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15/10/2013

Colloque agroécologie et recherche, jeudi 17 octobre : Cultiver sans pesticides, en consommant moins d'énergies fossiles, c'est possible

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/10/14/a-grignon-six-hectares-pour-cultiver-autrement_3495387_1650684.html

A Grignon, six hectares pour "cultiver autrement"

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 14.10.2013 à 16h56 • Mis à jour le 14.10.2013 à 18h09 |Gilles van Kote

Cultiver sans pesticides, en consommant moins d'énergies fossiles et en émettant moins de gaz à effet de serre, tout en obtenant des rendements convenables, c'est possible, mais cela demande un renouvellement sensible des pratiques agricoles.

C'est - en résumé - la première conclusion d'une expérimentation menée par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (AgroParisTech) à Grignon, dans les Yvelines. Conclusion qui devrait intéresser le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, chantre du "Produisons autrement".

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Sur le plateau de Grignon, douze parcelles d'un demi-hectare chacune forment un damier. Sur l'une d'elles, du chanvre a poussé en plants serrés et superbes, malgré l'absence de traitement aux pesticides. Dans une parcelle adjacente, de la moutarde se mêle aux fétus de paille, traces d'une récolte récente de blé tendre.

EXIGENCES ENVIRONNEMENTALES FORTES

Caroline Colnenne, la chercheuse de l'INRA qui coordonne l'expérimentation, faitfaire le tour du propriétaire : "Le but est de répondre à des questions de recherche en étant le plus proche possible de conditions réelles." Cette expérimentation de "systèmes de culture innovants sous contraintes" a été lancée, en 2009, sur l'impulsion de Thierry Doré, aujourd'hui directeur scientifique d'AgroParisTech. L'objectif : se fixer des exigences environnementales fortes, se donner du temps en expérimentant sur plusieurs cycles de culture de cinq ou six ans chacun et voirà quel niveau de production et de rentabilité on parvient. "Il est important de savoirquels sont les modes de production qui peuvent être rentables, et à quelles conditions", dit M. Doré.

Quatre systèmes de culture devant respecter des facteurs environnementaux ont été mis en application. Le premier sert de référence ; le deuxième bannit tout usage de pesticides ; les deux derniers doivent respectivement aboutir à une diminution de moitié de la consommation d'énergies fossiles ou d'émissions de gaz à effet de serre par rapport au système référent.

MODIFICATION ET VARITION DES TECHNIQUES

Pour respecter ces contraintes, les agronomes se sont livrés à un délicat pilotage, modifiant et variant les techniques utilisées en fonction des résultats obtenus : rotation et sélection des variétés, suppression du labour et recours au semis direct, plantation de légumineuses riches en azote - qui permettent de limiterl'usage d'engrais minéraux -, modification des dates de semis, etc.

"Le premier enseignement, c'est qu'on parvient à ne pas dégrader de façon significative le niveau de performance économique dans les conditions de marché actuelles", affirme M. Doré, alors que le premier cycle d'expérimentation touche à sa fin pour deux de ces systèmes (ce sera 2014 pour les autres).

Dans le système moins gourmand en énergies fossiles, le niveau de production a été réduit d'environ 20 %. "On n'est pas dans quelque chose de catastrophique ou d'irrégulier, même si nous avons connu des infestations non contrôlées", reprend le chercheur.

PROLIFÉRATION D'ADVENTICES

Pour le système dit "gaz à effet de serre moins", dont le bilan sera tiré en 2014, après mesure du carbone stocké dans le sol, il est apparu, dès avant l'expérimentation, qu'il serait difficile de respecter la contrainte de réduction de moitié des émissions. "Il est compliqué de diminuer les émissions tout en maintenant un niveau de production suffisant et respectant certaines ambitions environnementales", explique M. Doré.

L'un des principaux obstacles auxquels ont été confrontés les agronomes a été la prolifération d'adventices (mauvaises herbes), due notamment à l'absence de travail du sol ou de recours aux herbicides. Autre contretemps : du maïs qui ne lève pas à cause de la combinaison d'une sécheresse et de l'absence de travail du sol, qui évite le recours à des engins mécanisés en favorisant le stockage du carbone.

L'expérimentation de Grignon doit se poursuivre au moins jusqu'en 2020. Mais, dès à présent, les enseignements tirés seront diffusés dans les plus brefs délais aux agriculteurs.

Colloque agroécologie et recherche, jeudi 17 octobre. Jardind'acclimatation, bois de Boulogne, Paris 16e, de 8 h 30 à 18 h 30. Inscription obligatoire : presse@inra.fr ou 01-42-75-91-86.

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