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30/11/2008

Pour la liberté de la presse

Presse libre!
L'appel de la Colline, faites circuler. Pour signer la pétition en ligne, voir :

http://www.mediapart.fr/node/28527

26 nov 2008 par La rédaction Mediapart
Edition : Etats généraux de la presse, le off

A l'occasion de la soirée organisée par Reporters sans frontières et Mediapart au Théâtre de la Colline, nous avons lancé un appel pour défendre la presse libre et indépendante. Signez en ligne et faites circuler:

APPEL DE LA COLLINE, le 24 novembre 2008

Mediapart et Reporters sans frontières

La liberté de la presse n'est pas un privilège des journalistes, mais un droit des citoyens.
Le droit à l'information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu'à la diversité des opinions est une liberté fondamentale de tout être humain.
Sans information libre sur la réalité, ambitieuse dans ses moyens et pluraliste dans ses fins, il ne saurait y avoir d'authentique délibération démocratique.
Régime de tous les citoyens, sans privilège de naissance, de diplôme ou de fortune, une véritable démocratie suppose que tous soient pareillement informés pour être libres dans leurs choix et autonomes dans leurs décisions.
De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des devoirs et des droits des journalistes.

Leur première obligation est à l'égard de la vérité des faits.
Leur première discipline est la recherche d'informations vérifiées, sourcées et contextualisées.
Leur première loyauté est envers les citoyens et prime toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.

Défendre et promouvoir cet idéal suppose l'indépendance, la transparence et le pluralisme.

L'indépendance, c'est-à-dire:

- le respect général du droit moral des journalistes sur leur travail, afin de garantir que l'information ne soit pas réduite à une marchandise;
- le refus impératif du mélange des intérêts industriels et médiatiques, afin de garantir que les opérateurs économiques n'aient pas d'autre objectif que l'information;
- la préservation absolue de l'intégrité du service public de l'audiovisuel, afin de garantir que ni ses informations ni ses programmes ne soient contrôlés par le pouvoir exécutif.

La transparence, c'est-à-dire:

- un véritable accès, rapide et facile, à toutes les sources documentaires d'intérêt public pour la vie démocratique et le sort des citoyens, à l'image du Freedom of Information Act en vigueur aux Etats-Unis depuis 1967;
- une large protection des sources des journalistes, assurant le droit des citoyens à les alerter et à les informer, inspirée de l'excellente loi belge en vigueur depuis 2005;
- une publicité étendue sur tous les actes du pouvoir exécutif ayant une incidence directe sur notre vie publique, de façon à permettre l'interpellation libre et le questionnement contradictoire des gouvernants par les journalistes.

Le pluralisme, c'est-à-dire:

- une concentration limitée et régulée, de façon à éviter tout monopole de fait ou tout abus de position dominante;
- une égalité de traitement de la presse numérique et de la presse imprimée, de façon à éviter toute discrimination stigmatisante d'Internet;
- une reconnaissance à part entière de la place des lecteurs en tant que commentateurs, contributeurs et blogeurs, de façon à accroître la diffusion et le partage démocratiques des informations et des opinions.

Toute voie qui s'éloignerait de ces principes serait une régression.

08:34 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie, presse

29/11/2008

FRANCE: dérives de l'État de Droit (2)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/29/le-secret-des-sources-est-mal-garanti-en-france_1124890_3224.html

Le secret des sources est mal garanti en France
LE MONDE | 29.11.08 | 13h09

La protection des sources d'information est de plus en plus remise en cause en France, si l'on en croit la multiplication des interventions judiciaires et policières au cours des derniers mois.
Un journaliste de la rédaction de La Nouvelle République du Centre-Ouest (NRCO) à Poitiers a été mis en examen, le 17 novembre, pour violation du secret de l'instruction concernant une affaire de droit commun. Cette décision est "une entrave au principe même de travail d'investigation", a jugé l'association Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué.
Des perquisitions ont été menées fin septembre dans les locaux de ce quotidien régional, la NRCO, et de Centre Presse. Le syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) avait alors estimé qu'il s'agissait d'une "provocation programmée pour faire pression sur les rédactions".

UN PROJET DE LOI

En juillet, un journaliste d'Auto Plus avait été placé en garde à vue après la publication de photos d'un nouveau modèle de voiture. Un juge s'était aussi présenté au Canard enchaîné. Des journalistes de France 3 et du Midi libre avaient été convoqués par la police judiciaire. Guillaume Dasquié, journaliste indépendant, a été placé en garde à vue. "Le secret des sources n'est pas suffisamment garanti en France", indiquait RSF dans un rapport publié au début de 2008.
Un projet de loi sur la protection du secret des sources des journalistes est en cours d'examen. Le groupe socialiste du Sénat a exprimé, début novembre, son opposition à ce projet de loi, jugeant ses "formulations volontairement floues qui permettent, à chacun des articles de ce texte, de porter en réalité atteinte à un secret des sources qu'on déclare garantir", a estimé le groupe dans un communiqué.
RSF s'est inquiété du nombre de journalistes poursuivis dans le cadre de leur travail en France. "La France détient depuis deux ans le record européen en nombre d'interventions policières ou judiciaires liées au secret des sources, avec cinq perquisitions, deux mises en examen et quatre convocations de journalistes", s'indignait, à la mi-octobre, RSF qui classe la France au 35e rang des pays ayant une presse libre.

Pascale Santi
Article paru dans l'édition du 30.11.08

19:47 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

FRANCE: dérives de l'État de Droit

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/29/journaliste-et-pire-que-la-racaille_1124889_3224.html

Journaliste et "pire que la racaille"
LE MONDE | 29.11.08 | 13h09 • Mis à jour le 29.11.08 | 13h09

Cela se passe en France, au petit matin, quand la police vient arrêter un journaliste à son domicile. Il s'agit de Vittorio de Filippis, journaliste à Libération, membre de la direction du journal, qui a été PDG et directeur de la publication de juin à décembre 2006. Interpellé chez lui à l'aube, vendredi 28, il a été menotté, humilié, insulté devant ses enfants. Motif de cette mesure d'extrême urgence : le site de Libération a hébergé un commentaire d'internaute contesté...
M. de Filippis a été interpellé sur réquisition de la juge d'instruction Muriel Josié, vice-présidente du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, saisie d'une plainte en diffamation de Xavier Niel, fondateur du fournisseur d'accès à Internet Free.
Le récit des conditions de cette interpellation a provoqué la stupeur au sein du journal, qui consacre une page à cette affaire dans son édition de samedi 29 novembre. "C'est une attaque de la maréchaussée à l'aube, fouille au corps et enfermement temporaire. Tout ça pour quoi ? Pour un procès en diffamation dans lequel nous avons déjà obtenu gain de cause à deux reprises", écrit Laurent Joffrin, PDG de Libération.

L'affaire est racontée sur le site de Libération (www.liberation.fr). "Vendredi matin, à 6 h 40, j'ai été réveillé par des coups frappés sur ma porte d'entrée. Je me suis trouvé face à trois policiers", raconte M. de Filippis. Ils lui lancent : "Habillez-vous, on vous emmène."

