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29/07/2013

Les affaires et les politiciens : un exemple

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/29/les-courriers-de-bernard-tapie-aux-decideurs-politiques_3454804_3224.html

 

LE MONDE | 29.07.2013 à 10h26 • Mis à jour le 29.07.2013 à 17h50 |Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Bernard Tapie a l'activisme débridé. Et contagieux. Les trois juges d'instruction l'ont constaté lors des perquisitions menées les 3, 4 et 8 juillet au cabinet d'avocats parisien Fried Frank, où travaillait de 2006 à 2009 MMaurice Lantourne, le conseil de l'homme d'affaires. Plusieurs documents saisis ont fait l'objet d'une contestation du délégué du bâtonnier, tranchée par la juge des libertés et de la détention, Annie Rochet.

Lire aussi : Affaire Tapie : les deux lettres qui prouvent l'escroquerie

Elle a estimé, le 12 juillet, que ces pièces devaient être versées à la procédure. En effet, ces documents sont "des notes de Bernard Tapie à des hommes politiques alors qu'il a prétendu n'avoir fait aucune intervention politique". De tels documents"pourraient expliquer comment l'arbitrage est devenu possible. (...) Les liens de Bernard Tapie avec des hommes politiques sont de nature à se rattacher à la commission des infractions d'autant qu'ils sont niés contre toute évidence."

La magistrate se réfère en l'occurrence à la déposition de M. Tapie, faite sous serment, en tant que témoin, le 31 juillet 2012. Les enquêteurs lui avaient demandé notamment s'il avait eu pour "interlocuteurs" des "ministres, des directeurs de cabinet, des présidents de la République". M. Tapie avait répondu : "Jamais aucun(...). Il m'est arrivé d'aller à Bercy ou ailleurs mais pas du tout pour parler de mon dossier. J'ai rencontré M. Guéant et M. Pérol mais pas pour ce dossier."

"PRÉPARATION MINUTIEUSE"

Manifestement, Bernard Tapie n'avait pas dit toute la vérité, ou perdu la mémoire. Les enquêteurs ont saisi au moins dix courriers adressés depuis 2004 par l'homme d'affaires à des décideurs – Patrick Ouartconseiller justice de M. Sarkozy à l'Elysée, ou Brice Hortefeux –, dont quatre à Claude Guéant, secrétaire général de la présidence jusqu'en 2011.

Au moins trois courriers intriguent plus particulièrement les magistrats. Selon la juge Rochet, "on est au cœur de l'affaire. (...) Tous ces documents montrent la préparation minutieuse de la décision d'arbitrage largement anticipée par B. Tapie qui va jusqu'à imaginer le montant des impôts qu'il pourrait être amené à payer sur les sommes qui pourraient lui être versées et comment en diminuer le tarif."D'ailleurs, le juge Serge Tournaire, chargé de l'enquête, l'écrit dans une ordonnance du 9 juillet : ce traitement fiscal "a fait l'objet de négociations directes entre Bernard Tapie, le cabinet du ministre du budget, Eric Woerth, et Claude Guéant."

TRAITEMENT FISCAL D'EXCEPTION

M. Tapie s'y est pris très tôt. Dès le 2 septembre 2004, il profite de la présence de son ami Nicolas Sarkozy à Bercy pour régler ses affaires. "Je me permets de vous préciser un projet de calendrier qui permettrait d'aboutir au résultat escompté par le ministre et vous-même", écrit-il à M. Guéant, directeur du cabinet du ministre des finances.

L'idée, c'est que le Consortium de réalisation (CDR), chargé de solder le passif du Crédit lyonnais, est un peu trop indépendant. Il s'agit de "faire figurer dans le projet de loi de finances les modalités de cession du CDR 'à la caisse'" – c'est-à-dire la Caisse des dépôts et consignations (CDC), bras armé de Bercy. M. Guéant a bientôt rendez-vous avec Francis Mayer, le directeur général de la CDC – autant en profiter.

Puis, le 6 octobre 2005, M. Tapie écrit à M. Guéant et lui demande que "Nicolasparle à son collègue de Bercy". Enfin, il y a encore ces deux écrits du 1er et 15 décembre 2005, dans lesquels il réclame à Laurent Le Mesle, directeur du cabinet du garde des sceaux, un traitement fiscal d'exception, sur fond de prescription...

