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09/02/2013

il FAUT changer !

les surlignags sont de moi

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http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

28/01/2013

Mariage pour tous - Droits de l'enfant

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/laurence-neuer/mariage-pour-tous-le-veritable-enjeu-c-est-la-filiation-26-01-2013-1620553_56.php

Le Point.fr - Publié le 26/01/2013 à 16:40 - Modifié le 26/01/2013 à 17:39

Alors que les pancartes "pro" se préparent à défiler à Paris, les "anti" continuent d'agiter les effets pervers du projet. Quels sont-ils ? 

Propos recueillis par

 

"Comme animal, comme vivant raisonnable et comme individu que sa raison lie au genre humain, l'homme est, de toute façon, un être conjugal", écrivait Michel Foucault (Le souci de soi). Mais, en même temps, l'auteur de Histoire de la sexualité considère que "l'amitié amoureuse" entre les hommes conduit à "inventer des modes de relations hors les cadres prédéfinis par la société, la médecine, les religions et le droit", relève Cyrille Bégorre-Bret dans L'amitié (Eyrolles, 2012). Ainsi, s'il est une voix qui n'a pas sa place dans le débat, c'est celle du raisonnement manichéen. La question de savoir s'il faut ou non légiférer sur le mariage des homosexuels ou s'il faut se prononcer "pour" ou "contre" le projet dépasse largement les oppositions tranchées. Les termes de ce débat éminemment protéiforme sont à la croisée de plusieurs droits et valeurs, et agitent toutes sortes de théories. Certains juristes redoutent notamment que la loi n'encourage la marchandisation du corps humain. "Ce projet prépare l'esclavage moderne des femmes qui loueront ou prêteront leur ventre, et la nouvelle traite des enfants fabriqués pour l'adoption", assure la spécialiste de bioéthique Aude Mirkovic. Cette juriste, membre de l'association Juristes pour l'enfance et maître de conférences à l'université d'Évry, vient de publier Mariage des personnes de même sexe, la controverse juridique (Pierre Téqui éditeur). Le Point.fr l'a rencontrée.

 

 
 

 

Le Point.fr : Vous écrivez que les personnes hétérosexuelles et homosexuelles ont déjà les mêmes droits face au mariage, puisque l'orientation sexuelle n'est pas un obstacle juridique au droit de se marier. N'est-ce pas contourner le problème qui est précisément de rétablir l'égalité des couples - et donc des personnes qui le composent - face au choix du mariage ?

 

Aude Mirkovic : Le couple, en lui-même, n'a pas de droits. Ce sont les individus qui ont des droits. Et, face au mariage, les hommes et les femmes sont tous égaux pourvu qu'ils en remplissent les conditions légales (pas de mariage entre frères et soeurs, etc.). Donc, poser la question en termes de discrimination sur l'orientation sexuelle n'est pas exact. Le désir homosexuel d'une personne peut faire qu'elle n'ait pas envie de se marier avec une personne du sexe opposé. Mais ne pas avoir envie et ne pas avoir le droit, ce n'est pas la même chose. Notons d'ailleurs qu'il y a des personnes qui ont un désir homosexuel et qui sont mariées avec une personne de sexe différent. Une personne ne se réduit pas à un désir, sexuel ou autre. L'individu est libre face à ses désirs et le désir, homosexuel ou autre, ne suffit pas à fonder une catégorie de personnes, et certainement pas une catégorie juridique. Si deux personnes de même sexe ne peuvent pas se marier et, surtout, ne peuvent pas être parents du même enfant, ce n'est pas parce qu'elles sont homosexuelles, mais parce qu'elles sont de même sexe. Et quand bien même on parlerait des droits des couples, seuls les couples dans des situations équivalentes peuvent réclamer les mêmes droits. Or, les couples de même sexe ne sont pas dans une situation équivalant à celle des couples de sexe différent au regard de la procréation et, donc, de la filiation et du mariage. Cette différence n'est pas une inégalité, ni naturelle ni même juridique, comme l'a dit clairement le Conseil constitutionnel dans sa décision du 28 janvier 2011.

 

Certes, mais le Conseil constitutionnel ne s'est pas opposé, par principe, à l'instauration d'un tel mariage et a même laissé au législateur toute liberté pour légiférer sur la question...

 

Pas tout à fait. Car la seule question posée au Conseil constitutionnel était de savoir si le mariage défini comme l'union d'un homme et d'une femme était conforme au principe constitutionnel d'égalité. Et il a répondu par l'affirmative. En revanche, le Conseil ne s'est pas prononcé sur le fait de savoir si le mariage pouvait concerner deux hommes ou deux femmes. En outre, seul le mariage (et non la parenté et la filiation) était visé dans la décision du Conseil. Et on sait bien que le mariage n'est qu'un cheval de Troie pour accéder à ce qui intéresse vraiment les promoteurs du projet, à savoir la possibilité d'être parent avec une personne de même sexe que soi. Or, l'altérité sexuelle des parents, comme celle des époux, relève clairement des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, qui ont valeur constitutionnelle. Depuis les débuts de la République, tout le droit de la filiation repose sur le principe fondamental de la différence sexuelle des parents. Le droit de la filiation a connu des évolutions importantes, mais cette donnée de départ selon laquelle les parents sont un père et une mère est constante et n'a jamais été remise en cause par aucune loi. La filiation résulte de l'acte de naissance, qui indique à chacun de qui il est , que ce soit biologiquement ou symboliquement comme en cas d'adoption, et seuls un homme et une femme peuvent indiquer à l'enfant de qui il est né. Pour changer cette définition de la filiation, il faut une modification de la Constitution.

 

Ce "droit au mariage" recouvre donc la question plus délicate du "droit à l'enfant", au travers de l'adoption ou de la PMA (procréation médicalement assistée). Qu'est-ce qui vous choque dans le fait d'accorder à ces couples la possibilité d'être parents et de transmettre leurs valeurs et leur patrimoine ?

 

L'inégalité naturelle parfois évoquée entre les couples homme-femme et les couples de même sexe n'est pas une inégalité, mais une différence. Le problème est que certains refusent la réalité qui est que deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer ensemble. Si cette différence objective est vue comme une inégalité à laquelle il faudrait remédier, alors, il faudrait aussi remédier à l'inégalité naturelle qui fait que les personnes âgées ne peuvent pas procréer par une égalité juridique, en permettant au troisième âge d'adopter ou de recourir à la PMA. Compenser ces différences en recourant à cette technique supposerait de planifier la conception d'enfants délibérément et définitivement privés de leur père ou de leur mère pour pouvoir être adoptés par un deuxième homme ou une deuxième femme. Ce serait une grave injustice faite à l'enfant que de le fabriquer délibérément de manière à ce qu'il soit adoptable, surtout pour, in fine, lui attribuer une filiation adoptive incohérente. La loi ne peut certes pas empêcher les gens de faire cela, mais elle n'a pas à l'encourager, l'organiser, ni le valider.

