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26/12/2013

Les prisonniers politiques au Maroc

à lire sur MEDIAPART

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Au Maroc, le nombre de prisonniers politiques explose
PAR ILHEM RACHIDI

Khadija Ryadi, l'ancienne présidente de l'AMDH, vient de recevoir le prix des Nations unies pour la cause des droits de l’homme 2013, qu’elle a dédié à tous les prisonniers politiques et d’opinion. Un pied de nez au pouvoir qui nie l'existence de tels prisonniers. Contre toute évidence. Rabat, Maroc, correspondance.

25/12/2013

Palestine : Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) dans les l'universités

lu sur :

www.lemonde.fr/international/article/2013/12/24/le...

LE MONDE | 24.12.2013 à 11h01 • Mis à jour le 24.12.2013 à 14h12 |Par Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

La disparition récente de Nelson Mandela a contribué à donner un surcroît de notoriété au vote de l'Association des études américaines (ASA) intervenu lundi 16 décembre : d'un seul coup, les militants de la campagne BDS (boycottage, désinvestissement et sanctions), qui s'efforcent depuis 2005 d'entraîner une mobilisation internationale contre la politique d'Israël envers les Palestiniens, se sont mis à croire au succès de leur stratégie.

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S'il est peu réaliste de comparer ce mouvement à la lutte victorieuse des militants anti-apartheid contre le régime sud-africain à la fin des années 1980, tout nouveau succès de la campagne BDS – à plus forte raison s'il survient aux Etats-Unis – a tendance à accentuer l'isolement du gouvernement israélien.

La décision prise par l'ASA, qui regroupe 5 000 professeurs américains, de boycotter les universités israéliennes, considérées comme solidaires de la politique d'occupation des territoires palestiniens, a déclenché une vague de réactions dans le monde universitaire américain et en Israël.

EFFET « BOULE-DE-NEIGE »

L'ASA n'est pas la plus importante des associations académiques américaines, mais elle est la plus ancienne. Surtout, elle est la première à rejoindre un mouvement international de boycottage de l'Etat juif qui, jusque-là, n'avait enregistré des succès limités qu'en Europe, en particulier dans certains pays scandinaves, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. L'ASA a été imitée par une autre association américaine, la NAISA, spécialisée dans les études indiennes.

Certains militants de la campagne BDS veulent y voir le début d'un effet « boule-de-neige ». Ils soulignent qu'en janvier, la puissante Association des langues modernes (MLA), qui regroupe 30 000 membres, a prévu de consacrer sa convention de Chicago à la question du boycottage académique d'Israël. Dans un entretien au Monde, le Palestinien Omar Barghouti, cofondateur de la campagne BDS, parle d'une « progression spectaculaire ». « Israël, souligne-t-il, était considéré il n'y a pas si longtemps comme au-dessus de tout débat. Aujourd'hui, alors que sa valeur stratégique est mise en question aux Etats-Unis, il perd de plus en plus la bataille des cœurs et des esprits. »

Omar Barghouti se félicite que Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, ait qualifié le mouvement BDS de « menace stratégique ». Il livre une longue liste d'associations qui ont rejoint ce mouvement, et rappelle que le compromis auquel ont récemment abouti Israël et l'Union européenne (UE), s'agissant des « lignes directrices » de l'UE, signifie que cette dernière n'acceptera pas que des colonies puissent profiter des avantages financiers de son programme scientifique Horizon 2020. Un tel résultat est encore hors de portée aux Etats-Unis, où Israël dispose de puissants soutiens dans l'administration et au Congrès.

POSITION DÉLICATE

Deux importantes universités, Brandeis (Massachusetts) et Penn State Harrisburg (Pennsylvanie), ont réagi, mercredi 18 décembre, en annonçant leur démission de l'ASA. Si le gouvernement israélien n'a pas pris officiellement position, plusieurs proches de M. Nétanyahou n'ont pas hésité à comparer le vote de l'ASA à d'autres initiatives historiques à caractère antisémite.

L'ironie veut que Brandeis, prestigieuse université de Boston, a elle-même décidé de boycotter, fin novembre, l'université palestinienne Al-Quds, dont le campus d'Abu Dis jouxte Jérusalem, en raison de la manifestation – jugée « fascisante » – organisée par un groupe d'étudiants liés au Jihad islamique.

Les autorités palestiniennes sont placées dans une position délicate. Après que Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a rappelé son opposition à un boycottage généralisé des produits israéliens, la direction palestinienne a rectifié, faisant savoir qu'elle n'est pas hostile au mouvement BDS « conduit par la société civile » contre Israël.

SORTIR DE L'IMPASSE POLITIQUE

Le cas d'Al-Quds illustre ces contradictions. Si Brandeis, imitée par Syracuse University (New York), a décidé de mettre fin à ses relations avec l'université palestinienne, c'est parce que les étudiants avaient manifesté avec le bras levé, un geste rappelant le salut nazi, ou le salut militaire du Hezbollah. Plusieurs professeurs de Brandeis se sont désolidarisés de la décision de leur direction, qui vise de facto le président de Al-Quds, l'écrivain de renom Sari Nusseibeh, connu pour être un avocat de la coexistence avec Israël.

Son fils, Jamal Nusseibeh, lui-même professeur de droit à Al-Quds, est convaincu que les Israéliens, relayés par leurs soutiens aux Etats-Unis, ont utilisé le prétexte de cette manifestation pour ternir l'image d'Al-Quds, une institution académique palestinienne qui les dérange. Les diplômes d'Al-Quds, explique M. Nusseibeh au Monde« sont reconnus dans le monde entier, sauf par Israël, et la police israélienne se livre à une répression quasi-quotidienne sur le campus ».

Le paradoxe est que Al-Quds et son président ont longtemps été hostiles à toute action de boycottage contre les universités israéliennes, « parce que, explique son fils, nous pensons que le dialogue académique est un principe intangible ». Jamal Nusseibeh continue de penser que le mouvement BDS appliqué à des universités n'est pas acceptable. En même temps, reconnaît-il, « je vis sous occupation militaire, ce qui signifie que je ne peux pas boycotter Israël ». La chose la plus importante, conclut-il, est de sortir de l'impasse politique : « Si le mouvement BDS peut rappeler au monde que ce que nous vivons est insupportable, alors c'est une bonne chose. »

22/12/2013

À propos d'Afrique

lu sur :

rue89.nouvelobs.com  

Les racines esclavagistes de l’histoire centrafricaine

Jean-Louis Triaud | Historien

Il y a, dans l’histoire de la République centrafricaine, cette ancienne colonie française alors connue sous le nom d’Oubangui-Chari, des constantes géopolitiques qui la rattachent à un espace plus vaste entre Nil et lac Tchad.

Depuis deux semaines, la France intervient militairement en Centrafrique pour tenter de mettre fin aux massacres entre groupes armés. Mais qui connait l’histoire et les racines de ce pays enclavé au cœur du continent africain ? Ce texte d’un historien donne quelques clés de compréhension au-delà des péripéties d’une opération militaire. Pierre Haski

Au XIXe siècle, l’actuel Soudan était ravagé par l’action de seigneurs de guerre esclavagistes qui allaient plus au sud capturer les marchandises humaines.

A cette époque, la recrudescence et l’extension de la traite des êtres humains à partir du Soudan et les débuts de la conquête française dans les pays du Tchad, parallèlement aux avancées des Britanniques qui remontaient le Nil, faisaient de toute cette vaste zone une région d’affrontements en chaîne et d’insécurité généralisée.

Zoubeir Pacha, marchand d’esclaves

Zoubeir Pacha, marchand d’esclaves, un moment gouverneur du Bahr al-Ghazal (Sud-Soudan), est une des figures les plus connues parmi ces entrepreneurs de la traite à longue distance.

Quand Zoubeir fut vaincu par les Anglo-Egyptiens, un de ses lieutenants, nommé Rabih (ou Rabah), prit le large et, à la tête de milliers de combattants armés de fusils à tir rapide et de petits canons, fit mouvement, en 1887, vers le Darfour, le Tchad et le Nigeria actuels.

Il s’installa au Bornou, au nord-est du Nigeria actuel, là où Boko Haram est aujourd’hui implanté, et y installa sa capitale, à Dikoa, près du lac Tchad. Il prit la place d’un vieil empire séculaire et y construisit une redoutable puissance prédatrice jusqu’à la conquête du Tchad par les Français face auxquels il mourut au combat en 1900.

