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31/05/2011

Incident à Eurodif Pierrelatte : trois jours pour être informé ...

lu sur :

 

Pont-Saint-Esprit Pierrelatte : anomalie décelée sur une installation d’Eurodif production  

 

Midi Libre 30/05/2011,
19 h 07 | Mis à jour le 30/05/2011, 19 h 29

 Le 27 mai dernier, une anomalie de remplissage sans conséquence vis-à-vis du personnel et de l’environnement, a été détectée lors d’une opération de transfert d’un produit dans un cristallisoir (récipient de forme cylindrique) du site d’Eurodif Production, basé à Pierrelatte (Drôme), près de Pont-Saint- Esprit.

Cette usine, implantée sur le site du Tricastin, a pour principale activité l’enrichissement de l’uranium sous forme d’hexafluore d’uranium (UF6). C’est là qu’est réalisée cette étape indispensable à la production du combustible nécessaire aux réacteurs des centrales nucléaires.

C’est une opération de contrôle qui a permis de confirmer un léger dépassement du seuil autorisé de remplissage d’UF6, dont le volume est demeuré inférieur à la capacité maximale de l’équipement en cause, lequel a été immédiatement vidangé.

Eurodif Production a proposé à l’Autorité de sûreté nucléaire un classement de cet incident au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires (Ines) graduée jusqu’à 7.

 

30/05/2011

Pékin déploie ses forces de sécurité en Mongolie-Intérieure

lu sur :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/05/30/pekin-deploie-ses-forces-de-securite-en-mongolie-interieure_1529171_3216.html

Pékin déploie ses forces de sécurité en Mongolie-Intérieure

Des manifestations d'une ampleur sans précédent de Mongols réclamant le respect de leurs droits se sont produites la semaine dernière dans cette région autonome, selon le Centre d'information sur les droits de l'homme en Mongolie du Sud, une organisation installée aux Etats-Unis.

LEMONDE.FR avec AFP | 30.05.11 | 08h57  •  Mis à jour le 30.05.11 | 09h16

Les autorités chinoises ont déployé, lundi 30 mai, d'importantes forces de sécurité dans la région de Mongolie-Intérieure, où des appels à manifester circulent parmi les membres de la minorité ethnique mongole, ont indiqué une ONG et des journalistes de l'AFP sur place.

Des manifestations d'une ampleur sans précédent de Mongols réclamant le respect de leurs droits se sont produites la semaine dernière dans cette région autonome, selon le Centre d'information sur les droits de l'homme en Mongolie du Sud, une organisation installée aux Etats-Unis. Des universités et des espaces publics en plein air étaient interdits d'accès dans plusieurs villes, le pouvoir à Pékin redoutant plus que tout des rassemblements de protestation dans l'esprit des mouvements qui ont agité ces derniers mois des pays du monde arabe.

"SITUATION DÉLICATE"

"La situation est actuellement délicate ici", a déclaré un policier en uniforme devant une école de Xilinhot, siège des autorités de la région de Xilingol. Selon deux habitants, des élèves de cette école, dans laquelle des journalistes de l'AFP n'ont pas eu l'autorisation d'entrer, ont participé aux récentes manifestations. Les manifestations de Mongols ont commencé lundi 23 mai dans plusieurs endroits de la région, pour protester contre la mort le 10 mai d'un berger, renversé par un véhicule conduit par un Han, l'ethnie dominante en Chine.

Les faits se sont produits au moment où ce berger nommé Mergen et d'autres éleveurs tentaient de bloquer un convoi de poids lourds transportant du charbon dans la région de Xilingol, où l'activité minière chasse de leurs terres les bergers mongols, détruisant les pâturages, selon l'ONG citée.

Vendredi, trois cents policiers anti-émeute ont affronté des centaines de manifestants, étudiants et bergers, dans la bannière de Shuluun Huh (Zhenglanqi en chinois). Une bannière est l'équivalent, dans la région autonome de Mongolie-Intérieure, d'un district dans une province chinoise.

28/05/2011

Les micro-partis faussent les règles de financement de la vie politique

un article paytant du Monde :

Les micro-partis faussent les règles de financement de la vie politique

LE MONDE | 27 mai 2011 | Patrick Roger | 533 mots

En 2010, les comptes de 227 formations politiques ont été contrôlés. Dans son 13e rapport d'activité rendu public mardi 24 mai, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) (*) consacre, pour la première fois, un chapitre entier aux "micro-partis".

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(*) voir aussi :

C.N.C.C.F.P. - Rapports d'activité.

http://www.cnccfp.fr/index.php?art=699 

Treizième rapport d'activité - 2010 nouveau

26/05/2011

Des figures de la gauche israélienne pressent l'Europe de reconnaître l'Etat de Palestine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/05/26/des-figures-de-la-gauche-israelienne-pressent-l-europe-de-reconnaitre-l-etat-de-palestine_1527998_3218.html

Des figures de la gauche israélienne pressent l'Europe de reconnaître l'Etat de Palestine

JÉRUSALEM, ENVOYÉ SPÉCIAL - 

Une lettre ouverte signée d'une vingtaine de personnalités de la gauche israélienne, notamment Avraham Burg, ancien président de la Knesset et de l'Agence Juive, appellent les Etats européens à voter en faveur de l'indépendance de la Palestine, au mois de septembre prochain, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies. Fort du blanc-seing de la Banque Mondiale et du FMI qui ont estimé dans de récents rapports que l'Autorité palestinienne disposait d'institutions dignes d'un Etat, le président palestinien est déterminé à faire reconnaître la Palestine comme un membre à part entière de l'ONU, en obtenant le soutien des deux tiers des Etats membres.

Prenant acte de l'intransigeance du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, exprimée mardi 24 mai, dans un discours devant le congrès américain, et du renoncement de la Maison Blanche à exercer de réelles pressions sur lui, les signataires appellent les capitales européennes à reconnaître un Etat palestinien sur les frontières de 1967, avec échanges de territoires de taille équivalente et Jérusalem-Est pour capitale. "En tant qu'Israéliens, nous déclarons que le jour où les Palestiniens proclameront leur indépendance dans un Etat souverain, destiné à vivre dans la paix et la sécurité aux côtés d'Israël, nous soutiendrons cette proclamation", peut on lire dans le document qui doit être rendu public vendredi 27 mai et que Le Monde s'est procuré en avance. A Washington, sous les applaudissements des "congressmen", Netanyahou avait écarté tout retrait sur les lignes de 1967 et toute division de Jérusalem, deux paramètres communément considérés comme les condition sine qua non à tout règlement du conflit au Proche-Orient.

POURFENDEUR DES DÉRIVES DU SIONISME

Outre Avraham Burg, un ex-baron du parti travailliste, reconverti en pourfendeur des dérives du sionisme depuis qu'il a quitté la politique en 2004, la lettre a été paraphée par d'anciens hauts responsables de l'appareil d'Etat israélien commeMichaël Ben Yaïr, procureur général dans les années 90, par plusieurs sommités du monde de la recherche, comme les philosophes Yirmiyahou Yovel et Avishaï Margalit ainsi que par des vedettes de la scène culturelle, comme le romancier Nir Baram"La paix a été prise en otage par le ‘processus de paix'écrivent les pétitionnaires. La continuation de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-est (…) démontre que l'actuelle direction israélienne utilise le processus de paix comme une manœuvre de diversion plutôt qu'un moyen de résoudre le conflit".

Le timing de la publication coïncide avec une tournée en Europe du président américain Barack Obama, durant laquelle il devrait s'efforcer de dissuader ses interlocuteurs de soutenir la stratégie onusienne de Mahmoud Abbas et de son permier ministre Salam Fayyad. Si le président français Nicolas Sarkozy a laissé entendre dans un entretien à L'Express qu'il pourrait répondre favorablement à la demande palestinienne, Londres et surtout Berlin semblent moins disposés à le faire.

"NOUS SAUVER DE NOS DIRIGEANTS"

"Nous sommes réalistes, nous savons qu'aussi prestigieux soient-ils, nos signataires ne peuvent pas grand-chose face à la détermination diplomatique américaine", affirme Hillel Ben Sasson, l'un des initiateurs de la lettre ouverte, membre du comité de solidarité avec Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est, menacé par la colonisation juive. "Mais nous voulons faire comprendre aux Européens, qu'après la visite désastreuse de Nétanyahou à Washington, c'est à eux qu'il appartient de nous sauver de nos dirigeants. S'ils disent oui à l'Etat palestinien en septembre, nous avons une chance d'empêcher un nouveau bain de sang et de relancer les négociations de paix sur la base d'une plateforme décente."

