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30/04/2009

FRANCE, ta République laïque fout l'camp !

lu sur : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/30/quand-le-pretre-formera-l-instituteur-par-caroline-fourest_1187425_0.html

Chronique
Quand le prêtre formera l'instituteur, par Caroline Fourest

LE MONDE | 30.04.09 | 12h54 • Mis à jour le 30.04.09 | 12h54

On assiste à un assaut sans précédent pour tenter d'affaiblir l'enseignement républicain et laïque au profit de l'enseignement privé et confessionnel. En principe, la République "ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". En coulisse, tout est fait pour torpiller l'esprit de cette loi dès qu'il s'agit d'éducation nationale.

Dans la plus grande discrétion, tout un pan du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran vient d'entrer en vigueur. On se souvient de cette phrase dans laquelle le président plaçait le prêtre au-dessus de l'instituteur "dans la transmission des valeurs". Depuis, il a tenté de minimiser. Ces mots traduisent pourtant une vision de la transmission et de l'enseignement que son gouvernement applique à la lettre.

Dans une autre partie de son discours, moins célèbre, le président regrettait que la République ne reconnaisse pas la "valeur des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholique". On pensait à la reconnaissance de diplôme de théologie... Ils n'ont pas à être validés par la République puisqu'elle ne "reconnaît aucun culte". Mais le président s'obstine. Notamment avec l'arrière-pensée de pouvoir estampiller la formation des imams rêvée par le ministère de l'intérieur mais dispensée par la Catho. Un bricolage qui ne fait que renforcer l'impression d'une gestion postcoloniale de l'islam, donc la propagande islamiste. Tout en tuant à coup sûr l'esprit de 1905.

L'affaire est plus grave qu'il n'y paraît. Les décrets de cet accord - signé en catimini entre la France et le Vatican le 18 décembre 2008 - viennent de tomber. Ils prévoient la "reconnaissance mutuelle des diplômes de l'enseignement supérieur délivré sous l'autorité compétente de l'une des parties". Or cette "reconnaissance" ne vaut pas seulement pour les matières théologiques mais aussi profanes. Autrement dit, le baccalauréat ou d'éventuels masters.

L'accord feint d'appliquer une directive européenne (le processus de Bologne), pensée pour reconnaître les diplômes étrangers, mais il change de nature à partir du moment où il est signé avec le Vatican, pour "reconnaître" des diplômes délivrés sur le sol français par des établissements de l'Eglise. Ce qui revient non seulement à casser le monopole des diplômes qu'avait l'Etat depuis 1880, mais aussi l'esprit de l'article 2 de la loi de 1905.

Jusqu'ici, les établissements catholiques privés pouvaient parfaitement préparer des élèves au bac, mais ceux-ci devaient passer leur diplôme avec tous les autres. Petite astuce connue des professeurs : de nombreux établissements privés choisissent de ne présenter que les meilleurs élèves sous leurs couleurs et d'envoyer les autres en candidats libres pour améliorer leur score de réussite au bac. Appâtés par des pourcentages tournant autour de 100 %, de plus en plus de parents se tournent vers ces établissements au détriment de l'école publique.

Le gouvernement fait tout pour encourager ce choix : démantèlement de la carte scolaire, baisse du nombre de professeurs dans le public... Le plan banlieue est à sec, mais on racle les fonds de tiroirs pour financer - sur fonds publics - l'ouverture de 50 classes privées catholiques dans les quartiers populaires. Un grand lycée Jean-Paul-II est sur les rails. Un collège tenu par l'Opus Dei est déjà sous contrat.

Il ne manquait plus que ça : la fin du diplôme d'Etat... Justement au moment où l'Etat annonce vouloir supprimer les IUFM, brader les concours, et remplacer leur formation par un master que pourrait préparer n'importe quel établissement privé. Comme ça, en plus de délivrer le baccalauréat, le Vatican pourra ouvrir des masters destinés directement aux futurs enseignants.

Un comité 1905 vient de porter plainte devant le Conseil d'Etat. S'il n'obtient pas gain de cause, le prêtre aura le champ libre pour reprendre la main sur l'instituteur.

Caroline Fourest
Article paru dans l'édition du 02.05.09

29/04/2009

Europe : Libéralisation du marché de l’énergie

COMMUNIQUE du Parti de Gauche :

Libéralisation du marché de l’énergie – la fuite en avant !

Mardi 21 Avril, le Parlement européen a voté le « troisième paquet énergie », (2 directives et 3 règlements à transposer d’ici un an dans tous les pays membres) qui parachève la libéralisation du marché européen de l’énergie. Cette libéralisation a pourtant dès à présent des conséquences économiques et sociales désastreuses et compromet à terme la tenue des objectifs climatiques de l’Europe. Hélas la majorité unissant la droite et le Parti Socialiste Européen au Parlement européen a choisi de persévérer dans cette dramatique impasse.

Le Parti de Gauche demande l’abrogation de toutes les directives liées à cette libéralisation, la création d’un pôle public européen de l’énergie et le retour d’EDF et GDF à 100% public. Dans cette perspective, il s’oppose à la ratification du Traité de Lisbonne qui incite à la privatisation de tous les services publics.


1. – La privatisation d’un service public se poursuit

« Les libertés que le traité garantit aux citoyens de l'Union - libre circulation des marchandises, libre prestation de services et liberté d'établissement - ne peuvent être effectives que dans un marché entièrement ouvert qui permet à tous les consommateurs de choisir librement leurs fournisseurs et à tous les fournisseurs de fournir librement leurs produits à leurs clients. »

La résolution du Parlement européen, en plein accord avec le Conseil de l’Union européenne et la Commission, vise à privatiser le marché de l’énergie, en renforçant la séparation entre les activités de distribution de l’énergie et celles liées à la gestion des réseaux. Les opérateurs comme EDF devront dissocier transport et distribution, pour mieux faciliter l’arrivée de la concurrence.

Encore une fois l’Union européenne confond liberté et libre-échange des marchandises et des services.


2. – Un bilan jusqu’ici désastreux

Engagée depuis 2003, cette libéralisation présente un bilan économique, social et écologique particulièrement désastreux, comme on peut le constater en France.

- économique : Les prix de l’électricité sur le libre marché ont été bien supérieurs aux tarifs régulés d’EDF ! Peu de consommateurs ont finalement quitté EDF.
- social : EDF a progressivement augmenté ses tarifs aux particuliers pour pouvoir financer sa politique de rachat d’entreprises européennes. Résultat : les impayés de factures EDF ont littéralement explosé ces dernières années.
- écologique : Cette course à la concurrence a également permis de justifier le choix de construire un deuxième EPR à Penly, dans une logique de surenchère dans la capacité de production.

Enfin, EDF a commencé à réduire ses investissements dans le réseau de transport. L’égal accès de tous au service public de l’électricité sur le territoire de la République se détériore.

Des effets identiques sont constatés dans les pays qui ont cédé leurs services publics aux sirènes du profit : Royaume-Uni, Californie, c’est aussi l’explosion des tarifs et l’exclusion des pauvres.


3. – Ce que veut le Parti de Gauche

Le Parti de Gauche demande l’abrogation de ces nouvelles directives et des précédentes sur la libéralisation du marché de l’énergie, comme il demande l’abrogation de toutes les directives de privatisation des services publics et des biens communs fondamentaux. Il faut permettre qu’EDF-GDF redeviennent publics à 100%.

Le Parti de Gauche propose la création d’un Pôle public européen de l’énergie qui ait pour objectifs la garantie d’accès pour tous à l’énergie, la sécurité et la diversification des approvisionnements, la baisse des consommations et l’investissement massif dans les énergies renouvelables.
Le Parti de gauche milite pour la réduction 30% de la consommation d’énergie en Europe d’ici 2020, conformément aux engagements de lutte contre le réchauffement climatique. Cet objectif est incompatible avec la libéralisation du marché de l’énergie, qui pousse à la surproduction et la surconsommation.

Par conséquent, il s’oppose à la ratification forcée du Traité de Lisbonne dont les articles 106 et 107 empêcheront à l’avenir toute possibilité de service public de ce type en Europe.

23/04/2009

Grenelle de la téléphonie mobile : être ou ne pas être honnête

lu sur : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3706

21-04-2009

Grenelle de la téléphonie mobile : ça part mal…

Ce matin, lors d’une conférence de presse, les associations Priartèm et Agir pour l’environnement ont fait part de leurs inquiétudes devant la prochaine tenue du Grenelle de la téléphonie mobile. Ce Grenelle, qui débute jeudi, et lors duquel le Gouvernement espère obtenir des compromis de la part des différents acteurs, s’annonce apparemment assez mal. Pour les associations, la réunion ne prend pour l’instant pas la tournure d’un véritable débat public et « demeure passablement floue à 48h de son lancement ». Janine Le Calvez, de Priartèm, reconnaît qu’elle a l’impression que, sur ce dossier, « on cherche à passer en force », les pouvoirs publics ayant « décriés certains scientifiques pour en mettre d’autres à la place » et pour eux « il n’y a pas de problème avec la téléphonie mobile ». Les associations font remarquer que les avis de l’Académie de médecine et une étude du Pr. Viel qui confortent la thèse de l’innocuité ont été largement diffusés à quelques jours de cette réunion. Pour J. Le Calvez, cela signifie que la question du doute scientifique a été proprement évacuée des discussions. Or, en l’occurrence, les impacts sur la santé de la téléphonie mobile représentent un cas typique de controverse scientifique.

