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16/01/2013

"Indignés" et politique en Espagne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/01/09/les-indignes-cherchent-leur-place-dans-la-recomposition-de-la-gauche-espagnole_1814441_3214.html

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LE MONDE | 09.01.2013 à 11h23 • Mis à jour le 09.01.2013 à 11h25

Par Sandrine Morel - Madrid Correspondance

Longtemps, il leur a été reproché de ne pas utiliser les armes de la démocratie pour défendre leurs idées. Les "indignés" espagnols ont finalement accouché d'un parti politique. Après une année de gestation, un groupe formé d'une centaine de membres anonymes du 15M, nom donné au mouvement citoyen né le 15 mai 2011 par l'occupation de la Puerta del Sol, à Madrid, a lancé sur Internet, mardi 8 janvier, le Parti du futur, ou Parti X.

Comme dans le 15M, pas de chef, ni même de porte-parole. Et un programme qui tient en une phrase : "Récupérer la souveraineté des citoyens", explique une militante du nouveau parti. "Nous voulons créer une méthode, pas une idéologie" : référendums, vote permanent, "wikilégislation" sont les mots-clés de ce parti qui dit s'inspirer des systèmes de démocratie participative expérimentés dans l'Etat du Rio Grande do Sul, au Brésil et en Islande. 

Le Parti X ne se prétend pas représentatif du 15M, trop large pour être englobé dans son ensemble et trop respecté pour que quelques-uns se l'approprient, mais le mouvement est bien sa référence, comme il l'affirme dans sa vidéo de lancement où deux acteurs "venus du futur" expliquent son objectif : "rénover l'espace électoral" et "expulser" les députés du Parlement.

Difficile de savoir quelle audience le Parti X obtiendrait dans les urnes. Présenté alors qu'aucune élection n'est prévue en Espagne avant 2015, il espère d'ailleurs n'avoir jamais à concourir à un scrutin. "Notre objectif est que la citoyenneté nous utilise comme un dispositif pour changer les règles du jeu. Si nous parvenons à être un outil de pression sur le gouvernement, nous n'aurons pas besoin de nous présenter, et nous préférerions ne pas avoir à le faire...", poursuit la militante.

Vingt-quatre heures après son lancement officiel, le Parti X rassemblait près de 12 000 abonnés sur Twitter et plus de 5 000 sur Facebook. "Nous sommes au moins sûrs que nous arrivons dans un moment où nous sommes nécessaires", en conclut la membre de la nouvelle formation.

PERTE DE CONFIANCE

Le baromètre de décembre 2012 du Centre de recherche sociologique confirme la perte de confiance des Espagnols envers ses dirigeants politiques. "La corruption et les hommes politiques", mentionnés par 17,2 % des sondés, y figure comme troisième préoccupation des Espagnols, derrière le chômage et la crise économique.

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) est la première victime de ce discrédit. Il ne se remet pas de sa gestion de la crise et du virage de la rigueur pris en avril 2010 par l'ancien chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero. Sa déroute aux dernières élections régionales et nationales a laissé de l'espace aux petits partis d'une gauche fragmentée, face à une droite unie au sein d'un seul parti, le Parti populaire.

Les indépendantistes de la gauche radicale, avec Amaiur au Pays basque et dans une moindre mesure la Candidature d'union populaire (CUP) en Catalogne, en ont bénéficié, et fait une entrée spectaculaire dans les parlements régionaux de ces régions.

Dans tout le reste de l'Espagne, les écolo-communistes de la Gauche unie (IU) sont sortis renforcés des différents scrutins de 2011 et 2012. Tout comme le parti centriste Union, progrès et démocratie (UPyD) né en 2008 d'une scission du Parti socialiste.

Ce dernier ne parvient pas à mener la rénovation que de nombreux militants appellent pourtant de leurs voeux. Sauf surprise, samedi 12 janvier, lors du congrès fédéral du PSOE, l'élection d'un nouveau chef de file du parti devrait être repoussée à 2014.

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