A la fin du mois d'avril, à Tel Aviv, plusieurs dizaines d'artistes et d'intellectuels israéliens, dont le professeur de sciences politiques Zeev Sternhell, avaient déjà lancé un appel à la création d'un Etat palestinien, face au bâtiment même où l'Etat d'Israël avait été proclamé, en 1948. Ces initiatives, qui tentent de ressusciter le camp de la paix, tombé dans le coma durant la seconde Intifada, ne semblent pas émouvoir l'opinion publique. Selon un sondage publié par le quotidien Haaretz, 47% des Israéliens estiment que le voyage de Netanyahou à Washington est un" succès " et seulement 10% le voient comme un " échec ".
Benjamin Barthe

Benjamin Barthe 

La France pillée, chapitre 4 : vers une privatisation de notre République ?

communiqué d'ANTICOR :

La France pillée, chapitre 4 : vers une privatisation de notre République ?

20 mai, 2011
 
par équipe anticor

Les Inrocks poursuivent la publication en cinq épisodes de notre rapport.

La 4ème livraison revient sur l’exécution des peines dans les affaires publiques, la dépénalisation des affaires et les facilités accordées aux lobbyistes.

Le rapport décortique l’actualité : vote d’amendements étrangement conciliants pour les grandes entreprises, naïveté des collectivités locales versus opacité des banques. Il est accompagné de recommandations, de propositions destinées au législateur comme aux collectivités locales.

Ce Manifeste « Anti pacte » sera à l’automne dans toutes les bonnes librairies.

Pour en savoir plus :

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/65299/...

Le procès Chirac

communiqué de l'association ANTICOR :

Victoire : reprise du procès Chirac !

Posted: 21 May 2011 08:48 AM PDT

Le procès de Jacques Chirac va pouvoir reprendre. La Cour de cassation a décidé de ne pas saisir le Conseil constitutionnel de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui avait entraîné en mars le renvoi du procès devant le tribunal correctionnel de Paris.

Constatant que « n’étaient pas remplies les conditions de nouveauté ou de sérieux exigées par la loi organique » du 10 décembre 2009, la Cour de cassation a décidé qu’il n’y avait pas lieu au renvoi des
questions au Conseil constitutionnel. C’est d’ailleurs en ce sens qu’avait conclu l’avocat général le 13 mai dernier.

Nous nous réjouissons de cette décision, et la Cour de cassation réaffirme ainsi sa souveraineté en matière de délinquance politico-financière. Est ainsi évité le risque d’enterrement  des affaires qui concernent l’ancien chef de l’Etat et par la suite, de bien d’autres.

Pour mémoire, le tribunal correctionnel de Paris avait décidé le 8 mars de transmettre à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par l’avocat de Rémy Chardon, l’un des co-prévenus de Jacques Chirac, renvoyant ainsi le procès de l’ancien chef d’Etat pour deux affaires liées au financement présumé occulte du RPR.

La QPC portant sur la prescription, ne concernait que l’affaire parisienne -celle des chargés de mission- dans laquelle Jacques Chirac est mis en examen pour « détournement de fonds public » et « abus de confiance ». Neuf autres personnes dont deux de ses anciens directeurs de cabinet à la mairie de Paris, sont également poursuivis dans ce volet.

Affaire donc à suivre …

25/05/2011

Un tract de la CGT

que j'ai eu en allant déposer ma déclaration de revenus et qui m'a paru intéressant :

à lire sur :

http://www.cgt.fr/-Pour-un-impot-plus-juste-et-.html

 Pour un impôt plus juste et efficace

- La cgt :

QUELQUES CHIFFRES

  • MOINS DE 1500 EUROS : c’est le salaire pour la moitié des salariés en France.
  • 150 MILLIARDS D’EUROS : c’est le déficit du budget de l’État prévu pour 2010.
  • 74,8 MILLIARDS D’EUROS : c’est le coût estimé des 468 niches fiscales pour l’année 2010.
  • 700 MILLIONS D’EUROS : c’est le coût du bouclier fiscal, estimé par le ministre pour 2010.
  • 3 MILLIARDS D’EUROS : c’est le coût annuel du cadeau fiscal avec la baisse de la TVA dans la restauration.
  • 12 MILLIARDS D’EUROS : c’est ce que coutera en 2010, la suppression de la taxe professionnelle.
  • 30 MILLIARDS D’EUROS : c’est le montant annuel des exonérations de charges sociales pour les entreprises.
La fédération CGT des Finances défend toute une série de propositions de réforme de la fiscalité. Elle a inauguré en mai 2011 un site internet où elle développe ses pistes de réforme et propose aux contribuables un calculateur leur permettant d’évaluer l’impact de ces revendications, leurs effets, en fonction de leur situation au regard de l’impôt.

Dernière mise à jour : 24 mai 2011
 

La Suisse engage un processus de sortie progressive du nucléaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/05/25/la-suisse-engage-un-processus-de-sortie-progressive-du-nucleaire_1527299_3244.html

La Suisse engage un processus de sortie progressive du nucléaire

Le gouvernement suisse a recommandé au Parlement de ne pas remplacer les centrales nucléaires au terme de leur durée d'exploitation. Une décision finale des députés est attendue à la mi-juin.

24/05/2011

Vous saurez tout - tout - tout ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/23/un-scandale-de-m-urs-ebranle-le-parti-d-extreme-droite-turc_1526356_3214.html

Un scandale de mœurs ébranle le parti d'extrême droite turc

Le parti nationaliste turc MHP, troisième force politique au Parlement, fait l'objet d'une campagne de dénigrement qui pourrait provoquer son effondrement aux élections législatives de juin.

LEMONDE pour Le Monde.fr | 23.05.11 | 17h43  •  Mis à jour le 23.05.11 | 17h47

La campagne pour les élections législatives, qui se dérouleront le 12 juin en Turquie, est assombrie par un scandale qui décime le parti d'extrême droite turc MHP (Parti de l'action nationaliste), la troisième force politique du Parlement sortant.

Dix responsables du MHP ont été poussés à la démission depuis début mai, à la suite de la publication, par un mystérieux site Internet, de vidéos compromettantes. Pour le parti nationaliste et son chef, Devlet Bahçeli, le MHP est victime d'un complot ourdi par le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dans le but de l'affaiblir avant les élections.

Depuis trois semaines, le site Internet Farkli Ülkücülük – dont le nom "Un idéalisme différent", renvoie à l'idéalisme, la doctrine fondatrice du MHP – orchestre une campagne de chantage et de révélations qui empoisonne la campagne électorale. Samedi, six hauts responsables du parti ont démissionné après la révélation d'une vidéo montrant l'un d'entre eux en compagnie d'une jeune femme. Le site avait menacé de sortir les "sex tapes" de ces adjoints de Devlet Bahçeli, qui étaient pour la plupart candidats à un siège de député.

AU PROFIT DE L'AKP

Déjà, les semaines précédentes, quatre autres cadres du parti nationaliste, tous mariés, avaient abandonné leurs ambitions politiques après des vidéos explicites, dévoilant leurs aventures extra-conjugales.

Tous les autres partis politiques ont condamné cette machination qui monopolise les débats politiques. "Je trouve cela dégoûtant et très dangereux", a condamné le premier ministre Erdogan, dimanche, au cours d'un meeting électoral à Gebze (Ouest). Le leader de l'AKP, le Parti de la justice et du développement, a vivement réfuté les accusations contre son parti, soupçonné d'être derrière cette "affaire des cassettes".

A qui profite le crime ? A l'AKP, qui, quasiment assuré d'une large victoire, pourrait être le grand bénéficiaire d'un effondrement du MHP. Si le 12 juin, il ne parvenait pas à franchir le seuil constitutionnel de 10 %, le MHP perdrait tout représentant. Avec 14 % en 2007, il avait obtenu 71 sièges de députés. Du coup, sans le MHP, l'AKP aurait toutes les chances de rafler la majorité absolue au Parlement (330 députés).

UNE CRISE DE SUCCESSION ?

