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31/01/2011

Les professionnels de la politique et les citoyens

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/31/les-francais-sont-sans-illusions-sur-les-elus-et-leurs-promesses_1473206_823448.html

 

LEMONDE.FR | 31.01.11 | 14h39  •  Mis à jour le 31.01.11 | 15h11


Les Français sont moroses, et font de moins en moins confiance à leurs dirigeants pour résoudre leurs problèmes. Le phénomène n'est certes pas nouveau, mais il s'accentue dans des proportions inquiétantes. C'est ce que révèle le dernier baromètre sur la "confiance en politique", réalisé par OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et l'Institut Pierre-Mendès-France. Une étude conduite du 7 au 22 décembre 2010 auprès de 1501 personnes âgées de plus de 18 ans, et dont Le Monde publie les résultats en exclusivité.

Trois grandes idées principales sont à retenir de cette étude. La première est donc l'aggravation du sentiment de défiance. Dans un contexte général de"déclin des institutions", pour paraphraser le sociologue François Dubet, les partis politiques sont particulièrement visés. Et, à quinze mois de l'élection présidentielle, un chiffre devrait faire réfléchir les politiques : plus d'un Français sur deux ne fait confiance ni à la droite ni à la gauche pour résoudre ses problèmes.

 

UN BESOIN CROISSANT DE PROTECTION


Autre phénomène frappant, et c'est le deuxième point à retenir, le discrédit affecte aujourd'hui tout particulièrement les élus locaux. S'ils conservent une cote de confiance plus élevés que le président de la République ou le premier ministre, celle-ci baisse de façon plus significative.

Troisième idée, enfin : le besoin de plus en plus fort de "protection" : dans une société hantée par la peur du " déclassement " ou du "descenseur social", les Français attendent de plus en plus de leurs élus qu'ils les protègent. Cet appel au protectionnisme est à la fois économique et culturel. 59% des Français pensent ainsi qu'il y a trop d'immigrés en France, soit 10% de plus qu'en 2009. Le fait que ce sentiment soit devenu majoritaire chez les jeunes, les diplômés et les "sans religion", autrement dit au sein de l'électorat traditionnel de la gauche, est sans doute l'un des résultats les plus préoccupants de cette enquête, en particulier pour le Parti socialiste.

 

Lire l'intégralité de l'article dans l'édition Abonnés du site et dans Le Monde daté du 1er février et disponible dans les kiosques ce lundi à partir de 14 heures.


Thomas Wieder

 

 

29/01/2011

La critique du rapprochement gendarmerie/police

lu sur :
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/matelly-la-gendarmerie-ne-lache-rien-12-01-2011-1284786_53.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20110113

Le Point.fr - Publié le 12/01/2011 à 20:23

Matelly : la gendarmerie ne lâche rien

Réintégré à son poste par le Conseil d'État, le commandant fait l'objet de nouvelles poursuites.

 Par Jean Guisnel

En mars 2010, Nicolas Sarkozy signait un décret tout à fait exceptionnel de radiation des cadres à l'encontre du chef d'escadron de gendarmerie Jean-Hugues Matelly. Motif : manquement à son obligation de réserve. Cet officier supérieur n'avait pourtant commis aucune bavure, ni provoqué aucun scandale : il avait publiquement critiqué le rapprochement police/gendarmerie. Rien de plus, rien de moins. Mercredi, le Conseil d'État a remis les pendules à l'heure : la plus haute instance française de justice administrative a annulé le décret du président de la République, en des termes durs : "Les propos tenus (par Jean-Hugues Matelly) fin 2009 constituaient une critique de fond, sous la forme d'une défense de la gendarmerie, formulée en termes mesurés et sans caractère polémique. En outre, l'excellente manière de servir de l'intéressé était attestée par les notations produites au dossier. En faisant le choix de la mesure la plus lourde, équivalente à un licenciement, alors qu'elle disposait d'un éventail de sanctions larges (...), l'administration a prononcé à l'encontre de cet officier de gendarmerie une sanction manifestement excessive."

Après un premier examen de l'affaire en avril dernier, le Conseil d'État avait déjà contraint la gendarmerie à rendre à Jean-Hugues Matelly la solde qui lui avait été supprimée ainsi que son logement de fonction. Depuis, l'officier n'avait pas été réintégré dans ses fonctions et ne s'était vu attribuer aucun travail. C'est cette position à laquelle le Conseil d'État met aujourd'hui fin, et la Direction générale de la gendarmerie nationale a indiqué dans un communiqué : "Conformément à cet arrêt, l'intéressé sera réintégré au sein de la gendarmerie."

Nouvelle procédure

Pourtant, l'affaire n'est pas finie. Dans son arrêt, le Conseil d'État remarque que l'officier ne s'est pas conformé au devoir de réserve défini par l'article L. 4121-2 du Code de la défense : "Les propos tenus par l'intéressé ayant dépassé cette réserve, ils constituaient une faute professionnelle justifiant une sanction disciplinaire." La Direction de la gendarmerie n'allait pas laisser passer une telle occasion et a donc annoncé "une nouvelle procédure disciplinaire en raison de la faute commise". Défenseur de Jean-Hugues Mattely, l'avocat William Bourdon suggère aux supérieurs de l'officier d'ouvrir "un dictionnaire aux pages des mots paix et apaisement" et de "renoncer à leur logique d'acharnement et de harcèlement"

L'autre problème que soulève l'arrêt du Conseil d'État, c'est qu'il ne dit pas un mot du statut de chercheur en sociologie, affilé au CNRS et spécialiste des questions de sécurité publique, de Jean-Hugues Matelly. S'il est éventuellement compréhensible - chez les esprits obtus - de demander à un militaire en service de s'abstenir de faire état de ses réflexions sur les décisions de ses chefs, cela le devient beaucoup moins quand un officier est un chercheur. Parfaitement autorisé à exercer ses talents incontestés dans l'université, Matelly peut-il être interdit de publier quoi que ce soit qui ne recevrait pas l'agrément préalable du directeur de la gendarmerie ou du chef des armées ? Non, bien sûr... Il y a là une difficulté de fond que les armées feraient bien de prendre en considération ! 

