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17/11/2012

Bientôt il ne restera plus ni Autorité palestinienne en Cisjordanie ni Hamas à Gaza.

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http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/ff8304da-302f-11e2-b7fd-42fb5ceb82b1/Le_Hamas_et_les_autres

Editorial Samedi17 novembre 2012
 
Le Hamas et les autres
Par Par Luis Lema
Bientôt il ne restera plus ni Autorité palestinienne en Cisjordanie ni Hamas à Gaza.

Les plus hardis l’avaient prédit il y a des années déjà. Le Hamas risquait gros lorsque, début 2006, il s’empara du pouvoir à Gaza, succédant à une Autorité palestinienne totalement discréditée. Le mouvement islamiste devenait le gardien de la grande prison, mais sans toutefois en acquérir les clés. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit, à son tour, débordé par des plus radicaux que lui.

Mille choses se sont passées entre-temps, dont une «incursion» des chars de combat israéliens qui, deux ans plus tard, allaient creuser une profonde crevasse emplie de 1400 cadavres palestiniens. Dans la foulée, et dans une bande de Gaza plus verrouillée que jamais, les fronts se sont encore durcis, comme prévu: les tunnels de contrebande se sont multipliés, et les «parrains» prévenants (Al-Qaida, Iran…) ont commencé à séduire ceux que le réalisme obligé du Hamas décevait.

Les maîtres de Gaza eux-mêmes ont cru, un temps, que l’arrivée des Frères musulmans en Egypte allait changer la donne à leur avantage. Mais elle est restée la même: aux yeux des Israéliens, le Hamas était pratiquement devenu l’allié le plus commode possible. Il pouvait islamiser tant qu’il le voulait la société palestinienne. La seule condition, c’était qu’il écrase d’une main de fer les groupes de jeunes radicaux.

Le paradoxe, c’est que, ces derniers temps, le Hamas a rempli son rôle plutôt consciencieusement. Le paradoxe, c’est que Ahmad Jaabari, le chef du Hamas assassiné par Israël mercredi, était sur la voie d’officialiser, en quelque sorte, ce «marché».

Aveuglement? Pur calcul électoraliste à quelques semaines du scrutin israélien? Alors qu’en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne risque de se retrouver complètement déplumée après sa tentative d’héroïsme désespéré que représente la reconnaissance de la Palestine aux Nations unies, il ne restera pas davantage du Hamas à Gaza dans quelques semaines. Le gouvernement israélien qui sortira des urnes le 22 janvier pourra clamer, sûr de son bon droit, qu’il n’a face à lui aucun «interlocuteur pour la paix». Personne, à ce moment-là, ne sera en mesure de le contredire.

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