cessé de former des personnes capables de découvrir de nouvelles ressources.

LA VRAIE VALEUR DES RESSOURCES

Comment sortir de cette logique de rentabilité immédiate, qui ressemble de plus en plus à une politique de l'autruche ? On voit bien que les prix des produits ne reflètent pas la réalité de la rareté physique de la ressource. Il serait nécessaire de parvenir à établir un système économique qui soit basé sur la vraie valeur des ressources minérales et énergétiques, c'est-à-dire sur leurs raretés physiques respectives.

Ce n'est pas hors de portée. Dans le domaine climatique, on est parvenu – grâce aux travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) – à se doter d'une vision globale. De même, en matière de ressources minières, dans l'état actuel de développement des connaissances et des capacités d'échanges entre scientifiques (qu'ils soient dans la recherche publique, dans les entreprises ou les administrations), il n'y a pas de raison de ne pas parvenir à fédérer un observatoire en réseau capable de quantifier les réserves et de contribuer à établir une valeur de ces biens qui ne soit pas seulement déterminée par des échanges de court terme, mais selon des perspectives établies à long terme, sur plusieurs générations.

Un tel « Groupe international d'étude des ressources minérales » (Gierm) viendrait compléter les travaux du GIEC et assister les instances multilatérales chargées de publier ces données, de telle sorte que le marché de court terme ne soit plus seul à moduler les prix. Y introduire la valeur d'épuisement des ressources n'est plus un luxe, mais simplement une question de réalisme, si l'humanité, occupée à ses bulles spéculatives, veut ne pas se heurter frontalement au mur de la rareté.

À L'ÉCHELLE MONDIALE

Nous ne sommes pas naïfs : rien n'indique qu'un tel organisme international de régulation et de recyclage responsable des ressources puisse aisément s'imposer dans l'agenda des Etats et des industries, qui en sont toujours à préparer la prochaine guerre pour le contrôle des ressources, plutôt que d'envisager un tel bouleversement de nos modes de vie.

Chaque Etat, chaque grande compagnie, préfère en effet organiser l'opacité autour de ses réserves et de ses manques, tant nos sociétés sont sous l'emprise de véritables addictions et habitudes de déplacement et de consommation, en même temps que de rivalités nationalistes qui nous rendent capables du pire.

C'est pourquoi, au-delà de ces propositions, nous voyons bien que la crise des ressources qui se profile est en fin de compte l'expression d'une crise d'orientation globale de nos sociétés, incapables de sortir de leurs vieux réflexes et d'investir vers un autre avenir.

Créer une Compagnie nationale des mines n'a de sens que si cette démarche est déployée à l'échelle mondiale, pour prendre au sérieux l'interdépendance générée par la mondialisation et la vulnérabilité des humains à l'épuisement de leur planète. La vraie naïveté, pour chacun des acteurs, serait de croire possible de se sauver tout seul.

09/03/2014

Exploitation des énergies fossiles : jusqu'où ira-t-on ?

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/04/pollution-en..

 

LE MONDE | 04.03.2014 à 12h04 • Mis à jour le 04.03.2014 à 12h12

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Editorial.

Lundi 3 mars, les habitants de Pékin se sont de nouveau réveillés dans une ville plongée dans un smog opaque. En quelques années, le masque antipollution est devenu l'attribut du citadin chinois, effaçant la photo-souvenir des milliers d'ouvriers qui arpentaient autrefois, à vélo, les larges avenues de la capitale.

La Chine s'est développée. De façon spectaculaire. Mais ce succès – envié par les pays les plus pauvres et par les pays industrialisés en panne de croissance – butte aujourd'hui sur une réalité que les autorités ne peuvent plus ignorer : la pollution au cœur des villes donne un goût amer à cette expansion. En quelques décennies, le pays s'est hissé au rang de deuxième puissance économique mondiale, mais aussi de premier pollueur.

Près de 500 millions de personnes ont été victimes du dernier épisode de smog qui a frappé la capitale et la province industrielle du Hebei au cours des derniers jours. Les pics de pollution aux particules fines ont atteint des niveaux trente fois supérieurs au seuil recommandé par l'Organisation mondiale de la santé.

Le coût en termes de santé publique commence à être chiffré : la pollution atmosphérique a été à l'origine de 1,2 million de morts prématurés en 2010, selon une étude publiée en décembre 2012 dans la revue médicale britannique The Lancet. Et le mal des « poumons noirs », lié à l'exploitation du charbon, qui fournit à la Chine près des deux tiers de son énergie, reste la première cause de maladie du travail.

PLAINTE D'UN HABITANT DU HEBEI

L'épouvantable qualité de l'air, symptôme le plus visible de la dégradation écologique en Chine, est devenue l'une des premières sources de mécontentement de la population. Au point de susciter, fin février, la plainte officielle d'un habitant du Hebei contre le département local de protection environnementale. Cette action risque de n'être que symbolique, mais elle en dit long sur le degré d'exaspération de citoyens : ils considèrent que le gouvernement ne fait ni le nécessaire ni même l'indispensable pour protéger leur santé contre les dangers de ce développement sale.

A la tête du pays depuis un an, Xi Jinping a annoncé une série de mesures allant de la restriction de la circulation automobile dans les villes à la fermeture des usines les plus polluantes. Leur application soulève jusqu'à présent surtout du scepticisme. Lors de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire qui s'ouvre mercredi 5 mars, le président mettra en avant les réformes économiques importantes qu'il a engagées.

Mais ce sont de véritables mesures contre la pollution qui sont attendues. Les autorités chinoises ont l'art de mettre en avant sur la scène internationale un discours sur la primauté du développement économique pour éviter de prendre leur part dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais cette rhétorique est désormais battue en brèche à l'intérieur du pays. Pékin se trouve ainsi soumis à une double injonction de faire davantage : si la Chine a jusqu'à présent réussi à éluder les mises en demeure de ses partenaires étrangers, il lui sera plus difficile de rester sourde aux interpellations de sa population.

Lire (en zone abonnés) : Un citoyen chinois porte plainte pour «air pollué»

09/02/2014

Inde : le ministre de l'écologie favorise l'exploitation des énergies fossiles

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/08/en-inde-un...

LE MONDE | 08.02.2014 à 10h15 • Mis à jour le 08.02.2014 à 15h20 |

Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)

A quoi reconnaît-on un bon ministre ? Au nombre de dossiers qu'il traite, selon Veerappa Moily, qui ne cesse pas d'en donner le décompte dans la presse nationale. Le ministre indien du pétrole et du gaz naturel, qui a hérité en plus, en décembre 2013, du portefeuille de l'environnement, en détient probablement le record.

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Plus d'un mois après sa prise de fonctions, il a donné son feu vert à 100 projets industriels ou d'infrastructures représentant l'équivalent de 30 milliards d'euros d'investissements, parmi lesquels l'aménagement d'un port, l'ouverture de mines de charbon ou encore la construction d'un complexe sidérurgique par le groupe sud-coréen Posco, dans l'Odisha, à l'est du pays.

« Je n'ai jamais vu un ministre censé protéger l'environnement causer autant de dégâts en aussi peu de temps », se désole Sugandh Juneja, du Centre pour la science et l'environnement, un think tank basé à New Delhi. Les organisations non gouvernementales sont tellement inquiètes que l'une d'entre elles, Greenpeace, a déjà demandé la démission du ministre. Elle l'accuse « d'expédier les dossiers en ignorant tous les acteurs concernés, à l'exception des entreprises ».

« IL Y A UN CONFLIT D'INTÉRÊTS ÉVIDENT »

Les défenseurs de l'environnement soupçonnent le premier ministre indien, Manmohan Singh, d'avoir nommé Veerappa Moily à ce poste pour accélérer les projets industriels et amadouer les milieux d'affaires à six mois des élections législatives. Le manque d'infrastructures est régulièrement cité comme étant l'un des principaux handicaps de l'économie indienne, participant au ralentissement de la croissance, qui est à son plus bas niveau depuis dix ans.

Il est vrai qu'il faut parfois des années pour obtenir les nombreuses autorisations nécessaires avant de pouvoir démarrer le moindre projet. Lors de sa dernière conférence de presse, en décembre, l'ancienne titulaire du portefeuille de l'environnement, Jayanthi Natarajan, avait justifié l'importance du délai nécessaire pour évaluer l'impact environnemental des grands projets par l'organisation de consultations avec toutes les parties prenantes. Y compris les populations concernées, afin d'éviter de nouvelles catastrophes comme les inondations qui ont ravagé en 2013 une partie de l'Uttarakhand, un Etat situé dans les contreforts de l'Himalaya, à cause de la déforestation.

