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28/11/2012

Les inégalités dans la France aujourd'hui

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/11/28/l-insee-fait-le-portrait-d-une-france-inegale_1797046_823448.html

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LE MONDE | 28.11.2012 à 16h23 Par Maryline Baumard, Jean-Baptiste Chastand et Claire Guélaud

Les inégalités ont la vie dure en France. Souvent massives, spectaculaires, elles régressent peu et parfois s'aggravent, observe l'Insee dans l'édition 2012 de France, portrait social. Qu'y constate-t-on ? Qu'une grande partie des inégalités scolaires se joue avant le bac, qu'un homme cadre peut toujours espérer vivre six ans et demi de plus qu'un ouvrier ou encore que la situation des couples sur le marché du travail diffère de celle des célibataires...

L'ÉCOLE FRANÇAISE ENTÉRINE LES INÉGALITÉS DE NAISSANCE

Sur 100 jeunes entrés en 6e en 1995, 44 sont désormais titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Mais cette proportion varie de 76 % pour les enfants de cadres ou d'enseignants à seulement 20 % pour les enfants d'ouvriers non qualifiés. En matière scolaire, tout s'enchaîne très tôt, comme le montrent les travaux d'Olivier Lefèvre réalisés sur 18 000 élèves entrés en 6e en 1995 et en 2002. En fin d'école primaire, 41 % des enfants d'ouvriers sont de niveau faible en lecture et en mathématiques, contre 7 % des enfants de cadres.

Masqué par le collège unique, ce différentiel de niveau devient évident à l'heure du premier choix d'orientation, celui du lycée. Là, les enfants de cadres optent à 70 % pour un bac général et les fils d'ouvriers à 20 % seulement.

Dans l'enseignement supérieur, l'écart se creuse encore. Numériquement, puisque les premiers sont près de quatre fois plus souvent diplômés, mais aussi qualitativement. Olivier Lefèvre montre que les classes préparatoires - antichambres des grandes écoles - sont à moitié remplies d'enfants de cadres. Et entre les deux cohortes étudiées, les inégalités se sont accrues puisque la proportion des enfants d'ouvriers diplômés du supérieur a légèrement baissé.

CHÔMAGE RIME AVEC CÉLIBAT

Infographie Le MondeInfographie Le Monde | Insee

La statistique ne laisse pas d'étonner : chez les 30-54 ans, le taux de chômage des personnes célibataires est de 13 % pour les hommes et de 12 % pour les femmes, alors qu'il ne dépasse pas 5 % et 6 % pour ceux et celles qui sont en couple. Comment expliquer cette surprenante inégalité sur le front de l'emploi ? Est-ce le chômage qui favorise le célibat ou l'inverse ?

L'Insee avance quelques pistes. Pour les hommes, les raisons sont d'abord à chercher dans leur niveau d'éducation. "Le diplôme confère un avantage aux hommes sur le "marché matrimonial"", résume crûment l'institut. Les hommes plus diplômés sont plus souvent en couple que les hommes sans diplôme, eux-mêmes plus souvent au chômage.

Mais, ce n'est pas le seul critère. Les hommes qui ont des enfants, plus souvent en couple, travaillent plus que ceux qui n'en ont pas. Pour les femmes, la situation est légèrement différente. D'abord parce que leur taux d'activité est plus faible pour celles qui sont en couple que pour les célibataires. La première raison à cela est à chercher dans la présence ou non d'enfants.

Par ailleurs, dans 17 % des couples, l'homme a une position professionnelle supérieure à celle de sa conjointe, contre seulement 5 % de cas inverses. Dans 7 % des couples, la femme est au chômage tandis que l'homme a un emploi, la situation inverse ne se rencontrant que dans 3,3 % des couples. Un peu plus de 1 % des couples comptent deux chômeurs, soit environ 70 000 couples, estime l'Insee. Ces couples cumulent souvent les difficultés. Les conjoints des femmes au chômage ou en temps partiel subi sont plus souvent en contrat à durée déterminée, en intérim, au chômage ou ouvrier.

HEUREUX PROPRIÉTAIRES

Avec l'envol des prix de l'immobilier, les inégalités de patrimoine se sont creusées au profit des 60 % de ménages les mieux dotés, qui sont généralement propriétaires de leur logement. Entre 1997 et 2009, la progression des patrimoines a été plus rapide que celle des niveaux de vie. Les 10 % des ménages les mieux dotés possèdent en moyenne 35 fois plus de patrimoine que les 50 % des ménages les moins dotés fin 2009, contre 30 fois plus à la fin 1997. Les disparités de niveau de vie ont crû mais elles sont de moins grande ampleur. Les trajectoires professionnelles, nous dit aussi l'Insee, influent sur le niveau de patrimoine détenu : une année de chômage entraîne un patrimoine plus faible de l'ordre de 4 % en moyenne.

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