Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/03/2015

Latin - Grec : dernier rempart contre le matérialisme anglo-saxon

lu sur :

Coignard : contre la bêtisela révolte des latinistes - Le Point

www.lepoint.fr/...coignard/coignard-contre-la-betise-la-revolte-des-latinistes- 26-03-2015-1915967_2134.php

Le Point - Publié le 26/03/2015 à 07:16 - Modifié le 26/03/2015 à 07:29

Le travail de sape contre l'enseignement du latin et du grec a commencé il y a longtemps. Najat Vallaud-Belkacem a voulu donner le coup de grâce. 

Même Xavier Darcos, agrégé de lettres classiques, n'a pas renversé le mouvement quand il était Rue de Grenelle. Depuis des années, les professeurs doivent se battre pour ne pas voir fermer les classes de latin, pourtant proposé en initiation à tous les collégiens en classe de cinquième. C'est là le résultat d'une logique comptable. Quand ils reçoivent la dotation horaire globale qui leur sert de viatique, les chefs d'établissement doivent toujours faire des économies pour rentrer dans leur budget. Puisqu'il faut opérer des coupes, le latin, discipline optionnelle, est le premier à trinquer. À cela s'ajoutent, chez certains d'entre eux, des oeillères idéologiques, qui leur font considérer l'enseignement du latin comme réactionnaire, passéiste, élitiste et, pire que tout, ennuyeux...

C'est donc avec allégresse que tous ceux-là rayent le latin de la liste de leurs enseignements. Un réflexe particulièrement stupide. Comme l'explique Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés et professeur de lettres classiques, "le latin est une matière très égalitaire, puisque tous commencent au même niveau, sans que les familles puissent être d'une aide particulière". En tout cas, dans des centaines de collèges et de lycées, ce sont les enseignants qui doivent convaincre les élèves de choisir cette matière afin de faire rouvrir des classes. Résultat : moins de 5 % des lycéens français pratiquent encore le latin. Ils sont 1,5 % aux États-Unis et... 40 % en Italie. Quel modèle la France préfère-t-elle ? Comment prétendre mettre l'accent sur la maîtrise de la langue tout en supprimant le latin, sa matrice originelle ? 

Des pétitions contre la ministre ! 

L'hécatombe, donc, était en bonne voie quand Vincent Peillon y a apporté sa pierre. Il a décidé, en 2013, de supprimer le capes de lettres classiques, qui comportait parmi ses épreuves des versions grecque et latine à l'écrit ainsi qu'une explication de texte à l'oral. À la place, il a institué une simple option dans le capes de lettres modernes, au même titre que "français langue étrangère", théâtre ou encore cinéma... L'épreuve de latin (ou de grec) intervient uniquement à l'oral et consiste en la préparation d'une séquence d'enseignement. "Le capes ne vérifie donc plus le niveau des candidats en grec et en latin", déplore Romain Vignest, président de l'Association des professeurs de lettres. Puisqu'il n'y a plus de professeurs pour l'enseigner, tout était prêt pour passer à la vitesse supérieure. Najat Vallaud-Belkacem s'y est employée. Dans sa réforme du collège, elle prévoit de supprimer le latin et le grec en tant que disciplines pour les intégrer dans les très fumeux "enseignements pratiques interdisciplinaires" (EPI), au même titre que la construction d'une éolienne en papier mâché ou d'une écluse miniature ! Croyant amadouer parents, étudiants et professeurs, elle a décidé que ces deux langues anciennes bénéficieraient du double de la grille horaire des autres EPI. Trop aimable ! 

Un message d'espoir toutefois : avec cette dernière provocation qu'est la suppression pure et simple du latin, la ministre a déclenché une vaste levée de boucliers. Elle est déjà en train de lâcher du lest alors que plusieurs pétitions circulent sur Internet et rencontrent un franc succès. Son cabinet recevra une délégation des premiers signataires mardi 31 mars. Il devra présenter autre chose que des concessions lâchées du bout des lèvres, comme le rétablissement de deux heures sur les trois supprimées dans les grilles hebdomadaires. Le latin au rabais, en quelque sorte... 

------------

sur le même sujet :

Une pétition lancée pour sauvez l'enseignement du latin au collège
Actualitté.com - 
Face à cette situation, Avenir latin grec a lancé une pétition, avec une lettre 
adressée à la ministre de l'Education nationale appelant à dire ...
Réforme du collège : non à la fin des langues anciennes

Le Club de Mediapart -

Une pétition lancée pour sauver l'enseignement du latin au collège ...

https://savoir.actualitte.com/.../une-petition-lancee-pour-sauver-l- enseignement-du-latin-au-college
 

Les commentaires sont fermés.