Son successeur ne partage pas la même approche. « Mon principal objectif est de simplifier les procédures, a-t-il déclaré. La vie est simple, alors, pourquoi les règles et les régulations devraient-elles être compliquées ? »

Dès le jour de sa prise de fonctions, Veerappa Moily a réclamé l'assouplissement des règles de protection de l'environnement, suggérant ainsi de suspendre l'évaluation de l'impact sur l'environnement exigée pour l'ouverture de carrières de sable de moins de 25 hectares.

Au bénéfice de qui ? Veerappa Moily est aussi ministre de l'énergie et du pétrole, et donc – à ce titre – en charge de l'exploitation pétrolière et gazière, ainsi que des entreprises publiques concernées. « Il y a un conflit d'intérêts évident », estime Jagori Dhar, représentant de Greenpeace.

« ÉVALUATIONS EN TOUTE INDÉPENDANCE, OBJECTIVITÉ ET TRANSPARENCE »

Dans bien des cas, quand il s'agit de donner son feu vert à la construction d'infrastructures, le gouvernement est à la fois juge et partie. C'est pourquoi la Cour suprême indienne a demandé, le 6 janvier, au gouvernement de créer un poste de régulateur indépendant « pouvant mener des évaluations en toute indépendance, objectivité et transparence ». Le ministre de l'environnement a promis d'obtempérer d'ici à la fin du mois de mars.

Les juges ont relevé de nombreuses irrégularités, dont certaines étaient mentionnées dans une étude commandée par le ministère de l'environnement lui-même il y a trois ans. Le constat était sans ambages : « Le nombre et la complexité des projets nécessitant une autorisation environnementale ont augmenté drastiquement, alors que les capacités et les ressources du ministère de l'environnement sont restées limitées. »

Les deux auteurs du rapport, issus de l'Institut de technologie de New Delhi, soulignent que les autorisations délivrées reposent essentiellement sur les données fournies par les promoteurs des projets et en concluent que « l'absence de données fiables et authentifiées rendent les rapports d'impact environnemental subjectifs, inconsistants et de faible qualité ».

C'est aussi le contrôle et le suivi des garanties environnementales qui fait défaut en Inde. Les équipes qui dépendent du ministère de l'environnement ou des Etats sont en sous-effectif notoire et n'ont souvent pas les moyens matériels de vérifier sur place si un industriel a bien reboisé un site ou réapprovisionné les nappes phréatiques comme il s'y était engagé.

29/03/2013

La méthanisation pour produire de l'énergie et des fertilisants

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/29/le-gouvernement-pousse-l-agriculture-francaise-a-developper-la-methanisation_3150276_3234.html

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LE MONDE | 29.03.2013 à 11h20

Laurence Girard

La production d'énergie mais aussi de fertilisants à partir de lisier, de fumier ou de tout autre résidu de culture, c'est-à-dire la méthanisation agricole, cherche sa voie en France.

Le gouvernement avait promis, lors de la conférence environnementale de septembre 2012, de donner un nouvel élan à ces initiatives. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, et Delphine Batho, ministre de l'écologie, ont présenté, vendredi 29 mars, le plan Energie méthanisation autonomie azote (EMAA). Ils reprennent le cap fixé lors du Grenelle de l'environnement : atteindre un parc installé de 1 000 unités de méthanisation agricole d'ici à 2020.

La nouveauté du plan EMAA est de vouloir combiner deux objectifs. Le premier est de valoriser l'azote organique issu des effluents d'élevage en excès dans certaines régions - comme dans le Grand Ouest où la densité des élevages porcins ou volaillers pose problème - et de réduire la dépendance de l'agriculture française à l'azote minéral dans d'autres zones.

Le second objectif est de développer "un modèle français de la méthanisation agricole pour [en] faire un complément de revenu pour les exploitations agricoles".

LA MÉTHANISATION NE SUPPRIME PAS LA POLLUTION

Le plan n'évoque pas d'enveloppe budgétaire spécifique. Le ministère du redressement productif, Arnaud Montebourg, dit apporter son concours à la structuration financière de la filière et au soutien à l'innovation et au financement des projets par le biais d'Oseo ou de la Banque publique d'investissement. Seule précision : un fonds de 10 millions d'euros sera consacré à un appel à projets sur le thème de la gestion collective de l'azote.

Toutefois, le ministère de l'agriculture le reconnaît : la méthanisation ne supprime pas la pollution liée à l'excès des effluents d'élevage. Pas une molécule d'azote ne disparaît dans le méthaniseur. L'azote se retrouve dans le résidu organique issu du processus de méthanisation, le "digestat", produit avec le biogaz. L'enjeu est de considérer ce digestat à composition agricole non pas comme un déchet, mais de lui accorder une homologation pour qu'il puisse être vendu comme fertilisant par des agriculteurs ou des coopératives dans des régions très dépendantes des engrais chimiques.

Il a fallu attendre, en 2006, la fixation d'un prix de rachat de l'électricité produite et surtout la revalorisation de ces tarifs en 2011, pour lancer le mouvement de méthanisation en France. De même que la possibilité donnée en 2011, d'injecter le biogaz produit par le méthaniseur dans les réseaux de gaz naturel, en fixant un prix d'achat.

LE COÛT DE L'INVESTISSEMENT, UN DES PRINCIPAUX ÉCUEILS

Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, qui participe au financement des projets, on est passé de 10 dossiers d'installations en France en 2007, à 66 en 2011 et à 92 en 2012. Cumulé, cela représente près de 200 installations. L'agence y a consacré 37 millions d'euros en 2012 et s'attend à une enveloppe comparable en 2013.

Le coût de l'investissement reste un des principaux écueils. C'est ce que souligne Jean-Marc Onno, à la tête d'un gros élevage de porcs dans le Morbihan, chez qui M. Le Foll et Mme Batho devaient se rendre pour présenter leur plan. Il vient de terminer une deuxième tranche d'investissement dans son méthaniseur pour un coût de 1,4 million d'euros, après un investissement initial de 800 000 euros. Il a renforcé la puissance de son cogénérateur qui produit de l'électricité à partir du biogaz. Il l'a porté à 350 kilowatts-heure.

Résultat, EDF va lui reverser non plus 180 000 mais 380 000 euros pas an. "C'est ce qui fait la rentabilité du projet", affirme Jean-Marc Onno. Son installation produit aussi de la chaleur pour son élevage, ainsi que pour une champignonnière et un producteur d'algue alimentaire qui se sont implantés sur le site avec son soutien.

"IL FAUT ARRÊTER D'ACHETER DU MATÉRIEL ALLEMAND"

L'éleveur a ainsi créé une mini-zone d'activité autour de son exploitation agricole. Le lisier de porc ne représente qu'un quart de l'alimentation de son méthaniseur, un autre quart est fourni par les déchets organiques livrés par Sita, la filiale de Suez Environnement. Le reste, soit la moitié, provient de cultures dites intercalaires, comme le tournesol, le pois ou l'orge, placées après ou avant un blé, par exemple.

Ce sont des installations de ce type, des projets de 2 à 2,5 millions d'euros, pour des puissances électriques de plus de 300 kilowatts-heure, que souhaite favoriser le plan du gouvernement. Des projets qui ne sont à la portée que de gros éleveurs, de groupements d'agriculteurs ou de coopératives.

Rien de comparable à ce qu'a réalisé Pierre Lebbe, dans les Hautes-Pyrénées, en 2001. Ce pionnier a investi 40 000 euros en concevant sa propre installation pour exploiter le fumier de ses chèvres. Eleveur "bio", il exploite le digestat comme engrais dans ses champs et vend son électricité pour 3 000 euros. Pour M. Lebbe, "il faut arrêter d'acheter du matériel allemand, qui coûte deux fois plus cher car les moteurs sont surdimensionnés pour tenir compte des mauvais rendements".

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie vient de lancer sept projets, en 2013, de petites installations conçues par des entreprises françaises pour tenter de rendre la technologie accessible à plus d'exploitants agricoles.

09/02/2013

il FAUT changer !

les surlignags sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

17/01/2013

Le débat national sur la transition énergétique (suite)

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5339

09-01-2013 - Le Débat sur la transition énergétique 

Pour répondre aux grands enjeux de la transition énergétique et définir une nouvelle feuille de route énergétique pour la France, le débat national sur la transition énergétique a été lancé avec la première réunion de son Conseil national, le 29 novembre dernier, consacrée à la discussion de la Charte du débat national et du calendrier des travaux. Pour quels objectifs en ligne de mire ? 