Lire aussi : Affaire Adidas : Tapie avait acheté le soutien de ses petits porteurs

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Affaire Tapie

28/07/2013

LE JOURNAL L’HUMANITÉ ET LE DÉBAT SUR L’EURO

communiqué :

LE JOURNAL L’HUMANITÉ REFUSE DE POURSUIVRE LE DÉBAT SUR L’EURO
 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 26 juillet 2013.
 
Tout avait bien commencé.
 
Le 13 juin dernier, conformément à sa ligne éditoriale, l’Humanité publiait l’une de ses nombreuses tribunes ou chroniques dénonçant la sortie de l’euro. Cette dernière tribune était signée par six économistes du PCF. Jacques Nikonoff, porte-parole du M’PEP, et Jean-Claude Danglot, ancien sénateur et ex-secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais du PCF, proposaient une réponse qui était publiée dans l’Humanité du 2 juillet.

  • Pour accéder à la tribune des économistes pro-euro du PCF (13 juin) et à la réponse de Jacques Nikonoff et Jean-Claude Danglot (2 juillet), cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3387

 
La tribune de J. Nikonoff et JC Danglot a eu un impact certain parmi les membres et sympathisants du PCF en démontrant la faiblesse de la théorie de « l’autre euro ». C’est pourquoi les six économistes pro-euro du PCF ont publié une nouvelle tribune dans l’Humanité le 9 juillet pour essayer de redresser la situation. C’est le contraire qui s’est produit, leur texte a été particulièrement contre-productif.
 
On aurait pu croire que le journal l’Humanité allait poursuivre son ouverture et encourager le débat sur la question de l’euro. Hélas ce n’est pas le cas puisque la nouvelle réponse de J. Nikonoff et JC Danglot aux six économistes pro-euro du PCF a été refusée par l’Humanité. Cette tribune, en effet, si elle avait été publiée, aurait risqué de mettre le coup de grâce à la thèse déjà chancelante de « l’autre euro, l’autre BCE, l’autre construction européenne ». Ainsi le débat est brutalement interrompu, les économistes pro-euro du PCF ayant pu s’exprimer deux fois, alors que ceux qui prônent la sortie de l’euro et de l’Union européenne par la gauche une seule fois.
 
Mais le débat se poursuivra ailleurs, et ni la politique de l'autruche ni la censure ne pourront faire cesser le doute et le malaise des militants et des sympathisants du Front de gauche. Ces derniers, en effet, croient de moins en moins à la thèse d'un changement de politique radical sans remise en cause de la monnaie unique imposée par une Union européenne qui démontre tous les jours sa vraie nature.

04/07/2013

À propos du Tribunal Pénal International

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b800d2d4-e41d-11e2-b8d4-198c4d7e2203/Comment_aider_la_colonisation_israélienne#.UdUY9kbEOTw

 

PROCHE-ORIENT Jeudi4 juillet 2013
 

Comment aider la colonisation israélienne

Lors de la guerre des Six-Jours, l’actuel juge Theodor Meron conseillait l’Etat hébreu et s’était chargé de rédiger un avis de droit sur l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza

Parmi les nombreux titres de gloire de la carrière du juge Theodor Meron, il en est un qui revient comme un leitmotiv: en 1967, alors qu’il travaillait en tant que conseiller légal pour le Ministère israélien des affaires étrangères, Theodor Meron est chargé de rédiger un avis de droit sur l’occupation des territoires palestiniens. Pour le juriste, cela ne fait pas l’ombre d’un doute: les Conventions de Genève s’appliquent bel et bien dans ces territoires dont vient de s’emparer Israël lors de la guerre des Six-Jours. Et particulièrement l’article 49 de la IVe Convention, qui stipule que l’occupant ne peut procéder «au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle».

Cette prise de position a été souvent interprétée comme une preuve de courage de la part d’un esprit indépendant par rapport à son propre Etat. Israël continue en effet de nier officiellement l’occupation des territoires palestiniens.