Le journaliste proteste. "Réveillé par le bruit, mon fils aîné, qui a 14 ans, assiste à toute la scène. Son frère, 10 ans, ne sort pas de sa chambre, mais j'apprendrai qu'il était réveillé et qu'il a très mal vécu ce moment. Je dis aux flics qu'il y a peut-être d'autres manières de se comporter. Réponse devant mon fils : "Vous, vous êtes pire que la racaille !"" Les policiers lui signifient qu'il est sous le coup d'un mandat d'amener au TGI.
Vers 7 h 15, les policiers emmènent le journaliste au commissariat du Raincy (Seine-Saint-Denis), où il réside. Il demande la présence des avocats du journal. En vain. Il est menotté, puis emmené à Paris dans les sous-sols du TGI.
"On me demande de vider mes poches, puis de me déshabiller (...) Je me retrouve en slip, ils refouillent mes vêtements, puis me demandent de baisser mon slip, de me tourner et de tousser trois fois." Le journaliste s'exécute et se rhabille. Les policiers l'enferment dans une cellule. Interrogé vendredi par Le Monde, le commissariat de Raincy a répondu : "Nous ne pouvons vous passer aucun gradé. Nous ne pouvons rien vous dire."
Deux gendarmes viennent ensuite chercher le journaliste et lui demandent une deuxième fois de se déshabiller complètement. Autre vexation : "Je leur signale que j'ai déjà été fouillé d'une manière un peu humiliante et je refuse de baisser mon slip à nouveau. Bien que comprenant l'absurdité de la situation et mon énervement, ils me répondent que c'est la procédure."
Rhabillé, on l'emmène, menotté, dans le bureau de la juge Muriel Josié. Le journaliste lui demande une nouvelle fois de pouvoir parler à ses avocats. Sans succès. Il refuse de répondre aux questions. Interrogé vendredi soir, le cabinet de la juge Muriel Josié nous a répondu : "Nous n'avons rien à dire sur le sujet."
M. de Filippis est mis en examen, puis relâché près de cinq heures après son interpellation. Il est 11 h 30. Il appelle son journal, ses avocats et arrive à Libération, pâle, choqué, fatigué, outré, avec la trace des menottes au poignet encore visible.
Quel est l'objet du délit ? Une affaire de diffamation. L'article 42 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881 stipule que le directeur de publication d'un journal - M. de Filippis à l'époque - est "l'auteur principal" du délit de diffamation publique envers un particulier, le journaliste auteur du papier incriminé n'étant que "complice".
Ce n'est pas la première fois que le fondateur de Free, M. Niel, porte plainte contre Libération. Il l'a fait pour des articles de Renaud Lecadre relatant les démêlés judiciaires de l'homme d'affaires. A chaque fois, le plaignant et ses sociétés ont été déboutés, pour "procédures abusives", et condamnés à verser des dommages et intérêts, explique Emmanuel Soussen, l'un des avocats de Libération.
Début 2007, M. Niel a déposé une nouvelle plainte. Elle vise le commentaire d'un internaute publié sur le site de Libération, sous un article titré "Deux ans avec sursis pour le patron de Free". Publié dans Libération le 27 octobre 2006, cet article mentionnait la condamnation de M. Niel, par le tribunal correctionnel de Paris, pour "recel d'abus de biens sociaux" dans une affaire liée à des faits de proxénétisme entre 1992 et 2004.
Des juristes avancent : "Il n'est pas acquis qu'un directeur de publication soit responsable des commentaires des internautes." "C'est la stupeur", confiait vendredi Fabrice Rousselot, directeur adjoint de la rédaction. Lorsqu'il était responsable du site, il se souvient avoir vu débarquer les huissiers il y a un an et demi. "Je ne comprends pas un tel acharnement."
Initialement confiée à la juge Emmanuelle Ducos, cette affaire a été transmise en mai à la juge Muriel Josié. Cette dernière a, selon M. de Filippis, fait procéder à des vérifications de son domicile, alors que son adresse, celle du journal et de ses avocats, sont dans l'annuaire et dans le dossier...
"Je suis l'avocat de Libération depuis 1975 et c'est la première fois que je vois un directeur de publication faire l'objet d'une interpellation et d'un mandat d'amener", a constaté Me Jean-Paul Lévy. "Il suffisait d'envoyer une convocation par courrier au siège de Libération ou de nous appeler pour convenir d'un rendez-vous : cela n'a pas été fait", ajoute-t-il. "C'est invraisemblable et inacceptable, si on permet des perquisitions et des interpellations de cette nature, on contourne la loi", ajoute Me Yves Baudelot, avocat du Monde. D'autant plus qu'il s'agit d'un délit qui n'est pas passible de prison.
La Société civile des personnels de Libération (SCPL, actionnaire du journal) dénonce, dans un communiqué, "des méthodes judiciaires intolérables" et "inadmissibles". La SCPL demande "qu'une enquête soit ouverte sans délais sur ces méthodes".
"C'est l'aboutissement d'un climat délétère, au moment où se tiennent les états généraux de la presse", regrette Jean-Michel Dumay, président du Forum des sociétés de journalistes. " On se demande dans quel pays on vit", dit M. de Filippis.

Pascale Santi
Article paru dans l'édition du 30.11.08

19:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

27/11/2008

La recherche en France : démantèlement programmé

Sans recherche publique, pas de recherche fondamentale.
Sans recherche fondamentale, pas d'avenir.

Le communiqué ci-dessous montre la gravité du problème.

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Aux Personnels INSERM

Après le boycott du CTPC INSERM le mardi 25 novembre (reconvoqué le 3 décembre) sur un projet de modifications des statuts de l'INSERM les syndicats INSERM appellent à POURSUIVRE L'ACTION du 27 NOVEMBRE devant le siège de l'INSERM le JEUDI 4 DECEMBRE 2008 (à 13H) à l'occasion du Conseil d'Administration (101 rue de Tolbiac, métro ligne 14 station Météores).

Nous souhaitons qu'il y ait le plus de monde possible devant le CA INSERM pour dire STOP aux suppressions d'emplois chercheurs et ITA, à la casse des organismes de recherche que l'on veut réduire à des simples agences de moyens c'est à dire sans labos et sans personnels, à la remise en cause des statuts des personnels par la montée des CDD et des "primes au mérites" !!

Les syndicats INSERM : SNTRS CGT - SGEN CFDT Recherche EPST - SNCS FSU - SNIRS CGC - CFTC SCENRAC

Chute du recrutement des personnels ITA et chercheurs
Menaces sur les organismes de recherche Inserm, CNRS, INRA, …

Les organisations syndicales vous appellent à
POURSUIVRE L’ACTION
DU 27 Novembre
devant le siège de l’INSERM le 4 Décembre 2008 à 13 H lors de la réunion du Conseil d’Administration de l’Inserm

Atteinte à l’emploi des personnels de la recherche :
Comme ailleurs, à l’Inserm les chiffres parlent d'eux-mêmes :
en 2008 : 75 recrutements de chargés de recherche
en 2009 : 61 recrutements de chargés de recherche : la création de 21 chaires juniors
(postes de maître de conférence des universités financés au 2/3 par l’Inserm) fait disparaître
14 postes de chargés de recherche.
1/6 des ITA partant en retraite ne sera pas remplacé, soit 26 postes ITA supprimés en 2009

C’est une diminution programmée des effectifs des personnels titulaires de l’Inserm, avec une montée ininterrompue de l’emploi précaire : il y a plus de 1700 personnels non titulaires à l’Inserm !

Menaces sur l’organisme :
L’évaluation par l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) de l’Inserm, et plus largement des Sciences De la Vie, répète crûment ce que le Président de la République veut imposer : transformer les organismes de recherche en simples agences de financement de projets (sans laboratoire et sans personnel).

Nous demandons :

- l'arrêt du démantèlement du système français de recherche, un moratoire sur toutes les réformes autoritaires en cours (organismes, statuts, modulation, "mastérisation",
etc.), l'abandon du décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de contrat doctoral avec salaire « à la carte ». Le ministère doit prendre l'avis de toutes les instances et ouvrir de vraies négociations avec toutes les organisations représentatives.

- une réelle augmentation du budget avec un plan pluriannuel de créations
d'emplois titulaires, le rétablissement des emplois titulaires et allocations supprimés en 2009, pour répondre aux besoins de recherche et de formation des étudiants.

Un préavis de grève est déposé

SNTRS CGT – Sgen CFDT Recherche EPST – SNCS FSU – SNIRS CGC – CFTC
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Lu sur le site de l'INSERM :

Jeudi 27 novembre 2008
Les chercheurs se mobilisent contre les réformes
Selon Libération, le conseil d'administration du CNRS s'est "réfugié" au ministère de la recherche pour éviter le blocage prévu par les chercheurs afin de protester contre les réformes. À propos du budget de la recherche, Bertrand Monthubert considère qu'il "ne peut être bon", car "il supprime 900 emplois." Il conteste les chiffres annoncés par Valérie Pécresse, qui sont un "maquillage, un énorme trompe-l'oeil". Les manifestants estiment par ailleurs que les réformes relèvent d'une vision idéologique. Bertrand Laforge, maître de conférence à l'université Pierre et Marie Curie, refuse la mise en "concurrence effrénée". Dans L'Humanité, Patrick Monfort, élu SNCS-FSU au conseil d'administration du CNRS, pense que le rapport d'évaluation de l'Inserm établi par l'Aeres a été "téléguidé par l'Elysée." Selon Libération, Valérie Pécresse mise contre ces actions sur "la lassitude et le repli individualiste."
LIBERATION , 27/11/2008 - Humanité [L'] , 27/11/2008

11:58 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : recherche, sciences

"Le peuple est un troupeau égaré"

notes de lecture :

Noam Chomsky ne cesse de passer son pays (EU) et plus largement les démocraties libérales, à la question : s’agit-il d’authentiques démocraties ?

Non répond-il, car ces systèmes recourent à la propagande et fabrique du consentement.

Ils ont adopté le point de vue du politiste Walter Lippmann :

« Le peuple est un troupeau égaré, bien trop émotif, incapable de s’occuper de ses propres affaires, et qui doit-être encadré, contrôlé et conduit par une avant garde, une élite de décideurs éclairés.
Les gens doivent être détournés vers des buts inoffensifs. Il faut les noyer, les assommer sous une masse d’informations qui ne leur laisse pas le temps de réfléchir. Il faut les persuader qu’ils sont incapables de provoquer des changements, il faut les convaincre que la révolte entraîne toujours le pire, il faut les faire voter de temps à autre, leur donner l’illusion de décider, l’illusion nécessaire. »

( Walter LIPPMANN 1889_1974 )

Pour cela la machine médiatique est très au point !