Une nouvelle ramification allait partir de ses rangs. Un de ses adjoints, nommé Senoussi, se sépara de son « patron » et s’enfonça vers le sud. Il fonda à son tour un sultanat, pour son propre compte, dans le Dar El-Kouti, qui était son pays de naissance, dans le nord de l’actuelle République centrafricaine, et il y installa sa capitale dans la ville de Ndélé. Le sultan Senoussi se revendiquait de l’appartenance à l’islam et il utilisait volontiers le titre califal de « prince des croyants ».

Un peu comme Samori, le sultan Senoussi est l’une des figures maudites de l’historiographie coloniale. Il fut responsable de la mort de l’explorateur français Paul Crampel et de ses compagnons (novembre 1891). L’opinion coloniale, en France, n’eut dès lors de cesse de vouloir venger ces morts.

Mais il lui fallut attendre vingt ans car, entre-temps, les forces françaises avaient dû composer avec le sultan, accepter ses protestations d’innocence, essayer d’utiliser ses services et installer un résident à Ndélé pour surveiller ses activités.

La fin du sultanat de Senoussi

Mais, après Rabih, Senoussi tomba finalement sous leurs coups en janvier 1911, tué à bout portant par un commando français dont le chef lui-même, le lieutenant Grunfelder, périt dans l’opération. Le sultanat de Senoussi était définitivement démantelé.

Du point de vue de l’histoire africaine elle-même, l’affaire était encore plus dramatique en raison des ravages causés par le sultan et ses alliés dans toute la région.

L’économie esclavagiste, le troc d’esclaves contre des armes, les pillages généralisés, la terreur frappèrent toutes les populations qui cherchaient dans la fuite, dans une installation précipitée dans des grottes ou dans des zones inaccessibles, un refuge contre ces dévastations.

Ces chaînes de destruction dans toute cette zone de confins, dont Senoussi n’était qu’un maillon, sont l’un des facteurs aujourd’hui reconnus de l’effondrement démographique qui caractérise toute cette partie de l« Afrique centrale jusqu’à maintenant. Leur souvenir est très présent dans la mémoire des populations.

Ndélé, la capitale de Senoussi, est revenue sous les feux de l’actualité à l’occasion des événements récents. C’est, en effet, un lieu stratégique pour le contrôle de l’accès par le nord à la capitale, Bangui, située à 700 km de là. Ndélé et toute la région qu’elle commande sont, aujourd’hui comme hier, au carrefour d’itinéraires commerciaux et d’influences qui viennent du Nigeria, du Tchad et du Soudan voisins à travers des frontières éminemment perméables.

La Séléka a emprunté les mêmes itinéraires. En juillet dernier, les associations humanitaires et les journalistes signalaient déjà les exactions qui étaient perpétrées à Ndélé par des éléments de la Séléka, lesquels avaient alors fait de cette ville leur base d’opérations et une étape dans leur progression vers le sud.

Un Etat centrafricain jamais consolidé

Tout se passe comme si les chemins de ces “grandes invasions” étaient à nouveau empruntés à la faveur de l’effondrement d’un Etat centrafricain qui n’a jamais vraiment réussi, depuis son indépendance, à se consolider.

L’histoire ne se répète pas simplement, mais on en retiendra la constance de ces mouvements de descente vers le sud de groupes de coupeurs de route sahéliens, dont l’islam d’origine est d’ailleurs fort sommaire, et qui s’infiltrent dans des zones périphériques mal contrôlées par les Etats pré-coloniaux comme post-coloniaux.

On en retiendra aussi la vieille familiarité des Français et des troupes de marine avec ces adversaires.

La Séléka est un des lointains héritiers de Senoussi et les troupes françaises rejouent aujourd’hui, en Centrafrique, une scène à la fois ancienne et entièrement nouvelle.

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voir aussi :

18/12/2013

Pouvoir et corruption en Turquie

lu sur :

www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/17/vaste-coup-de...

Le Monde.fr | 17.12.2013 à 20h39 • Mis à jour le 18.12.2013 à 09h41 |Par Guillaume Perrier (Istanbul, correspondance)

« Nous ne plierons pas », a martelé le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, depuis la ville de Konya, où il tenait un meeting, mardi. « Aucune force de l'ombre, qu'elle agisse de l'intérieur ou de l'extérieur, ne nous indiquera la ligne à suivre », a-t-il lancé.

Le « système AKP », bâti par le leader turc autour du parti islamo-conservateur qu'il dirige sans partage depuis douze ans, est pourtant en train de vaciller. Un vaste coup de filet anticorruption mené mardi matin à Istanbul et Ankara provoque un séisme sans précédent au sein du pouvoir turc. La justice enquête sur une vaste affaire de malversations, de corruption et de blanchiment d'argent, aux ramifications très politiques.

Parmi les 56 personnes placées en garde à vue figurent le maire (AKP) du quartier central de Fatih à Istanbul, Mustafa Demir, les fils de trois ministres parmi les plus proches du chef du gouvernement, le cousin d'un responsable du bureau national de l'AKP, des bureaucrates de premier plan mais aussi des hommes d'affaires liés au juteux secteur de la construction et de la promotion immobilière...

« PLUS GROS SCANDALE DE L'HISTOIRE TURQUE »

La garde rapprochée de M. Erdogan est sérieusement éclaboussée. « C'est le plus gros scandale de l'histoire de la Turquie. Le premier ministre doit démissionner », a déclaré le député Engin Altay, membre du CHP (Parti républicain du peuple). L'opposition exige par ailleurs la création par l'Assemblée nationale d'une commission d'enquête.

Au centre des investigations menées par la justice, se trouve l'Administration de développement de l'habitat collectif (TOKI), qui a engrangé au cours de la dernière décennie des bénéfices colossaux en revendant à des promoteurs immobiliers triés sur le volet des terrains publics, mais aussi en réalisant ses propres projets de logements collectifs. Cette entreprise parapublique est au cœur de la politique de transformation urbaine initiée par M. Erdogan à Istanbul et tant décriée au printemps au moment des manifestations de la place Taksim.

Le fils du ministre de l'environnement et de l'urbanisme Erdogan Bayraktar, ancien directeur de TOKI, fait partie des personnalités arrêtées. En 2012, M. Bayraktar avait reconnu devant une commission parlementaire qu'environ 25 millions d'euros de commissions occultes avaient été dilapidés au cours de son mandat de dix ans à la tête de TOKI.

Un homme d'affaires azerbaïdjanais, Reza Zarrab, mais aussi le magnat de l'immobilier Ali Agaoglu, devenu en quelques années l'une des dix premières fortunes de Turquie, ont été mis en garde à vue par la police, ainsi que le fils de Muammer Güler, ministre de l'intérieur,  et de celui de Zafer Caglayan, ministre de l'économie. Le directeur général de la banque publique Halkbank est lui aussi interrogé. Son établissement, indiquent des sources judiciaires, a servi de plateforme d'échanges avec l'Iran, alors que Téhéran était soumis à des sanctions.

UNE GUERRE AU SOMMET DE L'ETAT

Cette soudaine offensive de la justice est à analyser à l'aune de la guerre qui fait rage au sommet de la Turquie entre les partisans de M. Erdogan et ceux du prédicateur Fethullah Gülen, exilé depuis 1999 aux Etats-Unis et à la tête d'une puissante confrérie influente dans les rouages de l'Etat. L'instruction est menée par le procureur Zekriya Öz, réputé proche des gülénistes, et qui avait dirigé l'enquête dans l'affaire Ergenekon, un réseau militaro-nationaliste démantelé après 2008.

Lire Turquie : Fethullah Gülen, la confrérie de l'ombre

Le mouvement Gülen aurait décidé de lancer ces opérations de représailles après la fermeture des dershane – un réseau de cours privés de soutien scolaire dans lesquels il a massivement investi –, décidée par le gouvernement. Lundi, le député AKP Hakan Sükür a remis sa démission du parti en invoquant cette passe d'armes pour justifier sa décision.

C'est le deuxième parlementaire à quitter son poste en quelques semaines. Une vingtaine d'autres, favorables à M. Gülen, pourraient suivre, estime mardi la presse turque. Le divorce entre l'entourage de M. Erdogan et la confrérie religieuse qui a soutenu l'AKP pendant dix ans mais a condamné sa dérive autocratique et antidémocratique, s'étale désormais chaque jour dans les journaux.