Communiqué de l'association "Pour une constituante"

L’appel à une Constituante en France est devenu une figure imposée des discours de Jean-Luc Mélenchon. Promis, juré, il en convoquera une lorsqu’il sera Président. La Constituante, vue par lui, dépend donc de son élection à la tête de l’Etat.

Ce type d’attitude - au-delà des stratégies personnelles de celui qui l’adopte – dénature dangereusement l’idée de Constituante et la met en péril. En effet, elle la transforme en slogan électoral soumis aux tractations d’appareils et aux négociations d’entre deux tours avec des partis qui n’en n’ont cure. Destinée à permettre au peuple de reconquérir sa souveraineté, elle devient ainsi l’objet du bon vouloir d’un président qui – si tant est qu’il est élu -, tel Louis XVIII octroyant une charte aux Français, leur redonnerait une liberté qu’il pourrait ensuite moduler.

Depuis des décennies, la démocratie en France meurt à petit feu de ce type de récupération, parfois bien intentionnée, mais ravageuse en ce qu’elles repousse encore et toujours le seul principe qui vaille en République : la souveraineté n’est pas octroyée par des hommes (ou des femmes) providentiels : elle constitue une conquête collective auquel tous – élus comme électeurs – doivent in fine se soumettre parce qu’elle est le contrat social des citoyens libres.

Participer à l’élection présidentielle est un choix personnel que chacun peut faire. Mais l’expérience a montré que, sans refonte du système institutionnel tout entier, ce type d’option conduit celui qui la fait (et ceux qui le suivent) au mieux à faire figure de témoignage, au pire à la compromission qui dénature le projet de ses promoteurs.

L’association pour une Constituante, en relevant comme un progrès le discours de J.L.Mélenchon, le 12 septembre à la fête de l’Humanité, en avait néanmoins signalé les contradictions et les risques. Ces risques sont maintenant visibles. La logique de l’élection présidentielle amène le candidat à tenter de faire de la Constituante la chose d’un parti, le sien. On voit ainsi des personnes liées au Front de gauche créer un site pour mobiliser les citoyens pour une Constituante autour du Front de gauche, en reprenant d’ailleurs parfois des textes issus de www.pouruneconstituante.fr sans aucunement évoquer ce site. La « rénovation de la vie politique » prend ainsi un visage bien archaïque.

Les montagnes de dettes imposées ou invoquées contraignent aujourd’hui les politiques à un tournant. Hommage du vice à la vertu, les tentatives de récupération actuelles confirment que la Constituante apparaît comme une nécessité pour sortir la France de l’ornière politique et sociale où elle est tombée. Mais elle n’a de sens que si, dans le respect des règles démocratiques, républicaines et laïques, elle rassemble les citoyens autour d’elle quelles que soient leurs appartenances politiques, ou leur non appartenance évidemment. Elle ne saurait être la chose d’un parti ou de son leader.

Le 29 mai 2005 et le mouvement social contre la destruction des retraites ont confirmé, à la fois, les ressources collectives du peuple français et la capacité du jeu politico-social à leur faire obstacle. Si, aujourd’hui, des expériences venant du Sud (Venezuela, Bolivie, Equateur) sont souvent citées, il faut aussi regarder du côté du peuple tunisien qui, s’il tient bon, à son tour, face à l’adversité, aura démontré que la force conjuguée des citoyens épris de liberté peut conduire à remplacer les pouvoirs les plus apparemment solides. Et il faut, bien évidemment, se référer à une Histoire de France qui, face à des difficultés assez proches, a  vu le peuple imposer au roi la convocation des États généraux en 1789.

La Constituante n’a pas à être confisquée par l’élection présidentielle. Elle ne peut être octroyée. Elle est la chose du peuple.

28/01/2011

Démocratie : faut-il faire confiance à Jean-Luc Mélenchon et son Parti de Gauche ?

Selon l'annexe aux statuts du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, ce parti politique se veut être :

... "Un Parti ouvert et démocratique. Le PG ne veut pas de chapelles, de culte du chef ou de domination des spécialistes de la politique. Il se veut donc à la fois accueillant et ouvert à la diversité des expériences, à la parole des « sans voix », soucieux de fraternité et de solidarité. " ...

..."Un Parti nouveau. Le PG veut porter des orientations politiques et un fonctionnement novateurs et originaux, en particulier en matière de démocratie et de culture populaire. Il est donc un parti en chantiers sur son projet, ses programmes, son organisation. Des chantiers auxquels nous appelons à participer toutes celles et tous ceux qui souhaitent nous rejoindre "...

Ceux qui ont adhéré au Parti de Gauche dès la première heure en faisant confiance à ce beau programme ont rapidement déchanté.

