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21/10/2009

Attentats de Karachi : des documents déclassifiés remis à la justice

lu sur :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/21/attentats-de-karachi-des-documents-declassifies-remis-a-la-justice_1257023_3224.html
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Attentats de Karachi : des documents déclassifiés remis à la justice
LEMONDE.FR avec Reuters | 21.10.09 | 18h32


es documents réclamés par les juges chargés de l'instruction sur l'attentat de Karachi de 2002 ont été déclassifiés mardi 21 octobre, a annoncé mercredi la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie. Le 8 mai 2002, un kamikaze avait précipité un véhicule bourré d'explosifs sur un bus, tuant 14 personnes, dont 11 ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient sur place à la construction de sous-marins de type Agosta.

Après avoir étudié l'hypothèse d'un groupe islamiste armé, les juges d'instruction antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier étudient désormais la piste d'une action commanditée par des militaires pakistanais. Ils pensent que c'est l'arrêt en 1996 puis en 2000 de paiements de commissions au Pakistan, en marge du contrat de construction de sous-marins sur lequel travaillaient les employés de la DCN, qui pourrait avoir amené des militaires pakistanais à commanditer l'attentat.

 

"FABLE"

Cette affaire renvoie le monde politique français aux rivalités ayant précédé à droite l'élection présidentielle de 1995 entre Edouard Balladur – appuyé alors par Nicolas Sarkozy – et Jacques Chirac, finalement élu, qui a ordonné l'arrêt du paiement des commissions parce qu'il soupçonnait apparemment un financement politique de son rival par le biais de celles-ci. A propos de ce scénario, qualifié de "fable" en juin dernier par Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie a souligné qu'il appartenait aux juges d'instruction "d'apprécier en toute indépendance (...) les suites qu'ils entendront donner à l'ensemble des éléments qu'ils auront recueillis".

Les juges d'instruction s'intéressent aussi aux remous au Pakistan de l'affaire des sous-marins, puisqu'un haut responsable de la marine pakistanaise a été écroué pour corruption. La piste de rivalités locales pour le partage des commissions est évoquée. Les documents français déclassifiés doivent aussi leur permettre de savoir quand les services de l'Etat français ont eu connaissance de la piste militaire. Des témoignages versés au dossier et non confirmés affirment que les services secrets français ont déjà mené des représailles au Pakistan.

Délit d'opinion

lu sur :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/15/un-gendarme-menace-de-radiation-pour-manquement-a-l-obligation-de-reserve_1254188_3224.html
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Un gendarme menacé de radiation pour manquement à l'obligation de réserve
LE MONDE | 15.10.09 | 10h37


oursuivi pour "manquement grave à l'obligation de réserve", le chef d'escadron de la région Picardie Jean-Hugues Matelly, 44 ans, pourrait être radié des cadres, c'est-à-dire exclu de la gendarmerie. C'est du moins l'avis rendu par le conseil d'enquête, l'instance disciplinaire de la gendarmerie nationale, mercredi 14 octobre. S'agissant d'un officier supérieur, il revient désormais au président de la République, Nicolas Sarkozy, de signer ou non le décret. La radiation de M. Matelly, pour ces motifs, constituerait une première.

Pendant deux jours, le conseil d'enquête, composé de quatre lieutenants-colonels, d'un commandant et présidé par un général de division, a débattu du cas Matelly. La direction générale de la gendarmerie (DGGN) lui reproche d'avoir, le 30 décembre 2008, co-signé avec deux chercheurs du CNRS un article diffusé par le site Rue89, intitulé "La gendarmerie enterrée, à tort, dans l'indifférence générale".

Dans cet article, M. Matelly, par ailleurs chercheur associé au CNRS, critiquait le rapprochement de la police et de la gendarmerie. Le 16 juin, la DGGN décidait de son renvoi devant le conseil d'enquête pour avoir exprimé "une désapprobation claire vis-à-vis de la politique conduite par le gouvernement" et parce qu'il s'est soustrait à "l'exigence de loyalisme et de neutralité liée à son statut militaire".

Aux côtés de M. Mattely, qui a assuré seul sa défense devant ses pairs, le criminologue Alain Bauer, et les universitaires Christian Mouhanna et Frédéric Ocqueteau, sont venus témoigner en sa faveur. "J'ai plaidé pour une liberté surveillée : il faut un cadre pour gérer le conflit entre le statut des militaires et la liberté des chercheurs-enseignants, confirme M. Bauer. Quant à la loyauté, M. Matelly a plutôt exprimé une pensée générale chez les gendarmes."

Mais le jury s'est montré inflexible. "Cela équivaut à une peine de mort sur le plan professionnel", s'insurge Me David Dessa le Deist, avocat de M. Matelly, qui souligne un "sentiment de profonde incompréhension" de son client. L'avocat fait la comparaison avec l'absence de sanctions disciplinaires des gendarmes impliqués dans l'incendie d'une paillotte en Corse, en 1999.

