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29/03/2014

Municipales : à peine 14% des villes sont dirigées par des femmes

les surlignages sont de moi.

  1. Voir aussi la note du 13/2/14 sur ce blog : L'insurrection est, pour le peuple et pour chaqueportion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs....

lu sur :

www.lemonde.fr/politique/article/2014/03/21/malgre-la...

LE MONDE | 21.03.2014 à 11h24 • Mis à jour le 21.03.2014 à 11h24 |Par Patrick Roger

Connaissez-vous Odette Roux ? Cette résistante, membre du Parti communiste, fut la première femme, en 1945, à l'âge de 28 ans, à devenir maire, aux Sables-d'Olonne (Vendée). Elle est décédée il y a moins de deux mois, le 30 janvier, dans le plus strict anonymat.

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Soixante-dix ans après l'ordonnance du 5 octobre 1944 qui accorda le droit de vote et d'éligibilité aux femmes, il n'est certes plus nécessaire d'avoir fait ses armes dans la Résistance pour accéder au fauteuil de maire si l'on est une femme. Mais, en dépit de la loi du 6 juin 2000 « tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives », cela reste… un parcours du combattant.

Si la loi, en effet, oblige à déposer aux élections municipales des listes composées alternativement de candidats de chaque sexe, la tête de liste – qui, dans la pratique, s'impose comme le futur maire potentiel – revient, dans la majorité des cas, à un homme. Cette année encore, sur les 4 095 listes enregistrées dans les communes de plus de 10 000 habitants, une sur cinq seulement est conduite par une femme.

34,8 % DE FEMMES DANS LES CONSEILS MUNICIPAUX

La loi peut être un levier pour favoriser l'égalité mais, en matière électorale, le rôle des partis, qui, selon la Constitution, « concourent à l'expression du suffrage », reste déterminant. C'est à eux, en leur sein, selon les modalités dont ils se dotent, qu'il revient de décerner les investitures. Et l'écrémage, à ce niveau, est rédhibitoire. La couleur politique, pour le coup, est secondaire. Le plafond de verre se situe exactement à la même hauteur pour le PS, l'UMP, l'UDI ou le FN : tous présentent entre 16 % et 18 % de femmes en tête de liste. Parmi les formations les plus représentées, seules les listes écologistes (34 %) et du Front de gauche (29 %) accordent une part plus avantageuse aux femmes.

Le résultat, en termes de représentation des femmes dans les conseils municipaux, est inéluctable. Grâce à la loi de 2000, les femmes représentent 34,8 % des élus dans les conseils municipaux, mais elles ne sont que 13,9 % à exercer la fonction de maire. Moins de 10 % des villes de plus de 3 500 habitants ont une femme maire. Quand on passe aux villes de plus de 100 000 habitants, elles ne sont plus que six : Hélène Mandroux (PS) à Montpellier, Martine Aubry (PS) à Lille, Adeline Hazan (PS) à Reims, Maryse Joissains-Masini (UMP) à Aix-en-Provence, Dominique Voynet (EELV) à Montreuil et Huguette Bello (PLR) à Saint-Paul, à la Réunion. Une seule certitude, la capitale, Paris, sera pour la première fois dirigée par une femme à l'issue des prochaines élections municipales.

Le résultat est encore plus confondant dans les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) – les « intercos » –, dont les conseillers communautaires étaient, jusqu'à présent, désignés par les conseils municipaux. Les femmes y représentent 28 % des conseillers mais 7,2 % seulement des EPCI sont présidés par une femme.

DE NOUVELLES DISPOSITIONS

Ainsi, de manière nette, s'opère une distinction entre féminisation et partage du pouvoir. La sous-représentation des femmes persiste pour les mandats et fonctions électives qui ne sont pas soumis à l'obligation paritaire. Sans parler des inévitables attributions de délégations répondant, encore, à de supposées compétences particulières : les femmes à la scolarité ou à la culture, aux hommes les finances ou l'urbanisme, malgré la loi du 31 janvier 2007 qui a introduit la parité dans les exécutifs municipaux.

Petit à petit, cependant, les avancées vers une reconnaissance de la place des femmes dans les institutions politiques se consolident. Ces élections municipales vont marquer l'entrée en vigueur de nouvelles dispositions issues de la loi du 17 mai 2013 qui vont, mécaniquement, augmenter la proportion de femmes élues dans les conseils municipaux et dans les « intercos ».

Tout d'abord, le seuil de population à partir duquel s'applique l'obligation de présenter des listes paritaires a été abaissé de 3 500 à 1 000 habitants. Ce sont environ 20 000 femmes qui vont faire leur entrée aux conseils municipaux dans ces communes.

POUR LES PROCHAINS SCRUTINS

L'autre nouveauté de ce scrutin tient dans le jumelage entre le vote pour les conseils municipaux et la désignation des conseillers communautaires. Sur le même bulletin de vote figureront donc la liste des candidats au conseil municipal et, parmi eux, celle des candidats « fléchés », appelés à siéger également à l'« interco », avec une obligation de parité pour les deux listes.

D'autres dispositions visant à imposer l'« égalité réelle » entre les hommes et les femmes figurant dans le projet de loi adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 28 janvier 2014 – telles que la parité entre le maire et son premier adjoint – ne pourront s'appliquer dès ce scrutin. De même que la mise en application du non-cumul entre un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale. Elle ne deviendra effective que pour les prochains scrutins, à partir de 2017 et ce sera, pour la parité, un saut décisif.

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