Le quotidien pro-Gülen, Taraf, menace de sortir « documents » et « cassettes » compromettants pour le premier ministre. La bataille est sans doute loin de toucher au but alors que se profilent, en 2014 , des élections municipales et un scrutin présidentiel au suffrage universel. Face à M. Erdogan, qui ambitionne de se présenter, les proches de Fethullah Gülen pèseront de tout leur poids.

Comment se manifeste le désespoir résultant de l'absurdité de la société dans les "pays riches" ? (suite)

www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/12/18/les...

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 18.12.2013 à 11h15 |

Par Alain Salles (Sofia, envoyé spécial)


Dimitar Dimitrov est parti, ce matin du 13 mars, en direction de la présidence de la République, à Sofia. Il a sorti une petite bouteille de vodka qui contenait de l'essence. Il l'a versée sur ses épaules et y a mis le feu. « Je ne voulais pas me suicider, mais je voulais que le monde entier soit au courant de mon geste. C'est pour ça que j'ai agi devant la présidence. »

Le haut de son corps s'est enflammé et son visage a été brûlé. Il est resté une quarantaine de jours à l'hôpital. Ce quinquagénaire montre sur son portable les photographies de son visage bandé, menton et bouche brûlés. « J'étais comme un steak, mais ils ont tout remis en place. »

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Six mois après, il n'a presque plus de séquelles. Il a retrouvé l'usage de ses bras pour reprendre son travail de forgeron. Il vit dans un appartement dans la banlieue de la capitale bulgare, dans des immeubles gris, typiques des banlieues. Sa forge est en dehors de la ville. Il passe l'été dans son village au nord du pays où il cultive quelques vignes.

Comment en est-il arrivé là ? « Il y a toujours des raisons dans notre pays pour que quelqu'un se retrouve dans une impasse. » Pour lui, il y a eu un enchaînement de circonstances : « J'ai reçu une lettre de la municipalité indiquant que mon atelier devait fermer, car il n'était pas aux normes européennes. J'avais des clients qui ne me payaient pas. Un oligarque pour lequel j'avais travaillé dans un hôtel en Autriche me devait 1 500 euros et il venait m'expliquer dans sa Mercedes à 150 000 euros qu'il ne pouvait pas me payer. »

Le jour où il se rend compte qu'il n'a pas de quoi régler les 600 euros du semestre de l'université de sa fille, qui étudie le tourisme, il décide de passer à l'acte et part pour le centre de Sofia.

Depuis février, plus d'une dizaine de personnes se sont immolées par le feu dans différentes parties du pays. Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, souvent dans une grande misère.

VIVE ÉMOTION

Cela a commencé par un jeune homme de 26 ans, le 19 février, dans le nord du pays. Le lendemain, Plamen Goranov s'immolait devant la mairie de Varna, au bord de la mer Noire. C'est le premier à avoir donné une dimension politique à son geste.

Ce photographe de 36 ans était aussi un militant, qui ratait rarement les manifestations. En 2012, il avait recouvert de bonnets de couleur les têtes du monument célébrant l'amitié russo-bulgare, à Varna, après la condamnation des Pussy Riot à Moscou.

Lors des mouvements de protestation qui ont commencé en février, après de brusques augmentations des tarifs de l'électricité, il mettait en cause le maire de la ville et ses liens avec le puissant groupe économique bulgare TIM, réputé proche de la mafia russe.

Plamen Goranov avait posé en photo avec une pancarte demandant la démission du maire et en promettant de s'immoler par le feu si l'édile n'obtempérait pas. Le jour de l'ultimatum, il est venu au matin devant la mairie et a mis sa menace à exécution. Il a succombé à ses blessures une dizaine de jours plus tard.

L'affaire avait suscité une vive émotion et le gouvernement avait déclaré un jour de deuil national après son décès. Le geste de Plamen Goranov renvoyait à celui de Jan Palach en 1968 en Tchécoslovaquie et à celui du Tunisien Mohammed Bouazizi en décembre 2010.

Depuis sa mort, les rumeurs se sont répandues sur Internet, multipliant les désinformations. Plusieurs messages étrangement identiques sur Facebook ont essayé de discréditer les écologistes, présentés comme les inspirateurs du geste. D'autres au contraire pensent qu'il a été assassiné.

Ses amis, qui croient à son suicide, ont lancé une pétition pour demander une enquête sur le rôle des gardes de la mairie, qui ne semblent pas avoir essayé d'intervenir.

Après l'élection d'un nouveau Parlement en mai, les immolations ont continué, pendant l'été, sous le nouveau gouvernement dirigé par Plamen Orecharski et dominé par le Parti socialiste. La dernière tentative de suicide évoquée par la presse date de fin octobre, alors que le mécontentement dans le pays ne cesse pas.

Dimitar Dimitrov n'est pas retourné manifester« Quand je suis sorti de l'hôpital, j'ai eu un appel anonyme m'expliquant que si j'allais manifester, on me mettrait le feu. »

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Voir aussi la note du 16/12/13 sur ce blog

Comment se manifeste le désespoir résultant de...

sur le même sujet :

www.lemonde.fr/societe/article/2013/12/16/un-immole-par...

France : l'État s'attaque à la presse indépendante

lu sur :

www.lemonde.fr/.../12/17/controle-fiscal-pour-mediapart... 

Le Monde.fr | 17.12.2013 à 21h25 • Mis à jour le 18.12.2013 à 07h17 

« L'Etat s'attaque à la presse en ligne », accuse Edwy Plenel, le fondateur du site d'information Mediapart, dans une tribune publiée mardi 17 décembre. Le texte dévoilequ'un « avis de contrôle fiscal portant explicitement sur la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) »appliquée aux « abonnements des lecteurs » de Mediapart a été reçu dans la journée par les équipes du site.

Selon Edwy Plenel, son rédacteur en chef, qui se demande si Bercy a voulu se « venger à froid d'une presse trop indépendante (...) un an après le déclenchement de l'affaire Cahuzac, qui a conduit à la démission d'un ministre du budget fraudeur »« ce contrôle est déclenché en urgence sur ordre de la hiérarchie des inspecteurs concernés ». 

Il s'agit selon M. Plenel d'une « attaque illégitime et discriminatoire » contre la « recette unique » de Médiapart (dont le modèle économique est fondé sur les abonnements des lecteurs, et refuse la publicité), et s'attaquant à « une aide indirecte à la presse [et] aux lecteurs ».

LA DÉFENSE D'UNE TVA RÉDUITE

Cette démarche survient alors que plusieurs pure players, des sites d'information dont la marque a une existence exclusivement numérique et non liée à d'autres supports – presse, radio, télévision –, appliquent depuis 2011 ce régime de la TVA à 2,1 %, qui ne vaut, normalement, que pour les éditions papier des publications. La version numérique des sites d'information doit normalement supporter une TVA de 19,6 %, expliquent Les Echos.fr.

Ces pure players, comme Mediapart, Slate.fr ou Arrêt sur images, sont réunis en un Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), qui défend l'application d'un taux de TVA réduit.

« La presse papier bénéficie d'un taux de TVA super réduit, à 2,1 %, alors que la presse en ligne doit appliquer le taux normal de 19,6 %. Le Spiil entend faire appliquer le principe de neutralité des supports : un même taux, quel que soit le support », peut-on lire sur le site du syndicat.

En plus de Mediapart, Indigo Publications, éditeur de La Lettre A, une lettre d'information confidentielle consacrée à l'actualité politique, économique et médiatique en France, a lui aussi reçu un « avis de vérification de comptabilité », indique le texte d'Edwy Plenel.

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voir aussi :

www.liberation.fr/medias/2013/12/17/mediapart-vise-par... 

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" : un exemple

les surlignages sont de moi 

lu sur :

www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/16/les-troubles...

 

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LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.12.2013 à 17h01 • Mis à jour le 17.12.2013 à 07h23 |Par Stéphane Foucart

Paolo Boffetta, 55 ans, est une sommité ; il est l'un des épidémiologistes les plus prolifiques et les plus influents de sa génération. Professeur associé à l'université de New York après un long passage au Centre international de recherche sur lecancer (CIRC), il est l'auteur de près d'un millier de publications et a le profil idéal pour être le prochain directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, Inserm-université Paris-Sud). Le poste est d'ailleurs àprendre, et M. Boffetta est désormais seul en lice.