Afin de recueillir l'avis d'un panel d'acteurs aux intérêts parfois très divergents, le Conseil national du débat est constitué de 7 collèges de 16 personnes : des membres issus d’organisations syndicales, des représentants des employeurs, des ONG environnementales, des associations de consommateurs, élus locaux, parlementaires et représentants de l’État. Au programme de ses débats qui devraient durer environ 6 moins : mettre en place une nouvelle politique énergétique en réduisant notamment de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité. Les autres chantiers évoqués ? Le développement des énergies renouvelables, la fermeture de la centrale de Fessenheim, l’achèvement du réacteur EPR de Flamanville mais aussi la rénovation thermique des logements, les gaz de schiste et l’aéroport de Notre Dame des Landes, ces deux derniers points étant largement sujets à controverse... -

Parmi les difficultés qui se sont déjà fait ressentir : la composition de ce conseil qui fait débat et certaines organisations comme Greenpeace ont ainsi refusé d’y participer. Sur son site, l’association s’explique : « Greenpeace a participé assidûment aux rendez-vous préparatoires. Nous avons rencontré la ministre et son équipe. Nous avons “joué le jeu” … Mais voilà. Le nombre de questions sans réponses est alarmant. Pourquoi enfermer la question nucléaire dans la fermeture unique de Fessenheim ? Pourquoi laisser dépérir les filières renouvelables ? Pourquoi éviter le sujet des transports pourtant clé dans la problématique énergétique ? Pourquoi s’acharner sur le projet Notre-Dame-des-Landes, issu d’un autre âge ? » 

S’ajoutent à cela des blocages financiers avec la question centrale du coût du projet. Le montant des investissements nécessaires à cette transition énergétique est estimé à environ 400 milliards d’euros selon l’Union française de l’électricité (UFE). Dans une interview à Libération, Alain Grandjean président du comité d’experts précise quelques chiffres : « En France, rénover les logements coûtera 10 à 15 milliards par an. Ajouter de nouvelles capacités d’énergies renouvelables, entre 2 et 6 milliards par an. » 

La prochaine réunion, qui sera mensuelle, du Conseil national de la transition énergétique aura lieu le 13 décembre. L’ensemble de ses auditions devrait déboucher sur une loi de programmation en septembre 2013. L’enjeu est de tenir l'objectif de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre hexagonales d'ici à 2050. Ce débat national, promesse et priorité du quinquennat du Président de la République, a débuté alors même que se tient jusqu’au 7 décembre la 18e conférence annuelle de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à Doha, pour trouver des solutions afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

Déborah

Le débat national sur la transition énergétique

communiqué :

à lire sur :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Chantiers-prioritaires-methode-et.html 

Chantiers prioritaires, méthode et calendrier

4 décembre 2012 (mis à jour le 17 décembre 2012)

Méthode et calendrier du débat national.

1. Le débat national sur la transition énergétique sera organisé autour de quatre grandes questions étroitement liées :

  • Comment aller vers l’efficacité énergétique et la sobriété ? L’évolution des modes de vie, de production, de consommation, de transport ainsi que des services énergétiques nécessaires doit constituer le point de départ.
  • Quelle trajectoire pour atteindre le mix énergétique en 2025 ? Quel type de scénarii possibles à horizon 2030 et 2050, dans le respect des engagements climatiques de la France ?
  • Quels choix en matière d’énergies renouvelables et de nouvelles technologies de l’énergie et quelle stratégie de développement industriel et territorial ?
  • Quels coûts et quel financement de la transition énergétique ?
...

3. Le débat national couvrira une période allant de novembre 2012 à mai 2013. Il se déroulera en trois étapes :

  • Une phase de pédagogie et d’information de novembre à décembre 2012 aura pour but d’établir un socle commun d’information et de connaissance, sur la base de scénarios rigoureux, mais contrastés sur les trajectoires possibles. L’information du plus grand nombre nécessitera la participation des grands médias nationaux et régionaux tout au long du débat.
  • Une phase de participation grand public sera engagée de janvier à avril 2013, au plus près possible des citoyens : séminaires, débats et auditions publics au niveau national et régional, forums citoyens... Pendant cette phase, les Régions organiseront des conférences régionales de l’énergie, et assureront un cadre de cohérence à l’ensemble des initiatives territoriales au niveau infrarégional.
  • Une phase de synthèse et d’élaboration de recommandations en mai 2013 débouchera sur un projet de loi de programmation en juin 2013.

13/09/2012

Argent, pouvoir et nucléaire

communiqué:

 Atomes crochus : Argent, pouvoir et nucléaire

L’énergie nucléaire est-elle vraiment bon marché ? Qui a mis en place la politique atomique de la France et sur quels réseaux s’appuie-t-elle ?

Les samedi 3 et dimanche 4 novembre prochains auront lieu à Clermont-Ferrand les journées d’études du Réseau "Sortir du nucléaire", gratuites et ouvertes à tous. Leur thème : "Argent, pouvoir et nucléaire".

Un journal de 16 pages "Atomes crochus" donne de multiples informations pour peser sur l’enjeu de cette thématique et ouvrir le débat.

Vous pouvez télécharger ce journal et le commander en nombre en cliquant sur le lien suivant : http://boutique.sortirdunucleaire.org/product_info.php?products_id=274

Par ailleurs, vous trouverez sur le site des journées d’études toutes les informations utiles (programme, infos pratiques...) : http://leliencommun.org/journeesdetudes
Le site regroupe de nombreux documents et ne demande qu’à s’enrichir de vos contributions.

Informez-vous et réservez dès à présent les dates du week-end des 3 et 4 novembre.

Salutations antinucléaires,

L’équipe d’organisation des journées d’études 2012 du Réseau "Sortir du nucléaire"
Contact mail : journees-etudes@sortirdunucleaire.fr

05/09/2012

RTE, un État dans l'État

(RTE: Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF)

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/21/en-normandie-la-ligne-electrique-de-toutes-les-tensions_1748091_3244.html
(Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés)

Les journées sont longues. Car depuis le 31 juillet, Martine Leroy, agricultrice dans le Cotentin, les passe dans le godet d'un tracteur stationné dans l'un de ses champs. Perchée à quatre mètres de hauteur, elle scrute l'horizon, prête à alerter les voisins si des engins de chantier arrivaient pour démarrer les travaux de la ligne à haute tension (deux fois 400 000 volts) construite par le Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF, entre le Cotentin et le Maine.

Destiné à évacuer le courant du futur réacteur EPR de Flamanville – dont la mise en service est sans cesse repoussée –, c'est un immense chantier qui a été lancé en novembre 2011 : 160 kilomètres de longueur, 440 pylônes de près de 70 mètres de hauteur et 160 élevages concernés par le tracé. Martine Leroy, dont l'un des prés devrait accueillir un pylône, ne descendra pas de son tracteur tant qu'elle n'aura pas obtenu une indemnisation correcte de la part de RTE.

La tension règne dans le bocage normand, arpenté ces jours-ci par des patrouilles de gendarmes, survolé par des hélicoptères de surveillance et dénaturé par des pylônes inachevés au pied desquels veillent des maîtres-chiens.

Cette guérilla est aussi menée sur le terrain judiciaire : le 21 août, le tribunal correctionnel de Coutances devait rendre sa décision à l'encontre de manifestants ; le 23 août, un conducteur de grue qui a blessé une agricultrice devrait comparaître devant le tribunal de grande instance de Coutances qui examinera, le même jour, le recours d'un paysan, Yves Larsonneur, à l'encontre de RTE. En dépit des années de résistance opiniâtre menée par des élus, des communes, des écologistes et de nombreux agriculteurs, rien n'a fait dévier d'un pouce le projet lancé en 2005.

"ON ME SACCAGE UN OUTIL DE TRAVAIL QUI FONCTIONNE BIEN"

L'exploitation de Mme Leroy et de son compagnon sera traversée sur plus d'un kilomètre par la ligne. En raison des conséquences négatives, réelles ou supposées, des ondes électromagnétiques sur l'élevage, la valeur de l'exploitation va beaucoup diminuer"Les fermes traversées par une ligne deviennent invendables, dit l'agricultrice. On me saccage un outil de travail qui fonctionne bien."

A quarante kilomètres de là, à Isigny-le-Buat, deux éleveurs laitiers, Thierry Charuel et Dominique Vauprés, pointent, selon eux, l'effet négatif des lignes. L'étable de M. Charuel est située à 60 mètres d'une ligne à deux fois 400 000 volts, qui relie depuis les années 1980 Flamanville à Rennes. Depuis lors, les vaches ont une production inférieure à celle des voisins et un lait de moindre qualité.

