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27/06/2009

Indemnisation des victimes d'essais nucléaires français

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/26/indemnisation-des-victimes-d-essais-nucleaires-la-fin-d-un-long-silence_1211851_3224.html#ens_id=1209127

 

Compte rendu

Indemnisation des victimes d'essais nucléaires : la fin d'un long silence

LE MONDE | 26.06.09 | 15h37  •  Mis à jour le 26.06.09 | 15h37

 

L'Assemblée nationale a débattu, jeudi 25 juin, d'un projet de loi d'indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Le texte était attendu depuis longtemps : l'ensemble des orateurs ont tenu à souligner le travail mené sur ce dossier par les associations de victimes, des parlementaires de tous bords, ainsi que le médiateur de la République. Depuis 2002, pas moins de 18 propositions de loi émanant de la majorité comme de l'opposition ont été déposées, sans qu'aucune ne parvienne à franchir le stade de l'examen. Le projet de loi, qui doit être voté en première lecture mardi 30 juin, met fin à ce long silence législatif sur la responsabilité de l'Etat français.

Le texte présenté jeudi par le ministre de la défense, Hervé Morin, vise à reconnaître les conséquences sanitaires des essais nucléaires français et à indemniser les victimes ou leurs ayants droit. Le 13 février 1960 avait lieu, dans le désert algérien, sur une zone classée terrain militaire située à 50 kilomètres de Reggane, l'opération "Gerboise bleue". Avec cette première explosion atmosphérique d'une bombe atomique d'une puissance de 60 à 70 kilotonnes, la France intégrait le club des puissances nucléaires. Les vents ont porté les retombées radioactives sur un rayon de plusieurs centaines de kilomètres.

 

210 ESSAIS ENTRE 1960 ET 1996

Entre 1960 et 1996, date de la fin des essais nucléaires dans le Pacifique, la France en a mené 210. Jusqu'en 1966, 17 essais ont été réalisés au Sahara. Les 13 derniers tirs étaient souterrains. Cependant, 4 essais n'ont pas été totalement confinés. Lors de l'essai Béryl, le 1er mai 1962, entre 5 % et 10 % de la radioactivité s'échappe, provoquant une retombée radioactive sur une bande de 150 kilomètres. Le démantèlement des sites d'expérimentation au Sahara a pris fin le 31 décembre 1967.

Les expérimentations se sont poursuivies, à partir de 1966, en Polynésie, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa : 193 essais (46 essais atmosphériques et 147 souterrains) y ont été effectués ; 10 d'entre eux ont donné lieu à des retombées radioactives "significatives".

Selon l'étude d'impact jointe au projet, 150 000 travailleurs (civils et militaires) ont été présents sur les sites d'expérimentation : 70 000 d'entre eux sont susceptibles d'avoir été exposés à des rayonnements. En outre, environ 2 000 personnes, dont 600 enfants de moins de 15 ans, résidaient pendant les essais aériens en Polynésie dans le secteur ayant subi des retombées radioactives.

Le projet de loi d'indemnisation prend en compte toutes les victimes, militaires et civiles. Le comité d'indemnisation, présidé par un magistrat et composé d'experts, aura accès aux documents classifiés. Le ministre s'est engagé à "ouvrir tous les placards, tous les tiroirs, tous les coffres". Le demandeur devra justifier qu'il est atteint d'une des maladies radio-induites figurant sur une liste fixée par décret et qu'il a séjourné dans les zones concernées pendant la période des essais.

Les associations de victimes, relayées par plusieurs députés, auraient souhaité que soit inscrit dans la loi le principe de "présomption du lien de causalité". Elles saluent néanmoins le "pas en avant" que constitue ce texte.

 

Patrick Roger

Article paru dans l'édition du 27.06.09

14:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : justice, société

18/06/2009

L'ONU veut contrôler la ruée vers les terres agricoles

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/15/l-onu-veut-controler-la-ruee-vers-les-terres-agricoles_1206948_3244.html#ens_id=1207050

 

L'ONU veut contrôler la ruée vers les terres agricoles

LE MONDE | 15.06.09 | 18h04  •  Mis à jour le 15.06.09 | 20h27

Bruxelles. Correspondant

 

Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, s'inquiète de l'extension rapide des acquisitions et locations de terres agricoles dans des pays en développement par des Etats riches et des fonds d'investissement. Cette pratique du land grabbing ("accaparement de terre") s'est accélérée à la faveur de la crise alimentaire de 2008.