Les choses ne sont pourtant pas si simples. Car son arrivée, prévue pour début 2015 à la tête du CESP, ouvre une âpre polémique au sein de la communauté concernée. Ses partisans mettent en avant son envergure scientifique ; ses détracteurs le décrivent comme un mercenaire qui, depuis quelques années, enchaîne les missions de consultance pour des industries polluantes. Dans la littérature scientifique ou dans les prétoires, accusent-ils, M. Boffetta relativise ou conteste des risques liés à leurs activités ou leurs produits – quand bien même ces risques font l'objet de larges consensus.

« Lorsque Paolo Boffetta était au CIRC, il endossait des conclusions sur la nocivité de certaines substances, mais il les conteste depuis qu'il travaille pour l'industrie, dit l'épidémiologiste Paolo Vineis, professeur à l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni).C'est très clair dans le cas de la dioxine, mais c'est également le cas pour d'autres substances. » Pour établir le niveau de cancérogénicité d'une substance, le CIRC réunit des dizaines de scientifiques du monde académique, choisis en fonction de leur autorité et de leur absence de conflits d'intérêts. La classification du CIRC – entre cancérogènes avérés, « probables » et « possibles » – jouit du plus haut niveau de consensus.

DIOXINE

En 1997, le CIRC classait la dioxine TCDD comme cancérogène. En 2011, sur commande d'une fondation du syndicat des industriels américains de la chimie (l'American Chemistry Council), M. Boffetta publiait dans Critical Reviews in Toxicology une synthèse affirmant que les « récentes preuves épidémiologiques échouent à démontrer de manière conclusive un lien entre l'exposition au TCDD et le cancer chez les humains ». M. Boffetta assure ne pas s'être contredit, dans la mesure où le personnel du CIRC, dont il faisait partie en 1997, ne participe pas directement aux évaluations scientifiques.

Il y a d'autres exemples. En 2011, sur cofinancement de Frito-Lay, une filiale de Pepsi, il relativise les risques posés par l'acrylamide (un sous-produit des cuissons à haute température), cancérogène selon le CIRC. L'année suivante, il signe une autre review, financée par Materion Brush, selon laquelle « les preuves disponibles ne soutiennent pas un lien causal entre l'exposition professionnelle au béryllium et le risque de cancer ». Le béryllium (auquel de nombreux ouvriers sont exposés) est pourtant, lui aussi, un cancérogène avéré.

La même année, sur commande de l'American Chemistry Council, il publie une synthèse de littérature ne trouvant aucun lien entre leucémie et exposition au formaldéhyde, par ailleurs cancérogène avéré selon le CIRC. A des degrés divers, ce schéma se répète pour le styrène (composé entrant dans la composition de certains plastiques) et l'atrazine (un herbicide interdit en Europe) : des synthèses de littérature financées par les industriels intéressés sont cosignées par Paolo Boffetta dans les revues internationales, concluant de manière favorable.

EMANATIONS DIESEL

« Il est souvent précisé que ces travaux sont financés par un unrestricted grant, ce qui signifie que l'auteur n'est pas tenu de soumettre ses résultats au commanditaire, dit un épidémiologiste français qui, comme la grande majorité des chercheurs interrogés par Le Monde, a requis l'anonymat. Mais là, c'est un système : à chaque fois, les conclusions sont favorables à l'industriel qui paie. Donc si je suis un gros pollueur et que je veux un papier publié dans la littérature scientifique qui dédouane mes activités, je sais à qui m'adresser. »

L'article qui a soulevé le plus de ressentiment est celui publié en ligne en juin 2012 dansCritical Reviews in Toxicology, sur les émanations des moteurs diesel. Le papier du chercheur italien conclut que « le poids de l'évidence est inadéquat pour confirmerl'hypothèse d'un lien entre diesel et cancer du poumon ». Selon sa déclaration d'intérêts, l'épidémiologiste a travaillé sur cet article comme « consultant pour le Mining Awareness Resource Group [MARG] ».

Le MARG est une coalition de géants miniers peu réputée pour son attachement à la science. En février 2012, The Lancet révélait que les avocats du MARG avaient adressé à plusieurs revues – dont The Lancet – une lettre les menaçant de « conséquences » si elles publiaient les résultats d'une grande étude épidémiologique américaine (dite DEMS) évaluant les effets sanitaires du diesel sur les mineurs. Ces derniers, qui travaillent dans une atmosphère confinée aux côtés de machines tournant au gasoil, sont parmi la main-d'œuvre la plus exposée… et la plus susceptible de se retourner contre son employeur en cas de maladie.

« CONSULTANT PAYÉ »

Selon The Lancet, le MARG tentait de bloquer la publication de ces travaux afin qu'ils ne puissent pas être pris en compte par le CIRC, qui mettait alors à jour son avis sur le diesel. En mars 2012, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) passait outre les menaces du MARG et publiait les résultats de l'étude DEMS. Quelques semaines plus tard, la revue recevait une critique de l'étude en question, signée de Paolo Boffetta, agissant selon sa déclaration d'intérêts comme « consultant payé par Navistar » – un transporteur routier américain dont les salariés sont, comme les mineurs, exposés aux émanations du diesel…

Mi-juin 2012, le CIRC classait finalement les émanations du diesel comme cancérogènes mais, quelques jours auparavant, était publiée la fameuse synthèse de littérature commanditée par le MARG et signée par M. Boffetta, mettant en doute le lien entre diesel et cancer du poumon… « Ce travail semble avoir été spécifiquement écrit pour influencer ou pour disputer les conclusions du CIRC », dit Neil Pearce, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (Royaume-Uni) et past president de l'International Epidemiological Association (IEA). Pour Paolo Vineis, l'activité de M. Boffetta s'inscrivait à l'évidence dans une stratégie plus large d'industriels visant à affaiblir l'avis du CIRC. L'intéressé répond que ce dernier n'est pas, stricto sensu, mentionné dans son article, dont il ne maîtrisait pas la date de publication.

« PARTIE ÉMERGÉE DE L'ICEBERG »

« Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, dit M. Vineis. Tout cela se produit dans un contexte où l'industrie essaie, dans plusieurs domaines, de contester des résultats solides en créant de la confusion, en soutenant par exemple l'idée que l'épidémiologie est une science faible en laquelle nous ne devrions pas avoir confiance. » Depuis fin novembre, l'ébauche d'un article collectif circule dans la communauté épidémiologique pour réfuter cette idée. Avec, comme cible de l'article, plusieurs publications récentes de M. Boffetta. Au dernier pointage, Neil Pearce, l'un des principaux auteurs, comptait « environ quatre-vingts signataires, parmi lesquels des personnalités éminentes de l'épidémiologie ».

A l'Inserm, cotutelle du CESP, on se dit « très surpris » de cette levée de boucliers. « La candidature de Paolo Boffetta a été examinée par un comité scientifique international, dans le cadre d'un appel à candidatures lui-même international, lancé conjointement par l'université Paris-Sud et nous-mêmes, dit Jean-Paul Moatti, directeur de la santé publique à l'Inserm. Toutes les équipes qui s'inscrivent dans le projet de renouvellement du CESP se sont engagées aux côtés de Paolo Boffetta. La procédure suit son cours normalement, en respectant les avis émis par les scientifiques, notamment par le Conseil scientifique consultatif du centre qui compte des experts européens de haut niveau. » Cependant, d'autres équipes, aujourd'hui intégrées au CESP, quitteront le centre à l'arrivée de M. Boffetta, dans un contexte de désaccords violents et d'oppositions personnelles.

L'affaire divise bien au-delà des écoles de pensée. Des chercheurs peu suspects de complaisance vis-à-vis de l'industrie soutiennent ainsi l'épidémiologiste italien, rappelant qu'il s'est engagé à cesser ses collaborations privées. D'autres estiment, en France et à l'étranger, que les liens noués par M. Boffetta avec les gros pollueurs sont trop étroits pour que l'indépendance du CESP n'en pâtisse pas. « C'est un gâchis immense, car Paolo est un chercheur magnifique, dit un de ses détracteurs. Bien sûr, il a le droit de faire ce qu'il fait. Et nous, nous avons le droit de ne plus lui faire confiance. »

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Amiante : une curieuse expertise :

Résumé d'un article cosigné par Paolo Boffetta et accepté en un temps record par la revue "European Journal of Cancer Prevention" en 2011.

 

17/12/2013

Hackers de tous les pays, unissez-vous !

