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06/03/2013

La crise et l'emploi des jeunes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/06/emploi-depuis-trente-ans-le-tribut-que-les-jeunes-paient-a-la-crise-s-alourdit_1843731_3224.html

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Emploi : depuis trente ans, le tribut que les jeunes paient à la crise s'alourdit

LE MONDE | 06.03.2013 à 15h40 • Mis à jour le 06.03.2013 à 15h40

Par Isabelle Rey-Lefebvre

En période de dégradation de la conjoncture, l'emploi des jeunes réagit plus fortement que celui des plus âgés. C'est ce que nous apprennent Mathilde Gaini, Aude Leduc et Augustin Vicard, auteurs d'une étude de l'Insee publiée le 28 février sur la fin des études et l'insertion professionnelle de jeunes ayant terminé leur cursus entre 1983 et 2010. Ils paient un lourd tribut à la crise, puisqu'en 2010 le taux de chômage des moins de 25 ans atteignait 22,9 %, contre 8,4 % pour les 25-49 ans.

Non seulement ils se retrouvent plus souvent chômeurs, mais leur emploi, lorsqu'ils en décrochent un, est plus précaire, avec 30 % de contrats à durée déterminée, deux fois plus qu'en 1983.

Une solution pour ne pas pointer au chômage trop tôt pourrait être de prolonger les études, à condition que les parents puissent en assumer le coût, et d'ajouter une formation, un diplôme pour être mieux armé sur le marché de l'emploi. Le rapport montre que peu de jeunes choisissent cette voie : seuls 0,4 % des 16-24 ans, soit environ 20 000 lycéens et étudiants, reportent d'un an leur sortie du système scolaire dans ce but.

RATTRAPAGE

En analysant le parcours des jeunes arrivés sur le marché du travail aux "mauvais moments", c'est-à-dire lorsque le taux de chômage de leur classe d'âge dépassait 20 % - en 1985, entre 1993 et 1999, entre 2005 et 2006 puis en 2009-2010 -, l'Insee constate qu'ils accusent un moins bon taux d'emploi à la sortie des études, de 64 % contre 70 % pour les autres, mais rattrapé dès la quatrième année.

Il en est de même pour leur salaire moyen, plus faible de 0,3 % au départ mais rééquilibré dès la première année, car, s'ils sont souvent rémunérés au salaire minimal, ils sont aussi plus mobiles, ce qui concourt à homogénéiser leurs conditions d'emploi et de salaire.

Une telle conclusion peut paraître rassurante, mais les auteurs avertissent : "Il est trop tôt pour savoir si ce rattrapage bénéficiera autant aux générations actuelles, qui font face à des conditions plus dégradées que lors des cycles précédents." C'est ce que confirme un sondage de l'IFOP (réalisé du 22 au 31 janvier 2013, auprès de 1 005 jeunes diplômés depuis moins de trois ans), réalisé à la demande du cabinet de conseil Deloitte : "Nous recrutons 800 jeunes diplômés par an, et en accueillons de 400 à 500 en stage, précise Jean-Marc Mickeler, associé chez Deloitte, cabinet conseil. C'est pourquoi nous souhaitons sonder leur moral et connaître leur vision de l'entreprise et du marché de l'emploi."

FILIÈRES COURTES

Le sondage constate que le fossé se creuse entre les 55 % de jeunes en poste dans une entreprise et les 45 % qui peinent à trouver du travail. Le chômage touche d'abord les moins de 25 ans (61 %), les provinciaux (49 % contre 33 % de Parisiens), et même les diplômés de grandes écoles (28 %). Les jeunes ayant suivi des formations courtes, DUT, BTS, décrochent plus rapidement un emploi.

Selon l'étude, il a fallu, à ceux qui travaillent aujourd'hui, attendre en moyenne dix semaines après leur sortie de l'école et adresser seize candidatures pour le décrocher. A la sortie de l'IUT, 24 % des élèves trouvent un emploi dans la semaine, contre 17 % des diplômés des grandes écoles et 15 % de l'ensemble des jeunes.

"La défiance des jeunes vis-à-vis de l'entreprise reste élevée", remarque Jean-Marc Mickeler . Si ce taux a baissé de 57 % à 54 % pour ceux qui travaillent, il progresse de 4 points, passant de 59 % à 63 %, chez ceux qui sont sans emploi. Mais, dans le même temps, "nous observons aussi un relatif satisfecit vis-à-vis de l'entreprise, vécue comme un lieu d'épanouissement personnel par plus de trois jeunes diplômés sur quatre", se félicite M. Mickeler.

L'idée d'aller chercher un emploi à l'étranger séduit 27 % des jeunes, deux fois plus qu'en 2012. Est-ce le signe d'une vision pessimiste de leur avenir en France ou, au contraire, d'une envie positive de découverte du monde ? "Sans doute un peu des deux", conclut M. Mickeler.

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