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25/04/2014

XX-ième siècle début de l'ère des industries chimiques dans le monde

Les industries chimiques regroupent :

- la fabrication des explosifs (domaine : les conflits armés)

- la fabrications des engrais chimiques et des pesticides (domaine :  l'agriculture intensive, les OGM)

- la fabrication des médicaments (domaine : la santé)

- la fabrication des matières plastiques (utilisées dans de nombreux domaines de la vie courante, en particulier le remplacement du verre dans les emballages alimentaires)

- la fabrication d'additifs divers, retrouvés partout  dans notre environnement immédiat (retardateurs de flamme, additifs alimentaires, additifs pour les textiles que nous portons, etc...)

Il faut remarquer que :

- la santé et les soins médicaux sont en relation avec les conflits armés et les maladies résultant de la pollution chimique, dont les effets de l'agriculture intensive et l'usage généralisé de matières plastiques.

- en créant  les effets et les besoins résultants des effets, l'importance de la chimie va s'amplifiant dans le monde contemporain.

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Voici un article concernant la santé et l'industrie pharmaceutique

lu sur le Monde :

www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/24/pourquoi...

 

LE MONDE | 24.04.2014 à 11h18 • Mis à jour le 24.04.2014 à 16h13 |Par Chloé Hecketsweiler

Derrière le comptoir de la Pharmacie du Sahel, à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, les boîtes bleu et rose d'Asaq sont bien en vue sur les étagères en bois.
 

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En saison des pluies, entre juin et septembre, elles font partie des meilleures ventes de l'officine, tout comme le paracétamol et l'aspirine. Chaque blister argenté comporte trois comprimés, soit un traitement complet contre le paludisme, cette maladie mortelle transmise par un moustique.

Vendu entre 100 et 300 francs CFA, soit de 15 à 45 centimes d'euros, selon qu'il s'agit d'un dosage enfant ou adulte, ce médicament à base d'artémisinine – un dérivé de l'armoise, une plante utilisée de longue date en Chine pour soigner les fièvres – permet de guérir en trois jours. Son fabriquant ? Winthrop, une filiale du groupe Sanofi spécialisée dans la fabrication de génériques, ces copies low cost de molécules anciennes.

Le Burkina Faso, où 6,9 millions de cas de paludisme ont été recensés en 2013 sur les 207 millions comptabilisés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le monde, est l'un des premiers clients du laboratoire français en Afrique, après la Côte d'Ivoire et le Sénégal.

Une bonne affaire pour Sanofi ? Pas vraiment : l'Asaq y est en effet commercialisé selon une logique no profit no loss (à prix coûtant), et représente moins de 2 millions d'euros de ventes. C'est une goutte d'eau au regard des 33 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe pharmaceutique en 2013.

TISSER DES LIENS PRÉCIEUX

Pour Sanofi, la commercialisation d'antipaludiques a d'abord comme objectif de le positionner comme un « partenaire de santé ». Dans des pays où tout reste à faire en matière de santé publique, s'intéresser aux maladies endémiques comme le paludisme est l'occasion de tisser des liens précieux avec les autorités de santé, les médecins et les patients.

Selon le cabinet d'études IMS Health, le marché pharmaceutique en Afrique devrait atteindre 30 milliards de dollars (22 milliards d'euros) en 2016 et 45 milliards de dollars dès 2020. Le groupe français est prêt à en profiter. Grâce à l'Asaq, il a pu peaufiner son image, son business model et son réseau.

Dans une petite école de Ziniaré, à une heure de Ouagadougou, des élèves de CM1 sont assis sagement derrière de petits pupitres en bois, vêtus d'un t-shirt blanc tout neuf estampillé « stop au paludisme ».

Sur les murs jaune pâle, éclairés par la lumière douce qui filtre des persiennes, des affiches rappellent les gestes simples qui permettent de lutter contre la maladie : dormir sous une moustiquaire, assécher les eaux stagnantes, pulvériser l'intérieur des maisons d'insecticide et consulter sans attendre en cas de fièvre.

Au milieu de la salle, Solange Nandnaba, institutrice haute en couleur qui exerce son métier depuis dix-neuf ans, exige que ses écoliers les apprennent par coeur.

C'est une nécessité. Le paludisme fait encore plus de 600 000 morts dans le monde chaque année, dont 90 % d'enfants, comme le rappellent les chiffres publiés à l'occasion de la Journée mondiale du paludisme, vendredi 25 avril.