 

L'Unaf (Union nationale des associations familiales) propose, pour éviter de remettre en cause les droits de tous les couples, de créer une "union civile" pour les couples de personnes de même sexe, assortie de droits sociaux et patrimoniaux, ainsi que de l'officialisation et la publicité en mairie. Un tel statut spécifique existe en Allemagne et au Royaume-Uni. En Allemagne, par exemple, un "partenariat de vie" créé pour les couples homosexuels prévoit un régime patrimonial identique au régime matrimonial légal, sans avoir les mêmes conséquences en matière de filiation et d'adoption. Ainsi, l'adoption conjointe est réservée aux couples mariés de sexe différent. Seule l'adoption de l'enfant biologique du partenaire est possible pour l'autre membre du couple. Qu'en pensez-vous ?

 

Une union civile sans effets en ce qui concerne les enfants serait un moindre mal, car elle éviterait de consacrer ce que le projet actuel prépare, à savoir le droit à l'enfant. Mais le but du projet n'est pas d'organiser les relations au sein du couple de même sexe, qui peut déjà conclure un pacs. Le véritable enjeu, c'est la filiation, et les débats sur l'union civile ne feraient qu'esquiver ce débat, le vrai, qui ressurgirait à la première occasion. C'est donc lui qu'il faut trancher : peut-on reconnaître juridiquement deux hommes ou deux femmes comme parents d'un enfant, oui ou non ? Autrement dit, peut-on redéfinir la filiation pour que les parents ne soient plus ceux dont l'enfant est issu (biologiquement ou symboliquement), mais les adultes investis dans le projet affectif et éducatif auprès de l'enfant, abstraction faite de l'origine de l'enfant ? C'est LA question, la seule vraie question en jeu.

 

Un amendement vise à permettre l'établissement de la filiation au moyen de la PMA pratiquée par la femme par le seul effet du consentement de sa conjointe. Cela créerait une inégalité à l'égard des couples d'hommes qui ne peuvent recourir qu'à la GPA (gestation pour autrui) et à l'adoption qui en découlerait. Qu'en pensez-vous ?

 

Je ne pense pas qu'un tel amendement sera adopté, mais la question se pose bel et bien, puisque la PMA pour les femmes est annoncée dans une loi sur la famille dans deux mois. Et ce qui est certain, c'est que la PMA pour les femmes va de pair avec la GPA pour les hommes. Sinon, l'adoption par des couples d'hommes restera lettre morte. La ministre de la Famille affirme que la GPA ne sera pas légalisée, pourtant, elle a signé en 2010 un appel à la légalisation de cette pratique. Le rapporteur du projet, Erwann Binet, se défend lui aussi de vouloir légaliser la GPA, alors qu'il est favorable à la PMA pour les femmes et justifie cette différence de traitement par le fait que seules les femmes peuvent porter les enfants. Ce constat est tout à fait pertinent, mais cette même logique amène à constater que les couples homme-femme et les couples de même sexe ne sont pas dans une situation équivalente au regard de la procréation, puisque seuls les premiers peuvent procréer ensemble, ce qui justifierait le retrait du projet de loi.

 

Le projet reviendrait, selon vous, à fabriquer des enfants sans père et le recours à la GPA priverait délibérément les enfants de mère. Mais ces enfants seraient élevés par deux parents, dont un parent social. Ce qui n'est pas incompatible avec une conception élargie de la filiation, qui, on le sait, n'est pas le reflet fidèle de la réalité biologique...

 

La Convention internationale des droits de l'enfant prévoit dans son article 7. 1 que l'enfant a, "dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux". Ce droit est clairement incompatible avec le fait de programmer délibérément de priver l'enfant d'une partie de sa filiation biologique, surtout si c'est pour lui attribuer ensuite une filiation incohérente. Le droit français garantit à tous une filiation crédible, vraisemblable. Ce principe est énoncé dans le Code civil, qui prévoit qu'un enfant ne peut avoir à la fois qu'un seul père et qu'une seule mère. Si un homme veut reconnaître un enfant qui a déjà un père légal, il doit d'abord contester la paternité existante avant de pouvoir établir la sienne. C'est un principe essentiel du droit de la filiation, sur lequel la Cour de cassation s'est fondée pour refuser la reconnaissance en France d'une adoption d'un enfant par deux hommes prononcée à l'étranger, car reconnaître cette adoption aurait conduit à inscrire l'enfant comme né de deux hommes, ce qui serait incohérent. Un enfant adopté par deux hommes ou deux femmes serait doté d'éducateurs, d'adultes référents, mais privé de parents au sens propre du terme. Et en fabriquant des enfants adoptables, on est bien loin de donner de l'amour à un enfant abandonné...

 

Vous redoutez que la loi française soit contournée par des couples allant dans des pays ayant légalisé la PMA ou la GPA, par exemple en Ukraine ou en Inde. Mais l'ordre public français pourra s'opposer à la reconnaissance en France du lien de filiation ainsi établi...

 

L'ordre public français peut en effet s'opposer à la reconnaissance des situations obtenues en fraude à la loi française. La Cour de cassation refuse ainsi de prononcer l'adoption de l'enfant né d'une mère porteuse par l'épouse du père, et il n'est pas question ici d'homoparentalité. Ce refus est fondé sur le constat du détournement de l'institution de l'adoption. En effet, l'adoption a pour raison d'être de donner une famille à un enfant privé de la sienne, et non de fabriquer un enfant pour une famille qui n'en a pas. La même raison devrait faire obstacle à l'adoption de l'enfant issu d'une PMA illégale à l'étranger, même si la loi française autorise l'adoption de l'enfant du conjoint de même sexe. L'enfant du conjoint de même sexe a en effet, sauf exception rarissime, été conçu pour l'adoption, délibérément privé de son père ou de sa mère pour pouvoir être adopté par une seconde femme ou un second homme. Mais il serait artificiel de prévoir l'adoption par le conjoint du même sexe d'un enfant issu d'un bricolage procréatif visant à le rendre adoptable et de la refuser ensuite au motif que l'enfant serait issu de ce bricolage. Puisque l'adoption de l'enfant du conjoint de même sexe passe nécessairement par la fabrication d'un enfant adoptable, il est bien préférable de ne pas l'autoriser, tout simplement.

 

Nous en arrivons donc à la fragmentation de la parenté, dont vous craignez qu'elle soit distribuée en autant de "parents" qu'il y a d'éducateurs de l'enfant. Il reviendra aux juges de poser les limites au cas par cas...

 

Effectivement, sur quel critère départager les candidats à la parenté sociale, lorsque trois ou quatre adultes élèvent l'enfant et se considèrent comme parents ? C'est la référence à la biologie et à l'engendrement de l'enfant qui limite le nombre des parents à deux. Dès lors que la biologie est abandonnée dans la définition des parents, pourquoi les limiter à deux ? La cour d'appel de l'Ontario, au Canada, a ainsi reconnu trois parents légaux à un enfant : le père, la mère et la compagne de la mère. Donc, à défaut de critères objectifs, les juges n'ont pas eu d'autre choix que d'allonger la liste des parents. Or, il est irresponsable vis-à-vis des enfants à venir de créer les conditions de conflits insolubles, tout en abandonnant au juge la mission de trouver des solutions qui n'existent pas. D'autant qu'il devra aussi trancher des problèmes de refus de filiation : si la parenté est déconnectée de la référence à l'engendrement de l'enfant pour être fondée sur la volonté et le désir des adultes, que deviennent les enfants non désirés ? Il deviendra impossible d'imposer une paternité à un homme, fût-il le père biologique, dès lors qu'il n'aura pas désiré l'enfant ! Ce n'est pas écrit tel quel dans le projet de loi, car le texte comporte de nombreuses lacunes, mais contenu nécessairement dans ce projet.