SES ÉCRITS ONT DÉPLU

Voilà longtemps que M. Mattely agace sa hiérarchie. Il est proche de l'association Gendarmes & citoyens, qui anime un site Internet et milite pour un droit d'expression des gendarmes – ces derniers, à la différence des policiers, ne disposent pas du droit syndical. Depuis 2000, M. Matelly travaille également dans le milieu universitaire, à Toulouse d'abord, puis désormais au Cesdip, un laboratoire du CNRS sur les questions pénales.

Ses prises de positions et ses écrits, comme le livre Police, des chiffres et des doutes (Michalon, 2007), co-signé avec M. Mohanna, ont beaucoup déplu. Sa position a été récemment affaiblie : le 30 septembre, la Cour européenne des droits de l'homme, saisie par ses soins, l'avait débouté. Elle avait estimé que l'atteinte à sa liberté d'expression poursuivait "un but légitime [qui] était de défendre l'ordre dans les forces armées" et que la sanction d'alors – un blâme annulé depuis par le Conseil d'Etat – était d'une "gravité modérée".

 

Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 16.10.09

16/10/2009

Légalité des liens hypertextes

lu sur  :
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/10/16/peut-on-interdire-les-liens-hypertextes-vers-un-site_1254977_651865.html
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Peut-on interdire les liens hypertextes vers un site ?
LEMONDE.FR | 16.10.09 | 17h45  •  Mis à jour le 16.10.09 | 18h29

a pratique est répandue : grandes entreprises ou institutions ont pris l'habitude d'interdire de faire un lien vers leur site sans autorisation préalable. "Tout utilisateur ou visiteur du site Web ne peut mettre en place un hyperlien en direction de ce site sans l'autorisation expresse et préalable de Coca-Cola Services France", peut-on par exemple lire dans les conditions générales d'utilisation du site français de Coca-Cola. D'autres vont plus loin, comme M6, qui précise que, "à défaut d'autorisation, un tel lien pourra être considéré comme constitutif du délit de contrefaçon".

 

Cette pratique est abusive et sans fondement, estime Benoît Sibaud, de l'April – une association qui promeut le logiciel libre –, qui maintient une liste des sites pratiquant le "pdlsa" (pas de lien sans autorisation préalable). "Le lien hypertexte est le fondement même du Web, explique-t-il. Et cette interdiction est impossible à mettre en place : si je clique sur un lien dans une messagerie instantanée, un e-mail, ou que j'utilise un service de raccourcisseur d'adresse, il est impossible de savoir qui a créé le lien." La pratique relève d'une certaine forme d'hypocrisie, les principaux pourvoyeurs de liens étant les moteurs de recherche. "Je ne crois pas que Google demande l'autorisation des possesseurs de site avant de faire des liens, s'amuse Benoît Sibaud. Or, ces entreprises et administrations ne bloquent pas leur indexation dans Google, bien au contraire : c'est leur intérêt d'être bien référencées."

Pour autant, cette interdiction a-t-elle un fondement juridique ? Pas directement, estime l'avocat Guillaume Sauvage, du cabinet Pierrat, spécialisé dans la propriété intellectuelle. "On ne peut pas faire n'importe quoi avec un lien hypertexte : par exemple, faire un lien pointant vers le site d'une société sur les mots 'bande d'escrocs' peut être assimilable à de la diffamation. Mais, dans l'absolu, interdire de faire un lien vers un site Internet n'a pas de véritable valeur légale et ne constitue pas une contrefaçon, qui suppose la reproduction d'un contenu ou sa représentation. C'est seulement si le lien est utilisé pour diffamer, parasiter économiquement un site, permettre d'accéder à un contenu en évitant la publicité, par exemple, que l'entreprise peut porter plainte."

"Bien sûr, il y a des cas d'abus, note Benoît Sibaud. Mais ces clauses restent une aberration : la seule protection pour les entreprises, c'est de s'en prendre directement aux cas de contrefaçon ou de diffamation."


Damien Leloup

20:18 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, médias

15/10/2009

Consultation sur les nanotechnologies ?

Le précédent du "Grenelle de l'environnement" n'incite pas à l'optimisme ...
lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/14/nanoproduits-informer-ecouter-rendre-compte_1253765_3244.html
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Entretien
Nanoproduits : "Informer, écouter, rendre compte"
LE MONDE | 14.10.09 | 16h09  •  Mis à jour le 15.10.09 | 09h08

our ses partisans, il s'agit d'une expérience de démocratie directe. Pour ses détracteurs, d'un simple exercice de légitimation sociale. Toujours est-il que le débat public national sur les nanotechnologies, qui s'ouvre jeudi 15 octobre pour plus de quatre mois, est sans précédent.

