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10/09/2015

Monsanto, pesticides, lobby patronal, éducation ...

Quelques articles à lire sur BASTAMAG (lien ci-contre)

 

10/09/2015 JUSTICE

Intoxication aux pesticides : un céréalier français fait condamner Monsanto

« Cette victoire est dédiée à tous ceux qui ne sont plus là aujourd’hui pour se (...)

 

0/09/2015 SANTÉ PUBLIQUE

Preignac, ses vignobles, ses pesticides et ses enfants malades de cancer

Les enfants atteints de cancers sur la commune viticole de Preignac, en (...)

 

04/09/2015 EDUCATION

Quand un lobby patronal s’invite dans les lycées pour influencer les enseignants

Cela se présente comme une sélection d’articles d’actualité destinée aux (...)

28/03/2015

Latin - Grec : dernier rempart contre le matérialisme anglo-saxon (suite)

lu sur le lien :

Les humanités sont indispensables à toute éducation démocratique

tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=12339

Par Florence Dupont (tribune dans Le Monde du 29 mars 2015)

Il faut défendre le latin et le grec, non au nom de prétendues racines communes, mais au nomd'une culture partagée, et parce que plonger les élèves dans l'Antiquité les amène à la poésie de la différence
 
Apprendre mieux pour réussir mieux  ", ce slogan qui sert de titre à la réforme du collège de 2016 n'est-il que l'erreur d'un conseiller en communication  ? Com-ment a-t-il pu échapper à la ministre que ce jeu dangereux avec la fameuse formule de Nicolas Sarkozy allait marquer cette réforme du sceau de l'utilitarisme libéral  ? Une erreur  ? Sans doute pas car, après avoir focalisé le projet de collège sur "  les savoirs fondamentaux et les com-pétences du monde actuel  ", elle ajoute  : "  Qu'il soit enfin un collège de l'épanouissement et de la citoyenneté, qui crée du commun et fasse vivre les valeurs de la République.  " Cet "  enfin  " est révélateur. Il devrait être un "  d'abord  ".

Comment, en effet, "  créer du commun et faire vivre les valeurs de la République  " en n'ajoutant pas aux trois savoirs fondamentaux une mémoire commune qui dépasse les frontières et transcende les langues, les religions et les nationalités  ? La meilleure façon de créer du commun, n'est-ce pas de faire savoir aux enfants des collèges que l'Antiquité grecque et romaine est leur héritage à tous et que la République, ne serait-ce que son nom, en est issue. Les langues et cultures de l'Antiquité ne doivent pas être une simple option, noyée entre le développement durable et la création artistique. Le grec et le latin ne sont pas solubles dans les espaces pédagogiques interactifs (EPI). On "  créera du commun  " quand tous les élèves apprendront dès la sixième qu'il y a deux mille ans, leurs ancêtres, ceux qui habitaient l'actuelle Europe comme ceux des autres rives de la Méditerranée, appartenaient à la même res publica, qu'ils avaient deux langues – le grec et le latin – et une culture commune, qu'ils vivaient en paix tout en étant différents.

Un facteur d'intégration

Augustin s'adressait à Dieu en latin, lisait le grec et bavardait avec sa nourrice en libyque. Quant aux autres, dont les familles viennent d'Extrême-Orient ou d'Afrique subsaharienne, rien ne les empêche de s'emparer d'une Antiquité qui n'est la propriété de personne  : les Grecs et les Romains ne sont pas nos origines, ils ne nous ressemblent pas. C'est pourquoi ils peuvent offrir aux collégiens un imaginaire qui les emmène ailleurs, dans un espace pacifié, trop loin, trop différent pour être agité par les passions identitaires contemporaines. La connaissance de l'Antiquité et des langues anciennes serait un puissant facteur d'intégration si elle était diffusée à tous. Enseignez le grec en ZEP et vous aurez la chance que vos élèves, un de mes collègues l'a vécu, fassent des tags en grec ancien.

Le luxe paie. Mme Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle oublié, en devenant ministre de l'éducation nationale, que ses ancêtres, comme les miens, parlaient latin sur le forum de leur cité de province  ? Et peut-être chantaient-ils en grec au banquet dans des jardins ornés de mosaïques célébrant la même culture gréco-romaine. Un grand nombre de ces mosaïques sont en Tunisie, au Musée du Bardo, attaqué il y a quelques jours par les terroristes de l'Etat islamique. La plus fameuse est celle où le poète Virgile est assis entre les muses de l'histoire et de la tragédie. Il tient sur ses genoux un rouleau de papyrus, où l'on peut lire le 8e vers de L'Enéide. Combien seront capables de comprendre cette mosaïque, parmi ceux qui seront passés par le collège réformé 2016  ? Quelques-uns, encore moins nombreux qu'aujourd'hui  : "  Virgile, connais pas.  " La réforme proposée par la ministre ne doit pas priver nos enfants de la mosaïque de Sousse et ne doit pas faire le jeu des barbares qui détruisent l'art préislamique et attaquent les musées.

A qui profite l'ignorance de l'Antiquité, sinon aux intégristes religieux et aux fanatiques de l'identité ethnique  ? A ceux qui pré-tendent qu'il y a toujours eu et donc qu'il y aura toujours des "  Gaulois  " et des "  Arabes  ", des "  Blancs  " et des "  Noirs  ", des "  Aryens  " et des "  Sémites  ". A ceux qui confondent allègrement langue, religion, culture et pays d'origine et alimentent un communautarisme imaginaire qui remonterait à la nuit des temps. Quelle meilleure façon de lutter contre les intégrismes et les communautarismes, contre l'homophobie, le sexisme ou le -racisme, que d'emmener les collégiens faire un tour dans l'Antiquité  ? Ils y apprendront qu'il y a d'autres religions que les trois monothéismes. Ils visiteront un monde où les langues, les cultures, les références ethniques, les dieux se superposent et s'ajoutent. Ils rencontreront d'autres types d'humanité, d'autres mœurs, d'autres façons d'être une femme ou d'être un homme. Et ils verront concrètement que le genre n'est pas une fantaisie d'intellectuel. Ils constateront que les sociétés changent sans cesse et que ce qu'ils croyaient inscrits dans la nature humaine de toute éternité sont des constructions historiques et instables.

Il ne s'agit pas de défendre le collège d'hier contre la réforme car, en ce domaine, celle-ci ne fait que continuer l'œuvre des prédécesseurs de la ministre. Réformer consisterait à tourner le dos à plus d'un siècle de politique scolaire qui a réservé les langues anciennes et leurs littératures à un public de plus en plus étroit. Beaucoup accusent les langues anciennes d'être élitistes. C'est prendre l'effet pour la cause. Le collège unique était une belle idée démocratique, mais qui consista souvent à retirer aux uns ce qu'on ne donnait pas aux autres. La République a toujours eu du mal avec les Humanités anciennes, qu'elle n'a jamais accepté de démocratiser. Virgile pour tous n'était pas dans ses programmes. Faisons mentir Tocqueville, qui écrivait dans De la démocratie en Amérique  : "  Il est évident que, dans les sociétés démocratiques, l'intérêt des individus, aussi bien que la sûreté de l'Etat, exige que l'éducation du plus grand nombre soit scientifique, commerciale et industrielle plutôt que littéraire.  "

Par Florence Dupont

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sur le même sujet :
 
VousNousIls.fr - 

19/12/2014

Comme les "grands" : PAS DE TABLETTES NUMÉRIQUES POUR NOËL !

communiqué :

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 Voir :

Steve Jobs Was a Low-Tech Parent NYTimes.com 

www.nytimes.com/2014/09/.../steve-jobs-apple-was-a-low-tech-parent.html

10 Sep 2014 ... By NICK BILTON SEPT. 10, 2014 ... during the week, and her older children, 10 to 13, are allowed only 30 minutes a day on school nights.

When Steve Jobs was running Apple, he was known to call journalists to either pat them on the back for a recent article or, more often than not, explain how they got it wrong. I was on the receiving end of a few of those calls. But nothing shocked me more than something Mr. Jobs said to me in late 2010 after he had finished chewing me out for something I had written about an iPad shortcoming.

“So, your kids must love the iPad?” I asked Mr. Jobs, trying to change the subject. The company’s first tablet was just hitting the shelves. “They haven’t used it,” he told me. “We limit how much technology our kids use at home.”

I’m sure I responded with a gasp and dumbfounded silence. I had imagined the Jobs’s household was like a nerd’s paradise: that the walls were giant touch screens, the dining table was made from tiles of iPads and that iPods were handed out to guests like chocolates on a pillow.

Nope, Mr. Jobs told me, not even close.

Since then, I’ve met a number of technology chief executives and venture capitalists who say similar things: they strictly limit their children’s screen time, often banning all gadgets on school nights, and allocating ascetic time limits on weekends.

I was perplexed by this parenting style. After all, most parents seem to take the opposite approach, letting their children bathe in the glow of tablets, smartphones and computers, day and night.

Yet these tech C.E.O.’s seem to know something that the rest of us don’t.

Chris Anderson, the former editor of Wired and now chief executive of 3D Robotics, a drone maker, has instituted time limits and parental controls on every device in his home. “My kids accuse me and my wife of being fascists and overly concerned about tech, and they say that none of their friends have the same rules,” he said of his five children, 6 to 17. “That’s because we have seen the dangers of technology firsthand. I’ve seen it in myself, I don’t want to see that happen to my kids.”