 

Vous redoutez enfin que ce projet n'ouvre la porte à de nombreux enfants sans père...

 

Il n'est pas nécessaire d'être devin pour comprendre que beaucoup plus de couples de femmes que de couples d'hommes adopteront l'enfant de leur partenaire de même sexe, pour la simple raison qu'elles seules peuvent porter les enfants. De nombreux enfants auront donc seulement des femmes comme "parents". Créer ce genre de déséquilibre dans la population parentale n'est certainement pas une bonne idée. En somme, si de bonnes intentions ont pu inspirer ce projet, elles sont aujourd'hui démenties par la réalité de ce texte. Comme on dit, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et ce serait tout à l'honneur des politiques de renoncer à ce projet qui se révèle sans commune mesure avec les objectifs généreusement annoncés. 

 

13/02/2012

"taxe sur les transactions financières": interpeller Hollande

communiqué :

"Face à la caricature de taxe Tobin proposée par Nicolas Sarkozy, les associations de solidarité internationale membres de la coalition "Robin des Bois" nous ont proposé d'interpeller François Hollande pour qu'il prenne enfin une position claire sur le niveau et la destination des fonds collectés par la taxe sur les transactions financières qu'il propose. Vous trouverez ci-joint le texte d'un e-mail d'interpellation.

LA TAXE ROBIN DES BOIS

La France s'apprête d'ici début mars à adopter une "taxe sur les transactions financières". Victoire ? Pas vraiment, car Nicolas Sarkozy a annoncé une taxe au rabais et dont les revenus seraient finalement destinés au budget national et à "réduire les déficits"...

En clair : le gouvernement a cédé à la finance et nous vole la taxe !
Utopie quand il s'agissait de lutter contre la spéculation, l'extrême pauvreté et les défis planétaires, la taxe risque de devenir qu'un simple produit de façade à l'approche des élections. Ne dégageant qu'un milliard d'euros, une telle taxe ne peut avoir aucun effet dissuasif sur la spéculation, ni répondre aux exigences considérables posées par le changement climatique, l'extrême pauvreté et les grandes pandémies comme celle du sida.

Mais il est encore possible d'agir : puisque le gouvernement refuse d'entendre la voix des citoyens, c'est désormais aux parlementaires, que nous devons nous adresser : les députés et sénateurs ont le pouvoir de remettre la taxe dans le bon sens !

Le projet de loi de cette taxe au rabais est en ce moment même discuté à l'Assemblée nationale, qui devrait le voter en début de semaine prochaine. Puis le texte fera la navette au Sénat et à nouveau à l'Assemblée.

Aidez-nous à convaincre le candidat aux présidentielles et les parlementaires socialistes de modifier le texte, en proposant une alternative au projet du gouvernement, pour que la France mette en place une VRAIE taxe Robin des Bois !

Envoyez le texte ci-dessous à François Hollande : 

contact@francoishollande.fr 

avec en titre de mail :

Taxe sur les transactions financières

(il suffit de faire un copié collé du texte ci-dessous)

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Monsieur Hollande,

Aujourd'hui, au lieu d'honorer ses engagements, le Président de la République Nicolas Sarkozy a tranché : la taxe française sur les transactions financières, en plus d'être au rabais, ne deviendra pas un outil historique pour lutter contre les dérives du secteur financier et les injustices mondiales. Le gouvernement balaye d'un revers de main les 500 000 citoyens européens et les 82% de Français qui demandent une taxe efficace contre la spéculation financière et dont le produit soit alloué à la solidarité internationale.1

Vous vous êtes déjà engagé pour l'instauration d'une taxe sur les transactions financières tant au niveau français qu'européen. Toutefois, tant vos déclarations que les initiatives parlementaires de votre groupe omettent l'un des principes fondamentaux d'une telle taxe : lutter pour le développement, contre les grandes pandémies et les conséquences désastreuses du changement climatique dans les pays du Sud.

Aujourd'hui, Monsieur Hollande, la balle est dans votre camp.
En tant que candidat présidentiel du plus grand parti d'opposition, vous avez le pouvoir d'influencer le projet de loi qui est en cours de discussion au Parlement jusqu'au 8 mars. Nous vous demandons de donner suite à votre discours au Bourget en exprimant votre soutien public à "une véritable taxe sur les transactions financières" pour dégonfler la bulle financière, lutter contre la pauvreté, les grandes pandémies et le changement climatique, et d'appeler les parlementaires socialistes à amender en ce sens le texte déposé par le gouvernement.

Monsieur Hollande, ferez-vous mieux que Nicolas Sarkozy ?

Pour être bien surs que notre message sera entendu, vous pouvez également interpeller Michel Sapin, chargé du projet présidentiel auprès de François Hollande, et Kader Arif, "monsieur développement" de l'équipe de campagne de François Hollande, et nous aider à diffuser au maximum cette action : 

http://www.taxerobindesbois.org/latest/action-urgente-hol...

1 : 82% des Français considèrent que le produit de la taxe sur les transactions financières (TTF) devrait être affecté à la solidarité internationale, Sondage CSA de décembre 2011

04/05/2009

Le progrès économique et social est-il soluble dans la concurrence libre et non faussée ??

lu sur : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/04/30/le-dirigisme-liberal-a-echoue-sortons-en_1187432_3232.html

Point de vue

Le dirigisme libéral a échoué. Sortons-en !

LE MONDE | 30.04.09 | 13h03  •  Mis à jour le 01.05.09 | 07h48

 

Le marché permet-il le progrès économique et social ? Les tenants du libéralisme économique le pensent. D'autres estiment qu'il ne peut subvenir à une série de besoins sociaux (plein-emploi, réduction des inégalités, développement durable, etc.) et que l'intervention publique reste nécessaire. Le premier reproche que l'on peut faire aux traités européens est de trancher ce débat en amont, au lieu de se contenter d'établir un cadre institutionnel permettant aux citoyens de faire des choix.

 

M. Sarkozy s'enorgueillit d'avoir obtenu qu'avec le traité de Lisbonne, la libre concurrence ne figure plus dans les "objectifs" exposés à l'article 3 du traité de l'Union européenne, à l'inverse du projet de Constitution. Pourtant, un protocole, partie intégrante du traité, stipule que le "marché intérieur tel qu'il est défini à l'article 3 comprend un système garantissant que la concurrence est libre et non faussée". De façon méthodique, le traité de Lisbonne organise donc la soumission de tous les instruments d'intervention publique aux principes du marché.

 

C'est le cas de la politique budgétaire et monétaire : elle doit être "conduite conformément au respect du principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources". Même lorsqu'ils prêtent beaucoup de vertus aux mécanismes de marché, la plupart des économistes admettent que, dans bien des cas, la concurrence libre n'est pas possible et n'est donc pas en mesure de permettre cette "allocation efficace".