Clarifier le débat public sur la sécurité

Un site utile :

http://www.claris.org/

L'objectif du groupe CLARIS est de clarifier le débat public sur la sécurité

CLARIS s'est fait connaître du grand public en publiant un texte (le manifeste du groupe) dans le journal Libération le 30 janvier 2002.

Le groupe CLARIS est né au cours du dernier trimestre de l'année 2001 à partir de quatre constats :

* Le débat public a inscrit "la question de l'insécurité " comme la première priorité nationale. La question centrale dans ce débat est celle de la délinquance juvénile. Tous les détenteurs de savoirs et d'expériences sur ce sujet sont donc interpelés.

* Ce débat public est animé par des hommes politiques, des journalistes, des syndicats de policiers, des marchands de sécurité, mais on n'y entend guère la parole des chercheurs professionnels et indépendants (universitaires, chercheurs au CNRS), ni celle des professionnels impliqués (magistrats, policiers de terrain, éducateurs, psychologues, responsables associatifs).

* Cette parole porte pourtant des informations et des raisonnements qui tranchent avec les discours médiatiques et politiques, qui mettent en évidence leurs simplismes voire leurs artifices. En retour, les chercheurs permettent de comprendre les contextes favorisant le développement de la délinquance.

* Il existe une véritable demande sociale pour entendre un autre discours sur la délinquance juvénile, qui ne nie aucune réalité mais qui s'efforce de la comprendre de façon précise, sans a priori moralisateurs, et qui permette d'orienter la réflexion vers des propositions d’actions en profondeur, loin des simples politiques répressives fondées sur la « peur du gendarme » et sur la construction de nouvelles prisons.

Pour cette tâche, il est nécessaire d'essayer d'entreprendre une action collective et qui s'inscrive dans la durée. Dans cette optique, CLARIS a décidé d'intervenir régulièrement dans le débat public en diffusant gratuitement un bulletin d'information par la voie électronique et en ouvrant un site Internet.

Les membres de CLARIS répondent également aux sollicitations qui leur sont faites pour réaliser des réunions publiques à l'initiative d'associations ou de professionnels du domaine.

24/11/2008

De la guerre et autres conflits armés

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/21/que-restera-t-il-de-la-puissance-americaine-en-2025_1121427_0.html

Que restera-t-il de la puissance américaine en 2025 ?
LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.08 | 08h18 • Mis à jour le 21.11.08 | 08h19

C'est déjà le livre de chevet de Barack Obama. Dans un rapport publié tous les quatre ans et intitulé "Global Trends 2025 - a Transformed World", le Conseil national du renseignement américain (National Intelligence Council, NIC)(*) prend acte de la probable perte de puissance des Etats-Unis, qui ne pourront plus agir de manière unilatérale. De même, l'UE se transformera en géant incapable de transformer sa puissance économique en influence globale. Surtout, il redoute que "des armes nucléaires soient utilisées du fait de la prolifération de la technologie et de la possibilité de procéder à des frappes limitées".

"Dans un proche avenir, le monde sera menacé par un risque de conflit accru pour le contrôle des ressources comme l'eau et l'alimentation et continuera à être hanté par des Etats voyous et des terroristes qui auront plus facilement accès à l'arme nucléaire", a averti le NIC.

Les experts s'inquiètent particulièrement de la situation au Moyen-Orient, où plusieurs pays envisagent d'acquérir des technologies pouvant permettre de produire l'arme atomique. Certains pays ainsi que des mouvements terroristes risquent de se hasarder à des frappes nucléaires à l'horizon de 2025, selon un rapport publié jeudi par les services de renseignement américains.

"Au cours des quinze à vingt ans qui viennent, plusieurs puissances régionales pourraient intensifier leurs efforts en ce sens et envisager activement de se procurer des armes nucléaires", s'alarme le rapport, qui compte 121 pages. L'équilibre de la terreur, qui prévalait dans le monde durant la guerre froide, ne se répèterait pas forcément dans ce contexte. Au contraire, l'arme nucléaire pourrait donner à ses détenteurs un sentiment de confiance qui risque de les amener à livrer des guerres classiques ou à commettre des actes de terrorisme.

"Le risque de vol ou de détournement de technologie, de matériaux et d'armes nucléaires risque d'augmenter, de même que le potentiel d'utilisation illégale de l'atome", selon le rapport. Le terrorisme sera toujours une menace en 2025, même si le réseau Al-Qaida pourrait avoir disparu du fait de ses faiblesses : objectifs stratégiques irréalisables, incapacité de susciter un soutien populaire, actes d'autodestruction, estiment les experts américains. La stratégie antiterroriste devra s'attacher à comprendre comment et pourquoi une autre organisation pourrait prendre le relais d'Al-Qaida, selon eux.

A propos des guerres où sont actuellement engagées les troupes américaines, le rapport prédit que le pouvoir en Irak comme en Afghanistan pourrait encore faire l'objet de luttes en 2025. A la surface du globe, "les écarts croissants dans les taux de natalité, entre les riches et les pauvres et l'impact inégal du changement climatique pourraient exacerber les tensions", prévoient les spécialistes du renseignement. La mafia pourrait s'emparer d'au moins un Etat d'Europe centrale, ajoutent-ils.

Le rapport comporte cependant quelques bonnes nouvelles. En 2025, le pétrole pourrait déjà être remplacé ou en passe de l'être, plusieurs places financières pourraient faire office d'amortisseurs de crise et la péninsule coréenne devrait être réunifiée sous une forme ou une autre.

(*) la version pdf du rapport "Global Trends 2025: A Transformed World" peut être téléchargée sur :
http://www.dni.gov/nic/NIC_2025_project.html

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lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/22/les-etats-unis-decrivent-leur-futur-affaiblissement_1121819_3244.html

Les Etats-Unis décrivent leur futur affaiblissement
LE MONDE | 22.11.08 | 14h42 • Mis à jour le 22.11.08 | 14h42

'ère Bush est terminée. Domination unilatérale, obsession du terrorisme, volonté de remodeler le Moyen-Orient, ces trois piliers de la politique étrangère des Etats-Unis depuis 2001 ne sont clairement plus en vigueur dans l'analyse stratégique qui se fait jour à Washington. Le National Intelligence Council - organe synthétisant les analyses géopolitiques des services de renseignement américains - estime qu'en 2025 "les Etats-Unis ne seront plus que l'un des principaux acteurs sur la scène mondiale, même s'ils resteront le plus puissant".

Cette observation est un des points clés du rapport publié le 19 novembre par cet organisme et qui vise à décrire les paramètres qui caractériseront la société planétaire en 2025 (Global Trends 2025). Un tel rapport est établi tous les cinq ans par le Council pour éclairer le cadre dans lequel s'inscrit la politique étrangère des Etats-Unis. Le document décrit un monde instable mais multipolaire, où "la contraction des capacités économiques et militaires des Etats-Unis pourrait les pousser à un arbitrage difficile entre les priorités intérieures et celles de la politique étrangère".

Cette nouvelle vision correspond assez bien au discours politique de Barack Obama. Le rapport a cependant été élaboré bien avant son élection, durant un travail de consultation d'experts et de discussions qui a duré plusieurs mois. Etonnamment vivant, le document décrit les hypothèses qui, selon lui, définiront le monde en 2025 :

Glissement du pouvoir économique de l'Occident à l'Orient : la Chine deviendrait l'acteur économique majeur. Avec elle, l'Inde, la Russie et le Brésil pèseraient autant que les pays de l'actuel G7. Les pays du golfe Persique seraient renforcés du fait de la hausse du prix du pétrole.

Pic pétrolier et pénurie d'eau : sans employer l'expression, le document raisonne clairement sur l'hypothèse d'un prochain pic de production du pétrole et du gaz. Le déclin des ressources en hydrocarbures qui s'ensuivra entraînerait un bouleversement du système énergétique. Or "les nouvelles technologies énergétiques ne seront probablement pas commercialement viables et répandues en 2025". En particulier, "la capacité de l'énergie nucléaire à couvrir la demande serait virtuellement impossible". Par ailleurs, la pénurie d'eau touchera une cinquantaine de pays.

Démographie contrastée : la population mondiale continuera de croître jusqu'à 8 milliards d'humains en 2025, mais avec de forts contrastes. Le rapport complète l'image classique d'un Occident et d'une Russie vieillissant par l'observation du vieillissement proche de la Chine (à partir de 2015) ou de l'Iran. Il souligne le contraste démographique entre l'Inde du Sud et des métropoles à la faible croissance et une Inde du Nord très féconde.

Terrorisme en retrait, Etats faibles, nouveaux dangers : le terrorisme ne disparaît pas, mais son importance est relativisée. Le rapport s'inquiète davantage de la multiplication des Etats faibles et des agents non étatiques, ainsi que des tensions nouvelles créées par la concurrence pour l'accès à l'eau ou à l'énergie. Il souligne aussi que la prolifération nucléaire est redevenue une préoccupation de première importance.