Un exemple de lettre de démission :

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L'économiste Christophe Ramaux en charge des questions économiques au Parti de Gauche, démissionne de ce parti :
 
(fin 2009 / en 2010, il était venu par exemple au moins une fois à Lyon en provenance de Paris, pour représenter le PG national à des réunions régionales Front de Gauche)
 
 

 

 

Lettre de démission du Parti de Gauche

Christophe Ramaux

12 janvier 2011

 

Très chers camarades,

Après beaucoup d’hésitations, j’ai décidé de quitter le Parti de gauche.

C’est avec enthousiasme que j’y ai adhéré dès ses premiers pas. La combinaison des quatre volets républicain, socialiste, féministe et écologiste est indispensable pour sortir de l’enfer néolibéral et, les deux vont de pair, reconstruire un projet d’émancipation digne de ce nom. Le PG affichait de surcroît l’ambition d’être un parti, ce qui me semble bien plus respectueux de la démocratie que les constructions du type « réseau » ou « front » qui, si elles peuvent être précieuses[1], ont pour défaut de ne pas respecter le principe « un adhérent, une voix » et s’exposent de ce fait à des jeux de pouvoir peu amènes (le représentant d’un petit groupe comptant autant que celui d’un véritable parti).

Je pourrais allonger la liste des raisons qui m’ont fait adhérer au PG. Ces raisons sont toujours miennes : autant dire que j’ai longuement hésité à le quitter et que ce départ ne se fait pas sans amertume. D’où le plus important sans doute, car il faut savoir faire la part des choses : je souhaite que ce départ n’enlève rien à ce qui m’unit à vous. Il ne faut pas insulter l’avenir et je suis sûr que d’une façon ou d’une autre nous serons amenés à retravailler fraternellement ensemble. C’est pourquoi cette lettre de démission se veut aussi douce que possible… même s’il faut dire les choses.

Les raisons qui me conduisent à quitter le PG ont pour une large part trait à son fonctionnement, mais cela finit cependant (comment pourrait-il en être autrement ?) par déborder sur le fond.

L’engoncement dans les postes et les prébendes d’une bonne part de la social-démocratie et la nuit stalinienne l’ont suffisamment montré : la bureaucratisation est l’un des principaux obstacles à surmonter pour la gauche. Comment y répondre ? Pas certes en niant la question du pouvoir. N’importe quelle structure complexe en suppose. Et il n’est pas sale en soi : il signifie aussi, ce qui peut être fort noble, prendre des responsabilités. Reste donc à organiser les choses de façon à contenir autant que faire se peut les jeux de pouvoir, de bureaucratisation, qui sont à la fois inévitables (le combat est donc toujours à recommencer), mais dont on sait qu’ils peuvent conduire au pire. J’insiste sur ce point : la lutte contre la bureaucratisation n’est pas une question secondaire, à aborder une fois que l’« essentiel » est fait (la lutte contre le capital, le néolibéralisme...). Elle est cruciale, fait partie de l’essentiel. C’est un cinquième volet à ajouter aux quatre précédents. Les peuples des pays de l’Est en savent quelque chose : l’anticapitalisme n’est pas un gage suffisant de progrès. N’est-ce pas là l’une des principales leçons du XXe siècle ?

Sur ce volet, force est de constater que le PG est largement en retrait. Ce qui est vrai d’un point de vue théorique (à défaut de quoi jamais ce qui a été dit sur G. Marchais n’aurait pu l’être), l’est pratiquement. Comme toujours en pareil cas, tous les prétextes sont bons : l’urgence des campagnes (électorales et autres), l’efficacité militante (« nous sommes si petits »…), la pression médiatique (« les médias vont se délecter de nos divergences »…), etc. Je m’imaginais un parti ouvert, qui manque tant, où l’on réfléchit, discute, débat (ce qui n’empêche aucunement de trancher quand il le faut et de s’engager dans l’action). N’adhère-t-on pas à un parti d’abord et avant tout pour ses idées ? Le PG fonctionne, au contraire, comme une petit groupe « discipliné » (le mot est ouvertement revendiqué), qui a peur des débats, de l’expression des divergences (comme si quiconque pouvait avancer sans la critique). Cela est même inscrit à présent dans le marbre de ses statuts. Il faut en effet 20 % du conseil national sortant pour pouvoir présenter un texte alternatif à celui de la direction. Je n’ai jamais été membre du PS. Mais je m’interroge : avec une telle règle, Jean-Luc Mélenchon et ses amis auraient-ils pu y constituer leur courant ? Le résultat est là : un turn-over étonnant avec beaucoup d’adhésions (le « menu » est effectivement alléchant), mais aussi beaucoup de démissions souvent résignées et silencieuses.

La médiatisation et la personnalisation qui l’accompagne sont pour une part inévitables, mais le PG ne va-t-il pas beaucoup plus loin que de raison en la matière ? N’entretient-il pas ainsi la médiatisation qu’il prétend combattre ? De quoi l’énergie souvent disproportionnée mise à critiquer les médias est-elle d’ailleurs le symptôme ? A défaut de débats politiques véritables, le PG échappe-t-il au cancer qui ravage les partis, celui de certains responsables préoccupés avant toute chose par leur poste, l’avant toute chose étant le problème, l’ambition n’étant pas en soi condamnable ? Est-il normal qu’à son dernier Congrès, les délégués élus des comités locaux n’aient eu droit qu’à à peine trois heures d’interventions au total, le reste du temps étant pris par les interventions des membres de la direction et, souci d’« affichage » oblige à nouveau, par celle d’« invités extérieurs » ne représentant parfois qu’eux-mêmes ou guère plus ? Jean-Luc a d’indéniables qualités. C’est un formidable bateleur, même si on peut pour le coup lui reprocher de consacrer parfois trop d’énergie à enchainer les bons mots et les bonnes formules. Mais, au regard de son projet, n’est-il pas dans tous les cas paradoxal que le PG soit aujourd’hui, et de loin, le parti à gauche le plus personnalisé ? Cette personnalisation ne conduit-elle pas, au sein même du parti, à des phénomènes d’autosatisfaction et de cour en cascade aussi ridicules que funestes ? Alors même qu’il condamne le présidentialisme, le PG ne s’expose-t-il pas à n’être finalement qu’une écurie de plus en lieu et place d’un authentique parti ? Cela fait beaucoup de questions. Or toutes ces questions, la plupart des militants du PG se les posent. N’est-ce pas l’indice qu’il y a décidément un problème ?