A l’heure actuelle, les avis contradictoires des experts ne permettent pas de trancher catégoriquement sur cette question. Le contexte est bien toujours à l’incertitude. Pour Priartèm et Agir pour l’environnement, cette situation relève donc du débat et du principe de précaution. Mais, alors que les associations attendaient la participation de scientifiques lors des tables rondes des 6, 14 et 15 mai prochains, selon Michel Roseinheim, conseiller de la Ministre de la Santé, « la présence de scientifiques dans un tel débat ne serait pas indispensable », et seuls un juriste et deux sociologues apporteront leurs expertises.

Le Grenelle de la téléphonie mobile ne sera-t-il donc qu’une suite de déclarations inconsistantes ? C’est bien là ce que craignent les associations. Pour leur part, elles attendent des mesures réglementaires, notamment la baisse des seuils d’exposition aux ondes des antennes relais à 0,6 V/m ainsi qu'une plus effective protection des enfants, et non une charte négociée avec les opérateurs. Confortées dans leur détermination par un récent sondage BVA qui montre que 80% des Français sont favorables à une réglementation plus contraignante et par les précédents recours en justice contre les antennes relais , les associations se réservent le droit de quitter à tout moment la table des négociations. A suivre…

Elisabeth Leciak

22/04/2009

Rythmes scolaires : la semaine de quatre jours contestée

lu sur : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/20/rythmes-scolaires-la-semaine-de-quatre-jours-contestee_1182965_0.html

Enquête
Rythmes scolaires : la semaine de quatre jours contestée
LE MONDE | 20.04.09 | 16h10 • Mis à jour le 21.04.09 | 07h53

Lille, Grenoble, Angers, Brest : plusieurs municipalités socialistes remettent en cause la semaine de quatre jours généralisée dans les écoles primaires à la rentrée. Décidée en fin d'année scolaire 2007-2008 par le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, la suppression des cours le samedi matin s'est faite au détriment des élèves, considèrent ces élus qui ont engagé des concertations dans leurs villes ou projettent de le faire. La circulaire du 5 juin 2008 sur l'aménagement du temps scolaire prévoyait bien la possibilité de transférer les cours du samedi au mercredi matin sur proposition du conseil d'école, après avis de la commune et accord de l'inspection académique, mais seulement 3,6 % des écoles ont choisi cette organisation.

L'objectif des élus est donc de convaincre la communauté éducative, et surtout les parents et les enseignants, de l'intérêt pour l'enfant de revenir à une semaine organisée sur neuf demi-journées avec école le mercredi matin. "Les spécialistes des rythmes scolaires s'accordent pour dire qu'une semaine de quatre jours, c'est la pire des solutions, explique Patrick Kanner, adjoint au maire de Lille en charge du projet éducatif local. Nous avons dénoncé dès le 23 juin en conseil municipal cette mesure prise dans l'urgence et sans concertation."

L'élu s'inquiète particulièrement pour la scolarité des élèves en difficulté dont les journées de six heures ont été rallongées par deux heures hebdomadaires d'aide personnalisée. "Faire classe le mercredi matin présenterait l'avantage de supprimer une rupture de rythme dans la semaine et d'alléger de trois quarts d'heure les jours de classe qui sont parmi les plus longs en Europe", analyse M. Kanner.

Après avoir organisé des rencontres par quartier avec les parents, enseignants et les différents acteurs éducatifs, la mairie de Lille va inviter, début mai, les conseils d'école à délibérer sur un éventuel retour à neuf demi-journées. "L'inspecteur d'académie nous a donné son feu vert en nous demandant, en cas de retour au mercredi, à ce que cela se fasse sur un périmètre cohérent", poursuit M. Kanner. La mairie espère être entendue dans les quartiers les plus défavorisés. Mais les habitudes étant prises, le retour en arrière risque d'être difficile.

La mairie de Grenoble, dont la concertation sur le sujet s'achève bientôt, avoue la difficulté de convaincre. "La majorité des parents comme des enseignants semble souhaiter rester dans le schéma actuel, constate Paul Bron, adjoint à l'éducation. Je m'attends à très peu, voire à pas du tout d'écoles qui optent pour une organisation de quatre jours et demi pour la prochaine rentrée." Toutefois, la mairie ne désespère pas de voir l'idée faire son chemin dans les esprits pour la rentrée 2010.

"Des syndicats enseignants ont mis en doute la capacité de la mairie à mettre en place des activités périscolaires dans le cadre de la semaine de quatre jours et demi, ce qui a ébranlé les parents. Mais c'était un faux débat, déplore Dominique Nussard, présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) de l'Isère. Il y a une vraie réflexion de fond à mener sur les rythmes de l'enfant."

La section départementale du principal syndicat des enseignants du primaire, le Snuipp de l'Isère, assure qu'il n'y a pas "d'opposition absolue et frontale" à travailler le mercredi. "La plupart d'entre nous regrettent la suppression de l'école le samedi matin car c'était un moment privilégié de contact avec les parents d'élèves", assure Gabrielle Beyler, du Snuipp-Isère. Elle regrette par ailleurs que la réflexion sur les rythmes ait été initiée par la mairie sans être relayée par l'inspection académique.

A Angers, après une cinquantaine de réunions, un questionnaire sera bientôt soumis aux conseils d'école. "Le contexte est difficile, reconnaît Luc Belot, adjoint à l'éducation. La communauté éducative, du fait de nombreuses réformes controversées, est sous pression. Toutefois, les avis sont assez partagés pour considérer que la semaine de quatre jours fonctionne mal." Beaucoup suggèrent un basculement sur une semaine de quatre jours et demi en 2010 plutôt qu'à la rentrée prochaine.

La mairie de Brest a décidé, elle aussi, de remettre la question sur la table. "Nous allons organiser un débat public le 28 avril, explique Marc Sawicki, adjoint à la politique éducative locale. On nous dit que les enfants sont épuisés et nous devons les placer au centre de nos préoccupations." Mais poursuit l'élu, "c'est un débat politiquement dur à porter".

Déjà consultés l'an dernier sur un transfert des cours du samedi au mercredi matin, les conseils d'écoles s'étaient, en majorité, prononcés contre. "Les parents estimaient que ce serait beaucoup plus compliqué pour eux de gérer l'organisation du mercredi après-midi, contrairement au samedi matin où ils ne travaillent pas pour la plupart d'entre eux", explique Michel Jacob, de la FCPE du Finistère. La mairie a chiffré le coût d'un éventuel retour à neuf demi-journées entre 500 000 euros et un million d'euros pour 73 écoles publiques - tout dépend s'il y a, ou pas, cantine le mercredi.

Au ministère, on rappelle que, en réponse à une campagne nationale lancée par la FCPE pour un retour à une semaine de quatre jours et demi avec école le mercredi, Xavier Darcos avait indiqué, le 4 février, qu'il ne voyait "aucun inconvénient" à ce que les écoles primaires repassent à ce rythme, en accord avec les conseils d'écoles. "J'y vois même beaucoup d'avantages", avait-t-il ajouté.

Pour Marc Sawicki, il faut aller plus loin. "Le ministère doit prendre conscience de son erreur et revenir en arrière en généralisant pour l'ensemble des écoles primaires les cours le mercredi matin", conclut l'élu.

Martine Laronche
Article paru dans l'édition du 21.04.09

15:55 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : éducation

21/04/2009

La suppression du juge d'instruction en France : une lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président,

Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique.
Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique. Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.
Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques. Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites." Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner. Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.

LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ

A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa.
La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès. Elle ne l'a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité. Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir.
Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun. Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ?
Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire.
Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'œuf. Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix.
Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.
En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.

Eva Joly, ancienne magistrate

15/04/2009

Les élections européennes du 7 juin 2009

lu sur : http://www.levraidebat.com/

Savez-vous que dans moins de 2 mois, le 7 juin exactement, nous élirons les 78 députés français au parlement européen ?
Peut-être pas. Et pour cause, les grands partis de gouvernement, PS et UMP en tête, ne semblent pas très pressés d'entrer en campagne. Les médias de leur côté restent également très timides sur le sujet, n'organisant aucun débat et ne questionnant presque jamais leurs invités politiques sur leur vision de l'Europe.
Ce rendez-vous électoral est pourtant capital, puisqu'il permettra ou pas de réorienter l'Europe.

Ce désintérêt n'est pas le fruit du hasard.
A notre sens, les partis du Système, emmenés par l'UMP et le PS, n'ont aucune envie que les Français se saisissent du débat européen. Ils conservent un très mauvais souvenir de la dernière fois où cela s'était produit, c'était en 2005 au sujet d'un certain référendum...
En réalité, le PS et l'UMP font tout pour que l'abstention, conséquence du désintérêt des citoyens, soit la plus forte possible.

