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14/06/2013

L'espionnage informatique par l'Agence Nationale de Sécurité américaine : Edward Snowden veut un procès public

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/13/edward-snowden-s-en-remet-a-la-justice-hongkongaise_3429574_3210.html

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Edward Snowden s'en remet à la justice hongkongaise

LE MONDE | 13.06.2013 à 12h25

Par Florence de Changy

Hongkong, correspondance. On ne sait toujours pas où se trouve précisément Edward Snowden, mais du moins sait-on qu'il est encore à Hongkong. L'homme de 29 ans, que les Etats-Unis veulent récupérer à tout prix, a accordé, mercredi 12 juin, un entretien d'environ une heure au South China Morning Post, le grand quotidien anglophone de Hongkong. Le journal a publié le scoop sur cinq colonnes à la "une", jeudi matin, en inscrivant en énormes caractères : "Le réseau d'espionnage américain vise Hongkong".

Dans le but, sans doute, de sensibiliser la population de Hongkong au vaste système de surveillance qu'il a dénoncé il y a une semaine, Edward Snowden a montré des documents au South China Morning Post selon lesquels l'Agence américaine de sécurité nationale (NSA) piratait des ordinateurs à Hongkong et en Chine depuis 2009. Il a précisé qu'aucun de ces documents ne contenait d'information militaire.

Apparemment, à Hongkong, les universités, les personnalités politiques et certains étudiants étaient visés. "Nous piratons les structures de l'Internet qui nous donnent ensuite accès à des centaines de milliers d'ordinateurs sans avoir besoin de les pirater individuellement", explique-t-il. Il a justifié son geste par la volonté de dénoncer "l'hypocrisie du gouvernement américain quand il affirme qu'il ne vise pas des infrastructures civiles, à la différence de ses adversaires. Non seulement ils le font, mais ils ont tellement peur que cela se sache qu'ils sont prêts à tout, y compris à l'intimidation diplomatique, pour empêcher cette information d'être divulguée."

"LE FAIT EST QUE J'AI PRIS DE GROS RISQUES PERSONNELS"

Il a également commenté son choix de Hongkong en indiquant qu'il avait eu de nombreuses occasions d'aller ailleurs. "Les gens qui pensent que j'ai fait une erreur en venant à Hongkong ne comprennent pas mes intentions. Je ne suis pas ici pour fuir la justice, je suis ici pour révéler des crimes."

Edward Snowden a fait part de son intention de combattre le gouvernement américain par voie de justice. "Car j'ai confiance dans la justice de Hongkong, a-t-il déclaré. Mon intention est de m'en remettre à la justice et aux gens de Hongkong." Il souhaite donc rester "jusqu'à ce qu'on [lui] demande de partir". Mais il a aussi affirmé au journal que les Etats-Unis mettaient "énormément de pression" sur le gouvernement de Hongkong à son sujet.

Sur le plan personnel, il affirme craindre pour sa famille, avec laquelle il n'a pas été en contact, et pour sa propre sécurité : "Le fait est que j'ai pris de gros risques personnels pour aider le public dans le monde entier, qu'il soit américain, européen ou asiatique." "Ni traître ni héros, juste un Américain [qui] croit en la liberté d'expression, a agi de bonne foi et trouve correct que le public se fasse sa propre opinion."

LE JOURNAL N'A PAS PUBLIÉ DE NOUVELLES PHOTOS

Edward Snowden a cependant demandé qu'aucun détail ne filtre sur les circonstances de l'interview. Le journal n'a pas publié de nouvelles photos. Coïncidence qu'Edward Snowden n'a sans doute pas cherchée, il a choisi, pour faire son appel au soutien des Hongkongais, le jour du festival Tuen Ng, ou fête des bateaux-dragons, une tradition chinoise qui célèbre la droiture d'un ministre, Qu Yuan, qui s'était noyé pour protester contre la corruption du gouvernement.