«Disputés» ou «occupés»

Cependant, ce texte classé à l’époque «top secret», et dont Le Temps a obtenu une copie, dit en vérité tout autre chose. L’objectif affiché par Theodor Meron est en effet d’aider le gouvernement israélien à échapper à la pression internationale afin de mieux pouvoir poursuivre l’entreprise de colonisation.

Dans cette optique, explique par exemple le juriste, «il me semble vital que la colonisation soit menée à bien par les militaires et non par des entités civiles». Dans le cas particulier du plateau du Golan, appartenant à la Syrie, Theodor Meron plaide pour que cette occupation revête la forme de camps militaires en apparence «temporaires», afin qu’Israël ne puisse pas être accusé de vouloir pérenniser l’occupation.

Cette doctrine a été utilisée avec grand succès par les gouvernements successifs israéliens qui préfèrent parler des territoires «disputés» plutôt qu’«occupés» – Theodor Meron pour sa part évoque des territoires «administrés par Israël».

Reste encore, détaillé dans le même mémo, le cas du bloc de colonies de Goush Etzion, en Cisjordanie, au sud de Jérusalem. Ici, note le juriste, «les colonies pourraient être aidées en affirmant qu’il s’agit d’un retour des colons dans leurs (anciens) foyers». De cette manière, «il n’y aurait pas de difficultés majeures» en ce qui concerne les questions liées à la confiscation par l’occupant de la propriété privée, qui est également interdite par les Conventions.

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voir :

Theodor Meron - Wikipedia, the free encyclopedia

et aussi :

Le juge Theodor Meron absout les chefs militaires de crimes contre l ...

02/07/2013

Il est plus que temps de défendre la langue française

Un appel qui est toujours d'actualité.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/12/07/langue-francaise-etat-d-urgence-par-un-collectif-d-associations_1277289_3232.html

Langue française : état d'urgence, par un collectif d'associations

Le Monde.fr | 07.12.2009 à 16h46 • Mis à jour le 07.12.2009 à 18h02

Les associations qui signent cet appel regroupent des démocrates de toutes sensibilités idéologiques. Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France. 
"Langue de la République" (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre-ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l'"identité nationale". Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu'au Québec, en Afriquefrancophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l'est moins par l'air du temps que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprisesfrançaises avec l'appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d'abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu'" il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation", le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.

L'heure est donc venue d'appeler tous les citoyens à la résistance linguistique.

Nos associations en appellent au peuple français et à tous les francophones du monde, à tous ceux qui savent ce que la liberté, l'égalité, la fraternité, mais aussi la littérature, la philosophie, le droit et les sciences doivent à la langue des Molière, Césaire, Verhaeren et Senghor.

Depuis longtemps, on n'en est plus aux seuls emprunts massifs à l'anglo-américain ; nombre de grandes entreprises s'emploient à basculer au tout-anglais une bonne part de leurs pratiques langagières : "Time to move !" est le titre du programme de mutations que France-Teuleucom impose à ses salariés, ajoutant l'humiliation linguistique à l'effrayante dégradation de leurs conditions de travail. C'est aussi la mode – le "mood" – chez AREVA... Dans la distribution, Carrefour, Auchan... basculent leurs produits et enseignes à l'anglais de bazar, imités par des services publics comme la SNCF, La Poste ou Air France... Loin du programme du Conseil national de la Résistance, la devise du Medef n'est-elle pas"ready for the future" ? Sommet du "dialogue social" : c'est en anglais que les ouvriers de Continental-Clairoix, réunis dans leur cour d'usine, ont appris leur licenciement collectif ! Les choses sont déjà si avancées, tels les fromages forts, que des syndicats de diverses obédiences, CGT, CFTC, UNSA, CGC..., ont dûmonter au créneau pour " défendre le droit de travailler en français en France ".

Voyez aussi les travaux de la recherche scientifique française : des siècles après l'acte révolutionnaire de Descartes publiant en français le Discours de la méthode, ils ne sont souvent plus pensés et écrits par nos chercheurs qu'en anglo-américain, même pas toujours traduits en français. Passons sur la chanson, sur les pubs en anglais qui, aux heures de grande écoute, ciblent surtout les jeunes, les enfants... Que fait le CSA ?