 

Le débat sur l'opportunité, ou non, de mettre en oeuvre des protections commerciales concertées est d'emblée écarté, tandis que toute restriction aux mouvements de capitaux est "interdite". De même, la politique industrielle est en grande partie empêchée, puisqu'elle doit être menée "conformément à un système de marchés ouverts et concurrentiels", excluant "toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres". Quant aux services publics, le postulat est clair : le privé est aussi compétent pour assumer des missions d'intérêt général. D'ailleurs, les traités se bornent à régler le sort des services d'intérêt économique général, qui doivent être ouverts à la concurrence. Les services publics non marchands n'y sont pas mentionnés.

 

La crise a deux principales sources : l'austérité salariale, qui a conduit à l'explosion de l'endettement privé, et la libéralisation financière, qui a transformé cette dette en bulle spéculative. Mais où sont les plans européens de réglementation drastique de la finance et de relance des salaires et des prestations sociales ?

 

Les traités sont aujourd'hui transgressés. Les déficits publics crèvent le plafond des 3 % du PIB, la dette publique celui des 60 % ; la Banque centrale européenne, avec beaucoup d'atermoiements, se résigne à intervenir sur les marchés financiers pour dénouer une crise que l'initiative privée ne parvient pas à surmonter ; des banques sont nationalisées, etc. Ces transgressions peuvent servir de point d'appui pour un gouvernement qui serait soucieux de rompre avec le libéralisme : au nom de quoi seraient-elles acceptables pour sauver la banque et la finance, et non pour les domestiquer afin de satisfaire les besoins du plus grand nombre ? On ne peut pour autant soutenir que les traités ne sont que des tigres de papier. Juridiquement, ils s'imposent aux Etats membres.

 

Financière et économique, la crise est aussi sociale et écologique. Elle exige une redéfinition de la construction européenne. Pour ne citer que cet exemple, un vaste plan financé par l'emprunt en faveur du ferroviaire et de la rénovation thermique des bâtiments permettrait de concilier écologie et soutien à l'activité et à l'emploi. Mais les traités n'autorisent pas cette solution puisqu'ils interdisent à l'Union toute possibilité d'emprunt.

 

Les gouvernements utilisent depuis longtemps l'UE pour introduire des mesures qu'ils peuvent difficilement imposer directement faute d'assentiment populaire. C'est une première entorse à la démocratie. Il en est une autre aussi grave qui renvoie au jeu propre des institutions européennes. Au fil des décennies s'y est constituée une véritable bureaucratie pour qui le libéralisme économique est devenu une seconde langue. Sachant que le ralliement des gouvernements est potentiellement fragile, puisqu'ils sont soumis à la sanction des élections, elle leur impose le plus étroit des corsets. Cela explique la frénésie de détails des traités. Le libéralisme économique et le dirigisme politique font décidément bon ménage.

 

La crise ne peut être une méthode permanente de gouvernement. Mais il est des situations qui ne peuvent être débloquées que par des crises. La construction européenne relève clairement de ce cas de figure. Le "non" lors du référendum de mai 2005 a été une étape en ce sens. Malgré les menaces agitées, il ne s'est pas traduit par un cataclysme économique. Ce dernier est venu ensuite, et chacun s'accorde à dire qu'il vient du libéralisme... que les traités portent au pinacle. De même, un plan B était possible. Les gouvernements en ont trouvé un, à leur façon, avec le traité de Lisbonne, explicitement soutenu par les partis socialistes, et qui, loin d'être "simplifié", reprend la quasi-totalité des dispositions de la Constitution.

 

C'est donc aux citoyens qu'il revient, à nouveau, de dire "stop". Les élections européennes en offrent l'occasion. Les signataires de ce texte sont des économistes non libéraux, qui n'étaient membres ni du Parti communiste ni des courants du Parti socialiste ayant donné naissance au Parti de gauche.

 

Avec d'autres, ces partis ont lancé un Front de gauche afin de prolonger la dynamique unitaire du référendum. L'urgence qu'il y a à dessiner des alternatives au capitalisme libéral mérite mieux en effet que la défense de son pré carré. En gardant notre indépendance d'esprit, nous soutenons cette initiative.

 

 

 

Bruno Amable (Paris-I),

Mathieu Béraud (Nancy-II),

Anne Eydoux (Rennes-II),

Florence Jany-Catrice (Lille-I),

Thierry Kirat (CNRS),

Jérôme Maucourant (Saint-Etienne),

Jacques Mazier (Paris-XIII),

Matthieu Montalban (Bordeaux-IV),

Stefano Palombarini (Paris-VIII),

Christophe Ramaux (Paris-I),

Jacques Sapir (EHESS),

Richard Sobel (Lille-I),

Nadine Thévenot (Paris-I),

Bruno Tinel (Paris-I),

Franck Van de Velde (Lille-I).

 

Article paru dans l'édition du 02.05.09

07/05/2007

les machines à voter (suite2)

Présidentielle : les machines à voter perturbent les électeurs
http://www.lemondeinformatique.fr - Edition du 23/04/2007 - par Vincent Delfau
Des files d'attente interminables, des électeurs mécontents, des personnes âgées perdues : le bilan des machines à voter pour le premier tour de l'élection présidentielle est loin d'être positif. Certes, le taux de participation a largement dépassé les estimations, mais ce seul fait ne suffit pas à justifier les difficultés auxquelles ont été confrontés les électeurs.
A Issy-les-Moulineaux, par exemple, chaque bureau de vote n'était équipé que d'une seule machine à voter. Un nombre vraisemblablement insuffisant qui a provoqué de longues files d'attentes jusque sur les trottoirs. D'autant que de nombreux administrés, au premier rang desquels les personnes âgées, ont éprouvé des difficultés à saisir le mode de fonctionnement des ordinateurs de vote. « Cette situation paraît tout à fait invraisemblable, explique un habitant d'Issy. Il paraît incroyable qu'on ait pu fabriquer des machines aussi peu performantes et que la procédure d'enregistrement soit faite en dépit du bon sens. Le problème n'est pas la confiance dans le vote mais dans le rendement extrêmement bas de cette machine ».
Amiens et Saint-Malo reviennent aux urnes
La question de la sécurité et de la sincérité des résultats ne semble pas avoir inquiété les électeurs qui, à l'image d'une administrée de la commune conduite pas André Santini, explique que « si ça existe, c'est que ça fonctionne », tout en reconnaissant n'avoir aucun moyen de vérifier que le vote enregistré correspond bien à son choix. Désireux d'avertir les électeurs sur les failles que peuvent présenter les machines, deux habitants d'Issy avaient entrepris une campagne d'affichage dans la ville ainsi qu'une distribution de tracts. Deux initiatives que n'a guère goûté le maire : celui-ci s'est tourné vers le tribunal de grande instance et a fait condamner ses deux administrés à cesser leurs actions.
Face aux difficultés rencontrées à l'occasion de ce premier tour de scrutin et aux polémiques nées avant même que l'élection n'ait lieu, plusieurs communes ont jugé préférable de revenir aux traditionnelles urnes. C'est notamment le cas de Saint-Malo : « le maire a décidé de revenir au papier pour le second tour et pour les élections législatives », explique-t-on à l'hôtel de ville. Une démarche qu'avait déjà suivie Amiens, avant le premier tour. La cité picarde a indiqué avoir tenu compte de « la réticence exprimée par de nombreux administrés à l'égard de ce nouveau système de vote ».
La semaine dernière, ES&S, le fabricant d'un des trois modèles de machines retenues pour équiper les bureaux de vote, avait remplacé tous les appareils distribués jusqu'alors après qu'il eut été attesté que ces machines ne correspondaient pas à l'agrément reçu en 2005.