Le dernier ouvrage de Jean-Luc s’intitule Qu’ils s’en aillent tous. Ce titre même pose problème. Outre son combat contre la bureaucratisation (et oui...), le meilleur du trotskysme n’est-il pas dans sa lutte pour l’unité de la gauche, pour le « front unique » ? Le NPA a tourné le dos à cette exigence élémentaire. Pour faire des yeux de Chimène à celui-ci, le PG ne lui emboîte-t-il pas le pas ? C’est au PCF qu’il revient aujourd’hui de donner aux uns et aux autres des leçons de Front unique. Quelle ruse savoureuse de l’histoire !

Le livre de Jean-Luc est un pamphlet. Ce n’est aucunement un programme et il ne prétend pas l’être. « Ce livre n’est ni un manifeste ni un programme » est-il écrit (p. 19). « L’un et l’autre sont à disposition, élaborés par les militants du Parti de gauche avec lesquels je suis engagé » est-il ajouté. Il y a un hic ici. Dès son lancement fin 2008, le PG a affiché l’ambition d’écrire son programme. Qu’est-ce qu’un parti sans programme en effet ? Avec d’autres, je devais participer à l’élaboration d’une première mouture à soumettre aux débats des militants. Une commission a été créée en ce sens. La pire façon de fonctionner pour une commission est encore de ne pas fonctionner. C’est ce qui s’est produit. J’ai alerté les membres du Bureau national de ce souci, en prenant soin de faire mon job (en envoyant une contribution). Silence radio. Mis à l’écart, je me suis sagement tenu à l’écart (en délaissant pour le coup progressivement la co-animation de la commission économique comme j’ai pris soin d’en avertir ses membres). Au dernier moment, le responsable de la commission fantôme a finalement présenté un texte intitulé Lignes d’horizon. Un texte long (80 pages), mais laborieux, sans souffle, esquivant la plupart des questions clefs. J’ai fait savoir ce que j’en pensais. Un avis partagé, à défaut d’être assumé comme tel (présenter une « direction unie » importe plus que tout semble-t-il) par la direction du PG, laquelle a sagement choisi de transformer le congrès programmatique prévu en simple convention tenue en décembre 2009. Maintes fois reporté, le Congrès du PG s’est finalement tenu en novembre 2010… mais sans programme à son ordre du jour. Et pour cause : tel un fil à la patte, le texte Lignes d’Horizon que les adhérents avaient pourtant été invités à discuter, amender et voter dans leur comité a fait l’objet d’un nième point d’information, puis d’un nouveau report sine die.

Au final le résultat est là : le PG qui n’est pourtant pas sans ressource, n’a pas de programme adopté par ses adhérents après plus de deux années d’existence. Qu’ont donc fait les délégués au Congrès ? Ils n’ont eu la possibilité de voter qu’une motion d’orientation générale, soit un long tract que fort sagement nul ne présente comme un programme. J’oubliai les statuts (mais j’en ai déjà parlé) et l’élection de la direction (assez mal élue au demeurant ce qui témoigne d’un malaise). Restait donc le clou : un meeting (retransmis sur deux chaines télé), et comme clou du clou, une intervention de Jean-Luc. Deux mots sur cette intervention. Sa seule innovation porte sur le « précariat ». Une fausse-bonne idée à mon sens, sur laquelle je me suis suffisamment étendu par ailleurs. Reste donc l’autre volet : alors que la crise économique et financière est sans précédent, elle occupe à peine 5 minutes d’une intervention d’1h30. Au sujet de cette crise, j’ai alerté Jean-Luc sur le contenu de l’un des billets de son blog, lequel fait sienne une conception parfaitement libérale de la monnaie. Rédigé de façon aussi fraternelle que possible, mon message (cf. ci-dessous) est resté initialement sans réponse. Considérant que la création monétaire n’est pas une mince affaire, je l’ai transmis aux membres du BN et de la commission économique. Une brève réponse de Jean-Luc est alors arrivée, avec au final ce contenu : « admonestation publique », « ton professoral » (sic)…

Cette dernière goutte n’est pas la plus importante. Les gouttes se sont simplement ajoutées aux autres de sorte que... Je ne fais pas de ma démission une « ligne à suivre ». Cette décision est personnelle, elle exprime simplement une certaine fatigue quant au PG. Je salue tous ceux qui y restent. Puissent-ils donner tort aux raisons de ma démission et j’en serai comblé.

Cette lettre, c’est la règle, n’évoque que les motifs de rupture et elle est déjà trop longue. Reste l’essentiel qui n’est qu’effleuré au début : les nombreux points d’accords politiques qui promettent bien des combats communs futurs avec vous tous.

Il me reste aussi à saluer et à remercier tous ceux (membres de mon comité, de la commission économique...) qui, contrairement à ce que pourrait laisser croire cette missive, ont fait en sorte que mon passage au PG a d’abord et avant tout été convivial et fructueux. A tout bientôt donc.