RTE a réalisé divers travaux électriques dans la ferme pour tenter de régler le problème. Et indemnise aussi la perte de production. Mais les difficultés persistent. Comme plusieurs agriculteurs dans le même cas, MM. Cheruel et Vauprés, excédés, ont décidé de déposer une plainte contre RTE. "Toutes les mesures prises ne changent rien", dit M. Charuel en montrant les résultats des analyses de son lait en laboratoire.

Depuis l'origine, la nouvelle ligne de RTE a suscité protestations et recours juridiques. Ils ont toujours échoué. Vingt communes ont pris des arrêtés interdisant les travaux. Annulés. Pierre Méhaignerie, député (UMP) et maire de Vitré, a déposé en mai un recours contre RTE. Recalé. Dernier espoir : le recours d'un collectif d'élus contre la déclaration d'utilité publique. Mais le Conseil d'Etat, saisi en 2010, a reporté sa décision à 2013, après la fin de la construction de la ligne.

DÉBOULONNAGES DE PYLÔNES

En 2009, l'enquête d'utilité publique avait rendu un avis favorable, sous réserve d'une étude épidémiologique et d'un enfouissement au moins partiel. Ces recommandations n'ont pas été suivies – c'est le motif du recours devant le Conseil d'Etat.

Du côté de RTE, on souligne l'effort de concertation : 4 000 réunions ont été menées. 160 kilomètres de lignes à moyenne tension (20 kilovolts) vont être enfouis. Des conventions sont signées avec la profession agricole. Les maisons près de la ligne sont rachetées. Au total, près de 100 millions d'euros sont dépensés en "mesures d'accompagnement", alors que la réalisation de la ligne coûte 250 millions d'euros.

Quant à l'enquête épidémiologique, explique Jean-Michel Ehlinger, directeur d'aménagement du projet, "c'est à l'Etat d'en décider". "On s'est engagé à un suivi médical de la population qui le souhaite."

Pour autant la résistance continue. Plusieurs déboulonnages de pylônes – sans conséquence, selon RTE – ont eu lieu depuis plusieurs mois. Un bois promis au défrichage pour le passage de la ligne est occupé depuis mars au Chefresne (Manche).

TIRS TENDUS DE GRENADES CONTRE LES MANIFESTANTS

Plates-formes dans les arbres, tentes et banderoles, réunions fréquentes, font de ce camp l'épicentre de la résistance. Le bois appartient au maire, Jean-Claude Bossard, qui a pris un arrêté municipal en 2008 – toujours en vigueur – contre le projet. Cela n'a pas empêché RTE de lancer les travaux en juin sous escorte policière. Le maire, placé en garde à vue pendant douze heures, a démissionné ainsi que son conseil municipal.

Le 25 juin, un rassemblement à Montabot (Manche) a été violemment réprimé par les forces de l'ordre : 25 blessés dont 3 graves. Selon le témoignage d'un médecin lors d'une audience en justice début août, les gendarmes auraient repoussé les manifestants par des tirs tendus de grenades. Selon le mémoire communiqué à la justice par le préfet de la Manche, Adolphe Colrat, il s'agissait de "militants de la mouvance anarchiste et écologiste radicale". Le mouvement antinucléaire est venu renforcer une opposition ancrée depuis des années et fatiguée par le "rouleau compresseur" de RTE.

"On se bat pour défendre notre mode de vie, dit Camille (prénom d'emprunt), un étudiant de Rennes. On défend notre peau, notre avenir." Mais, pour Jean-Michel Ehlinger, "l'intérêt général doit prévaloir sur l'intérêt particulier". Un argument qui ne convainc pas Dominique Vauprés et beaucoup d'autres agriculteurs : "On n'a pas à être sacrifiés à l'utilité publique. Pour RTE, le problème sera résolu si on disparaît."

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06/06/2012

France : les dépenses d’énergie des ménages depuis 20 ans

à lire sur :

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1315

Les dépenses d’énergie des ménages depuis 20 ans :

une part en moyenne stable dans le budget, des inégalités accrues

Sébastien Merceron, Maël Theulière, division Conditions de vie des ménages, Insee

Résumé

Les dépenses d’énergie liées au logement et au transport constituent 8,4 % de la consommation des ménages français, soit autant que les loisirs ou les vêtements. Depuis 20 ans, cette part budgétaire, appelée  « effort énergétique », est restée relativement stable, après un pic en 1985. Cette stabilité est le résultat d’évolutions structurelles contradictoires : globalement, l’amélioration des performances énergétiques des logements et des véhicules, conjuguée au développement de modes de chauffage moins coûteux, semble avoir compensé l’étalement urbain et l’augmentation de la surface moyenne des logements. Les inégalités d’effort énergétique se sont accrues depuis 25 ans entre ménages modestes et ménages riches, entre ville et campagne, entre types d’habitat et entre ménages âgés et ménages jeunes.

Sommaire

15/05/2012

Nucléaire : quelques informations

François Hollande et le nucléaire : le vrai changement, c’est pour quand ?

Découvrez l’analyse des promesses du nouveau Président de la République par le Réseau "Sortir du nucléaire" : peut-on attendre un vrai changement en matière de politique nucléaire et énergétique ?

 

Et encore une nouvelle révélation sur la vulnérabilité des réacteurs français !

Le Réseau a reçu en exclusivité des documents internes à EDF montrant la vulnérabilité de certaines pièces du circuit primaire des réacteurs. Victimes de l’usure thermique, elles pourraient se rompre brutalement, ce qui pourrait mener à un accident grave et difficilement maîtrisable.

 

AREVA en Afrique - la face cachée du nucléaire français

Depuis 40 ans, la France propage le mythe de l’ "indépendance énergétique" grâce au nucléaire. Pourtant, 100 % de l’uranium nécessaire à la fabrication du combustible nucléaire français est importé ; une grande partie de ce minerai est extrait en Afrique, dans des conditions environnementales déplorables et sans aucun bénéfice économique pour les populations. En partenariat avec l’association Survie, retrouvez sur notre site la présence d’Areva sur le sol africain.

30/11/2011

Les futurs compteurs "intelligents" LINKY: recours déposé au Conseil d’Etat

communiqué :

ROBIN DES TOITS

Correspondance : 12 rue Lucien Sampaix  75010 Paris

Tél. : 33 1 43 55 96 08

E-mail : contact@robindestoits.org

http://www.robindestoits.org

 

Compteur LINKY, attaqué au Conseil d’Etat par Robin des Toits

 

L’association nationale Robin des Toits a déposé au Conseil d'Etat un recours contre la décision du ministre de l'énergie annoncée dans son intervention du 28 septembre 2011 de généralisation du compteur "intelligent" dit "Linky".


Robin des Toits soulève quatre défauts majeurs dans cette décision :

 

- le manquement total au Principe de Précaution avec l'absence d'étude d'impact des conséquences en  termes d'exposition de la population aux champs électromagnétiques, récemment classés cancérogènes possibles par l'OMS, absence d'étude de l'impact sanitaire, absence de prise en considération des technologies alternatives ;

 

la violation de la loi relative à l'informatique et aux libertés (loi du 6 janvier 1978) avec une collecte et un traitement de données présentant un caractère excessif, eu égard à l'atteinte à la vie privée, par rapport à la finalité recherchée ;

 

- la violation du code des marchés publics, l'élaboration et le choix du prototype, qui va représenter une plus-value considérable pour le concepteur, n'ayant fait l'objet d'aucun appel d'offres ni de mise en concurrence ;


- la violation du droit de propriété des collectivités territoriales et du principe de libre administration, les collectivités étant, dans l'opération, dépossédées des compteurs qui étaient leur propriété ; en outre, une loi était nécessaire pour opérer un tel transfert de propriété.

 

Le cumul d’infractions et d’illégalités énumérées ci-dessus fonde la  légitimité de toute personne à s’opposer à l’installation de ce type de compteur en s’appuyant notamment sur la récente décision du Conseil d’Etat qui rappelle que toute décision publique est soumise au Principe de Précaution. Or, la violation du Principe de Précaution est manifeste dans le cas de ce type de compteur (électricité, eau et gaz).

 

Maintenant que le délai est interrompu par son recours déposé, l’association nationale Robin des Toits invite les élu(e)s et Collectivités locales à s’associer à elle dans cette action, et les autres associations et groupements opposés à Linky à intervenir dans le litige afin de présenter leurs propres arguments et augmenter ainsi les chances d'obtenir l'annulation de cette décision qui pêche sur tant de points.