En effet, autant il est généralement difficile d'évaluer l'impact de l'abstention lors d'un scrutin national classique, autant il apparaît que pour les élections européennes, elle favorise nettement les partis du Système, ceux qui défendent le statu quo européen et votent systématiquement les Traités et les directives. A contrario, lorsqu'il y a débat, les forces favorables au changement, qui aspirent à tourner la page de l'Europe de Bruxelles, font des scores beaucoup plus impressionnants.
Ainsi, les partis européistes du Système totalisent généralement entre 60% et 70% des voix aux élections européennes (quand l'abstention flirte avec ou dépasse les 50%), alors qu'ils étaient minoritaires le 29 mai 2005, ne réunissant sur le OUI à la Constitution européenne que 45% des électeurs, dans un contexte de forte participation, l'abstention n'excédant pas 30%.

A partir de cette rapide analyse électorale, on comprend pourquoi le PS et l'UMP visent l'abstention maximale, et organisent dans cette optique le non-débat, avec pour l'heure un certain succès à en croire un sondage de l'Eurobaromètre qui montre que 45% des Français seulement s'intéressent à cette élection.

Certains se demanderont pour quelles raisons le débat se traduit par une montée de l'opposition à cette Europe et un désir de changement ?
Tout simplement parce qu'il permet de mettre en lumière les réalités que l'on cache en temps normal, et de sortir de cette vision moyenne de l'Europe qu'on sert d'habitude aux Français, à savoir un espace de collaboration entre Etats qui rime avec modernité en favorisant la paix, les voyages, tout en faisant contre-poids aux Etats-Unis.
Bref, le débat permet de revenir sur Terre et de rompre avec cette Europe bisounours qu'on nous vend en permanence.

En effet, ni les grands médias à fond derrière le OUI en 2005, ni le PS, ni l'UMP n'ont envie que les Français sachent certaines choses sur l'Europe.
Qu'ils sachent par exemple que le plan d'aide français à l'automobile, qui prévoyait en contrepartie des 6,5 milliards d'euros d'aides l'interdiction des délocalisations et l'obligation de travailler avec des PME françaises, a été recalé par Bruxelles, au nom de la sacro-sainte "concurrence libre et non faussée".

Ils n'ont pas envie que les Français sachent que la monnaie unique n'est pas ce succès tant vanté qui nous "protégerait" de la crise. Selon Eurostat en effet, la zone euro est la première du monde à être entrée en récession, un trimestre avant les pays européens hors euro. Elle connaît la récession la plus forte, devant les Etats-Unis, et sort de 10 ans de croissance la plus molle du monde. Seul le Japon, confronté à des difficultés très spécifiques, fait moins bien.

Ils n'ont pas envie que les Français sachent que la législation européenne, élaborée par des commissaires non élus à Bruxelles, représente plus de 80% des lois votés au parlement français depuis des années (81,4% selon une étude menée en 2005 par le ministère allemand de la Justice).

Ils n'ont pas envie que les Français sachent que l'Union européenne est construite sur le modèle d'un grand marché qui favorise en son sein les délocalisations et interdit toute forme de protection.

Ils n'ont pas envie que les électeurs sachent que chaque année la France dépense 3 milliards d'euros de plus que ce qu'elle reçoit de l'Europe (aides agricoles comprises), que ce chiffre n'était que de 1 milliard en 2000 et qu'il grimpera à 7 milliards d'euros par an dès 2013.

Voilà ce que risquerait de révéler une vive campagne sur l'Europe. Et voilà précisément ce dont les partis du Système ne veulent pas.

Pour notre part, nous tenterons à notre niveau de déjouer ce piège de l'abstention.
Nous poursuivrons nos analyses. Nous informerons pour que chacun puisse le 7 juin voter en conscience, en sachant que sa voix contribuera à confirmer ce Système ou à précipiter sa chute.

13/04/2009

Histoire contemporaine: Palestine

Bar'am, nord de la Palestine :

lu sur : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/13/une-messe-pascale-contre-l-oubli-a-bar-am-village-chretien-detruit-du-nord-d-israel_1180014_0.html

Reportage
Une messe pascale contre l'oubli à Bar'am, village chrétien détruit du nord d'Israël
LE MONDE | 13.04.09 | 14h45 • Mis à jour le 13.04.09 | 14h45
BAR'AM ENVOYÉ SPÉCIAL

C'est une église noyée dans la nature. Une chapelle perdue dans un champ de boutons d'or, sur une colline de Haute-Galilée, dans le nord d'Israël. Chaque dimanche de Pâques, l'endroit connaît un miracle. Les paroissiens, invisibles en temps normal, affluent tout d'un coup de derrière les sapins et convergent vers le petit parvis pour se masser autour des piliers de la nef. Cette année encore, les hommes en costume, le visage grave, et les femmes bien mises ont suivi la cérémonie pascale, dans le culte maronite. Mais, ici, les chants de messe ont un parfum de ferveur et de fierté sans équivalent en Terre sainte. Car l'église est la balise de Bar'am, un village fantôme, dépeuplé et démoli par les troupes du jeune Etat juif, il y a près de soixante ans.

Son clocher signale la présence en contrebas d'un véritable lacis de ruines, enfouies sous les ronces et les herbes folles. Des morceaux de murets, un bout d'escalier, des façades en lambeaux : autant de révélateurs d'un passé prospère, interrompu par la première guerre israélo-arabe et ranimé, à chaque cérémonie, par les prières des fidèles. "Cet endroit, c'est mon sang, c'est mon âme, dit Naheda Zahra, 47 ans, à la sortie de la messe. A chaque fois que je viens ici, je revis."

Le calvaire de Bar'am commence le 29 octobre 1948, quand David Ben Gourion, premier ministre de l'Etat d'Israël proclamé six mois plus tôt, déclenche l'offensive Hiram. La cible est la zone frontalière avec le Liban, que le plan de partage de la Palestine - voté par les Nations unies en 1947 et rejeté par tous les pays arabes - avait attribuée aux Palestiniens. En l'espace de soixante heures, plusieurs dizaines de milliers de villageois sont jetés sur les routes de l'exil dans les combats entre les forces arabes et la Haganah, l'embryon de l'armée israélienne. Ces opérations, répétées sur tout le territoire de la Palestine mandataire, aboutiront à l'exode de 700 000 Palestiniens, qui lui vaudra le nom de Nakba ("catastrophe").

"RÉFUGIÉS SUR NOTRE TERRE"
A Bar'am, l'ordre d'expulsion tombe le 13 novembre. "Le commandant affirmait qu'il s'agissait d'une évacuation temporaire pour raisons de sécurité", raconte Khalil Badin, l'un des patriarches du village, âgé de 24 ans en 1948. Les 850 habitants se regroupent pour la plupart dans la localité voisine de Jish, dans l'attente du retour promis. Mais la consigne ne viendra jamais. Pour graver dans la pierre le rejet de leur pétition par la Cour suprême, l'aviation israélienne bombarde le village en 1953. "Tous les bâtiments ont été détruits, à l'exception de l'église, dit Khalil Badin. On a regardé l'attaque depuis un surplomb, que l'on appelle entre nous la colline des lamentations."

Pendant quarante ans, les villageois multiplient les requêtes. A force de manifester, ils obtiennent le droit de célébrer des messes dans l'église et d'enterrer leurs morts dans le cimetière. Mais tous les premiers ministres israéliens rechignent à leur permettre de rebâtir leurs maisons : ils redoutent d'établir un précédent susceptible de conforter le "droit au retour" accordé par les Nations unies aux réfugiés palestiniens. Pour combattre la lassitude qui s'empare parfois des jeunes générations, l'association Al-Awda ("le retour") est créée, qui organise des camps d'été. "Nous sommes réfugiés sur notre propre terre, nous n'oublierons jamais", dit Wassim Ghantous, l'un de ses responsables, âgé de 25 ans.

Dans ce culte des ruines, les jeunes chrétiens croisent parfois de jeunes juifs. Arguant de la présence, juste à côté de l'église, d'un temple antique identifié comme une synagogue, les autorités israéliennes ont transformé Bar'am en parc national. A chaque shabbat, des touristes déambulent entre les colonnades. La brochure qui leur est remise consacre deux lignes à l'expulsion des villageois, qualifiée d'"évacuation". Elle fournit d'amples détails sur l'histoire de la synagogue et sur l'inscription frappée sur son linteau. "Que la paix soit sur cette terre et toutes celles d'Israël."

Benjamin Barthe
Article paru dans l'édition du 14.04.09

19:03 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine

12/04/2009

La France , ÉTAT POLICIER (4)

Pour info, à diffuser.
lu sur :

http://www.profencampagne.com/article-30101317.html
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par Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l'Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l'Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j'ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l'origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j'enseigne depuis 20 ans), dans l'espace du Jardin des Plantes (Muséum National d'Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce «cours hors les murs», de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d'être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j'ai eu la surprise de me voir interpeller dés l'entrée franchie par le chef du service de sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
« Monsieur Vadrot ?
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l'accès du Jardin des Plantes
vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s'agit pas d'une manifestation, mais d'un cours en plein air, sans la moindre pancarte.
- C'est non ! »

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l'entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l'entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l'histoire du Muséum, l'histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m'interdisent à nouveau l'entrée.

Evidemment, je finis par me fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des
Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D'abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D'autres enseignants du
département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss,
insistent et menacent d'un scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans
doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celles que j'ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique:
"Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants"

Je promets et, évidemment, ne tiendrai pas cette promesse, tant le propos est absurde.