Très fraternellement

 

  

Pour information : le message sur la politique monétaire envoyé à Jean-Luc Mélenchon le 10/11/2010

  Cher Jean-Luc, 


Un collègue de Marseille […] m'a alerté au sujet d'un de tes billets sur ton blog, celui du 5 novembre intitulé "Entre Drucker et Figeac", qui porte essentiellement sur la crise et la politique économique.

A la lecture du billet, il y a en effet pas mal de problèmes que j'évoque ici rapidement faute de temps.
Je passe sur les erreurs manifestes comme l'affirmation selon laquelle le "surendettement de l'Etat américain" représente "des milliers de fois la production réelle du pays" (la dette des Etats-Unis représente un peu plus de 90 % du PIB comme tu l'indiques par ailleurs...). Je passe aussi sur les points d'accords (la nécessité d'une relance salariale, etc.).

Reste trois gros problèmes qui, au fond, sont reliés les uns aux autres et qui renvoient à ta conception finalement très "classique" (et donc très... libérale) de la monnaie.

1/ Dans la conception classique de la monnaie, celle-ci n'est qu'un "voile". Elle est précieuse pour faciliter les échanges... mais c'est tout. L'essentiel est ailleurs : dans l'économie "réelle".  C'est ce qu'on appelle une approche dichotomique de l'économie : d'un côté la monnaie (inessentielle) et de l'autre la production réelle (l'essentiel), sans lien entre les deux. La création monétaire, dans cette optique, n'est pas essentielle au fonctionnement de l'économie : elle doit en conséquence se "caler" sur la croissance de l'économie réelle (bref son seul objectif ne peut être que la stabilité des prix... ce qui est inscrit dans les statuts de la BCE et les traités européens). La vulgate marxiste reprend cela... alors qu'on trouve chez Marx des arguments un peu plus fins et critiques sur le sujet. Mais c'est chez Keynes (beaucoup plus radical - dans le sens d'aller à la racine - que Marx sur ce point) que l'on trouve une théorie alternative de la monnaie. Pour faire bref, Keynes insiste sur le fait que la monnaie n'est pas qu'un simple intermédiaire des échanges. Nous vivons dans des économies monétaires de production où la monnaie joue un rôle absolument majeur. La création monétaire (par les banques) se fait par le crédit. Et le crédit permet de lancer des activités ce qui est absolument essentiel (cela l'est tellement que le contrôle public doit être la règle) ! Pour faire le lien entre Marx et Keynes, on peut présenter les enjeux comme suit : Marx a exhibé la formule générale du capital : A - M - M' - A'. Le capitaliste a de l'argent (A), il achète des marchandises (M avec en particulier la force de travail) qu'il fait travailler dans l'espace de la production afin de produire des  marchandises (M - M') qu'il escompte vendre plus chères que A, d'où la plus value (A' - A). Mais d'où vient le A initial ? Des profits antérieurs ? Pas seulement, disent les keynésiens : pour une large part, A provient de l'accès au crédit. D'où la jolie formule résumant ce que pense Kalecki (un marxo-keynésien) : "les capitalistes gagnent ce qu'ils dépensent" (notamment en crédit initial) alors que "les salariés dépensent ce qu'ils gagnent". Dans ton papier, tu fais systématiquement tienne l'idée selon laquelle la monnaie et le crédit qui va avec sont purement "fictifs" ("capitaux fictifs", "milliards d'argent fictifs", etc.), tu évoques une "loi de l'économie réelle" : c'est exactement ce que pensent les... libéraux.

2/ Après avoir réduit "l'économie" à "l'économie réelle" tu réduis cette dernière à... l'industrie. C'est à nouveau une conception très classique de l'économie, reprise largement par Marx, avec cette excuse que les uns et les autres ont pensé et écrit cela au XIXe siècle. Tu indiques ainsi que "L'économie productive réelle, c'est presque rien aux USA", en évoquant la part effectivement très minoritaire qu'y occupent l'agriculture et l'industrie. Les services ? "Du papier, des bureaux qui brassent des papiers à propos d'autres papiers : de l'assurance, de la banque et ainsi de suite". Et un enseignant, une infirmière, cela ne produit donc rien de "réel" non plus ? Selon les règles de comptabilité nationale appliquées dans tous les pays du monde (depuis 1976 en France) les services (dès lors qu'ils reposent sur de l'emploi rémunéré... ce qui exclut donc le bénévolat) produisent de la richesse monétaire. Tous les services qu'ils soient privés ou publics ! Ainsi un salarié de la banque, un enseignant, une infirmière, un député, un militaire, un saltimbanque (si du moins il est payé) : tous contribuent au PIB. Et cette conception (à peu près admise par tous aujourd'hui) me semble autrement plus progressiste (et plus écologiste soit dit en passant) que l'idée selon laquelle seul un ouvrier de l'industrie crée de la "vraie" richesse réelle (précision : le déclin de l'industrie en France est sans doute un problème... mais on ne peut traiter cela par un contresens théorique).