 

Contact presse:

Etienne CENDRIER

28/10/2011

Choix et engagements des candidats sur l'avenir énergétique de la France

à voir :

Présidentielle 2012 - Greenpeace France

http://greenpeace.fr/2012/#!/

Choix et engagements des candidats sur l'avenir énergétique de la France

02/08/2011

La privatisation des services publics : le cas de GDF

communiqué :

Résolution unanime des représentants du personnel  sur le projet d’évolution de la DSI au CCE de GDF SUEZ SA du 28 juillet 2011  

________________ 

 

Lors du Comité d’Etablissement du Siège du 24 juin et en réponse à une interpellation des élus, la Directrice de la Direction des Systèmes d’Information (DSI) a informé les représentants du personnel qu’elle projetait de filialiser la DSI, au motif qu’il fallait que la DSI soit indépendante du Siège pour mettre en œuvre sa stratégie de développement sur l’ensemble du groupe GDF SUEZ. 

 

Cette indépendance se traduit, dans l’esprit de la Direction, par la création d’une filiale relevant du droit commun et rattachée à la convention collective SYNTEC qui fédère l’essentiel des Sociétés de Services en Ingénierie Informatique (SSII). 

 

Les représentants du personnel ont indiqué dès le Comité d’Etablissement Siège du 24 juin que l’indépendance de la DSI pouvait très bien trouver sa « plénitude » en se constituant comme un nouvel établissement de GDF SUEZ et qu’une filialisation n’était donc pas nécessaire. Ils ont précisé  que le maintien au statut des IEG des salariés de la DSI présents et à venir était incontournable. 

 

Compte tenu de cette annonce très grave pour l’avenir des agents, une pétition intersyndicale demandant notamment que la DSI reste une unité de GDF SUEZ SA, et donc rattachée au Statut des IEG, a été proposée à la signature au personnel de la DSI. A ce jour, bien que nous soyons en pleine période des 

vacances d’été, cette pétition a déjà été signée par près de 80 % du personnel. 

 

Nous rappelons à la Direction les engagements pris lors de la fusion de Gaz de France et de Suez, de garder une entreprise intégrée appartenant aux Industries Electriques et Gazières. 

 

A cet instant et dans cette instance, l’ensemble des élus en CCE, appuyés par les représentants syndicaux en CCE, rappellent à la Direction que la mobilité entre différentes sociétés d’un même groupe nécessite l’accord exprès du salarié, car le changement d’employeur constitue une modification du contrat de travail.  

 

Aussi, ils décident aujourd’hui de lancer une expertise juridique en demandant au cabinet « Grumbach et Associés » d’établir un mémoire sur les droits des agents appartenant à  GDF SUEZ et plus généralement aux IEG et sur les devoirs  de l’employeur.  

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Communiqué des organisations syndicales de GDF SUEZ SA 

 

Le groupe GDF SUEZ ne respecte pas ses engagements 

________________ 

 

 

Lors de la fusion entre Gaz de France et Suez, la Direction s’était engagée à garder une entreprise intégrée appartenant aux Industries Electriques et Gazières.  

 

Tournant le dos à ces engagements, GDF SUEZ SA voudrait aujourd’hui filialiser la DSI (Direction des Systèmes d’Information) et transférer ses salariés à la convention collective SYNTEC qui fédère l’essentiel des Sociétés de Services en Ingénierie Informatique (SSII). 

 

Ce projet est porteur de menaces pour les salariés, car la Direction pourrait alors procéder à des licenciements économiques comme elle le fait déjà dans de nombreuses filiales de droit commun du groupe GDF SUEZ, malgré la signature d’un « accord mondial sur les droits fondamentaux, le dialogue social et le 

développement durable » que le Groupe présente comme exemplaire. 

 

C’est pourquoi, si la Direction persiste dans son projet, les organisations syndicales de GDF SUEZ SA appellent les agents de la DSI à refuser d’intégrer cette filiale ; elles s’engagent à les soutenir et à tout mettre en œuvre pour stopper le projet de la Direction

 

Pièce jointe : Résolution unanime des représentants du personnel au Comité Central d’Entreprise de GDF SUEZ SA du 28 juillet 2011 

 

 

Interlocuteurs : 

CGT   Jean-François Di Giovanni   06 21 53 75 11 

CFDT   Emmanuel Toqué   06 08 75 25 91 

CFE-CGC  William Viry-Allemoz  06 72 27 42 20 

FO   Philippe Taurines   06 81 20 20 67 

31/05/2011

Incident à Eurodif Pierrelatte : trois jours pour être informé ...

lu sur :

 

Pont-Saint-Esprit Pierrelatte : anomalie décelée sur une installation d’Eurodif production  

 

Midi Libre 30/05/2011,
19 h 07 | Mis à jour le 30/05/2011, 19 h 29

 Le 27 mai dernier, une anomalie de remplissage sans conséquence vis-à-vis du personnel et de l’environnement, a été détectée lors d’une opération de transfert d’un produit dans un cristallisoir (récipient de forme cylindrique) du site d’Eurodif Production, basé à Pierrelatte (Drôme), près de Pont-Saint- Esprit.

Cette usine, implantée sur le site du Tricastin, a pour principale activité l’enrichissement de l’uranium sous forme d’hexafluore d’uranium (UF6). C’est là qu’est réalisée cette étape indispensable à la production du combustible nécessaire aux réacteurs des centrales nucléaires.

C’est une opération de contrôle qui a permis de confirmer un léger dépassement du seuil autorisé de remplissage d’UF6, dont le volume est demeuré inférieur à la capacité maximale de l’équipement en cause, lequel a été immédiatement vidangé.

Eurodif Production a proposé à l’Autorité de sûreté nucléaire un classement de cet incident au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires (Ines) graduée jusqu’à 7.

 

25/05/2011

La Suisse engage un processus de sortie progressive du nucléaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/05/25/la-suisse-engage-un-processus-de-sortie-progressive-du-nucleaire_1527299_3244.html

La Suisse engage un processus de sortie progressive du nucléaire

Le gouvernement suisse a recommandé au Parlement de ne pas remplacer les centrales nucléaires au terme de leur durée d'exploitation. Une décision finale des députés est attendue à la mi-juin.

14/05/2011

Le gouvernement réforme le code minier selon les souhaits des pétroliers

lu sur :

http://owni.fr/2011/05/11/le-gouvernement-reforme-le-code-minier-selon-les-souhaits-des-petroliers/

11/5/2011

Dans une lettre que s'est procurée OWNI, le lobby des pétroliers exigeait une réforme du code minier... que le gouvernement a scrupuleusement suivi pour modifier ce texte de loi!

Quand l’Amicale des foreurs écrit au Premier ministre pour qu’il réforme le code minier, elle le fait sans pincettes: dans une lettre du 6 septembre 2008 que s’est procurée OWNI, ce lobby des exploitants pétroliers demande d’assouplir dans des proportions considérables le texte de droit qui régit ses activités : …    

Première préoccupation des pétroliers: les demandes d’exploration ou d’exploitation bien trop longues, complexes et soucieuses de l’environnement. Reprochant les « études préalables longues et coûteuses » exigées par les autorités administratives, les foreurs ménagent néanmoins les sensibilités écologiques :….         

Pubmiée le 20 janvier dernier, l’ordonnance portant codification de la partie législative du code minier répond parfaitement aux exigences du lobby : alors que l’enquête publique préalable était auparavant laissée à l’appréciation des autorités locales, le nouveau code précise dans le chapitre II consacré aux permis exclusifs de recherche que « L’instruction de la demande ne comporte pas d’enquête publique ». Voilà un problème évacué sans s’encombrer de détail…..

Première difficulté rencontrée par le ministre: le code minier ne pouvait jusqu’ici pas être réformé par le gouvernement… L’astuce trouvée par Bercy consiste alors à ressortir une loi du 12 mai 2009 qui, au nom de « la simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures », permettait de modifier certains droits trop lourds par ordonnance. Pour ajouter le code minier à cette liste, le ministre insère discrètement au fin fond de la loi n°2010-1488, un article 28 élargissant les possibilités de réforme par ordonnance au fameux code minier.

Adoptée le 7 décembre 2010, cette nouvelle possibilité est utilisée par Eric Besson quelques semaines plus tard : le 19 janvier, sous prétexte de « simplification et clarification du droit », le ministre de l’Energie obtient en conseil des ministres l’adoption d’une ordonnance modifiant le code minier. Lequel est publié dès le lendemain au Journal officiel. La manœuvre aura pris un mois et demi et nécessité l’usage d’un « cavalier » et une procédure d’urgence pour la publication : un record !

Ce que la loi sur les gaz et huiles de schiste n’interdit pas              http://owni.fr/2011/05/11/ce-que-la-loi-sur-les-gaz-et-hu...