 

De nombreuses conférences sur le "nanomonde" se sont déjà tenues, et d'autres pays ont fait s'exprimer des panels de citoyens. Mais l'ambition de cette consultation est plus vaste, explique le président de la commission chargée de l'organiser, Jean Bergougnoux, ancien directeur général d'EDF et ex-président de la SNCF, aujourd'hui consultant international.

Quel est l'objectif de cette consultation ? Désamorcer les peurs et les oppositions qui pourraient entraver le développement des nanotechnologies, comme pour les organismes génétiquement modifiés (OGM) ?

Ce débat était une promesse du Grenelle de l'environnement. Le développement durable exige de maîtriser le développement des technologies émergentes, mais aussi d'associer les citoyens à la préparation de décisions qui peuvent peser fortement sur la société. Les Français ont le sentiment que, trop souvent, on prend des décisions importantes pour leur avenir et celui de leurs enfants sans leur en parler et sans les consulter. C'est vrai pour les OGM, les ondes électromagnétiques, l'amiante... Si 5 % des Français savent aujourd'hui ce que sont les nanotechnologies, c'est un maximum.

La Commission nationale du débat public (CNDP) a été saisie en février par sept ministères pour organiser une consultation permettant d'éclairer l'action de l'Etat à plusieurs niveaux : secteurs de recherche à soutenir, évaluation de la toxicité pour l'homme et les écosystèmes, information et protection des travailleurs et des consommateurs, contrôle et suivi des nanoproduits...

Allez-vous travailler en toute liberté ?

Nous avons constitué une commission de sept membres venus d'horizons très différents (un docteur en théologie, une romancière, un architecte, etc.) et n'ayant rien à voir avec le monde des nanotechnologies. Notre mission tient en trois mots : informer, écouter, rendre compte. Nous allons la remplir sans parti pris, dans une totale indépendance à l'égard des pouvoirs publics.

Le débat ne risque-t-il pas de se cantonner aux spécialistes et aux associations ?

Nous ouvrons, le 15 octobre à Strasbourg, une série de dix-sept réunions publiques ouvertes à tous, dans des villes et sur des thèmes différents. La dernière aura lieu le 23 février à Paris. Nous espérons toucher ainsi entre 10 000 et 12 000 personnes. Nous misons aussi beaucoup sur notre site Internet. Nous pensons toucher ainsi plusieurs centaines de milliers de personnes. Par son ampleur, cette expérience de démocratie participative est une première.

Que répondez-vous à ceux qui, comme le collectif Pièces et Main-d'Œuvre (PMO), appellent à boycotter le débat, au motif que "participer, c'est accepter les nanotechnologies" ?

Que participer, c'est accepter de défendre ses positions. Je souhaite que toutes les opinions, y compris celles qui voient dans les nanotechnologies l'avènement d'une société totalitaire, puissent s'exprimer. Il en sera rendu compte dans le rapport final.

Précisément, quelles seront les suites données au débat ?

Dans les deux mois qui suivront sa clôture, nous en remettrons un compte rendu détaillé et un bilan synthétique aux sept ministères concernés. Ceux-ci auront alors trois mois pour faire connaître les suites qu'ils entendent lui donner. D'ores et déjà, des questions sont clairement posées. Par exemple, la répartition des crédits entre recherche fondamentale, recherche appliquée et recherche toxicologique ; la protection des travailleurs ; ou la réglementation sur les nanoproduits durant leur cycle de vie et une fois qu'ils sont devenus des déchets.

Cette consultation n'arrive-t-elle pas trop tard, alors que les nanotechnologies ont déjà envahi notre environnement ?

Les jeux ne sont pas faits. Aujourd'hui, les nanotechnologies sont surtout présentes dans les matériels informatiques, certains produits manufacturés comme les cosmétiques, ainsi que le secteur médical. Les experts estiment que le marché va être multiplié par trois ou cinq - et peut-être davantage - dans les cinq années qui viennent. Il est donc encore temps de débattre et d'intervenir sur les choix collectifs. Je suis convaincu que l'expression de l'opinion publique peut peser très lourd et avoir un impact réel.

Les dangers des nanoparticules sont très mal connus. Le principe de précaution ne doit-il pas s'appliquer ?

Ce principe s'applique de façon proportionnée aux enjeux et aux risques. C'est ainsi que dans le domaine alimentaire, en l'état actuel des connaissances, les fabricants français et européens ne mettent pas de nanoparticules artificielles dans leurs produits. Mais le principe de précaution se prête à des interprétations diverses : certains réclament un moratoire, total ou partiel. Ce sera l'une des questions posées.

Ce débat peut-il contribuer à la définition d'une réglementation européenne sur les nanoproduits ?

Le Parlement européen est partisan d'avancer très vite dans ce domaine. La Commission de Bruxelles se donne comme échéance 2012. Parmi les problèmes en suspens, il y a le fait que la réglementation REACH sur les substances chimiques s'applique aux productions de plus de 1 tonne par an - on en est en général loin avec les nanoparticules - et que les propriétés d'un corps peuvent changer à l'échelle nanométrique. Il faut donc progresser dans la gouvernance des nanotechnologies, qui demandent un traitement spécifique. Jamais un aussi large débat sur les nanotechnolgies n'a été organisé dans un pays. Il donnera plus de légitimité au gouvernement français pour s'exprimer dans les instances européennes.


