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23/09/2012

L'Europe néolibérale et la pêche

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/13/l-ue-echoue-a-prendre-des-mesures-contre-la-surpeche_1717591_3244.html

L'UE échoue à prendre des mesures contre la surpêche

LE MONDE | 13.06.2012 à 14h52 • Mis à jour le

13.06.2012 à 14h52

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Le Conseil européen des ministres de la pêche qui s'est tenu au Luxembourg, mardi 12 juin, aurait pu être décisif pour la future politique commune dans ce secteur. La rencontre s'est pourtant soldée, après vingt heures de négociations, par un compromis à minima. Depuis le début de l'année, les gouvernements des Vingt-Sept se sont déjà réunis à plusieurs reprises sur une réforme remise en chantier tous les dix ans.

Son objectif est simple à résumer : résoudre le problème de la surpêche qui vide les océans et finira aussi par ruiner les pêcheurs. Pour cela, il faut s'attaquer aux capacités de pêche démesurées accordées au cours de la dernière décennie.

Interdiction de rejeter à la mer les prises "accessoires" – les poissons trop petits ou d'une espèce non commercialisée –, étiquetage obligatoire des produits de la mer pour éclairer le consommateur sur les conditions de leur capture, concessions de pêche transférables... Tout est remis à plus tard, aucune des mesures envisagées par la réforme ne comporte de caractère contraignant.

La principale reculade tient sans doute au calendrier de l'instauration de captures maximales pouvant être autorisées sans compromettre le renouvellement des espèces, les fameux rendements maximums durables (RMD).

Maria Damanaki, la commissaire européenne chargée de la pêche, voulait les imposer obligatoirement dès 2015 pour tous les poissons ; les ministres, eux, penchent pour un objectif à atteindre "si possible" à partir de 2015 et d'ici à 2020, espèce par espèce.

PRESSION DES ONG

Trop tard aux yeux de Mme Damanaki qui s'est dite déçue. "Il faut faire diligence, notre texte est timoré. Les RMD, on en parle depuis trente ans, visiblement on tourne en rond !", s'est-elle emportée.

La commissaire a souligné que les ministres avaient collectivement admis l'échec de la politique précédente et leur a aussi rappelé que les financements en faveur de la pêche étaient critiqués de toutes parts. Elle s'est déclarée prête à concéder une augmentation de quotas de pêche pour encourager les professionnels à changer de pratiques.

Les ministres sont pourtant sous pression. Les organisations non gouvernementales de défense de l'environnement, plus mobilisées que jamais, ont fait paraître, dans la presse de ces derniers jours, des pleines pages de publicité dénonçant la surpêche tandis que Greenpeace a organisé un sit-in à Luxembourg.

La présidence danoise, pressée d'aboutir à un règlement avant de passer le relais aux responsables chypriotes qui doivent lui succéder à la tête de l'Union européenne (UE), n'a pas non plus ménagé sa peine. Rien n'y a fait.

UN TEXTE DE COMPROMIS PEU AMBITIEUX

Le texte de compromis préparé par le Danemark, déjà peu ambitieux, a été démonté par plusieurs Etats pêcheurs, en particulier l'Espagne et la France. Pour sa première participation, Frédéric Cuvillier, ministre des transports et de l'économie maritime, et par ailleurs maire de Boulogne-sur-Mer, haut lieu de la pêche, a montré le même manque d'enthousiasme que ses prédécesseurs face à la plupart des propositions de la Commission.

"Le rejet zéro immédiat nous rend très inquiet pour nos pêcheries", a-t-il prévenu. La France a, au final, obtenu qu'un pourcentage minimal de rejets soit autorisé. Le ministre français a également plaidé pour lier l'instauration des rendements maximaux durables à un engagement similaire des pays voisins.

"Inacceptable", a rétorqué Mme Damanaki qui voit mal l'UE fonder sa politique sur les décisions de la Russie, de l'Egypte ou de la Libye. A l'automne, ce sera au tour des parlementaires européens de se saisi de cette réforme si disputée.

Pêche et surpêche

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