A Hongkong, vingt-cinq siècles plus tard, des groupes se préparent à défiler samedi. Le trajet doit se terminer devant le consulat américain. "Nous demandons aux autorités de Hongkong de respecter les règles et les procédures internationales pour protéger M. Snowden. Nous condamnons le gouvernement américain, qui viole nos droits et notre vie privée, et demandons aux Etats-Unis de ne pas poursuivre M. Snowden", ont déclaré les organisateurs de la marche.

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voir aussi :

South China Morning Post: Home

The directive came following reports that the UK has issued an alert to airlines around the world urging them not to allow the former CIA employee to board flights to Britain.

9:21PM
 
1:12PM
1:19PM
8:48AM
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et aussi :

  1. NSA collecting phone records of millions of Verizon customers daily ...

    www.guardian.co.uk/world/.../nsa-phone-records-verizon-court-order - Cached
    6 Jun 2013 ... The order, a copy of which has been obtained by the Guardian, requiresVerizon on an "ongoing, daily basis" to give the NSA information on all ...
  2. L'opérateur téléphonique Verizon fournit à la NSA des informations ...

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/06/l-operateur-telephonique-verizon-fournit-a-la-nsa-des-informations-sur-des-millions-d-abonnes_3425394_3210.html

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LE MONDE | 06.06.2013 à 15h38 • Mis à jour le 06.06.2013 à 16h12

Par Corine Lesnes

Washington, correspondante. L'administration Bush n'avait pas fait moins. En vertu du Patriot Act et de sa fameuse section 215 qui permet de surveiller les Américains à leur insu, le gouvernement de Barack Obama traque les communications de millions d'abonnés de la compagnie Verizon depuis le 25 avril. Les autorités n'ont pas accès au contenu des conversations, mais peuvent repérer qui parle à qui, d'où et pendant combien de temps.

Cette nouvelle et massive affaire de surveillance téléphonique a fait surface, jeudi 6 juin lorsque le quotidien britannique The Guardian a publié sur son site Internet une décision "top secret" du Foreign Intelligence Surveillance Court, le tribunal chargé d'examiner les demandes de surveillance anti-terroriste.

Selon ce document, le juge Roger Vinson a autorisé le FBI (la police fédérale) et la NSA (National Security Agency, l'agence de renseignement militaire, chargée des écoutes électroniques) à réquisitionner pour trois mois les relevés téléphoniques et détails concernant les communications des abonnés du réseau entreprises de Verizon, l'une des principales compagnies de télécommunication. L'autorisation expire le 19 juillet à 17 heures, précise le juge.

Le mandat judiciaire couvre les communications émanant ou aboutissant dans un pays étranger, mais aussi à l'intérieur des Etats-Unis, "y compris les appels locaux". Verizon doit produire chaque jour les "metadata téléphoniques" : numéros de portables internationaux, équipements utilisés, durées et heures des appels. Et le tribunal impose le secret : "Personne ne dévoilera à une autre personne que le FBI ou la NSA a recherché ou obtenu des éléments tangibles en vertu de cette décision."

La Maison Blanche a refusé de commenter à chaud, renvoyant les questions aux agences de renseignement. Un expert, cité par le Washington Post, a jugé probable que l'autorisation du 25 avril ne soit qu'un renouvellement de routine d'un programme qui court depuis 2006. Aucune investigation particulière ne serait en cours.

Les défenseurs des libertés ont été ulcérés par l'ampleur du ratissage, rappelant qu'ils avaient dument combattu le renouvellement en 2011 du Patriot Act, la loi antiterroriste adoptée six semaines après les attentats du 11 septembre 2001. Sous George Bush, la section 215 avait notamment été employée pour espionnerles lectures des citoyens dans les bibliothèques.