Le risque d'un déséquilibre climatique irréversible : le rapport observe que le changement climatique "devrait exacerber les pénuries de ressources". Il aurait aussi un effet majeur sur la production agricole. Dans un scénario "surprise", les auteurs reprennent l'hypothèse de "l'effet de seuil", c'est-à-dire l'idée que l'émission de gaz à effet de serre pourrait dépasser un seuil tel que le climat ne pourrait plus retrouver son équilibre.

Très intéressant, ce rapport l'est aussi par ses limites, en ce qu'il pense de manière conventionnelle sur des questions cruciales. Il prend ainsi pour acquis la poursuite d'une croissance élevée, alors qu'il insiste sur les contraintes énergétiques, climatiques et sur l'eau, contraintes dont il ne montre pas comment elles pourraient être desserrées.

L'analyse de la crise écologique se limite au changement climatique, ignorant la crise de la biodiversité et la dégradation des systèmes océaniques. De même, l'agriculture est traitée de façon très marginale, alors même que le document observe que, si l'urbanisation se poursuivra, les populations rurales resteront très nombreuses. Mentionnant le phénomène majeur de l'inégalité sociale au sein des pays - et notamment des Etats-Unis -, le rapport n'en tire aucune conséquence, comme si cela ne devait pas être un facteur supplémentaire de tension.

Hervé Kempf
Article paru dans l'édition du 23.11.08

22/11/2008

POUR LES MONTPELLIÉRAINS

Pour les montpelliérains, une info qui n'est pas encore sur internet:

Le 22 novembre manifestation contre la privatisation de la poste à 14h30 au PEYROU

18/11/2008

Est-ce la fin du capitalisme financier de type anglo-saxon ? Six économistes répondent

Nota Bene : les réponses on été faites AVANT le G20.

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/30/est-ce-la-fin-du-capitalisme-financier-de-type-anglo-saxon-six-economistes-repondent_1101231_3234.html

Est-ce la fin du capitalisme financier de type anglo-saxon ? Six économistes répondent
LE MONDE | 30.09.08 | 15h13 • Mis à jour le 30.09.08 | 20h39

Daniel Cohen, professeur à l'Ecole normale supérieure

Toute la finance de marché doit être remise à plat. L'attention des régulateurs, depuis la crise de 1929, avait essentiellement porté sur les banques commerciales. La panique des déposants ayant été le principal vecteur de la crise financière des années 1930, la régulation s'est concentrée sur les banques de dépôt. Et cela a plutôt bien fonctionné. On n'observe aucune crise majeure du système bancaire américain après guerre.
L'un des buts principaux de la finance de marché a été de sortir de l'habitat réglementaire imposé aux banques. Les règles classiques imposent aux banques de détenir un dollar de capital environ pour 12 dollars de crédit. La finance de marché a permis à ses acteurs d'accorder 32 dollars de crédit pour un dollar de capital ! Les banques d'investissements, les hedge funds, les compagnies d'assurances ont profité des mailles de la régulation pour accroître le volant de leurs opérations. Les banques commerciales ont, de leur côté, créé des "véhicules" logés hors bilan pour s'affranchir (légalement) de la réglementation. Le résultat, on le connaît maintenant. Les 700 milliards de dollars que le gouvernement américain veut injecter dans le système en est le prix.
Tout le travail des prochaines années consistera à élaborer des règles qui remettront le dentifrice du capitalisme financier dans son tube. Il faudra imposer des règles prudentielles nouvelles à l'ensemble des acteurs, réguler la titrisation des créances, surveiller les agences de notations, réviser les normes comptables... Cette remise à plat concernera tous les pays. Un rôle "en or" pour le FMI...

Nicolas Baverez, économiste-historien

L'expression "capitalisme financier de type anglo-saxon" laisse entendre que seuls les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Irlande seraient en crise. En réalité, le choc ébranle le capitalisme mondialisé, dont la finance était la pointe avancée. Les pays qui épargnent et exportent comme la Chine, l'Allemagne ou le Japon sont touchés : l'excédent chinois diminue déjà, tandis que Chine, Russie ou Brésil volent au secours de leurs banques.
Nous assistons à une déflation par la dette comme en 1929 : l'éclatement d'une bulle de crédit mène à une contraction violente des patrimoines et des revenus, de l'activité et de l'emploi.
Deux grandes leçons se dégagent de la déflation des années 1930 : enrayer la cascade des faillites bancaires ; privilégier des solutions coopératives au plan international pour éviter la spirale des barrières protectionnistes et des dévaluations compétitives.
Aujourd'hui, le sauvetage des banques est engagé, mais sur une base nationale. La coopération internationale est inexistante, à commencer par le dialogue entre la Fed et la BCE. Ces politiques du "chacun pour soi" impliquent un coup d'arrêt à la mondialisation, à l'intégration des marchés et à l'ouverture des sociétés.
Le capitalisme sortira profondément transformé de cette crise : priorité à la sécurité sur le risque, avec une diminution de la croissance potentielle ; rééquilibrage entre l'Etat et le marché ; retour en grâce de l'industrie au détriment de la finance ; changement du modèle économique des banques avec une concentration des acteurs et un recentrage sur la banque commerciale ; déclin relatif des pays développés - notamment des Etats-Unis - et accélération du passage à un système économique multipolaire et hétérogène.

Nouriel Roubini, professeur d'économie à l'université de New York, président de Roubini Global Economics Monitor

La crise est le résultat des excès du libéralisme et du "laisser-faire" de ces dix dernières années. Les régulateurs ont cru aux vertus du marché libre et de l'autorégulation. Leur jugement était inapproprié. La leçon est claire : nous avons besoin d'une meilleure régulation. Aujourd'hui, le paradoxe est que, pour résoudre ces excès, l'Etat américain vire dans l'excès inverse. Il injecte tantôt 200 milliards de dollars pour nationaliser Freddie Mac et Fannie Mae, les deux géants du refinancement hypothécaire, tantôt 85 milliards pour recapitaliser l'assureur AIG. Les "USA" deviennent l'"URSSA", l'Union des républiques socialistes soviétiques d'Amérique. Le gouvernement prend dans la précipitation des décisions lourdes de conséquences. On a le sentiment d'être dans une république bananière ! On passe ainsi d'un extrême à l'autre. La bonne voie est au milieu, avec une régulation plus stricte qui n'empêche pas l'innovation. On y arrivera sans doute après quelque temps.
Le "Far West" sauvage (de la finance) appartient-il au passé ? Il faut être prudent. D'ici à quelques années, on aura peut-être tout oublié. On a vécu beaucoup de crises : celle des années 1980, la récession des années 1990, l'éclatement de la bulle Internet en 2001. A chaque fois, une bulle se reforme avec de l'argent facile et des régulateurs qui s'endorment. Nous verrons !

Dominique Plihon, universitaire, président du conseil scientifique d'Attac

La crise actuelle signe la faillite d'un capitalisme financier de spéculation et de prédation préjudiciable à la société. Les pays d'Europe qui se sont le mieux coulés dans les règles de ce capitalisme financier - l'Irlande et l'Espagne - sont ceux qui souffrent le plus.
Les banques centrales et les autorités de tutelle ont laissé faire. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, ne pouvait ignorer les achats massifs des banques sur des titres risqués sur des marchés de gré à gré opaques et non régulés.
Ce capitalisme-là va devoir être réformé en profondeur. De nouvelles règles vont devoir être instaurées. Nous, altermondialistes, réclamons depuis longtemps un encadrement des acteurs financiers. Puisque le mouvement de nationalisation des banques est lancé, pourquoi ne pas constituer des pôles publics de développement, pays par pays, pour financer des projets qui étayent une croissance à long terme ? Rien n'empêche non plus une coordination au sein de l'Union européenne.
On peut objecter que les nationalisations bancaires du début des années 1980 ont été un échec, mais la faute en revient aux gouvernements qui ont imposé aux banques les mêmes règles de rentabilité que le secteur privé.

Pascal Salin, professeur à l'université Paris-Dauphine

Le capitalisme financier n'est pas seulement anglo-saxon. Il est universel et a de beaux jours devant lui, tout simplement parce qu'il n'est pas une création arbitraire, comme pouvait l'être un système de type soviétique. Ce capitalisme-là est l'expression d'innombrables processus spontanés créés pour répondre aux besoins des êtres humains. Il remplit deux fonctions fondamentales : orienter les ressources d'épargne vers les activités où elles obtiennent la plus forte rentabilité et prendre en charge les risques de la manière la plus efficace. Certes, le capitalisme financier ne peut pas remplir ces fonctions de manière parfaite, parce que l'information ne peut jamais être parfaite. Mais il les remplit mieux que n'importe quel autre système imaginable.
Les difficultés actuelles ne sont en rien une manifestation de la faillite de ce système. En effet, la crise financière est essentiellement une crise de l'interventionnisme étatique. Elle résulte en particulier de l'extraordinaire instabilité de la politique monétaire américaine au début du XXIe siècle, politique monétaire qui n'est évidemment pas contrôlée par le marché, mais décidée arbitrairement par des autorités publiques.
Pour que ce capitalisme financier prenne fin, il faudrait ou bien que tout le système financier soit étatisé - ce qui est exclu - ou qu'il explose parce qu'il constituerait un système incohérent, ce qui n'est pas le cas. Sur le long terme, la crise actuelle apparaîtra comme un simple accident de parcours qui aura peut-être permis de liquider les entreprises financières les plus mal gérées et d'inciter les autres à mieux évaluer les risques. La plus grande menace vient du renforcement probable des réglementations.