En cas d'échec, le MHP connaîtrait une sérieuse crise de succession. Le parti fut fondé en 1969 par le colonel Alparslan Türkes, l'un des leaders du putsch de 1960, faisant du nationalisme le pilier de son idéologie. Les milices du parti et de son organisation de jeunesse, baptisées "Les Loups gris", se rendirent célèbres dans les années 1970 pour avoir répandu la terreur dans le pays par une série d'assassinats politiques.

Depuis l'élection à sa tête de Devlet Bahçeli, le MHP se veut plus respectable : il a participé à un gouvernement de coalition en 1999. Parti laïque et militariste à l'origine, le MHP s'est peu à peu tourné vers un électorat plus rural et conservateur.

Guillaume Perrier

Police et politique

lu sur:

http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/05/24/sexe-politique-et-police-des-m-urs_1526508_1522571.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110524-[zonea]&ens_id=1522342

L'Elysée est informé, par la police, de la vie intime des personnalités. Avant son arrestation, le pouvoir avait tenté de faire fuiter une note visant DSK.

L'Elysée, bien plus que les médias, n'ignorait rien de la vie privée de Dominique Strauss-Kahn. Le pouvoir, alimenté par ses relais dans la police, sait tout des secrets les plus intimes des hommes politiques, jusqu'à user des informations graveleuses dont il dispose.

Ainsi, des proches de Nicolas Sarkozy avaient pris soin de laisser "fuiter" auprès du Monde, ces derniers mois, l'existence d'une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base. Quelques lignes signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l'ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l'occasion d'un banal contrôle.

Sollicités, ni la Préfecture de police de Paris ni le ministère de l'intérieur n'ont souhaité confirmer – ou démentir – l'existence de cette note. Trois sources différentes ont pourtant assuré au Monde que ce rapport avait existé, et qu'il avait été porté à la connaissance de l'entourage de M.Sarkozy.

Selon l'une de ces sources, l'original de cette note a été passé au broyeur. A l'époque des faits, il fut décidé, en haut lieu, de ne pas donner de suites à cette affaire sur le plan pénal – ou médiatique. Candidat malheureux à la primaire du PS fin 2006, DSK ne présentait pas alors le même enjeu pour le pouvoir. Et c'est en parfaite connaissance de cause que M. Sarkozy, une fois élu, le propulsa à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

Mais ces derniers mois, au fur et à mesure de la progression de DSK dans les sondages, des hommes de confiance de M.Sarkozy se sont vantés devant des journalistes de "tenir" le patron du FMI, dont ils menaçaient de révéler les frasques. C'est ainsi que cette note a refait providentiellement surface. Au même moment, le chef de l'Etat se posait en "moine trappiste", par opposition à la réputation de coureur de jupons de DSK.

ÉQUIPE LA MIEUX RENSEIGNÉE DE FRANCE

C'est un fait : M.Sarkozy, depuis 2002, connaît certains aspects de la vie privée des personnalités susceptibles de présenter un jour un danger électoral. A son arrivée au ministère de l'intérieur, il a constitué une équipe de fidèles qui lui doivent tout. De Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Claude Guéant, ministre de l'intérieur, en passant par Alain Gardère, directeur adjoint du cabinet de ce dernier, ou Michel Gaudin, préfet de police de Paris, cette équipe est la mieux renseignée de France.

Fin avril, DSK avait d'ailleurs identifié le danger, comme l'a rapporté Libération : son appétence pour les femmes, certes, mais surtout les méthodes supposées de M. Guéant, à l'origine selon lui de la propagation des rumeurs sur sa vie intime.

De tout temps, la police a été l'instrument du pouvoir. Avant d'accéder à la présidence de la République, François MitterrandJacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont tous passés par la Place Beauvau. Lors de son retour à l'intérieur, en juin 2005, M.Sarkozy avait confié : "Je serai mieux protégé."

De fait, il en profita pour retourner l'affaire Clearstream en sa faveur, et surtout placer ses hommes aux postes clés. L'une de ses premières mesures fut de renvoyer Gérard Dubois, un conseiller du préfet de police – chiraquien – Philippe Massoni, accusé de s'être répandu sur la liaison de son épouse de l'époque, Cécilia, avec Richard Attias.

Il est vrai que les policiers, qu'ils appartiennent aux renseignements généraux (RG, désormais fondus dans la DCRI), à la sécurité publique, voire à la brigade de répression du proxénétisme, reçoivent des renseignements ultrasensibles. Ainsi, les patrons de boîtes échangistes ont pour coutume de signaler à la police – avec qui ils soignent leurs relations – la présence de personnalités politiques dans leurs soirées.

Etablissement connu du centre de Paris où le libertinage se célèbre au quotidien, Les Chandelles ont ainsi inspiré plus d'un "blanc" (note sans en-tête ni signature) aux RG. Les services sont aussi capables d'aller creuser des détails incongrus : durant la campagne présidentielle de 2007, les RG planchèrent ainsi sur le coût de la garde-robe de Ségolène Royal

MÉCANIQUE EXTRÊMEMENT EFFICACE

Les renseignements les plus "utiles" remontent naturellement à l'Elysée. C'était déjà le cas sous d'autres présidences. Dans les années 1990, les RG enquêtèrent ainsi sur la vie privée de Bertrand Delanoë ou de Jack Lang. Des notes blanches furent même établies. Rien n'était étayé, mais plus d'un journaliste fut bénéficiaire de drôles de "tuyaux"

Etiqueté chiraquien, Yves Bertrand, patron des RG de 1992 à 2004, joua un rôle central dans ce dispositif. Mis en cause pour s'être intéressé à la vie intime des politiques, il assume ses enquêtes très "privées", se voyant même "réhabilité" par l'affaire DSK, qu'il qualifie de "victoire posthume" ! "Je ne sais rien de l'affaire du Sofitel, mais de manière générale, cela prouve qu'il est légitime de s'intéresser à la vie privée des hommes politiques. D'ailleurs, on me commandait parfois des enquêtes pour savoir si une personne pressentie au gouvernement avait des fragilités", dit-il.

L'un de ses principaux interlocuteurs était Claude Guéant. "Lorsqu'il était directeur de la police (1994-1998) puis du cabinet du ministre (2002-2004), je lui rendais compte de tout. Il notait ce que je lui rapportais, y compris les éléments privés, dans des petits cahiers", affirme-t-il.

M. Guéant avait pourtant assuré en 2008 à Mediapart : "Concernant des éléments de vie privée relatifs à des personnalités, il n'en a jamais été question dans nos discussions." Arme de déstabilisation – ou de dissuasion – contre un adversaire menaçant, la "police des mœurs" sert, parfois, à défendre le président.

La DCRI a ainsi mobilisé ses forces en 2010 pour savoir d'où provenaient les ragots sur le couple présidentiel. Suspectée, Rachida Dati fut mise sous surveillance. Même les plus fidèles des sarkozystes ne sont pas à l'abri de cette mécanique extrêmement efficace.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

23/05/2011

Mediapart fait état de deux nouvelles affaires impliquant Mme Lagarde

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/05/23/la-candidature-de-christine-lagarde-au-fmi-hypothequee-par-des-affaires-judiciaires_1526296_823448.html

Mediapart fait état de deux nouvelles affaires impliquant Mme Lagarde

 

Outre l'affaire Tapie, Christine Lagarde serait impliquée dans deux autres dossiers, pense savoir le site d'information Mediapart.

 

LEMONDE.FR avec Reuters | 23.05.11 | 15h20  •  Mis à jour le 23.05.11 | 16h01

Deux jours après avoir publié le rapport de la Cour des comptes mettant en cause le rôle de Christine Lagarde dans l'affaire Tapie, le site Mediapart (ici, en payant) fait état de deux autres dossiers traités par la justice, et qui implique la ministre des finances. Autant d'éléments qui sont révélés au moment où la ministre apparait comme la favorite pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.

Le premier dossier, évoqué par le Mediapart, a déjà été jugé par le tribunal administratif de Paris, en défaveur de Mme Lagarde. "Dans le premier cas, la justice a conclu que la ministre avait agi de manière illégale en interrompant brusquement, fin 2009, une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) susceptible d'incriminer la société Euronext, gestionnaire de la Bourse de Paris. Le ministère a fait appel de la décision", explique le site d'information.