à lire :

www.lemonde.fr/.../berlin-au-bonheur-des-hackers_4335300...
[2013-12-16] Depuis trente ans, la plus grande association de hackers informatiques d'Europe se donne pour mission de défendre la liberté et les droits des citoyens sur le Web.
 

extrait :

"... face aux Etats-Unis, aucun pays européen n'est vraiment souverain. "

Berlin _ au bonheur des hackers.pdf

 

Boycottez AMAZON !

à lire !

www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/16/les-travaille...


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sur le même sujet :

www.lemonde.fr/technologies/article/2013/12/17/la-greve...
Les salariés allemands du géant américain du cybercommerce Amazon intensifient la lutte. Alors que la saison des commandes de Noël bat son plein, des salariés de ...


L'esclavage au XXIème siècle (suite): les prisonniers nord-coréens réduits " à l'état d'esclaves ".

lu sur :

www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/10/les...

 

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 10.12.2013 à 20h37 |Par Jacques Follorou

Alors que la Corée du Nord est, à l'intérieur, engagée dans des opérations de purges politiques et multiplie, à l'extérieur, les actes de propagande pour fairecroire à une modernisation du pays, ce régime continue de développer son système concentrationnaire. C'est le constat fait par Amnesty International qui s'appuie sur l'analyse d'images satellites des camps de prisonniers politiques, qui gardent au secret plus de 200 000 personnes dans de vastes prisons. L'ONG avait déjà réalisé un travail à ce sujet, en 2001 et 2011.

En observant les clichés pris en mai 2013, Amnesty a noté l'extension des infrastructures de Kwanliso 16, un camp situé près de Hwaseong, dans la province du Hamkyung du Nord, qui couvre environ 560 km².

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Images satellite d'un camp de prisonniers politiques, qui suggèrent selon Amnesty International, une augmentation de sa population.

De nouveaux bâtiments destinés au logement ont été érigés ainsi que des installations destinées à la production. Les images mettent en évidence une activité économique substantielle liée à l'exploitation minière, forestière et agricole. Ces nouvelles constructions sont entourées d'un solide dispositif de sécurité : clôtures autour des camps, déplacementscontrôlés, tours de garde et points de contrôle situés à l'intérieur des camps.

Pour décrire cet univers, Amnesty s'est appuyée sur le témoignage inédit d'un responsable, jusqu'au milieu des années 1990, de la sécurité du camp n° 16, présenté comme le plus grand camp de prisonniers politiques du pays. Il évoque le cas de détenus forcés decreuser leur propre tombe avant d'être tués à coups de marteau sur la nuque. Il affirme aussi avoir vu des fonctionnaires pénitentiaires étrangler des prisonniers avant de lesachever en les battant à mort à l'aide de bâtons en bois.

TRAITEMENTS « INHUMAINS »

D'après lui, des femmes étaient violées puis « disparaissaient » : « Après avoir passé une nuit “au service” de hauts responsables, les femmes devaient mourir pour que personne ne découvre ce secret. C'est la même chose pour la plupart des camps de prisonniers politiques. » Selon Amnesty, ce système concentrationnaire existe depuis les années 1950. L'ONG distingue deux types de camps : les « zones sous contrôle total », dans lesquelles on reste à vie, et les « zones révolutionnaires », d'où quelques prisonniers sont parfois libérés. L'immense majorité des détenus politiques sont enfermés dans les « zones sous contrôle total ». Seules trois personnes ont pu s'en « échapper » ou les « quitter » en soixante ans. Un système dont Pyongyang nie l'existence.

La plupart des individus emprisonnés ignorent les raisons de leur arrestation et de leur incarcération. L'accusation d'« espionnage » est souvent avancée par les rares prisonniers qui ont pu quitter ces camps de « l'horreur », selon leur propre expression. A Kwanliso 16, des milliers de personnes sont emprisonnées pour de simples liens de parenté avec des prisonniers. Des familles, sur plusieurs générations, sont placées au secret par les autorités au titre d'une « culpabilité par association ». Les détenus mangent des rats ou des graines retrouvées dans les excréments d'animaux pour survivre. Forcés de travailler dix heures par jour et sept jours sur sept dans les champs situés à l'intérieur des camps, les prisonniers sont réduits « à l'état d'esclaves » et soumis à des traitements « cruels, inhumains et dégradants », selon l'ONG.

L'analyse des images du camp n° 15 montre, elle, une légère diminution du nombre de constructions. Beaucoup moins étendu que le camp n° 16, il comptait, en 2011, près de 50 000 personnes. Amnesty affirme ne pas être en mesure de vérifier combien de prisonniers se trouvent dans ce camp ou ce qu'il advient d'eux. L'ensemble de ces informations a été transmis à la commission des Nations unies chargée d'enquêter sur les violations des droits humains en Corée du Nord.

Israël et sa collaboration avec l'Apartheid afrikaner : on n'oublie pas

lu sur :

www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/12/10/nelson...

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 10.12.2013 à 21h06 • Mis à jour le 10.12.2013 à 21h07 |Par Benjamin Barthe

Lors de sa venue en Terre sainte, en 1999, Nelson Mandela avait-il été initié aux subtilités de la chutzpah, ce mélange d'impudence et d'assurance qui a rang de vertu nationale, ou presque, en Israël ? Si oui, on peut penser sans trop de risque de se tromper que le mot lui est venu à l'esprit depuis le Panthéon des libérateurs, où il repose maintenant, en entendant les responsables israéliens faire son éloge.

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UNE ALLIANCE MILITAIRE SECRÈTE AVEC LE RÉGIME D'APARTHEID

Car les mots du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a salué un « combattant de la liberté, opposé à la violence », comme ceux du président Shimon Pérès, qui a applaudi sa contribution à « la guerre contre les discriminations et le racisme », procèdent d'une réécriture de l'Histoire pour le moins audacieuse. Un coup de pub destiné à faire oublier l'alliance militaire secrète que l'Etat juif noua avec le régime ségrégationniste de Pretoria durant les années 1970 et 1980 et que ses dirigeants, depuis, n'ont jamais admise et encore moins désavouée. Ce pacte scellé sous les auspices de Shimon Pérès, alors ministre de la défense, au nom de la lutte contre le « terrorisme », incarné alors par l'ANC de Nelson Mandela et l'OLP de Yasser Arafat, aboutit notamment à cette scène sidérante : la venue en 1976, à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah de Jérusalem, d'un suprémaciste blanc et sympathisant nazi notoire, en la personne de Balthazar Johannes Vorster, le premier ministre sud-africain de l'époque.

Confronté à la résurgence de cet embarrassant passé, longuement évoqué par la presse israélienne, Benyamin Nétanyahou a sûrement jugé plus judicieux de faire profil bas. Prétextant des frais de déplacement trop élevés, il a renoncé à participer à la cérémonie d'hommage organisée, mardi 10 décembre, dans le stade de Soweto. Bonne idée.

D'AUTRES EXPÉRIENCES INCONGRUES

Sur place, les vétérans de l'ANC auraient pu lui rappeler que « Madiba » n'a jamais été un héraut de la non-violence, contrairement à ce que M. Nétanyahou laissait entendre dans sa déclaration, calibrée pour gêner ses adversaires palestiniens. Bien que le mouvement antiapartheid n'ait pas sombré dans le terrorisme aveugle, M. Mandela n'a jamais accepté de renoncer à l'option de la violence, même en échange de sa libération. « C'est toujours l'oppresseur, non l'opprimé, qui détermine la forme de la lutte, écrivait-il dans ses Mémoires. Si l'oppresseur utilise la violence, l'opprimé n'a pas d'autre choix que de répondre par la violence. »

En Afrique du Sud, M. Nétanyahou aurait pu faire d'autres expériences incongrues. Comme rencontrer Ahmed Kathrada, 82 ans, un ancien compagnon de prison de Nelson Mandela, qui a pris la tête d'une campagne internationale pour la libération de Marouane Barghouti. Condamné à la prison à vie pour son implication supposée dans le meurtre de cinq Israéliens, ce haut dirigeant du Fatah, partisan déçu du processus de paix, est considéré dans les territoires occupés comme le Mandela palestinien.

Mais le plus déplaisant pour le premier ministre israélien aurait été de croiser Ismaïl Coovadia, l'ancien ambassadeur d'Afrique du Sud en Israël. En juin, quelques mois après avoir quitté son poste, ce diplomate avait estimé que le comportement d'Israël en Cisjordanie et dans la bande de Gaza s'apparentait à une « réplique de l'apartheid ». Un accès de chutzpah, assurément.