Voir aussi :
http://www.journaldunet.com/expert/11497/machines-a-voter-la-
mauvaise-solution-a-un-faux-probleme.shtml
http://www.pps.jussieu.fr/%7Edicosmo/MyOpinions/index.php/2007/
02/13/32-une-regle-de-trois-pour-le-vote-electronique

les machines à voter (suite1)

Le vote électronique en France tourne à la guerre de communication

Alors que cinq communes comptent délaisser les machines à voter électroniques pour le second tour, la polémique prend de l'ampleur.
par Philippe Guerrier, sur vnunet le 25-04-2007

Le second tour de l'élection présidentielle – prévu le 6 mai prochain - arrive à grand pas et le débat vif entre partisans du vote électronique et ses détracteurs s'intensifie. En l'état actuel, on constate que c'est le "camp des anti-machines à voter" (même si le front est loin d'être uni) qui se montre le plus persuasif.
A l'occasion du premier tour, on a recensé diverses anomalies ayant perturbé le scrutin lié à l'organisation (afflux de citoyens votants, manque de machines déployées, manque d'appréhension du système électronique) mais aussi technique (dans un bureau de vote à Reims, on a observé un écart de 48 voix entre le nombre d'électeurs ayant émargé et celui enregistré par la machine).
Sur les 82 communes volontaires ayant initialement adopté des machines à voter, cinq vont faire volte-face au second tour pour revenir au système traditionnel avec isoloirs, bulletins papier et vote à l'urne transparente : Amiens (Somme), Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), communes d'Ifs (Calvados), Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) et Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis).
"Aucun dysfonctionnement technique" mais...
Dans le camp des plus optimistes, on affiche sa détermination et l'on reste convaincu du bien-fondé de la démarche "e-vote". Ainsi, la commune d'Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), très orientée sur les usages TIC, a diffusé le 24 avril un communiqué de presse en date du pour souligner que le vote électronique était une "expérience concluante".
L'équipe municipale d'André Santini (député-maire estampillé UDF) indique "n’avoir enregistré aucun dysfonctionnement technique du fait de la mise en œuvre de machines à voter sur l’ensemble de ses bureaux de vote". Certes, elle reconnaît "des problèmes de flux" (traduction : des files d'attente) posés dans une dizaine de bureaux de vote sur 40, notamment aux heures de pointe. "En aucun cas, cette attente n’est liée à un problème technique".
Les polémiques liées aux recours devant des instances administratives menées par des opposants au vote électronique sont éludées. Tout comme l'épisode dans lequel la municipalité a changé juste avant le premier tour les modèles de machines à voter de la marque i-Votronic (commercialisées par le fabricant américain ES&S) au motif de défaut d'agrément de la part du ministère de l'Intérieur.
Le clou du spectacle revient à ce lien hypertexte relayé par Betapolitique.fr, qui se présente comme un "blog politique connectif" : Benoit Sibaud, " citoyen engagé" et président de l’APRIL (une association qui a vocation à promouvoir et défendre le logiciel libre), a demandé à être assesseur et vice-président d’un bureau dans sa commune d’Issy-les-Moulineaux. Il livre un compte-rendu détaillé de cette expérience de dimanche sur son site Web.
Remise en cause d'une étude sur l'accessibilité des machines Nedap
La bataille de commuication tourne au débat entre experts. Ainsi, dans un communiqué diffusé le 22 avril, France Election SARL, la société qui représente le constructeur néerlandais de machines à voter électroniques Nedap Election Systems, dénonçait une "pseudo-étude" réalisée par un laboratoire de l’université Paul Verlaine de Metz à propos du manque d'accessibilité des machines pour les électeurs seniors et les personnes handicapées.
"Nous remettons en cause l’honnêteté de cette étude qui a été réalisée sans avoir de machine à voter NEDAP ESF1 à disposition, uniquement sur des copies d’écran de la machine", critique France Election SARL. "Cette étude ne vise qu’à renforcer le climat de suspicion qui a été instauré par d’autres personnes autour des machines à voter". Le prestataire recommande plutôt une autre étude (en fichier PDF et en anglais) "jugée de façon objective et scientifique par des universitaires de l’Université de Twente aux Pays-Bas" .
France Election SARL précise que plus d'un million d'électeurs ont utilisé les machines à voter NEDAP ESF1 dans 68 villes lors du premier tour (soit 1450 bureaux de vote équipés).

18/12/2006

cyberpolitique


Cyberpolitique, cybercitoyens
LEMONDE.FR | 15.03.06

© Le Monde.fr

démocratie participative



Nous allons suivre attentivement les débats de "Désirs d'avenir" à Montpellier.
La première réunion sur le sujet, la semaine dernière, semble indiquer une nette tendance à noyer le poisson en refusant de mettre en cause le comportement des élus.

19/11/2006

lettre du 13 novembre 2006

Montpellier, le 13 novembre 2006
Paul Tchen
34070 Montpellier
à
Madame Hélène MANDROUX
Maire de Montpellier
Hôtel de Ville
Madame,

Le collectif “Une place pour tous” vous a écrit les 26 avril, 1er juin et 7 juillet derniers, demandant à vous rencontrer pour discuter avec vous du projet de modification de la place François Jaumes. En effet ce projet, auquel la majorité des riverains est opposée, change la nature conviviale de la place pour la transformer en espace consacré à des terrasses de cafés.

À ce jour, aucune réponse ne nous est parvenue, aucune entrevue ne nous a été accordée.

Je suis surpris par cette absence de réaction de votre part, ceci d’autant plus que vous avez manifesté votre soutien à notre camarade Ségolène Royal, comme j’ai pu le constater à la mairie mercredi dernier. Vous n’ignorez pas que Ségolène attache de l’importance à la démocratie participative. Son analyse, qui est celle de beaucoup de français, est que les élus se sont coupés des électeurs. Lors de son passage, mercredi, elle nous a rappelé que “les élus devaient être à l’écoute des citoyens puisque collectivement nous sommes plus intelligents” et que les citoyens devaient pouvoir “demander des preuves de la légitimité de cette confiance” qui leur est accordée par leur mandat électif.

Votre silence est-il dû à un manque de temps et de moyens ou au mépris des électeurs ?