The dangers he is referring to include exposure to harmful content like pornography, bullying from other kids, and perhaps worse of all, becoming addicted to their devices, just like their parents.

Alex Constantinople, the chief executive of the OutCast Agency, a tech-focused communications and marketing firm, said her youngest son, who is 5, is never allowed to use gadgets during the week, and her older children, 10 to 13, are allowed only 30 minutes a day on school nights.

Evan Williams, a founder of Blogger, Twitter and Medium, and his wife, Sara Williams, said that in lieu of iPads, their two young boys have hundreds of books (yes, physical ones) that they can pick up and read anytime.

So how do tech moms and dads determine the proper boundary for their children? In general, it is set by age.

Children under 10 seem to be most susceptible to becoming addicted, so these parents draw the line at not allowing any gadgets during the week. On weekends, there are limits of 30 minutes to two hours on iPad and smartphone use. And 10- to 14-year-olds are allowed to use computers on school nights, but only for homework.

“We have a strict no screen time during the week rule for our kids,” said Lesley Gold, founder and chief executive of the SutherlandGold Group, a tech media relations and analytics company. “But you have to make allowances as they get older and need a computer for school.”

Some parents also forbid teenagers from using social networks, except for services like Snapchat, which deletes messages after they have been sent. This way they don’t have to worry about saying something online that will haunt them later in life, one executive told me.

Although some non-tech parents I know give smartphones to children as young as 8, many who work in tech wait until their child is 14. While these teenagers can make calls and text, they are not given a data plan until 16. But there is one rule that is universal among the tech parents I polled.

“This is rule No. 1: There are no screens in the bedroom. Period. Ever,” Mr. Anderson said.

While some tech parents assign limits based on time, others are much stricter about what their children are allowed to do with screens.

Ali Partovi, a founder of iLike and adviser to Facebook, Dropbox and Zappos, said there should be a strong distinction between time spent “consuming,” like watching YouTube or playing video games, and time spent “creating” on screens.

“Just as I wouldn’t dream of limiting how much time a kid can spend with her paintbrushes, or playing her piano, or writing, I think it’s absurd to limit her time spent creating computer art, editing video, or computer programming,” he said.

Others said that outright bans could backfire and create a digital monster.

Dick Costolo, chief executive of Twitter, told me he and his wife approved of unlimited gadget use as long as their two teenage children were in the living room. They believe that too many time limits could have adverse effects on their children.

“When I was at the University of Michigan, there was this guy who lived in the dorm next to me and he had cases and cases of Coca-Cola and other sodas in his room,” Mr. Costolo said. “I later found out that it was because his parents had never let him have soda when he was growing up. If you don’t let your kids have some exposure to this stuff, what problems does it cause later?”

I never asked Mr. Jobs what his children did instead of using the gadgets he built, so I reached out to Walter Isaacson, the author of “Steve Jobs,” who spent a lot of time at their home.

“Every evening Steve made a point of having dinner at the big long table in their kitchen, discussing books and history and a variety of things,” he said. “No one ever pulled out an iPad or computer. The kids did not seem addicted at all to devices.”

06/12/2013

Comment la recherche scientifique en France est elle organisée ?

à lire sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/02/pour-un-acces-aux-donnees-sur-la-recherche-francaise_3523991_1650684.html

Pour un accès aux données sur la recherche française


 

02/07/2013

Il est plus que temps de défendre la langue française

Un appel qui est toujours d'actualité.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/12/07/langue-francaise-etat-d-urgence-par-un-collectif-d-associations_1277289_3232.html

Langue française : état d'urgence, par un collectif d'associations

Le Monde.fr | 07.12.2009 à 16h46 • Mis à jour le 07.12.2009 à 18h02

Les associations qui signent cet appel regroupent des démocrates de toutes sensibilités idéologiques. Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France. 
"Langue de la République" (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre-ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l'"identité nationale". Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu'au Québec, en Afriquefrancophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l'est moins par l'air du temps que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprisesfrançaises avec l'appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d'abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu'" il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation", le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.

L'heure est donc venue d'appeler tous les citoyens à la résistance linguistique.

Nos associations en appellent au peuple français et à tous les francophones du monde, à tous ceux qui savent ce que la liberté, l'égalité, la fraternité, mais aussi la littérature, la philosophie, le droit et les sciences doivent à la langue des Molière, Césaire, Verhaeren et Senghor.

Depuis longtemps, on n'en est plus aux seuls emprunts massifs à l'anglo-américain ; nombre de grandes entreprises s'emploient à basculer au tout-anglais une bonne part de leurs pratiques langagières : "Time to move !" est le titre du programme de mutations que France-Teuleucom impose à ses salariés, ajoutant l'humiliation linguistique à l'effrayante dégradation de leurs conditions de travail. C'est aussi la mode – le "mood" – chez AREVA... Dans la distribution, Carrefour, Auchan... basculent leurs produits et enseignes à l'anglais de bazar, imités par des services publics comme la SNCF, La Poste ou Air France... Loin du programme du Conseil national de la Résistance, la devise du Medef n'est-elle pas"ready for the future" ? Sommet du "dialogue social" : c'est en anglais que les ouvriers de Continental-Clairoix, réunis dans leur cour d'usine, ont appris leur licenciement collectif ! Les choses sont déjà si avancées, tels les fromages forts, que des syndicats de diverses obédiences, CGT, CFTC, UNSA, CGC..., ont dûmonter au créneau pour " défendre le droit de travailler en français en France ".

Voyez aussi les travaux de la recherche scientifique française : des siècles après l'acte révolutionnaire de Descartes publiant en français le Discours de la méthode, ils ne sont souvent plus pensés et écrits par nos chercheurs qu'en anglo-américain, même pas toujours traduits en français. Passons sur la chanson, sur les pubs en anglais qui, aux heures de grande écoute, ciblent surtout les jeunes, les enfants... Que fait le CSA ?

On ne voit que trop qui sert cette politique d'anéantissement linguistique sous son emballage pseudo-moderne : elle sert cette "élite" et ces privilégiés qui, pas seulement à droite, n'hésitent pas à désintégrer leur langue maternelle pour mieux intégrer l'élite mondialisée et ressembler à leurs maîtres ! Les "gens de peu", pour leur part, sont voués à une discrimination linguistique plus forte que jamais. Quant à nos cadres moyens qui croient s'en tirer en ingurgitant le "Wall Street English" promu dans le métro parisien, le basculement au tout-anglais consacre leur aliénation dans un travail de plus en plus dévalorisé.

Face aux coups portés, le silence des autorités inquiète. Pis : des ministres approuvent ou annoncent diverses mesures de substitution de l'anglais au français, des petites classes jusqu'à l'enseignement supérieur. Ainsi la nouvelle antenne de Reims de Sciences-Po dispensera-t-elle tous ses cours en anglais. Ainsi Mme Valérie Pécresse semble-t-elle chercher à extraire l'Université du champ de la loi Toubon. Ainsi le chef de l'Etat annonce-t-il que des enseignements fondamentaux du second degré pourraient être dispensés "en langues étrangères"(traduisons : en anglais).

De cet arrachage linguistique, c'est peu dire que l'Union européenne, à laquelle ses textes fondateurs font pourtant obligation de défendre les langues nationales, fait peu de cas. Au nom du libéralisme économique, son exécutif s'emploie même à démanteler toute protection juridique des langues nationales, au point que c'est souvent de directives bruxelloises que se prévalent les décideurs français pourcontourner la loi.
C'est pourquoi nous exigeons un grand débat national sur la place respective du français et des autres langues, pour que l'assassinat linguistique planifié ne puisse s'accomplir en silence et pour que le peuple souverain se saisisse de la défensede sa langue.

L'actuel gouvernement qui glose sur l'identité nationale va-t-il contribuer àenfermer le peuple français dans une langue unique imposée ? La défense de notre héritage linguistique implique une protection et une promotion actives de la langue française, de la diversité linguistique et de la francophonie, sur notre continent et dans le monde. Parlons ici seulement de ce qu'il faut pour revenir au bon sens : à l'école élémentaire ou au collège, asseoir d'abord un solide apprentissage des langues nationales en Europe, puis commencer celui de deux langues étrangères dont la première, selon la recommandation du professeur Hagège, serait autre que l'anglais ; réaffirmer le français comme langue de l'enseignement supérieur ; lui rendre droit de cité dans la recherche ; fairerespecter par Bruxelles sa propre législation linguistique.

Notre appel s'adresse aussi aux espérantistes, aux amis des langues régionales, vite éradiquées si la langue commune était marginalisée, aux immigrés qui veulentcontinuer à parler notre langue sans oublier celle de leur pays d'origine, à nos compatriotes des DOM qui veulent parler français ET créole. Si une langue de portée mondiale comme la nôtre finissait par être supplantée sur sa terre natale, quelle autre langue, en Europe, pourrait résister au rouleau compresseur de l'anglo-américain ? Cet appel à la résistance et à la créativité linguistique de tous les francophones s'adresse aux citoyens et aux décideurs conscients de leurs responsabilités, aux salariés, étudiants, enseignants, entrepreneurs de base, qui font vivre le français en l'habitant au quotidien. Car, en marginalisant sa langue, c'est le peuple qu'en définitive on voudrait déloger de ses rêves.