M. De Schutter juge que la question doit figurer à l'agenda des discussions agricoles du G8, le sommet des huit pays les plus industrialisés, en juillet. Il avance onze principes liés aux droits de l'homme qui devraient, selon lui, servir de base aux contrats futurs ainsi qu'à une approche multilatérale, afin d'éviter les menaces qui planent sur les populations locales.

Selon les estimations, de 15 à 20 millions d'hectares (ha) - l'équivalent des terres arables françaises - ont fait l'objet de transactions depuis trois ans, essentiellement en Afrique. La Chine aurait acheté 2,8 millions d'ha en République démocratique du Congo pour y développer la plus grande exploitation mondiale d'huile de palme. La Corée du Sud, les Emirats arabes unis et l'Egypte ont acquis, au total, plus de 1,5 million d'ha au Soudan. L'Arabie saoudite aimerait louer un demi-million d'ha en Tanzanie.

Les experts estiment que, d'ici à 2030, il faudra trouver 120 millions d'ha de terres agricoles supplémentaires pour répondre à la demande de produits alimentaires. "Ces investissements peuvent représenter une chance de développement, créer des infrastructures et de l'emploi, permettre à des agriculteurs d'accéder à la technologie et au crédit, note M. De Schutter. Ils peuvent aussi avoir des conséquences très négatives et menacer tant le droit à l'alimentation que les autres droits des populations concernées." Faute de règles négociées, des cultivateurs sont, et seront, expulsés et privés d'accès aux ressources indispensables à leur survie.

Le paradoxe, relève le représentant spécial, est que parmi les personnes les plus exposées au risque alimentaire se trouvent 500 millions d'hommes et de femmes dont dépend en grande partie l'avenir de la planète : ce sont les ouvriers salariés du secteur agricole. "Leur assurer une protection adéquate constituerait une contribution majeure", estime-t-il.

M. De Schutter réclame également que les investissements soient couplés à des projets à haute intensité de main-d'oeuvre, ce qui donnerait de l'emploi et des revenus aux groupes locaux. Ils devraient, en outre, se voir réserver une partie des récoltes, à mettre en vente sur les marchés locaux. Le représentant spécial demande encore que les principes du développement durable et d'une approche agro-écologique soient respectés partout.

Seule une approche multilatérale, conclut-il, permettra d'éviter la concurrence entre les pays pauvres désireux d'attirer des capitaux.

 

Jean-Pierre Stroobants (avec Antoine Le Bozec)

Article paru dans l'édition du 16.06.09

16/06/2009

Marianne parle du Front de Gauche

lu sur :

http://www.marianne2.fr/Un-nouvel-espoir-a-gauche_a180648.html?print=1

Un nouvel espoir à gauche

Henri Pena-Ruiz, intellectuel républicain engagé, explique pourquoi la performance du Front de Gauche est prometteuse.

La droite est satisfaite. Sa base de classe a répondu présent, ce qui se comprend puisque la politique menée va dans le sens de ses intérêts. Une Europe libérale, antilaïque, antisociale, destructrice des services publics, se met en place. Le Parti socialiste, lui, récolte les fruits  amers de ses atermoiements, voire de sa duplicité : voter, d’une part, le traité de Lisbonne et prétendre, d’autre part, défendre une Europe sociale, alors que l’un contredit l’autre. Sur fond d’abstention massive de l’électorat populaire, le Front de gauche vient malgré tout de réussir une belle percée, prometteuse pour l’avenir. Il ouvre la voie à une véritable alternative, aussi clairement à gauche que la droite est à droite. Celle d’une alliance pérenne, destinée à s’élargir à tous ceux qui veulent que la gauche soit vraiment la gauche, car ils en ont assez de ce capitalisme arrogant et des trahisons qui lui laissent les mains libres. La gauche n’a pas à rougir de son histoire. Il faut en finir avec les complexes et les reniements qu’ils entraînent. Qui a défendu l’émancipation politique du peuple ? Ceux qui siégèrent à gauche dans l’Assemblée constituante le 28 août 1789. Qui a amorcé l’émancipation laïque tournée non contre la foi religieuse mais contre son instrumentalisation politique, source d’oppression et d’obscurantisme ? Qui a conçu l’instruction publique, destinée à « rendre la raison populaire » (Condorcet) pour un exercice éclairé de la citoyenneté ? Qui a redéfini la nation dans un sens universaliste comme patrie du vivre ensemble selon le droit, en lieu et place d’une nation fondée sur des particularismes sources d’exclusion ? Qui a lutté sans relâche pour des droits sociaux susceptibles de donner chair et vie aux droits politiques ? Aujourd’hui, dans un contexte de crise systémique du capitalisme, la gauche doit se ressaisir pour offrir au mouvement social une authentique perspective d’alternative à ce monde d’insolente injustice. Cinq orientations majeures peuvent redonner sens à l’espoir.