Le deuxième dossier devrait prochainement être jugé par le tribunal administratif de Paris, affirme Mediapart. Dans cette deuxième affaire, "Christine Lagarde est assignée devant le tribunal pour 'détournement de pouvoir' par l'une de ses anciennes collaboratrices". Cette collaboratrice, Lynda Asmani, qui était chargée de mission de communication à Bercy depuis 2002 et conseillère de Paris Nouveau Centre, a été licenciée le 30 juin 2010 affirme Mediapart : "elle estime avoir payé ses prises de position au sein de la majorité et juge que son licenciement est entaché d'illégalités".

Mediapart, qui s'appuie sur des "documents et témoignages", revient en détail sur le contenu des deux affaires. Le site d'information établit un parallèle entre l'affaire Tapie et l'enquête interdite sur la Bourse de Paris : "On voit un membre du gouvernement – Christine Lagarde dans les deux cas – suspendre par un éventuel abus de pouvoir le cours d'une procédure publique avec, en toile de fond, la défense d'intérêts particuliers."

Dans l'affaire Tapie, Christine Lagarde a accepté un arbitrage privé, qui a abouti en 2008 à l'attribution de 285 millions d'euros de fonds publics à Bernard Tapie. La ministre est visée par la possible ouverture d'une enquête judiciaire. Le gouvernement tente cependant de minimiser l'affaire, qualifiant de "rumeur" l'ouverture d'une procédure demandée le 10 mai par le procureur général de la Cour de cassation.

21/05/2011

La France pillée, chapitre 4 : vers une privatisation de notre République ?

La France pillée, chapitre 4 : vers une privatisation de notre République ?

Posted: 19 May 2011 09:57 PM PDT

Les Inrocks poursuivent la publication en cinq épisodes du rapport de l'association ANTICOR.

La 4ème livraison revient sur l’exécution des peines dans les affaires publiques, la dépénalisation des affaires et les facilités accordées aux lobbyistes.

Le rapport décortique l’actualité : vote d’amendements étrangement conciliants pour les grandes entreprises, naïveté des collectivités locales versus opacité des banques. Il est accompagné de recommandations, de propositions destinées au législateur comme aux collectivités locales.

Ce Manifeste « Anti pacte » sera à l’automne dans toutes les bonnes librairies.

Pour en savoir plus :

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/65299/...

20/05/2011

La jeunesse espagnole rêve de révolutions arabes

à lire sur MEDIAPART:

La jeunesse espagnole rêve de révolutions arabes PAR LUDOVIC LAMANT

Depuis le 15 mai, ils sont plusieurs dizaines de milliers à prendre d'assaut, chaque jour, des places publiques d'Espagne, pour dire leur ras-le-bol de leur classe politique, avant les élections de dimanche. Des jeunes «sans avenir» et «indignés» veulent soudain avoir leur mot à dire, dans la droite ligne des ébullitions venues d'Islande et du monde arabe.

Lire la suite

19/05/2011

Prescription des délits financiers : derrière la querelle juridique, la bataille de pouvoir (suite)

(suite)

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Prescription des délits financiers : derrière la querelle juridique, la bataille de pouvoir

Un article payant à lire sur :

Prescription des délits financiers : derrière la querelle juridique, la bataille de pouvoir 

Article publié le 14 Mai 2011
Par Franck Johannès

Source : LE MONDE
Taille de l'article : 694 mots

 Extrait :

La Cour de cassation doit décider si elle transmet cette question de droit au Conseil constitutionnel. Sous les débats policés de la Cour de cassation, se joue une sourde mais ardente bataille pour le pouvoir. Et l'audience, vendredi 13 mai, de l'assemblée plénière de la Cour est l'enjeu d'une passe d'armes décisive. La Cour doit examiner quatre questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sur la prescription. Trois d'entre elles, déposées par Me Jean-Yves Le Borgne sur les délits financiers, -touchent de près le procès Chirac. La quatrième a été déposée par Michel Fourniret, condamné à -perpétuité pour plusieurs meurtres et qui touche à la prescription -criminelle.

 

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Et aussi :

 

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14/05/2011

Économie: crise de la dette souveraine, une enquête judiciaire ouverte sur les agences de notation

lu sur :

http://www.rtbf.be/info/economie/detail_portugal-une-enquete-judiciaire-ouverte-sur-les-agences-de-notation?id=6074323

Le ministère public portugais a décidé d'ouvrir une enquête visant les trois principales agences de notation financière, à la suite d'une plainte pour "pratiques abusives" déposée par quatre économistes, a-t-on appris lundi auprès des services du procureur général de la République.

"L'enquête, instaurée sur la base d'une plainte de quatre économistes contre des agences de notation, a été ouverte le 3 mai", a précisé cette source à l'AFP, confirmant une information du quotidien Diario Economico.

Les services du procureur se sont refusés à tout autre commentaire, invoquant le "secret judiciaire".

Le 11 avril, quatre économistes portugais avaient porté plainte contre les agences Standard and Poor's, Moodys et Fitch, pour leur rôle dans la crise de la dette souveraine.

Dans leur plainte, les quatre économistes accusaient ces trois agences de "pratiques abusives" ayant provoqué de "graves dommages aux intérêts de l'Etat et du peuple portugais".

Fragilisé par un déficit record et une croissance structurellement atone, le Portugal a vu, depuis un an, la note de sa dette souveraine régulièrement abaissée par les agences de notation, provoquant l'envolée des taux d'intérêts des emprunts d'Etat.

Le 6 avril, au lendemain d'une nouvelle dégradation par l'agence Moody's, le gouvernement de José Socrates s'était résolu à demander l'aide de l'UE et du FMI pour éviter une rupture de financement. 

Le gouvernement réforme le code minier selon les souhaits des pétroliers

lu sur :

http://owni.fr/2011/05/11/le-gouvernement-reforme-le-code-minier-selon-les-souhaits-des-petroliers/

11/5/2011

Dans une lettre que s'est procurée OWNI, le lobby des pétroliers exigeait une réforme du code minier... que le gouvernement a scrupuleusement suivi pour modifier ce texte de loi!

Quand l’Amicale des foreurs écrit au Premier ministre pour qu’il réforme le code minier, elle le fait sans pincettes: dans une lettre du 6 septembre 2008 que s’est procurée OWNI, ce lobby des exploitants pétroliers demande d’assouplir dans des proportions considérables le texte de droit qui régit ses activités : …    

Première préoccupation des pétroliers: les demandes d’exploration ou d’exploitation bien trop longues, complexes et soucieuses de l’environnement. Reprochant les « études préalables longues et coûteuses » exigées par les autorités administratives, les foreurs ménagent néanmoins les sensibilités écologiques :….         

Pubmiée le 20 janvier dernier, l’ordonnance portant codification de la partie législative du code minier répond parfaitement aux exigences du lobby : alors que l’enquête publique préalable était auparavant laissée à l’appréciation des autorités locales, le nouveau code précise dans le chapitre II consacré aux permis exclusifs de recherche que « L’instruction de la demande ne comporte pas d’enquête publique ». Voilà un problème évacué sans s’encombrer de détail…..

Première difficulté rencontrée par le ministre: le code minier ne pouvait jusqu’ici pas être réformé par le gouvernement… L’astuce trouvée par Bercy consiste alors à ressortir une loi du 12 mai 2009 qui, au nom de « la simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures », permettait de modifier certains droits trop lourds par ordonnance. Pour ajouter le code minier à cette liste, le ministre insère discrètement au fin fond de la loi n°2010-1488, un article 28 élargissant les possibilités de réforme par ordonnance au fameux code minier.

Adoptée le 7 décembre 2010, cette nouvelle possibilité est utilisée par Eric Besson quelques semaines plus tard : le 19 janvier, sous prétexte de « simplification et clarification du droit », le ministre de l’Energie obtient en conseil des ministres l’adoption d’une ordonnance modifiant le code minier. Lequel est publié dès le lendemain au Journal officiel. La manœuvre aura pris un mois et demi et nécessité l’usage d’un « cavalier » et une procédure d’urgence pour la publication : un record !

Ce que la loi sur les gaz et huiles de schiste n’interdit pas              http://owni.fr/2011/05/11/ce-que-la-loi-sur-les-gaz-et-hu...