Pierre-Alain Muet, économiste et député PS du Rhône

Il est essentiel de réintégrer, dans le champ de la réglementation et du contrôle, les activités de crédit effectuées par des organismes non bancaires, car ce sont ces fonds spéculatifs non régulés qui sont à l'origine des crises financières récentes.
Il faut imposer une obligation de transparence sur les produits financiers et sur le niveau des fonds spéculatifs détenus par les banques.
Il faut enfin, comme c'était le cas autrefois, séparer les activités de banques de marché de celles des banques commerciales.
La titrisation, c'est-à-dire la possibilité laissée à un créancier de se défaire de la totalité de sa créance, entraîne une forme d'irresponsabilité. Les fonds spéculatifs ont prêté sans tenir compte du risque sachant qu'ils arriveraient à se défausser de ce risque sur un tiers. Pour éviter cette dissémination du risque, il faut, d'une part, appliquer les règles définies dans les accords de Bâle II de la Banque des règlements internationaux en réintégrant la titrisation dans le bilan des banques et, surtout, obliger le premier créancier a conservé pour lui-même 30 % à 40 % du risque sur le prêt initial. Tout organisme autorisé à prêter serait ainsi obligé d'évaluer son risque comme un banquier doit le faire.
En bref, il faut revenir en partie à une économie d'intermédiation et sortir d'une économie de marché financier ou les effets de levier sont trop importants.
Les agences de notations ont certes une responsabilité, mais la régulation et le contrôle relèvent aussi de l'Etat vers qui tout le monde se tourne quand ca va mal. Le contrôle des organismes de marché, c'est le retour de l'Etat.

Propos recueillis par Claire Gatinois et Yves Mamou

Article paru dans l'édition du 01.10.08

Le Sénat, pays où la vie est moins chère

EST-CE DIGNE D'UNE DÉMOCRATIE ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/30/le-senat-pays-ou-la-vie-est-moins-chere_1101193_823448.html

Enquête
Le Sénat, pays où la vie est moins chère
LE MONDE | 30.09.08 | 16h28 • Mis à jour le 01.10.08 | 11h51

Gérard Larcher, qui devait être élu, mercredi 1er octobre, à la présidence du Sénat, a déclaré vouloir une plus grande "transparence" sur les comptes de l'institution. Un audit des finances devrait être engagé. "Tout sera examiné, sans exception", a assuré le sénateur (UMP) des Yvelines.

Il faisait référence, notamment, aux conditions accordées au président sortant, Christian Poncelet, qui s'est vu attribuer par la questure du Sénat, depuis 2004, un appartement de 200 mètres carrés situé rue Bonaparte, dans le très huppé 6e arrondissement de Paris, dont il aurait la jouissance "à vie". Le secrétaire général adjoint de l'UMP, Xavier Bertrand, s'en est ému : "Il faut mettre un terme à cette idée aberrante d'avoir un appartement à vie pour le président du Sénat", a-t-il déclaré dimanche. Lundi, M. Poncelet a fait savoir qu'"évidemment" il libérerait cet appartement à la fin de son mandat de sénateur, en 2014.

Privilèges, opacité des comptes, cagnotte colossale, soupçons de favoritisme au gré des partenariats que le Sénat a tissés au fil des années dans le cadre des multiples manifestations auxquelles il est associé... Le nouveau président, s'il veut restaurer l'image de la seconde Chambre du Parlement, a du pain sur la planche.

Cette volonté de "transparence", pour lever toutes les zones d'ombre entourant les finances du Sénat, devrait tout d'abord le conduire à transmettre à la Cour des comptes l'ensemble des éléments utiles à leur certification. Depuis 2001, la loi en fait obligation. Le Sénat s'y est jusqu'à présent refusé. A la suite d'un échange de courriers avec le premier président de la Cour, le président du Sénat a simplement consenti à lui fournir des documents lui permettant de parvenir à "une assurance raisonnable" sur la qualité des comptes !
Comme tout budget de l'Etat, celui qui est attribué chaque année à chacune des Chambres parlementaires ne devrait pas échapper au contrôle. En annexe à la loi de règlement des comptes de l'année figure le récapitulatif de leurs crédits. En 2007, le Sénat a reçu une dotation de 314,5 millions d'euros, à laquelle s'ajoutent 11,5 millions pour le jardin du Luxembourg, 1,5 million pour le Musée du Luxembourg et 13,6 millions pour la chaîne parlementaire Public Sénat. Soit une dotation totale de plus de 340 millions d'euros.
Outre ces fonds publics inscrits au budget de l'Etat, le Sénat est assis sur un véritable "tas d'or" qui, lui, n'est assujetti à aucune règle, si ce n'est celle de la prospérité. Pour en comprendre l'origine, il faut faire un petit retour en arrière, lorsqu'en 1992 le gouvernement - de gauche - avait demandé le rapatriement au budget de l'Etat des excédents financiers des deux Assemblées. L'Assemblée nationale s'y était soumise, reversant en deux fois près de 4 milliards de francs. Le Sénat, alors présidé par René Monory, s'y était refusé.

Cette "cagnotte" a été placée et produit chaque année de somptueux revenus. La réserve du Sénat - habilement dissimulée sous la rubrique "caisse de retraite des anciens sénateurs" - s'élevait fin 2006 à 537 millions d'euros, dont 24 millions générés au cours de l'année par les intérêts des placements financiers. A cela s'ajoute une autre caisse, celle des personnels du Sénat : 613 millions d'euros fin 2006, dont 32 millions de résultats financiers au cours de l'exercice. Au total, le Sénat a engrangé, en 2006, 56 millions d'euros de produits financiers !
Le principal argument avancé par le Sénat pour justifier l'existence de ces réserves est que les ressources qu'elles génèrent permettent d'alimenter le régime autonome de retraite du Sénat, fondé à la fois sur la répartition - les cotisations - et sur la capitalisation, évitant ainsi de grever le budget de l'Etat. En réalité, sur les 24,3 millions d'euros de pensions que la caisse de retraite des sénateurs a versés à ses affiliés en 2007, 13,1 millions l'ont bien été par les produits financiers dégagés par cette caisse. Mais 7,9 millions ont été financés par les cotisations "patronales", c'est-à-dire en réalité le budget de l'Etat - et 3,3 millions par les cotisations des sénateurs. Le montant des cotisations "patronales" représente 2,4 fois celui des cotisations "salariales", alors que ce rapport est habituellement de l'ordre de 1,5.
Le système n'allège pas la charge de l'Etat, mais il permet de verser de confortables retraites aux sénateurs : une moyenne de 4 250 euros par mois servis en 2006, à comparer aux 2 880 euros versés en moyenne aux députés. Cela n'a pas empêché la majorité sénatoriale de partir en guerre contre les régimes spéciaux de retraite, à l'unisson du gouvernement.

Le Sénat dispose donc, au total, d'un budget de 340 millions d'euros et d'une double réserve de 537 millions et 613 millions d'euros. Le "magot" du Palais du Luxembourg atteint ainsi 1,5 milliard d'euros. Ces dotations et réserves budgétaires ne doivent pas être confondues avec ce qui est communément appelé la "réserve parlementaire". Il s'agit pour cette dernière de crédits ministériels, votés chaque année à la fin de la discussion budgétaire, et mis à la disposition des deux Chambres, proportionnellement au nombre de parlementaires. Ces crédits, de l'ordre de 55 millions d'euros pour le Sénat, sont gérés discrétionnairement par le président et le rapporteur général de la commission des finances, qui les répartissent entre leurs collègues.

Le Sénat est riche. Et son patrimoine immobilier considérable. Bien sûr, il y a le Palais du Luxembourg, superbe monument édifié par Marie de Médicis au XVIIe siècle, et son annexe du Petit-Luxembourg, où réside le président du Sénat. Sans oublier les 25 hectares du jardin du Luxembourg, ses essences rares, ses richesses architecturales. Autant de lieux de promenade, de visite, d'expositions, de spectacles, de colloques et de réceptions qui en viendraient presque à faire oublier la vocation de la seconde Chambre du Parlement.
Mais il y a aussi les dépendances, moins connues du grand public. Le Sénat a toujours su veiller au confort de ses membres, même si les sénateurs les plus assidus et les plus laborieux - il y en a - se plaignent constamment de conditions de travail jugées "indignes" d'un Parlement moderne. Au fil des décennies, le Sénat a donc procédé, dans le quartier du Palais du Luxembourg, à de nombreuses acquisitions. La fonctionnalité n'est pas toujours leur qualité première, mais leur valeur immobilière, elle, est incontestable.
Derrière le porche du 64, boulevard Saint-Michel, un charmant hôtel particulier héberge ainsi le premier questeur du Sénat, qui peut accéder directement, par l'arrière, aux jardins du Luxembourg. Les deux autres questeurs disposent chacun d'un étage dans l'immeuble du 46, rue de Vaugirard, 1 724 mètres carrés acquis en 2002 pour la coquette somme de 8 millions d'euros, sans compter les importants travaux de rénovation qui y ont été engagés. Le Sénat possède également, dans la même rue, les bâtiments situés au 20 et 26 à 36, ainsi que les immeubles des 6, 8, 10 et 13, rue Garancière, 9, 11 et 13, rue de Servandoni, 20, rue de Tournon, 92, boulevard Raspail et 75-77, rue Bonaparte.
Ainsi les principaux dignitaires du Palais du Luxembourg et ses hauts fonctionnaires bénéficient-ils de conditions de logement défiant toute concurrence. Encore le Sénat a-t-il dû renoncer à contre-coeur, en 2005, aux logements de fonction dont il avait l'usage au château de Versailles. Après la polémique suscitée par l'affaire du duplex de 600 mètres carrés occupé par l'ancien ministre de l'économie Hervé Gaymard, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, avait fait adopter une proposition de loi restituant au château de Versailles les 25 000 mètres carrés - à l'exception de l'aile du Midi, où se réunit le Congrès - distraits par le Parlement. Ces pavillons, ces logements restaurés servaient de lieux de villégiature ou d'hébergement pour des hautes personnalités de l'Assemblée et du Sénat ou leurs invités. Adieu la vie de château !
Le Sénat continue pourtant à mener grand train. Avec ses 343 sénateurs, ses 1 226 fonctionnaires - dont 2 secrétaires généraux, 22 directeurs et 220 administrateurs (cadres) - dont les salaires comptent parmi les plus élevés de la fonction publique, et plus d'un millier d'assistants parlementaires, le Sénat est un Etat dans l'Etat. Pour qu'il puisse espérer retrouver une image vertueuse, cela suppose d'abord qu'il accepte, en matière budgétaire, de se soumettre - enfin - à la règle commune. Au futur président d'indiquer, à présent, ce que seront ses choix.

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 01.10.08

16/11/2008

L'argent, qu'est-ce ?

La version anglaise sous titrée est plus facile à suivre :

http://www.dailymotion.com/video/x5nrae_money-as-debt-13vost-fr_news

08:58 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monnaie, dette, banque

14/11/2008

L'argent, qu'est-ce ?

Un petit film très instructif.
Mais attention, il y a une erreur dans le commentaire en français :
Quand une banque reçois un chèque de 10000$, elle peut prêter les 9/10 de cette somme, soit 9000$
De même, quand elle reçois un chèque de 9000$, elle peut prêter 8100$ , etc
Ceci car elle doit garder en réserve un dixième de ce qu'elle reçoit.



L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

11/11/2008

La France, État policier ?

Les informations suivantes ont été confirmées aux informations sur France Musique il y a une heure.

Ministère de l'Éducation Nationale Secrétariat général
Délégation à la communication
110, rue de Grenelle – 75357 PARIS 07 SP
Cahier des clauses particulières
CCP n° 2008 / 57 du 15 octobre 2008

Appel d’offres ouvert passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics
Objet : Veille de l’opinion
(extraits)

ARTICLE 1 - OBJET DES MARCHES ET MODE DE PASSATION
Les présents marchés portent sur la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement
supérieur et de la recherche.
Ils sont passés en application des dispositions des articles 57 à 59 du code des marchés publics, relatives
à l’appel d’offres ouvert.

ARTICLE 5 - DESCRIPTION DES PRESTATIONS
5.1 Présentation
5.1.1 Objectif
Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :
Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
Suivre les informations signifiantes dans le temps
Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
Rapprocher ces informations et les interpréter
Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
Alerter et préconiser en conséquence
Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion »
potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.

5.1.2 Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, articipatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)
Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.
Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés.

5.1.3 Finalités
L’analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).
Plus particulièrement en matière de veille Internet, l’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de l’opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.

05/11/2008

La crise sonne le glas de l'ultralibéralisme

...peut-être. En tout cas, il faut l'espérer.

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/01/michel-rocard-la-crise-sonne-le-glas-de-l-ultraliberalisme_1113586_1101386.html

Michel Rocard : "La crise sonne le glas de l'ultralibéralisme"
LE MONDE | 01.11.08 | 13h28 • Mis à jour le 01.11.08 | 13h28

-La crise résiste aux interventions étatiques. En verra-t-on un jour le bout ?

Pour le savoir, il faut d'abord poser le bon diagnostic. Or, ce qui frappe, c'est le silence de la science. Les grands économistes se taisent. Les politiques ne parlent que de finance. Et ils n'osent pas appeler un chat un chat. La vérité, c'est que planquer des créances pourries parmi d'autres, grâce à la titrisation, comme l'ont fait les banques, c'est du vol. Les précautions de vocabulaire sont malséantes. Nommer correctement les choses permet de bien appliquer la sanction. On reste trop révérencieux à l'égard de l'industrie de la finance et de l'industrie intellectuelle de la science financière. Des professeurs de maths enseignent à leurs étudiants comment faire des coups boursiers. Ce qu'ils font relève, sans qu'ils le sachent, du crime contre l'humanité.

-L'hyper-sophistication de la finance, que vous dénoncez, n'a-t-elle pas permis, pendant des années, de soutenir la croissance mondiale ?

Je ne le crois pas. La montée en puissance des produits dérivés résulte d'une désorganisation de l'économie réelle, qui elle-même découle de la décision prise en 1971 par Richard Nixon et, déjà, Dick Cheney de décrocher le dollar de l'or. Le commerce qui, jusque-là travaillait à changes fixes, a été menacé par des changes flottants. Tout est devenu volatile, imprévisible. Il a fallu se couvrir, inventer les combines les plus tordues pour tenter de réguler la valeur des titres sur lesquels on travaille. Cela a donné les produits dérivés, des échanges d'option pour l'avenir sans échange de produits réels. A partir de là, l'économie a été plus abstraite. Tout s'est mis à reposer sur la confiance, tout est devenu plus fragile. On a eu une bulle sur l'immobilier, une autre sur le pétrole, qui ont crevé lorsque les prix du marché ont cessé d'augmenter régulièrement. Voilà comment l'appétissante finance mondiale fait supporter à l'ensemble de la société un taux de risque anormal.

-Mais on ne peut pas revenir en arrière, l'étalon-or, c'est fini !

On peut, en revanche, réfléchir à un autre système. Le dollar est la monnaie mondiale, mais cela fait des dizaines d'années qu'il ne remplit plus son rôle de monnaie de réserve mondiale. Ce sont les fonds souverains et le pétrole qui jouent ce rôle, car la quasi-totalité des fonds souverains est à dominante pétrolière. Est-ce raisonnable ? Si la croissance repart, elle va pousser les cours du pétrole à la hausse, ce qui est très dangereux. Il vaudrait mieux laisser le pétrole hors du coup, s'obliger à des économies d'énergie et, pour ce faire, décider, par exemple, qu'on achète le pétrole avec la monnaie des quotas carbone inventés à Kyoto. Et, parallèlement, mettre en place un directoire monétaire à quatre ou cinq avec le dollar, l'euro, le yuan chinois, la roupie indienne, peut-être le yen. La stabilisation du système est à ce prix-là.

-Quelle chance avez-vous d'être entendu ?

A ce jour, elle est faible. Il est plus prudent de viser des solutions plus consensuelles. Encore faut-il ne pas se tromper sur ce qui se passe. Aucun économiste n'a encore posé la vraie question : quel aurait été l'impact de cette crise financière si elle avait frappé une économie réelle bien portante ? Depuis une vingtaine d'années, les pays développés s'échinent, sans y parvenir, à retrouver la moitié de la croissance qu'ils ont connue durant les Trente Glorieuses, et un quart de leurs habitants sont fragilisés, parce qu'ils sont pauvres, chômeurs ou travailleurs précaires. Cette fragilisation est une gangrène. C'est elle qui fait que les citoyens votent n'importe quoi et n'ont plus confiance dans leurs dirigeants. On s'est mépris sur le non au référendum sur le traité constitutionnel européen. Ce n'était pas un refus de l'Europe. C'était un non à la dérégulation du marché du travail.

-Où est la solution ?

On ne s'en sortira pas sans un meilleur partage des revenus, un meilleur équilibre entre salaires et profits. Henry Ford (1863-1947), qui a contribué à sauver le capitalisme notamment au moment de la crise de 1929, disait : "Je paie mes salariés pour qu'ils achètent mes voitures." Après la guerre, on a reconstruit le capitalisme autour de l'idée de fortes rémunérations. Aujourd'hui, la part des salaires et des prestations sociales a diminué d'une dizaine de points dans le produit intérieur brut. L'actionnaire se frotte les mains, mais le salarié est trop pauvre pour soutenir l'activité. C'est la raison pour laquelle cette crise est grave et risque d'être longue.
Pour en sortir, il faut d'abord être capable de produire un diagnostic partagé. On en est loin. En mai, nous avions adressé une lettre ouverte à Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et à Nicolas Sarkozy, futur président de l'Union européenne. Cette lettre intitulée "La finance folle ne doit pas nous gouverner", cosignée par des sociaux-démocrates comme Jacques Delors, Helmut Schmidt, Lionel Jospin, et des libéraux comme Otto Graf Lambsdorff et Jacques Santer, réclamait la création d'un comité de crise européen, composé des dirigeants politiques, d'économistes renommés et d'experts financiers pour parvenir à ce diagnostic commun. Nous n'avons pas eu de réponse.

-Depuis, la crise boursière est intervenue et des mesures ont été prises...

Après un faux départ, Nicolas Sarkozy a réussi à mobiliser intelligemment les pays d'Europe pour soigner l'aspect financier et bancaire de la crise. Il plaide aussi pour un gouvernement économique européen. Je l'approuve, mais il faudra des années pour obtenir un consensus et rendre cette instance opérationnelle. D'ici là, les gouvernements nationaux doivent s'entendre sur des mesures simples pour mieux réguler le système : limiter l'usage des produits dérivés, lutter contre les paradis fiscaux, revoir le fonctionnement des fonds de pension en les obligeant à avoir des comportements liés au long terme. Il faut convaincre l'actionnaire que la course au profit immédiat est destructrice. Elle menace l'appareil de production, précarise l'emploi et constitue un danger pour la démocratie.

-C'est la fin du libéralisme ?

Pas du tout. Et en pleine crise, la gauche pourrait faire l'économie de ce genre de controverses. Historiquement, les libéraux - Adam Smith (1723-1790), Thomas Malthus (1766-1864), David Ricardo (1772-1823) notamment - étaient des moralistes, des gens qui avaient une pensée sociale visant à intégrer la liberté humaine dans l'organisation de la société. Pour aucun d'eux, la liberté n'était le droit de faire n'importe quoi, elle avait besoin d'être canalisée par des règles.

La crise actuelle ne remet pas en cause le libéralisme. En revanche, elle sonne le glas de l'ultralibéralisme, cette école de pensée criminelle fondée par Milton Friedman (1912-2006) qui voulait croire que l'équilibre du marché est optimal et que moins on a de règles, plus on a des chances d'arriver à l'"optimalité". Elle a imprégné la droite américaine et une partie de la droite européenne. Elle a heureusement épargné les chrétiens-démocrates allemands et la droite française, encore très gaulliste.

-Quand vous entendez Nicolas Sarkozy réhabiliter l'Etat, annoncer la création d'un fonds stratégique d'investissement, vous saluez sa conversion à gauche ?

Nullement. Pour résoudre la crise, nous avons besoin de deux choses : du pragmatisme et des règles. Cela, la droite peut le faire. Mais la gauche pose dès l'abord la question de la redistribution des richesses, ce que Nicolas Sarkozy ne fait pas.

-Au nom de ce pragmatisme, auriez-vous voté le plan de soutien bancaire de Nicolas Sarkozy ?

Naturellement, tout en disant qu'il ne résout pas les problèmes de fond. Je ne supporte pas l'opposition systématique. Les Français non plus.

-La crise ne risque-t-elle pas d'avoir de graves conséquences sur les pays du Sud ?

La demande venant du Nord va être amputée et les pays du Sud vont gravement le ressentir. Il faudra accroître l'aide au développement, quantitativement et qualitativement. D'autant que la crise risque de porter les pays du Nord à se fermer encore un peu plus. Plus les temps sont durs, plus le chômage menace, plus le travail se précarise et plus la peur de l'autre s'accroît. Or la peur est mauvaise conseillère. Le cas de l'Europe est exemplaire : il nous faudrait accueillir 2 ou 3 millions d'immigrés par an pour que, sur le long terme, nos populations restent stables et que nos retraites soient assurées. Tout le monde le sait. Mais cette nécessité ne suffit pas à convaincre.

- "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part", disiez-vous en 1989. Et aujourd'hui ?

Nous essayons tous de contenir l'immigration venant des pays pauvres, qu'on ne peut quantitativement absorber. Le problème est de le faire avec décence et humanité. Et de s'en tenir à des critères clairs. Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux (ministre de l'immigration) disent vouloir une immigration de travail et affirment développer une politique respectueuse des droits de l'homme. Mais, sous couvert d'agir au "cas par cas", on se met à expulser sans discernement des travailleurs sans papiers mais intégrés. Il y a là un double langage malhonnête. D'autant plus que policiers et préfectures sont soumis à des quotas d'expulsion, ce qui les pousse à agir sans tenir compte d'aucun critère et produit des drames déshonorants pour un pays civilisé. Les sans-papiers qui ont un travail ont vocation à être régularisés. Nous sommes passés d'une politique nécessaire et dure à une politique inhumaine et scandaleuse.

-Face à cela, la société civile n'a-t-elle pas un rôle de garde-fou à jouer ?

Si. Et à ce titre, il n'est pas admissible de vouloir dominer le pouvoir d'investigation et de contrôle des associations humanitaires. La tentative qui est faite de retirer à la Cimade la défense des étrangers en rétention pour confier cette mission à des associations dont l'expérience, la libre expertise et l'indépendance sont moins assurées est inquiétante pour les droits de l'homme. La Cimade a toujours agi avec esprit de responsabilité, elle ne s'est jamais permise de demander l'ouverture générale de toutes les frontières. Elle est dure lorsqu'elle observe des traitements dégradants. Premier ministre, j'y ai moi-même été confronté, mais nous étions chacun dans notre rôle et ses critiques m'ont été utiles pour éviter les dérives. Je crains que le souci du gouvernement actuel ne soit de diminuer l'opposition à ses mauvaises pratiques, ce qui ne ferait qu'aggraver le degré d'inhumanité de sa politique.

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 02.11.08

04/11/2008

Le train de vie du Palais-Bourbon sévèrement critiqué par la Cour des comptes

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/03/le-train-de-vie-du-palais-bourbon-severement-critique-par-la-cour-des-comptes_1113853_823448.html

Le train de vie du Palais-Bourbon sévèrement critiqué par la Cour des comptes
LE MONDE | 03.11.08 | 09h23

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a moyennement goûté la divulgation dans le Journal du dimanche du 2 novembre de la synthèse de l'enquête menée, entre février et mars, par la Cour des comptes sur le fonctionnement du Palais-Bourbon. Certes, c'est lui qui avait demandé au premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, de procéder à cet audit. Mais, insiste-t-il, "ce document est de nature confidentielle et n'avait pas vocation à circuler".
Cela fait en effet plusieurs semaines que M. Accoyer a pris connaissance des conclusions du rapport. Elles sont sévères : la Cour juge les "coûts de fonctionnement élevés et croissants", et estime que la Chambre devrait revoir son organisation et ses procédures. Le président avait déjà saisi les questeurs de l'Assemblée de ce rapport, tout en leur demandant de ne pas l'ébruiter.
Au moment où le contexte de crise ne fait qu'aviver la suspicion sur le train de vie des institutions de la République – comme en témoignent les récentes révélations sur le Sénat et les réactions qu'elles ont suscitées –, il se doit à présent d'accélérer les choses. "Je vais faire commenter ce document par un magistrat de la Cour des comptes. La mise en œuvre des préconisations va être engagée dès maintenant. J'irai jusqu'au bout de cette réforme", a déclaré au Monde M. Accoyer.

INDEMNITÉS DE TOUTES SORTES

Il a aussi indiqué que le budget de l'Assemblée – 534 millions d'euros – n'augmenterait pas en 2009, et qu'il refuserait la hausse de 3,80 % de la dotation prévue dans le projet de loi de finances. Cette apparente stabilité est permise par la baisse de 44 % de la section d'investissement, qui passe de 72,2 millions à 40,2 millions d'euros, les travaux d'aménagement du 101, rue de l'Université étant en voie d'achèvement.
Or, selon le Journal du dimanche, c'est notamment sur la gestion de son patrimoine immobilier que portent les critiques adressées par la Cour des comptes à l'Assemblée nationale. Ainsi, le coût final des travaux de l'immeuble Chaban-Delmas – qui accueille 280 bureaux de députés, des salles de conférences et le restaurant de l'Assemblée – devrait-il dépasser 125 millions d'euros, soit le double du montant prévu.
L'autre poste important qui fait l'objet des critiques de la Cour est celui des charges de personnel, représentant 165 millions d'euros. Les rémunérations des fonctionnaires de l'Assemblée seraient supérieures de 75 % à 150 % à celles de la fonction publique, en raison, notamment, des indemnités de toutes sortes qui s'ajoutent au salaire de base. Les vingt-quatre hauts fonctionnaires du Palais-Bourbon les mieux payés perçoivent en moyenne une rémunération annuelle brute de 213 000 euros, que le rapport juge "particulièrement élevée compte tenu des avantages matériels et sociaux" qui leur sont consentis. Rapportés au budget global, les frais de personnel représentent à l'Assemblée française une part nettement plus importante (25 %) qu'à la Chambre des communes britannique (15 %) ou au Bundestag allemand (12 %).
Les magistrats épinglent aussi des dépenses de fonctionnement et d'équipement inutiles ou incohérentes et "une prévision budgétaire annuelle médiocre". Avant l'examen en commission, le 7 novembre, puis en séance, le 13 novembre, du budget des pouvoirs publics, ces révélations ne vont pas manquer de susciter de nombreux commentaires.