Nous interpellons enfin avec gravité les écrivains, penseurs, traducteurs et autres créateurs de toute la francophonie, partout où notre langue est pratiquée et aimée :vous dont la langue constitue l'outil de travail et l'élément existentiel, entrez en résistance publique contre la langue unique ! Cinq siècles après Joachim du Bellay appelant à la "défense et [l']illustration" du français, faisons vivre notre langue et défendons-la contre la logique barbare de l'argent roi.

Signataires :

Alliance Champlain,
Association francophonie avenir 
(Afrav),

Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf),
Avenir de la langue française (ALF),
Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC),
CO.U.R.R.I.E.L.,
Défense de la langue française Paris-Ile-de-France (DLF Paris-IDF),
Forum francophone international France (FFI France),
Le droit de comprendre (DDC),
Le français en partage,
Gerflint.

09/05/2013

La langue française en bonne voie pour devenir une langue morte !

Décidément, le gouvernement actuel multiplie les erreurs !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/05/09/le-developpement-des-cours-en-anglais-a-l-universite-dechire-le-monde-academique_3174101_1473692.html

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LE MONDE | 09.05.2013 à 10h21 • Mis à jour le 09.05.2013 à 11h18

Par Benoît Floc'h

La France saborde-t-elle sa langue au nom de la compétition universitaire internationale ? Le projet de loi sur l'enseignement supérieur, attendu au Parlement le 22 mai, n'en finit plus de faire des vagues. Le texte prévoit de faciliter la mise en place de cours en langue étrangère (donc en anglais). Ainsi, la loi du 4 août 1994 (dite "loi Toubon") sera assouplie par deux nouvelles exceptions au principe général de l'utilisation du français : "pour la mise en oeuvre d'un accord avec une institution étrangère ou internationale, ou dans le cadre d'un programme européen".

La France, cinquième destination des jeunes qui étudient à l'étranger, est attractive dans sa sphère traditionnelle d'influence (Maghreb et Afrique), mais elle est en perte de vitesse. Le gouvernement, aiguillonné par les écoles et les universités, veut attirer les étudiants des puissances montantes : BrésilChineIndeIndonésie...

 

L'enjeu est décisif : prendre toute sa part dans la formation des futures élites mondiales et assurer le rayonnement du pays. L'Agence universitaire de la francophonie a beau assurer que des départements de français se développent partout, le gouvernement estime qu'il reste nécessaire de faciliter l'usage de l'anglais en France.

La question "perturbe beaucoup" Thomas Piketty. Professeur à l'Ecole d'économie de Paris, où les cours sont donnés en anglais, il est conscient de l'enjeu : "Soit on ne les forme pas, et ces étudiants iront chez les Anglo-Saxons. Soit on participe à une économie politique multipolaire et on fait ce qu'il faut pour qu'ils viennent."

"NOUS SOMMES RIDICULES"

"L'Inde compte un milliard d'habitants, dont 60 millions d'informaticiens, mais nous n'accueillons que 3 000 étudiants indiens, déplore Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur. Nous sommes ridicules."

Dans Le Monde du 8 mai, une tribune signée par de brillants scientifiques (Françoise Barré-Sinoussi, Nobel de médecine, Serge Haroche, Nobel de physique, ou Cédric Villani, médaille Fields...) est venue appuyer son initiative. "Les scientifiques du monde entier utilisent l'anglais pour communiquer", écrivent-ils. Le projet de loi "favorise l'insertion de la France dans le monde en renforçant son attractivité". Mme Fioraso, longtemps bien seule à défendre son texte, peut espérer que ce soutien calmera les esprits qui s'échauffent.

Le 21 mars, dans une déclaration assez rêche, l'Académie française pointait "les dangers d'une mesure qui se présente comme d'application technique, alors qu'en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue". Elle demande au Parlement de s'y opposer. "Nous sommes en guerre !", embraye, sabre au clair, Claude Hagège. Le professeur au Collège de France parle de "pulsion d'autodestruction", de "cancer", de "projet suicidaire".

CHARGE VIGOUREUSE

En danger de mort, le français ? Sur France Info, le 31 mars, Michel Serres donne l'alerte. "Une langue vivante, débute le philosophe, académicien et professeur à l'université américaine de Stanford, c'est une langue qui peut tout dire." Sa langue maternelle, le gascon, est morte car, un jour, elle "ne pouvait plus tout dire : polyèdre et ADN, ordinateur et galaxie..."

Ensuite, dit M. Serres, "une langue vivante est un iceberg", dont la partie émergée "est représentée par les mots du langage courant ". L'important, "c'est la partie immergée" : l'ensemble des langages spécialisés. Car "une langue vivante, c'est la somme de ces langues spécialisées, insiste le philosophe. Il suffit qu'une langue vivante perde un ou deux de ces corpus et elle est virtuellement morte." Pour M. Serres, "enseigner en anglais nous ramènerait, par disparition de ces corpus-là, à un pays colonisé dont la langue ne peut plus tout dire".

La charge est vigoureuse. Mais elle n'ébranle pas la ministre, qui appelle au calme. Mme Fioraso assure que seul "1 % des formations à l'université" passerait à l'anglais (dans les grandes écoles, la part se situe entre un quart à un tiers des cours). Ensuite, dit-elle, ce sera "encadré et limité à des enseignements très spécifiques, avec une convention sur le contenu de la formation qui devra justifier de l'intérêt d'enseigner en anglais. Comme je l'ai fait moi-même, le président de la République l'a écrit au Secrétaire perpétuel de l'Académie française. Et Mme Carrère d'Encausse m'a répondu qu'elle était rassurée."

"LEVIER POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FRANCOPHONIE"

Au reste, les intellectuels qui se sont investis dans cette polémique, dont la France raffole, sont souvent mesurés. "Interdire l'anglais ne serait pas plus raisonnable que de l'imposer", rappelle Thomas Piketty. Là comme ailleurs, tout sera nuances de gris. "Nous sommes obligés de donner la possibilité d'atterrir aux non-francophones, dit-il. La question est : 'Combien de temps doit durer l'atterrissage' ?"

Opposé au projet, Antoine Compagnon, professeur au Collège de France et à Columbia University, n'est "pas contre une certaine proportion de cours en anglais, pourvu qu'il ne s'agisse pas des cours magistraux ". Axel Kahn, ancien président de l'université Paris-Descartes, est, lui, globalement favorable au texte. Mais il insiste : "Nous devons utiliser le français pour penser le monde actuel et l'avenir. Je suis donc très attaché à ce qu'il demeure la langue unique pour le premier cycle, la licence. En master et en doctorat, en revanche, on doit pouvoir utiliser la langue de communication internationale."

Quoi qu'il en soit, a écrit Mme Fioraso à Mme Carrère d'Encausse, il sera posé comme "condition" que les étudiants étrangers "maîtrisent au moment où ils valideront ces enseignements pour obtenir leur diplôme. Il ne s'agit donc pas d'un renoncement linguistique, mais au contraire d'un levier pour le développement de la francophonie".

06/03/2013

La crise et l'emploi des jeunes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/06/emploi-depuis-trente-ans-le-tribut-que-les-jeunes-paient-a-la-crise-s-alourdit_1843731_3224.html

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Emploi : depuis trente ans, le tribut que les jeunes paient à la crise s'alourdit

LE MONDE | 06.03.2013 à 15h40 • Mis à jour le 06.03.2013 à 15h40

Par Isabelle Rey-Lefebvre

En période de dégradation de la conjoncture, l'emploi des jeunes réagit plus fortement que celui des plus âgés. C'est ce que nous apprennent Mathilde Gaini, Aude Leduc et Augustin Vicard, auteurs d'une étude de l'Insee publiée le 28 février sur la fin des études et l'insertion professionnelle de jeunes ayant terminé leur cursus entre 1983 et 2010. Ils paient un lourd tribut à la crise, puisqu'en 2010 le taux de chômage des moins de 25 ans atteignait 22,9 %, contre 8,4 % pour les 25-49 ans.

Non seulement ils se retrouvent plus souvent chômeurs, mais leur emploi, lorsqu'ils en décrochent un, est plus précaire, avec 30 % de contrats à durée déterminée, deux fois plus qu'en 1983.

Une solution pour ne pas pointer au chômage trop tôt pourrait être de prolonger les études, à condition que les parents puissent en assumer le coût, et d'ajouter une formation, un diplôme pour être mieux armé sur le marché de l'emploi. Le rapport montre que peu de jeunes choisissent cette voie : seuls 0,4 % des 16-24 ans, soit environ 20 000 lycéens et étudiants, reportent d'un an leur sortie du système scolaire dans ce but.

RATTRAPAGE

En analysant le parcours des jeunes arrivés sur le marché du travail aux "mauvais moments", c'est-à-dire lorsque le taux de chômage de leur classe d'âge dépassait 20 % - en 1985, entre 1993 et 1999, entre 2005 et 2006 puis en 2009-2010 -, l'Insee constate qu'ils accusent un moins bon taux d'emploi à la sortie des études, de 64 % contre 70 % pour les autres, mais rattrapé dès la quatrième année.

Il en est de même pour leur salaire moyen, plus faible de 0,3 % au départ mais rééquilibré dès la première année, car, s'ils sont souvent rémunérés au salaire minimal, ils sont aussi plus mobiles, ce qui concourt à homogénéiser leurs conditions d'emploi et de salaire.