1 - Lancer une refondation politique et sociale de l’Europe, afin que les promesses de l’internationalisme cessent d’être synonymes de laminage de la souveraineté des peuples et de régression des droits sociaux. En quoi la concorde européenne impliquerait-elle la priorité donnée au profit capitaliste ? Il faut cesser de dégoûter les citoyens d’une belle idée en la confondant avec la dictature du grand marché. L’Europe des peuples, de la paix, de la culture, Victor Hugo en rêvait. Mais elle ne peut advenir que par la justice sociale. Celle-ci implique un nivellement par le haut, et non par le bas, du droit du travail et des conquêtes politiques inaugurées par la Révolution française. L’Europe doit être laïque et sociale.

2 - Développer la laïcité des Etats et des institutions publiques. La loi commune doit assurer non seulement la liberté de conscience mais aussi l’égalité de droits des divers croyants, des athées et des agnostiques. Tout privilège public, financier ou juridique, des religions est une discrimination inacceptable pour ceux qui ont d’autres convictions. Il s’exerce de surcroît au détriment des ressources publiques donc de l’intérêt général. La loi ne saurait être dictée par la foi : celle-ci ne doit engager que les croyants. La sphère morale et spirituelle est ainsi affranchie de toute tutelle. La laïcité est un principe d’émancipation et de concorde, propre à fonder une véritable fraternité en assurant la promotion du bien commun à tous.

3 - Refonder la souveraineté populaire en restituant au champ d’une citoyenneté active les compétences qui lui ont été ôtées au nom d’experts faussement neutres, car liés aux puissances dominantes du capitalisme et de son idéologie ultralibérale. Penser de nouvelles modalités de l’appropriation collective de tout ce qui est d’intérêt commun. Etudier des formes audacieuses du contrôle populaire du développement socio-économique mais aussi des décisions prises par les pouvoirs publics. Il faut refonder et reconsidérer la politique démocratique comme forme et moyen de la participation populaire à l’élaboration des règles communes.

4 - Développer les services publics pour assurer un accès égalitaire aux biens de première nécessité : la santé, l’instruction et la culture, le logement, l’accès à l’énergie, la communication et les transports collectifs. La République s’affirme non par un centralisme autoritaire qui instaurerait une hiérarchie géographique entre les régions, mais par une centralité sociale qui assure la solidarité redistributive. Elle le fait par la péréquation et une fiscalité progressive propre à contenir les inégalités dans des limites essentielles pour que soit assurée la dignité humaine de tous. L’école publique, par exemple, met la culture à la portée de tous, pour promouvoir une citoyenneté éclairée.

5 - Prendre en compte concrètement la dimension sociale de toute activité économique, afin de développer l’esprit de responsabilité de ceux de ses acteurs qu’obsède la seule rentabilité à court terme, source évidente d’exploitation et de négligence à l’égard de ses conséquences néfastes. Il est en effet irresponsable de laisser à la charge des pouvoirs publics le soin de réparer les dégâts écologiques d’une telle conception, mais aussi ses impacts humains : santé altérée, désespoir, sentiment d’exclusion, paupérisation liée au chômage, etc. Le droit du travail doit être réaffirmé et développé dans le sens d’un contrôle social de ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur les êtres humains. D’où trois exigences conjointes : écologie sociale, code du travail, recherche active d’un mode de développement à la fois juste pour tous et responsable pour l’environnement.

Notre monde n’est pas en panne d’idéal. Nul dogmatisme, nul procès d’intention. Mais la gauche doit oser être elle-même, en conjuguant tous les registres d’émancipation. « Et les bateaux repartiront vers la lumière » (Paul Eluard).