La loi sur les gaz et huiles de schiste avait d’abord vocation à « abroger les permis » de gaz et huiles non conventionnels accordés en France. Finalement, elle ne fera qu’interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures par la fracturation hydraulique. « Que ça », c’est déjà pas mal, estimeront certains : les débats à l’Assemblée nationale qui ont traîné jusqu’à une heure du matin passé mardi 10 mai ont accouché d’un compromis se concentrant sur la « fracturation hydraulique ». Or, c’est bien là que le bât blesse : la seule garantie de préservation de l’eau et de l’environnement tient dans ce mot. Au delà, les industriels retrouvent toute liberté.

La loi n’interdit pas les permis d’exploration ou d’exploitation des gaz et huiles de schiste… /   La loi n’interdit pas l’usage de techniques consistant à injecter de l’eau sous pression chargée de produits chimiques…/  La loi n’interdit pas l’exploitation d’hydrocarbures offshores…

La loi n’interdit pas l’exploitation des schistes bitumineux… /  La loi n’interdit pas l’expérimentation de « nouvelles techniques »…  /  La loi ne met pas en place de contrôle des conséquences écologiques de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels…

Un lobbyiste des gaz de schiste chez les députés                    http://owni.fr/2011/05/06/un-lobbyiste-des-gaz-de-schiste...

10/05/2011

Le tribunal arbitral pour Tapie : illégal ? (suite)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/05/10/affaire-tapie-le-parquet-demande-une-enquete-sur-christine-lagarde_1519552_823448.html#xtor=AL-32280308

Affaire Tapie : le parquet demande une enquête sur Christine Lagarde

Le procureur général près la Cour de cassation a demandé à la Cour de justice de la République (CJR) d'ouvrir une enquête pour "abus d'autorité" contre la ministre de l'économie.

LEMONDE.FR avec Reuters | 10.05.11 | 11h26  •  Mis à jour le 10.05.11 | 11h33

Le procureur général près la Cour de cassation a demandé, mardi 10 mai, l'ouverture d'une enquête pour "abus d'autorité" contre Christine Lagarde, concernant l'attribution de 285 millions d'euros de fonds publics à Bernard Tapie en 2008, qui avait mis un terme à l'affaire Adidas.

Jean-Louis Nadal, saisi par des députés socialistes, a demandé cette procédure contre la ministre de l'économie à la Cour de justice de la République (CJR). La commission des requêtes de la CJR, une instance de trois magistrats, tranchera.

Le dossier porte sur la revente d'Adidas en 1993, dans laquelle l'homme d'affaires Bernard Tapie se disait floué par le Crédit lyonnais. A l'initiative de Christine Lagarde, l'Etat avait abandonné la voie judiciaire, où il avait pourtant gagné en cassation, pour s'en remettre à un arbitrage privé.

Europe : Bruxelles veut éliminer services publics et droits sociaux

lu sur :

http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article146

Grande braderie sur les droits sociaux en Europe


Le processus d’adoption de la nouvelle « gouvernance économique » fait son chemin. Du côté du Conseil, le « Pacte pour l’euro » engage les gouvernements sur la voie de politiques d’austérité renforcées. Le Parlement européen devra quant à lui se prononcer début juin sur le paquet de « gouvernance économique » qui comprend les principales mesures du nouveau dispositif.

Grande braderie sur les droits sociaux en Europe

Pour ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton, la « gouvernance économique », en deux mots, c’est cet ensemble de mesures qui renforcent la surveillance et les contraintes sur les dépenses et l’endettement publics (voir : l’UE-topie des marchés, par le Corporate Europe Observatory).

Concrètement, ce renforcement de l’« orthodoxie » budgétaire devrait s’accompagner mécaniquement de son lot de mesures d’austérité dans tous les pays de l’UE : réduction de l’emploi public, avec éventuellement blocage des salaires, coupes dans les services publics et privatisations, réductions des pensions et financiarisation des retraites, réformes du droit du travail pour faciliter les licenciements, mise en place d’une fiscalité « business friendly »…

Mais si les plans d’austérité font le malheur des populations, ils ont tendance à faire rougir de plaisir les marchés financiers. Or que ne ferait-on pas pour ces pauvres banquiers et investisseurs, scandaleusement présentés comme les responsables de la crise, et jetés à la vindicte populaire ? Heureusement, les instigateurs de la nouvelle gouvernance économique, Commission et gouvernements européens, n’ont pas cédé pas au populisme ; car d’aucuns voulaient les mettre à contribution, et que leurs pratiques - certes parfois audacieuses - soient sévèrement encadrées. Voire, que leurs créances soient restructurées.

Non ; les dirigeants européens, dans leur sagesse jean-monnesque, ont bien saisi les causes de la crise de la dette : salaires trop élevés, services publics sur-subventionnés et inefficaces, systèmes de protection sociale trop « archaïques » et droit du travail pas assez « flexible ». Du coup histoire d’être sûr que ces salauds de fonctionnaires, de syndicalistes et d’assistés ne nous fassent pas replonger une seconde fois dans la crise, ils ont prévu des sanctions pour les gouvernements qui ne se plieraient pas à la « discipline » de la nouvelle gouvernance économique.

La question qui restait en suspens, c’était de savoir dans quelle mesure serait partagée cette conclusion certes audacieuse, mais pas forcément à la portée du péquin moyen. Fort heureusement depuis Bruxelles, il est toujours plus facile de la mettre à l’envers, en loucedé, aux salauds de fonctionnaires, d’assistés et de syndicalistes, toujours prompts à dégainer leurs mouvements sociaux sur la scène nationale. La jouer discrète, et exit les fâcheux, donc.

Restent les parlementaires européens. Ceux-là ne sont pas farouches. Et si les belles expertises, et toute la conviction des lobbyistes (incrustés au Parlement européen comme des moules sur un rocher), ne suffisent pas à se les mettre tous dans la poche, il reste que la majorité du Parlement européen penche vers la droite ; or par coïncidence de ce côté là de l’échiquier politique, on ne voit pas du tout d’un mauvais œil qu’on fiche quelques coups de pieds au cul bien placés à l’Europe d’en bas.

De fait, les amendements aux propositions de la Commission qui ont été votés le 19 avril par le comité des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont même renforcé certaines dispositions contraignantes de surveillance des budgets, tout en laissant délibérément de côté la question de la régulation financière. Au point que les Verts et le Parti socialiste européen, au risque de rompre avec le « consensus » cher aux institutions européennes (ce qui est très sale et malpoli, vous en conviendrez), se sont finalement opposés à l’adoption des rapports d’amendement.

De leur côté, au Conseil européen du 24 mars, les gouvernements se sont mis d’accord sur un « Pacte pour l’euro ». Celui-ci définit les grandes lignes de la future « gouvernance économique », qui devrait principalement viser à [1] :

- S’assurer d’une diminution du coût unitaire de la main d’œuvre (ça s’appelle la « compétitivité » chez les gens bien élevés, la « nique aux salariés » chez les autres)

- Réformer le droit du travail et le marché du travail pour plus de flexibilité et réduire les charges fiscales sur l’emploi (grosso modo : moins d’impôt pour les riches, plus de pression au travail sur les pauvres)

- Assainir les finances publiques (saisis : les riches paient moins d’impôts, donc il faut trouver de l’argent ailleurs... juste un petit coup de canif dans ton assurance maladie et ta retraite)

- Assurer la stabilité financière (non, non tu t’égares. On va pas surveiller les banquiers et les marchés financiers. On va surveiller les dépenses publiques... qui sont responsables de la crise, quoi ! Faut suivre, un peu)

En attendant la mise en œuvre des dispositions de gouvernance économique, en cours de ratification, les gouvernements se sont livrés au cours du sommet à une sorte de braderie des droits sociaux, chacun étant sommé d’apporter sur la table les mesures d’austérité qu’il a d’ores et déjà pris et qu’il pourrait prendre à court terme dans son pays. Côté français, Sarkozy n’a pas été en reste, il a notamment proposé l’inscription dans la Constitution du principe d’équilibre des budgets publics, et l’application de la réforme des retraites votée fin 2010 [2]. Ce à quoi il aurait pu ajouter la suppression 31000 postes de fonctionnaires en 2011 (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux), et la non-indexation des salaires des fonctionnaires [3].