Une telle conclusion peut paraître rassurante, mais les auteurs avertissent : "Il est trop tôt pour savoir si ce rattrapage bénéficiera autant aux générations actuelles, qui font face à des conditions plus dégradées que lors des cycles précédents." C'est ce que confirme un sondage de l'IFOP (réalisé du 22 au 31 janvier 2013, auprès de 1 005 jeunes diplômés depuis moins de trois ans), réalisé à la demande du cabinet de conseil Deloitte : "Nous recrutons 800 jeunes diplômés par an, et en accueillons de 400 à 500 en stage, précise Jean-Marc Mickeler, associé chez Deloitte, cabinet conseil. C'est pourquoi nous souhaitons sonder leur moral et connaître leur vision de l'entreprise et du marché de l'emploi."

FILIÈRES COURTES

Le sondage constate que le fossé se creuse entre les 55 % de jeunes en poste dans une entreprise et les 45 % qui peinent à trouver du travail. Le chômage touche d'abord les moins de 25 ans (61 %), les provinciaux (49 % contre 33 % de Parisiens), et même les diplômés de grandes écoles (28 %). Les jeunes ayant suivi des formations courtes, DUT, BTS, décrochent plus rapidement un emploi.

Selon l'étude, il a fallu, à ceux qui travaillent aujourd'hui, attendre en moyenne dix semaines après leur sortie de l'école et adresser seize candidatures pour le décrocher. A la sortie de l'IUT, 24 % des élèves trouvent un emploi dans la semaine, contre 17 % des diplômés des grandes écoles et 15 % de l'ensemble des jeunes.

"La défiance des jeunes vis-à-vis de l'entreprise reste élevée", remarque Jean-Marc Mickeler . Si ce taux a baissé de 57 % à 54 % pour ceux qui travaillent, il progresse de 4 points, passant de 59 % à 63 %, chez ceux qui sont sans emploi. Mais, dans le même temps, "nous observons aussi un relatif satisfecit vis-à-vis de l'entreprise, vécue comme un lieu d'épanouissement personnel par plus de trois jeunes diplômés sur quatre", se félicite M. Mickeler.

L'idée d'aller chercher un emploi à l'étranger séduit 27 % des jeunes, deux fois plus qu'en 2012. Est-ce le signe d'une vision pessimiste de leur avenir en France ou, au contraire, d'une envie positive de découverte du monde ? "Sans doute un peu des deux", conclut M. Mickeler.

16/02/2013

L'illettrisme, un problème difficile dont il faut prendre conscience

Problème, mais pas insurmontable. La preuve dans l'article qui suit.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/16/l-illettrisme-des-cadres-un-phenomene-meconnu-et-tabou_1833722_3224.html

L'illettrisme des cadres, un phénomène méconnu et tabou

L'illettrisme des cadres, un phénomène méconnu et tabou.pdf

09/01/2013

Education : si vous avez des enfants, lisez cet article

communiqué:

Une analyse du projet de loi sur la “refondation” dans LE CAFE PEDAGOGIQUE : 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/01/08012013Article634932191090171137.aspx

 Aussi ici, avec des compléments : 

http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes_dernier_01_2013.htm

refondation_meirieu_2_2013.pdf

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extraits :  

Le contexte socio-culturel (néo-libéralisme)

La « réparation » ou, plutôt, les « réparations » l’emportent, en effet, sur la « refondation » : réparations, certes éminemment nécessaires après les dégâts subis par notre système éducatif depuis dix ans, mais qui, ajoutées les unes aux autres, ne constituent pas vraiment un « projet éducatif alternatif » (2). Pour élaborer un tel projet, il eût fallu l’arrimer à une analyse des besoins de notre société et de son avenir, l’articuler au statut de l’enfance et de la jeunesse dans la modernité, le construire à partir de l’affirmation délibérée de la place de la culture face au triomphe de la marchandisation, y introduire clairement l’importance de la formation de l’attention et de la volonté chez nos élèves, condition même de tout enseignement face à la déferlante du « capitalisme pulsionnel » (3).

(...)

La formation continue

On ne prend aucune disposition particulière pour la formation continue ! C’est un oubli préoccupant : les ESPE formeront 30 000 enseignants par an tout au plus, alors que c’est près d’un million d’enseignants et de personnels en activité qui doivent avoir droit à une formation continue de qualité ! D’autant plus qu’on sait aujourd’hui la plus-value indiscutable de cette formation dès lors qu’elle s’effectue en lien avec les problèmes professionnels rencontrés au cours de la carrière. Et l’on peut s’étonner que l’État qui a mis en place le « droit individuel à la formation » ainsi que le « crédit individuel de formation » - dispositifs certes insuffisants mais qui ont le mérite d’exister - ne les mette pas en œuvre de manière plus systématique et volontariste pour ses propres fonctionnaires, et ne les utilise pas pour des actions de formation proprement pédagogiques... Ceux qui comme moi – privilège de l’âge ! – ont vécu, en 1981, la mise en place des Missions académiques à la formation des personnels de l’Éducation nationale (MAFPEN) savent à quel point elles furent de formidables leviers de transformation et des creusets d’où naquirent des dynamiques très longtemps fécondes. Et, même si l’on peut entendre que la marge de manœuvre budgétaire du ministère est limitée et rend fort difficile le remplacement des enseignants pendant leur formation, pourquoi ne pas commencer, plus modestement, par les enseignants des « établissements difficiles » dont le « droit à la formation » devrait être garanti par la loi ? Et pourquoi, enfin, ne pas mettre en place un programme de formation pour les enseignants volontaires en dehors des temps de cours ? Je suis convaincu que la demande est importante et qu’il y aurait là un moyen de dynamiser, par ricochets, le système tout entier… En négligeant la relance de la formation continue, la loi se prive des moyens de ses ambitions ; en réalité, la « refondation » se coupe les ailes.
(...)
Les lycées

Et puis, comment accepter que la loi fasse quasiment le silence sur le domaine éminemment stratégique des lycées ? Certes, on doit se réjouir que l’État incite les Régions à mettre les locaux des lycées à disposition d’activités de formation non scolaires : il est scandaleux que certains bâtiments ne soient utilisés qu’un jour sur deux à l’échelle d’une année civile ! Mais il va falloir aussi mettre la législation en conformité avec cette exigence, car, aujourd’hui, les problèmes juridiques et administratifs sont, dans ce domaine, considérables ! Et il ne conviendrait pas de faire porter aux Régions la responsabilité de difficultés face auxquelles elles sont presque complètement désarmées ! Reste que, sur l’avenir même des lycées - leur place dans le système et leur fonctionnement - le projet de loi ne dit rien et l’annexe n’évoque cette question que de manière très générale, repoussant de mystérieuses « évolutions substantielles » à 2014. Mais peut-on « refonder » notre École en laissant ainsi un pan entier en jachère ?

(...)

La hiérarchie/démocratisation du système éducatif

Et enfin, dans la droite ligne de ces perspectives, il est absolument nécessaire aujourd’hui de revoir le pilotage du système. Nous sortons d’une période où la logorrhée managériale nous a épuisé et s’est épuisée : « Mobiliser les acteurs pour créer des synergies à partir d’un diagnostic partagé… Co-construire des évaluations objectives sur la base d’un partenariat efficace afin d’élaborer des plans stratégiques permettant de définir des orientations opérationnelles… Définir les indicateurs quantitatifs d’efficience afin d’optimiser les investissements des niveaux de responsabilité concernés… »  Tout ce verbiage – souvent manipulé avec les meilleures intentions du monde - n’est qu’un cache-sexe permettant à l’idéologie de la concurrence systématique et du contrôle technocratique de se diffuser tranquillement : on renonce à prendre au sérieux les « auteurs sociaux » et l’on tisse autour d’eux un réseau de contraintes qui paralyse toute initiative. Chacun fait de son mieux pour faire bonne figure dans les « concertations partenariales » qu’impose la hiérarchie, mais nul n’est dupe : au bout du compte, ce qui reste déterminant, c’est le « rapport qualité / prix » dans un système où le pouvoir reste aux mains des « contrôleurs-évaluateurs-inspecteurs » de tous poils…

Il est temps de revenir à l’essentiel : l’Éducation nationale ne deviendra un système adulte, construit au quotidien avec des professionnels adultes impliqués, que si l’on distingue nettement ce qui relève du « cahier des charges » imposé légitimement par la représentation nationale de ce qui relève de la liberté d’initiative et de la créativité collective des « auteurs locaux ». Il est normal, sain et facilitateur que l’autorité institutionnelle dise clairement quels sont les « passages obligés » qui s’imposent à tous… et, c’est parce qu’elle dira cela clairement qu’elles ouvrira, en même temps, de vrais espaces de liberté où les personnes pourront travailler sans avoir le sentiment d’être espionnées en permanence avec la peur panique d’être prises en faute.  ...

Et, pour concrétiser tout cela, la loi elle-même doit donner des signes plus tangibles que les affirmations trop générales de son annexe sur « l’utilisation raisonnée de l’autonomie » et la volonté du ministère de « repérer et diffuser les innovations les plus pertinentes ». Pourquoi ne pas transformer les « inspecteurs » en « formateurs » et les rattacher aux ESPE ? Pourquoi ne pas instaurer, là tout de suite, un droit à l’expérimentation ? Pourquoi ne pas s’inspirer du courage qu’avait eu, à l’époque, Alain Savary ? Rien n’empêche de permettre, au sein des établissements, la création de « micro-collèges » ou de « micro-lycées », réunissant l’équivalent de deux à quatre classes, et où des professeurs volontaires effectueraient la totalité de leur service, organisant leurs activités d’enseignement au plus près des besoins des élèves. Là encore, il conviendrait de leur imposer un cahier des charges précis, tout en leur laissant, corollairement, une grande liberté d’organisation.