La loi sur les gaz et huiles de schiste avait d’abord vocation à « abroger les permis » de gaz et huiles non conventionnels accordés en France. Finalement, elle ne fera qu’interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures par la fracturation hydraulique. « Que ça », c’est déjà pas mal, estimeront certains : les débats à l’Assemblée nationale qui ont traîné jusqu’à une heure du matin passé mardi 10 mai ont accouché d’un compromis se concentrant sur la « fracturation hydraulique ». Or, c’est bien là que le bât blesse : la seule garantie de préservation de l’eau et de l’environnement tient dans ce mot. Au delà, les industriels retrouvent toute liberté.

La loi n’interdit pas les permis d’exploration ou d’exploitation des gaz et huiles de schiste… /   La loi n’interdit pas l’usage de techniques consistant à injecter de l’eau sous pression chargée de produits chimiques…/  La loi n’interdit pas l’exploitation d’hydrocarbures offshores…

La loi n’interdit pas l’exploitation des schistes bitumineux… /  La loi n’interdit pas l’expérimentation de « nouvelles techniques »…  /  La loi ne met pas en place de contrôle des conséquences écologiques de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels…

Un lobbyiste des gaz de schiste chez les députés                    http://owni.fr/2011/05/06/un-lobbyiste-des-gaz-de-schiste...

20/04/2011

Gaz de schiste : une société américaine attaque

lu sur :

http://www.romandie.com/infos/News2/110419104033.typz8z3l.asp

Gaz de schiste: recours d'une société américaine contre un arrêté municipal d'interdiction

LYON - La société américaine Schuepbach Energy LLC, titulaire de deux permis de recherches du gaz de schiste en France, a déposé un premier recours contre un arrêté d'interdiction, pris par le maire de Villeneuve-de-Berg (Ardèche), a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Ce recours pour "excès de pouvoir" a été déposé le 4 avril auprès du tribunal administratif de Lyon, qui vient de le notifier à la commune de Villeneuve-de-Berg en lui laissant 60 jours pour exposer ses arguments, selon la copie du document obtenue par l'AFP.

"Il ne s'agit pas d'une démarche agressive", a assuré à l'AFP l'avocat de Schuepbach, Me Marc Fornacciari, du barreau de Paris. L'arrêté ayant été pris début février dernier, "nous ne pouvions laisser passer le délai de deux mois pour agir", a-t-il justifié.

Schuepbach est titulaire de deux permis: celui dit de Villeneuve-de-Berg et celui dit de Nant (Aveyron), tous deux couvrant plusieurs communes, a rappelé l'avocat.

Une dizaine d'arrêtés d'interdiction ont été pris par des maires concernés par ces deux permis, d'après lui. Celui du maire de Villeneuve a été le premier.

Le conseil municipal a donné lundi soir au premier édile, Claude Pradal, le pouvoir d'aller en justice, a indiqué celui-ci à l'AFP, ajoutant: "On sait que le tribunal administratif nous donnera tort mais au moins on aura l'occasion de nous expliquer".

L'arrêté, justifié notamment par "les risques avérés pour la santé", interdit "les forages pour l'exploration et l'exploitation de gisement de gaz de schiste par la technique de la fracturation hydraulique" ainsi que l'utilisation de l'eau communale, potable ou non potable, à ces fins.

Si l'interdiction des explorations annoncée par le gouvernement la semaine dernière est votée prochainement, "nous verrons car le recours n'aura peut-être plus de raison d'être", a précisé Me Fornacciari.

(©AFP / 19 avril 2011 12h40)  

12/04/2011

France : TOTAL, 10 milliards de bénéfices non imposables !

lu sur :

http://www.usinenouvelle.com/article/total-ne-paie-toujours-pas-d-impot-sur-les-societes.N149641

Total ne paie (toujours) pas d'impôt sur les sociétés - Energie

Le 06 avril 2011 par Ana Lutzky

Alors qu'il dégage les plus importants bénéfices du CAC 40 (10 milliards d'euros), le groupe ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France. C’est ce que montre un bilan établi par les pouvoirs publics, qui se penchent sur une niche fiscale bénéficiant à 5 grands groupes en France.

Total est en train de renégocier avec Bercy la possibilité de réduire à nouveau (voire annuler) son impôt sur les sociétés. Comment? Par le mécanisme du bénéfice mondial consolidé. Il n’y a pas grand intérêt à l’heure actuelle : ce mécanisme n'est intéressant que si le groupe peut réduire l'impôt dû en France par la prise en compte de déficits à l'étranger. Or cela fait trois ans que Total ne fait pas de bénéfice dans l'Hexagone. Mais l'espoir de renouer, à terme, avec les bénéfices en France l'incite à renouveler l'opération, indique le quotidien Les Echos

Cette niche fiscale profite à seulement 5 entreprises (dont Total, Vivendi, NRJ et Euro Media Group), pour un coût officiel de 460 millions d'euros.

Une fois le feu vert de François Baroin obtenu, le groupe pourra donc continuer d'additionner le résultat de ses filiales dans le monde pour éventuellement réduire son impôt en France, et ce jusqu'en 2013.

« A un moment où les ménages subissent de plein fouet la hausse des prix, il n'est pas très raisonnable de renouveler ce régime de faveur pour trois ans supplémentaires », estime Jérôme Cahuzac, président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée.
Outre qu'il paie 800 millions de taxes en France (taxe foncière, taxe professionnelle, etc.), le groupe pétrolier se défend en indiquant que ses filiales françaises ont perdu 16 millions d'euros l'an dernier, mentionnent les Echos.
  

09/04/2011

France : vers une interdiction de l'exploitation des gaz de schiste ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/vers-l-interdiction-de-l-exploitation-des-gaz-de-schiste-08-04-2011-1317188_240.php

Vers l'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste

 Publié le 08/04/2011 à 17:04

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français s'est prononcé pour l'interdiction de l'exploitation du gaz de schiste et l'abrogation des permis déjà accordés, une décision saluée vendredi par l'écologiste José Bové.

L'exécutif a décidé de suivre le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, Christian Jacob, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi en ce sens, a-t-on appris vendredi auprès du parti présidentiel.

Les socialistes ayant déposé une proposition similaire, l'Assemblée pourrait adopter cette proposition à l'unanimité en une seule lecture et en procédure d'urgence au début du mois de mai, la date précise devant être arrêtée par la conférence des présidents des groupes politiques mardi prochain.

Devant les critiques émanant de tout l'éventail politique, le Premier ministre, François Fillon, avait déjà prolongé et élargi le 11 mars le moratoire sur la recherche et le forage de gaz ou d'huile de schiste, en attendant la remise fin avril des conclusions de diverses missions d'information.

Les critiques dénoncent les méthodes de forage nocives pour l'environnement qui, soulignent-ils, nécessitent d'importantes quantités d'eau et de détergents et menacent de provoquer de fortes pollutions.

Le gouvernement a octroyé en mars 2010, notamment à Total et GDF Suez, des permis de prospection dans trois zones situées dans le sud de la France, qui seront donc abrogés lorsque la proposition sera adoptée.

La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait affirmé fin mars devant les députés qu'il n'y aurait pas d'exploitation de gaz ou d'huile de schiste si les procédés d'extraction avaient une incidence écologique "désastreuse".

Le député européen José Bové s'est déclaré vendredi "ravi".

"Mais je reste excessivement prudent face à cette annonce gouvernementale, tant qu'une loi ne sera pas votée pour formaliser cet abandon officiel", a-t-il dit à Reuters.

"Cette annonce est un geste positif mais cela pouvait difficilement être différent puisque la France des terroirs avait dit massivement 'non' cet hiver à ces projets d'exploitation et puisque les membres de Parlement avaient relayé ce refus massif vers Paris", a-t-il ajouté.

L'élu Europe Ecologie-Les Verts a plusieurs fois mené des actions sur le terrain pour dénoncer la signature par l'Etat de trois autorisations d'études de faisabilité sur l'exploitation de gaz de schiste.

Emile Picy et Nicolas Fichot, édité par Yves Clarisse

Fukushima, Tchernobyl : « L'OMS répète les chiffres de l'AIEA »

lu sur :

http://www.rue89.com/2011/04/06/fukushima-tchernobyl-loms...

Un ancien de l'Organisation mondiale de la santé dénonce des liens malsains avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Dr. Michel Fernex (Yann Forget/Wikimedia Commons).

Ancien président de l'association Enfants de Tchernobyl-Bélarus, aujourd'hui professeur émérite à l'université de Bâle, Michel Fernex relève, lors de l'accident de Tchernobyl comme actuellement à Fukushima : une « étrange absence » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (*).

Médecin tropicaliste à l'OMS, il mène une carrière paisible nourrie d'idéaux, jusqu'à ce qu'il découvre fortuitement l'accord qui lie son institution à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)(**) : en 1995, il participe à un congrès sur les conséquences de Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki. Les actes ne sont pas publiés. Pourquoi ?