Désormais, la balle est du côté du Parlement européen. Celui-ci devrait se prononcer en session plénière, du 6 au 9 juin à Strasbourg, sur le paquet de « gouvernance économique », dans des conditions assez exceptionnelles : le principe d’une procédure accélérée d’adoption ayant été actée au forceps par la majorité de droite au sein du comité ECON, les représentants des partis européens vont négocier avec le Conseil - de manière tout à fait opaque - un texte qui pourra être adopté en plénière.

Il y a fort à parier, vu la composition du Parlement européen, que le texte sera bel et bien adopté en plénière début juin, même sans le soutien des sociaux-démocrates et des verts. Ceux-ci se retrouvent cependant au pied du mur, devant deux options : d’une, épouser délibérément et explicitement les contours d’un néolibéralisme le plus brutal et le plus accompli. De l’autre, s’engager sur la voie d’une rupture qui remette en question certains réflexes automatiques vis-à-vis de la construction européenne.

Un autre enjeu concerne l’émergence d’une véritable mobilisation populaire dans les pays européens, face à ce que le président de la Commission appelle lui-même une « révolution silencieuse [4] ». Face à cette révolution, il est essentiel d’allumer des contre-feux. Et d’organiser, au plus tôt, une véritable contre-offensive coordonnée à l’échelle européenne.

Julie Morange

PS : Le Corporate Europe Observatory et le réseau des Attac d’Europe organisent une pétition à destination des députés européens pour les enjoindre à voter contre la nouvelle « gouvernance économique » européenne. Ça se passe ici : http://www.france.attac.org/non-au-...

[1] Cf. Engagements politiques concrets et suivi, Conclusion du sommet de la Zone Euro du 11 mars 2011, http://www.consilium.europa.eu/uedo...

[2] http://bruxelles.blogs.liberation.f...

[3] http://dessousdebruxelles.ellynn.fr...

[4] Le Président de la Commission européenne, Barroso, à l’European University Institute, Juin 2010, cité par le Corporate Europe Observatory

09/05/2011

Sophie Scholl (la “Rose blanche”) aurait aujourd’hui 90 ans.

09/05/2011 

Sophie Scholl (la “Rose blanche”) aurait aujourd'hui 90 ans

Sophie Scholl, née le 9 mai 1921, aurait aujourd’hui lundi exactement 90 ans. Elle en avait 21 quand elle fut exécutée par les nazis le 22 février 1943 à Munich, en raison de son engagement avec son frère Hans dans le réseau antinazi non-violent La Rose blanche.

Seuls les jeunes meurent jeunes.

Si elle avait survécu jusqu’à nos jours, elle serait peut-être aujourd’hui une grand-mère respectée et admirée, dispensant sa sagesse aux jeunes générations comme Raymond Aubrac, Stéphane Hessel et tant d’autres héros.

Comme personnalité tutélaire de la démocratie chrétienne, peut-être qu’elle appellerait la Commission européenne à ne plus renier les conquêtes sociales et les idéaux antifascistes de l’après-guerre, et à tenir tête aux diktats des marchés financiers, provocateurs de misère, de désordre établi, de désespoir, de racisme, de guerre.

Une pensée pour elle, pour son frère et pour ses camarades de la résistance allemande.

lien : La Rose blanche - Wikipédia 


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Le tribunal arbitral pour Tapie : illégal ?

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/09/l-affaire-tapie-rebondit-au-conseil-d-etat_1519023_3224.html#xtor=AL-32280308

L'affaire Tapie rebondit au Conseil d'Etat

publié le 09 mai 2011 à 11:55

Dans une "phase préalable de tri" des recours, le Conseil d'Etat n'a pas "écarté le recours" déposé par M. de Courson, qui bataille contre la décision d'un tribunal arbitral, juridiction privée, qui a réglé en juillet 2008 le litige opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais en obligeant l'Etat à verser 285 millions d'euros à M. Tapie

La décision du tribunal arbitral qui a réglé le litige opposant Bernard Tapie au Crédit lyonnais n'est pas définitivement acquise. Le Conseil d'Etat a accepté d'examiner un recours du député Nouveau Centre Charles de Courson contre la procédure. Dans une "phase préalable de tri" des recours déposés devant eux, au cours de laquelle le sérieux des dossiers est examiné, les Sages "n'ont pas écarté le recours" déposé par M. de Courson, a indiqué la haute juridiction, confirmant une information du Figaro.

Le recours a été admis dans les pourvois en cassation auprès du Conseil d'Etat et transmis à sa section du contentieux en vue de son instruction, avant une décision dans un sens ou l'autre. Le député, qui appris la nouvelle vendredi, l'a accueillie "positivement". "La probabilité que le recours soit déclaré recevable est plus élevée" désormais, même si le Conseil d'Etat "peut toujours infirmer" la décision prise à l'issue du premier examen, a-t-il expliqué. M. de Courson bataille contre la décision d'un tribunal arbitral, juridiction privée, qui a réglé en juillet 2008 le litige opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais en obligeant l'Etat à verser 285 millions d'euros à M. Tapie. Il estime qu'elle n'est juridiquement pas valable car elle n'a pas reçu l'aval du Parlement. "C'est une question de principe, de respect des droits du Parlement", a-t-il souligné.

La décision du tribunal arbitral avait soulevé une vive polémique dans le monde politique, avant de rebondir en septembre 2010 lorsque Le Canard enchaîné avait affirmé que M. Tapie empocherait effectivement 210 millions d'euros de l'Etat, et non de 20 à 50 millions comme l'avait assuré la ministre de l'économie, Christine Lagarde, en 2008, en expliquant qu'il fallait déduire intérêts, impôts et dettes diverses. En décembre 2010, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté un recours de Charles de Courson et de deux contribuables demandant l'annulation de l'arbitrage. Mais en février, la Cour des comptes a jugé qu'il n'était pas conforme au droit, estimant que l'Etat aurait dû interroger le Parlement et qu'il y a donc eu "un défaut d'autorisation législative".

08/05/2011

La Syrie en 1982

lu sur :

http://www.liberation.fr/monde/01012335937-le-bain-de-sang-d-al-assad-pere

Le bain de sang d’Al-Assad père

Dans les archives de «Libé», il y a vingt-neuf ans. Début 1982, le régime écrase un soulèvement dans la quatrième ville du pays, tuant près de 20 000 personnes. Notre reporter fut l’un des rares étrangers à pénétrer dans la cité. Et à témoigner. 

Par Sorj Chalandon (Libération du 1er mars 1982).

Cette fois le carnage dépasse tout. Le frère du Président insiste pour que ses Panthères roses (les hommes d’El-Assad) partent en première ligne, mais Assad refuse. Il tient à les conserver à Damas au cas où la révolte prendrait de l’ampleur. Par contre, il envoie les parachutistes, les blindés, et l’artillerie à l’assaut de la ville. Les révolutionnaires islamiques assurent que le gouvernement a envoyé quatre vagues d’assaut et que chaque vague a eu près de deux cents tués. Les chars attaquent à leur tour. Environ 10 000 hommes de troupe commencent lentement le nettoyage de la ville […] Les morts se comptent par centaines puis par milliers dès les premières heures. Accompagné d’un guide, dignitaire religieux, nous allons de maison en maison. Des familles en larmes, des cadavres traînés par les pieds ou portés sur les épaules. […]

Hama et Hama seule s’est soulevée réellement. Partout ailleurs, il y a quelques flottements des tracts distribués, une bombe à Homs mais aucun combat véritable. Dès le premier jour, la présidence de la République a été inondée par les messages de soutien venus de tout le pays. Syndicats, dignitaires sunnites, villages et villes entières ont écrit des télégrammes de loyauté fidèlement reproduits par la presse du Baas. A Damas, à Alep, des centaines de passants arborent le badge du Président. Un homme nous croise. Le religieux me le présente. Lui est docteur. En toute hâte, il me donne quelques feuilles et me traduit des noms de victimes. «Combien de morts ? Aucune idée, pas moins, de 8 000 ou 10 000. On en a vu partout, enterrés à la hâte, emmenés par les familles brûlés sur place à l’essence. Tenez, pour que tout le monde sache : Moustafa Chamié, Tarek Abdenoun, Adieb Sabah…»

Le religieux m’entraîne et le médecin traverse la rue en courant. Nous sommes séparés par une colonne de fumée noire.