16/12/2013

Comment se manifeste le désespoir résultant de l'absurdité de la société dans les "pays riches" ?

les surlignages sont de moi

lu sur :

www.lemonde.fr/societe/article/2013/12/16/l-immolation...

Conséquence extrême de la crise économique, cet acte de désespoir est souvent un geste public, destiné à être vu.
LE MONDE | 16.12.2013 à 13h04 • Mis à jour le 16.12.2013 à 16h38 |Par Catherine Rollot
 
Ils brûlent pour une allocation-chômage, un emploi, un logement… ou tout simplement pour se faire entendre d'une hiérarchie ou d'une entreprise. Combien de personnes se transforment en torches humaines en France ? Faute de statistiques récentes, les seuls chiffres à partir desquels on peut faire des extrapolations sont fournis par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il s'agit de données globales sur le suicide qui datent de 2009, et qui, en plus de leur ancienneté, ne permettent pas de connaître le nombre précis d'immolations par le feu.

D'autres études, toujours de la même source, relatives aux décès par feu-flammes après hospitalisation existent mais, là encore, elles rendent impossible le tri entre les causes de décès et leur origine intentionnelle ou non intentionnelle. Sur les 10 600 personnes qui décèdent par suicide chaque année et sur les 195 000 tentatives de suicide annuelles, les immolations par le feu restent des faits très rares qu'une recension de façon empirique évalue à moins d'une trentaine de cas par an.

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Pour Michel Debout, professeur émérite de médecine légale et l'un des meilleurs spécialistes du suicide, « ce phénomène doit être appréhendé d'une façon plus qualitative que quantitative en raison de son caractère spécifique ». L'acte de s'infliger volontairement la souffrance par les flammes ne rentre pas dans les critères « traditionnels » du suicide. « On se cache d'habitude pour se suicider, ne serait-ce que pour que ça ne rate pas », explique le professeur Debout.

LE SUICIDAIRE VEUT « IMPRESSIONNER »

Or, les immolations par le feu se font généralement dans un lieu public et sont destinées à être vues. Le suicidaire veut « impressionner », au sens littéral, la mémoire collective, pour que son geste ne soit pas oublié. Dans la majorité des cas, si l'on excepte ce que le professeur Debout appelle les « immolations cachées », qui sont le fait de personnes extrêmement déprimées, qui se passent à l'abri des regards, les personnes qui commettent ce geste avertissent les médias, leur entourage ou leur hiérarchie, avant de passer à l'acte. 

Le sacrifice, sens premier du mot immolation, est alors un geste de protestation plus que de disparition. Il gagne les pays occidentaux, jusque-là peu habitués à ces cris de désespoir ultime, traditionnellement associés à des revendications politiques – l'un des exemples les plus célèbres est le geste de l'étudiant Jan Palach, qui s'est enflammé en 1969 pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques – et à des régions en proie à l'instabilité comme la Tunisie.

Lire notre enquête : Survivre à une immolation par le feu, ce geste ultime de désespoir

L'immolation revêt dans les pays « riches » une autre dimension. « Les torches humaines sont l'expression la plus désespérée du conflit social, et l'un des indices de la crise économique mais aussi de la crise du politique et de son éloignement des citoyens »,explique l'anthropologue italienne Annamaria Rivera, qui a étudié les auto-immolations publiques au Maghreb, en Europe et au Moyen-Orient. Face à une interpellation qui les dérangerait, Etats ou institutions préféreraient alors nier la portée politique de l'acte en mettant en cause la fragilité supposée du suicidaire ou ses problèmes d'ordre personnel.

« Le suicide sur le lieu de travail est l'expression d'une maltraitance au travail ressentie à tort ou à raison par un salarié, nuance Jean-Claude Delgènes, directeur du cabinet Technologia, spécialisé dans l'évaluation et la prévention des risques professionnels. L'intensification du travail, des exigences professionnelles, les mobilités mal préparées, les changements perpétuels d'organisation, le harcèlement, et l'éloignement sont des facteurs qui se retrouvent dans les suicides à imputation professionnelle majeure car il y a toujours plusieurs facteurs qui poussent à un tel acte, et à sa forme la plus spectaculaire, l'immolation par le feu. »

voir le webdocumentaire « Le Grand Incendie » : parole à ceux qui se sont immolés par le feu

lire aussi sur ce blog la note :

Renouveler la Démocratie...

La Chine aujourd'hui

15/12/2013

L'apartheid

lu sur :

Nétanyahou n’a pas sa place aux cérémonies d’adieu à Mandela :


Walla, le 9 décembre 2013

Traduction : Tal Aronzon pour LPM le 12/12/2013

L’absence “inexplicable” du Premier ministre d’Israël à l’hommage rendu à Nelson Mandela au stade de Soweto [1] ne paraît que trop bien s’expliquer aux yeux de Yariv Oppenheimer.

Le secrétaire général de Shalom Akhshav (LPM) publiait ainsi sur le site israélien Walla, avant même que l’annonce tardive de la défection à son corps défendant du président Shimon Péres [2] vint conforter son analyse, la prise de position suivante.

Les éloges funèbres faits par la droite israélienne du combattant sud-africain de la liberté vont de l’inconscience à l’hypocrisie. Même si la symétrie n’est pas absolue entre l’apartheid et l’occupation, Israël représente tout ce contre quoi Mandela s’est battu.

Pourquoi les Nétanyahou ne se rendent-ils pas aux cérémonies en mémoire de Nelson Mandela ? La raison n’en est sûrement pas le coût élevé du vol (après tout, on a trouvé sans difficultés le budget nécessaire à la venue du couple aux funérailles de Margaret Thatcher), ni un soudain accès d’humilité. Le Premier ministre cherche cependant tous les prétextes pour éviter d’offrir, aux côtés des dirigeants du monde entier, ses derniers respects à l’homme qui a combattu et vaincu le régime d’apartheid – et il sait pourquoi.

Quand Nétanyahou, Benett, Miri Regev et leurs commensaux de droite ont fait sur leurs pages Facebook l’apologie de Mandela, « combattant de la liberté qui a changé le monde par la force de la volonté », on aurait pu prendre Mandela pour un écologiste exceptionnellement efficace, ou tout au moins pour un héros de BD parvenu à battre le diable grâce à ses pouvoirs surnaturels. Tant de superlatifs et de clichés, et pas un seul mot qui sonnât vrai sur la lutte de Mandela contre le régime d’apartheid – la domination d’une minorité blanche sur une majorité noire, le règne de la force, de la discrimination, de la violence et de l’argent.

Contrairement à ce que Nétanyahou voudrait nous faire croire, l’apartheidne fut pas seulement un régime raciste établissant des discriminations entre un homme et un autre du fait de la couleur de sa peau. C’était la mise en œuvre de la politique d’une nation qui voulait en dominer une autre. Une minorité blanche qui régnait du fait de sa suprématie militaire et économique tout en dépossédant la majorité noire du pays de ses droits civiques. Les Blancs à l’époque de l’apartheid voulaient régner sur un autre peuple, définir son mode de vie à sa place, maintenir une démocratie réservée aux seuls Blancs et jouir de tous les biens du pays sans les partager à égalité avec la majorité noire indigène. Dans le même temps, le gouvernement d’apartheidvoulait continuer à entretenir des liens politiques et commerciaux avec les nations du monde et être considéré comme un État légitime.

Les Blancs tentaient de réprimer le soulèvement noir par la force, châtiant et incarcérant les prisonniers politiques, mais les images des morts et des blessés pesaient dans la balance et, au bout de nombreuses années, le monde comprit que l’Afrique du Sud ne pourrait faire partie du concert des nations tant que le régime d’apartheid persisterait.

L’apartheid aussi était “une écharde fichée dans postérieur"

Même si la symétrie n’est pas parfaite, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec la situation dans les territoires occupés. Le désir de la droite pro-implantations de continuer à diriger les Territoires sans accorder aux Palestiniens l’égalité des droits civiques, dont le droit de vote, est semblable à la volonté de la minorité blanche de gouverner l’Afrique du Sud et d’y maintenir un système politique neutralisant la majorité noire ; la conviction que tout va s’arranger et qu’il ne s’agit que d’une “écharde dans le postérieur” est elle aussi la même dans les deux cas. Mais les conclusions douloureuses auxquelles le régime d’apartheid s’est trouvé confronté ne se sont pas imposées, si évidentes soient-elles : nous ne pouvons continuer à gouverner les Territoires sans accorder aux Palestiniens soit la citoyenneté à part entière, soit leur propre État. Tout autre solution serait source de discrimination ou d’occupation et est vouée à s’éteindre, pacifiquement ou dans la douleur. 