Je veux croire que la première explication est celle qu’il faut retenir. La seconde explication serait préoccupante pour les Montpelliérains. Sans vouloir vous donner de leçon car, étant de la même génération que vous je pense que nous avons des expériences similaires, j’aimerais vous rappeler que, dans la vie, rien n’est immuable. Le fait que la ville soit gouvernée depuis des décennies par des élus du Parti Socialiste ne signifie nullement qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Aujourd’hui, en raison de la désaffection des citoyens pour les politiciens professionnels et le développement de méthodes de communication et d’information qui s’affranchissent des circuits traditionnels, suivre des mots d’ordre venant de structures établies est de moins en moins accepté sans justification.

J’espère donc que vous finirez par trouver le temps de recevoir une délégation des habitants de mon quartier avant le début des travaux de modification de la place François Jaumes, si de tels travaux sont encore à l’ordre du jour.

Votre prédécesseur à la mairie, Georges Frêche, avait trouvé le temps de répondre à quelques courriers que je lui avais envoyés concernant la modernisation des lignes EDF, qui sont toujours aériennes (donc disgracieuses) dans mon quartier, ce qui est de plus en plus rare dans les grandes (et moins grandes) villes de France, car la plupart des municipalités ont compris que pour une ville souhaitant favoriser le tourisme local, l’environnement visuel a son importance.

Je pense donc que répondre aux courriers qui vous sont envoyés est dans la mesure de vos possibilités, sauf volonté délibérée.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Paul Tchen

lettre du 7 juillet 2006

Montpellier, le 7 juillet 2006
Collectif “Une place pour tous”
34070 MONTPELLIER
e-mail: collectif.uneplacepourtous@laposte.net
à
Madame Hélène MANDROUX
Maire de Montpellier
Hôtel de Ville
1, place François Ponge
34064 MONTPELLIER cedex 2

lettre recommandée avec A.R.
objet: demande de rendez-vous

Madame,
Veuillez trouver ci-joint les copies des courriers que nous vous avons envoyés les 26 avril et 1er juin 2006, sollicitant une entrevue avec vous.
Nous souhaiterions vivement pouvoir vous rencontrer pour discuter avec vous d’une amélioration du projet de réhabilitation de la place François Jaumes.
En espérant que vous considérerez favorablement notre demande, nous vous prions d’agréer, Madame le Maire, l’expression de notre considération distinguée.

information juin 2006

POUR INFORMATION
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Nous avons reçu lundi 19 juin un coup de fil de la secrétaire de Régine Souche.
Le rendez-vous du mercredi 21 juin à 11h a été annulé.
Régine Souche a un emploi du temps trop chargé.
Elle ne pourra pas nous recevoir avant le mois de septembre.

Il semble que nous fassions l’objet d’un véritable ostracisme de la part des élus du Parti Socialiste.
Nous avons rencontré des élus des Verts et du P.C., mais aucun du P.S. depuis la réunion publique du 3 mai.
Pas de réponse d’Hélène Mandroux, pour l’instant.

Peut-être y a t’il là un espoir de voir le débat enterré par lassitude des acteurs?
Dans cette hypothèse, nous vous invitons à essayer d’avoir des rendez-vous personnellement, et de tenir le collectif au courant.

Pour un rendez-vous avec Hélène Mandroux, il faut écrire à Madame le Maire de Montpellier et déposer la lettre à l’accueil de l’Hôtel de ville.
Peut-être essayer aussi l’e-mail “helene.mandroux@ville-montpellier.fr”

Pour un rendez-vous avec Régine Souche :
Maison de la Démocratie
16, rue de la République
tél: 04 67 34 88 09
e-mail: regine.souche@ville-montpellier.fr

En attendant, nous vous invitons à aller à la fête prévue pour les 100 ans de l’école Jules Simon, rue de la Méditerranée, le vendredi 23 juin à partir de 18h et à interpeller les élus qui viendront pour leur demander une entrevue.

Nous irons aussi au prochain conseil municipal, le mardi 27 juin, à 18h à la Mairie. Nous vous invitons à y assister avec nous. Si vous avez un camescope, prenez-le et filmez la session. Nous la mettrons sur le blog.
Ce sera faire œuvre utile pour la démocratie locale.
(cette idée nous est venue en consultant le blog de “monputeaux”, voir le lien sur notre blog:
http://collectifuneplacepourtous.midiblogs.com )

lettre du 1er juin 2006

Montpellier, le 1er juin 2006
Collectif “Une place pour tous”
www.collectif.uneplacepourtous.laposte.net
objet: le projet de Grand Cœur pour la place François Jaumes
à
Madame Hélène MANDROUX
Maire de Montpellier
Hôtel de Ville
MONTPELLIER

Madame,

Habitant le quartier de la Méditerranée, nous avons assisté à la réunion publique du 3 mai dernier.
Cette réunion s’est déroulée de façon très directive, dans le but manifeste de faire adopter l’unique projet présenté par Grand Cœur.
Ceci nous contraint, à réitérer la demande de rendez-vous que nous avions déposée à votre secrétariat dès le 26 avril dernier (voir la lettre ci-jointe, restée sans réponse à ce jour).
Lors d’un sondage effectué au cours des trois derniers mois, un habitant du quartier sur dix a pu donner son avis sur la projet de modification de la place François Jaumes, tel que présenté dans le numéro de mars 2006 de “Montpellier notre ville”.
La quasi totalité des habitants qui se sont exprimés (170 sur 175) était contre le projet de Grand Cœur, préférant une solution évitant la fermeture de la rue Lamartine. En effet, cette fermeture change la nature conviviale de la place en attribuant aux voitures l’espace situé à l’ombre des arbres. Elle change aussi le flux des voitures en le déviant vers des rues où se trouvent des écoles.
Il n’a été tenu aucun compte de ces faits.
Nous ignorons si vous avez eu un compte rendu fidèle et impartial de cette réunion, votre adjoint à la démocratie de proximité, dirigeant les débats, ayant œuvré pour qu’il n’y ait aucune discussion de fond sur la nécessité de fermer la rue Lamartine, source du désaccord, et ayant décidé de se satisfaire d’un vote à mains levées sans décompte des voix et sans prise en considération du sondage réalisé et des procurations données.
C’est la raison pour laquelle nous insistons pour vous rencontrer personnellement.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame le Maire, l’expression de notre considération distinguée.

lettre du 26 avril 2006

Montpellier, le 26 avril 2006

les habitants du quartier de la Méditerranée
soussignés
à
Madame Hélène MANDROUX
Maire de Montpellier
Hôtel de Ville

Madame,

Nous habitons le quartier de la Méditerranée et nous sommes concernés par le projet de modification de la place François Jaumes présenté par Grand Cœur.

Nous souhaiterions pouvoir vous rencontrer, en délégation d’habitant du quartier, pour discuter avec vous de ce projet qui suscite des réticences chez beaucoup de riverains.

En effet, il nous semble que ces réticences ne sont pas prises en compte par Grand Cœur, qui ne présentera à la réunion publique prévue le 3 mai prochain qu’un seul projet, le même que celui déjà présenté en janvier.

Pourriez-vous nous accorder une entrevue après le 20 mai prochain ?