Quand Damas, a vu le carnage, il a lancé les hommes de Rifaat al-Assad en première ligne, et ceux-ci vont entreprendre une reconquête de la ville méthodique et sauvage. Des hommes et des femmes sont alignés contre les murs et fusillés, des voitures pleines incendiées, des suspects torturés.

Nuit blanche. Le fief islamique respire doucement sous le tonnerre, les cris et les fusées éclairantes. Impossible d’imaginer qu’à 200 kilomètres de là, Damas sort tranquillement de la torpeur hivernale et qu’à 130 km, Alep s’endort au rythme du cri des vendeurs de graines et d’épices. Au matin, j’ai pris mon congé. Le religieux m’a assuré que la ville allait tomber et que me rendre aux gouvernementaux était la meilleure solution. Pas le choix. Les mains en l’air, avec mon sac à bout de bras, j’ai marché vers les gouvernementaux. Pas longtemps, à peine trois cents mètres. Ils étaient déjà là, enfonçant les portes. Il y en a eu un, puis deux, hurlant pour que je me couche à terre. J’attendais, je souhaitais les réguliers mais c’était les Panthères roses.

La Dodge est une des voitures les plus inconfortables qui soient surtout lorsque vous êtes couché sur le ventre avec un homme assis sur vous et un pistolet planté dans la nuque. Par la toile verte, déchirée, une ville hallucinante et un spectacle de guerre véritable. Les soldats sont partout, les Panthères accrochées à leurs basques comme pour leur donner du courage. Ce sont elles qui marchent en première ligne, elles qui ratissent, pillent, bloquent les accès à toutes les rues, contrôlent les identités, commandent même les réguliers. […]

Dans la Dodge, le chauffeur, trois Panthères et moi. Je m’oblige à répertorier. Les chargeurs de kalachnikovs vont par trois, tête bêche, entourés avec du chatterton rouge. Ce sont les civils qui m’inquiètent le plus et ce sont eux qui me réceptionnent. […]

Un désert en bordure de Hama, vers l’Est. Toiles de tentes, véritable camp militaire improvisé, des chars recouverts de bâches et des hommes qui dorment. La guerre est déjà loin. Impression de fin de bataille et d’être incontestablement aux mains des vainqueurs. On m’enlève les chaussures et je rejoins un petit groupe d’hommes assis, les mains sur la tête. A part un coup de crosse dans la nuque et un coup de pied dans le bas-ventre, aucune violence ni menace. Je suis plus encombrant que prisonnier. Un civil parlant le français vient me voir. Il a fouillé mon sac et y a trouvé une série de notes sur des pages qui ont eu la bonne idée de s’orner de monuments, de détails archéologiques. Je lui débite mon histoire. Il regarde la ville qui fume en tapotant mon passeport. Je ne l’intéresse pas. Pour lui l’essentiel était d’écraser la révolte et il m’assure que c’est fait. Il parle avec moi trois mots de français, des gestes. 1l me dit que les Frères musulmans ont égorgé femmes et enfants, massacrant des populations entières alors il a fallu intervenir mais la Syrie est la plus forte. Tout cela est manipulé par l’étranger, l’Amérique, le sionisme, l’Irak et la Jordanie. Quant à son armée, il assure que les pertes sont minimes. Il va être démenti par la radio officielle qui parlera pour la première fois - fait rarissime en Syrie - de «pertes énormes pour les troupes du parti Baas» . Au milieu de la nuit, le civil revient me voir avec un grand sourire, un journal à la main. Il me demande d’ôter mes mains de la tête et me parle de Claude Cheysson : «Un grand homme, la France est un grand pays.» Et il m’explique que le ministre des Relations extérieures a condamné l’annexion du Golan et a déclaré que seule l’OLP devait être considérée comme interlocuteur valable. Le lendemain, les hommes de Rifaat m’ont accompagné sur la route qui contourne Hama. Encore quelques heures avant que n’apparaisse, superbe, le bus de la compagnie de luxe Karnak.

Un mélange d’effroi et de vide. Effroi en me souvenant des paroles du religieux. Selon lui, la population sunnite de Hama va être systématiquement remplacée par les populations alaouites pauvres des environs. Et vide en m’apercevant que pas une seule fois, durant ces jours et ces nuits passés à Hama, le muezzin n’a appelé les fidèles à la prière, comme si les minarets eux-mêmes s’étaient recroquevillés. 

07/05/2011

Travailler plus pour vivre moins bien

lu sur :

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Resistance-face-au-travail-du-dimanche-_NG_-2011-05-05-613054

En tout, 30 périmètres d’usage de consommation exceptionnel (Puce) et huit nouvelles communes touristiques ont été autorisés.

De nombreuses résistances se sont organisées pour limiter l’extension du travail du dimanche.

On les appelle les « guerrières du dimanche ». À la fin de cette semaine, ce sera le 81e dimanche consécutif que Corinne Pointet et cinq de ses collègues de La Réole, en Gironde, crient haut et fort leur refus de travailler ce jour-là. 

En se mettant en grève quand leur employeur, Ed, qui ouvre le dimanche matin depuis octobre 2009, les inscrit sur le planning, ou en manifestant devant le parking du magasin. « Je travaille déjà le samedi. Le dimanche est le seul jour où on peut programmer des activités en famille », explique cette déléguée CGT, également présidente du comité des fêtes de sa commune. Le 14 avril dernier, la cour d’appel a débouté Ed en estimant que cette occupation n’empêchait pas la fréquentation du magasin. 

Mais, reprend Corinne Pointet, « ça ne change rien, on continue. Jusqu’en 2012 ou plus, s’il le faut. Nous, ce qu’on veut, c’est changer la loi pour garantir le volontariat de tous les salariés présents ce jour chômé. »

Convaincre les supermarchés de renoncer

 À La Réole, la détermination a pris la forme du « village gaulois », plaisante Bruno Marty. À 38 ans, ce professeur de mathématiques, également élu de la commune, peut être content. Au centre d’une mobilisation citoyenne rejointe par les élus et les syndicats, il a convaincu en moins de six mois deux supérettes de renoncer à leur ouverture dominicale.

« Chez nous, explique-t-il, beaucoup de petits commerces accueillent des clients ce jour-là. Si les grandes surfaces s’y mettent, c’est fini pour eux. » Alors quand, en octobre, l’Intermarché du coin tente l’ouverture, 4 800 tracts sont distribués dans les boîtes à lettres.

Le retour aux résistances

100, puis 200 personnes se rassemblent le dimanche devant le magasin, convainquant l’enseigne de renoncer. Le scénario se répète en avril avec Leader Price : là, ce sont 200, puis 330 personnes, qui manifestent devant la supérette, laquelle décide à son tour de se replier sur la semaine.

« Alors qu’il y a deux ou trois ans, les mentalités étaient devenues un peu fatalistes, on assiste à un retour des résistances », affirme Jean Dionnot, président du Collectif des amis du dimanche.

« En 2010 on a observé, notamment à Paris, une multiplication des ouvertures de supérettes, en particulier des ouvertures illégales le dimanche après-midi », explique Éric Scherrer, secrétaire général du syndicat Seci-CFTC. Mais on a attaqué en intersyndicale une quarantaine de supérettes devant la justice et on s’apprête à recommencer, ça calme un peu les choses. »

Une dérogation pour les magasins de meubles

L’inspection du travail, de son côté, a produit 74 procès-verbaux d’infractions en 2010, dont sept ont déjà abouti à des condamnations à verser des astreintes.

Reste que plusieurs libéralisations de la législation ont bien eu lieu, ouvrant la brèche à l’extension légale du travail dominical pour de nombreux salariés du commerce. La première est intervenue avec l’amendement Debré, du nom de la sénatrice UMP qui a introduit dans la loi Chatel du 3 janvier 2008 une mesure permettant à tous les commerces de meubles d’ouvrir tous les dimanches. 

Mesure qui avait provoqué un tollé. Mais, explique-t-on chez Ikea, « seuls nos magasins de la région parisienne le font. En province, nous ouvrons entre trois et dix dimanches par an, si un accord est signé. Et il y a des régions, comme la Bretagne, où nous restons fermés. »

Quant à la fameuse loi Mallié du 10 août 2009, qui autorise désormais ce travail dominical dans tous les établissements des zones touristiques, au lieu des seuls commerces de loisirs auparavant, et dans les « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » (Puce), elle ne semble pas avoir abouti à une forte augmentation des travailleurs réquisitionnés ce jour-là. 