3/ Partant des deux points précédents, tu critiques vertement la politique monétaire US... mais avec des arguments finalement similaires à ceux utilisés par les libéraux (cf. par exemple la chronique de l'ultralibéral P.A. Delhommais dans Le Monde du 7-8 novembre "La FED est notre banque centrale et votre problème"). Il y a bien des raisons de critiquer vertement la politique économique américaine (même si cela me semble bien réducteur de dire que les EU sont la "source de tous nos maux") : invention du capitalisme actionnarial, déréglementation financière, etc. Mais dans ton billet tu reprends surtout les arguments libéraux sur le sujet. La crise serait ainsi liée à la politique de relance (notamment monétaire) US. On peut avoir une autre lecture : ce n'est pas cette politique de relance qui en soi est un problème (les Etats-Unis ont au contraire "sauvé" la croissance mondiale ce faisant) ce sont tous les autres volets libéraux de la politique américaine (austérité salariale, libéralisation financière...), qui ont conduit à ce que cette relance prenne des formes effectivement totalement déséquilibrées (explosion de l'endettement privé, bulles spéculatives, etc.) Je me permets sur ce point de te renvoyer à deux sources : le bouquin de J. Galbraith (L'Etat prédateur, édité par notre ami J. Généreux) et l'article plus spécifiquement consacré à la politique monétaire de J.P. Pollin (ci-joint) qui montre que la "faute de Greenspan" n'est pas sa politique de bas taux d'intérêt... mais sa foi dans la finance libéralisé (qui a conduit a l'explosion de la "bulle spéculative"). De même, tu fustiges la politique de la FED, dont le dernier plan de rachat d'obligations publiques de 600 milliards de dollars, ainsi d'ailleurs que la politique de relance budgétaire US. Tout cela serait "vain", "l'emballement de la planche à billets est un phénomène qui finit toujours mal en économie", etc. Les libéraux ne disent pas autre chose (et avec la même virulence en ce moment aux Etats-Unis). Les économistes hétérodoxes soutiennent l'inverse : les plans de relance (monétaire et budgétaire) ont évité (pour l'heure) que la Grande récession ne devienne une Grande dépression... mais ils sont trop timorés ! Il aurait fallu et il faudrait les démultiplier et les étendre à d'autres domaines (domestication drastique de la finance, relance salariale, etc.... bref une réhabilitation complète de l'Etat social) pour éviter notamment la déflation. Tu critiques à la fin, et à juste titre, les politiques d'austérité budgétaire et monétaire de l'UE... mais le lecteur a du mal à te suivre compte tenu de ce que tu dis avant sur la vacuité de ces politiques... (et je passe sur ce que tu dis - qui est très contestable - sur la politique de change...)

Je termine : dans sa chronique pour Libération du 9/11, T. Piketty ("Faut-il avoir peur de la FED ?") s'oppose vertement aux critiques libérales (dont celle de Delhommais) de la FED. Il a raison ! T. Piketty n'est pourtant pas à l'aile gauche du PS (il était le conseiller économique de S. Royal...).

Une leçon donc : la question de la monnaie (et plus généralement celle de la politique économique) est un véritable "trou noir" dans une certaine tradition marxiste... et ce trou noir est extrêmement coûteux en termes programmatique. Mais il n'est jamais trop tard... La combinaison du logiciel "socialiste" (la lutte des classes) et "républicain" (l'intérêt général) offre a priori une occasion en or pour combiner Marx et Keynes, mais encore faut-il que cette occasion soit saisie...

En espérant que tout cela te sera utile…

Bien fraternellement

 


[1] Cf. mon engagement avec 41 autres économistes dans l’Appel des économistes en faveur du front de gauche à l’occasion des élections européennes de 2009. 

Les firmes les plus irresponsables de l'année 2010

lu sur :

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/01/28/neste-oil-elue-entreprise-la-plus-irresponsable-de-lannee/
Vendredi 28 janvier 2011

Neste Oil élue entreprise la plus irresponsable de l’année

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C’est le genre de distinctions que les entreprises ne souhaitent pas se voir décerner. Depuis dix ans, en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, lesPublic Eye Awards récompensent les firmes les plus irresponsables tant sur le plan écologique que social. Cette année, c’est la compagnie pétrolière finlandaise Neste Oil qui s’est vu remettre, vendredi, le prix de la honte du public, le People’s Award, octroyé par le vote de plus de 53 000 internautes. Le prix du jury, le Global Award, a, quant à lui, été remis à l’entreprise minière sud-africaine AngloGold Ashanti, après le vote de six experts de Greenpeace et de la Déclaration de Berne, les deux ONG coordinatrices de ce “contre-sommet critique”. Présentation de cet anti-classement de six entreprises.


La lauréate, c’est donc Neste Oil, une compagnie pétrolière bien plus discrète que les majors du secteur, que sont ExxonMobil, Shell, ConocoPhillips, Total ou la désormais célébrissime BP. Avec 17 000 votes, l’entreprise finlandaise a donc accompli l’exploit de ravir la première place du prix du public à sa concurrente britannique, à l’origine de la pire catastrophe naturelle de l’histoire des Etats-Unis.

C’est que Neste Oil a du potentiel. L’entreprise est en effet à l’origine d’une marée noire d’un autre genre, celle que provoque une déforestation galopante qui brûle chaque jour davantage de forêts tropicales primaires. Car, avec 2,5 millions de tonnes d’huile de palme consommées, la compagnie devrait devenir, l’an prochain, le principal producteur d’agrocarburants du monde, avec son produit phare, le Neste Green diesel. Une appellation trompeuse puisqu’il s’agit d’un diesel à base d’huile de palme.

En même temps que Neste Oil augmente sa capacité de production à Rotterdam et à Singapour, son principal fournisseur – IOI – a doublé la surface de ses plantations d’huile de palme et contribue donc activement à la déforestation. Un phénomène responsable de la destruction de l’habitat de peuples indigènes et d’espèces animales ainsi que de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Sans compter que la production de cette huile requiert des produits chimiques qui empoisonnent l’eau, la terre, la faune, la flore et les habitants.

