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18/03/2013

Le nouveau Parlement italien

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/03/15/rajeuni-et-feminise-mais-toujours-sans-majorite-le-nouveau-parlement-italien-fait-sa-rentree_1848928_3214.html

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Rajeuni et féminisé, mais toujours sans majorité, le nouveau Parlement italien fait sa rentrée

LE MONDE | 15.03.2013 à 10h57 • Mis à jour le 15.03.2013 à 13h46

Par Philippe Ridet - Rome Correspondant

Un paradoxe italien de plus : réputé machiste, gérontocratique et accroché à ses mandats, le personnel politique qui devait ouvrir, vendredi 15 mars, les travaux de la 17e législature après les élections générales des 24 et 25 février est féminisé, rajeuni et en grande partie inconnu. L'arrivée des 163 parlementaires du Mouvement 5 étoiles (M5S), des 48 nouveaux élus du parti de Mario Monti, Liste civique, deux formations inexistantes en 2008, ainsi que les efforts de renouvellement conduits par le Parti démocrate (PD, centre gauche) vont profondément modifier l'image du Parlement, et peut-être sa réputation.

Ainsi, 60,8 % des 945 élus (contre 37,1 % en 2008) n'ont jamais siégé au Palais de Montecitorio (Chambre des députés) ni au Palais Madame (Sénat). Les femmes représentent 30,8 % de ce total, dont la moyenne d'âge est passée de 51,8 ans (en 2008) à 47,1 ans. Tous les partis n'ont pas fait les mêmes efforts. Si le taux de renouvellement du PD atteint 63,3 %, il tombe à 22,4 % pour le Peuple de la liberté (PDL, droite), fondé par Silvio Berlusconi. C'est également le Parti démocrate qui détient la palme de la féminisation (38,2 % d'élues), suivi de près par le M5S (38 %). La moyenne d'âge des parlementaires "citoyens" du M5S est de 39 ans, quand celle du PDL est de 54 ans.

Ces chiffres sont, pour l'instant, la seule certitude dans la phase qui commence, car le nouvel exécutif se cherche encore, deux semaines après le scrutin. Traditionnellement, la rentrée du nouveau Parlement donne le coup d'envoi des procédures au terme desquelles le président de la République confie à une personnalité issue des rangs de la coalition arrivée en tête aux élections la tâche de former le nouveau gouvernement. Mais le parcours est encore long. Vendredi, députés et sénateurs devaient commencer par élire leur président respectif. Une première occasion de vérifier les alliances et de tester leur solidité.

"APPÂTS"

Autant la situation est claire à la Chambre, où le PD dispose de la majorité, autant elle est incertaine au Sénat : aucune des trois formations arrivées en tête – PD, PDL, M5S – n'est en mesure d'y constituer une majorité, même avec l'appui des élus de M. Monti.

Pier Luigi Bersani, secrétaire général du PD, veut croire qu'il sera désigné par le président Giorgio Napolitano pour succéder à M. Monti à la présidence du Conseil. Hostile à une alliance avec M. Berlusconi, il cherche à nouer un accord avec le M5S qui la refuse toujours. Il serait prêt à abandonner à ce nouveau parti, qui rejette toute culture du compromis, la présidence de la Chambre en échange de son soutien au Sénat.

Beaucoup, jusque dans son propre parti, parient sur son échec. M. Bersani a présenté un programme d'entente minimum en huit points, qui sont autant d'appâts pour les élus du M5S : réduction des coûts de la vie politique, nouvelle loi électorale, lutte contre la corruption, loi contre le conflit d'intérêts... En vain.

A cette confusion s'ajoute le sort judiciaire de M. Berlusconi. Si d'éventuelles condamnations devaient le conduire à abandonner la politique, les obstacles à une alliance entre le centre droit et le centre gauche pourrait être en partie levés. Tous, à droite comme à gauche, redoutent de nouvelles élections qui pourraient offrir une victoire plus éclatante encore au M5S.

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