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16/01/2014

Science sans conscience ... (suite)

Voir aussi la note du 18/12/2013 sur ce blog :

"Science sans conscience...

lu sur :

www.lemonde.fr/sante/article/2014/01/16/polemique-autour...

 

LE MONDE | 16.01.2014 à 11h29 |

Par Stéphane Foucart

 
La polémique est sortie des cercles scientifiques et gagne désormais la société civile. Dans un courrier rendu public jeudi 16 janvier, l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva) interpelle les présidences de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'université Paris-Sud, leur demandant de renoncer à nommer un chercheur controversé, Paolo Boffetta, à la tête du principal centre de recherche français en épidémiologie.

Ce dernier, le Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP), est placé sous la double tutelle de l'Inserm et de l'université Paris-Sud et doit voir un nouveau directeur être désigné courant 2014. Le processus de sélection est entamé depuis plusieurs mois et M. Boffetta est seul en lice. 

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S'appuyant sur des informations issues « des victimes italiennes de l'amiante, ainsi que de chercheurs compétents en épidémiologie et en santé publique », l'Andeva estime que « la candidature de M. Boffetta est gravement entachée de conflits d'intérêts majeurs, totalement incompatibles avec la direction du plus grand centre d'épidémiologie français ».

 IL DÉFEND LE LABORATOIRE PHARMACEUTIQUE TAKÉDA

L'association fait notamment référence aux activités de consultant exercées par l'épidémiologiste italien. Outre son affiliation académique – il est aujourd'hui professeur à la Mount Sinai School of Medicine de New York (Etats-Unis) –, ce dernier était en effet jusqu'aux derniers jours de l'année 2013 vice-président d'une société de conseil basée à Lyon, l'International Prevention Research Institute (IPRI). Or, écrit l'Andeva, « l'IPRI produit et vend aux industriels des expertises ou articles ‘‘scientifiques sur les questions de santé et risques sanitaires ».

M. Boffetta assure de son côté que « l'IPRI travaille également avec des organismes publics ». « Je ne suis plus affilié à l'IPRI et je n'en suis plus actionnaire », ajoute l'intéressé, qui s'est engagé à cesser toute activité de conseil une fois nommé à la tête du CESP. Cependant, en février, le chercheur italien assistera le laboratoire pharmaceutique Takeda, attaqué devant la justice américaine par des patients atteints de cancer de la vessie après avoir pris l'antidiabétique Actos. En France, ce dernier a été retiré en 2011.

Dans sa lettre, également adressée aux ministères de la recherche et de la santé, l'Andeva attire plutôt l'attention sur un article, publié début 2012 par M. Boffetta dans la revue European Journal of Cancer Prevention. La conclusion en est que « le risque de mésothéliome (cancer de la plèvre), pour les travailleurs exposés dans un passé lointain, n'est pas modifié de façon appréciable par les expositions ultérieures et arrêter l'exposition ne modifie pas matériellement le risque ultérieur ». En clair, il serait inutile de réduire l'exposition à l'amiante des travailleurs ayant déjà été exposés dans le passé.

L'AFFAIRE N'EST PLUS STRICTEMENT FRANÇAISE

L'assertion fait bondir l'Andeva : « Toute la littérature scientifique concernant les cancérogènes en général et l'amiante en particulier tend à montrer le rôle des expositions cumulées. » De plus, ajoute l'association, l'article en question a été rédigé et soumis à la revue alors que M. Boffetta avait été recruté comme expert-témoin par la société Montefibre, pour défendre la direction de son usine de Verbania (Italie) contre des poursuites pénales pour négligences, ayant conduit à la mort d'une douzaine de travailleurs exposés à l'amiante. Or, relève l'Andeva, non seulement l'article publié épouse la ligne de défense de l'entreprise textile, mais M. Boffetta a déclaré ne pas être en conflit d'intérêt.

L'affaire n'est plus strictement française. Début janvier, une dizaine de médecins ou chercheurs spécialistes de la santé au travail (canadiens, allemand et français) ont adressé une plainte au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée de collecter les résultats de la recherche sur le cancer. Un autre article sur les dégâts de l'amiante, cosigné par des membres du CIRC et M. Boffetta et publié en 2012 dans une autre revue, omettait également de préciser les liens d'intérêts du chercheur italien.

Chercheur prestigieux, M. Boffetta dispose aussi de soutiens parmi des épidémiologistes français peu suspects de complaisance vis-à-vis des industriels. Désirant ne pas être cités, beaucoup insistent sur son envergure scientifique et sur le fait que l'intéressé a déjà aussi assisté en justice des associations de victimes.

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31 janvier 2014 :

Dans un entrefilet du Monde daté du 31 janvier 2014, on apprend que la candidature contestée de Paolo Boffetta a été retirée.

Curieusement, seul une information en langue anglaise en fait état :

News text :

Jan 31, 2014

A 15-line tidbit in today’s Le Monde draws the line under the controversial candidacy of Paolo Boffetta as head of one of France's leading health institutions: the Centre for Research in Epidemiology and Population Health (CESP). The news item states that the industry-linked scientist withdrew his candidacy in a letter sent to the heads of CESP on January 28. Boffetta’s links to industry had been exposed in Le Monde and his candidacy had been denounced by asbestos victims and international scientists. See Le Monde: Epidémiologie: retrait d’une candidature contestée (Epidemiology: retraction of contested candidature).

 

International Ban Asbestos Secretariat (IBAS) - Voice of the global ...

www.ibasecretariat.org/
See Le Monde: Epidémiologieretrait d'une candidature contestée ( Epidemiology: retraction of contested candidature). Jan 31, 2014. Yesterday ( January 30 ...

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