Aux yeux du monde, la différence critique entre les deux cas était et demeure la conviction qu’au contraire du régime d’apartheid Israël ne veut rester dans les Territoires que de façon temporaire, et dans un souci de sécurité, plutôt qu’à titre de solution permanente. Ce qui pourrait être exact si la construction de dizaines de milliers d’unités de logement dans les Territoires ne sapait et n’estompait jusqu’à ce distinguo. Par de telles mesures, les gouvernements israéliens de ces dernières décennies ont progressivement rendu l’occupation irréversible.

Le rédacteur des discours de Nétanyahou est en vacances et le Premier ministre va tenter de s’esquiver quelques heures cette semaine afin de laisser le monde se souvenir sans lui. La mort de Nelson Mandela embarrasse le gouvernement israélien et celui qui le dirige, mettant Israël dans une position quasi impossible. Outre les résidus du passé – dont la coopération entre le gouvernement israélien et le régime d’apartheid, le long délai avant qu’Israël se joigne aux sanctions le frappant, et la défiance personnelle de Mandela envers Israël – la mort du grand leader embarrasse les dirigeant israéliens du fait des valeurs qu’il représente et pour lesquelles il s’est battu sa vie durant.

À l’instar du Mahatma Ghandi et d’Abraham Lincoln avant lui, Nelson Mandela est devenu de son vivant une icône de la lutte des faibles et des opprimés pour la liberté, l’égalité et la démocratie. On ne peut célébrer son éloge sans qu’un rapport s’établisse avec la réalité dans les Territoires, dont la responsabilité première repose sur le gouvernement israélien.

NOTES

[1] Newsletter de nos amis de JCall, justement intitulée « Une décision inexcusable », et reprise sur Internet dans Le Monde juif vous parle :http://jmonde.canalblog.com/archive...

On peut notamment y lire : « La décision prise par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de ne pas assister à la cérémonie en l’honneur de Nelson Mandela est inexplicable. Le gouvernement d’Israël s’exclut lui-même de l’hommage rendu par la communauté internationale à l’un des hommes les plus respectés de notre époque. Cette absence survient à un moment où l’État juif a plus que jamais besoin d’être présent sur la scène internationale. [...] S’il fallait encore une preuve que les dirigeants actuels de l’État d’Israël sont capables de nuire aux intérêts essentiels de leur pays, elle nous est apportée ici de la manière la plus éclatante. »

[2] « Le monde a perdu un grand dirigeant qui a changé le cours de l’histoire » disait Shimon Pérès dès l’annonce du décès de Nelson Mandela, et sa sincérité ne souffre pas de doute. Il a pourtant dû renoncer au dernier moment à faire le voyage de Johannesburg – officiellement « pour raisons de santé ». Maladie diplomatique inoculée par les services du Premier ministre ? On pourrait le penser à entendre le porte-parole de la présidence insister sur l’interdiction formelle du médecin et les très vifs regrets du président, qui « tenait vraiment » à prendre part à l’hommage international. Mais Israël n’est pas la France de la Ve, et le président n’y a pas la haute main sur les Affaires étrangères.

08:34 Publié dans Apartheid | Lien permanent | Commentaires (0)

14/12/2013

La "Stratégie du choc" est appliquée au Japon

lu sur :

www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/13/japon-une-loi...


Japon _ une loi sur les secrets d'Etat fait polémique.pdf

voir aussi :

fr.wikipedia.org/wiki/La_Stratégie_du_choc 
 
 

Défense : le lobbying de Microsoft en France

À lire sur MEDIAPART :

www.mediapart.fr/journal/france/121213/ministere-de-la...

Le ministère de la défense a renouvelé le contrat équipant ses ordinateurs, au grand dam des défenseurs du logiciel libre. Sa signature initiale, contre l'avis d ...

extrait :

..."Selon plusieurs connaisseurs du dossier interrogés par Mediapart, l’une des raisons du traitement de faveur réservé à Microsoft s’expliquerait par la puissance de lobbying du géant américain. Microsoft dispose en effet, pour les différentes administrations, de correspondants chargés de défendre ses intérêts. Dans ce dossier, c’est Bernard Marty, chargé des ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice et par ailleurs administrateur au Haut comité français pour la défense civile (une association 1901 qui « participe à la réflexion sur la doctrine, l'organisation et les techniques de notre pays en matière de sécurité sociétale »), qui s’est chargé d’assurer un lobbying. Un lobbying jugé agressif par certains des intervenants. « C’était l’homme chargé du lobby de Microsoft au sein du ministère », témoigne un des membres du groupe d’experts, « et il nous a mené une vie terrible durant cette période. Il n’a cessé de nous mettre des bâtons dans les roues ». Contacté à plusieurs reprises par mail, Bernard Marty n'a pas répondu à nos sollicitations."...

10/12/2013

Commerce international : tapis rouge pour les multinationales

lien pour le communiqué :

OMC : Le paquet de Bali déroule un tapis rouge pour les multinationales

Communiqué de presse de La Via Campesina, Gerak Lawan et de l'assemblée des mouvements sociaux pour une Asie alternative 

08/12/2013

Sortir de l'euro et de l'Union Européenne de la concurrence libre et non faussée ? Un sujet tabou pour les médias.

Personne n'en parle d'où ce communiqué (voir aussi la note du 29/11/2013 sur ce blog : L'Europe de la concurrence...)

Historique ! 10 organisations politiques issues de 7 pays européens s'associent pour sortir de l'euro et de l'UE

La réunion d'Athènes, organisée par l'EPAM les 30 novembre et 1er décembre 2013, a rassemblé des centaines de participants et les représentants de 10 mouvements ou organisations politiques émanant de 7 pays d'Europe.

Cette grande rencontre a permis la création d'une coordination internationale de tous les mouvements politiques démocratiques en Europe, qui dénoncent les oppositions de complaisance et tous les extrémismes, et qui veulent sortir sereinement et immédiatement de l'UE et de l'euro par application de l'article 50 du TUE. 

Bien entendu, les grands médias grecs - comme les grands médias des autres pays d'Europe contactés - gardent un silence absolu sur cette rencontre historique. Car cette coordination internationale de mouvements anti-UE, fondés sur le strict respect du droit et de la démocratie, déjoue les plans de l'oligarchie euro-atlantiste. 

Tout a en effet été organisé - depuis des décennies et dans la plupart des pays de l'UE - pour médiatiser à outrance des partis d'extrême-droite afin de terroriser l'écrasante majorité des électeurs en leur faisant croire que sortir de l'UE et de l'euro seraient des idées extrémistes. Et, partant, pour empêcher tout débat rationnel et serein.

L'une des plus grandes vertus du communiqué commun de la réunion d'Athènes est de prouver à la face du monde que cette manipulation infâme est désormais démasquée. Entre les oppositions de complaisance des "alter-européistes" qui participent par leurs alliances à la comédie du clivage droite-gauche d'un côté, et les partis extrémistes qui ne sont médiatisés que pour servir de repoussoirs de l'autre côté, la réunion d'Athènes vient de prouver qu'il existe une véritable voie de sortie, qui représente un formidable espoir pour les peuples d'Europe.

Puisque les médias ne font pas leur travail, nous devons, comme sous l'Occupation, le faire à leur place. Nous venons de mettre en ligne sur notre site un nouveau tract recto-verso, qui présente le Communiqué de presse commun de la réunion d'Athènes, dans sa version en français, et le commentaire que j'en ai fait hier.

Nous demandons à toutes et à tous, adhérents et sympathisants de l'UPR, de rediffuser au maximum ce document à tout leur entourage familial, amical ou professionnel. 

Il suffit pour cela :
- soit de rediffuser par courrier électronique le lien ci-dessous ;
- soit d'ouvrir le lien ci-dessous, de télécharger le document et de l'imprimer recto-verso en autant d'exemplaires que possible, puis de le remettre à vos parents, amis et collègues de travail.

Le lien est : http://www.upr.fr/wp-content/uploads/2013/12/communique-EPAM-2013-V2.pdf

Ne vous reposez pas sur autrui. Agissez dés maintenant. Il appartient à chacun d'entre nous de diffuser le plus possible cette information. La loi du silence imposée par les médias aux ordres ne doit pas gagner et elle ne gagnera pas.