19/03/2012

La RGPP : bilan

à lire sur MEDIAPART :

La Une
Joigny, «ville-martyre» de la RGPP, se cherche un avenir
PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

C'est une des villes de France les plus touchées par la restructuration des services publics, la fameuse RGPP. En quelques années, Joigny, 10 000 habitants dans l'Yonne, a vu partir l'armée et ses deux tribunaux après la chirurgie et la maternité. Près de 500 emplois auraient disparu. La crise aussi a fait des ravages. Joigny tente de rebondir. Avec les moyens du bord.

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Réforme de l'Etat: préparé en catimini, l'acte II doit attaquer «l'os»
PAR LUCIE DELAPORTE

Alors que la Révision générale des politiques publiques (la RGPP et son fameux non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux) n'a pas empêché l'explosion du déficit public, certains à Bercy planchent sur une étape nettement plus radicale de la modernisation de l'Etat. En toute discrétion, conformément à la méthode suivie depuis cinq ans.

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Le conflit d'intérêts se loge au cœur de la réforme de l'Etat
PAR LUCIE DELAPORTE

À Bercy, les responsables du pilotage de la RGPP (réforme de l'Etat) sont en grande majorité issus de cabinets de conseils privés. Or ces cabinets sont aussi les premiers prestataires de l'État pour mener à bien la réforme. Un conflit d'intérêts patent qui n'a que peu mobilisé la Commission de déontologie. La RGPP ou le mélange des genres : c'est le deuxième volet de notre enquête.

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Réforme de l'Etat: «On n’est pas chez Toyota»
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques, qui a entraîné la suppression de 150.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, s’est appuyé sur une nouvelle méthode de management issue de l’industrie automobile japonaise. Enquête sur la fonction publique à l’heure du “lean (amaigrissement) management”: c'est le troisième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

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Réforme de l'Etat: un bilan financier totalement surévalué
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques a provoqué des chocs violents dans la fonction publique. A-t-elle permis des économies et allégé le budget de l'Etat ? Oui, affirme le gouvernement, qui parle de 15 milliards d'euros d'économies ! Non, répondent des hauts fonctionnaires, qui évoquent le chiffre de zéro... Le détail des économies en trompe-l'œil : c'est le quatrième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

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18/03/2012

Enseignement supérieur et Recherche en France

lu sur :

http://www.liberation.fr/politiques/01012395521-universit...

Universités : les mensonges de Sarkozy

13/3/2012

Par THOMAS PIKETTY directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris.

Au palmarès des mensonges les plus éhontés du quinquennat qui s’achève, l’enseignement supérieur et la recherche occupent une place à part. «Priorité des priorités», «grande cause nationale», «effort financier sans précédent» : les superlatifs n’ont pas manqué pour expliquer au pays et convaincre les médias que le pouvoir en place avait fait de l’investissement dans le capital humain un axe central de sa politique. Pourtant les universitaires n’ont cessé de manifester, et s’apprêtent selon toute vraisemblance à voter massivement pour l’alternance. Alors, qui a raison ? Les enseignants-chercheurs sont-ils d’irréductibles gauchistes, des ingrats incapables de reconnaître quand la droite mène enfin une action positive et leur accorde des moyens supplémentaires ? Ou bien Sarkozy a-t-il de nouveau menti avec un tel aplomb que beaucoup d’observateurs s’y sont laissé prendre ? La vérité oblige à dire que nous sommes une fois de plus dans ce second cas de figure, celui du président affabulateur.

Reprenons le fil des lois de finances et des documents budgétaires. En 2012, le budget total de la recherche et de l’enseignement supérieur sera de 25,4 milliards d’euros (soit un peu plus de 1,2% du PIB). Sur ce total, la moitié ira aux formations supérieures et à la recherche universitaire (12,5 milliards d’euros). Cette somme représente la totalité des moyens allant aux universités et aux diverses écoles et instituts, quel que soit leur ministère de rattachement. L’autre moitié ira aux aides étudiantes (2,2 milliards) et aux divers organismes de recherches : CNRS, ANR, Inra, Inserm, mais aussi recherche spatiale, nucléaire, etc. (10,7 milliards).

En 2007, la répartition globale était très proche, et le budget total de la recherche et de l’enseignement supérieur atteignait 21,3 milliards d’euros, dont 10,7 milliards pour les formations supérieures et la recherche universitaire. Sur cinq ans, la progression est donc de 19,2% pour le total, et de 16,8% pour la part concernant les universités et écoles. Il faut bien sûr retrancher l’inflation, qui entre janvier 2007 et janvier 2012 s’élève à 9,7%. La croissance réelle atteint alors péniblement 7%-8% sur cinq ans, soit à peine plus de 1% par an. On peut se consoler en notant que c’est légèrement mieux que la croissance du PIB sur la même période. Mais si l’on ajoute à cela que le nombre d’étudiants a lui-même progressé d’environ 5% (passant de 2,2 à 2,3 millions), alors la conclusion est claire. Au cours du quinquennat 2007-2012, malgré les discours, l’investissement dans le capital humain a presque stagné en France. Les rares moyens nouveaux ayant en outre été concentrés sur quelques pôles et au travers d’appels d’offres de plus en plus complexes et bureaucratiques (l’inflation sur le nombre de sigles a largement dépassé celle des budgets : Pres, Labex, Idex, Equipex…), avec au passage la création de structures gigantesques et sans doute ingouvernables (les Idex parisiens atteignent les 100 000-150 000 étudiants chacun, quand Harvard, MIT, Stanford en alignent moins de 40 000. S’imagine-t-on vraiment que cela nous permettra de monter trois fois plus haut dans les classements ?), pas étonnant que les budgets de base aient quant à eux franchement baissé. Pas étonnant non plus que les universitaires, qui a priori savent compter et ont vu autour d’eux les baisses de crédits et les suppressions de postes, et qui souvent ont fait le choix de revenir de pays beaucoup plus rémunérateurs pour eux (ou de ne pas y partir), en aient plus qu’assez de se faire traiter d’ingrats et de nantis.

En tout état de cause, ce n’est pas avec ce type de quinquennat que nous allons rattraper notre retard sur les pays les plus avancés. En attribuant les moyens des organismes de recherches aux étudiants (ce qui est douteux), on arrive péniblement à une dépense totale de l’ordre de 10 000 euros par étudiant en France, quand les Etats-Unis dépassent les 30 000 euros. A ce rythme, il faudrait plusieurs siècles pour combler un tel fossé ! Que l’on ne s’y trompe pas : c’est grâce à cet investissement dans leurs campus que les Etats-Unis conservent leur suprématie économique et leur influence intellectuelle et culturelle, en dépit des failles de plus en plus évidentes de leur modèle politique et social hyperinégalitaire. Pour que la France trouve sa place dans le XXIe siècle, nous devons enfin faire le choix du capital humain et fixer des priorités budgétaires claires. Avec 6 milliards d’euros, on peut augmenter de 50% les moyens de toutes les universités et écoles - et cela nous préparera bien plus efficacement pour l’avenir que les 6 milliards dépensés chaque année pour subventionner les heures supplémentaires, ou bien les 6 milliards de recettes annuelles perdus en ISF et en droits de successions. Il est plus que temps que la campagne s’empare de cette question avec des engagements précis.

Suivez la présidentielle 2012 sur www.libe2012.fr

04/03/2012

Appel aux candidats

communiqué :

Pétition électronique http://appel-enseignement-sup-et-recherche.fr/

Appel de l’Enseignement supérieur et de la Recherche aux candidats à l’élection présidentielle et aux citoyens

L’actuel gouvernement présente la réforme de l’Université comme l’une des grandes réussites du quinquennat.
Il prétend avoir donné aux universités leur autonomie, avoir fait, en faveur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « des efforts financiers sans précédent », avoir engagé une politique de l’excellence qui commencerait à porter ses fruits au niveau international et avoir réformé la formation des maîtres pour parvenir à une « meilleure formation des enseignants ».
 

Tout cela est faux !
 

