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25/02/2013

L'évaluation des risques industriels : par le nombre de morts

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

les surlignages sont de moi

Les industriels profitent de la faiblesse de l’épidémiologie

Dans son édition Science & techno, Le Monde souligne que la cour d’appel de Lyon a récemment reconnu coupable une filiale de Vinci de « faute inexcusable » après le décès par cancer d’un ouvrier exposé aux émanations de bitume pendant vingt ans.

Cependant, cette décision est « une exception [qui] met en lumière la façon dont les industriels tirent profit des faiblesses de l’épidémiologie », explique le journal.

Selon Neil Pierce, de l’université australienne de Wellington, « aujourd’hui, pour chaque épidémiologiste indépendant étudiant les risques des produits industriels, il y a plusieurs autres épidémiologistes employés par l’industrie pour attaquer la recherche ».

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm, chercheuse en sciences de la santé, membre du Giscop 93 (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle), explique dans un entretien au Monde qu’« il y a un problème qui n’est pas spécifiquement français mais international, à savoir que les industriels ont réussi à faire subordonner la toxicologie à l’épidémiologie parmi les disciplines chargées d’établir la dangerosité des substances ». Et d’ajouter : « Le résultat est qu’au lieu d’appliquer le principe de précaution, (…) on doit désormais atteindre des dizaines d’années et un nombre de morts « suffisant » pour qu’il soit significatif statistiquement ».

Selon elle, « il est évident qu’il faut mettre fin à l’impunité dont bénéficient ce qu’il faut bien appeler des crimes industriels ».

Le Monde, édition Science & techno, 23/02

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