J'entre donc avec l'horrible certitude que, d'ordre du directeur et probablement du ministère de l'Education Nationale, je viens de faire
l'objet d'une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.

Je n'ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d'un glissement angoissant de notre société.

Rétrospectivement, j'ai eu peur, très peur...
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Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8 souhaite diffuser largement ce message.

11/04/2009

1789/2009

"Après 1789, 2009 ?", article de Sophie Wahnich, paru dans le Monde, 04/04/09 et sur http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2339

La Révolution française, vingt ans après le bicentenaire, affleure à nouveau dans les discours publics. Le président de la République de reconnaître que ce n'est pas facile de gouverner un "pays régicide". Alain Minc de mettre en garde ses "amis de la classe dirigeante" en rappelant que 1789 a commencé en 1788 et qu'il faut sans doute savoir renoncer à certains privilèges. Jean-François Copé de déplorer "la tentation naturelle de refaire en permanence 1793".

Ces énoncés témoignent pour le moins d'une inquiétude : le peuple français ne se laisse pas si facilement gouverner, il a su et saurait peut-être à nouveau devenir révolutionnaire, voire coupeur de têtes. Parler de la Révolution française vise soit à la congédier en affirmant qu'on ne laissera pas faire à nouveau, soit à en faire le lieu d'une expérience utile pour ne pas répéter les erreurs passées. La violence doit aujourd'hui pouvoir rester symbolique et ne pas atteindre les corps. Pour ce faire, il faut savoir d'un côté la retenir, et de l'autre tarir les sources de son surgissement.

Retenir la violence, c'est là l'exercice même du maintien de l'ordre. Or il n'appartient pas aux seules "forces de l'ordre". Les révolutionnaires conscients des dangers de la fureur cherchent constamment des procédures d'apaisement. Lorsque les Parisiens, le 17 juillet 1791, réclament le jugement du roi, ils sont venus pétitionner au Champ-de-Mars sans armes et sans bâtons. L'épreuve de force est un pique-nique, un symbole dans l'art de la politique démocratique.

Aujourd'hui, les mouvements sont non violents, ils inventent, comme de 1790 à 1792, des formes qui permettent de dire la colère tout en retenant la violence. Les manifestations et les grèves encadrées par les syndicats et les coordinations relèvent de cette tradition, mais on peut aussi voir des occupations avec pique-nique, un "printemps des colères" qui propose en même temps une guinguette. On lit La Princesse de Clèves dans un vaste relais de voix devant un théâtre public.

Or ces outils de l'auto-retenue de la violence peuvent être mis à mal par les forces de l'ordre quand elles usent de la violence répressive sur les corps. Ici encore, ce n'est pas sans rappeler la violence exécutive qui surgit contre les corps désarmés de la foule. Le 17 juillet 1791, certains sont morts dans une fusillade sans sommation, aujourd'hui certains perdent un oeil dans un passage à tabac, des enfants rentrent chez eux traumatisés, des manifestants sont interpellés et jugés pour rébellion.

Enfin cette auto-retenue peut céder si ceux à qui est adressée la demande de nouvelles lois n'entendent pas ces émotions disruptives que sont la colère, l'indignation et même l'effroi lié à la crise. Le désir de lois protectrices est au fondement du désir de droit. Le gouvernement joue avec le feu en refusant de traduire dans les faits cette demande populaire. Elle incarne un mode spécifique de la souveraineté en France : la souveraineté en actes. La disqualifier au nom de la seule démocratie représentative, c'est fragiliser encore davantage un pacte social d'unité déjà exsangue.

En effet, plus on s'éloigne de l'élection présidentielle, et plus la nécessité pour un président de la République de représenter le pays tout entier, réuni après la division électorale, semble négligée, voire méprisée.

Loin de tenir compte des attentes du camp adverse, notre gouvernement n'a pas non plus tenu compte de son propre camp, à qui il avait promis un meilleur niveau de vie. Aujourd'hui, la crise s'installe. Les effets sociaux et politiques du bouclier fiscal sont devenus lisibles. On assiste à une volonté de réformer le système éducatif français sans concertation et les réformes sont vécues comme des démantèlements purs et simples. Une dette d'honneur et de vie pourrait opposer frontalement deux groupes sociaux antagonistes et diviser profondément la société.

Dette d'honneur, car l'électorat a été trompé par un usage sans vergogne du registre démagogique et que, maintenant, il le sait. Dette d'honneur, car le refus de concertation prend appui sur la valeur supposée des résultats électoraux en démocratie. Effectivement, Nicolas Sarkozy a été bien élu, et la valeur donnée au rituel se retourne contre ceux mêmes qui y ont cru, dans toutes les catégories sociales révoltées. Enfin, "dette de vie", car aujourd'hui le travail et l'éducation nationale sont vécus comme des "points de vie" qui semblent disparaître sans que les plus riches semblent s'en soucier, avouant une absence totale de solidarité dans la crise.

Le mot d'ordre qui circule "nous ne paierons pas votre crise" met en évidence cette division sociale entre un "nous", les opprimés, et un "vous", les oppresseurs. Mais elle a surgi également dans l'enceinte de Sciences Po Paris. Des étudiants de l'université étaient venus chercher des alliés dans cette maison. Ils ont été éconduits et parfois insultés, qualifiés de futurs chômeurs dont les étudiants de Sciences Po auraient à payer le RMI. Cette violence symbolique traverse déjà donc différents segments de la société et ne peut qu'attiser la rébellion de ceux qui se sentent ainsi bafoués par une nouvelle morgue aristocratique. Les étudiants venaient chercher des alliés, ils ont rencontré des ennemis.

Mais le "nous" des opprimés n'est pas constitué uniquement des précaires, chômeurs, ou futurs chômeurs, il est constitué des classes moyennes qui sont précarisées, des classes lettrées qui manifestent et se mettent en grève pour défendre une certaine conception de l'université et des savoirs. Il est constitué de tous ceux qui, finalement, se sentent floués et réclament "justice". A ce titre, les mouvements sociaux de cet hiver et de ce printemps sont déjà dans la tentation naturelle de refaire 1793. Ils veulent plus de justice et pour l'obtenir affirment que, malgré les résultats électoraux, ils incarnent le souverain légitime.

Cette tentation naturelle du point de vue du président de la République, c'est celle de "l'égalitarisme", terme disqualifiant le fondement même de la démocratie : l'égalité. Ce supposé égalitarisme viserait à empêcher ceux qui ont le mieux réussi en termes de gains de richesse, de pouvoir pleinement bénéficier de cette richesse. Le bouclier fiscal serait une loi protectrice contre l'égalitarisme. Ici, refaire 1793 supposerait de refuser ce faux débat. Pendant la Révolution française, l'épouvantail brandi par les riches s'appelle "loi agraire", une volonté supposée de redistribuer toutes les terres. Robespierre, le 24 avril 1793, en rejette l'idée : "Vous devez savoir que cette loi agraire dont vous avez tant parlé n'est qu'un fantôme créé par les fripons pour épouvanter les imbéciles ; il ne fallait pas une révolution pour apprendre à l'univers que l'extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes. Mais nous n'en sommes pas moins convaincus que l'égalité des biens est une chimère. Il s'agit bien plus de rendre la pauvreté honorable que de proscrire l'opulence".



Le 17 juin 1793, il s'oppose à l'idée que le peuple soit dispensé de contribuer aux dépenses publiques qui seraient supportées par les seuls riches : "Je suis éclairé par le bon sens du peuple qui sent que l'espèce de faveur qu'on veut lui faire n'est qu'une injure. Il s'établirait une classe de prolétaires, une classe d'ilotes, et l'égalité et la liberté périraient pour jamais."

Une loi, aujourd'hui, a été votée pour agrandir cette classe d'ilotes, mais le gouvernement refuse que l'impôt sur les immenses richesses puisse venir en aide aux "malheureux". Le pacte de la juste répartition des richesses prélevées par l'Etat semble avoir volé en éclats quand les montants des chèques donnés aux nouveaux bénéficiaires du paquet fiscal ont été connus : les 834 contribuables les plus riches (patrimoine de plus de 15,5 millions d'euros) ont touché chacun un chèque moyen de 368 261 euros du fisc, "soit l'équivalent de trente années de smic". Une dette de vies.

Lorsque Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne, affirme qu'il est "regrettable que le gouvernement et sa majorité soient plus attentifs au sort de quelques centaines de Français plutôt qu'aux millions d'entre eux qui viennent de manifester pour une meilleure justice sociale", il retrouve en effet le langage révolutionnaire. Ainsi le cahier de doléances du Mesnil-Saint-Germain (actuellement en Essonne) affirme : "La vie des pauvres doit être plus sacrée qu'une partie de la propriété des riches."

Certains, même à droite, semblent en avoir une conscience claire quand ils réclament, effectivement, qu'on légifère contre les bonus, les stock-options et les parachutes dorés. Ils ressemblent à un Roederer qui, le 20 juin 1792, rappelle que le bon représentant doit savoir retenir la violence plutôt que l'attiser. Si le gouvernement est un "M. Veto" face à ces lois attendues, s'il poursuit des politiques publiques déstabilisatrices, alors la configuration sera celle d'une demande de justice dans une société divisée, la justice s'appelle alors vengeance publique "qui vise à épurer cette dette d'honneur et de vie. Malheureuse et terrible situation que celle où le caractère d'un peuple naturellement bon et généreux est contraint de se livrer à de pareilles vengeances".