« SENSIBILISER LES ENFANTS À CETTE MALADIE »

Voilà quinze jours, Mme Nandnaba a reçu des kits pédagogiques de Sanofi, avec des affichettes, un jeu de cartes et un jeu de plateau sur le thème du paludisme. « Depuis, on y joue tous les jours. C'est une façon ludique de sensibiliser les enfants à cette maladie, se félicite-t-elle. Nous comptons sur eux pour diffuser à la maison ce qu'ils ont appris et inciter leurs parents à changer d'attitude. »

Ces kits sont d'autant plus appréciés que les autorités n'ont guère les moyens de financer ce type d'outils pédagogiques. Ils sont prisés aussi dans les villages, où le laboratoire fournit par ailleurs des visuels et des conseils pour éduquer des populations qui, paradoxalement, connaissent peu de chose du paludisme.

A Gam Silmimossé, les maisons en terre se fondent dans un paysage de poussière et d'acacias. Assise sous un auvent de terre battue, avec, sur les genoux, sa petite fille de 3 ans, Hadjaratou Sakande avoue ne pas très bien savoir d'où vient la maladie.

Elégante avec son turban rouge, elle donne à la fillette un comprimé d'Asaq, tandis que le villageois qui fait office d'agent de santé lui rappelle l'importance de poursuivre le traitement jusqu'au bout. « Il y a tout un travail d'éducation de la population à faire », dit François Bompart, responsable des programmes d'accès aux médicaments de Sanofi.

CONCURRENCE DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE

Au Burkina Faso, comme dans d'autres pays africains, instiller la marque dans les esprits des patients est d'autant plus important que le groupe y a pour concurrent la médecine traditionnelle.

A la Pharmacie du Sahel, on n'hésite pas à recommander, en cas de crise de paludisme, une préparation à base de plantes – la « tisane du docteur Dakuyo » – fabriquée par un petit laboratoire burkinabé. De nombreux villageois se méfient des dispensaires, ou bien ceux-ci… sont trop loin.

« Les tradipraticiens sont le premier recours des populations », souligne le Dr Elise Ouedraogo, directrice régionale de la santé qui supervise, entre autres, le district de Zianiaré. Les plus populaires attirent des centaines de patients. Ils n'hésitent pas à venir de très loin, entassés dans des pick-up pour une consultation. « Nous avons choisi de collaborer avec eux pour qu'ils orientent les cas les plus graves vers les dispensaires », dit le docteur Elise Ouedraogo.

Ce qui la préoccupe davantage, ce sont les antipaludiques de contrefaçon, vendus à la sauvette dans les rues. Pour lutter contre ce fléau, là aussi, Sanofi est l'allié précieux des autorités, grâce à son expertise. Le groupe dispose d'un laboratoire, à Tours, spécialisé dans l'identification des contrefaçons, et collabore avec l'agence de police internationale Interpol.

« Nous ne sommes pas simplement là pour faire de l'argent. Nous avons un rôle à jouer en matière de santé publique », souligne Adou Adou, directeur de Sanofi au Burkina Faso. Un message que ses visiteurs médicaux martèlent dans les hôpitaux et dans les officines, où le groupe affronte la concurrence des génériques indiens et chinois. « Nous insistons sur la sécurité de nos médicaments », ajoute Adou Adou.

« CE N'EST PAS DE LA PHILANTHROPIE »

L'Asaq est un produit d'appel qui symbolise la responsabilité sociale de l'entreprise. « Ce n'est pas de la philanthropie », reconnaît Gilles Lhernould, qui orchestre la politique de Sanofi dans ce domaine.

« C'est important pour nos clients, mais aussi pour nos investisseurs, qui regardent désormais cet indicateur de très près », ajoute-t-il. Autre bon point : 70 % des médicaments commercialisés en Afrique par Sanofi proviennent de ses sept usines africaines (l'Asaq vient du Maroc).

Bon pour les affaires, cet engagement repose aussi sur un modèle économique soigné. Pour développer l'Asaq, Sanofi s'est associé à DNDI (Drugs for Neglected Diseases Initiative), une ONG qui développe des médicaments pour soigner des maladies négligées en partenariat avec les laboratoires.

L'Asaq, qu'ils ont lancé en 2007, est arrivé sur le marché avec un atout majeur : son prix, inférieur à 1 dollar pour les adultes et à 50 cents pour les enfants. « Ce médicament était alors trois à quatre fois moins cher que le Coartem, celui de Novartis, lancé quelques années plus tôt et aussi à base d'artémisinine, se félicite François Bompart. Nous avons grâce à cela fixé un nouveau standard de prix. »

Bien qu'arrivé à la traîne sur le secteur des antipaludiques, Sanofi a conquis environ un quart du marché africain, une dynamique portée par l'aide internationale à la lutte contre le paludisme, passée de moins de 100 millions de dollars en 2000 à plus de 2,3 milliards en 2014.

Cette stratégie est un tremplin pour le groupe, qui réalise plus d'un milliard d'euros de ventes en Afrique, et qui espère y vendre aussi ses blockbusters.

Lire aussi : La prise en charge du diabète en Afrique, future machine à « cash » des laboratoires

À propos du diabète, lire aussi sur un autre blog : 

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