On ne voit que trop qui sert cette politique d'anéantissement linguistique sous son emballage pseudo-moderne : elle sert cette "élite" et ces privilégiés qui, pas seulement à droite, n'hésitent pas à désintégrer leur langue maternelle pour mieux intégrer l'élite mondialisée et ressembler à leurs maîtres ! Les "gens de peu", pour leur part, sont voués à une discrimination linguistique plus forte que jamais. Quant à nos cadres moyens qui croient s'en tirer en ingurgitant le "Wall Street English" promu dans le métro parisien, le basculement au tout-anglais consacre leur aliénation dans un travail de plus en plus dévalorisé.

Face aux coups portés, le silence des autorités inquiète. Pis : des ministres approuvent ou annoncent diverses mesures de substitution de l'anglais au français, des petites classes jusqu'à l'enseignement supérieur. Ainsi la nouvelle antenne de Reims de Sciences-Po dispensera-t-elle tous ses cours en anglais. Ainsi Mme Valérie Pécresse semble-t-elle chercher à extraire l'Université du champ de la loi Toubon. Ainsi le chef de l'Etat annonce-t-il que des enseignements fondamentaux du second degré pourraient être dispensés "en langues étrangères"(traduisons : en anglais).

De cet arrachage linguistique, c'est peu dire que l'Union européenne, à laquelle ses textes fondateurs font pourtant obligation de défendre les langues nationales, fait peu de cas. Au nom du libéralisme économique, son exécutif s'emploie même à démanteler toute protection juridique des langues nationales, au point que c'est souvent de directives bruxelloises que se prévalent les décideurs français pourcontourner la loi.
C'est pourquoi nous exigeons un grand débat national sur la place respective du français et des autres langues, pour que l'assassinat linguistique planifié ne puisse s'accomplir en silence et pour que le peuple souverain se saisisse de la défensede sa langue.

L'actuel gouvernement qui glose sur l'identité nationale va-t-il contribuer àenfermer le peuple français dans une langue unique imposée ? La défense de notre héritage linguistique implique une protection et une promotion actives de la langue française, de la diversité linguistique et de la francophonie, sur notre continent et dans le monde. Parlons ici seulement de ce qu'il faut pour revenir au bon sens : à l'école élémentaire ou au collège, asseoir d'abord un solide apprentissage des langues nationales en Europe, puis commencer celui de deux langues étrangères dont la première, selon la recommandation du professeur Hagège, serait autre que l'anglais ; réaffirmer le français comme langue de l'enseignement supérieur ; lui rendre droit de cité dans la recherche ; fairerespecter par Bruxelles sa propre législation linguistique.

Notre appel s'adresse aussi aux espérantistes, aux amis des langues régionales, vite éradiquées si la langue commune était marginalisée, aux immigrés qui veulentcontinuer à parler notre langue sans oublier celle de leur pays d'origine, à nos compatriotes des DOM qui veulent parler français ET créole. Si une langue de portée mondiale comme la nôtre finissait par être supplantée sur sa terre natale, quelle autre langue, en Europe, pourrait résister au rouleau compresseur de l'anglo-américain ? Cet appel à la résistance et à la créativité linguistique de tous les francophones s'adresse aux citoyens et aux décideurs conscients de leurs responsabilités, aux salariés, étudiants, enseignants, entrepreneurs de base, qui font vivre le français en l'habitant au quotidien. Car, en marginalisant sa langue, c'est le peuple qu'en définitive on voudrait déloger de ses rêves.

Nous interpellons enfin avec gravité les écrivains, penseurs, traducteurs et autres créateurs de toute la francophonie, partout où notre langue est pratiquée et aimée :vous dont la langue constitue l'outil de travail et l'élément existentiel, entrez en résistance publique contre la langue unique ! Cinq siècles après Joachim du Bellay appelant à la "défense et [l']illustration" du français, faisons vivre notre langue et défendons-la contre la logique barbare de l'argent roi.

Signataires :

Alliance Champlain,
Association francophonie avenir 
(Afrav),

Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf),
Avenir de la langue française (ALF),
Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC),
CO.U.R.R.I.E.L.,
Défense de la langue française Paris-Ile-de-France (DLF Paris-IDF),
Forum francophone international France (FFI France),
Le droit de comprendre (DDC),
Le français en partage,
Gerflint.