Le deuxième bonnet d’âne du développement durable, avec 13 000 votes, revient, vous vous en doutez, à BP, que l’on ne présente plus. A son actif : 11 morts lors de l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril 2010, plus de 800 millions de litres de pétrole répandus dans le golfe du Mexique pendant quatre-vingt-sept jours et des décennies nécessaires à la régénération de la faune et de la flore environnantes.

Le stimulus nécessaire à une prise de conscience écologique ? Que nenni ! Au contraire, BP est même passée à la vitesse supérieure dans l’exploitation de pétrole à haut risque. En décembre, elle s’est ainsi lancée dans l’extraction des sables bitumineux canadiens, des résidus de pétrole présents dans les roches superficielles sous forme d’un bitume très visqueux et lourd, aggloméré avec du sable ou du schiste. Leur exploitation s’avère très coûteuse et surtout extrêmement polluante. A leur actif : destruction de forêts primaires, pollution des sols, de l’air et des nappes phréatiques, consommation considérable d’électricité, d’eau et de carburant. Au total, selon Greenpeace, de son extraction à sa consommation, ce pétrole émet cinq fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel. BP, Beyond Petroleum !

On passe maintenant dans la tranche des petits joueurs, qui n’ont pas dépassé la barre des 10 000 votes. Phillip Morris se voit crédité de 8 000 votes pour une affaire touchant à la santé publique : l’entreprise a ainsi porté plainte auprès d’une instance de la Banque mondiale contre l’Uruguay et sa loi antitabac. “Le chiffre d’affaires cumulé des multinationales du tabac est deux fois plus élevé que le PIB de l’Uruguay. Cette relative faiblesse a forcé le pays à faire une concession : une réduction de la taille des messages de prévention de 85 % à 65 % de la surface des paquets de cigarettes”, expliquent les associations organisatrices du prix.

L’Uruguay n’est toutefois pas le seul à s’être fait enfumer. Si les Public Eye Awards ne portaient pas seulement sur une mauvaise pratique en particulier mais sur le comportement de l’entreprise de manière générale, les ONG auraient pu pointer lesravages environnementaux de la culture du tabac. Chaque année, ce sont en effet plus de 200 000 hectares de forêts primaires qui partent en fumée dans les pays en développement, particulièrement en Afrique, où le rythme de la déforestation est dix fois plus important dans les régions tabacoles que sur l’ensemble du continent.

La quatrième récompense du public (6 000 votes) ainsi que le prix du jury reviennent à la compagnie minière AngloGold Ashanti, qui extrait de l’or au Ghana. Une entreprise plus regardante sur le nombre de carats de ses pépites que sur ses conséquences sur l’environnement et les conditions de travail de ses salariés. “La production de 30 kg d’or entraîne quotidiennement l’extraction, le broyage et le traitement au cyanide de près de 6 000 tonnes de roches. Les déchets miniers hautement toxiques qui en résultent sont stockés dans des lacs et polluent les fleuves et les sources d’eau potable ainsi que tous ceux qui en dépendent. De plus, le personnel de sécurité des mines s’est rendu coupable de torture et d’avoir lâché les chiens sur des personnes ’suspectes’, entraînant plusieurs décès, détaillent les ONG. Cette entreprise combine donc des mauvaises pratiques écologiques et sociales.”

En queue de peloton, deux entreprises se disputent la dernière place : Foxconn(4 700 votes) et Axpo (4 300 votes). La première, l’entreprise d’électronique taïwanaise, qui produit des composants informatiques pour Apple, Dell, HP ou encore Nintendo, est devenue célèbre pour les mauvaises conditions de travail dans ses usines, qui ont poussé 18 employés au suicide en 2010. La seconde, distributeur d’énergie suisse, se procure en toute discrétion de l’uranium auprès de l’usine de retraitement de Maïak, en Russie, l’un des endroits les plus irradiés du monde. “Les eaux usées chargées en déchets radioactifs sont directement déversées dans la rivière Tetcha ou sont stockées dans des bassins à ciel ouvert. Les taux de cancer et de fausse couche sont extraordinairement élevés au sein de la population locale, et de nombreux enfants sont lourdement handicapés”, assurent les associations.

Si dans ce genre d’anti-récompenses, comme pour les prix Pinocchio décernés par Les Amis de la Terre, l’humour et la dérision sont de mise, les organisateurs n’en sont pas moins un brin défaitistes. “Depuis dix ans que nous organisons ces prix, ce sont toujours les mêmes entreprises qui sont nommées. Elles ressentent le poids de la société civile mais n’en changent pas moins leurs pratiques”, déplore Bruno Heinzer, coordinateur des Public Eye Awards pour Greenpeace.

Le droit d'accès aux données vous concernant

Lire le guide de la CNIL :

http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/Guides_pratiques/CNIL_Droit_d_acces.pdf

et un article d'un blog du Monde :

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2011/01/28/82-des-organismes-ne-respectent-pas-la-loi-informatique-et-libertes/

27/01/2011

Vers une réforme de l'AFSSAPS ?

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/3/

Mediator : vers une refonte du système


Xavier Bertrand a tiré dès ce week-end les premières conséquences du rapport de l'Igas accablant les laboratoires Servier et soulignant le silence « complaisant » de l'Afssaps, qui aurait dû agir pour obtenir le retrait du Mediator dès 1999.

