Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

15/10/2012

Moderniser le rail

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/15/rff-prie-d-investir-sur-les-grands-axes-ferres-nationaux_1775667_3234.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

RFF prié d'investir sur les grands axes ferrés nationaux

LE MONDE 15.10.2012 à 13h59

Par Philippe Jacqué

Le ministre délégué chargé des transports, Frédéric Cuvillier, devait demander, lundi 15 octobre, à Réseau ferré de France (RFF) de lui remettre, dans les six mois, un nouveau plan opérationnel de rénovation, centré en particulier sur les grands axes nationaux. Ce sera la base du prochain contrat de performance Etat-RFF 2013-2017.

"L'objectif n'est pas de seulement remplacer des rails et du ballast, mais également de moderniser le réseau pour fluidifier le trafic, améliorer sa régularité, sa sécurité, bref sa performance globale", fait valoir l'entourage du ministre. 

C'est que les lignes nationales restent en souffrance. "10 % à 20 % de ces lignes ont dépassé leur durée de vie économiquement raisonnable", relève un audit sur l'état du réseau ferroviaire français, rédigé par l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), dévoilé lundi par M. Cuvillier et Hubert du Mesnil, le président de RFF.

"DOIT ENCORE FAIRE SES PREUVES"

Pourtant, de gros efforts ont été réalisés sur le réseau national depuis 2005 et un premier rapport de l'EPFL, qui avait marqué les esprits : celui-ci estimait que "si la situation actuelle devait perdurer, ne subsisterait à l'horizon 2025 qu'un tiers des 50 000 kilomètres du réseau ferré".

Sept ans plus tard, l'EPFL évoque un "mieux", tout en soulignant que RFF "doit encore faire ses preuves". "Les investissements ont doublé, constate Yves Putallaz, l'un des auditeurs. Ces efforts ont permis d'éviter la vision macabre de 2005. Les gros soucis sont en passe d'être maîtrisés."

Entre 2004 et 2010, le budget rénovation des voies est passé de 800 millions d'euros annuel à 1,5 milliard, permettant de rénover 1 000 kilomètres de voies, contre 500 kilomètres auparavant. En 2011, RFF a pu investir 2 milliards d'euros et devrait encore dépenser 2,3 milliards cette année. Le système ferroviaire a ralenti son vieillissement.

Selon RFF, l'âge moyen des lignes principales est passé de quinze ans, en 1990, à vingt ans, en 2005. A la mi-2020, il devrait revenir à dix-huit ans si les dépenses se maintiennent. Le réseau de lignes à grande vitesse - très jeune - vieillit normalement, tandis qu'une partie du réseau secondaire s'est fortement améliorée.

Quant aux lignes nationales, "deux circonstances expliquent [leur] dérive", relève M. Putallaz. La réalisation des chantiers de renouvellement sur ces voies a été longue à se dessiner, car très complexe. Avec la hausse du trafic passager, il est difficile d'immobiliser longtemps les voies pour des travaux sur de longues plages horaires. Par ailleurs, la mise à niveau de lignes régionales a capté une partie des ressources.

"NOUVELLES NORMES"

Sur les axes nationaux, RFF va poursuivre l'automatisation des aiguillages - seize centres remplaceront à termes les 1 500 postes existants -, mais aussi le déploiement de nouvelles normes de signalisation. "En passant du XIXe au XXIe siècle, nous allons sécuriser le réseau, faciliter sa gestion et réduire son coût de maintenance", affirme-t-on chez RFF. Pour mener à bien ces projets, le ministère souhaite dégager "1,7 milliard d'euros annuel, voire 2 milliards", soit peu ou prou le budget de ces dernières années.

Le nouvel audit de l'EPFL pose une autre question, déjà soulevée en 2005 : les moyens étant limités, faut-il conserver les milliers de kilomètres de lignes secondaires très peu empruntées, aujourd'hui obsolètes ? Selon l'audit, "leur maintien en exploitation exige des moyens importants au regard des enjeux socio-économiques, sans pour autant que l'effort consacré à leur maintien puisse en assurer la pérennisation".

Le gouvernement, qui a annoncé le gel de nouveaux projets de grande vitesse, ne s'exprime pas sur le sujet. Pour le moment.

-------------------

Transport terrestre

Édition abonnés Contenu exclusif

Les commentaires sont fermés.