 

Vendredi 12 Juin 2009

Henri Pena-Ruiz - philosophe et essayiste

Source :

http://www.marianne2.fr

17:06 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

09/06/2009

La sociologie de l'abstention aux élections européennes du 7 jun 2009

Le NPA, le MoDem et le FN sont les principales victimes de l'abstention

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/le-npa-le-modem-et-le-fn-sont-les-principales-victimes-de-l-abstention_1203923_1168667.html

 

LE MONDE | 08.06.09 | 15h30  •  Mis à jour le 08.06.09 | 15h30

 

Le premier enseignement du sondage TNS Sofres/Logica réalisé dimanche 7 juin pour Le Monde, Le Point, France 2, France 3, France Inter concerne l'abstention (59,4 %). "Qui s'est abstenu et pour quelles raisons ?", interroge l'enquête effectuée par téléphone auprès de 2 000 personnes.

Qui s'est abstenu ? L'analyse par tranche d'âge fait ressortir un phénomène d'abstention massif chez les 18-24 ans (70 %) et les 25-34 ans (72 %), ainsi qu'à un niveau moindre chez les 35-49 ans (64 %), alors que l'électorat plus âgé s'est davantage déplacé : 42 % d'abstention chez les 65 ans et plus.

Le deuxième élément porte sur la sociologie de l'abstention : sans surprise, l'électorat populaire s'est fortement abstenu (69 % chez les ouvriers et 66 % chez les employés). On enregistre également un très fort taux d'abstention parmi les artisans, commerçants et chefs d'entreprise (77 %).

De fait, les courants politiques ayant le plus pâti de l'abstention sont l'extrême gauche (68 %), le MoDem (66 %) et le Front national (65 %). Ainsi, 73 % des personnes ayant voté pour Olivier Besancenot au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 n'ont pas participé à ce scrutin. A l'inverse, les électorats qui se sont le plus mobilisés sont ceux de l'UMP, des Verts et du PCF.

Les raisons de l'abstention. Faut-il voir dans cette forte abstention un rejet de l'Europe ? Globalement, plus de la moitié des personnes interrogées (53 %) se disent très ou assez attachées à l'Europe, les pourcentages les plus forts se trouvant parmi les électeurs d'Europe Ecologie et du MoDem (89 %).

Ce contraste entre l'identité européenne de l'électorat du MoDem et la faible mobilisation de ce dernier dans ce scrutin européen confirme qu'il a été sérieusement désorienté par la campagne de son leader. Les opinions les plus négatives à l'encontre de l'Europe se concentrent surtout chez les souverainistes de Libertas et au FN

Pour 20 % des électeurs - "seulement" -, l'abstention a été un moyen de manifester leur désapprobation vis-à-vis de la construction européenne. En s'abstenant, les électeurs ont voulu d'abord marquer leur mécontentement à l'encontre des partis politiques : pour 31 % des personnes interrogées, c'est la cause principale de leur abstention, tandis que 22 % d'entre elles disaient ne pas voir de différences entre les partis.

Les motivations du vote. Près de six électeurs sur dix (59 %) disent s'être déterminés essentiellement en fonction des enjeux européens, tandis que 37 % ont choisi en fonction des problèmes nationaux.

Parmi ces derniers, les électeurs du Front national, à 70 %, et ceux du NPA, à 65 %, sont ceux qui ont le plus voulu donner une connotation nationale à leur vote. Alors qu'à l'inverse à peine 20 % des électeurs d'Europe Ecologie en faisaient une dimension prioritaire. Il faut noter, là aussi, que seuls 33 % des électeurs du MoDem disent s'être prononcés en fonction du contexte national. La dimension hexagonale n'était pas pour autant absente de ce scrutin. Sur ce plan, le gouvernement recueille le soutien de seulement 30 % des électeurs, dont 81 % parmi ceux qui ont voté en faveur des listes de l'UMP.

A l'inverse, 45 % des électeurs disent avoir voulu exprimer un vote de mécontentement contre le gouvernement : les pourcentages les plus élevés se trouvent chez les électeurs du Front de gauche (84 %), du NPA (79 %) et du PS (71 %). Un PS dont 37 % des personnes interrogées estiment qu'il n'est "pas assez à gauche", avis partagé par plus de la moitié (52 %) de ses propres électeurs.

 

Patrick Roger

Article paru dans l'édition du 09.06.09

09:28 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie