Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/02/2015

C'était des "Terroristes" ...

... et je pense à la Palestine occupée ...

Image 1.png

lu sur :

 

Des cérémonies ont lieu, ce week-end, pour rendre hommage à Missak Manouchian et ses camarades fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Missak Manouchian est de ces poètes qui ont fait l’histoire. Il est aussi un de ces étrangers jetés en pâture par l’occupant nazi, à travers la tristement célèbre Affiche rouge, qui ont bravé la mort.

Il y a soixante-dix ans, les héros de l’Affiche rouge fusillés par les nazis

PATRICK APEL-MULLER
VENDREDI, 21 FÉVRIER, 2014
L'HUMANITÉ
 

Ils n’avaient «réclamé ni la gloire ni les larmes». Le Panthéon non plus. L’entrée pourtant de Missak Manouchian parmi les grands hommes qui ont fait le destin de notre pays, « amoureux de vivre à en mourir », aurait eu de l’allure. Elle aurait proclamé que la nation n’est pas réductible aux discours vert-de-gris qui la corrompent.

Cependant, soixante-dix ans, jour pour jour, après leur exécution au Mont-Valérien – la seule femme du groupe FTP-Moi, Olga Bancic, fut décapitée en Allemagne – et l’Affiche rouge placardée comme une infamie, les vers d’Aragon et les notes de Léo Ferré font à ces résistants étrangers, à ces communistes, un cortège plus durable, un hommage plus vibrant, un souvenir vivant. « Étrangers et nos frères pourtant », ces résistants « criaient la France en s’abattant » parce qu’ils en avaient la plus haute idée, celle qui s’incarne dans la liberté, l’égalité et la fraternité.

Le rappel des noms d’Epstein, Boczov, Della Negra, Alfonso, Fontano, Grzywacz, Rayman, Wajsbrot, Elek… fait resurgir une grande histoire, celle de ces antifascistes de tous les pays qui se donnèrent la main face au franquisme avec les Brigades internationales, face au nazisme dans la Résistance. C’est dans le creuset du Parti communiste français qu’ils puisèrent leurs forces, leur organisation, et entamèrent avec de maigres armes une véritable guérilla urbaine. La MOI, la Main-d’Œuvre immigrée, était un secteur d’activité du PCF ; elle devint le fer de lance des FTP. L’Affiche rouge dénonce ainsi Manouchian : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. » C’est une citation au plus haut grade d’une Légion d’honneur idéale.

La dette à leur égard est immense. Leur combat et leur sacrifice ranimèrent l’espérance de la population de la région parisienne et firent monter l’angoisse parmi les troupes allemandes et les collaborateurs. La Libération leur doit tant. Et dans leur legs aussi, ces phrases d’amour : « Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand », « Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant. »

Au sommaire du hors-série de l'Humanité: Retrouvez les lettres des fusillés, les témoignages de Julien Lauprêtre, Léon Landini, Arsène Tchakarian, Roger Trugnan, André Schmer… les entretiens avec les historiens Denis Peschanski, Claude Collin et Serge Wolikow, avec Robert Guédiguian, réalisateur de l’Armée du crime, Charles Aznavour qui raconte sa rencontre avec Manouchian, l’écrivain Didier Daeninckx. Vous y découvrirez une évocation du rôle d’Henri Krasucki, ainsi que l’actualité avec le documentaire les FTP-MOI dans la Résistance, de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia. Kaddour Haddadi (des HK et les déserteurs) évoque l’Affiche rouge et le CD inédit qui accompagne ce hors-série exceptionnel, avec le poster de l’Affiche et les poèmes d’Aragon...

Les commentaires sont fermés.