DES MILLIONS D'INFORMATIONS PEUVENT ÊTRE COLLECTÉES EN MÊME TEMPS

L'espionnage des communications téléphoniques et électroniques sans mandat judiciaire, pratiqué depuis 2002, avait été révélé en 2005 par un article retentissant du New York Times. Sous George Bush, le nombre de "lettres de sécurité nationale", ces réquisitions présentées aux bibliothèques ou aux compagnies de téléphone, s'était élevé à 234 000 entre 2003 et 2008. En 2010, le FBI avait encore requis 24 000 lettres, concernant plus de 14 000 personnes.

Quand le Patriot Act a été reconduit, ainsi que la section 215, la loi a imposé qu'un juge statue sur la demande des services de renseignement, conformément à la loi de 1978 sur la surveillance et le renseignement étranger (FISA), même dans le cas d'opérations de masse où aucun mandat individuel ne peut être prononcé. A l'issue du vote, le sénateur démocrate de l'Oregon, Ron Wyden, avait livré un verdict saisissant : "Quand les Américains vont découvrir comment leur gouvernement a secrètement interprété le Patriot Act, ils seront choqués et furieux." Membre de la commission des renseignements du Sénat, et tenu au secret, il n'en a jamais dit plus.

Pour l'ACLU, l'une des principales associations de défense des libertés, l'affaire Verizon est "des plus préoccupantes" par la pratique qu'elle révèle. Grâce aux progrès techniques, des millions d'informations peuvent être collectées en même temps. En vertu du Patriot Act, le FBI n'a plus besoin de justifier de cause "probable" dans le cours d'une enquête antiterroriste. "C'est plus qu'orwellien, a réagi Jameel Jaffer, l'un des dirigeants de l'organisation. Et cela montre à quel point les droits démocratiques sont sacrifiés en secret aux demandes de services de renseignement qui ne rendent de comptes à personne."

Al Gore, l'ancien vice-président, a jugé que, à l'époque du tout-digital, le respect de la vie privée devait être une priorité. Il a qualifié le programme de surveillance de Verizon de "scandaleux" et "obscène".

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et aussi :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/15/la-veritable-menace-n-est-pas-al-qaida-mais-l-erosion-des-principes-americains_3430697_3222.html

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"La véritable menace n'est pas Al-Qaida, mais l'érosion des principes américains"

LE MONDE | 15.06.2013 à 11h03 • Mis à jour le 15.06.2013 à 11h04

Propos recueillis par Philippe Bernard

ENTRETIEN. John Perry Barlow, 65 ans, ancien musicien rock américain, éleveur de bétail dans le Wyoming, est un pionnier des communautés virtuelles nées avec l'Internet. Défenseur de la liberté d'expression sur le Web et du libre partage planétaire des informations et des idées, il est l'un des fondateurs, en 1990, de l'Electronic Frontier Foundation (EFF) qui bataille contre la mainmise des Etats sur la Toile et pour la protection de la vie privée en ligne.

Edward Snowden qui a révélé les écoutes de la National Security Agency (NSA) est-il un traître ou un héros ?

C'est un véritable héros : il est crucial que la démocratie soit consciente de la manière dont elle fonctionne et que l'opinion soit mise en garde contre la pratique du secret. Je ne crois pas que les Etats-Unis puissent s'octroyer le droit de surveiller tous les habitants de la planète sans leur consentement. Les agents de la NSA que je connais pensent sincèrement qu'ils agissent légalement et font ce qu'il faut pour lutter contre le terrorisme. Mais ils ont créé un système qui, s'il tombait entre les mains d'un autre genre de gouvernement, pourrait être mis au service d'une terrible oppression. Il est capital qu'une large discussion puisse s'ouvrir, que la confiance soit rétablie. L'acte qu'a posé Edward Snowden doit le permettre. C'est important dans un pays où, depuis la guerre en Irak, les gens ont eu tant d'occasions de perdre confiance en leur gouvernement.

L'image de Barack Obama, "champion de la transparence" n'est-elle pas atteinte ?