06/12/2013

Comment la recherche scientifique en France est elle organisée ?

à lire sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/02/pour-un-acces-aux-donnees-sur-la-recherche-francaise_3523991_1650684.html

Pour un accès aux données sur la recherche française


 

05/12/2013

Les droits de l’homme et de la démocratie à la RICHESSE !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/12/03/manipulations-et-controle-par-la-classe-dominante_3524671_3224.html 

Manipulations et contrôle par la classe dominante

LE MONDE | 03.12.2013 à 19h41 • Mis à jour le 05.12.2013 à 14h18 |Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

Comment expliquer que des richesses insolentes, en millions d’euros, soient connues et acceptées par la plupart des Français ? Pour obtenir un acquiescement tacite à ces inégalités, les dominants usent de stratagèmes. Il n’est donc pas nécessaire de recourir à la notion de servitude volontaire pour en rendre compte.

En contrôlant certaines institutions d’enseignement, en ayant un œil attentif sur le droit, en jouant un rôle de mécènes dans la culture, les familles fortunées parviennent à valoriser leurs modes de vie et à en faire des modèles à suivre et même à copier. La valeur universelle de leurs choix s’impose, même s’ils demeurent hors d’atteinte. Cet impérialisme culturel doit rester caché et méconnu pour influencer les consciences sans qu’il soit décelable. Toute réflexion critique et toute velléité de changement sont ainsi invalidées.

Avançant sous la bannière, quelque peu usurpée, des droits de l’homme et de la démocratie, les plus riches exercent un pouvoir d’autant plus étendu qu’ils sont propriétaires de nombreux médias. Sans assurer une censure patente, ils veillent à ce que les contenus n’entrent pas ouvertement en contradiction avec leurs intérêts.

INÉLUCTABILITÉ DES RÈGLES

L’économie financiarisée et mondialisée a pour clef de voûte son évidence car elle est renvoyée à la prétendue inéluctabilité de ses règles. L’assujettissement au néolibéralisme, selon lequel les chefs d’entreprise et les actionnaires ne doivent plus connaître aucun obstacle ni aucune frontière dans leur recherche de profits – qui croissent à deux chiffres –, aboutit à ce que ceux-ci deviennent normaux pour nombre de salariés.

La crise financière de 2008 était celle de financiers recherchant le gain rapide. Elle fut pourtant imputée aux victimes de ces jeux de casino, les pertes étant attribuées aux exigences démesurées des catégories modestes mises dans la situation de renflouer les caisses vidées par l’irresponsabilité de financiers aventuristes.

Le tour de passe-passe s’appuie sur l’image de compétences et de savoirs dont se targuent les as de la finance, qui font porter sur les « coûts », c’est-à-dire les salaires et les protections sociales, les difficultés des économies. Paria, profiteur, bénéficiaire d’avantages acquis, le travailleur se transforme non seulement en parasite, mais aussi en élément néfaste dans la compétitivité généralisée.

Le gouvernement socialiste s’est inscrit dans cette logique dès le 1er juillet 2012, en octroyant un mirobolant « coup de pouce » au smic, revalorisé d’un coup de 20 centimes d’euro par jour. Prenant volontiers la posture de bienfaiteurs altruistes pour l’humanité laborieuse, entrepreneurs et financiers, avec l’aide de politiques de droite et de la gauche libérale, ont donc fait accepter au peuple de France que c’était à lui de payer les pots cassés de l’explosion de leur bulle financière. Quitte pour eux à engranger au passage de nouveaux profits.

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon sont sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS. Ils sont les auteurs de « La Violence des riches. Chronique d’une immense casse sociale » (La Découverte, 256 p., 17 €).

01/12/2013

Comment avoir un passeport européen ? Mode d'emploi

lu sur :

http://www.marianne.net/allemagne/Vente-de-passeports-aux-riches-les-encheres-continuent-_a54.html

Vente de passeports aux riches : les enchères continuent ! 

Rédigé par Thomas SCHNEE le Jeudi 14 Novembre 2013 à 11:40 

Il sera bientôt possible d’acheter un passeport maltais pour 650 000 euros. Ce n’est pas donné mais cela permet tout de même de s’offrir la citoyenneté européenne. Pour les étrangers un peu moins riches, mais tout de même suffisamment pour ne pas être obligé de prendre un bateau pour Lampedusa, la Lettonie offre depuis 2010 un « Golden Visa » (avec perspective d’acquisition de la nationalité lettonne) à seulement 72 000 euros. Qui dit mieux !
 
Mardi dernier, le parlement de Malte a voté une loi qui, dès que le président maltais l’aura signé, va permettre aux riches étrangers de s’offrir la citoyenneté maltaise. Le Premier ministre travailliste Joseph Muscat a estimé que cette mesure rapporterait 30 millions d'euros la première année, ce qui correspond à environ 45 naturalisations. Comme on le voit, la vente du « passeport » européen ne va pas déclencher une vague migratoire mais c’est une affaire très lucrative. La moitié de la somme ira au renflouement du budget public et l’autre sera consacrée aux investissements. Pour le député maltais Simon Busuttil, « c’est un jour noir pour la démocratie. La citoyenneté n’a pas de pris mais elle a désormais une valeur ». En instaurant ce passe-droit légal pour les riches étrangers, le micro-Etat méditerranéen n’innove pas. Il se contente de suivre un exemple qui fait hélas école en Europe et a été lancé par la Lettonie.
 
La citoyenneté européenne, une marchandise comme une autre ? 
 
En 2010, l’Etat balte a lancé un "Residence program" qui permet d’obtenir un visa Schengen longue durée (8 ans avec possibilité d’être naturalisé) contre un investissement immobilier d’au moins 72 000 euros en province, et d’au moins 150 000 euros à Riga, la capitale. Ce qui est donné par rapport à l’offre maltaise. Les nouveaux riches russes adorent ! Selon l’administration lettone, le « golden visa » est une réussite. Il a déjà permis d’injecter 600 millions d’euros dans le pays ! Mais la vente de sa citoyenneté pour renflouer ses caisses n’est pas seulement le fait de petits pays européens en difficulté. Le Portugal pratique la chose depuis octobre 2012, la Grèce et la Hongrie depuis l’été 2013. Le dernier « grand pays » membre du club est l’Espagne. Début octobre, le Parlement espagnol a voté une loi qui permet aux riches étrangers d’obtenir un "Spanish Golden Visa" ou encore un "Spanish Entrepreneur Visa" en l’échange d’un placement immobilier ou financier en Espagne d’au moins 500 000 euros. Certes, le visa espagnol est nettement plus cher que le visa letton. Mais outre qu’il ouvre l’accès aux calanques de la Costa Brava ou aux plages de Majorque, le "Spanish Golden Visa" est valable pour toute la famille avec, au bout de cinq ans, la perspective de se transformer en visa permanent. Contacté par nos soins, le service de presse de la commissaire européenne des Affaires intérieures, Cécilia Malmström, en charge des questions d’immigration, nous a transmis une liste datant de 2012 et donnant la situation précise dans la plupart des pays d’Europe (la liste en pièce-jointe se trouve en fin d'article). Ou l’on apprend, entre autres, que les Pays-Bas se préparent à introduire une loi similaire avec un droit d’entrée à 1,25 millions d’euros. Qui dit mieux !
 
Absence de débat et double morale écœurante 
 
Légalement, cette pratique déjà répandue en Amérique du Nord ne pose pas de problème puisque chaque Etat est en droit de décider quelles sont  les conditions d’acquisition de sa nationalité. Mais la double morale qui gouverne de plus en plus nos politiques nationales et européennes du droit d’asile et de l’immigration est écœurante. Ainsi, à la suite des drames répétés qui ont vu des milliers de réfugiés clandestins se noyer dans les eaux de la Méditerranée, les ministres de l’Intérieur européens ont décidé de ne rien décider. Les lois qui encadrent le droit d’asile et l’acquisition de la nationalité en Europe ne seront pas rediscutées. Ils ont simplement promis de renforcer la surveillance aux frontières (Agence Frontex) afin d’essayer d’éviter que ne se reproduisent les naufrages au large de l’Ile de Lampedusa. Et pendant ce temps, on déroule le tapis rouge aux riches étrangers quelles que soient leurs activités et l'origine de leurs fortunes.   
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voir aussi :