SOPHIE WAHNICH

Historienne Chercheuse au CNRS-Laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales (Laios-IIac). Elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Révolution française, dont "L'Impossible Citoyen, l'étranger dans le discours de la Révolution française" (Albin Michel, 1997) ; "La Longue Patience du peuple, 1792, naissance de la République" (Payot, 2008)

09/04/2009

Les pratiques d'une démocratie parlementaire

Bien lire ce qui est dans le dernier paragraphe !

lu sur : http://laposte.lci.fr/infos/high-tech/0,,4356512-VU5WX0lEIDQ0OQ==,00-l-assemblee-rejette-le-projet-de-loi-hadopi-.html

Le ratage à l'Assemblée va faire beaucoup de bruit. Malgré l'accord trouvé mardi soir en commission mixte paritaire, les députés ont rejeté jeudi, par un vote à main levée, le projet de loi sur le piratage sur internet qui prévoyait la mise en oeuvre d'une "riposte graduée" pouvant aller jusqu'à la suspension de l'abonnement pour les auteurs de téléchargements illégaux. Un retournement inattendu provoqué par l'absence de députés de l'UMP, majoritaires pourtant au Palais-Bourbon. Car si, en l'absence de nombreux députés, une partie de la majorité UMP a voté pour, deux députés de la majorité - Jean Dionis du Séjour (Nouveau centre) et Nicolas Dupont-Aignan (non-inscrit, ex-UMP) - ont voté contre avec l'opposition, pour un résultat final de 15 pour contre 21. Selon

Des députés de la majorité protestaient notamment contre le durcissement du texte en commission mixte paritaire sous la pression du Sénat. La CMP avait en effet rétabli une disposition selon laquelle les internautes sanctionnés pour téléchargement illégal, après deux avertissements, continuent de payer leur abonnement, même une fois leur connexion suspendue de deux mois à un an. Une "double peine" pour ses adversaires.

"Un mauvais coup pour tout le monde", selon l'UMP Jean-Frédéric Poisson

A l'annonce du résultat, les élus de gauche se sont levés pour applaudir. "La loi Hadopi est morte politiquement", a réagi sur LCI Radio le secrétaire national du PS chargé du dossier, Patrick Bloche. Le texte mis au point mardi par une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat avait été auparavant adopté par le Sénat, où la gauche s'était abstenue. Joint également par LCI Radio, le député UMP Jean-Frédéric Poisson a affirmé que "c'était un mauvais coup pour tout le monde" dans la majorité alors que les parlementaires proches de Jean-François Copé craignent que Nicolas Sarkozy fasse porter au patron du groupe UMP le chapeau de ce gros couac. L'Elysée reproche en effet souvent aux députés UMP de ne pas être assez nombreux en séance lors des débats difficiles.

Peu après, Jean-François Copé et Franck Riester, rapporteur UMP du texte, ont évoqué "un petit loupé" et dénoncé "un coup" de l'opposition. Le projet de loi sur le téléchargement illégal sera réinscrit devant cette même assemblée le 28 avril, à la rentrée parlementaire, a annoncé le président du groupe UMP. Pour le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, le projet de loi n'est ainsi que "retardé que de quelques semaines". Il a par ailleurs dénoncé

"des actes de flibuste"
de la gauche, qui consistent à
"cacher des parlementaires et à ne les faire entrer dans l'hémicycle qu'une fois le vote appelé pour dénaturer la réalité d'un débat et d'un vote".
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(commentaire : on en apprend tous les jours !)

08/04/2009

Dieu fasse que cela n'arrive jamais en France, pays laïque !

lu sur : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/04/08/polemique-sur-des-places-reservees-aux-femmes-voilees-aux-pays-bas_1178229_3246.html#ens_id=1178294

Polémique sur des places réservées aux femmes voilées aux Pays-Bas
LE MONDE | 08.04.09 | 14h10 • Mis à jour le 08.04.09 | 14h11

Une polémique a éclaté aux Pays-Bas après une initiative du théâtre Zuidplein, à Rotterdam, visant à réserver des places séparées aux premiers rangs pour les femmes musulmanes refusant de s'asseoir à côté de spectateurs masculins. Le projet visait, selon les responsables, à amener dans une salle de spectacle des femmes - essentiellement d'origine marocaine - qui ne s'y rendent jamais. L'idée avait été lancée au mois de mars par Salaheddine, un jeune humoriste d'origine marocaine qui, dans ses spectacles et à la télévision, raille la société néerlandaise et l'assimilation des jeunes Maghrébins. Le parti libéral VVD a réclamé des sanctions contre la ville de Rotterdam - dont le maire est travailliste et d'origine marocaine - et a évoqué "un nouvel apartheid". Le ministre de l'intégration, Eberhard van der Laan (travailliste) a jugé "intolérable" et contraire à la loi antidiscrimination le projet du Zuidplein, l'un des principaux lieux de spectacle de Rotterdam.

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 09.04.09

20:29 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : société

À l'heure actuelle le Président de la République n' "est pas un arbitre, mais un capitaine".

lu sur : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/04/08/temps-de-parole-presidentiel-le-conseil-d-etat-annule-la-decision-du-csa_1178383_823448.html

Temps de parole présidentiel : le Conseil d'Etat annule la décision du CSA
LEMONDE.FR avec AFP | 08.04.09 | 16h31

Le Conseil d'Etat a annulé le refus du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de prendre en compte le temps de parole du président, mercredi 8 avril, renvoyant au CSA la responsabilité de fixer de nouvelles règles de décomptage. Ainsi, le Conseil d'Etat annule la décision du CSA au motif d'une "erreur de droit", mais refuse de prononcer sur le fond. Il précise néanmoins que le CSA ne peut pas "exclure par principe toute forme de prise en compte des interventions du président de la République et de ses collaborateurs dans les médias audiovisuels".

Sur le fond, le Conseil explique qu'il ne peut "déterminer lui-même les règles qui peuvent être posées". "Cette mission incombe au CSA, qui dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour fixer les règles propres à assurer une présentation équilibrée de l'ensemble du débat politique national". Au début du mois d'avril, le rapporteur public avait recommandé l'annulation de la décision du CSA, estimant qu'à l'heure actuelle M. Sarkozy n'"est pas un arbitre, mais un capitaine".

"NOUS ALLONS POUVOIR ÊTRE ENFIN AUDIBLES"

Bien que le Conseil d'Etat ne se prononce pas pour la prise en compte du temps de parole du chef de l'Etat, la décision a été saluée par les socialistes, à l'origine de sa saisine. Le député PS Arnaud Montebourg estime par exemple que c'est "une grande victoire" que le chef de l'Etat soit "considéré maintenant comme un membre banal de son gouvernement". "Nous allons pouvoir être enfin audibles parce qu'on va avoir du temps d'antenne qu'on n'arrivait pas à avoir", a-t-il ajouté.

"Nous souhaitons que le CSA réorganise le temps de parole entre deux parts égales : 50 % pour la majorité, 50 % pour l'opposition. Notre stratégie combative finit par payer", a ajouté M. Montebourg dans les couloirs de l'Assemblée, après que la décision du Conseil a été rendue publique.

L'ancien premier secrétaire socialiste, François Hollande, a salué un arrêt qui "rappelle les principes du pluralisme et condamne l'interprétation qu'avait faite de ces principes le Conseil supérieur de l'audiovisuel". "Je demande immédiatement rendez-vous au CSA pour connaître les conséquences qu'il va tirer de cette nouvelle jurisprudence", a-t-il poursuivi, estimant qu'il est maintenant de "la responsabilité du CSA de prendre en compte les conséquences de cette décision". Le PS avait à maintes reprises demandé la prise en compte du temps de parole présidentiel dans celui de la majorité lorsqu'il s'exprime dans les médias audiovisuels. Il en avait fait l'une des conditions pour un vote positif de la réforme des institutions.

19:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

07/04/2009

France, État policier ? Les dérives inquiétantes du pouvoir

Communiqué Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord
concernant la manifestation anti-OTAN du 4 avril 2009.

En préambule, il doit être rappelé qu’après de très longues négociations menées avec la Préfecture par un comité, dont des représentants Attac VDN et Strasbourg faisaient partie, la préfecture avait autorisé la manifestation (sur un trajet différent de celui que nous aurions souhaité) ainsi que la jonction des militants allemands et français sur le pont de Kehl.

Pour avoir participé à la manifestation du 4/3/09, nous dénonçons vivement à travers les points suivants la violence qui a été faite aux manifestants par les forces de l’ordre et qui montre que les autorités françaises représentées par le Préfet, n’ont pas respecté leurs engagements et ont tout fait pour que la manifestation ne puisse avoir lieu.