Je suis déçu par l'incapacité de l'administration Obama à comprendre que les Américains veulent des bornes en matière de vie privée. Non seulement beaucoup de programmes de surveillance lancés par George Bush n'ont pas été stoppés par Barack Obama, mais ils ont été renforcés.

Que répondez-vous à ceux qui traitent Edward Snowden d'allié d'Al-Qaida ?

C'est tout simplement fou. Ce jeune homme est un patriote. Il n'a absolument rien fait qui ait fourni à Al-Qaida la moindre information dont ils ne disposaient pas déjà. Au contraire : maintenant, ils vont être obligés d'être plus prudents et ils seront donc moins efficaces. Snowden n'a pas affaibli l'Amérique, il l'a renforcée.

En quoi ?

Parce que ce pays est bâti sur des principes et des idéaux qui supposent des discussions publiques et de la détermination. Si les Etats-Unis ne débattent pas du sens de leurs idéaux, à quoi bon continuer de les défendre ?

En 1996, vous avez rédigé une "Déclaration d'indépendance du cyberespace" affirmant que le cyperespace était "naturellement indépendant des tyrannies". Vivons-nous une victoire de cette tyrannie ?

Non, mais les événements actuels montrent les limites de l'Etat-nation. Le cyberespace est naturellement une zone de liberté. Mais il renforce à la fois la liberté d'expression et les possibilités de surveillance. Le constat de 1996 reste vrai. La prochaine génération devra tirer les conséquences du fait que les Etats-nations ont fait leur temps. Ils essaient de gouverner des territoires qui ne possèdent aucune frontière naturelle, et veulent y imposer des principes de propriété, d'ordre, des schémas culturels qui ne sont pas soutenus par les populations.

De quelle façon défendez-vous ce principe de liberté ?

En parlant avec vous. En faisant tout mon possible pour protéger des gens comme Edward Snowden, Bradley Manning , ou Julian Assange .

Quel message adressez-vous aux responsables politiques ?

Ils ont une vue à court terme des problèmes. Ils pensent lutter contre le terrorisme sans comprendre que la véritable menace, c'est l'érosion des principes américains contenus dans notre Constitution. Ils ne voient pas qu'Al-Qaida veut nous pousser dans ce sens.

Les "libertariens" américains veulent réduire au minimum les prérogatives de l'Etat. Où vous situez-vous ?

Je suis un libertarien avec un petit "l" et j'ai du mal à me situer dans l'éventail politique américain. Beaucoup de gens pensent qu'il faudrait carrément supprimer le gouvernement. Ce n'est pas mon cas. Je veux que quelqu'un s'occupe de goudronner les routes et empêche les banques de voler tout l'argent.

Comment les Américains doivent-ils réagir ?

Ils doivent se demander où ils veulent aller individuellement et en tant que pays. Nous devons préserver les valeurs que nous sommes censés défendre. Et relire la Constitution. Elle pose des limites à la capacité du gouvernement à envahir la vie des individus et affirme qu'il n'existe pas de menace qui mérite de corrompre l'idéal américain.

Ces menaces n'existent-elles pas ?

Bien sûr que si. Mais regardez : nous avons réussi à préserver notre Constitution à l'époque où la menace se concrétisait par 7 500 têtes nucléaires. Pourrons-nous le faire à un moment où la menace, ce sont quelques gosses armés de Cocotte-Minute ? Pour ma part, je souhaite transmettre aux générations futures le droit de savoir, et non le fardeau de la crainte.

Commentaires

Ce scandale remet sur la scène le problème de la sécurité informatique. Elle concerne tout le monde et chacun doit rester vigilant. La dimension internationale du piratage informatique affirme la nécessité de pousser les recherches et d'innover en termes de solution. En attendant, chacun doit suivre l'évolution en la matière et appliquer les dispositifs de sécurité minimum.

Écrit par : sauvegarde informatique | 18/06/2013

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