Vous avez dit « autonomie » ?
Les universités subissent une tutelle du Ministère toujours plus tatillonne et dépendent de plus en plus de financements privés et d’impératifs de rentabilité immédiate. L’attribution des crédits récurrents de l’État est toujours aussi  arcimonieuse et opaque. Et les « Responsabilités et Compétences Élargies » imposées aux Universités ne contribuent en rien à leur autonomie puisque l’État leur délègue de nouvelles charges financières sans les compenser.
Alors que le gouvernement affiche l’Enseignement comme secteur prioritaire, aucun poste d’enseignant n’a été créé dans le supérieur depuis 2008. Le budget des universités, hors inflation, est en baisse d’environ 1 %. La liste des universités en déficit structurel ne cesse de s'allonger, imposant à l’Etat une mise sous tutelle contraire à l’autonomie qu’il prétend donner. Partout le développement des emplois précaires sert de variable d’ajustement à des budgets très contraints.
L’indépendance scientifique et les libertés académiques des universités, des enseignants-chercheurs et des chercheurs ne sont plus respectées.
Vous avez dit « excellence » ?
Le culte de l’excellence – mot magique jamais défini – ne peut faire oublier comment la recherche est malmenée dans notre pays : diminution des financements récurrents des universités et des organismes de recherche (jusqu'à – 90 % dans certains laboratoires), suppression de 10 % des emplois administratifs du CNRS, sans lesquels les chercheurs ne peuvent travailler. L’application de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) ravale des établissements de recherche comme le CNRS ou l’INSERM, que le monde entier nous envie, au rang de simples « agences de moyens ».
Pour faire remonter les universités dans des classements internationaux aux critères très discutables, le gouvernement a poussé aux regroupements en tous genres. Cette course au gigantisme a fait naître un système à plusieurs vitesses. Les disparités entre universités se creusent et menacent les équilibres inter et intrarégionaux, obligeant les étudiants à une mobilité qui pénalise les moins favorisés.
Une concurrence généralisée s’est instaurée, entretenue par deux agences de pilotage et d’évaluation très coûteuses, au fonctionnement opaque : l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES). Les universitaires et les chercheurs gaspillent
désormais une part considérable de leur temps à rédiger rapports d’activité, dossiers de demande de financement et appels à projets, au détriment de leurs missions fondamentales de recherche et d’enseignement.
Vous avez dit « une meilleure formation des enseignants » ?
Des rapports de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes l’ont désormais établi : la réforme de la formation des enseignants des premier et second degrés est un échec flagrant. Elle aura finalement provoqué la chute du nombre de candidats aux concours, le démantèlement ou l’affaiblissement des IUFM et la désorganisation des UFR, l’augmentation du nombre d’enseignants précaires, et conduit de jeunes professeurs à exercer à temps plein sans formation professionnelle suffisante.
 

Nos concitoyens doivent savoir que le monde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est au bord de l’asphyxie.

 

C’est pourquoi nous, enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs, bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, personnels sociaux et de santé, étudiants, lançons un appel solennel pour que soit mis un terme à toutes ces réformes, dont les effets sont dévastateurs.
Nous demandons une nouvelle politique pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, en rupture avec les réformes destructrices que nous subissons depuis des années. Celle-ci devrait reposer sur les dix principes et objectifs suivants :

  • 1. remplacer la loi LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités), qui n’est pas amendable car inspirée par une politique contraire aux principes d’indépendance, de collégialité et de démocratie qui sont ceux des universitaires et des chercheurs. La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) porte une responsabilité historique dans les désordres causés par cette fausse autonomie. Elle ne saurait parler au nom des universitaires et doit cesser d’être le principal interlocuteur du Ministère.
  • 2. abroger le décret du 23 avril 2009 modifiant le statut des enseignants-chercheurs. Garantir aux enseignants-chercheurs qu’au moins 50% de leur temps de travail sera consacré à la recherche, proscrire toute modulation à la hausse de leurs services et supprimer la nouvelle évaluation individuelle quadriennale.
  • 3. rouvrir en urgence le dossier de la formation des maîtres, assurée conjointement par les IUFM (dont c’est la mission) et les UFR, non pour en réduire le coût par tous les moyens mais en donnant une réelle priorité à l’amélioration de l’enseignement primaire et secondaire, dans un cadre national fondé sur le recrutement par concours de fonctionnaires d’État à la hauteur des besoins.
  • 4. élaborer un plan pluriannuel de création de postes et un programme de résorption de la précarité pour les universités et les organismes de recherche (administration, services techniques, enseignement, laboratoires, équipes de recherche).
  • 5. garantir à tous nos organismes de recherche les moyens humains et financiers nécessaires à leur indépendance, leur développement et leur rôle national de structuration sur tout le territoire de la recherche à court et à long terme.
  • 6. revenir à un traitement équitable entre universités pour satisfaire à l’exigence d’un enseignement et d’une recherche de qualité sur tout le territoire, au service des étudiants.
  • 7. doter tous les établissements d’Enseignement Supérieur et de Recherche de conseils décisionnaires où les élus des personnels et des étudiants soient largement majoritaires et limiter l’empilement des structures, afin de rester au plus près de ceux qui assurent effectivement la mission de service public qui leur est confiée.
  • 8. redonner confiance à tous les personnels en mettant fin aux dispositifs qui créent des discriminations et un climat de concurrence permanente : agences de pilotage et d’évaluation, recours massif aux statuts précaires (y compris pour les doctorants et les jeunes docteurs), différenciation des carrières par le jeu de primes dont l’attribution relève le plus souvent du clientélisme.
  • 9. améliorer les conditions de vie des étudiants par une politique ambitieuse et de long terme, impulsée par l’État et les Régions. Trop d’entre eux vivent et étudient aujourd’hui dans des conditions indignes d’un pays qui souhaite augmenter le nombre de ses diplômés de haut niveau.
  • 10. abroger le décret Guéant du 31 mai 2011 et son récent complément. En finir avec la politique inique de sélection et de restriction de l’accueil des étudiants étrangers dans nos universités.
  • Nous entendons défendre des valeurs républicaines : droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s’engager dans des études ou de mener des recherches qui ne sont pas immédiatement rentables. Il y va de l’avenir de notre société et des générations futures.

Nous nous adressons aux candidats à l’élection présidentielle, afin qu’ils répondent aux attentes non seulement de la grande majorité des personnels et des étudiants de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, mais aussi des Français.
Nous nous adressons à tous nos concitoyens et leur demandons d’apporter leur suffrage aux candidats qui, soucieux de l’intérêt à long terme, prendront les engagements qui s’imposent afin que l’Enseignement Supérieur et la Recherche retrouvent équilibre et sérénité, remplissent leurs missions et puissent contribuer à l’effort national destiné à répondre à tous les défis humains, économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés.

29/01/2012

Comment seront éduquées les générations futures ?

Trois articles à lire :

http://www.lemonde.fr/education/article/2012/01/27/suppressions-de-postes-le-lycee-principal-gisement-d-economies_1635474_1473685.html

Suppressions de postes : le lycée, principal gisement d'économies

Suppressions de postes - le lycée, principal gisement d'économies.pdf

Voilà près de six mois que les recteurs d'académie planchent sur un casse-tête : comment supprimer des postes à la rentrée 2012, après des années de cure d'amaigrissement, et alors que les effectifs d'élèves attendus sont en hausse.

La France rurale se rebelle contre la fermeture de ses lycées

La France rurale se rebelle contre la fermeture de ses lycées.pdf

Pour atteindre les objectifs de suppressions de postes, les recteurs en viennent à sacrifier des filières ou des établissements entiers.

07/11/2011

Des statisticiens accusent l’éducation nationale de faire de la rétention d'information

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/04/des-statisticiens-accusent-l-education-nationale-de-faire-de-la-retention-d-information_1599218_3224.html

Des statisticiens accusent l’éducation nationale de faire de la rétention d'information

 

Interstat, un collectif qui réunit les syndicats de l'Insee et des services de statistiques ministériels, accusent le ministère de l'éducation de faire de la rétention d'information, en ne publiant pas dans les temps leurs travaux.

Dans un communiqué (*), les statisticiens publics s'étonnent de voir que huit de leurs publications n'ont été ni publiées, ni mises à disposition du public sur le site Internet du ministère. Selon eux, des études annuelles, traitant par exemple du nombre d'élèves par classe ou de la réussite aux examens, sont mises en réserve par les services de Luc Chatel.

Pas tant par volonté de censure mais pour mieux contrôler sa communication : "des publications validées et prêtes à être diffusées sont retenues en attendant une éventuelle communication du ministre sur le sujet", dénoncent ainsi les chercheurs.

LES STATISTIQUES PUBLIQUES NE SONT PLUS INDÉPENDANTES

Plus grave, les statistiques présentées seraient faussées. Interstat accuse Luc Chatel de "s'enorgueillir, lors de sa conférence de presse de rentrée [le 1er septembre], d'améliorer les compétences des élèves malgré la hausse du nombre d'élèves et la baisse du nombre d'enseignants". Seulement, les données sur lesquelles se base ce propos sont "sujettes à caution".

En cause, la réorganisation des services de statistiques publiques. Les chercheurs affirment que les données utilisées par le ministère de l'éducation ne sont plus produites par un organisme "indépendant du pouvoir" mais par la direction pédagogique du ministère, qui publierait des résultats faussés. "La publication des résultats moins flatteurs d'opérations conduites en parallèle par la DEPP [direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, un service public de statistiques] n'est pas autorisée, ce qui est plus inquiétant encore", souligne le communiqué.

Au-delà de la défense de leur mission de service public, les statisticiens estiment que cette situation fausse le débat sur le destin de l'éducation nationale. "Les citoyens doivent pouvoir s'informer en toute indépendance et ne pas être tributaires de la propagande, quelle que soit son origine", concluent-ils.

Joint par le Monde.fr, le ministère de l'éducation n'a pas souhaité réagir.

(*) tract interstat depp 2 nov 2011_def.pdf


21/03/2011

Grand emprunt: le Snesup-FSU dénonce le recours aux cabinets de conseil

lu sur :

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/03/21/grand-emprunt-le-snesup-fsu-denonce-le-recours-aux-cabinets-de-conseil_3244_108_44622356.html

Grand emprunt: le Snesup-FSU dénonce le recours aux cabinets de conseil 

AFP | 21.03.11 | 16h51

  • 21/03

 

Le Snesup-FSU (premier syndicat dans l'enseignement supérieur) a dénoncé les "dizaines de milliers d'euros" dépensés par les universités en faveur des cabinets de conseil afin de constituer des candidatures aux appels d'offre du grand emprunt, dans un communiqué lundi.

