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28/04/2013

L'Europe néolibérale de la concurrence libre et non-faussée, un rêve ou un cauchemar ?

mon commentaire :

il y a au moins deux conceptions de société qui s'affrontent dans l'Union européenne, dont les idéaux divergent forcément : l'une anglo-saxonne et saxonne, où l'argent prime tout; l'autre méditerranéenne gréco-latine où l'individu est la base de l'organisation sociale.

Il faut souhaiter que la seconde l'emportera, sinon ce sera le chaos et la barbarie.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/04/27/la-mefiance-des-francais-vis-a-vis-de-l-europe-ne-cesse-d-augmenter_3167668_3214.html

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La méfiance des Français vis-à-vis de l'Europe ne cesse d'augmenter

LE MONDE | 27.04.2013 à 10h20

Patrick Roger

Désenchantement, désillusion, défiance... La note qu'accordent les Français à l'Union européenne s'est sévèrement dégradée. Ainsi que le notait le supplément "Europa" publié par six grands quotidiens européens, dont Le Monde, mesurant l'évolution du degré de méfiance envers l'Union dans les six grands pays européens, la crise a attisé les doutes des citoyens européens (Le Monde du 25 avril).

La France n'y échappe pas. La récente étude réalisée par BVA pour Le Parisien et l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) donne la mesure du fossé qui s'est creusé entre les Français et l'Europe au cours de la dernière décennie (enquête réalisée les 14 et 15 février auprès d'un échantillon de 1 069 personnes). Jamais, depuis dix ans que l'institut mesure la question de la confiance en l'Europe, celle-ci n'a été à un aussi bas niveau : 38 % – contre 37 % qui y voient une source de crainte –, alors qu'elle était de 61 % en octobre 2003 et de 50 % en décembre 2011.

 

"EUROPHILIE DÉÇUE"

Sanctionnées, l'inefficacité de l'Union, l'absence de solutions proposées par les institutions européennes face aux effets de la mondialisation et en réponse à la crise : 75 % des personnes interrogées jugent l'UE inefficace, contre à peine 25 % qui la trouvent assez efficace. Un grand écart qui témoigne à la fois des attentes vis-à-vis de l'Europe sur les enjeux fondamentaux et du degré de déception qui en résulte.

Face à la crise, les citoyens attendent une réponse collective à la hauteur, ils sont conscients de la nécessité de "jouer groupé". Mais l'Europe n'a pas répondu à leurs attentes. "Il ne s'agit pas d'europhobie mais d'une europhilie déçue", note Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion, qui présentait les résultats de cette enquête, au lendemain de sa publication, lors du colloque organisé par l'IRIS sur les citoyens et l'Europe.

Dans le même temps, en effet, l'ancrage de la France dans l'Europe est devenu une évidence, même si on constate un essoufflement. Pour les trois quarts des personnes interrogées par OpinionWay (76 %), la France ne peut se passer de l'Union européenne (enquête réalisée les 12 et 13 décembre 2012 auprès d'un échantillon de 1 008 personnes), même si près de la moitié des sondés (46 %) la perçoivent comme "une zone économique déclinante".

ATTENTES CONTRADICTOIRES

Les attentes demeurent cependant contradictoires. Tout en aspirant à une plus grande intégration politique et économique, en jugeant prioritaire une harmonisation économique et fiscale, les Français restent fortement attachés à la souveraineté nationale et sont de plus en plus réticents à en abandonner une part.

Le plus notable, cependant, est la fracture qui s'est élargie entre ceux qui se considèrent comme les gagnants ou les perdants de l'Europe. Les plus de 65 ans (50 %), les cadres supérieurs (49 %), les hauts revenus (46 %), les urbains (41 %), les sympathisants du MoDem (55 %), des écologistes (53 %), du PS (50 %) et de l'UMP (42 %) continuent de voir en l'Europe une source d'espoir. A l'inverse, ils ne sont que 28 % à y croire dans la tranche d'âge 25-34 ans, 19 % chez les ouvriers, 28 % pour les revenus moyens et inférieurs, 27 % chez les "rurbains", 19 % des sympathisants de la gauche non gouvernementale et 15 % des sympathisants du FN. Selon M. Sliman, "la peur des Français de perdre les avantages de leur modèle social vis-à-vis de leurs partenaires européens est une des explications".

DISCOURS AMBIGUS

L'ambiguïté des discours politiques vis-à-vis de l'Europe contribue à faire de celle-ci une sorte de "bouc émissaire". S'y ajoute, au cours de la période récente, la cristallisation d'une forme de méfiance à l'encontre du voisin allemand, même si ce sentiment est loin d'être dominant. A l'occasion du 50e anniversaire du traité de l'Elysée, l'IFOP a procédé à une enquête, commandée par l'ambassade d'Allemagne à Paris, sur les regards croisés que portent Français et Allemands sur les relations entre les deux pays (réalisée du 11 au 17 décembre auprès d'un échantillon de 1 302 personnes en France et de 1 305 en Allemagne).

Alors qu'en Allemagne, 85 % des personnes interrogées ont un sentiment positif envers la France, cette proportion descend à 72 % en sens inverse. Plus gênant, cette image négative augmente chez les 18-24 ans : à 31 % chez les Français et à 22 % chez les Allemands. La crise aura aussi, de ce point de vue, réussi à faire naître chez les jeunes générations les prémices d'un ressentiment réciproque.

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