Le ministre de la Santé a promis, « avant la fin de l'année », un projet de loi sur la réforme de la pharmacovigilance, et s'est engagé à ce que l'Afssaps soit désormais subventionnée directement par l'Etat, alors que son budget relevait jusque là à 80% des groupes pharmaceutiques.

Xavier Bertrand a également annoncé avoir demandé à l'Afssaps la liste de 76 médicaments sous surveillance, rapporte Le Figaro. Le quotidien révèle par ailleurs que Jacques Servier, accusé d'avoir « délibérément trompé » les consommateurs sur la nature et les propriétés du Mediator, sera cité à comparaître, le 11 février prochain, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.


Figaro [Le], 17/01/2011 - Figaro [Le], 17/01/2011 - Echos [Les], 17/01/2011 - Echos [Les], 17/01/2011 - Journal du dimanche [Le], 15/01/2011 - Monde [Le], 16/01/2011 - Aujourd'hui en France, 15/01/2011

France:vers un néolibéralisme pur et dur ?

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

Fonction publique : une réforme en débat

Le député UMP Jean-François Mancel a déposé le 13 janvier une proposition de loi visant à réformer le statut des fonctionnaires.

Ce statut serait alors réservé aux agents des ministères régaliens : la Défense, l'Intérieur, la Justice et les Affaires étrangères.

Dans une interview à La Tribune, Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, s'oppose à cette idée qui à ses yeux « casserait l'homogénéité » de la fonction publique.

26/01/2011

Le financement des partis politiques en France (7)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/26/l-autosatisfecit-de-sarkozy-devant-le-premier-cercle-de-ses-donateurs_1470631_823448.html

L'autosatisfecit de Sarkozy devant le "premier cercle" de ses donateurs


LEMONDE.FR | 26.01.11 | 12h36  •  Mis à jour le 26.01.11 | 18h10

Mis en lumière par l'affaire Woerth-Bettencourt, le "premier cercle", club très fermé des plus riches donateurs de l'UMP (voir encadré), devant lequel Nicolas Sarkozy aimait à se rendre de temps à autres, était sur la sellette. Durant quelques mois, il avait été placé en sommeil, son principal animateur, Eric Woerth, l'ex-ministre du budget et trésorier de l'UMP, se gardant bien de le réunir. Mais il n'a pas disparu pour autant, et a repris discrétement ses activités en ce début d'année, sous l'égide du nouvau trésorier du parti, Dominique Dord.

Révélée par Europe 1, une première réunion avait eu lieu début janvier, en présence du ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, et limitée à quelques dizaines de participants. Pour la seconde, mardi 25 janvier, l'UMP avait décidé de faire les choses en plus grand, invitant directement les trois cents membres du premier cercle.

Et ces sympathisants aisés ont la surprise de voir débarquer un invité de marque : le chef de l'Etat en personne. Selon France Inter et RTL, qui révèlent l'information, Nicolas Sarkozy s'est rendu discrètement, durant une demi-heure, dans les sous-sols de l'hôtel Méridien, porte Maillot à Paris, où avait lieu la réunion.

L'ISF, UN "SCANDALE", SELON LE CHEF DE L'ÉTAT

Alors qu'il tente de changer son image, affichant en public un visage plus modeste et plus "présidentiel", Nicolas Sarkozy a visiblement adopté un tout autre ton avec ses riches supporteurs. Selon France Inter, qui a interrogé des participants, le chef de l'Etat aurait au contraire parlé à bâtons rompus durant trente minutes, enchaînant les bons mots et les plaisanteries, mais aussi triomphant, par exemple, du peu de succès rencontré par la manifestation des enseignants, estimant qu'il n'y avait "personne dans les rues".

Il aurait également, toujours selon les participants interrogés par la radio, fustigé les 35 heures et l'impôt sur la fortune (ISF), qu'il aurait qualifié de "scandale". Une prise de position hardie : l'Elysée souhaiterait en finir avec cet impôt, mais il rapporte plus de 4 milliards d'euros à l'Etat. Il faudrait donc, pour le compenser sans creuser encore le déficit, mettre en place une taxe alternative d'une ampleur certaine. Pour l'instant, les quelques pistes évoquées (taxer les plus-values des ventes immobilières notamment) semblent peu satisfaisantes.

Nicolas Sarkozy aurait aussi évoqué 2012. Rassurant ses supporteurs, il aurait ainsi estimé que les sondages, actuellement peu flatteurs, "ne veulent rien dire". Quant à son nouveau profil plus "modeste", il ne serait que temporaire. Témoignant au micro de France Inter, l'un des participants rapporte également un propos qu'il attribue à M. Sarkozy : "Pour l'instant, j'ai l'obligation d'être discret car je suis président, mais attendez que je sois en campagne."

Le numéro un de l'UMP, Jean-François Copé, qui assistait à la réunion, s'est expliqué mercredi 26 janvier. Pour lui, cette rencontre est totalement normale. "Il n'est absolument pas question, au motif que cela a donné lieu à des critiques gratuites, qu'on ne poursuive pas la possibilité d'avoir des gens qui nous soutiennent", a-t-il expliqué lors de son point presse hebdomadaire.  Il assume par ailleurs la collecte de fonds : "À cette occasion [de la réunion], j'ai dit que nous avons besoin de soutiens qui sont à l'honneur de notre démocratie, puisque ces soutiens financiers sont encadrés par la loi, plafonnés, et déclarés. C'est à l'honneur de notre démocratie d'avoir ainsi mis en place une organisation parfaitement transparente pour le financement des partis politiques."

Le Monde.fr