1) la route, indiquée par la préfecture, pour permettre aux bus, voitures et piétons d'accéder au site de rassemblement de la manifestation a été bloquée par les forces de l'ordre, obligeant les manifestants pacifiques à, soit attendre pendant des heures, soit emprunter d'autres itinéraires, avec le risque de se retrouver à nouveau bloqués ou pris dans des affrontements ;
2) une fois le lieu de rassemblement atteint après un véritable « parcours du combattant », des hélicoptères ont survolé à très basse altitude le rassemblement pourtant pacifique et bon enfant, empêchant les manifestants d'entendre les prises de parole des représentants de groupes politiques, d'associations internationales... et créant une atmosphère plus qu’oppressante ;
3) des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l'urgence, permettant à des groupes violents de s'infiltrer dans le cortège ;
4) ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé, soi-disant pour empêcher cela et que, par contre, des manifestants n'ont pu accéder à Strasbourg le 3 avril (conférence au Liexenbuhl sur l’OTAN) et le 4 avril, à cause des dispositifs de blocage mis en place ;
5) les forces de l'ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l'ancien poste de douane sans intervenir et ont, par contre, empêché 7000 manifestants allemands de rejoindre le rassemblement, comme convenu avec les autorités françaises et allemandes ; comment interpréter les autres destructions que les forces de l'ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n'ont pas su (?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
6) les forces de l'ordre, comme c'est leur mission lors d'une manifestation autorisée, n'ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l'ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise, en déviant la manifestation du trajet initialement prévu, l'amenant de fait dans une souricière pendant que les forces de l’ordre envoyaient sur les manifestants bloqués des grenades lacrymogènes et des flash-balls créant ainsi des mouvements de panique (qui auraient pu avoir de graves conséquences) et une dislocation prématurée de la manifestation.

Il nous apparaît, au vu de tous ces éléments, que non seulement les autorités françaises n’ont pas tenu leurs engagements ni joué leur rôle de sécurisation, mais, au contraire ont tout fait pour que cette manifestation ne puisse se dérouler, quitte à jouer avec la vie des manifestants. Du reste, Beaucoup de manifestants ont eu très peur et ont subi un choc psychologique devant ce qui est une première : une agression par les forces de l’ordre d’une manifestation autorisée, ce qui revient à dénier le droit démocratique à manifester.
Les Dernières Nouvelles d’Asace du 5 avril, journal qu’on ne peut qualifier d’opposition, conclut de même : « Le droit de manifester a pris une sacrée claque ».


Document d’analyse Après comme avant Strasbourg : Non à l’OTAN !
http://www.france.attac.org/spip.php?article9797

Attac France,
Montreuil, le 6 avril 2009

06/04/2009

Signer la pétition "Nous refusons la politique de la peur"

lu sur : http://www.uspsy.fr/spip.php?article756#sp756

mercredi 17 décembre 2008

Après le discours du 2 décembre 2008 de Nicolas Sarkozy,
pétition : Nous refusons la politique de la peur.

Les annonces de Nicolas Sarkozy le 2 décembre au centre hospitalier spécialisé Erasme à Antony sont en remarquable continuité avec les décisions prises depuis l’époque où il était ministre de l’intérieur : loi sur la prévention de la délinquance, amputée de ses articles portant sur les malades mentaux, mais finalement réintroduits dans leur essence dans la loi de rétention de sûreté, fichier Edvige, et maintenant loi sur l’hospitalisation psychiatrique.

L’amalgame organisé depuis la loi du 30 juin 1838 entre ordre public et obligation de soins trouve aujourd’hui son achèvement en une identification du soin à la seule mesure d’ordre public au nom d’une dangerosité potentielle. Il s’inscrit dans un ensemble liberticide. Depuis environ 3 ans, à chaque victime exemplairement médiatisée répond une nouvelle loi répressive.

Cette logique démagogique ose avec arrogance déclarer ne connaître que les droits de l’homme pour la victime et subordonner les droits des « autres » à leur dangerosité. Logique de juriste besogneux qui se doit d’étalonner le droit à une justice d’élimination. Logique de violence sociale qui condamne la psychiatrie à repérer, contrôler et parquer à vie les marginaux, déviants, malades, désignés potentiellement dangereux. Logique de l’abus rendu légal, enfin, puisque cette dangerosité n’est ni définie, ni précisément limitée, ouvrant la voie à une extension indéfinie des mesures qui la visent. Obsession qui transforme tout accident en événement intolérable, la moindre erreur en défaillance monstrueuse, légitimant des précautions sans cesse durcies et toujours condamnées à se durcir car on ne supprimera jamais la possibilité d’un risque.

A terme, nous ne serions même pas dans la mise en place d’un système de défense sociale —historiquement institué et toujours présent dans de nombreux pays européens— à côté d’un système de soins psychiatriques « civil », mais dans le formatage d’une flic-iatrie dans les murs d’un asile d’aliénés post-moderne comme dans la ville.

Nous tenons à alerter du danger les familles et leurs associations, les associations de patients et ex-patients. Le projet du président de la République n’est pas une obligation de soins ambulatoire, mais bel et bien une détention ambulatoire qui au plan des soins se résumerait à l’injection bimensuelle ou mensuelle d’un neuroleptique à action prolongée ou à la prise forcée d’un thymorégulateur. Sur le plan de la liberté individuelle, ce projet placerait le sujet sous un régime de la liberté surveillée : tutelle à la personne, assignation à résidence, bracelet électronique. Tout cela sous l’égide des services préfectoraux, des services de psychiatrie publique … et de la famille. Pourquoi alors pour les soignants rechercher et travailler le consentement libre et éclairé ? Pourquoi pour les services de psychiatrie se mettre dans l’obligation d’accueillir, d’écouter, de prendre soin, de soigner, d’accompagner un sujet souffrant, c’est-à-dire de le considérer dans sa dignité et sa singularité de personne, d’individu social, et de sujet de droit ?

Disons aussi clairement aux usagers et à tous les citoyens que le soutien affiché par le chef de l’Etat à sa ministre de la santé pour son projet de loi « hôpital, santé, patients et territoire », son chantage public au soutien à ses réformes, confirme qu’il n’y a pas contradiction entre politique sécuritaire et politique de réduction des moyens pour la santé et le social. De plus, il semble aussi mettre fin à la psychiatrie de secteur comme psychiatrie généraliste.

Que de vigilance obligée, que d’énergie perdue pour défendre les moyens existants face au bulldozer administratif et comptable. Pour les internés, nous savons : des moyens pour des cellules d’isolement, des unités pour malades difficiles, des vigiles et des caméras de surveillance. Quant aux personnes qui seraient soumises au traitement psychiatrique ambulatoire contraint, selon quels critères unetelle mesure serait-elle prise, ou levée ?

Que nous soyons contraints de répéter une fois de plus qu’il n’y a pas à assimiler crime ou délinquance et « maladie mentale », dangerosité et « maladie mentale », nous blesse au regard des décennies de luttes et de pratiques de progrès dans le champ de la santé mentale.

Que nous soyons contraints de répéter qu’il n’y a pas de risque zéro, que les politiques dites de « tolérance zéro » n’éliminent la dangerosité sociale, nous fait craindre que nous tendions —loi d’attaque sociale après loi d’élimination, outrances policières ou politiques après outrances policières ou politiques— au système décrit et dénoncé par Hannah Arendt : Le totalitarisme ne tend pas à soumettre les hommes à des règles despotiques, mais à un système dans lequel les hommes sont superflus.

Le type de pouvoir exécutif à l’œuvre ne laisse rien échapper, intervient sans cesse sur les professionnels pour les sanctionner et les corriger au moindre accident. Il conduit ceux-ci à l’excès de zèle pour prévenir les risques de ce qui n’est même plus excusé en tant que « bavures ». Au mieux, nous avons droit aux phrases compassionnelles du chef de l’Etat.

La banalité du mal s’installe en même temps que les scandales s’accumulent : pour les sans papiers, il faut faire du chiffre ; pour éduquer les collégiens contre la drogue, il faut faire une descente musclée de gendarmes ; pour que « justice soit faite », il faut l’affaire consternante du journaliste de Libération ou encore la menace de centres de rétention pour SDF récalcitrants.

Il ne s’agit donc guère de sagesse populaire et de vertu républicaine, mais bien d’une idéologie populiste et d’une politique sécuritaire dangereuses, qui dans le même temps poursuivent au pas de course la démolition des services publics et une politique de santé entrepreneuriale et de paupérisation. Nous nous déclarons opposants résolus à cette idéologie et à cette politique. Nous déclarons que nous continuerons d’y résister concrètement et solidairement. Nous appelons tous ceux qui agissent à élaborer un manifeste constituant d’un front du refus.

03/04/2009

Communiqué du FRONT DE GAUCHE

FRONT DE GAUCHE POUR CHANGER D’EUROPE

Déclaration de principes

Les élections européennes vont se dérouler dans un contexte de crise historique du capitalisme. Celle-ci se traduit par de graves menaces pour nos concitoyennes et nos concitoyens et pour la planète : chômage grandissant, aggravation des inégalités Femmes/Hommes, difficultés financières pour des millions d’entre nous, démantèlement des services publics, crise d’importants secteurs industriels, dérèglement climatique, mise en cause des milieux naturels et des écosystèmes, recul des libertés publiques et de la démocratie, atteintes à l’indépendance des médias et de la justice, criminalisation des luttes sociales et dérive sécuritaire...Dans un tel contexte, les tentations autoritaires et les extrêmes droites peuvent à tout moment resurgir, les risques de guerre renaître.