 

Sur le Web : www.debatpublic-nano.org.

 


Propos recueillis par Pierre Le Hir
Article paru dans l'édition du 15.10.09

Le dogme du bouclier fiscal remis en cause

lu sur :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/14/le-dogme-du-bouclier-fiscal-remis-en-cause-par-un-rapport-parlementaire_1253668_823448.html
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Le dogme du bouclier fiscal remis en cause par un rapport parlementaire
LE MONDE | 14.10.09 | 11h24


'est une brèche dans le dogme érigé par Nicolas Sarkozy sur le bouclier fiscal, en fonction duquel un contribuable ne doit pas verser au fisc plus de 50 % de ses revenus au titre des impôts directs et des contributions sociales, incluant la CSG et la CRDS. Dans un rapport présenté mercredi 14 octobre à la présidence de l'Assemblée nationale, le président (UMP) de la commission des lois, Jean-Luc Warsmann, demande de retirer la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) des impositions prises en compte dans le bouclier fiscal.


Pour M. Warsmann, cette mesure est justifiée par l'ampleur "exceptionnelle" de la dette sociale. "Lutter contre cette dette est une cause nationale qui suppose la solidarité de tous, explique le rapport. La CRDS se distingue de l'impôt. Sa seule raison d'être est le remboursement de la dette sociale." Le président de la République s'est jusqu'à présent toujours refusé à sortir les contributions sociales du bouclier fiscal. Mise en place dans le cadre de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA), adoptée en tout début de son quinquennat, cette mesure en constitue un des "marqueurs" fondamentaux censés symboliser la réalisation de ses engagements de campagne. Des voix s'étaient déjà exprimées dans la majorité pour émettre des réserves sur ce dispositif, voire le critiquer, tandis que l'opposition demande sa "suppression".

Le rapport de la mission commandée par Bernard Accoyer prend une autre dimension. Au début de l'été, le président de l'Assemblée nationale avait demandé à chaque président de commission, dans le cadre de la réflexion sur le grand emprunt, d'élaborer une contribution et de formuler des propositions afin d'"optimiser la dépense publique". Ces contributions doivent faire l'objet d'une synthèse avant la fin de l'année, qui donnera lieu à un débat en séance publique.

M.Warsmann a fait le choix de rendre la sienne à quelques jours du début de l'examen du projet de loi de finances pour 2010. Un choix délibéré. Sa prise de position pèsera dans le débat, car elle n'est pas isolée. Elle annonce la volonté d'une partie de la majorité d'"aborder la discussion budgétaire à travers le prisme de la réalité et non des discours officiels", ainsi que le résume Marie-Anne Montchamp, députée (UMP) du, Val-de-Marne.

Assurer le financement de la dette sociale est "un devoir moral", analyse le rapport de la commission des lois. "Plus on attend, plus le coût sera élevé", prévient M. Warsmann. Le rapport y consacre un chapitre entier et un ensemble de propositions. Il suggère de "transférer de droit tout déficit constaté" en fin d'exercice ou supérieur à 10 milliards d'euros dans la loi de financement de la Sécurité sociale à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) et de prévoir une ressource nouvelle destinée à couvrir son remboursement. Il demande aussi l'extension de l'assiette de la CSG en taxant les jeux et la vente de métaux précieux. Il propose d'"accroître fortement la contribution assise sur les retraites chapeaux et sur les stock-options" pour financer la dette sociale.

Il n'est pas courant que la commission des lois s'empare du domaine économique. Aussi faut-il voir dans cette "contribution" un geste politique. Selon un des membres du groupe UMP, qui appuie la démarche de M. Warsmann, "c'est la preuve qu'aujourd'hui, dans la majorité, les responsables sérieux, pas les ultradétracteurs ni les ultragroupies, comprennent qu'on est arrivé à un point de rupture".

On voit mal, dès lors, comment la question de l'assouplissementdu bouclier fiscal pourrait ne pas être au cœur de la prochaine discussion budgétaire. "Si derrière, des collègues souhaitent baser des amendements sur cette contribution, je les soutiendrai naturellement", lâche M.Warsmann. S'ajoutant au débat sur les niches fiscales, c'est tout un pan de la politique économique de M.Sarkozy qui est de plus en plus contesté

 

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 15.10.09

08/10/2009

Histoire - Civilisations

lu sur :
http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/10/08/grandeur-et-decadence-d-un-souverain-azteque_1251169_3246.html#ens_id=1251253
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Reportage
Grandeur et décadence d'un souverain aztèque
LE MONDE | 08.10.09 | 16h28  •  Mis à jour le 08.10.09 | 16h28
Londres Envoyée spéciale

mpereurs bâtisseurs, empereurs destructeurs. Le British Museum achève un cycle d'expositions consacrées aux figures de pouvoir en présentant dans son ancienne salle de lecture "Moctezuma, souverain aztèque", soit l'histoire de la splendeur et de la déchéance de la civilisation aztèque. Commencée fin 2007 avec le premier empereur chinois Shi Huangdi (259 av. J.-C. - 210 av. J.-C.) et son armée de soldats en terre cuite, cette réflexion sur le destin des empires, leur organisation et leur pérennité, s'était poursuivie par l'exploration de l'univers de l'empereur romain Hadrien (76-138), puis du fondateur de la Perse moderne, Chah Abbas (1571-1629).

 

"Examiner l'idée d'empire, c'est évidemment revenir sur l'histoire du British Museum", explique son directeur Neil MacGregor, pour qui le prestigieux établissement britannique, fondé au XVIIIe siècle, un siècle des Lumières obsédé par la supériorité "éclairée" de la civilisation occidentale, "n'est pas un musée d'art, mais un musée de société". Et il lui appartient donc d'expliquer le présent par le passé, l'Iran chiite d'aujourd'hui par la Perse du XVIe siècle, l'Amérique latine contemporaine par les grandes civilisations précolombiennes.

"Le Mexique en particulier est en train de réécrire la Conquista, un épisode de son histoire qui a été raconté par les Espagnols, tombés dans le Nouveau Monde sur des "peuples sauvages", selon l'opinion commune. Aujourd'hui, explique le directeur du British Museum, cette façon de lire l'histoire n'est plus possible." En 2010, il proposera donc deux expositions parallèles, l'une consacrée aux dessins de la Renaissance, l'autre aux bronzes d'Ifé, un très ancien royaume africain de l'actuel Nigeria - les pièces sont arrivées au British Museum en 1897, après la mise à sac du palais royal d'Ifé. Neil MacGregor veut présenter ces chefs-d'oeuvre d'Afrique et d'Occident comme "deux expressions artistiques qui sont contemporaines l'une de l'autre" (fin du XIVe siècle-XVe siècle).

Dans cette perspective géopolitique, l'exposition consacrée à Moctezuma II (1467-1520) a fait le choix de la pédagogie. Tout y est expliqué. L'aigle-soleil et son dos creusé pour déposer les entrailles des sacrifiés, le coeur de diorite, prêté par le Musée national d'anthropologie de Mexico, le calendrier aztèque, avec ses dix-huit mois de vingt jours et ses cinq jours supplémentaires par an... Le commissaire, Colin McEwan, a voulu éclairer salle par salle l'expansion aztèque et le destin d'un chef suprême anéanti sans résistance par les Espagnols.

Yeux de mystère

La première salle rappelle l'arrivée des Mexica en 1325, venus du nord pour créer Tenochtitlan, l'ancienne Mexico, sur un immense lac, plus tard totalement asséché. Schémas, cartes, coupes, cartels impeccables où tous les glyphes qui ornent les pierres ou les statues sont traduits. L'exposition londonienne séduit davantage par son accessibilité et sa rigueur que par la profusion. Peu de pièces sont exposées, mais certaines sont remarquables, tels le Teocalli de la guerre sacrée (1507), un bloc de pierre sculpté de plus de 1 mètre de haut, encore jamais sorti du Mexique, ou le serpent à double tête incrusté de turquoises et de nacre, ainsi que des masques de divinités constellés de pierres vertes, aux dents immaculées et aux yeux de mystère (1400-1521).

Seconde séquence : Moctezuma II est fait roi en 1502. Il est représenté avec les attributs du pouvoir, des bijoux, des instruments de musique, des palais. Cette saga est racontée par le dessin et l'écriture, dans les codex indigènes, le Codex Aubin (1576) par exemple, très belle pièce appartenant au British Museum, qui narre l'histoire des Aztèques depuis le départ d'Aztlan jusqu'à l'arrivée des conquérants espagnols. L'empereur est un demi-dieu, qui a des comptes à rendre aux vrais dieux (troisième salle) : celui de l'eau, Tlaloc, et du serpent-oiseau Quetzalcoatl... Les liens de son peuple avec la nature, le soleil, la pluie, le sol, sont étroits : le souffle du vent et les cris d'oiseaux, ainsi que d'agaçants sons de corne sont proposés en fond sonore.

L'empire aztèque s'étend, et en 1519, au moment où Cortes et ses hommes débarquent sur la côte orientale, il traverse le Mexique d'est en ouest. Cet événement est précédé de signes et de catastrophes - des comètes de feu, l'apparition d'un homme à deux têtes, celle d'un oiseau portant un miroir dans l'oeil... Autant d'indices de la fin prochaine de l'empire (sixième section). Les Espagnols n'ont plus qu'à venir (septième). En 1520, Moctezuma II est mis aux fers par les hommes de Cortes, sans qu'aucun des siens ne réagisse.

Pourquoi ? Une très belle série de tableaux, peints entre 1680 et 1700 et incrustés de nacre, empruntés au Musée du Prado de Madrid, racontent les relations entre le souverain aztèque et les conquistadors, comme si on y était - mais près de deux siècles plus tard. Car voilà bien l'histoire d'un décalage majeur : nous avons beaucoup appris sur les Aztèques par le biais des Espagnols. Comme nous avions beaucoup appris sur Teotihuacan, la métropole sacrée du centre du Mexique (100 avant J.-C. - 600 après J.-C.), par les Aztèques, arrivés près d'un millénaire plus tard.

 


"Moctezuma, Aztec Ruler" (Moctezuma, souverain aztèque). British Museum, Great Russell Street, Londres (Angleterre). Tous les jours, de 10 heures à 17 h 30. 12 £ (13,30 €). Jusqu'au 24 janvier 2010. Catalogue, British Museum Press, 320 p., 25 £ (27,60 €). Sur Internet : www.britishmuseum.org.


Véronique Mortaigne

Les grands projets de Neil MacGregor

Directeur du British Museum (BM) depuis 2002, après cinq ans passés à tête de la National Gallery, Neil MacGregor a dynamisé l'institution britannique, fondée en 1759. Avec plus de six millions de visiteurs annuels, le BM va encore grandir. Une nouvelle aile de 17 000 m2 et d'un coût de 135 millions d'euros devrait ouvrir en 2012, dessinée par Richard Rogers, l'architecte du Centre Pompidou (avec Renzo Piano). A la suite du Louvre, le BM doit à son tour mettre un pied à Abou Dhabi. "Ce ne sera pas un British Museum d'Abou Dhabi, précise M. MacGregor. Des accords ont été signés en juillet pour que nous réalisions une mission d'expertise afin d'aider l'émirat à créer son musée national, dont l'ouverture est prévue en 2013." Neil MacGregor voudrait "repenser l'histoire mondiale", et présentera en 2010, sur la BBC Radio 4, une série intitulée "L'histoire du monde en cent objets", cent émissions de quinze minutes pour une relecture de deux millions d'années, en commençant par le premier outil, trouvé en Tanzanie.


Article paru dans l'édition du 09.10.09

05/10/2009

Inde : que va-t-il se passer ?

lu sur :
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/10/05/new-delhi-prepare-une-grande-offensive-contre-les-foyers-de-rebellion-maoiste-dans-le-centre-et-l-est-du-pays_1249396_3216.html#ens_id=1249504
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New Delhi prépare une grande offensive contre les foyers de rébellion maoïste dans le centre et l'est du pays
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LE MONDE | 05.10.09 | 15h27  •  Mis à jour le 05.10.09 | 15h27
New Delhi Correspondant régional


reen Hunt" ("traque verte"). C'est ainsi que le gouvernement indien a baptisé sa prochaine grande offensive contre les foyers de rébellion naxalite (maoïste) qui affectent des districts entiers des zones forestières du centre et de l'est du pays.

 

Depuis sa reconduction au pouvoir à New Delhi au printemps, le Parti du Congrès n'a pas caché sa volonté d'en finir avec ces poches d'insurrection d'extrême gauche qui ne cessent de consolider leur implantation au sein des groupes sociaux les plus défavorisés, ces oubliés de l'Inde émergente.

Le déclenchement de "Green Hunt" est annoncé comme imminent bien que l'on en ignore la date précise. La presse rapporte que l'opération pourrait être lancée après la fête de Diwali (nouvelle année indienne), le 17 octobre.

Soixante-quinze mille hommes seraient mobilisés pour "traquer" les guérilleros au coeur de maquis difficiles d'accès, où vivent principalement des populations tribales (adivasis). "Green Hunt" s'annonce comme la plus vaste opération militaire jamais conduite contre les maoïstes indiens. Au point qu'elle impliquera de ponctionner des forces sur les deux autres fronts où New Delhi combat des abcès insurrectionnels, le Cachemire musulman et le nord-est agité de séparatismes ethniques.

Dès 2006, le premier ministre Manmohan Singh avait qualifié la rébellion naxalite de "plus grand défi pour la sécurité intérieure qu'ait jamais dû relever notre pays". Depuis, la situation n'a cessé d'empirer. A la mi-juillet, le ministre de l'intérieur, M. Chidambaram a dû admettre que la menace avait été "sous-estimée".

Echo au sein des parias

Deux Etats - Jarkhand et Chhattisgarh - constituent l'épicentre de l'insurrection, mais les naxalites ont également établi des bases dans le Bengale-Occidental, le Bihar, l'Orissa, l'Andhra Pradesh, le sud-est du Madhya Pradesh et la partie la plus orientale du Maharashtra. Le long de ce "corridor rouge", ainsi qu'on appelle la géographie de leur implantation, les naxalites sont actifs dans environ 190 districts, d'où ils mènent des attaques de plus en plus sophistiquées contre les forces de l'ordre. Ils compteraient autour de dix mille combattants aguerris.

Depuis 2003, le bilan des affrontements n'a cessé de s'alourdir jusqu'à culminer à 721 morts en 2008. Depuis début 2009, 485 personnes ont déjà péri dans diverses escarmouches. Déjà confronté au terrorisme islamiste lié à des groupes djihadistes basés au Pakistan, l'Inde se réveille aujourd'hui avec un "péril rouge".

Le phénomène n'est pas nouveau. Le naxalisme tire son nom du village de Naxalbari (Bengale-Occidental), où a éclaté une révolte paysanne en 1967, attisée par des militants d'extrême gauche en rupture avec les partis communistes officiels tentés par le jeu parlementaire.

Dirigé par Charu Mazumdar - tué en 1972 -, le Parti communiste indien marxiste-léniniste (PCI-ML) se crée dans la foulée des événements de Naxalbari et se réclame ouvertement des préceptes révolutionnaires de Mao. Le mouvement ne tarde toutefois pas à se scinder en une multitude de groupes rivaux, qu'opposent parfois des affrontements meurtriers.

L'année 2004 consacre la renaissance du naxalisme indien à la suite de la fusion de deux tendances, le groupe Guerre du peuple (PWG) et le centre communiste maoïste (MCC) au sein d'un parti réunifié : le Parti communiste indien maoïste (CPI Maoist).

L'idéologie professée par le CPI Maoist puise dans les classiques. Elle affirme combattre "l'ordre semi-féodal et semi-colonial" au moyen d'une "guerre populaire prolongée" permettant d'instaurer in fine la "démocratie du peuple". La tactique consiste à "encercler" les villes par les campagnes.

Cette rhétorique n'est pas sans rencontrer d'écho au sein des parias de la société indienne, en particulier les communautés tribales de plus en plus dépossédées par des projets de développement industriel. Les forêts des Etats de Jarkhand, Chhattisgarh ou de l'Orissa recèlent en effet des gisements de minerais (fer, bauxite, etc.) attisant les convoitises de grosses sociétés minières.

Le gouvernement indien se dit, pour sa part, conscient de la dimension sociale de la révolte naxalite et affirme vouloir mener de front répression policière et réhabilitation économique.

 

Frédéric Bobin
Article paru dans l'édition du 06.10.09

04/10/2009

Votation pour la Poste

Paris, le 4 octobre à 15h30
Succès de la votation citoyenne sur l'avenir de La Poste
Communiqué d'Attac France



Organisée par le Comité national contre la privatisation, la votation citoyenne sur l’avenir de La Poste a été un succès considérable. Avec plus de 10 000 points de vote et, à l’heure où nous écrivons, près de 2 millions de participants, c’est un processus démocratique d’ampleur qui s’est effectué. Il est la preuve de l’attachement de la population au grand service public de proximité qu’est La Poste.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement et du Président de la République. D’ores et déjà leur tentative de faire passer en catimini le projet de loi de transformation de La Poste en société anonyme a échoué. Aucune raison ne justifie cela sinon le fait d’entamer un processus de privatisation qui est refusé par nos concitoyens.

Dans cette situation, le gouvernement doit tout d’abord geler son projet de loi et engager un véritable débat public sur l’avenir du service public postal. La votation citoyenne a confirmé que l’avenir des services publics est l’affaire de toutes et de tous. Elle rend encore plus actuelle et nécessaire l’organisation d’un référendum sur le sujet.

Attac France,
Le 4 octobre 2009

Irlande : le vote acheté

Irlande : la démocratie au forceps
Communiqué d'Attac France


http://www.france.attac.org/spip.php?article10364

Le résultat est clair : le vote « oui » au Traité de Lisbonne s'est exprimé à une large majorité. Mais il n'efface pas le déni démocratique qui a été institué, avec la décision de faire revoter des citoyens irlandais qui ont « mal » voté en juin 2008. Cela après qu'en France et aux Pays-Bas, les gouvernements aient décidé d'entériner le vote sur le Traité de Lisbonne par un vote parlementaire, par peur que leurs citoyens ne revotent « non » sur un traité jumeau du Traité constitutionnel européen.

Tous les moyens ont été mis en œuvre pour tenter de faire changer d’avis les Irlandais. A commencer par les moyens de communication, à coup de campagnes largement financées par les grandes entreprises comme Ryanair et Intel, qui ont donné des sommes énormes pour la cause du « oui ». Des engagements ont été pris par le gouvernement irlandais et le Conseil européen, mais uniquement à destination du « non » de droite nationaliste : nomination d'un commissaire irlandais, possibilité de poursuivre un dumping fiscal en Irlande, maintien de l'interdiction d'avorter,... Par contre, rien pour le « non » de gauche, qui se bat notamment contre une Europe du libre-échange, pour un nivellement vers le haut des droits sociaux et contre la militarisation inscrite dans le traité. Pourtant, ce « non » de gauche avait eu un rôle important, bien plus que ce qui a pu être rapporté dans les médias.

Le résultat de ce référendum n'est pas un « oui » à la forme et à l'orientation que revêt aujourd'hui l'Union européenne. C'est un « oui » obtenu par la peur et l'insécurité provoquées par la gravité de la crise. Il ne pourra conforter pour l'instant que la voie néolibérale dans laquelle est engagée l'Union européenne. La crise économique aurait dû pousser cette Union à une réaction politique d'ampleur, pour mettre au pas la finance et remettre le social et l'écologie au premier plan. Au lieu de cela, elle reste empêtrée dans le carcan de ses traités et de son idéologie néolibérale. C'est pourquoi nous continuerons à dénoncer, au-delà des traités, les politiques et directives qui poursuivent ce projet mortifère, et nous poursuivrons notre travail unitaire pour proposer des alternatives concrètes pour une autre Europe, solidaire, écologique et démocratique.

Attac France,
Montreuil-sous-bois, le 3 octobre 2009

Contacts presse :
- Aurélie Trouvé : 06 17 17 50 87
- Jean-Marie Harribey : 06 85 71 25 82

02/10/2009

La démocratie représentative en France

un article à lire dans le Monde Diplomatique de ce mois (4,50€ chez votre marchand de journaux habituel)

 

Les pièges de la professionnalisation

Faire de la politique

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ou vivre de la politique ?

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Exclus durablement du pouvoir national en France, les partis de l’ex-gauche plurielle se sont repliés sur leurs bases locales et sur leurs réseaux d’élus, s’accommodant d’une situation qui leur assure de nombreux postes à répartir. Le Parti socialiste, le Parti communiste français et les Verts sont ainsi devenus des machines électorales, relativement performantes sur le plan municipal, départemental ou régional, dans lesquelles les intérêts de milliers de professionnels de la politique semblent désormais prédominer. Il semble loin le temps où la gauche combattait la notabilisation de ses élus. La lutte des places tend à se substituer à celle des classes, coupant les partis de gauche des revendications et du vécu quotidien des groupes sociaux qui les soutenaient traditionnellement (ouvriers, employés, enseignants). Et alors même que flexibilité et précarité frappent durement ces milieux et que la crise a fissuré les dogmes libéraux, ce sont les querelles de chefs et les savants calculs pour la composition des listes électorales qui dominent les débats.

Par Rémy Lefebvre

Les élections européennes passées, les partis de l’ancienne gauche plurielle sont préoccupés, en cette rentrée, non par la crise économique et sociale, mais par les préparatifs des régionales de 2010 et l’épineuse question de la composition des listes. Le mode de scrutin proportionnel confère aux formations politiques un rôle essentiel qui leur permet de rétribuer ou de reconvertir tout un ensemble de responsables (anciens battus, aspirants à la carrière politique sans ancrage municipal, collaborateurs ou proches d’élus, adjoints de grandes villes, responsables de courants…).

Les associés-rivaux socialistes, écologistes et communistes ont beaucoup à perdre ou à gagner dans cette bataille. Le Parti socialiste (PS) cherche ainsi à préserver la quasi-totalité des régions (vingt sur vingt-deux) qu’il dirige depuis son écrasante victoire de 2004. Sa première secrétaire, Mme Martine Aubry, a déjà concédé aux présidents sortants une grande liberté dans les stratégies d’alliance et la composition des listes pour permettre d’en conserver le maximum. Le pragmatisme électoral est désormais de mise.

Les Verts, dont la structuration locale dépend de leurs cent soixante-dix élus régionaux, entendent capitaliser leur succès aux européennes de juin dernier et construire un nouveau rapport de forces avec le PS en vue des prochaines législatives . Le Parti communiste français (PCF), enfin, hésite entre la poursuite du Front de gauche et une alliance classique avec le PS, moins aventureuse, qui aurait l’avantage de lui assurer d’emblée un minimum de mandats. L’intérêt des appareils politiques prime ici sur toute autre considération : les enjeux internes à la gauche ont pris le pas sur les préoccupations externes et les intérêts des groupes sociaux qu’elle est censée défendre.

Depuis 2002, la gauche se trouve dans une situation paradoxale. Affaiblie nationalement, écartée de la sphère du pouvoir d’Etat, idéologiquement dominée, privée de toute perspective structurante, elle n’a jamais autant prospéré localement. Le PS et les Verts ont (...)


Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques.

Rémy Lefebvre.

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Rémy Lefebvre

lire aussi sur ce blog la note :

Renouveler la Démocratie...

Professeur de sciences politiques à l’université de Lille-II, coauteur avec Frédéric Sawicki de La Société des socialistes, Editions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, 2006.