Son enquête commence au sein de l'OMS. Finalement, un ancien directeur général de l'agence de santé lui confiera que c'est l'AIEA qui a bloqué la publication, grâce à l'accord WHA 12-40 qui lie les deux institutions. Un accord inacceptable d'après lui, puisque l'OMS a pour but la santé publique dans le monde, et l'AIEA le développement du nucléaire civil.

Rue89 : Comment est né l'accord entre l'OMS et l'AIEA de 1959, dit WHA 12-40 ?

Michel Fernex : En 1956, l'OMS a posé la question suivante à des généticiens :

« Quels sont les effets génétiques des radiations chez l'homme, puisque l'industrie nucléaire se développe et que des radiations vont toucher de plus en plus d'humains ? »

Le groupe de travail comportait un prix Nobel de génétique et d'autres grands noms. Les conclusions du rapport étaient que cette industrie va accroître le rayonnement et, de ce fait, augmenter aussi les mutations dans la population. Et elles seront nuisibles pour l'individu et pour ses descendants.

Cet avertissement a beaucoup inquiété l'ONU, qui a créé l'Agence internationale de l'énergie atomique en 1957, soit seulement un an plus tard. L'AIEA a, selon ses statuts, comme objet principal :

« D'accélérer et d'accroitre la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. »

Traduction : c'est une agence de promotion du nucléaire commercial.

Les choses se sont gâtées lorsque l'AIEA a conclu avec toutes les agences subalternes des accords. L'existence de ces derniers est normale, mais l'accord avec l'OMS a des particularités.

L'une d'entre elles est d'exiger la confidentialité dans certains domaines, sans préciser lesquels. Ce qui est tout à fait contraire à la Constitution de l'OMS. Car l'opinion publique ne doit pas subir de secret sous prétexte que le nucléaire est dangereux.

Un autre point de l'accord indique que les deux agences doivent être d'accord pour tout projet qui concerne un intérêt commun. Illustration au moment de Tchernobyl. (Ecouter le son)

 

 

Vous voyez des ressemblances entre le comportement de l'OMS lors de la catastrophe de Tchernobyl et aujourd'hui avec Fukushima ?

J'y vois une même absence, une étrange absence. Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l'OMS n'en a pas fait. L'OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l'AIEA.

Actuellement, si vous allez au Japon et que vous cherchez l'OMS, vous ne la trouverez pas. Ils ne sont pas là. L'AIEA est là depuis le départ. C'est l'effacement total de l'OMS face à un nouvel accident nucléaire.

Et ils vous diront qu'il y a eu 40, 50, 5 000 ou 500 000 malades. Cela dépendra des chiffres que fournira l'AIEA.

Vous voulez dire que l'on « décide » d'un nombre de morts ou de malades ?

C'est ce qui s'est passé pour Tchernobyl… Je suis allé au forum de l'OMS en 2004 à Genève, un représentant de l'AIEA présidait le forum pendant trois jours.

Dans son introduction, il nous a expliqué que nous allions décider s'il y a eu plutôt 400 000 ou 40 décès dus à Tchernobyl. Et nous avons, au bout de trois jours, fini à 38 décès. Comment ? Je vais vous montrer comment on supprime un sujet…

Les scientifiques ont exclu la pédiatrie du débat, car une pédiatre interrogée à brûle-pourpoint n'a su que répondre. (Ecouter le son)

 

 

Votre expérience de terrain, auprès des enfants en Biélorussie, dément l'affirmation de l'OMS selon laquelle les radiations se dispersent très vite dans l'atmosphère. Expliquez-nous ce que vous avez trouvé.

De génération en génération, on trouve de plus en plus de mutations génétiques. On a constaté dans des zones contaminées de l'apathie, des leucémies, des malformations cardiaques, des cas de vieillissement prématuré, mais aussi une augmentation du diabète de type 1, sans facteur héréditaire et ce de plus en plus tôt, chez des enfants toujours plus jeunes, parfois même chez les nourrissons. Et mille autres choses encore…

Les radionucléides stockés dans le sol contaminent les aliments, surtout les arbres. Or, les gens prennent librement du bois dans les forêts. Ce bois chauffe la maison et alimente le poêle de la cuisine. La pièce la plus chargée en radioactivité est donc souvent la cuisine. On place ensuite les cendres dans un seau et elles servent d'engrais. La contamination du potager est donc entretenue et peut-être même amplifiée.

Ces phénomènes ne s'atténuent pas avec le temps, bien au contraire.

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(*)   Organisation mondiale de la santé - Wikipédia

(**) Agence internationale de l'énergie atomique - Wikipédia

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A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

31/03/2011

Gaz de schiste : le gouvernement souhaite informer, les socialistes veulent interdire

à lire sur :

http://www.actu-environnement.com/ae/news/gaz-de-schiste-permis-exploration-exploitation-12223.php4

Gaz de schiste : le gouvernement souhaite informer, les socialistes veulent interdire

Le gouvernement prévoit une consultation du public avant toute exploration du sous-sol français, a annoncé NKM. De leur côté, les députés socialistes demandent une interdiction des forages et une annulation des permis accordés aux industriels. 

extrait :

..."''L'argument qui a été avancé, ces dernières semaines, par le Gouvernement pour justifier la délivrance des permis de recherches de mines de gaz et d'huile de schiste, et selon lequel un permis d'exploration ne signifie aucunement un permis d'exploitation -beaucoup plus impactant pour l'environnement et la santé- ne tient pas.

Les entreprises, qui se sont vu octroyer un permis exclusif de recherches, investissent des millions dans ce processus d'exploration, espérant pouvoir exploiter les potentiels gisements d'hydrocarbures non conventionnels situés dans leur périmètre.

Les forages de prospection ne sont, d'évidence, que la première étape du processus industriel minier''.

Les députés rappellent, dans l'exposé des motifs, que les sommes déjà engagées par les entreprises pour exploiter le sous-sol sont ''astronomiques'', citant pour exemple les 39.933.700€ engagés par la société Schuepbach Energy pour explorer le sous-sol ardéchois."...

21/03/2011

Un débat sur les choix nucléaires avait déjà eu lieu en 2005

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/18/un-debat-sur-le-nucleaire-avait-deja-eu-lieu-en-2005_1494838_823448.html

Un débat sur les choix nucléaires avait déjà eu lieu en 2005

 

Après la catastrophe de Fukushima, les politiques français sont unanimes : un débat sur le nucléaire est nécessaire. Mais la précédente tentative, en 2005, avait tourné court. 

18/03/2011

Avant Fukushima, les précédents accidents nucléaires

lu sur 

http://www.liberation.fr/terre/01012325433-les-precedents-accidents-nucleaires

14/03/2011 à 00h00

Les précédents accidents nucléaires

éclairage

Avant Fukushima, il y eut Mayak, Three Mile Island et Tchernobyl. 

Par LAURE NOUALHAT

Quel que soit le scénario qui se développera au Japon dans les jours qui viennent, Fukushima peut déjà prétendre au podium des accidents nucléaires majeurs : Mayak, Three Mile Island et Tchernobyl. On l’oublie toujours, mais le premier accident majeur de l’histoire du nucléaire s’est déroulé en 1957, sur le site militaire russe de Mayak, dans le sud-est de l’Oural. Suite à une panne électrique, l’explosion d’une cuve de déchets hautement radioactifs a provoqué un panache dont les retombées ont contaminé une zone de 30 000 km2, entraînant la mort de 200 personnes, l’évacuation de 10 000 habitants et l’exposition de plus de 500 000 Russes. L’époque est alors au secret et l’Occident n’apprend cette catastrophe majeure qu’en 1976.

Le secret a été plus difficile à maintenir en mars 1979, lorsque la centrale américaine de Three Mile Island (TMI, en Pennsylvanie) a frôlé le pire. Après une succession de pannes et d’actions inappropriées - certaines vannes du circuit primaire étant restées ouvertes -, le cœur du réacteur s’est mis à fondre à cause d’un déficit de refroidissement. Heureusement, l’enceinte de confinement a parfaitement rempli son rôle en contenant le combustible fondu. Aucun rejet radioactif majeur n’a été constaté, mais l’événement a tout de même été classé 5 sur l’échelle des risques nucléaires, qui en compte 7. Et même si cet incident n’a pas eu de conséquences sanitaires ni écologiques majeures, il a refroidi l’enthousiasme de Wall Street et des compagnies d’assurance à l’égard du nucléaire. Depuis TMI, plus aucune centrale civile n’a été construite aux Etats-Unis.

Le pire accident reste sans conteste Tchernobyl. Dans la nuit du 26 avril 1986, à cause d’opérations de maintenance non maîtrisées, le réacteur 4 de la centrale ukrainienne s’est emballé jusqu’à l’explosion. Une vingtaine de pompiers, dépêchés sur place pour éteindre l’incendie, meurent dans les semaines qui suivent l’explosion. Les 40 000 habitants de la ville voisine de Pripyat sont immédiatement évacué, sans espoir de retour. Durant une dizaine de jours, des matières radioactives se sont échappées par le toit déchiqueté du réacteur. Le nuage a survolé une bonne partie de l’Europe, dont la France, l’Italie, l’Allemagne, la Norvège… Le système soviétique a permis de mobiliser des centaines de milliers de liquidateurs pour «nettoyer» les conséquences de la contamination : enfouissement de villages, construction d’un sarcophage… Vingt-cinq ans plus tard, la vie est toujours interdite dans un périmètre de 30 km autour de la centrale. L’équivalent de la moitié du territoire français, soit plus de 300 000 km2, est toujours contaminé par du césium 137 et du strontium 90, et les populations suivent encore des mesures de radioprotection importantes.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.liberation.fr/monde/01012326087-les-centrales-japonaises-un-probleme-serieux-pour-l-aeia-revele-wikileaks

Les centrales japonaises, «un problème sérieux» pour l'AEIA, révèle Wikileaks

17/03/2011 à 07h08

L'Agence internationale de l'énergie atomique avait dénoncé en 2009 l'obsolescence des critères de sécurité nippons.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a averti le Japon il y a deux ans qu’un séisme important pouvait poser «un problème sérieux» à ses centrales nucléaires, selon des câbles américains obtenus par le site WikiLeaks et auxquels le quotidien britannique Telegraph a eu accès.

Un câble diplomatique américain révèle qu’un expert de l’AEIA s’était inquiété de ce que les réacteurs japonais n’étaient conçus que pour résister à des séismes d’une magnitude de 7 degrés. Selon ce document, le responsable de l’AIEA avait indiqué lors d’une réunion du Groupe sur la sûreté et la sécurité nucléaires du G8 à Tokyo, en 2008, que les critères de sécurité du Japon étaient obsolètes.

«Il a expliqué que les normes concernant la sécurité nucléaire n’avaient été révisées que trois fois en 35 ans et que l’AIEA les réexamine maintenant», indiquait le câble à l’époque.

«Le responsable a également noté que des séismes récents avaient dans certains cas été au-delà des limites prévues pour certaines centrales nucléaires et qu’il s’agit d’un problème sérieux qui est maintenant en train de conditionner les travaux de sécurité sismique», ajoutait le document.

Le gouvernement a répondu en contruisant un centre de réponses aux urgences sur le site de Fukushima, mais la centrale était toujours conçue pour ne résister qu’à des séismes de magnitude 7.

Les autorités japonaises continuaient à lutter jeudi par tous les moyens pour tenter de refroidir des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima 1, frappée vendredi par un séisme de magnitude 9 suivi d’un tsunami, afin d’éviter une catastrophe nucléaire.

Un autre câble de 2006 indique que le gouvernement japonais s’est opposé à l’ordre d’un tribunal de fermer une centrale dans l’ouest en raison de doutes sur sa résistance à un séisme. L’Agence de sécurité nucléaire et industrielle du Japon avait estimé que le réacteur était «sûr» et que «toutes les analyses sur sa sécurité avaient été effectuées de façon appropriée», indique le câble.

(Source AFP)

13/03/2011

Communiqué de presse du 12 mars 2011 - Séisme et catastrophe nucléaire : les réacteurs français sont vulnérables !

lu sur :

http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/alerte-nucleaire-au-japon-apres-un/article/seisme-et-catastrophe-nucleaire

Séisme et catastrophe nucléaire - Réseau "Sortir du nucléaire"

Communiqué de presse du Réseau "Sortir du nucléaire" du 12 mars

Au Japon : un accident majeur de gravité comparable à Three Mile Island

L’agence de sûreté nucléaire japonaise a annoncé samedi qu’il y a une forte probabilité pour que la présence de césium radioactif autour du réacteur n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi provienne de la fusion de crayons de combustible (1), c’est à dire d’une fusion partielle du coeur nucléaire. Les autorités japonaises s’apprêtent à distribuer de l’iode aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires en détresse (2).

Une partie des barres de combustible du réacteur n°1 de la centrale Fukushima Daiichi est exposée à l’air libre selon l’agence japonaise de sûreté nucléaire (3). Selon Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima-Daiichi, un nouveau tremblement de terre a précédé l’explosion du réacteur n°1 (4). Le versement de l’eau de mer destiné à refroidir le réacteur n°1 a dû être suspendu à cause d’un nouveau tremblement de terre et la peur d’un nouveau tsunami (5). C’est pourtant le seul moyen restant pour empêcher une fusion totale du coeur, puisque l’opérateur n’a plus aucun moyen de contrôle sur le réacteur. Les deux autres réacteurs arrêtés en urgence de la centrale de Fukushiwa Daiichi sont toujours confrontés à des problèmes de refroidissement du coeur nucléaire. Dans la centrale de Fukushima Daini (située à 11 km de la centrale de Fukushiwa Daiichi), Tepco doit relâcher de la vapeur radioactive pour tenter de diminuer la température de 3 des 4 réacteurs arrêtés en urgence (6).

En France : des réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, construits en dépit des normes sismiques

Les réacteurs nucléaires français ne respectent pas les normes sismiques de référence. EDF est allé jusqu’à falsifier les données sismologiques pour éviter d’avoir à le reconnaître et d’investir au moins 1,9 milliard d’euros afin de mettre les réacteurs aux normes (7). La justice a rejeté mercredi dernier la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale française, pourtant située dans une zone à risque sismique élevé.

Mais ni les normes sismiques draconiennes du Japon ni ses technologies parasismiques avancées n’ont pu empêcher la catastrophe nucléaire majeure qui s’y produit actuellement. Le Japon est pourtant le pays le mieux équipé et le mieux préparé au monde pour faire face au risque sismique dans toutes ses dimensions. Le Japon est également une des premières économies de la planète et un pays leader en matière de technologies de pointe.

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », le dramatique exemple japonais démontre qu’il est totalement impossible de construire des réacteurs nucléaires résistant à un séisme. La seule solution véritable pour se prémunir de ce risque gravissime est d’engager le plus rapidement possible un plan de sortie du nucléaire.

La machine à étouffer l’information se met en marche

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Industrie, ont décidé de réunir cet après midi l’ensemble des acteurs français du secteur du nucléaire... dont les industriels EDF et Areva. Il apparaît d’ores et déjà évident que le secteur nucléaire français et ses soutiens au plus haut niveau de l’État se préparent à communiquer pour sauver la crédibilité de la filière nucléaire. Mais il ne sera pas possible cette fois de recourir au cliché usé jusqu’à la corde de l’ « accident survenu sur une centrale soviétique vétuste », que l’industrie nucléaire a utilisé abondamment pour laisser croire qu’un accident nucléaire grave ne pouvait pas se produire hors d’URSS.

Il faut aujourd’hui considérer avec prudence les informations provenant de Tepco, l’exploitant des réacteurs japonais en déroute. En effet, 15 réacteurs nucléaires ont été fermés au Japon pendant des mois en 2002 et 2003, par décision administrative, après que Tepco avait falsifié des documents concernant la sécurité.

Notes :

(1) "The agency said there was a strong possibility that the radioactive cesium monitors detected was from the melting of a fuel rod at the plant, adding that engineers were continuing to cool the fuel rods by pumping water around them." http://edition.cnn.com/2011/WORLD/asiapcf/03/12/japan.nuc...

(2) http://www.sankei.jp.msn.com/affairs/news/110312/dst11031...

(3) "L’Agence japonaise de sûreté nucléaire annonce que certaines des barres de combustible du réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima No 1 ont émergé à la surface de la piscine du réacteur samedi midi, parce que le niveau de l’eau a baissé." http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/french/top/news08.html

(4) "a vertical earthquake hit the site and big explosion has happened near the Unit 1 and smoke breaks out around 3:36PM." http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11031223...

(5) NHK à 17h35 le12.03.11

(6) "we have decided to prepare implementing measures to reduce the pressure of the reactor containment vessel (partial discharge of air containing radioactive materials) in order to fully secure safety. These measures are considered to be implemented in Units 1, 2 and 3 http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11031223...

(7) Consulter les documents confidentiels d’EDF et l’analyse effectuée par le Réseau « Sortir du nucléaire » : http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer...

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