Tous ces dangers sont le résultat d’une déréglementation généralisée menée sous la pression des firmes multinationales et de choix politiques qui placent la rentabilité financière des capitaux et la concurrence au dessus de toute considération humaine. Une véritable dictature de l’actionnariat et une mondialisation capitaliste-libérale ont abouti à la multiplication des délocalisations et à la compression des salaires. Cette dérégulation, principalement portée par les Etats-Unis, a été accompagnée par des interventions militaires à l’étranger, comme en Irak et au Moyen-Orient. Multidimensionnelle, la crise est celle de tout un modèle de développement, source d’inégalités monstrueuses, de gaspillages incommensurables des ressources de la planète, de tensions et de conflits dans le monde. Elle est le résultat d’une logique capitaliste qui déconnecte toujours plus la sphère financière de la production créatrice de valeur sociale, qui prône le productivisme au mépris de l’environnement, qui étend la marchandisation et le consumérisme au mépris de l’humain et de l’intérêt général.

L’Union européenne est totalement engagée dans ce modèle néolibéral capitaliste en échec, particulièrement au fil des vingt dernières années. Il imprègne ses traités, ses structures, ses politiques. Il est réaffirmé dans le traité de Lisbonne. Cette crise est donc aussi l’échec de l’« Europe libérale » : celle de l’ « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » ; celle de « l’interdiction de tout entrave à la libre circulation des capitaux » ; celle du libre-échange généralisé et de son corollaire : la mise en concurrence des territoires et des peuples pour tirer les acquis sociaux vers le bas ; celle d’une banque centrale européenne (BCE) échappant à la souveraineté populaire et totalement dévouée aux marchés financiers ; celle d’un « pacte de stabilité » visant à faire baisser les « coûts » salariaux et à rationner les dépenses sociales ; celle de l’interdiction d’interventions publiques de l’Etat notamment en faveur de politique industrielle favorisant l’emploi et les salaires; celle de la privatisation des services publics, de la déréglementation, des privatisations; celle de la concentration des pouvoirs loin des citoyennes et des citoyens ; celle qui au nom de la « compétitivité » fragilise en même temps que le tissu social, l’environnement et le « vivre ensemble » lui-même. En réalité, cette crise fait exploser toutes les règles libérales imposées par les textes européens.

Une exigence émerge de cette expérience: « il faut changer d’Europe ! ». Cette exigence est majoritaire en France depuis 2005 et elle ne cesse de grandir à travers le continent.

Des millions d’hommes et de femmes se mobilisent pour faire entendre leur colère, leur soif de justice et de changement. Ces mouvements sociaux sont en plein essor. Les grandes mobilisations sociales que nous connaissons partout en Europe et en France, récemment en Guadeloupe, Martinique et à la Réunion, prouvent que l’unité peut faire plier gouvernants et possédants. Ces mouvements appellent des réponses politiques à la hauteur des exigences de l’heure.

Les forces de gauche sont ainsi confrontées à un triple défi : celui de se montrer utiles aux peuples dans une situation qui s’annonce comme devant être de plus en plus dramatique ; celui d’être capables de gagner la bataille des idées sur les choix stratégiques à faire pour s’attaquer aux racines de la crise, celui de réussir à rassembler autour de ces choix suffisamment de femmes et d’hommes pour ouvrir une perspective de changement.

C’est dans ce contexte que vont se tenir les élections européennes du 7 juin prochain. Elles constituent l’occasion par excellence pour nos concitoyennes et nos concitoyens d’exprimer avec force et dans la clarté quelle politique ils entendent sanctionner et quelle Europe ils souhaitent construire. C’est pour créer les conditions d’une telle dynamique que les organisations signataires de la présente déclaration ont décidé d’unir leurs efforts dans un « Front de gauche pour changer d’Europe ». Ce Front reste ouvert à tout autre parti de gauche partageant ces objectifs et cette démarche. Il s'inscrit dans le meilleur des traditions du mouvement ouvrier, des combats républicains, des mouvements sociaux et de l'écologie politique. Il vise à rassembler l’ensemble des forces qui entendent promouvoir une véritable politique de gauche, les acteurs et actrices du mouvement syndical, social, altermondialiste et associatif qui sont disposés à s’engager dans cette démarche, les citoyens et citoyennes qui partagent cette ambition.

Ce que nous voulons, c’est d’abord faire de ce scrutin un bras de fer entre notre peuple et Nicolas Sarkozy. Celui-ci incarne, en effet, parfaitement ce modèle « libéral-capitaliste » et autoritaire prôné par le MEDEF, et entend – si on lui en laissait le loisir – le pousser jusqu’à l’extrême.
Chaque vote pour le Front de Gauche, le 7 juin prochain, sera, en premier lieu, un «carton rouge » à Nicolas Sarkozy.

Ce que nous voulons, dans le même mouvement, c’est faire de ce vote l’expression du NON de gauche au traité de Lisbonne – cette réincarnation de l’ex-traité constitutionnel – au sujet duquel le Président de la République a prétendu priver notre peuple de la parole, avec l’appui des parlementaires de droite (UMP et Modem) et hélas la complicité de la majorité des parlementaires socialistes, verts et radicaux de gauche lors du Congrès de Versailles.

Ce que nous voulons, c’est indiquer une autre voie pour la gauche que celle qui accompagne en France et en Europe, la construction libérale de l’Union européenne en soutenant les traités actuels.

Ce que nous voulons, c’est affirmer une vision nouvelle de la société et de l’Europe fondée sur l’intérêt général et la souveraineté populaire à l'échelle nationale comme à l'échelle européenne.

Nous affirmons, dans cette vision nouvelle, la place centrale du Féminisme comme un élément constitutif de toute transformation sociale. Changer l’Europe passe par la reconnaissance de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie. Pour obtenir une égalité réelle, il faut tirer vers le haut TOUS les droits, et adopter une clause de l’européenne la plus favorisée pour permettre à Chaque femme de pouvoir bénéficier des lois les plus avancées pour les femmes dans les pays de l'Union. L’Europe doit être contre la domination patriarcale : les femmes doivent pouvoir se faire entendre et participer à égalité aux prises de décisions, avec des lois contraignantes. Les associations féministes doivent être reconnues comme des partenaires sociétales. Nous demandons que l’Europe lutte contre les violences sexistes, au moyen de loi-cadre contre les violences faites aux femmes. Nous voulons qu’elle fasse respecter le droit des femmes à l’IVG et à la contraception libre et remboursée et qu'elle légifère contre la prostitution.

Dans cette campagne nous mettons l’accent sur quelques idées clairement de gauche:

L’impératif social : Au niveau de chaque nation comme sur le plan européen, tous les instruments disponibles doivent être mis prioritairement au service de l’emploi, de sa qualité et de sa sécurisation, de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et de l’éradication de la précarité ; au service de la promotion des capacités humaines : formation, éducation, santé, culture, recherche, logement, salaire décent, conditions de travail humaines, retraites dignes. Cela vaut tout particulièrement pour les moyens financiers et les pouvoirs d’intervention dont doivent disposer les citoyennes et les citoyens, les salariées et les salariés dans l’entreprise, sans lesquels ces priorités resteraient des vœux pieux. Une logique de gauche doit viser à impulser un autre type de production alliant développement humain, social et écologique ce qui implique notamment une mise en œuvre des fonctions d’anticipation, de prévision et de programmation de la puissance publique indissociables de pratiques démocratiques, citoyennes et populaires. Cela implique, surtout dans la phase actuelle, la maîtrise du crédit pour orienter la gestion des entreprises dans le sens de ces nouvelles priorités, et ce depuis les régions jusqu’à la BCE. Elle doit également tendre vers une maîtrise publique du système bancaire pour parvenir à une politique européenne coordonnée en matière monétaire qui mette au centre de la construction européenne une stratégie de l’emploi et de lutte contre le chômage.
A cette fin la BCE doit être transformée dans ses missions pour être mise au service des populations et soumise à un contrôle démocratique. Ce qui nécessite aussi, au niveau des Etats un processus de réappropriation publique des systèmes bancaires et de crédit.
Face à la crise il faut mettre en œuvre un vrai bouclier social au plan européen. Celui-ci doit notamment permettre de s’opposer aux plans de licenciements comme aux délocalisations, d’augmenter les salaires les minimas sociaux et les pensions.
Il faut engager une harmonisation sociale par le haut, remettre en cause le dogme du libre échange, développer des services publics démocratisés et refuser leur libéralisation ; soutenir une politique industrielle respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois de qualité. On se doit aussi d’œuvrer à une large redistribution des richesses au moyen notamment des dispositifs fiscaux

L’impératif écologique : les engagements réclamés par la communauté scientifique mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique doivent être tenus. L’appel aux mécanismes de marché, privilégié par l’union européenne, montre ses effets pervers. La crise ne doit pas servir de prétexte pour retarder les transformations nécessaires. Un nouveau type de développement doit promouvoir les investissements dans les énergies renouvelables et propres ; les économies d’énergie ; le développement du transport ferroviaire et de la voie d’eau ; la protection des milieux naturels. L’Europe doit promouvoir une agriculture paysanne non soumise à la logique productiviste qui garantisse aux agriculteurs des prix rémunérateurs. Il faut tarir les subventions à « l’agrobusiness », maintenir un moratoire sur les cultures OGM et inscrire la politique agricole dans une logique de souveraineté alimentaire.