En espérant que vous considérez favorablement cette demande, nous vous prions d’agréer, Madame, nos respectueuses salutations.

lettre du 28 mars 2006

Montpellier, le 28 mars 2006

Paul TCHEN
34070 MONTPELLIER
à
Monsieur Serge FLEURENCE
Adjoint au Maire délégué à la
Démocratie de proximité
MONTPELLIER

Monsieur,

A la suite de notre rencontre de ce jour à la Maison de la Démocratie, je tiens à vous remercier d’avoir bien voulu m’expliquer les raisons du choix de la ville de créer une nouvelle voie de circulation sur la place François Jaumes et d’avoir écouté mes remarques.

J’ai bien compris que la motivation essentielle du choix de la ville sur l’aménagement de la place était de modifier en profondeur le comportement des automobilistes circulant dans le quartier de la Méditerranée.

Pour ce faire, la ville estime que la seule solution est de barrer les rues Isidore Girard et Lamartine au niveau de la place. Ceci empêchera le passage rue Lamartine des voitures venant de la rue de la Méditerranée et limitera fortement la circulation des voitures dans cette rue. Vous m’avez fait remarquer que mon analyse sur ce point, dans ma lettre du 14 mars dernier à la secrétaire de Mare Nostrum, était tout à fait juste.

Je vous ai fait remarquer que cet espoir de diminuer le trafic automobile autour de la place François Jaumes n’était peut-être pas fondé. En effet, vous avez vous même souligné que l’aptitude des automobilistes Montpelliérains à trouver des solutions aux problèmes de circulation vous étonnait parfois.

Si la solution présentée par la ville est adoptée, les automobilistes venant de la rue de la Méditerranée pourront toujours prendre les rues d’Alsace et Pralon, Il ne fait pas de doute que c’est ce qui arrivera lorsque la rue de la Méditérranée sera de nouveau accessible pour les personnes venant de la rue de Verdun. Ils passeront donc sur la place François Jaumes.
Pour les personnes venant de la rue du pont de Lattes ou de la rue de Barcelone, le trafic sera dévié vers la rue de Tarragone et passera de toute façon rue de la Méditerranée, le long de la place.
Je vous ai rappelé qu’il y avait une école maternelle rue de Tarragone. Reporter le flux de voitures de la rue Lamartine vers la rue de Tarragone n’est évidemment pas judicieux sur le plan de la sécurité.
Enfin, les personnes venant de l’avenue du pont Juvénal et se rendant dans la partie haute de la rue de Barcelone ou allant vers la place Carnot passeront de toute façon par les rues Isidore Girard, Lamartine et de l’Aire, donc sur la place.

Il existe d’autres solutions pour aboutir à un changement du traffic automobile dans le quartier sans détruire la partie la plus agréable de la place François Jaumes et à moindre coût. Changer les sens de circulation des rues Lamartine et de Tarragone, par exemple.
Essayer de donner une nouvelle vie au quartier de la Méditerranée est tout à fait louable, et l’action de Mare Nostrum, association à laquelle j’appartiens depuis l’année de sa création, est à souligner. Cependant, il est loin d’être certain que fermer les rues Isidore Girard et Lamartine au niveau de la place François Jaumes soit une solution efficace pour rendre le quartier plus agréable.
Au contraire, comme je vous l’ai écrit dans ma lettre du 15 mars dernier, le projet présenté par la ville détruit la partie la plus agréable de la place. Le sondage que j’ai entrepris, après lecture de l’article paru dans le numéro de mars de “Montpellier notre ville” (numéro qui n’a pas été distribué dans notre quartier), montre sans ambiguïté que de nombreux habitants du quartier, pour ne pas dire la majorité, s’en inquiètent.
Cette destruction se ferait sans aucune garantie que le but escompté, c’est à dire limiter le traffic automobile aux seuls habitants du quartier, soit atteint. Seule une étude du traffic actuel (déterminer d’où viennent et où vont les automobilistes qui passent par la place) permettrait de savoir si ce but a des chances d’être atteint.
Un aménagement en deux temps serait sans doute la meilleure solution.
Il consisterait à fermer seulement la rue Isidore Girard et à agrandir la place comme sur le projet alternatif n°0bis, dans un premier temps. Dans un deuxième temps, après la fin du chantier du tramway rue du pont de Lattes, en fonction de l’évolution du traffic automobile dans le quartier et une meilleure connaissance de l’origine de ce traffic (local ou extérieur au quartier), une autre étape, qui pourrait inclure une déviation plus en amont du traffic, pourrait être envisagée. Ainsi que l’a reconnu Monsieur Bonin, de la mission Grand Cœur, cette solution serait moins onéreuse que le percement d’une nouvelle voie de circulation. L’économie réalisée pourrait être investie dans l’aménagement de la place.
Comme vous l’avez compris, je ne fais pas cette demande en mon nom propre mais au nom des 100 habitants du quartier, sur 104 ayant participé au sondage, qui sont opposés à la destruction de la partie la plus agréable de la place François Jaumes.

Vous m’avez fait valoir que vous aviez une longue expérience de la démocratie de proximité et que si un élu du peuple devait essayer de satisfaire tout le monde, il ne pourrait jamais rien réaliser.

Croyez bien que j’ai parfaitement conscience de la difficulté de votre tâche. C’est la raison pour laquelle j’ai essayé de vous donner honnêtement tous les éléments pouvant vous permettre de prendre une décision. Je vous ai indiqué très clairement que je n’avais pas fait une pétition contre le projet que vous présentez, mais que j’ai entrepris un sondage sur les préférences concernant tous les projets soumis aux habitants du quartier, y compris des projets alternatifs sans rue au milieu de la place.
Vous m’avez dit qu’une deuxième réunion publique sur le sujet serait organisée le 3 mai prochain. J’espère que cette prochaine réunion proposera le choix entre plusieurs projets, avec et sans nouvelle voie de circulation sous les arbres. La crédibilité d’une démocratie participative de proximité en dépends.
Au 19 mars dernier, 104 personnes avaient participé au sondage. Même si un grand nombre des personnes interrogées, mais pas toutes, n’a pas participé à la réunion publique du 24 janvier dernier (je n’y étais pas moi même), leur avis se doit d’être pris en compte par un élu du peuple.

C’est dans cet espoir que je vous prie d’agréer, Monsieur, mes respectueuses salutations.