Le syndicat estime qu'il s'agit d'un "gaspillage indécent initié par le gouvernement".

Depuis deux ans, dans le cadre du "plan Campus" de rénovation immobilière ou, plus récemment du grand emprunt, dont le secteur de l'enseignement supérieur se taille une part de lion, de nombreux appels d'offres ont été lancés par le gouvernement auprès des universités ou des établissements d'enseignement supérieur (parfois regroupés en différentes structures).

"Lurgence que le gouvernement a imposée aux établissements, en faisant travailler dans la précipitation la communauté universitaire déjà surchargée, les a encouragés - avec lappui du ministère (de l'enseignement supérieur, ndlr) - à faire appel aux services dofficines privées", dit le Snesup.

Ces cabinets de conseil, dont certains sont cités par le syndicat, "ont englouti des sommes faramineuses", ajoute-t-il.

Le coût d'un dossier pour répondre à l'appel d'offre d'un projet de recherche dit "laboratoire d'excellence" (grand emprunt) était de 25.000 euros, affirme-t-il, disant se baser sur le bulletin officiel des annonces des marchés publics.

Ainsi, "les exécutifs +resserrés+ des regroupements détablissements (...) candidats aux Initiatives d'excellence (grand emprunt, ndlr) ont organisé le détournement, à léchelle du pays, de plusieurs dizaines de millions deuros qui auraient dû être dévolus aux missions denseignement et de recherche du service public", estime le Snesup.

kp/caz/DS

15/02/2011

L'éducation nationale en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/education/article/2011/02/14/la-france-derniere-de-l-ocde-pour-l-encadrement-des-eleves_1480128_1473685.html

La France dernière de l'OCDE pour l'encadrement des élèves
LEMONDE.FR | 14.02.11 | 19h56  •  Mis à jour le 15.02.11 | 10h48

Après la justice, c'est au tour de l'éducation nationale de marquer un recul dans les classements internationaux. Selon une note du Centre d'analyse stratégique (CAS), organisme rattaché à Matignon, notre pays est celui qui possède le plus faible nombre de professeurs par élève parmi les 34 membres de l'OCDE.

Avec 6,1 enseignants pour 100 élèves ou étudiants, la France est bonne dernière, loin derrière la Suède, connue pour son fort taux de fonctionnaires, mais aussi très en dessous de la Grèce ou du Portugal, où le taux d'encadrement monte à 9 professeurs pour 100 élèves ou étudiants. Plus précisément, si la France est dans la moyenne pour le collège et le lycée, avec un taux de 7,1 enseignant pour 100 élèves, elle dégringole pour le primaire et l'enseignement supérieur, où on ne compte que 5 enseignants pour 100 étudiants ou élèves.

CESSER LE NON-REMPLACEMENT SYSTÉMATIQUE D'UN FONCTIONNAIRE SUR DEUX

"Entre 2003 et 2008, l'éducation nationale et la recherche contribuent pour les deux tiers aux départs à la retraite des fonctionnaires des ministères civils. Le taux de remplacement des personnels titulaires de l'éducation nationale et de la recherche est passé de 110 % en 2003 à 63 % en 2008 (de 122 % à 71 % pour les personnels enseignants de ces ministères)", peut-on lire dans la note.

Entre 2007 et 2010, 50 000 postes d'enseignant ont été supprimés dans le primaire et le secondaire. Les effectifs doivent être réduits d'autant d'ici à 2013. Mais le rapport du CAS préconise de cesser la systématisation du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux : "Partant d'un taux d'encadrement plutôt faible dans le primaire et le supérieur par rapport aux autres pays de l'OCDE, l'ajustement à la baisse des effectifs doit nécessairement être différencié par niveau d'éducation", explique le rapport, qui note également que le salaire des enseignants français est "faible en comparaison internationale".

QUALITATIF ET QUANTITATIF

Lors de ses vœux aux personnels de l'éducation, le 19 janvier, Nicolas Sarkozy a continué de défendre les suppressions de postes, expliquant : "Dans la société française nous devons réfléchir autrement qu'en quantité, mais en qualité". Selon le chef de l'Etat, "il y a 600 000 enfants de moins et il y a 45 000 enseignants de plus" qu'au début des années 1990. "La réponse ne peut pas être celle uniquement du nombre des effectifs, la réponse c'est celle de la qualité de formation et de la qualité de rémunération".

Des chiffres relativisés par le même Nicolas Sarkozy lors de son émission sur TF1, le 11 février : "Depuis 20 ans, il y a 500 000 élèves en moins et 34 000 enseignants en plus", avait alors expliqué le chef de l'Etat. Qui n'avait pas souhaité répondre sur ce sujet, se contentant d'expliquer qu'il était temps "d'arrêter de se focaliser sur le quantitatif et de se mettre sur le qualitatif". Environ 16 000 postes ne seront pas renouvelés à la rentrée 2012 dans l'éducation.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.lemonde.fr/education/article/2011/02/15/47-titulaires-des-palmes-academiques-contre-les-suppressions-de-postes_1480267_1473685.html

47 titulaires des Palmes académiques rendent leur décoration contre les suppressions de postes
LEMONDE.FR | 15.02.11 | 12h39  •  Mis à jour le 15.02.11 | 15h31


Dans un appel à paraître dans "Charlie Hebdo", 47 personnels de l'éducation nationale annoncent qu'ils vont rendre leurs Palmes académiques, pour dénoncer les suppressions de post

"Nous constatons aujourd'hui, avec une infinie tristesse, que l'éducation nationale souffre de plus en plus d'une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale." Dans une lettre au ministre de l'éducation nationale, qui doit être rendue publique mercredi 16 février par Charlie Hebdo, 47 titulaires des Palmes académiques annoncent qu'ils renvoient à Luc Chatel cette décoration pour protester contre les suppressions de postes et la politique d'éducation menée par le gouvernement. Parmi eux, des proviseurs, des enseignants, des inspecteurs, et d'autres personnels de l'éducation nationale, tous promus dans l'ordre des Palmes académiques pour leurs compétences et leur dévouement au service de l'éducation.

Les Palmes académiques, institution héritée d'une distinction créée par Napoléon Ier, remise au goût du jour en 1955, récompense les membres de la communauté éducative qui se sont distingués pour leur action en faveur de la jeunesse. Attribuées deux fois par an par décret du premier ministre, sur proposition du ministre de l'éducation, elles sont aussi appelées "décorations violettes".

"L'ÉCOLE QUE NOUS AVONS CONSTRUITE DISPARAÎT"

Dans l'appel "Ras les palmes !", les signataires dénoncent "la longue liste des mesures qui vont contre l'école" : "la suppression, cette année encore, de 16 000 postes qui s'ajoutent aux 50 000 de ces trois dernières années ; la suppression de la formation des enseignants (IUFM) ; la suppression de la carte scolaire ; la remise en cause de la scolarisation des moins de trois ans ; les primes aux recteurs, etc."

Les titulaires des Palmes estiment que "l'école que nous avons aimée et construite est progressivement désorganisée, dégradée et disparaît". "Accepter les Palmes académiques, c'est aussi cautionner une orientation politique : nous récusons énergiquement celle que vous mettez en place", concluent les signataires.

"RENDEZ LES PALMES"

Parmi eux, Michel Ascher, proviseur honoraire, et Pierre Housez, enseignant en retraite dans le Nord. Tous deux avaient déjà annoncé, ces dernières semaines, qu'ils avaient renvoyé leurs Palmes. "Renoncer à mon titre d'officier des Palmes académiques, c'est un peu tirer un trait sur ma carrière", expliquait Michel Ascher dans sa lettre au ministre, en décembre, s'estimant "dégouté" de la politique du gouvernement en matière d'éducation. Une initiative qui avait inspiré Pierre Housez, officier de l'ordre, qui avait organisé une cérémonie de "renvoi des Palmes".

Un réseau "Rendez les Palmes" s'est alors créé, fédéré autour de Charlie Hebdo, pour rassembler toutes les initiatives de ce type.

Nabil Wakim

06/10/2010

Appel National pour l'École Publique

Une pétition sur :

http://www.appelpourlecolepublique.fr/.

 

L’École publique, laïque et gratuite crée le lien social indispensable pour faire face aux défis d’un monde en crise. C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion sociale. Elle est pourtant aujourd’hui menacée par des choix politiques qui favorisent le privé et encouragent le consumérisme éducatif.

Redonnons la Priorité à l’École laïque !

Le service public et laïque d’éducation doit garantir à chaque élève une scolarisation de qualité sur tous les territoires. Il doit permettre à chacune et chacun, quelle que soit son origine culturelle ou géographique, quelle que soit sa condition, quel que soit son handicap, de bénéficier d’une éducation et de s’approprier « le vivre ensemble » dans un espace où la liberté de conscience est strictement respectée.

Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.

Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :

  • les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et l’asphyxient en zone urbaine,
  • les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par l’État, auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales,
  • la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,
  • la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,
  • le développement du privé par le plan banlieue, là où les besoins du service public sont les plus criants, là où la ségrégation sociale est la plus forte,
  • les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état de l’enseignement supérieur privé.

Nous, signataires de cette pétition, refusons l’affaiblissement organisé par l’État, de notre service public et laïque d’éducation.
L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit être respectée partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit cesser de financer les choix de quelques-uns.

Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École publique, laïque et gratuite.

Nous réaffirmons qu’il n’y a qu’une École de la République.