L’impératif démocratique : la démocratie c’est le pouvoir du peuple. Or les institutions européennes actuelles organisent le contournement des peuples, des citoyennes et des citoyens en confiant des pouvoirs essentiels à des instances non élues. Cela affaiblit la souveraineté populaire à l'échelle nationale. Et cela ne construit aucune souveraineté populaire à l'échelle européenne. Cette construction politique est à rebours de tout fondement républicain. A l’inverse, nous estimons que la démocratie repose sur la citoyenneté, avec la parité comme moyen pour les femmes de participer à égalité à l’exercice des responsabilités politiques Dans l’Union européenne, aussi bien les politiques de coopération entre les Etats que les politiques intégrées doivent être contrôlées par les citoyens et soumises à la souveraineté populaire. Nous nous battons pour une Europe laïque. C'est une des conditions indispensables pour construire un espace démocratique européen qui garantisse la liberté de conscience et l'égalité des citoyennes et des citoyens quelques soient leurs convictions philosophiques et religieuses. C’est aussi le fondement d’une vision solidaire et pacifique des relations internationales à l’opposé du prétendu « choc des civilisations ».


L’impératif solidaire : Il vaut à l’intérieur de chaque société : lutte contre l’exclusion sociale et la précarité, contre les discriminations et la xénophobie, et pour l’égalité effective des droits ; respect des droits fondamentaux des personnes issues de l’immigration, à commencer par le droit d’asile, le droit à la scolarisation des enfants et le droit du travail ; droit de vote et d’éligibilité aux élections locales et européennes pour tous les résidents au même titre que les citoyens de l’Union Européenne ; régularisation des « sans papiers » avec la mise en place d’une stratégie de co-développement. Il vaut naturellement au sein de l’union européenne : à la fois entre les nations qui la composent et vis à vis des autres peuples du monde. A cet égard, la « directive retour » mérite bien le nom, qui désormais l’affublera jusqu’à sa nécessaire abrogation, de « directive de la honte ».
Nous défendrons, au parlement européen, un vrai projet de coopération et de solidarité avec les peuples de la Méditerranée et avec l’Afrique.

L’impératif de la paix : L’Union européenne doit refuser de se laisser embrigader dans la politique militariste des Etats-Unis. Elle ne doit pas tolérer l’installation d’un « bouclier antimissile » sur son territoire, mais doit, au contraire, s’engager fermement en faveur de la relance du désarmement. Les troupes européennes doivent être retirées d’Afghanistan et l’aide au développement doit être renforcée. L’Europe doit rompre avec l’atlantisme et l’alignement sur les Etats-Unis notamment dans le cadre de l’OTAN. Une politique extérieure européenne indépendante doit se fonder sur le droit international, en particulier au Proche Orient : elle doit s’engager de façon résolue – en usant de tous les instruments politiques et économiques à sa disposition y compris le traité d’association Union Européenne / Israël et le statut d’Israël dans le cadre de « la politique de voisinage » – en faveur du respect du droit imprescriptible du peuple palestinien à un Etat viable, souverain et démocratique, sur les frontières d'avant juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, à côté de l’Etat d’Israël dans une reconnaissance mutuelle de ces deux Etats et par tous les Etats de la région.
En tant que représentants de la France au parlement européen, nous ferons entendre – à l’opposé de la politique de Nicolas Sarkozy - le projet d’une Europe indépendante, récusant les logiques de mise en concurrence des peuples et au service de la paix et du désarmement.

Sur la base de ces objectifs, nous voulons faire élire, le 7 juin, un grand nombre de parlementaires du « Front de Gauche pour changer d’Europe » qui siégeront au sein du même groupe de « la gauche unitaire européenne » du Parlement de Strasbourg

En un mot nous voulons contribuer à changer la donne en Europe et en France, nous mettre en situation d’agir en faveur des transformations profondes que la situation de crise requiert, nous voulons agir pour une Union européenne aussi utile à notre peuple qu’aux citoyennes et aux citoyens de l’ensemble de l’Europe, utile au monde, utile à la paix.

14:37 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

02/04/2009

LA FRANCE , ÉTAT POLICIER (3)

lu sur : http://laposte.lci.fr/infos/france/justice/0,,4331623-VU5WX0lEIDQ0OQ==,00-un-rapport-denonce-l-impunite-des-policiers-.html

Interview :
Amnesty International publie un rapport dénonçant l'impunité des policiers français abusant de la force et les "représailles" auxquelles se livreraient certains d'eux contre ceux qui portent plainte.

Alexandra GUILLET - le 01/04/2009 - 22h19

Lci.fr :
Dans un rapport intitulé "France - des policiers au dessus des lois", publié ce jeudi, Amnesty International dénonce "l'impunité" dont bénéficiraient les membres des forces de l'ordre accusés de violences par des citoyens. Quels sont vos arguments ?
Patrick Delouvin, directeur du pôle France à Amnesty International :
D'abord, il faut préciser que ce rapport n'est pas une attaque en règle contre la police. La grande majorité des policiers agit avec professionnalisme et dans le respect de la loi. Néanmoins, quand il y a des erreurs de commises, il faut qu'elles soient reconnues et, surtout, que le système judiciaire permette de les sanctionner. Or, il apparaît au travers de nos enquêtes que les procédures ne sont pas à la hauteur des normes requises par le droit international. Dans ce rapport on essaie notamment de montrer que lorsqu'un procureur reçoit la plainte d'une personne qui s'estime victime de mauvais traitement de la part d'un policier, le fait que ce magistrat travaille au quotidien avec ces mêmes policiers pour mener les enquêtes peut entraîner un risque dans le bon traitement de l'affaire. Il sera peut-être moins enclin à convoquer ou à critiquer un policier avec qui il travaille tous les jours.
De fait, très peu sont traduits devant les tribunaux. En France la justice est indépendante, mais cette indépendance est relative. Sans compter la lenteur excessive de celle-ci dans le traitement de ces plaintes. Il faut généralement des années et des trésors d'ingéniosité de la part des avocats de la défense pour apporter eux-mêmes des éléments à l'enquête, car trop souvent des dossiers ou des preuves sont égarées. Nous pensons que les autorités françaises doivent mettre en place un organe d'enquête indépendant pour traiter ces plaintes.

Lci.fr :
D'après votre rapport, les policiers se livreraient de plus en plus à des "représailles" contre certaines victimes de policiers...
P.D. :
Nous avons effectivement reçu ces dernières années un nombre important et croissant de plaintes de particuliers assurant avoir été victimes de représailles sous la forme de plaintes pour "outrage" ou "rébellions" de la part des policiers qu'ils accusaient de mauvais traitement. Les magistrats interrogés par Amnesty le constatent aussi et certains reconnaissent qu'ils ont tendance à accorder naturellement plus de crédit au détenteur de l'autorité publique.

La Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) a dénoncé une autre situation, complémentaire, qui est l'augmentation des plaintes de policiers pour "dénonciation calomnieuse" contre des citoyens qui allèguent de violences. Nous dénonçons ces pratiques qui peuvent exercer une dissuasion très forte sur les personnes qui essaient d'obtenir réparation en justice.

LCi.fr :
Vous dénoncez les défaillances de la justice, mais tout citoyen a aussi la possibilité de saisir directement l'IGPN, la police des polices. En 2006, il y a eu 639 plaintes enregistrées et 114 sanctions disciplinaires prononcées dont 8 révocations. Il est donc délicat de parler d'impunité ?
P.D. :
Certes, toutes les plaintes déposées contre la police ne sont pas toutes fondées. Et certes, il existe des sanctions, mais il est très difficile d'obtenir ces chiffres et aucun détail n'est fourni sur la nature des plaintes reçues par ces services d'inspection interne. En outre, au vu de l'écart important entre le nombre de plaintes reçues et le nombre de sanctions disciplinaires prises, on peut là aussi s'interroger sur l'exhaustivité et l'impartialité des enquêtes.
Une des recommandations de notre rapport est la publication de statistiques régulières et exhaustives. Les rapports d'activité de ces services internes d'inspection comme l'IGPN devraient également être publiés dans leur intégralité pour inciter à plus de transparence. Le ministère de l'Intérieur nous a fait savoir qu'il étudiait la question.

LCI.fr :
Vous pointez également du doigt la dimension raciste de certaines affaires.
P.D. :
Il ressort en effet que la grande majorité des plaintes dont Amnesty a eu connaissance concernent des ressortissants étrangers ou des Français appartenant à une minorité visible. Nous avons également beaucoup de témoignages de citoyens qui disent avoir fait l'objet d'insultes à caractère racistes au cours de leur interpellation ou de leur garde à vue. Est-ce volontairement raciste ? C'est difficile à dire. En tout cas cela pose problème. Nous avions déjà fait ce constat dans notre rapport de 2005. Il y a une inquiétude forte et croissante sur cette possible existence de discrimination.

Lire le rapport d'Amnesty International : http://www.amnesty.fr/_info/rapport_france/