Paul Tchen

copies: Régine Souche
Jean-Louis Gély
Hussein Bourgi
Mare Nostrum

lettre du 20 mars 2006

Montpellier, le 20 mars 2006

Paul TCHEN
34070 MONTPELLIER
à
Monsieur Serge FLEURENCE
Adjoint au Maire délégué à la
Démocratie de proximité
MONTPELLIER

Monsieur,

Je vous ai écrit le 15 mars dernier pour vous faire part de mes inquiétudes concernant le projet de modification de la place François Jaumes tel qu’il a été décrit dans le numéro de mars 2006 du journal “Montpellier notre ville”.
Comme je vous l’expliquais, j’ai souhaité savoir quels étaient les avis des habitants du quartier sur les différents projets présentés par l’association Mare Nostrum et également sur un projet alternatif que je proposais, sans nouvelle voie de circulation au milieu des arbres de la place.
Je me permets de vous communiquer les premiers résultats du sondage en cours, valables à la date du 19 mars,.
Sur 104 personnes interrogées, 67 personnes vivent à proximité de la place François Jaumes (rue de la Méditerranée, rue Lamartine, rue de Lorraine, rue Isidore Girard, rue de Barcelone, rue d’Alsace, rue de l’Aire, rue de Tarragone, avenue du pont Juvénal). 37 autres personnes, mettant leurs enfants dans l’école Florian, habitent des rues plus éloignées.
Sur les 104 personnes, 100 sont contre la nouvelle voie de circulation sous les arbres de la place, dont 64 habitant près de la place (projet alternatif n°0 ou n°0bis).
3 sont favorables au projet tel que présenté dans le journal “Montpellier notre ville” (projet n°1) et une à la variante avec des stationnements automobiles supplémentaires (projet n°2).
Je joins à ma lettre une copie du dessin correspondant au projet alternatif n°0bis (sans nouvelle voie au milieu des arbres et avec fermeture de la rue Isidore Girard entre les rues Pralon et de la Méditerranée), que je n’avais pas en main quand j’ai déposé ma précédente lettre à votre secrétariat, le 15 mars dernier.
Les projets alternatifs proposés me semblent correspondre à l’objectif de réappropriation de la place par les habitants, comme le souhaite “Mare Nostrum”.
Ils sont compatibles avec l’intallation de terrasses de café sur la place.
Il sont plus efficaces sur le plan de la sécurité. En effet, la circulation automobile sera ralentie plus efficacement à l’intersection de la rue Lamartine et de la rue de la Méditerranée, en raison d’un virage moins ouvert, et il n’y aura pas de rue entre la fresque peinte et le reste de la place, portion de rue où les voitures risquent de rouler à vive allure. La circulation sera également ralentie au virage de la rue Isidore Girard vers la rue Pralon, dans le cas du projet n°0bis.
Je souligne que le projet n°0bis est celui qui offre le plus grand espace pour les piétons.
En effet, dans le projet n°1, l’espace entre la nouvelle voie et la fresque murale est un espace perdu, ainsi que l’emprise de la nouvelle voie sous les arbres.
De plus, ces projets seront vraisemblablement moins coûteux que le percement d’une nouvelle voie sous les arbres de la place. L’économie réalisée pourrait avantageusement être consacrée au renouvellement du mobilier urbain, comme proposé par “Mare Nostrum”.

J’espère que les premiers résultats de ce sondage contribueront de façon constructive à une démocratie de proximité exemplaire.
Si vous m’y autorisez, je souhaiterais vivement participer à la réunion que vous avez prévue sur le sujet le 22 mars, au nom des personnes opposées au projet d’une nouvelle voie de circulation sous les arbres de la place François Jaumes.

En espérant que vous considérerez favorablement ma demande, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes très respectueuses salutations.

Paul Tchen

P.J.: copie du sondage

copies: Régine Souche
Jean-Louis Gély
Hussein Bourgi
Mare Nostrum

lettre du 15 mars 2006

Montpellier, le 15 mars 2006

Paul TCHEN
34070 MONTPELLIER

à
Monsieur Serge FLEURENCE
Démocratie de proximité
MONTPELLIER

Monsieur,

J’ai eu la surprise de lire il y a quelques jours, dans le 300ème numéro de “Montpellier notre ville”, un article intitulé “Une concertation exemplaire”.
Je dis la surprise, car je n’imaginais pas que le projet présenté par “Mare Nostrum” lors d’une réunion publique à la Maison pour tous Voltaire le 24 janvier dernier serait adopté si facilement, sans critique de ses défauts évidents :
- la destruction de la partie la plus agréable de la place, sous les arbres
- la complexité accrue de la circulation automobile dans le quartier, déjà complexe en raison des multiples sens-uniques et l’incivisme du stationnement sauvage.
Je n’ai malheureusement pas pu assister à la réunion publique du 24 janvier, mais on m’a dit que des critiques avaient été émises, qui ne semblent pas avoir été enregistrées.
L’absence de prise en considération des critiques motive mon présent courrier.
Je fais moi même partie de l’association “Mare Nostrum” depuis l’année de sa création et j’ai pu constater personnellement que les avis qui ne correspondent pas tout à fait aux désirs du Président de l’association ne sont pas facilement pris en compte. Je m’efforce, à titre personnel, de faire prendre conscience au bureau de l’association qu’un dialogue plus ouvert serait bénéfique. Cette démarche n’a malheureusement pas encore porté ses fruits. Ainsi, en ce qui concerne le projet de la place François Jaumes, ni le plan de mon projet alternatif, ni mes courriers à Jérémie Malek, président de “Mare Nostrum”, n’ont été présentés sur le blog de l’association malgré ma demande. Qui plus est, je ne peux demander la convocation d’une assemblée générale extraordinaire pour débattre de la question, l’accès à la liste des membres de l’association m’étant refusé.

Il me paraît important de porter ces faits à votre connaissance, puique vous êtes délégué à la démocratie de proximité. Vous conviendrez sans peine, je pense, que dans ces conditions le terme de “concertation exemplaire” n’est pas approprié en la circonstance.
Arrivé à ce stade comment faire pour que le terme se justifie ?
Vous trouverez ci-joint un croquis de la proposition alternative que je soumets, ainsi qu’une copie de mon dernier courrier à Françoise David-Laget, secrétaire de “Mare Nostrum”. J’explique dans cette lettre pourquoi le projet retenu ne me paraît pas idéal.
En ce qui concerne la projet alternatif dont je joins le croquis, il me paraît compatible avec le souhait d’installation de nouveaux commerces avec des terrasses sur la place, pour reprendre les termes de l’article de “Montpellier notre ville”. Le fait d’avoir des rues à traverser est un problème mineur. Il y a de nombreux exemples à Montpellier de cafés et restaurants dans cette situation.
Ce projet fait actuellement l’objet d’un sondage auprès des habitants du quartier. Il fait très largement l’unanimité et je souhaite pouvoir le défendre lors de la prochaine réunion du 23 mars, dont j’ai entendu parler sans plus de précision par Jérémie Malek.
Il me paraît important que la municipalité, avant de prendre des décisions où la démocratie de proximité peut être utile, s’efforce de recueillir honnêtement toutes les opinions exprimées démocratiquement. Je vous communiquerai donc à cette occasion les résultats d’un sondage en cours auprès des habitants de mon quartier sur leurs préférences sur les quatre projets : les trois projets présentés par le bureau de “Mare Nostrum”et le projet alternatif que je présente comme habitant du quartier et membre de “Mare Nostrum”. Ce sondage, commencé hier après midi à la sortie des écoles du quartier, a déjà recueilli plus de quarante signatures.

Comme je ne doute pas que nous partageons les mêmes valeurs, je souhaite vivement pouvoir vous rencontrer avant la réunion du 23 mars afin de discuter utilement de la démocratie participative. Auriez-vous un moment à m’accorder ?

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes très respectueuses salutations.

Paul Tchen

copies: Régine Souche
Jean-Louis Gély
Hussein Bourgi
Jérémie Malek, président de Mare Nostrum