Nous demandons que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de l’École de la Nation.

12/05/2009

FRANCE, République laïque ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/11/le-vatican-pourra-viser-des-diplomes-universitaires_1191470_3224.html#ens_id=1191564

 

Le Vatican pourra viser des diplômes universitaires

LE MONDE | 11.05.09 | 17h20  •  Mis à jour le 11.05.09 | 19h20

 

Le monopole de l'université publique sur la délivrance des titres universitaires est en train de craquer, et la guerre scolaire pourrait se ranimer.

C'est la conséquence directe du décret paru au Journal officiel du 19 avril 2009, qui rend applicable l'accord signé le 18 décembre 2008 entre Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, et le Vatican : par cet accord, la France s'engage à reconnaître les diplômes délivrés par "les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieurs dûment habilités par le Saint-Siège". Depuis, le camp laïque fourbit ses armes. Un Collectif pour la promotion de la laïcité, récemment créé, vient de lancer une pétition et prépare un recours devant le Conseil d'Etat.

L'accord entre la France et le Saint-Siège a deux facettes. Côté pile, il s'inscrit dans le processus de Bologne, qui vise à construire un espace européen de l'enseignement supérieur avant 2010. Dans ce cadre, les 46 pays signataires reconnaissent les diplômes délivrés par leurs voisins, ce qui permet aux étudiants de commencer un cursus dans un pays et de le continuer ailleurs. Cette vitrine permet au ministère de l'enseignement supérieur d'assurer que "tout cela n'est que du très classique puisque nous sommes dans le cadre du processus de Bologne de reconnaissance des diplômes"

Mais, côté face, les implications de l'accord dépassent la construction de l'Europe des savoirs. Car le Vatican va pouvoir viser des diplômes des instituts catholiques, alors qu'en France l'Etat, par l'intermédiaire de l'université publique, a le monopole de la délivrance des diplômes.

Cinq instituts supérieurs d'enseignement catholiques, les "cathos", créés par l'Eglise à la fin du XIXe siècle à Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse, proposent des formations en lettres, en économie, ou en mathématiques aux côtés de leurs diplômes de théologie. Au total, 65 000 étudiants y sont inscrits dont la majorité suit un cursus profane, et payant.

Les "cathos" n'ont pas le droit de délivrer des diplômes universitaires. Elles passent des conventions avec l'université publique voisine, qui valide les formations et délivre le diplôme en son nom. S'il n'y a pas eu de convention, elles demandent au recteur d'académie d'organiser un jury d'Etat chargé d'évaluer leurs candidats.

Le nouveau texte induit que si ces mêmes diplômes, demain, sont visés par le Saint-Siège, ils seront automatiquement reconnus par l'Etat, sans le passage par le label de l'université publique. Ce qui revient à entamer le monopole d'Etat de la délivrance des diplômes universitaires

Les ministères de l'enseignement supérieur et des affaires étrangères ont publié, le 6 janvier, un communiqué commun précisant que "sont visés par cet accord les diplômes canoniques". Restriction que réfute d'emblée Mgr Maurizio Bravi, conseiller de la nonciature à Paris : "Comme une simple lecture de l'accord permet de le constater, il n'est pas indiqué que seuls les diplômes canoniques soient concernés... Cela peut se comprendre, puisque les négociations se sont déroulées dans le cadre du processus de Bologne et que l'accord en question n'a pas vocation à se substituer aux pratiques en vigueur, mais correspond à une volonté de l'exécutif français exprimée le 20 décembre 2007 à Rome."

La volonté de l'exécutif n'est pas clairement exprimée, mais, pour les spécialistes interrogés par Le Monde, l'accord s'inscrit dans la droite ligne du discours de Latran du 20 décembre 2007, où Nicolas Sarkozy avait regretté que la République "répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d'enseignement supérieur catholique alors que la convention de Bologne le prévoit". L'Elysée ajoute aujourd'hui que "la France reconnaît déjà les diplômes de toutes matières délivrés par les universités pontificales reconnues ailleurs en Europe par les vertus du processus de Bologne".

La discussion a manifestement commencé sur la base des diplômes canoniques, avant d'être élargie aux autres, à la demande de la France, et non du Vatican. L'affaire est très embarrassante pour les cinq instituts eux-mêmes qui jouissent depuis la fin des années 1950 d'une autonomie pour décider du contenu de leurs formations. Le Vatican exerce surtout son droit de contrôle sur les formations ecclésiastiques, afin de s'assurer qu'elles sont en conformité avec la doctrine de l'Eglise. Avec l'extension de son droit de regard aux diplômes profanes, il pourrait être tenté d'élargir son contrôle.

L'accord débouchera-t-il sur une reprise en main d'une partie de l'enseignement catholique ? L'avenir le dira lorsque le Vatican aura établi la liste des formations qu'il souhaite viser. "D'un commun accord, les parties sont convenues de se donner du temps et de procéder prudemment et progressivement... Le bureau du Saint-Siège compétent en la matière commence à peine à être constitué et travaillera au cours de la prochaine année universitaire", précise Mgr Bravi.

Le président de l'Union des établissements d'enseignement supérieur catholique (UDESCA) et recteur de l'université catholique de Lyon, Michel Quesnel, se refuse à répondre. Fin décembre, au moment de l'accord, il avait marqué sa surprise d'y voir possiblement inclus les diplômes profanes. Le camp laïque est en colère, les instituts catholiques inquiets.

 

Maryline Baumard et Christian Bonrepaux

Article paru dans l'édition du 12.05.09

30/04/2009

FRANCE, ta République laïque fout l'camp !

lu sur : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/30/quand-le-pretre-formera-l-instituteur-par-caroline-fourest_1187425_0.html

Chronique
Quand le prêtre formera l'instituteur, par Caroline Fourest

LE MONDE | 30.04.09 | 12h54 • Mis à jour le 30.04.09 | 12h54

On assiste à un assaut sans précédent pour tenter d'affaiblir l'enseignement républicain et laïque au profit de l'enseignement privé et confessionnel. En principe, la République "ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". En coulisse, tout est fait pour torpiller l'esprit de cette loi dès qu'il s'agit d'éducation nationale.

Dans la plus grande discrétion, tout un pan du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran vient d'entrer en vigueur. On se souvient de cette phrase dans laquelle le président plaçait le prêtre au-dessus de l'instituteur "dans la transmission des valeurs". Depuis, il a tenté de minimiser. Ces mots traduisent pourtant une vision de la transmission et de l'enseignement que son gouvernement applique à la lettre.

Dans une autre partie de son discours, moins célèbre, le président regrettait que la République ne reconnaisse pas la "valeur des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholique". On pensait à la reconnaissance de diplôme de théologie... Ils n'ont pas à être validés par la République puisqu'elle ne "reconnaît aucun culte". Mais le président s'obstine. Notamment avec l'arrière-pensée de pouvoir estampiller la formation des imams rêvée par le ministère de l'intérieur mais dispensée par la Catho. Un bricolage qui ne fait que renforcer l'impression d'une gestion postcoloniale de l'islam, donc la propagande islamiste. Tout en tuant à coup sûr l'esprit de 1905.

L'affaire est plus grave qu'il n'y paraît. Les décrets de cet accord - signé en catimini entre la France et le Vatican le 18 décembre 2008 - viennent de tomber. Ils prévoient la "reconnaissance mutuelle des diplômes de l'enseignement supérieur délivré sous l'autorité compétente de l'une des parties". Or cette "reconnaissance" ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, le baccalauréat ou d'éventuels masters.

L'accord feint d'appliquer une directive européenne (le processus de Bologne), pensée pour reconnaître les diplômes étrangers, mais il change de nature à partir du moment où il est signé avec le Vatican, pour "reconnaître" des diplômes délivrés sur le sol français par des établissements de l'Eglise. Ce qui revient non seulement à casser le monopole des diplômes qu'avait l'Etat depuis 1880, mais aussi l'esprit de l'article 2 de la loi de 1905.

Jusqu'ici, les établissements catholiques privés pouvaient parfaitement préparer des élèves au bac, mais ceux-ci devaient passer leur diplôme avec tous les autres. Petite astuce connue des professeurs : de nombreux établissements privés choisissent de ne présenter que les meilleurs élèves sous leurs couleurs et d'envoyer les autres en candidats libres pour améliorer leur score de réussite au bac. Appâtés par des pourcentages tournant autour de 100 %, de plus en plus de parents se tournent vers ces établissements au détriment de l'école publique.

Le gouvernement fait tout pour encourager ce choix : démantèlement de la carte scolaire, baisse du nombre de professeurs dans le public... Le plan banlieue est à sec, mais on racle les fonds de tiroirs pour financer - sur fonds publics - l'ouverture de 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Un grand lycée Jean-Paul-II est sur les rails. Un collège tenu par l'Opus Dei est déjà sous contrat.

Il ne manquait plus que ça : la fin du diplôme d'Etat... Justement au moment où l'Etat annonce vouloir supprimer les IUFM, brader les concours, et remplacer leur formation par un master que pourrait préparer n'importe quel établissement privé. Comme ça, en plus de délivrer le baccalauréat, le Vatican pourra ouvrir des masters destinés directement aux futurs enseignants.

Un comité 1905 vient de porter plainte devant le Conseil d'Etat. S'il n'obtient pas gain de cause, le prêtre aura le champ libre pour reprendre la main sur l'instituteur.

Caroline Fourest
Article paru dans l'édition du 02.05.09