Patrick Roger

01/11/2008

Décret relatif aux missions et à l’organisation de la direction centrale du renseignement intérieur

lu sur "MÉDIAPART" : La naissance d'une police «secret défense», dans l'indifférence, 30 oct 2008, par Erich Inciyan

" Il y a peu, les «carnets noirs» d'Yves Bertrand et le fichier Edvige ravivaient le spectre de la police secrète. Dans le même temps, un service policier totalement couvert par le «secret défense» était créé, fin juin, au ministère de l'intérieur. Cette Direction centrale du renseignement intérieur concentre les dossiers jusqu'alors divisés entre les RG et la DST. Elle s'intéresse notamment aux «phénomènes de société susceptibles, par leur caractère radical, leur inspiration ou leurs modes d'action, de porter atteinte à la sécurité nationale». Mais ses premiers pas n'ont suscité aucun débat. "
(la suite sur Médiapart)

Le décret :
28 juin 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 4 sur 186
. .
Décrets, arrêtés, circulaires
TEXTES GÉNÉRAUX
MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR, DE L’OUTRE-MER
ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
Décret no 2008-609 du 27 juin 2008 relatif aux missions
et à l’organisation de la direction centrale du renseignement intérieur
NOR: IOCX0811987D
Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et de la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités
territoriales,
Vu le code de procédure pénale;
Vu le code de la défense;
Vu la loi no 66-492 du 9 juillet 1966 modifiée portant organisation de la police nationale;
Vu la loi no 92-125 du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République, notamment son
article 4;
Vu le décret no 79-433 du 1er juin 1979 relatif aux pouvoirs des ambassadeurs et à l’organisation des services
de l’Etat à l’étranger;
Vu le décret no 85-1057 du 2 octobre 1985 modifié relatif à l’organisation de l’administration centrale du
ministère de l’intérieur et de la décentralisation, notamment son article 5;
Vu le décret no 98-608 du 17 juillet 1998 modifié relatif à la protection des secrets de la défense nationale;
Vu le décret no 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l’organisation et à l’action des
services de l’Etat dans les régions et départements;
Vu l’avis du comité technique paritaire central de la police nationale du 7 avril 2008;
Vu l’avis du comité technique paritaire de l’administration centrale du ministère de l’intérieur, de l’outre-mer
et des collectivités territoriales du 8 avril 2008;
Vu l’avis du comité technique paritaire ministériel du ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des
collectivités territoriales du 9 avril 2008;
Le Conseil d’Etat (section de l’intérieur) entendu;
Le conseil des ministres entendu,
Décrète:
Art. 1er. −La direction centrale du renseignement intérieur a compétence pour lutter, sur le territoire de la
République, contre toutes les activités susceptibles de constituer une atteinte aux intérêts fondamentaux de la
nation.
A ce titre:
a) Elle est chargée de prévenir les activités inspirées, engagées ou soutenues par des puissances ou des
organisations étrangères et de nature à menacer la sécurité du pays, et concourt à leur répression;
b) Elle participe à la prévention et à la répression des actes terroristes ou visant à porter atteinte à l’autorité
de l’Etat, au secret de la défense nationale ou au patrimoine économique du pays;
c) Elle contribue à la surveillance des communications électroniques et radioélectriques susceptibles de
porter atteinte à la sûreté de l’Etat ainsi qu’à la lutte, en ce domaine, contre la criminalité liée aux technologies
de l’information et de la communication;
d) Elle participe également à la surveillance des individus, groupes, organisations et à l’analyse des
phénomènes de société, susceptibles, par leur caractère radical, leur inspiration ou leurs modes d’action, de
porter atteinte à la sécurité nationale.
Art. 2. −La direction centrale du renseignement intérieur recherche, centralise et exploite tous les
renseignements se rapportant aux activités mentionnées à l’article 1er et que lui transmettent sans délai tous les
services concourant à la sécurité nationale.
28 juin 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 4 sur 186
. .
Le service chargé, sous l’autorité du préfet de police, de missions de renseignement intérieur concourt à
l’activité de la direction centrale du renseignement intérieur.
Art. 3. −La direction centrale du renseignement intérieur assure les liaisons nécessaires, dans ses domaines
de compétence, avec les services ou organismes concernés, français ou étrangers, sans préjudice des
dispositions régissant les organes de coopération policière internationale.
Elle dispose à cet effet d’officiers de liaison à l’étranger.
Art. 4. −Les services territoriaux de la direction centrale du renseignement intérieur, en métropole et
outre-mer, sont placés sous la seule autorité du directeur central.
Les chefs des services territoriaux de la direction centrale du renseignement intérieur rendent compte de leur
action au représentant de l’Etat territorialement compétent, d’initiative ou à la demande de celui-ci, dans la
limite du besoin d’en connaître.
Il peut être créé des services à compétence zonale ou interdépartementale.
Art. 5. −Tout agent public est tenu de garder le secret sur les activités et l’organisation de la direction
centrale du renseignement intérieur.
Art. 6. −Le décret no 82-1100 du 22 décembre 1982 fixant les attributions de la direction de la surveillance
du territoire est abrogé.
Art. 7. −Le Premier ministre, la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales et la
garde des sceaux, ministre de la justice, sont responsables, chacun en ce qui le concerne, de l’application du
présent décret, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2008 et sera publié au Journal officiel de la République
française.
Fait à Paris, le 27 juin 2008.
NICOLAS SARKOZY
Par le Président de la République:
Le Premier ministre,
FRANÇOIS FILLON
La ministre de l’intérieur,
de l’outre-mer et des collectivités territoriales,
MICHÈLE ALLIOT-MARIE
La garde des sceaux, ministre de la justice,
RACHIDADATI

---------------------------------------------------
le communiqué du Ministère de l'Intérieur :

Création de la direction centrale du renseignement intérieur
La réforme des services de renseignement a conduit à la création, le 1er juillet 2008, d'un service de renseignement intérieur unique, la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

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Journal officiel du 28 juin 2008 84.33 Ko
Voir aussi
Le communiqué du Conseil des ministres du 25 juin 2008

Le décret n°2008-609 du 27 juin 2008 (publié au journal officiel du 28 juin 2008) définit les missions et l'organisation de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), grand service de renseignement intérieur unique qui marque la disparition de la DST (direction de la surveillance du territoire) et des RG (Renseignements généraux).
Le 13 septembre 2007, la ministre de l'Intérieur avait annoncé la naissance de la DCRI dans ses futurs locaux ultra-sécurisés de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), qui abritaient déjà la DST et une partie des RG. Elle avait indiqué que RG et DST, directions historiques de la police, allaient "fusionner" et se "répartir leurs missions" dans deux nouvelles entités.
La première, la DCRI, se veut un "FBI à la française" en matière de renseignement. Forte de 4 000 fonctionnaires, dont 3 000 policiers dits "actifs", la DCRI traitera de quatre missions principales qui relèvent de l'intérêt de la nation :

- la lutte contre l'espionnage et les ingérences étrangères ;
- la lutte contre le terrorisme ;
- la protection du patrimoine et la sécurité économique ;
- la surveillance des mouvements subversifs violents et des phénomènes de société précurseurs de menaces.

Les policiers de la DCRI, dotés de l'habilitation "secret défense", seront implantés par zone dans chaque département. 175 commissaires, soit 10 % de l'effectif total, y seront affectés.
Pour les autres missions - comptage des manifestants, violences urbaines, conflits sociaux -, une sous-direction de l'information générale (Sdig) de 1 000 policiers est créée à la direction de la sécurité publique (DCSP). Celle-ci se voit donc confier la recherche, la centralisation et l'analyse des renseignements destinés à informer le Gouvernement et le représentant de l'Etat dans les domaines institutionnel, économique et social, ainsi qu'en matière de phénomènes urbains violents et dans tous les domaines susceptibles d'intéresser l'ordre public.

Les 4 000 policiers des RG et les 2 000 de la DST ont été répartis dans ces deux structures.