Des évolutions bientôt listées dans un rapport

Si le comité parlementaire chargé de tirer le bilan de la loi, présidé par Pierre Méhaignerie – député UMP à la tête de la commission des affaires sociales à l’Assemblée – ne rendra pas son rapport avant l’été, la Direction générale du travail (DGT), elle, a déjà une comptabilité précise des évolutions.

Selon les derniers chiffres officiels du ministère du travail, en 2009, avant la loi, près de 28 % des salariés travaillaient le dimanche, dont 12 % de façon habituelle. 

Depuis, « trente Puce ont été créés, essentiellement en région parisienne, ce qui représente entre 10 000 et 15 000 salariés supplémentaires, 15 demandes ont été rejetées et une vingtaine de dossiers sont en instance », explique-t-on à la DGT. « Les préfets ont été assez sages pour refuser toute création là où il n’existait pas d’habitude de consommation avant la loi », se félicite le député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié, auteur du texte. 

« Ils ont légalisé tous ceux qui, avant, étaient dans l’illégalité. Le centre commercial Thiais Village (Val-de-Marne) par exemple, qui ouvrait alors qu’il n’en avait pas le droit, a eu un Puce, tandis que Belle Épine, qui respectait la loi, n’en a pas eu, confirme le syndicaliste Éric Scherrer. En revanche, des Puce se sont créés juste sur le périmètre d’un magasin Leroy Merlin. »

 « Une vraie guérilla juridique »

De fait, nombre de ces nouveaux Puce font face à une vraie guérilla juridique, orchestrée en particulier par la CFTC et Force ouvrière. Me Vincent Lecourt, avocat de FO, s’occupe d’une cinquantaine de contentieux liés à l’ouverture dominicale. 

« J’ai attaqué tous les Puces du Val-d’Oise et d’autres, comme celui de Family Village à Aubergenville (Yvelines), commune qui n’appartient pas aux communes définies par la loi. »

Quant aux zones touristiques, où l’extension à tous les établissements de la possibilité du travail dominical « peut potentiellement concerner 200 000 nouvelles personnes » selon la DGT, huit nouvelles communes ont bénéficié d’un classement. Et cinq autres municipalités se sont vu accorder de nouvelles zones.

Des interrogations sur « l’élargissement progressif des dérogations »

Au total, on compte désormais 575 communes touristiques et 39 communes ayant une ou plusieurs zones touristiques. Mais à Paris, où la Chambre de commerce avait plaidé pour une très large extension des sept zones touristiques existantes, la mairie a opté en juin 2010 pour le statu quo, calmant les ardeurs des militants du septième jour travaillé.

Pour autant, le match n’est pas clos. En avril 2010, la Commission des experts de l’Organisation internationale du travail, saisie par Force ouvrière, a épinglé la France, s’interrogeant sur « l’élargissement progressif des dérogations autorisées » et demandant au gouvernement de « spécifier de quelle manière est assurée l’existence d’un minimum de garanties pour les travailleurs employés le dimanche en termes de volontariat et de contreparties ». 

Une question qui, selon certaines sources, pourrait bien être examinée de près lors de la 100e session de la Conférence internationale du travail, organisée en juin prochain.

NATHALIE BIRCHEM    

L'avenir de l'hôtel de la Marine à Paris: une affaire à suivre

lu sur :

http://www.lepoint.fr/culture/l-hotel-de-la-marine-n-est-plus-a-vendre-05-05-2011-1327421_3.php

L'hôtel de la Marine n'est plus à vendre (*)

Le Point.fr - Publié le 05/05/2011 à 19:49 - Modifié le 06/05/2011 à 16:37

Giscard d'Estaing, président de la commission sur l'avenir du monument, a demandé à Bercy de mettre fin à l'appel à projets dont il était l'objet.


source AFP

Le ministère du Budget a mis fin à l'appel à projets sur l'hôtel de la Marine, à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, président de la commission chargée de réfléchir à l'avenir de ce bâtiment situé place de la Concorde à Paris, a-t-on appris jeudi auprès de Bercy. L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a demandé au ministre du Budget François Baroin de mettre fin à l'appel à projets "afin de pouvoir auditionner d'éventuels candidats sans risque juridique d'interférence avec la procédure en cours", a indiqué le ministère. "Le ministre a décidé de donner une suite favorable à cette demande", a ajouté Bercy, confirmant une information du site La Tribune de l'Art. "Jusqu'à présent, nous nous étions interdit d'auditionner des ex-candidats" à la reprise de l'hôtel de la Marine, a expliqué un membre de la commission.

Jeudi, la commission, au complet, a pu entendre l'homme d'affaires Alexandre Allard venu défendre son projet controversé accompagné de son conseiller, l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, et de l'architecte Jean Nouvel. Le projet Allard a suscité un vif émoi chez les militaires, les défenseurs du patrimoine et des historiens, comme Pierre Nora.

Rapport avant l'été

Soucieux de désamorcer la polémique, Nicolas Sarkozy a annoncé en janvier la création d'une commission indépendante sur le devenir de l'hôtel de la Marine. Début février, le chef de l'État en a confié la présidence à Valéry Giscard d'Estaing, qui avait fermement pris position pour que l'État ne se défasse pas de ce bâtiment.

Ancien garde-meuble de Louis XV, l'hôtel particulier du XVIIIe siècle, entièrement classé, est actuellement occupé par l'état-major de la marine qui doit le quitter fin 2014 pour rejoindre Balard dans le 15e arrondissement.

Un appel à projets "en vue de l'occupation, la mise en valeur et l'exploitation" de l'hôtel de la Marine avait été lancé le 27 novembre par le ministère du Budget. L'idée de départ du gouvernement était de conclure un bail de très longue durée (60 à 80 ans) avec des groupes privés chargés de l'exploiter.

La commission, qui mène une série d'auditions, a déjà entendu notamment les responsables du Mobilier national et du musée des Arts décoratifs. Le chef de l'État a demandé à Valéry Giscard d'Estaing de lui remettre un rapport avant l'été.

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(*) mon commentaire : ce titre est ne signifie pas que les projets de le vendre sont abandonnés.

06/05/2011

Affaire Bettencourt : les pièces visant la juge pour violation du secret professionnel annulées

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/affaire-bettencourt-les-pieces-visant-la-juge-pour-violation-du-secret-professionnel-annulees-06-05-2011-1327593_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20110506

Affaire Bettencourt : les pièces visant la juge pour violation du secret professionnel annulées 

Source AFP

La saisie de ces pièces était contraire aux dispositions de la loi du 4 janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a annulé les pièces saisies l'an dernier par le parquet de Nanterre dans une procédure pour violation du secret professionnel visant la juge d'instruction Isabelle Prévost-Deprez, a-t-on appris, vendredi, de source judiciaire. Dans un arrêt rendu jeudi et révélé vendredi par Le Monde, la chambre de l'instruction, suivant ainsi les réquisitions du parquet général, a annulé les pièces sur lesquelles reposait l'instruction : des factures de téléphone portable de journalistes de ce quotidien, au motif que leur saisie était contraire aux dispositions de la loi du 4 janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes.

Une enquête pour violation du secret professionnel avait été ouverte en septembre 2010 par le procureur de la République de Nanterre Philippe Courroye, qui de notoriété publique s'entendait mal avec Mme Prévost-Deprez, à la suite d'une plainte de l'avocat de la milliardaire Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman. Celui-ci voulait dénoncer la manière dont une perquisition menée chez Mme Bettencourt par la juge, dans le cadre de son instruction pour "abus de faiblesse" visant le photographe François-Marie Banier, avait pu se trouver relatée avec précision dès le lendemain dans le journal.

La plainte déposée par Me Kiejman reste valide, et les deux juges bordelais désormais en charge de cette affaire (tous les dossiers Bettencourt ont été dépaysés à Bordeaux par la Cour de cassation le 17 novembre) peuvent théoriquement relancer les investigations, mais l'hypothèse la plus plausible semble que, privés des éléments de preuve éventuelle que constituaient ces factures, ils clôturent le dossier par un non-lieu.